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  • A Vichy, retour à l’époque de la CIWL

    A Vichy, retour à l’époque de la CIWL

    Jusqu’au 11 novembre, l’exposition Vichy l’Internationale-Deux siècles d’ouverture au monde offre un regard approfondi sur le rayonnement mondial de la célèbre ville thermale qui fut fréquentée par une clientèle fortunée et aristocratique dès le XIXe siècle. Dans le hall du Palace International, aujourd’hui transformé en résidence privée, on fait un voyage dans le temps en revivant l’époque des luxueux trains Pullman de la Compagnie Internationale des Wagons-Lits. Le collectionneur Michel Cozic, passionné par l’histoire de la CIWL, a reconstitué deux ambiances.

    « Les deux reconstitutions sont totalement inédites », précise-t-il. La première une voiture en teck de 1904 du Vichy Express, donc de l’époque Art Nouveau, présente une table de petit-déjeuner
    dans le moindre détail: vaisselle raffinée marquée au chiffre de la CIWL, argenterie étincelante de la théière au coquetier, porte-menu double-face, bougeoirs… Les confortables fauteuils à oreilles, les porte-bagages, les boiseries ornées des roses du maître verrier René Lalique ainsi que le plafond peint à l’italienne complètent l’ambiance de confort absolu des palaces roulants de la CIWL.

    La seconde reconstitution est une voiture de 1927, de type Flèche d’Or, du London Vichy Pullman Express. Les éléments Art Déco, de la vaisselle à la porcelaine Haviland en passant par les menus, restituent le luxe qui régnait à l’époque à bord de ce train qui n’a circulé que pendant trois ans.

  • Savoir dompter les dangers du rail

    Savoir dompter les dangers du rail

    Ce dimanche, Arte rediffuse deux épisodes de sa série documentaire Danger sur les rails. Le premier nous emmène dans l’Est de l’Afrique, le long de la ligne de chemin de fer de plus de 1 860 km qui relie la Tanzanie et la Zambie. Le Tazara, anciennement baptisé Tanzam, relie deux fois par semaine Dar Es Salaam à Kapiri Mposhi. Ce chemin de fer Tanzanie – Zambie, (Tazara Railroad en anglais), a été construit dans les années 1970 par la Tanzania – Zambia Railway Authority grâce au soutien de la Chine populaire. Un chantier complexe qui a duré plus de six ans mobilisant 100 000 ouvriers chinois et africains. Cette infrastructure devait donner un accès à la mer et permettre de désenclaver la Zambie nouvellement indépendante. Mais le développement promis n’est jamais arrivé.

    Aujourd’hui, la ligne est tout de même empruntée par 500 000 voyageurs par an. Le voyage est long… plus de 50 heures de trajet et nécessite huit relais de conducteurs. Pour ces cheminots, il faut parvenir à dompter l’infrastructure vieillissante. Mais, le danger peut également venir d’ailleurs… le conducteur doit être constamment sur ses gardes. Éléphants, girafes et autres animaux sauvages traversent régulièrement les voies!

    Dans le deuxième épisode du jour, nous nous rendons au Pérou, où nous arpentons l’ancien réseau des Ferrocarril del Sur, où circulent deux trains de luxe construits à Singapour et Belmond : l’Hiram Bingham, du nom de l’archéologue américain qui a redécouvert les ruines du Machu Picchu en 1911 et l’Andean Express. Le premier permet d’accéder au célèbre site archéologique, tandis que le second achève son parcours sur les rives du lac Titicaca. Le plus grand lac d’Amérique du Sud, en longueur et en profondeur, est parsemé de nombreuses îles artificielles flottantes, édifiées par la communauté des Uros, qui préservent ici une culture riche et ancienne.

    Les deux voyages débutent dans la gare de la mythique Cusco, l’ancienne capitale de l’Empire inca. A bord de sa cabine de conduite, nous rencontrons notamment Juan Espinoza, emmitouflé dans ses vêtements chauds, luttant contre le froid mordant de l’Altiplano.
    Dimanche 23 juin à 15 h 35 sur Arte.

  • La BB 16745, une nouvelle venue à Oignies

    La BB 16745, une nouvelle venue à Oignies

    A Oignies, dans le Pas-de-Calais, le Centre de la mine et du chemin de fer (CMCF) a pour projet de faire circuler un train historique et touristique, une rame RIO 78 Nord – Pas-de-Calais. Une étape majeure a été franchie en avril lorsque SNCF Patrimoine et l’Unecto ont accepté de lui confier, sous convention, la locomotive électrique BB 16745, issue des collections de l’ancien dépôt de Mohon, appelées à déménager. « C’est un retour sur ses terres d’origine car la BB 16745 fait partie intégrante du paysage ferroviaire des Hauts-de-France. Elle a tracté de nombreux TER et trains de marchandises », se réjouit Laurent Gosselin, vice-président du CMCF, responsable de l’atelier de restauration.

    « La locomotive était affectée au dépôt de Lens et a eu une longue carrière, d’octobre 1963 à juillet 2010, après avoir parcouru 5 744 824 kilomètres. » Dans le dépôt lensois, la locomotive a toujours reçu les meilleurs soins, notamment par un agent de maintenance, par ailleurs membre du CMCF. « Lors de sa radiation, la machine était en parfait état de marche. Connais-
    sant son historique, nous étions très confiants quant à l’état général de cette locomotive », explique Laurent Gosselin. Il a simplement fallu réparer un carter de réducteur (une fuite d’huile avait été décelée), opération devant être validée par la Cellule Matériel Radié (CMR) de la SNCF
    pour pouvoir procéder à l’acheminement de la machine. Ce fut chose faite et le 15 avril, des agents de la CMR ont formé le convoi. La locomotive était encadrée par deux machines diesel, les BB 67416 et BB 67556. Le lendemain matin, le convoi a quitté Mohon en direction de Lille.

    « Dès son entrée sur les rails des Hauts-de-France, plusieurs membres du CMCF qui s’étaient postés le long des voies, ont photographié le convoi. Pour les passionnés de chemin de fer que nous sommes, c’était vraiment un événement », commente Laurent Gosselin. Après être passé par Lille-Flandres, le convoi a rejoint le dépôt du Technicentre Hauts-de-France de Lille, où la locomotive sera stationnée et sous surveillance. « L’un de nos membres qui travaille dans ce Technicentre, et quelques collègues, eux aussi membres du CMCF, vont prendre en charge les travaux préparatoires avant sa remise en service », annonce Laurent Gosselin, qui remercie chaleureusement SNCF Patrimoine, la CMR, l’Unecto et le Technicentre de Lille, la SNCF Région Hauts-de-France, pour la réussite de ce transfert et de cette mise à disposition. La prochaine étape? « Nettoyer et lustrer la machine afin de la présenter, en statique, au public lors des prochaines Journées du patrimoine en septembre », annonce Laurent Gosselin. Suivra ensuite un important travail de sondage des équipements électriques en vue de remettre la machine sous tension.

  • Le Train à vapeur du Beauvaisis

    Le Train à vapeur du Beauvaisis

    Le 4 mai, dans l’Oise, les bénévoles du Train à vapeur du Beauvaisis, créé par le Musée des tramways à vapeur et chemins de fer secondaires (MTVS), ont fait circuler la TIV 75, une de leurs locomotives historiques, construite en 1909 et classée monument historique. Le voyage,
    au départ de Crèvecœur-le-Grand, était réservé aux membres de l’association.
    « Le but était de tester la machine et comme nous étions entre nous, c’était l’occasion de pousser jusqu’au bout de la ligne que nous avons prolongée cet hiver », explique Olivier Janneau, président du MTVS. Sur la photo ci-contre, les membres du MTVS à la hauteur de
    l’ancienne halte de Regnonval, à 200 mètres de l’extrémité de la ligne du train touristique.

    Contact : Train à vapeur du Beauvaisis, 16 place de la Gare, 60360 Crèvecœur-le-
    Grand. Tél.: 07 68 54 49 70.

  • Nantes : Le nouveau tramway a été inauguré

    Nantes : Le nouveau tramway a été inauguré

    Cette fois, il est inauguré ! Le matériel roulant de la quatrième génération mise en service sur le réseau de tramway nantais depuis sa renaissance en 1985 accueillait déjà des voyageurs depuis le 15 avril. Mais c’est ce 18 mai que son arrivée a officiellement et publiquement été célébrée par Nantes Métropole. Pour commencer, ce sont quatre de ces rames Citadis produites par Alstom qui circulent sur les 49 attendues d’ici 2026, complétées par 12 rames supplémentaires à l’horizon 2027.

  • Élections européennes : l’enjeu des transports

    Élections européennes : l’enjeu des transports

    Le train n’a pas sifflé pendant la campagne du scrutin européen du 9 juin, les enjeux climatiques et environnementaux sont passés sous les radars, et la mobilité sous silence. Le seul sujet transport qui s’est vraiment imposé en France, ce ne sont pas les vols aériens court courrier à l’intérieur de l’Union européenne, ni même les méga-trucks, mais la fin des voitures thermiques prévue dans moins de dix ans. Jordan Bardella, candidat de la liste Rassemblement national, a fustigé la mesure décidée en 2022 par l’Union européenne. François-Xavier Bellamy, tête de liste Les Républicains-Les Centristes, et Marion Maréchal Le Pen (Reconquête) lui ont emboîté le pas.

    A droite, comme à gauche, toutefois le ferroviaire est porté aux nues. Reste la question du financement de la relance du rail européen. Au cœur du dispositif, le réseau transeuropéen de transports (RTE-T), pour moderniser les grands axes de transport qui remontent à l’après Seconde Guerre mondiale, voire avant. Ce réseau existe pour l’énergie, il est loin d’être bouclé pour les transports, et la liste de projets est longue, déjà lancés ou non, transfrontaliers ou pas, qui touchent au ferroviaire, aux voies fluviales, aux autoroutes.

    Pour l’exercice budgétaire en cours (2021-2027), 35 milliards d’euros ont été mobilisés par Bruxelles pour les transports. Très loin des besoins des projets du programme RTE-T. Et le ferroviaire n’est pas le mieux servi. Si les axes routiers prévus sont largement achevés et n’attendent plus que des bornes de recharge pour des camions électriques ou des aires de repos sécurisées pour les chauffeurs routiers, il reste des trous dans la raquette sur les réseaux ferroviaires européens, en particulier pour la grande vitesse.

    Les 705 eurodéputés nouvellement élus ou renouvelés devront continuer à affronter les défis du réchauffement climatique et de la décarbonation des transports. L’Europe s’est fixée des cibles affinées au fil du temps: réduire de 90% les gaz à effets de serre des transports en général d’ici à2050, avec en corolaire, l’accent mis sur le ferroviaire: doubler le fret ferroviaire dans l’Union, tripler le trafic de trains à grande vitesse, toujours à l’horizon 2050. L’idée générale étant que l’Europe aide les États membres à décliner le Pacte vert dans le secteur des transports, et à le financer, via des subventions. Ce qui suppose d’augmenter de manière significative les enveloppes transports.

    Pour pouvoir tenir les engagements zéro émission et favoriser le report modal vers des modes de transport plus vertueux, le défi qui se présente aux eurodéputés, sortants ou futurs, est immense. Mais les enjeux climatiques et de décarbonation des transports semblent s’éclipser devant la montée des populismes anti-européens, du souverainisme, du débat sur l’immigration et des tensions géopolitiques en Europe, au Proche-Orient et dans de nombreuses autres régions du monde.

  • Faire escale dans les 2 900 gares de France : le défi relevé par Yves Rober

    Faire escale dans les 2 900 gares de France : le défi relevé par Yves Rober

    Yves Robert ou l’éloge de la lenteur… Depuis cinq ans, ce septuagénaire retraité du secteur de l’horticulture, abonné à La Vie du Rail, s’est lancé un sacré défi : sillonner les 32 000 km du réseau ferré français pour faire escale dans les 2900 gares françaises. Pour cela, cet habitant d’Orgerus (Yvelines) a choisi les omnibus et les TER, « plus lents que les TGV mais qui desservent bien plus de stations », explique-t-il. En effet, pour “valider” une gare, ce baroudeur ferroviaire s’est fixé une règle : « le train ne doit pas seulement y passer mais y marquer l’arrêt. Au final, j’ai pris un peu moins de 500 trains. »

    Sur un petit carnet, il ébauche une première idée de son trajet après avoir comparé les différentes offres d’omnibus. « Le plus important, ce n’est pas de repérer la bonne destination, mais d’identifier les bonnes étapes. Si je veux faire un maximum d’arrêts dans la journée, je dois prendre les trains les plus lents et avoir plusieurs correspondances. » Il n’est pas sponsorisé par la SNCF et paye lui-même tous ses tickets. A chaque voyage, il s’assoit toujours cote fenêtre « pour admirer les paysages ! » Il consigne ses notes et anecdotes dans un carnet, prends des photos aussi parfois. « je ne m’ennuie jamais. J’aime observer les passagers, entendre les accents typiques des régions traversées », dit-il.

    Le 14 mai; La Vie du Rail l’a rencontré alors qu’il achevait son odyssée ferroviaire en gare de Versailles Rive-Droite ( ligne L ), « construite en 1839, la plus ancienne gare française encore dans son jus », commente-t-il. A sa descente du train, 15h12 précises, il a eu droit à un joyeux comité d’accueil, composé de membres de sa famille et d’amis.

  • Une sortie en Forêt Noire

    Une sortie en Forêt Noire

    La section de Mulhouse de la Fédération générale des retraités des chemins de fer (FGRCF) a organisé le 7 mai une sortie pédestre dans le parc du Liliental (vallée des Lys), situé dans le massif du Kaiserstuhl en Forêt Noire. Sous la conduite de Bernard Furstenberger, vice-président de la section, le groupe, composé d’une vingtaine de participants, a arpenté l’ar- boretum qui abrite une collection d’arbres rares provenant du monde entier: néfliers, pins grecs, alisiers…

    Puis, chemin faisant, les marcheurs ont traversé une remarquable plantation de séquoias, dont les graines proviennent directement de Californie, et admiré différentes variétés d’orchidées. Tous les participants ont apprécié cette promenade dans ce lieu empreint de calme et de sérénité.

  • Trois régions pour expérimenter le titre de transport unique

    Trois régions pour expérimenter le titre de transport unique

    La Normandie, les Pays de la Loire et le Centre-Val de Loire sont les trois régions retenues pour expérimenter à partir de la fin de l’année le titre de transport unique, a annoncé le 23 mai dans un communiqué le ministère des Transports. Cette « première phase expérimentale » portera en particulier sur l’axe Caen – Le Mans – Tours avec la participation des trois métropoles concernées. « Ces territoires offrent un terrain propice pour tester différents parcours utilisateurs, valider des propositions techniques, améliorer et étendre progressivement le service auprès d’usagers effectuant des déplacements interrégionaux de porte-à-porte », indique encore le ministère, espérant dès 2025 le déploiement national « d’une solution permettant de réaliser des trajets de bout-en-bout sur tout le territoire national avec un seul titre de trans- port ». Et de préciser : « Il s’agit de relier entre eux les systèmes billettiques régionaux et locaux pour simplifier le parcours des usagers ».

  • Le MP59 quitte le métro parisien après 60 ans de service

    Le MP59 quitte le métro parisien après 60 ans de service

    Trois semaines avant la mise en service de son prolongement à l’est de Paris, la ligne 11 du métro dit adieu au plus ancien matériel roulant exploité par la RATP : le MP59, en service depuis 1963.

    Quand ce type de rame à roulement sur pneus est apparu sur la ligne 1, puis sur la 4, peu s’imaginaient qu’il atteindrait presque 61 ans de service, soit une longévité comparable aux plus anciennes des rames Sprague du métro parisien. Mais contrairement à ce matériel légendaire, le MP59 a beaucoup chargé en six décennies, surtout au début des années 1990, avec de nouveaux aménagements intérieurs.

    Un deuxième changement est intervenu à la fin des années 1990, avec le transfert des rames modernisées de la ligne 1 à la«petite» ligne 11. C’est à cette occasion que les rames MP59, qui comptaient auparavant six caisses, ont été raccourcies à quatre caisses, avant de remplacer les rames MP55, le plus ancien type de métro à pneus construit en série (et dont derive le MP59).

    Un quart de siècle plus tard, la ligne 11 s’apprête à changer d’époque, avec son prolongement des Lilas à Rosny et le passage à des rames de cinq caisses, du type MP14. Toutefois, le changement n’a pas été immédiat : c’est avec prudence que la RATP a retardé le retrait du MP59, presque un an après l’arrivée des 20 premières rames MP14. Mises en service très rapidement, ces nouvelles rames sont arrivées à peu près toutes en même temps à leur premier pas de maintenance… ce qui a nécessité leur immobilisation quasi simultanée, durant laquelle les MP59 ont été encore bien utiles !

    Le 23 mai, les dernières des 22 rames MP59 de la ligne 11 cessent donc de transporter des voyageurs sur sa partie actuellement ouverte au public… mais aussi de poursuivre à vide jusqu’au futur terminus de Rosny-Bois-Perrier, où elles ne transporteront jamais personne…