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  • Le Thames Tunnel

    Le Thames Tunnel

    Projeté pour être un tunnel carrossable mais finalement uniquement pour les piétons à son ouverture en 1843, le Thames Tunnel a été adapté pour l’exploitation ferroviaire en 1869 et fait ultérieurement partie de l’histoire du London Underground. Revenons sur l’histoire de cet ouvrage pionnier, le premier tunnel sous fluvial construit au monde.

    On doit à Marc Brunel l’invention du concept du bouclier, ancêtre des actuels tunneliers. Jeune français royaliste, Brunel échappe à la guillotine en s’échappant en Amérique en 1793 à l’aide de papiers falsifiés. Il est nommé trois ans plus tard ingénieur en chef de la ville de New York mais quitte cette situation en 1799 ; il s’établit alors en Grande Bretagne ou il constitue quantité de machines et applications industrielles pour la navigation, le chemin de fer et le génie civil. Il obtient le brevet de la méthode du bouclier en 1818 et son projet de tunnel reliant Wapping à Rotherhithe dans le quartier industriel de docks reçoit l’assentiment Royal le 24 juin 1824. A ce stade, ce projet est encore un défi à la nature à l’issue totalement incertaine.

    Le chantier commence sur la rive gauche, à Wapping, en 1825 avec 300 mineurs expérimentés. Le puits en brique d’accès est progressivement construit et foncé dans le sol à l’aide d’une roue à godets. Le bouclier conçu par Brunel pèse environ 90 tonnes et est constitué de 3000 pièces interchangeables, il forme 36 cellules individuelles de travail, où des planches mobiles fixées à des bras télescopiques permettent de retenir les terrains des zones manuellement creusées. L’arrière du bouclier forme une carapace sous laquelle sont constituées les sections de tunnel, en briques maçonnées, et sur lesquelles des vérins manuels s’appuient pour faire avancer le bouclier au sein des zones creusées. Marc Brunel, âgé, confie progressivement le chantier à son fils Isambard.

    Après deux inondations en 1827 et 1828 et des colmatages constitués de sacs de glaises dans le lit du fleuve, le capital initial est épuisé. Le creusement est interrompu en août 1828 et l’ouvrage inachevé se visite pour un shilling !

  • Le plus vieux métro du monde

    Le plus vieux métro du monde

    L’année 2023 marque le 160e anniversaire du chemin de fer métropolitain londonien, le « métro » le plus vieux du monde. Retour sur une histoire entrepreneuriale et technologique qui a transformé en profondeur la capitale britannique.

     

    Si le concept du chemin de fer métropolitain – un chemin de fer pour les habitants des villes indépendant du trafic routier – apparaît être une idée apparue à Paris, c’est bel et bien les Britanniques qui vont être les premiers à l’inventer. Une première fois, en 1863, en réalisant « un RER du XIXe siècle » et une seconde fois, en 1890, en concevant le premier métro moderne : électrique, essentiellement souterrain et exclusivement dédié à la desserte locale des voyageurs.

    C’est ce second concept qui s’impose à la suite et ce dans le monde entier.

     

    La croissance rapide de Londres
    La révolution industrielle nait en Grande Bretagne ainsi que le chemin de fer ; Londres est rapidement le centre de cette évolution majeure de société commencée dans le nord de l’Angleterre. Les petites et grandes industries poursuivent le développement et le transport par voie d’eau – le réseau de canaux.

    La ville et sa population s’accroit, imposant la dissociation entre les lieux de résidence et les lieux de travail, nécessitant le développement des transports régionaux et urbains. Les chemins de fer irradient alors les communes suburbaines au départ de nombreuses gares distinctes, toutes situées à la limite du centre urbain de Londres : Paddington, Marylebone, Euston, Saint Pancras, King’s Cross, Broad Street, Liverpool Street, Fenchurch Street, Cannon Street, London Bridge, Holborn Viaduct, Waterloo, Charing Cross, Victoria.

    Mais il faut pouvoir poursuivre son trajet dans le centreville et desservir finement les centres d’affaires de la ville. C’est ainsi que la création du chemin de fer souterrain vient magistralement compléter en zone urbaine les réseaux de surface préexistants.

  • Le Who’s Who du rail britannique

    Le Who’s Who du rail britannique

    Le rail au Royaume-Uni a une longue et riche histoire, de l’apparition du chemin de fer à Liverpool et à Manchester en 1830, aux coupes brutales de Beeching des années 1960, en passant par l’ouverture de l’Elizabeth Line dans le métro de Londres en 2022. Avec des dizaines de milliers de kilomètres de voies posées, des milliers de gares construites, détruites puis reconstruites, et un nombre incalculable de voyages effectués, rien de tout cela ne serait possible sans les personnes qui ont fait (et continuent de faire) le chemin de fer. Des ingénieurs aux conducteurs, des influenceurs aux opérateurs, cette liste ne présente que quelques-unes des personnes influentes (et quelques-unes controversées) qui ont fait des chemins de fer britanniques ce qu’ils sont aujourd’hui.

     

    1829, George Stephenson
    Les essais Rainhill étaient une importante compétition ferroviaire pour tester l’argument de George Stephenson selon lequel les locomotives seraient la meilleure option pour le Liverpool & Manchester Railway. Le principe initial était d’utiliser des machines à vapeur fixes avec des trains tractés par câble. Mais après que George Stephenson a été nommé ingénieur de la ligne en 1826, il a fortement plaidé pour l’utilisation de locomotives à vapeur, et c’est ainsi que le concours a été défini. Les jurés du concours étaient John Rastrick, ingénieur ferroviaire, Nicholas Wood, ingénieur minier, et John Kennedy, pionnier de la filature mécanisée de coton à Manchester. Stephenson’s Rocket a été la seule locomotive (sur dix entrées) à terminer les essais et a été déclarée gagnante, ce qui a permis à son concepteur d’obtenir des contrats pour construire des locomotives pour le chemin de fer. Ces essais ont suscité l’intérêt du public pour les locomotives et ont été décisifs pour le développement de locomotives à vapeur viables, ouvrant la voie à l’essor du rail.