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  • États-Unis. Amtrak crée sa première gamme de vêtements

    États-Unis. Amtrak crée sa première gamme de vêtements

    La compagnie nationale américaine Amtrak a trouvé un moyen original de célébrer le lancement de son nouveau train, le NextGen Acela.

    Alors que la « Fashion Week » de New York battait son plein, Amtrak lançait sa toute première gamme de « Trak Suits ». Une intrusion dans le monde de la mode plutôt insolite pour une compagnie ferroviaire.

    En collaboration avec la New York School of Design, Amtrak a invité sept jeunes créateurs de mode à imaginer un survêtement emblématique et intemporel avec leur propre style sur le thème du voyage ferroviaire, inspiré du design du nouveau train conçu par Alstom.

    Chaque étudiant a reçu la même commande : créer deux looks de survêtements originaux qui pourraient potentiellement devenir des produits vendus par Amtrak. Le premier doit être conçu en prêt-à-porter dans le but d’être disponible à l’achat par le grand public.

    Des croquis aux points de suture, ces modèles ont été conceptualisés, coupés, cousus et stylisés à la main par plusieurs étudiants de la New York School of Design qui ont participé à ce grand concours.

    Anastasiia Lukinskaia a remporté le premier prix « prêt-à-porter », tandis que Sedef Biricik s’est vu décerner le premier prix « couture ». En tout, sept étudiants ont participé à ce projet hors norme pour le lancement du nouveau train.

    Entrée en service le 27 août avec un trajet inaugural entre Washington et New York, la nouvelle rame Avelia d’Alstom doit permettre de renouveler le matériel vieillissant circulant sur cette ligne parmi les plus fréquentées des États-Unis.

    De plus grande capacité, la nouvelle rame peut transporter jusqu’à 27 % de passagers en plus par rapport aux trains Acela actuellement en service. Le train, capable d’atteindre 300 km/h, circulera d’abord à 260 km/h, conformément aux capacités de l’infrastructure.

  • Arte. À Cerbère, le combat gagnant des « transbordeuses »

    Arte. À Cerbère, le combat gagnant des « transbordeuses »

    Rediffusion ce jeudi dans l’émission Invitation au voyage d’un court documentaire sur une page méconnue de l’histoire ferroviaire et syndicale : le conflit social de Cerbère opposant en 1918 les transbordeurs aux entreprises de transit.

    L’arrivée du chemin de fer à l’aube du XXe siècle à Cerbère a bouleversé la vie dans ce petit village catalan. Mais c’est surtout quand l’Espagne débute la construction de son réseau ferré et qu’elle choisit un autre écartement, que la ville change de statut.

    La différence d’écartement entre les deux réseaux oblige le transbordement des convois qui passent la frontière. Des hommes et des femmes découvrent un nouveau métier et deviennent transbordeurs. Les femmes sont massivement embauchées, en particulier pour le transbordement des oranges, un fruit qui fait le bonheur des exportations espagnoles et des papilles françaises et européennes.

    Travail saisonnier particulièrement éreintant, le transbordement des oranges est une activité mal rémunérée et où la pression est maximale. Les transitaires pensent alors que les femmes seront plus facilement corvéables… Ces chefs d’entreprises se sont trompés.

    Les transbordeuses de Cerbère décident d’arrêter le travail afin d’obtenir des augmentations de salaire et de meilleures conditions de travail. Le blocage est tel qu’elles obtiennent en une seule journée une revalorisation de leur salaire.

    Ce premier succès prouve l’importance du rôle joué par ces transbordeuses. Ces femmes s’organisent et créent ainsi un syndicat exclusivement féminin, très vite affilié à la CGT. Bientôt, les transitaires réagissent en embauchant de nouveaux travailleurs non syndiqués. Près de 200 femmes en colère investissent alors la gare.

    S. D.
    Jeudi 23 octobre à 18 h 05 sur Arte : Invitation au voyage – À Cerbère, les oranges ont le goût de la révolte.
    Arte France, Éléphant Doc (2024).


  • Belgique. Train World, une exposition revient sur les années sombres de l’Occupation

    Belgique. Train World, une exposition revient sur les années sombres de l’Occupation

    Entre 1941 et 1944, les chemins de fer belges participent à la déportation de 189 542 travailleurs forcés, 16 081 prisonniers politiques, 25 490 juifs et 353 Roms vers l’Allemagne. Jusqu’au dernier jour de la guerre, ces convois circuleront malgré de nombreux actes de résistance des cheminots de la SNCB.

    L’exposition temporaire, « La SNCB occupée : entre collaboration et résistance » qui se déroule à Train World jusqu’au 28 juin prochain, revient sur cette période trouble. L’exposition s’appuie sur les recherches menées par le Centre d’études Guerre et Sociétés contemporaines (CegeSoma) sur le rôle des chemins de fer belges pendant la Seconde Guerre mondiale.

    En 2024, Nico Wouters, commissaire de l’exposition, a publié à la demande du gouvernement : Le rail belge sous l’occupation. La SNCB face à son passé de guerre : entre collaboration et résistance. Il y ausculte la politique de coopération de la société des chemins de fer belges avec l’occupant.

    En mai 1940, à l’image de ce qu’il s’est passé en France et ailleurs, les Allemands placent la compagnie ferroviaire belge sous leur tutelle. La Wehrmacht Verkehrs Direktion (WVD) prend le contrôle de l’exploitation du réseau. En novembre 1941, le groupe de résistance « CF » (Chemin de Fer) est ainsi créé au sein de la SNCB.

    Parmi les actions les plus éclatantes de la résistance belge, l’exposition revient sur la nuit du 19 au 20 avril 1943. Cette nuit-là, un convoi chargé de 1 600 déportés juifs est immobilisé en pleine campagne. Trois résistants — Youra Livschitz, Jean Franklemon et Robert Maistriau — en profitent pour ouvrir les wagons et sauver 238 personnes.

    Dès la fin de la guerre, la SNCB s’est lancée dans un véritable travail de recherche historique. Dans un premier temps, il s’agit de placer la compagnie du bon côté de l’Histoire. La SNCB met surtout en avant les actes de résistance au sein de la compagnie, afin d’offrir un récit positif au personnel.

    Il faudra attendre l’arrivée du siècle nouveau pour que la vérité émerge. En 2007, la publication de La Belgique docile, un rapport de 1 000 pages commandé en 2004 par le gouvernement à la CegeSoma, marque un tournant. Les auteurs y brossent un portrait détaillé sans complaisance de la collaboration dans le pays.

    En 2012, la SNCB reconnaît officiellement son rôle dans la déportation par la voix de Jannie Haek, l’administrateur délégué de la compagnie à l’époque.

    Samuel DELZIANI
    Exposition La SNCB occupée : entre collaboration et résistance jusqu’au 28 juin 2025 à Train World. Prinses Elisabethplein 5, Schaarbeek. Tél. : +32 (0)2 224 74 37.
    https://trainworld.be/fr/

  • Quand Eurostar affiche la couleur et l’inclusif

    Quand Eurostar affiche la couleur et l’inclusif

    Depuis le 1er octobre, les 2600 employés d’Eurostar travaillant aussi bien à bord des trains que dans les gares portent de nouveaux uniformes. La collection, créée par la styliste Emmanuelle Plescoff, a été présentée en gare de Paris-Nord le 30 septembre.

    Coïncidence ? Sûrement pas… À Paris, c’est pendant la Fashion Week que Eurostar a présenté en gare du Nord ses nouveaux uniformes lors d’un défilé à bord d’une rame stationnée quai n° 2. Créée par la styliste Emmanuelle Plescoff, avec la contribution, pour la première fois, de quatre-vingts employés de la compagnie ferroviaire, la collection, qui se compose de 54 pièces, s’inspire « de ce que l’Europe a de meilleur », indique la compagnie ferroviaire : l’élégance à la française avec un bleu marine monochrome et des coupes épurées, l’art urbain de Bruxelles et d’Amsterdam évoqué par le foulard imprimé de motifs graffiti, et la touche british avec des chaussures Dr Martens de couleur vert foncé.

    « Chic, élégante, iconique »

    « Cette nouvelle collection reflète pleinement notre identité. Elle souligne l’héritage d’Eurostar et notre mentalité européenne tournée vers l’avenir. Elle est chic, élégante, emblématique, iconique », explique Gwendoline Cazenave, CEO d’Eurostar. « Dès que nos collaborateurs la portent, nos clients savent qu’ils sont entre de bonnes mains et que nous allons leur faire vivre un moment unique. » Les tenues du personnel n’avaient pas changé depuis dix ans. Pour la styliste Emmanuelle Plescoff, qui a collaboré auparavant avec Christian Lacroix, « travailler avec Eurostar a été pour moi une expérience unique, incroyablement enrichissante. C’est la première fois que je vois une entreprise accorder autant d’importance à l’implication de ses employés dans le processus créatif. »

    Les essais entre Paris, Lille, Londres et Bruxelles se sont échelonnés sur deux ans et demi. « Les participants étaient très motivés », se réjouit la styliste. « Les nouvelles tenues sont créées par et pour le staff Eurostar », renchérit Gwendoline Cazenave. Pour la styliste, le défi a consisté à répondre aux besoins pratiques, tout en affichant une apparence cohérente et professionnelle. Les workshops ont influencé les principaux éléments de design, « centrés sur le confort, l’élégance et la fonctionnalité, intégrant des tissus respirant et extensibles. Par exemple, le coton bio est associé à du polyester recyclé. »

    Des tenues « inclusives »

    Concernant les coloris, « le bleu marine exprime la confiance, la stabilité. Le vert évoque la vitalité, l’écologie. Le foulard multicolore et les Dr Martens vertes donnent une touche de punch. » Les tenues sont « inclusives, interchangeables, non genrées ». Gilet, veste, pantalon sont destinés indifféremment aux femmes et aux hommes travaillant à bord… ainsi qu’un kilt bleu marine, ce qui n’a pas manqué de susciter des critiques sur les réseaux sociaux au nom de l’antiwokisme.

  • Arte.tv. Périple ferroviaire dans l’Ouest de l’Inde à bord du Deccan Odyssey

    Arte.tv. Périple ferroviaire dans l’Ouest de l’Inde à bord du Deccan Odyssey

    Le voyage débute à Delhi, à l’ombre du Fort rouge, monument emblématique de la capitale indienne, où l’on rencontre Aquarell Ahmed, un conducteur de rickshaw. Comme des centaines de millions d’Indiens, il se bat tous les jours pour nourrir sa famille restée au village. Mais, l’Inde est un pays de contrastes… Et c’est à bord du Deccan Odyssey que nous débutons ce voyage de l’émission d’Arte Un billet de train pour…

    Ce train exceptionnel fait partie de la grande famille des trains de luxe opérés par les Indian Railways aux côtés des Golden Chariot, Maharadja Express, Royal Rajasthan on Wheels, Royal Orient Train et Fairy Queen Express.

    Composé de 21 voitures, le train mesure plus de 700 mètres et, à bord, les voyageurs – essentiellement de riches touristes occidentaux – sont accueillis dans le plus grand des luxes. Au moment du départ, un orchestre traditionnel joue de la musique classique indienne pour saluer l’arrivée des voyageurs. Ceux-ci montent à bord du train en empruntant un tapis rouge préalablement installé sur le quai de la gare de Delhi par les employés du train, qui répèteront ce geste à chaque étape du voyage.

    Au programme : 3000 kilomètres parcourus en huit jours dans le nord-ouest de ce pays-continent. Cette croisière ferroviaire marque le long du parcours des étapes mémorables permettant aux heureux voyageurs de découvrir les trésors de la nature et du patrimoine indien.

    Arrivés en gare de Sawai Madhopur, les touristes se rendent dans le , où ils tentent d’observer l’un des tigres du Bengale qui ont élu domicile dans la région. Ils pourront également pénétrer au cœur du Taj Mahal à l’occasion d’une étape à Agra ou encore s’émerveiller de l’incroyable dans l’État du Maharashtra…

    S. D.

    À voir sur Arte.tv jusqu’au 10 mars 2026. Un billet de train pour… l’Inde d’Alexander Schweitzer. SWR, ARTE. Allemagne. (2025)

  • France.tv. Il était une fois le train Corail, selon l’INA

    France.tv. Il était une fois le train Corail, selon l’INA

    En 1975, survient une véritable révolution ferroviaire : les voyageurs découvrent le train Corail. Le court programme L’INA éclaire l’actu est revenu sur cet événement. Diffusé le 25 août dernier alors que la France a connu plusieurs épisodes de canicule et que la SNCF a été obligée d’annuler plusieurs circulations d’Intercités, en prévision de pannes de climatisation dans ses anciennes rames Corail.

    L’INA revient donc en images sur ces trains, avec les témoignages de plusieurs cadres de la SNCF. Conçu il y a donc 50 ans, son nom est une contraction des mots « Confort » et « Rail », mais il évoque surtout la couleur orangée utilisée un peu partout.

    Pour la première fois, la climatisation est généralisée. Le design constitue alors une rupture totale avec tous les trains que les voyageurs avaient connus. , est le père du Corail. Il révolutionne les aménagements intérieurs des voitures et ainsi l’expérience des voyageurs. Il mène une réflexion poussée sur les sièges et s’inspire également du transport aérien.

    Les premières circulations de ces nouveaux matériels réservent leur lot de déconvenues. Des pannes de climatisations surviennent ici et là et surtout, lors de croisements avec d’autres trains. En 1981, Paul Gentil, alors directeur général de la SNCF, présente le premier TGV. Un événement qui marque le .

    Des rames circulent néanmoins toujours sur le réseau, notamment sur certaines lignes Intercités ou Ouigo Classique. Le voyageur peut ainsi goûter encore aujourd’hui à l’inimitable confort sur rail.

    À voir sur France.tv jusqu’au 29 décembre 2029. L’INA éclaire l’actu – Comment le train Corail a révolutionné la SNCF ? (2025)

  • Témoignage. De la SNCF à la pâtisserie, le parcours inspirant de Pascal Guglielmi

    Témoignage. De la SNCF à la pâtisserie, le parcours inspirant de Pascal Guglielmi

    Après une carrière de contrôleur, Pascal Guglielmi a quitté son poste de cheminot à la SNCF pour ouvrir La pâtisserie des Marseillais. Il partage les dessous de cette reconversion professionnelle dans son livre Des trains au vacherin.

    Pascal Guglielmi a changé de vie. Après 14 ans à arpenter les trains en tant que contrôleur, il a quitté son poste de cheminot à la SNCF pour ouvrir à Marseille sa propre pâtisserie. Au-delà de son métier de contrôleur, il s’est également mobilisé sur le front social. Il et défend les intérêts de ses collègues auprès de la hiérarchie. Il partage cette expérience de vie dans Des trains au vacherin, un livre dont il a commencé la rédaction à l’époque du Covid. Il a ensuite pour diffuser ce récit autobiographique.

    Sa passion de la pâtisserie est née dès son enfance quand ses parents tenaient une pâtisserie à Bordeaux. Il a grandi au milieu des « parfums entêtants de caramel, de chocolat fondu et de pâte à choux qui cuit ». Malheureusement, ses parents collectionnent les problèmes et sont contraints de fermer leur établissement. Sa mère décide alors d’intégrer la SNCF, suivant le chemin de plusieurs membres de la famille. En passant de la SNCF à la pâtisserie, Pascal Guglielmi accomplit le chemin inverse…

    Comme il nous l’explique entre deux préparations : « Elle était très inquiète. À la SNCF, j’avais la sécurité de l’emploi, j’étais embauché au statut, j’avais un salaire régulier. La pâtisserie, ça lui rappelait des mauvais souvenirs… »

    Après avoir passé un CAP de pâtisserie, il parfait sa formation à l’école Bellouet Conseil auprès de Jean-Michel Perruchon. Le meilleur ouvrier de France lui transmet toute sa rigueur et son goût pour l’excellence. Il accomplit ensuite plusieurs stages chez Stohrer, la plus vieille pâtisserie de la capitale de Paris. Après avoir profité d’un , la SNCF le soutient et il obtient une aide lui permettant d’entamer une formation. Il effectue alors un grand saut dans l’inconnu. Cette prise de risque mènera à l’ouverture de La pâtisserie des Marseillais.

    Ancien « roulant » et amateur de voyage, il est aujourd’hui contraint à la sédentarité. Il reste pourtant ouvert sur le monde : « Quand j’étais contrôleur, j’ai dormi dans toute la France. Aujourd’hui, je ne voyage plus à travers le monde, c’est le monde qui voyage jusqu’à moi. Je suis dans un quartier très fréquenté par les touristes. Avec les bateaux de croisière qui font escale dans la cité phocéenne, mes clients peuvent venir d’Asie ou d’Amérique… »

    Le voyage se déroule également dans les créations culinaires du pâtissier. Les gâteaux sont nommés selon des destinations. Ainsi, le « Palerme » doit son nom à l’utilisation de délicieuses pistaches de Sicile. Les papilles gustatives ne connaissent pas de frontières !

    Des trains au vacherin de Pascal Guglielmi. Autoédition. ISBN: 9798294279226. (2025)

  • Journées du patrimoine. Succès pour les coulisses de la Compagnie du Chemin de fer de Semur-en-Vallon

    Journées du patrimoine. Succès pour les coulisses de la Compagnie du Chemin de fer de Semur-en-Vallon

    Lors des Journées européennes du patrimoine (JEP) de septembre, les ateliers de la Compagnie du Chemin de fer de Semur-en-Vallon (CCFSV), dans la Sarthe, ont attiré 160 visiteurs curieux de découvrir le travail accompli par les bénévoles de l’association bien connue pour son Muséotrain, consacré au constructeur français Paul Decauville (1842-1922). « Ils voulaient tout voir et tout savoir, et la dizaine de bénévoles mobilisés ne se sont pas fait prier pour partager avec eux leur savoir et leur passion du chemin de fer », commente Christian Pottier, président de l’association.

    « Que ce soit dans l’atelier Grande révision, dans le grand atelier avec la machine Gaston, dans la cour du dépôt avec des machines d’un autre âge et l’autorail l’Auxerrois, un petit autorail de 10 places, exemplaire quasiment unique en France, ou encore la remise aux trains qui abrite des trésors ferroviaires, ils ont adoré ! » Cerise sur le gâteau, cette édition 2025 des JEP coïncidait avec le 150e anniversaire de l’invention du chemin de fer portatif Decauville, innovation née à l’automne 1875 et largement utilisée dans l’industrie dans le monde entier, et pendant la Première Guerre mondiale. Grimé en Paul Decauville, Jean-Pierre, bénévole manceau, a raconté cette aventure industrielle devant une foule attentive et enthousiasmée par la découverte de ce pan du patrimoine français encore méconnu.

    Pour rappel, la Sarthe est un vivier pour la mémoire ferroviaire avec quatre sites existants dans le département (ce qui est plutôt rare) : en plus du Muséotrain de Semur, il faut aller visiter la Transvap à Beillé, la rotonde de Montabon, classée monument historique, à Château-du-Loir, et la collection de matériels anciens de l’Association pour la Préservation et l’entretien du matériel à voie étroite à Saint-Germain-d’Arcé.

  • IDF. Un appel à projets pour revitaliser les gares

    IDF. Un appel à projets pour revitaliser les gares

    La deuxième phase du programme Gares de Demain, qui consiste à implanter des services de proximité dans les petites gares de la grande couronne francilienne, concerne 60 gares. À l’issue de l’appel à projets clos le 30 septembre dernier, vingt candidats seront sélectionnés.

    Un succès peut-il en cacher un autre ? C’est ce que l’on souhaite aux trois acteurs de la seconde phase du programme Gares de demain, qui encourage l’implantation de services de proximité dans les petites gares de la grande couronne francilienne.

    60 gares concernées pour la phase 2025-2026

    Île-de-France Mobilités (IDFM) et SNCF Gares & Connexions, qui avaient initié un premier appel à projets en 2021, ont été rejoints cette année par la région Île-de-France. Gares de demain vise à redonner vie, sans présence d’agents SNCF, aux gares affichant moins de 2500 voyageurs par jour, tout en rendant ces dernières plus sûres, plus propres, plus humaines et avec un patrimoine valorisé. « Ces gares possèdent des espaces vacants (de 20 à 150 m²) au sein des bâtiments voyageurs. Situés au cœur des villes, ceux-ci sont les premières portes d’entrée sur les territoires.

    Le programme a pour but d’en faire des espaces de vie au service de tous. Parmi les projets mis en place à l’issue de la première vague de déploiement (2021-2024) figurent le fleuriste Maison Zamparo à Bessancourt dans le Val-d’Oise (ligne H), le salon de thé Aux Quais à L’Étang-la-Ville dans les Yvelines (ligne L), la friperie vintage Joema à Bourron-Marlotte-Grez en Seine-et-Marne (ligne R) ou encore un loueur de vélos électriques à Us dans le Val-d’Oise (ligne J) », indique Elodie Hanen, directrice générale adjointe d’Île-de-France Mobilités. IDFM finance l’intégralité des travaux de rénovation, SNCF Gares & Connexions assure la maîtrise d’ouvrage et la région Île-de-France met à disposition des porteurs de projet une aide financière en phase d’exploitation.

    L’appel à projets de la seconde phase, clos le 30 septembre dernier et ouvert à tous porteurs (individuels, collectivités, associations, personnes morales), a été élargi à 60 gares. Jusqu’à 20 projets candidats seront sélectionnés selon des critères fondés sur l’intérêt local, mais aussi leur robustesse et leur pérennité. « Le business plan doit être solide, la fréquentation estimée avec sérieux.

    L’ouverture et la fermeture de chaque gare dépendra du passage du premier ou du dernier train en fonction des lignes », reprend Elodie Hanen. L’implantation de nouvelles activités en gare doit contribuer à dynamiser le quartier et l’environnement de la gare, à offrir aux habitants et aux voyageurs des services de proximité utiles au quotidien. En Seine-et-Marne, la Communauté de communes du Provinois va installer l’Office du tourisme dans la gare de Provins.

    Dans l’Essonne, la gare de Le Coudray-Montceaux (ligne D) va accueillir le Club d’aviron et la Maison des sports, tandis que celle de Dourdan abritera bientôt un atelier de réparations de vélos. « Chaque nouveau service est une opportunité pour le territoire concerné. Il est donc souhaitable que les mairies soutiennent les projets, que les élus locaux soient les relais de cette nouvelle dynamique », souligne Elodie Hanen. C’est le cas à Bessancourt, où la mairie, en plus d’avoir communiqué sur Maison Zamparo dans le magazine municipal, s’est engagée à lui passer toutes ses commandes de bouquets de fleurs.

    Le maire Jean-Christophe Poulet a dès le début apprécié le projet Gares de Demain « car il permet de restituer du lien humain et de faire vivre ce lieu. » À Méry-sur-Oise (Val-d’Oise, ligne H), privée de boulangerie depuis le départ à la retraite du boulanger local, la nouvelle boulangerie Baguette M, installée en gare en mars dernier, a été accueillie avec enthousiasme par les habitants qui peuvent de nouveau se procurer leur pain quotidien, ainsi que des viennoiseries et des pâtisseries…

    Selon une enquête BVA, 84 % des voyageurs considèrent que le commerce (ou service) installé « répond aux besoins des habitants », 76 % que « le confort d’attente en gare est amélioré », 60 % qu’il participe « à renforcer le sentiment de sécurité en gare ».

  • France.tv. Les routes de la peur du bout du monde

    France.tv. Les routes de la peur du bout du monde

    Produite par Tony Comiti, la série documentaire « Les routes de l’impossible » a partagé en sept saisons de reportages le voyage de ces hommes et ses femmes qui prennent tous les risques le temps d’un trajet pour subvenir à leurs besoins. Pendant tout l’été, France 5 a proposé sept épisodes inédits de la 19e saison, suivis de la rediffusion d’un opus d’une ancienne saison.

    Dans l’épisode consacré à l’Equateur, Patrice Lucchini et Frédéric Elhorga nous emmènent au coeur de l’Amazonie, dans la vallée d’Alto Tambo, sur une petite ligne délabrée, progressivement avalée par la jungle après avoir été abandonnés par la compagnie ferroviaire qui l’exploitait.

    Elle accueille pourtant toujours d’étonnants matériels bricolés qui assurent un service de transport vital pour les habitants de cette région isolée. Elle leur permet de transporter hommes, bêtes et récoltes vers les marchés de la région. On y suit Juce et ses compagnons qui prennent tous les risques pour convoyer leurs « rancheras » – des camions bricolés pour circuler sur les voies ferrées – à bon port. En l’occurrence, un camp de bûcherons situé à une vingtaine de kilomètres de leur village.

    La voie ferrée est en état de délabrement très avancé. La plupart des traverses ont disparu et parfois le sol s’est complètement dérobé sous les rails. Les viaducs ne semblent tenir qu’à un fil et le spectateur retient régulièrement son souffle au passage de ces ouvrages d’art désossés par le temps qui passe. Afin de se prémunir des déraillements, les « rancheras » ont troqué les anciennes roues par des morceaux de canalisation laissées là par une entreprise pétrolière. Les habitants sont complètement désarmés pour assurer la maintenance de l’infrastructure et ne peuvent que rafistoler avec les moyens du bord l’ancienne ligne de chemin de fer. Autre difficulté pour les conducteurs des « ranche-ras » : les machines n’ont pas de frein. En cas d’urgence, le conducteur doit rétrograder, voir éteindre le moteur et s’en remettre à la chance. Mais, les accidents graves sont finalement rares… Ces voyageurs de l’extrême parviendront à destination après six heures d’efforts.

    Un autre épisode est issu de la 16e saison de la série documentaire. Initialement diffusé en juillet 2023, il nous emmène sur une ligne de chemin de fer toute aussi décrépite. Changement de continent, mais pas de conditions de voyage… La voie ferrée que nous découvrons se situe en Indonésie, au coeur de l’île de Sumatra, une région sauvage et qui manque cruellement de routes et de transports en commun fiable et efficace.

    A Sumatra, l’infrastructure a été construite au début du XXe siècle par les colons néerlandais, qui occupaient alors l’Indonésie. Là encore, les habitants se sont approprié une ligne de chemin de fer abandonnée. L’entreprise qui exploitait les ressources minières de la région et l’infrastructure ferroviaire a fait ses bagages en 1980. Mais, la ligne permet toujours d’effectuer les 35 km qui séparent le village de Napal Puth de la mine d’or de Lebong Tendai, où les orpailleurs rêvent de trouver la pépite qui fera leur richesse.

    Pour ce faire, Masinis a construit de ses propres mains un engin ferroviaire unique en son genre, qui lui permet de transporter jusqu’à une tonne de marchandises et huit passagers !

    Un travail qui n’est pas sans risque, comme le conducteur l’explique, résigné : « Le plus grand danger, c’est de basculer dans un ravin. Ça m’est déjà arrivé. Mais, il n’y a jamais eu de morts… Heureusement ! » Le trajet filmé par l’équipe de télévision est particulièrement éprouvant. Les voyageurs finissent par arriver à bon port vers 23 h, après une dizaine d’heures de voyage. 10 heures pour effacer 35 km seulement du trajet !

    S. D.

    A voir France.tv. Les routes de l’impossible – Equateur, frayeur sur les rails – Sumatra, maudits trésors. Production Tony Comiti, avec la participation du Centre national du Cinéma et de l’Image animée et de France Télévisions.