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Des voyages, des séjours et des randonnées avec l’ATC périgourdine
Voyages, séjours, sorties, randonnées… Il y en a pour tous les goûts chez la section périgourdine de l’Association touristique des cheminots-Routes du monde.
Ouverte à tous depuis 1969, l’Association Touristique des Cheminots (ATC-Routes du monde) est une agence de voyages au statut associatif, créée en 1933 par des cheminots voyageurs, et agréée par le ministère du Tourisme. Elle est organisée en sections réparties sur le territoire national.
Celle de Périgueux en Dordogne est présidée depuis 2020 par Gilbert Valade, retraité des services des trains en région et à Paris. Si on ne dit plus « président » depuis le 1er janvier 2025, mais « délégué territorial », le rôle reste le même, « à savoir conduire et animer son groupe », dit-il. Il est épaulé pour cela par Michel Roche, ancien apprenti SNCF, retraité du Technicentre de Périgueux, qui s’occupe de la communication et de multiples tâches, et de Marie-Paule Calafora, trésorière.
« Après la période Covid, l’effectif de notre groupe a baissé de presque la moitié. Nous ne sommes plus qu’une soixantaine – 70 % de cheminots et 30 % d’extérieurs », indique Gilbert Valade. « Par ailleurs, la concurrence des organisations de voyages par internet est rude. Aujourd’hui, les jeunes partent à l’étranger pour deux ou trois jours. Alors que nous, nous organisons des voyages d’une semaine minimum, ce qui n’a pas le même coût.
Nous proposons aussi des séjours dans les résidences de vacances de l’ATC à Bagnères-de-Bigorre et La Mongie dans les Hautes-Pyrénées, ainsi que dans le camping de La Hume dans le bassin d’Arcachon et celui de Saint- Pierre-d’Oléron. En 2024, nous avons organisé un séjour d’une semaine au village vacances d’Erdeven dans le Morbihan, dont l’ATC est partenaire. » Les adhérents sont conviés à des projections photographiques des voyages passés, à l’assemblée générale et à la traditionnelle galette des Rois. « Une fois par mois, des sorties se font en covoiturage au sein de la Dordogne. L’éventail des possibilités est large car le département est riche en patrimoine historique, beaux paysages et sa réputation du bien manger n’est plus à faire. » Depuis le 1er janvier 2025, les sections ATC de Limoges, Périgueux et Brive ont procédé à un regroupement (près de 160 adhérents au total) au sein duquel chacune garde son indépendance. Une fois par an, le dernier samedi d’avril, une randonnée commune est organisée à l’intérieur d’un triangle délimité par les trois capitales départementales. Cette nouvelle initiative sera sans doute propice à des échanges fructueux.
Contact : ATC, 25 rue Pierre Sémard, 24000 Périgueux. [email protected] et [email protected] ou 06 11 19 44 47.

Patrimoine. Nouvelle étape pour la 140 C 27
Les bénévoles du Gadeft sont aux petits soins pour la 140 C 27, qui fêtera ses 110 ans en 2026. L’association vient de recevoir un nouveau coup de pouce pour financer la restauration des essieux de la locomotive.
Une aide financière déterminante peut être accordée à certaines associations qui oeuvrent à la valorisation du patrimoine industriel. Le Gadeft (Groupement d’Aide et au Développement des Exploitations Ferroviaires Touristiques) fait partie de celles-ci. Le 10 octobre, l’association a bénéficié d’un soutien financier significatif de 20 000 €, octroyé par la Mutuelle d’Ivry-La Fraternelle par l’intermédiaire de la Fondation du Patrimoine.
L’objectif de la collecte était d’obtenir le financement nécessaire pour la restauration des essieux de la locomotive 140 C 27, un joyau du patrimoine ferroviaire français et une des rares machines à vapeur qui circule encore sur le réseau ferré en tête de trains historiques. Construite en 1916 en Ecosse, selon des plans français pour les trains d’artillerie, elle est aujourd’hui au coeur d’un projet de préservation mené par les passionnés réunis au sein du Gadeft.
Un cap décisif est franchi
L’hiver dernier, les travaux, à la fois complexes et onéreux, ont nécessité des savoir-faire techniques spécifiques et un dévouement indéfectible de l’équipe de bénévoles. « Ce soutien financier nous permet de franchir un cap décisif. Sans lui, le chantier aurait été ralenti, voire compromis », confie le jeune président Quentin Schneider. L’association considère ce geste comme « une reconnaissance de [son] travail et de l’importance de transmettre cet aspect de notre histoire industrielle aux générations futures. La 140 C 27 incarne la mémoire d’un savoir-faire, d’une époque, et un lien durable entre les générations. »
La Mutuelle d’Ivry-La Fraternelle, en restant fidèle à ses principes de solidarité et d’engagement, adopte une approche de mécénat dynamique pour soutenir le patrimoine vivant. En relayant son soutien via la Fondation du Patrimoine, elle contribue à faire revivre une locomotive au passé chargé d’histoire, mais qui, grâce à l’équipe du Gadeft et ces mécènes, a « une nouvelle vie résolument tournée vers l’avenir. Dans cette perspective, la saison 2026 s’annonce déjà pleine de projets », commente Emmanuel Lacour, secrétaire du Gadeft.
Contact : [email protected]

Carte. United Stations of Europe, le réseau des grandes gares européennes selon l’AREP
L’AREP a produit une carte recensant les 100 plus importantes gares d’Europe. Au-delà des informations qu’elle contient et de ses qualités artistiques, elle constitue une véritable invitation au voyage ferroviaire.
Produite par le groupe AREP, l’agence pluridisciplinaire d’architecture spécialisée dans la construction des gares, filiale de SNCF Gares & Connexions, la carte United Stations of Europe présente les 100 principales gares de 30 pays européens. Celles-ci ont été sélectionnées par les équipes de l’AREP selon l’importance de leur trafic et de leur intérêt patrimonial parmi les quelque 30 000 gares (dont un peu plus de 3 000 en France) que compte le continent. On y trouve des bâtiments de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle qui symbolisent le triomphe de la révolution industrielle, mais aussi des constructions ou des modernisations plus récentes qui démontrent la vitalité de l’architecture ferroviaire moderne.
Des gares qui sont rarement figées et qui connaissent au cours de leur histoire de multiples rénovations, modernisations et autres agrandissements.
Réalisées par l’illustrateur et architecte Antoine Maréchal, les 100 illustrations permettent d’apprécier la grande variété des architectures. L’ensemble constitue un bel objet, qui invite à prendre le train pour se traverser l’Europe et rencontrer les différentes cultures qui s’y développent.
De la gare norvégienne de Bodø, au-delà du cercle polaire arctique, à Palermo Centrale en Sicile, au coeur de la Méditerranée, en passant par Lisbonne Santa Apolònia et Kharkiv-Holovnyi, on parcourt du regard les voies ferrées du vieux continent. Cette carte parvient à donner envie aux voyageurs européens de sauter le pas du ferroviaire. Un enjeu pour l’avenir. Aujourd’hui, la part modale moyenne du train en Europe s’élève à 7 %. Chaque point de pourcentage gagné sur la route ou sur l’avion représente 7 millions de tonnes de CO2 émis en moins chaque année, l’équivalent de l’empreinte carbone d’une grande ville ou d’un petit pays européen ! Nous retrouvons toutes les illustrations au dos de la carte. Cinquante gares sont également présentées avec quelques informations succinctes : nom de la ville desservie, nom de la gare, de l’architecte, année de construction, quelques éléments architecturaux, fréquentation, intermodalité, lignes internationales, exploitant de l’infrastructure et même site touristique emblématique à visiter. Enfin, information essentielle pour les voyageurs en transit qui ont une petite faim : la spécialité culinaire locale qu’il doit absolument essayer.
Ainsi, on se délectera d’une Currywurst en attendant notre train en gare de Berlin Hauptbanhof ou on optera pour un Iskender kebab du côté d’Istanbul Sirkeci Terminal !
Vous pouvez explorer cette carte sur le site créé pour l’occasion : www.unitedstations.eu

Arte. Les Trans-Europ-Express, symboles flamboyants des Trente Glorieuses
Dans le documentaire d’Arte, « Trans-Europ-Express – Des trains de légende », nous découvrons l’histoire d’un réseau légendaire : celui des trains Trans-Europ-Express (TEE) qui à partir du milieu des années 1950 va desservir l’Europe de l’Ouest dans le plus grand des conforts.
Les compagnies ferroviaires d’Allemagne, de France, d’Italie, de Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg et de Suisse s’associent pour proposer des trains aux voyageurs d’affaires et aux clients fortunés un service fiable et raffiné. Nous suivons le voyage à bord d’un ancien TEE, le Rheingold, qui assurait la liaison d’Hoek van Holland au Pays-Bas à Bâle en Suisse, en longeant sur une partie du trajet le cours du Rhin. Cette circulation touristique cultive la nostalgie sur un parcours raccourci de 4 h 30. A bord, on rencontre notamment des voyageurs ravis et un chef de cuisine quelque peu stressé qui doit dompter un réseau électrique vieux de 60 ans.
Nous découvrons également un reportage de 1966 saisissant. A bord du TEE Parsifal qui reliait Dortmund à Paris, via la Belgique, un journaliste allemand rend compte de la multiplication des contrôles de billet, de la douane et du passage de relais de la voiture-bar. Les voyageurs d’affaires y bénéficient de services innovants : un salon de coiffure et un secrétariat, où il est même possible de téléphoner !
Dans un musée ferroviaire néerlandais, nous rencontrons Hans Altena, un passionné de chemin de fer qui dirige une équipe bénévole mobilisée pour rénover cinq voitures TEE délabrées.
Si aujourd’hui, les TEE ont été relégués au rang de la nostalgie ferroviaire, ils resteront dans l’Histoire comme des trains qui ont rapproché les peuples européens et comme un symbole d’intégration du continent.
Jeudi 6 novembre à 10 h 55 sur Arte. Les Trans-Europ-Express – Des trains de légende d’Elias von Salomon. Spiegel TV, en association avec ZDF/ARTE. Allemagne. (2025)

Arte. La musique bretonne sauvée par les cheminots
La musique traditionnelle bretonne est portée par les « sonneurs » depuis la fin du Moyen Âge. Armé de leur bombarde et de leurs binious, ils sont présents aux grandes occasions qui rythment de la communauté alors, les baptêmes, les mariages, la fin des récoltes. Mais, elle a bien failli disparaître.
C’est le chemin de fer qui, au milieu du XXe siècle, a sauvé ce patrimoine musical. Dans ce documentaire de l’émission d’Arte Invitation au voyage, Ernest Manac’h de l’association de sauvegarde du patrimoine basée à Carhaix, Les Amis du Réseau breton, revient sur le lien qui unissait les bagads – les orchestres traditionnels bretons – aux chemins de fer.
17 juillet 1879, Charles de Freycinet, ministre des Travaux publics de l’époque, lance le plan qui portera son nom. Celui- ci prévoit la création d’un réseau ferré parmi les plus denses du monde.
L’ambition est forte : la desserte de toutes les préfectures et sous-préfectures de France, l’idée étant de désenclaver les régions les plus reculées et d’y apporter la voix de la République, mais en Bretagne, c’est la musique bretonne qu’il apporte également. Le Réseau Breton, ce chemin de fer de 426 km de voie métrique fut construit entre 1891 et 1925. Il irriguait la Bretagne grâce à ses lignes secondaires et a donné naissance à l’étoile ferroviaire de Carhaix, entraînant ainsi le développement accéléré de la petite ville. De nombreux cheminots étaient musiciens et, naturellement, ils forment les premiers orchestres. Ainsi, en 1948, à Carhaix, le bagad « Les gars du chemin de fer » investissent des wagons désaffectés pour leurs premières répétitions…
Ils lancent alors le renouveau de la musique traditionnelle bretonne et participe ainsi au sauvetage de cette culture celte millénaire.
Mardi 4 novembre à 17 h 25 sur Arte. Invitation au voyage – Les bagadoù, la musique bretonne sur les rails. ARTE France, Éléphant Doc. (2025)

Les sociétés autoroutières au secours du ferroviaire ?
Alors que l’urgence climatique est de plus en plus présente et que le budget de l’Etat est de plus en plus contraint, les défis que le ferroviaire doit relever semblent insurmontables. Les projets de lignes nouvelles, ceux des RER, la relance du fret et surtout la réhabilitation du réseau existant, attendaient beaucoup des 100 milliards promis par Elisabeth Borne en 2023.
Malgré la bonne volonté de certaines régions (Grand Est, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine,…) pour la réhabilitation de leur réseau, de quelques métropoles (Bordeaux et Strasbourg) pour le lancement de RER en partenariat avec les régions, l’attribution de financements européens pour des réalisations transfrontalières et l’effort massif de SNCF réseau pour la maintenance des lignes, le compte n’y est toujours pas.
Le Conseil d’orientation des infrastructures épaulé en cela par Bercy et suite à la publication du rapport d’Ambitions France Transports, prenant en compte tous les modes de transports et non plus essentiellement le ferroviaire comme cela avait été évoqué lorsqu’il s’agissait de ne réfléchir que sur le développement des SERM (services express régionaux métropolitains), va tenter de hiérarchiser les projets.
Les lobbys routier et aérien ont des atouts beaucoup plus percutants que ceux du ferroviaire, ce qui laisse présager des difficultés croissantes pour le mode de transport le plus vertueux en terme d’impact environnemental. Pourquoi ne pas imposer aux sociétés autoroutières de participer au financement du rail? Car elles ont largement participé à l’augmentation de la pollution atmosphérique par les facilités offertes aux utilisateurs. On pourrait imaginer qu’elles participent soit à un pot commun pour SNCF réseau, soit à des opérations ciblant en priorité les lignes parallèles aux autoroutes. Par exemple les réalisations de l’A69 (Castres-Toulouse) ou de l’A412 (Thonon- Machilly) pourraient passer par l’électrification et la mise à double voie entre Saint-Sulpice et Castres et à la double voie, la ligne étant déjà électrifiée entre Annemasse et Evian.
Même si les sociétés d’autoroutes font face à des investissements permanents et à des taxes, leurs bénéfices en 2023 s’élevaient à 4,4 milliards €. Ne pourraient-elles pas faire un geste de solidarité envers le transport ferroviaire, ne serait-ce que pour tenir compte de leur responsabilité en matière environnementale ?

Arte. Dans le Mécano de la General, un Buster Keaton irrésistible
Printemps 1861, en Géorgie, Johnny Gray (Buster Keaton) est deux fois amoureux. De la jolie Annabel Lee et de sa rutilante locomotive, la « General », dont il est le mécanicien pour la Western and Atlantic. Alors que la guerre civile éclate entre le Sud et le Nord, il cherche à s’enrôler dans le premier camp. Mais on le considère plus utile dans son rôle de cheminot. Il passe alors pour un lâche aux yeux d’Annabel Lee et de sa famille.
Pourtant, il aura l’occasion de démontrer son courage et sa fidélité à ses deux passions, la « General » et la belle Annabel, quand il se retrouve pris dans une incroyable course-poursuite ferroviaire, dont le résultat aura un impact crucial sur le cours de la guerre civile. Voici l’intrigue du grand succès de Buster Keaton, Le Mécano de la General.
Un film d’action pour lequel le cinéaste a dépensé sans compter. Il a ainsi fait construire plusieurs locomotives identiques, équipées de chaudières à bois. A part quelques scènes tournées en studio, la plupart des plans ont été immortalisés dans les plaines de l’Oregon. Pour la scène de destruction de la locomotive, il a même fait bâtir un pont ferroviaire en bois qui enjambe une rivière. Une scène qui sera la plus chère de toute l’histoire du cinéma muet. Dans le film, Keaton exploite tout le potentiel comique du ferroviaire que lui offre les voies de garage, les aiguillages ou les rampes… Et le matériel roulant naturellement ! Les wagons sont désossés et les locomotives poussées dans leur retranchement. L’acteur ne se ménage pas non plus… Les acrobaties ferroviaires sont ici réalisées – comme toujours chez Keaton – sans trucages, ni doublures !
Géant du cinéma comique au même titre que Chaplin, Tati ou les Marx Brothers, Buster Keaton délivre dans Le Mécano de la « General » (The General) l’une de ses prestations les plus populaires. Né dans le monde du spectacle – selon la légende Houdini est à l’origine de son surnom Buster –, Keaton ne le quittera jamais. Attiré par les possibilités du cinéma – un art alors encore neuf qui autorise toutes les innovations –, il va réaliser une dizaine de films qui rencontrent un immense succès dans les années 20.
En 1928, alors qu’il est au sommet de sa gloire, il signe un contrat chez la MGM, allant contre son instinct et les mises en garde de son ami Charlie Chaplin à qui il avait demandé conseil. Poussé par son beau-frère et son producteur, il cède finalement. Erreur fatale. Les contraintes de ce studio hollywoodien, qui a fait du cinéma une industrie, cadrent mal avec un réalisateur qui a construit son succès sur sa liberté de ton et de forme. Il s’épuise à porter sa voix dans les rouages complexes du studio. Il est finalement licencié. Il perd alors tout et s’enfonce dans l’alcoolisme. Pendant des années, il sombrera dans l’oubli avant de voir son nom réhabilité. Son oeuvre a depuis rejoint le patrimoine du cinéma. Le mécano de la General est un chef-d’oeuvre de burlesque, mais pas seulement. « À la perfection du rythme et l’efficacité des gags, s’ajoute une grande fresque d’aventures où la beauté géométrique de la mise en scène, pleine de symétrie et de parallélismes, suffirait à elle seule à captiver le spectateur », écrit Jacques Lourcelles dans son Dictionnaire du cinéma (Éd. Robert Laffont).
La musique signée du célèbre musicien japonais Joe Hisaishi, a été enregistrée avec le Tokyo City Philharmonic Orchestra. Celle-ci a été créée en 2004 à la demande de la société de production MK2 à l’occasion de la réédition du film. La nouvelle bande originale s’achève sur une chanson interprétée par Anna Mouglalis, sur les paroles de Georges Moustaki.
A noter que si vous habitez en région parisienne, vous pourrez voir ce chefd’oeuvre sur grand écran. Dans le cadre de son cycle Le burlesque muet hollywoodien, les indispensables, la Cinémathèque française a programmé Le Mécano le dimanche 2 novembre à 15 h.
A voir sur Arte Replay. Le Mécano de la « General » de Buster Keaton et Clyde Bruckman. Buster Keaton Comedies. Etats-Unis. (1926)

Récit de voyage. Tous les trains du monde, un périple ferroviaire et intime
Publié en mars 2025, Tous les trains du monde de Virginie Delache nous entraîne à bord de trains indiens, égyptiens, italiens ou encore américains. L’auteure propose non seulement un récit de voyage mais aussi une longue introspection.
Virginie Delache nous convie à un périple ferroviaire sur quatre continents, empruntant les lignes de chemin de fer d’Italie ou du Japon, des Etats- Unis ou de l’Inde, d’Égypte ou de Sibérie. Publié en mars 2025 aux éditions Akinomé, son récit de voyage se déploie dans l’espace, mais aussi dans le temps. Ferroviphile assumée, Virginie Delache est notamment membre de l’association OUAT, (Once upon a train), une association à but non lucratif créée en 2019 et qui réunit des voyageurs passionnés par l’univers du rail. Mais avant d’aiguiser son goût du voyage ferroviaire, c’est d’abord la danse classique qui l’a animé. Admise à l’École de danse de l’Opéra national de Paris à l’âge de neuf ans, elle y passe six années alors que l’institution est toujours installée dans l’Opéra Garnier.
Puis, après des études littéraires, elle devient agrégée de Lettres modernes, puis enseigne en région parisienne. En parallèle, elle se lance dans ses premiers périples. Quinze ans plus tard, elle décide de quitter l’Éducation nationale pour s’adonner à l’écriture et nourrir un blog où elle dispense de précieux conseils pour réussir ses voyages en famille (www.avecmesenfants.fr). Mère de trois enfants, elle possède en effet une solide expertise sur le sujet ! Avec Tous les trains du monde, Virginie Delache nous offre une véritable invitation au voyage ferroviaire, servie par une plume acérée et un sens de l’observation affûté.
A travers les vitres des trains, elle se plonge dans le paysage qui défile et se laisse aller à l’introspection, confrontant les images, ressassant les souvenirs d’une vie de danse, de voyages, de mère de famille. Le voyage est également littéraire…
L’auteure chemine aux côtés de Gustave Flaubert en Egypte ou avec Antonio Tabucchi en Inde. Elle trouve dans les livres, des clés pour se plonger dans l’altérité. Les voyages en train de Valérie Delache ne sont pas faits que de confort et de glamour… Comme à la sortie de ce train chinois : « Quand la porte de la voiture s’ouvre, la chaleur qui s’engouffre nous terrasse à notre tour. Je suffoque en inspirant l’air brûlant.
Les passagers se pressent derrière moi, impatients de descendre. Résister au mouvement instinctif de recul, forcer la jambe à se déployer lentement, descendre le marchepied et pénétrer cette atmosphère torride comme un liquide presque résistant, épais et dense.
Se fondre dans la masse moite des corps trop proches. Odeurs de ferraille et de sueur. » L’expérience du rail n’est certes pas toujours de tout repos… Chez Virginie Delache, la voie n’est pas un long fleuve tranquille.
Tous les trains du monde de Virginie Delache. Editions Akinomé. Prix : 20 euros. (2025)

Une nouvelle vie pour la gare de Brélidy-Plouëc
Après quatre ans de travaux, la petite gare de Brélidy-Plouëc dans les Côtes-d’Armor est enfin hors d’eau et hors d’air, ce qui doit lui permettre de connaître une nouvelle vie.
E nfin mise hors d’eau et hors d’air au terme d’un chantier entamé en 2021, la gare de Brélidy-Plouëc, dans les Côtes-d’Armor, a été le théâtre d’une cérémonie de réception des travaux à l’occasion des récentes Journées du patrimoine.
Mise en service en 1894, cette gare typique de l’ancien Réseau Breton était le point de jonction avec la ligne à voie métrique Plouëc – Tréguier, ce qui a permis entre autres le développement du maraîchage dans le Trégor. Fermée dans les années 1970, elle a été achetée en 2007 par la commune pour « affirmer qu’elle ne serait pas réduite à une ruine pittoresque. Ce geste de sauvegarde a transformé un bâtiment menacé en un patrimoine collectif », rappelle le maire Vincent Le Meaux.
Aujourd’hui, Brélidy-Plouëc est une halte ferroviaire desservie par les TER reliant Paimpol et Guingamp. Le financement des travaux a bénéficié de plusieurs sources. « L’Etat, la région Bretagne, le département, les dons via la Fondation du patrimoine, les collectes auprès des habitants… », cite René-Loïc Alix, président de Mémoire et Patrimoine de Plouëc, l’association créée en 2006 pour transmettre l’histoire de la commune. « La gare, désormais sauvée, doit devenir un lieu de culture et de vie en accueillant des expositions, des spectacles, des résidences d’artistes, de chercheurs, d’enseignants… », annonce-t-il.
Contact : [email protected], [email protected]

Patrimoine. Dans le XVIIe arrondissement à Paris, la Petite Ceinture a livré ses secrets aux habitants
Les Journées du patrimoine ont donné l’occasion à une association cheminote de partager avec les riverains de la Petite Ceinture, dans le XVIIe arrondissement de la capitale, les secrets de cette ligne peu connue.
Malgré une météo capricieuse, l’Association des Agents de Paris-Saint-Lazare (AAPSL) a atteint son but : faire circuler son train historique, les 20 et 21 septembre, dans le cadre des Journées du Patrimoine. « Pour notre association, c’était une grande première. Nous avons choisi de mettre à l’honneur notre locomotive emblématique des lignes de la banlieue de la gare Saint-Lazare, la BB 17016, ainsi que d’autres matériels et la Petite Ceinture sur la section de ligne qui chemine dans le parc Martin Luther King dans le XVIIe arrondissement, au milieu des immeubles qui composent ce quartier résidentiel », explique Nicolas Royère, de l’AAPSL.
A la grande surprise des riverains et des passants présents dans le parc arboré (« Ils semblaient ne pas connaître l’existence de cette ligne de chemin de fer qui entoure Paris ! »), la BB 17016 tractant trois voitures postales, une voiture Corail et la BB 16020, a circulé à plusieurs reprises sur la voie ferrée qui fut construite au XIXe siècle. « Aujourd’hui, cette section de la ligne n’est plus utilisée que deux fois par semaine, pour des trains de fret alimentant la centrale à béton Eqiom dans le 17e arrondissement. »
Les visites-conférences proposées par l’Association pour la Sauvegarde de la Petite Ceinture de Paris et Histoire & Patrimoine Paris 17e, partenaires de l’événement, ont attiré plus de 200 visiteurs sur les deux journées. « Les circulations ont ravi petits et grands, ainsi que les ferrovipathes et les photographes amateurs », se réjouit Nicolas Royère.
Le belvédère du parc Martin Luther King a accueilli plus de 1600 visiteurs, « toutes générations confondues », souligne Patrick Rollot d’Histoire & Patrimoine Paris 17e. Une exposition, composée de panneaux illustrés de photos rarissimes, y présentait la riche histoire ferroviaire de l’arrondissement, entamée il y a 180 ans avec la gare marchandises et le dépôt des Batignolles, puis la métamorphose en écoquartier autour du parc, dont l’aménagement s’est achevé en 2022.
Contacts : AAPSL, www.aapsl.fr