Votre panier est actuellement vide !
Blog

La réouverture du viaduc des Rochers Noirs en Corrèze
En Corrèze, le viaduc des Rochers Noirs a rouvert au public lors des Journées européennes du patrimoine les 21 et 22 septembre, après une inauguration officielle le 19 septembre. Cet audacieux ouvrage d’art enjambe les gorges de la Luzège à 92 mètres de hauteur avec deux piles hautes de 126 mètres. Ce pont, imaginé par l’ingénieur Albert Gisclard, est situé entre les communes de Lapleau et Soursac. Il était autrefois parcouru par le Transcorrézien, pittoresque tramway de la Corrèze (à voie métrique) qui reliait, à travers la campagne, Tulle et Ussel. Il fut inauguré en 1913 par le président Poincaré.
La fermeture de cette ligne a eu lieu à la fin de l’année 1959. Le viaduc devint routier jusqu’en 1982, puis exclusivement piéton jusqu’en 2005. Dès lors, par sécurité, il était interdit à toute traversée. Faute d’entretien, son état se dégradait au fil des ans. Il a rouvert après deux ans de travaux de réhabilitation, menés par le conseil départemental de la Corrèze. Il aura fallu 9,80 M€, dont 70 % apportés notamment par la Fondation du Patrimoine, la Mission Stéphane Bern, et l’aide de l’association ASTTRE 19 et de son président Roger Fraysse avec de nombreux bénévoles. La réouverture de ce superbe ouvrage émerveille les habitants de la région et les visiteurs qui sont venus nombreux lors des Journées du Patrimoine pour faire la visite guidée (durée : plus de 1h30) en compagnie des guides du Pays d’Art et d’Histoire des Hautes Terres Corréziennes et de Ventadour. De plus, de nombreux documents illustraient l’avancée des travaux. C’est une vraie résurrection pour ce remarquable ouvrage d’art plus que centenaire et un regain d’intérêt majeur pour ce patrimoine exceptionnel. Le viaduc des Rochers Noirs est situé dans la vallée de la Haute Dordogne, classée réserve mondiale de la biosphère par l’Unesco.

France 3. Tournée sud-américaine pour les trains pas comme les autres
Deux nouveaux épisodes de la série documentaire Des trains pas comme les autres pour une soirée spéciale Amérique latine sont diffusés mercredi soir sur France 3. l’Uruguay, deux pays où les trains de voyageurs sont bien rares…
Philippe Gougler et son équipe arrivent sur France 3 pour une soirée spéciale avec deux épisodes inédits de la série Des trains pas comme les autres. Le premier voyage débute sur les plages de Rio, où le journaliste ne reste pas longtemps, puisqu’aucune voie ferrée ne court le long d’Ipanema ou de Copacabana. Il préfère monter à bord d’un train de banlieue à l’ambiance particulièrement détendue. Une foule de marchands ambulants, d’artistes de rue et de camelots assurent un spectacle permanent. Un « spider man » acrobate marque notamment les esprits. Le train offre probablement un service probablement assez unique : un masseur a installé sa table à l’extrémité de la voiture et propose aux voyageurs une prestation de 10 minutes. Rapidement, une file d’attente se forme. Philippe Gougler s’installe à son tour et semble apprécier l’expérience! Dans un quartier populaire de Rio, il assiste ensuite à un cours de bronzage sur le toit surchauffé d’un immeuble. Une affaire importante pour les Cariocas! Puis direction l’Amazonie pour découvrir un immense convoi de 3,3 km de long. Composé de 300 wagons chargés de minerais de fer, tirés par trois locomotives, il parcourt une voie ferrée de près de 900 kilomètres qui relie la mine des Carajás, la plus grande mine de fer à ciel ouvert du monde, à l’océan Atlantique.
Et ce n’est pas moins de 20 minéraliers qui empruntent quotidiennement cette ligne. Philippe Gougler se rend ensuite dans les ruines d’une ville, avalée par la jungle. Elle a été abandonnée par ses ha- bitants, lorsqu’elle a été envahie par de terribles fourmis! Les plus imposantes de toute l’Amazonie, dont la morsure est un véritable supplice. Ces fourmis interviennent dans une douloureuse cérémonie de passage à l’âge adulte d’une communauté amérindienne locale ! Changement radical d’ambiance avec la séquence suivante qui se déroule dans le sud du Brésil, dans la petite ville de Campos do Jordao. Une petite cité nichée à 1 600 mètres d’altitude que l’on présente comme la Suisse brésilienne. Avec ses maisons à colombages et son altitude, les nombreux touristes brésiliens viennent y vivre une expérience « européenne », dans une relative fraîcheur. Il est également possible de monter à bord d’un train touristique qui effectue un voyage de 19 kilomètres, de Campos do Jordão à Santo Antônio do Pinhal.
A Rio Grande, le journaliste découvre ce qui est, probablement, le train le plus écologique de la planète puisqu’il se déplace à la seule force de vent. Les touristes parcourent une immense digue grâce à ce moyen de transport ingénieux qui s’autorise tout de même des pointes de vitesse à 35 km/h. Le dernier train emprunté par l’équipe est moderne. Le Trem do Pampa accomplit son trajet entre les vignobles, entre Sant’Ana do Livramento et la frontière uruguayenne. Le second épisode de la soirée nous em- mène en Uruguay. Mais le voyage débute… au Brésil. Nous retrouvons Philippe Gougler dans le train brésilien où nous l’avions laissé dans l’épisode précédent. Ce- lui-ci rejoint la frontière entre les deux pays, mais ne la traverse pas. L’équipe doit la passer à pied, le long des rails. Il n’existe pratiquement aucun train de voyageur en Uruguay. L’une des rares lignes qui existent relie Rivera, à la frontière, à Tacuarembó. Il est utilisé par toute une communauté qui traverse la frontière pour acheter à moindre coût toutes sortes de produits. Dans cette région rurale, sans aucune route, le train s’arrête à la demande.
Le contrôleur est équipé d’un petit tabouret qu’il place devant la porte pour permettre aux voyageurs de descendre du train en absence de quai. A Montevideo, Philippe Gougler se rend sur l’une des nombreuses plages de la capitale, où réside 50 % de la population uruguayenne. Il y assiste à une cérémonie d’une religion syncrétique qui mêle catholicisme et spiritisme. Le journaliste monte également à bord de l’unique train quittant la capitale. Dans un pays qui manque cruellement de train de voyageur, cette attraction touristique permet de goûter aux plaisirs du rail. Circulant tous les mois, voire tous les deux mois, le train fait son chemin à travers une végétation qui a eu le temps de reprendre ses droits. Des grillages ont ainsi été placés aux fenêtres pour éviter qu’une branche ne blesse les passagers. Le voyage s’achève à Punta del Este, la station balnéaire qui accueille des visiteurs venus de toute l’Amérique du Sud. La saison touristique s’y ouvre avec un festin pas comme les autres : la dégustation de la plus grande paella du monde. Le riz étant versé dans l’immense poêle à l’aide d’un tractopelle !
Mercredi 23 octobre à 21 h 05 et 22 h sur France 3. Des trains pas comme les autres – Brésil, de l’Amazonie aux plages infinies puis Uruguay, la pépite secrète.
Step by Step Productions. (2024)

Cap sur le Languedoc avec le Train historique de Toulouse
Pour sa prochaine sortie, le 19 octobre, l’association Le Train historique de Toulouse propose d’embarquer dans son train spécial pour aller visiter deux grands sites incontournables de l’Occitanie: Saint-Guilhem-le-Désert et les écluses de Fonséranes sur le canal du Midi. Le train, cinq voitures voyageurs DEV Inox type Mistral des années 1960 tractées par la locomotive électrique BB 7338 de 1980, partira de la gare de Lacourtensourt et desservira les gares de Toulouse-Matabiau, Labège-Innopole, Escalquens, Baziège, Villefranche-de-Lauragais, Castelnaudary, Bram, Carcassonne Lézignan-Corbières, Narbonne et finalement Béziers. De là, le parcours se poursuivra en car pour rejoindre l’impressionnant pont du Diable, l’un des plus vieux ponts romains: l’ouvrage d’art surplombe les gorges de l’Hérault depuis plus d’un millénaire. Le pont est inscrit aux monuments historiques depuis 1935 et au patrimoine mondial de l’Unesco. L’étape suivante de la journée sera Saint-Guilhem-le-Désert, qui fait partie des Plus Beaux Villages de France et se trouve à l’entrée des gorges du Verdus. Halte sur le chemin de Saint- Jacques-de-Compostelle, le village affiche le style architectural de différentes époques: roman, gothique et Renaissance. La dernière étape sera Béziers pour visiter les neuf écluses de Fonséranes, le lieu le plus spectaculaire du canal du Midi, incontournable prouesse technique accomplie par Pierre-Paul Riquet au XVIIe siècle.
Tarifs au départ de Lacourtensourt : adultes : 55 €. Enfants de 4 ans à – de 12 ans: tarif réduit. Moins de 4 ans: gratuit (tarifs dégressifs en fonction de la gare de départ). Repas en option (adultes 27 €, enfants 10 €). Réservations : www.trainhistorique-toulouse.com

L’appel au gouvernement des associations de défense des trains de nuit
Les trains de nuit font leur retour en France depuis peu. Mais entre les retards et les suppressions de trains, le nombre insuffisant de dessertes et le manque de confort et de services à bord, la relance de ce réseau nocturne reste très timide, regrettent les partisans de la relance.
« Recherche trains de nuit désespérément… » Cela pourrait résumer la motivation de l’association Destination Trains de nuit qui milite depuis plusieurs années pour que se redéveloppe en France un réseau de trains de nuit « plus dense, plus confortable, plus accessible, tout en restant peu onéreux pour les finances publiques, sans alourdir le déficit actuel, sous réserve toutefois d’y investir près d’un milliard d’euros, mais avec un bilan socio-économique favorable de 200 M€ par an », résume Stéphane Coppey, président de l’association. Lors de l’assemblée générale qui s’est déroulée le 7 septembre, à la Maison du Vélo, tout près de la gare Marseille Blancarde, les membres de Destination Trains de nuit ont été accueillis par Didier Jau, maire des 4e et 5e arrondissements.
Huit trains de nuit circulent… mais pas tous les jours
Cette réunion a notamment été l’occa- sion d’élargir le conseil d’administration à plusieurs élus: Guillaume Gontard, sénateur de l’Isère, président du groupe Écologiste, Solidarité et Territoires au Sénat, Guy Benarroche, sénateur des Bouches-du-Rhône, Jean-Marc Vays- souze-Faure, sénateur du Lot, ainsi que Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région Occitanie délégué aux Transports, et plusieurs autres spécialistes du monde ferroviaire. « Ensemble, nous avons redéfini des pistes d’amélioration afin de fiabiliser de manière efficace ce moyen de transport pour lequel la clientèle existe bel et bien », raconte Stéphane Coppey.
Bien qu’il n’existe aujourd’hui que huit lignes Intercités de nuit (au départ de Paris-Austerlitz, elles desservent Toulouse, Rodez, La- tour-de-Carol, Cerbère, Tarbes, Briançon, Nice et Aurillac) contre une vingtaine il y a une trentaine d’années, on observe depuis peu que le train retrouve sa clientèle. En 2023, 770000 voyageurs ont utilisé les Intercités de nuit, contre 350000 en 2019, selon la SNCF. « Les prévisions concernant les deux axes les plus porteurs,Paris–Nice etParis–Toulouse, ont été largement dépassées, en étant comparables à la fréquentation d’il y a une quinzaine d’années », constate Stéphane Coppey, qui affirme que « la demande est réelle, la démonstration en est faite tous les jours ! »
Des matériels à bout de souffle
« A court terme,nous attendons de la SNCF qu’elle mette en place dès septembre 2025 au plustard, de nouvelles modalités d’exploitation des trains de nuit existants de manière à garantir une qualité de service optimale », explique Stéphane Coppey. Les points d’amélioration listés par l’association ne manquent pas: fiabiliser les locomotives et mieux réagir aux aléas comme, par exemple, les pannes, les caténaires givrées en hiver qui empêchent les trains de circuler. « Pourquoi ne pas utiliser du matériel bi-mode électrique-diesel?»,interroge l’association, qui déplore que « ces aléas entraînent des suppressions de train ou des retards conséquents. Sur le Paris – Briançon, par exemple, des retards de trois heures sont fréquents… » L’offre de transport est jugée très insuffisante: « un seul Paris – Nice ou Paris – Rodez par jour, cela ne suffit pas : dès la mise en vente des billets, tout part très vite ! » Sans parler des travaux sur les voies qui entraînent des déprogrammations dans des délais trop courts pour les voyageurs qui se retrouvent désemparés. « Notre vice-présidente Alice Prudhomme, maire de L’Argentière-La Bessée dans les Hautes-Alpes, déplore à juste titre que, à cause de ces déprogrammations, la gare de sa commune, L’Argentière-Les Ecrins, sur la ligne de Briançon, ne soit pas desservie alors que, entre les locaux et les touristes, la clientèle potentielle existe… », reprend Stéphane Coppey.
Les autres demandes ? « Augmenter la capacité des trains, ce qui permettrait d’accroître les recettes-voyageurs, améliorer les canaux de vente (mise en vente des billets dès 4 mois avant le départ) mais aussi la qualité de service à bord avec de la restauration, l’accueil en gare au départ et à l’arrivée en mettant à disposition des douches à bord du train ou dans la gare d’arrivée, et enfin, mieux capter le potentiel des voyageurs en correspondance. » A plus long terme, outre les signes de fatigue que présentent les motrices mobilisées (électriques ou diesel, elles tombent souvent en panne…), l’association s’inquiète de la courte durée de vie des voitures couchettes utilisées actuellement : ce sont des voitures Corail spécialement réaménagées, qui datent des années 1980. « D’ici quatre à cinq ans, de gros problèmes de carence de matériel et donc de disponibilité vont se poser à coup sûr… Des voitures neuves, plus accessibles, plus confortables, et de meilleure qualité, devaient être commandées, mais nous ignorons si la commande a été réellement passée auprès des industriels.
Ces nouvelles voitures risquent bien d’arriver trop tard pour fidéliser la clientèle », alerte Stéphane Coppey. « Nous sommes déterminés à faire améliorer la situation et nous invitons les voyageurs nocturnes et les défenseurs des trains de nuit, mais aussi les parlementaires et les collectivités territoriales, à nous rejoindre et à soutenir nos actions. » Même cheval de bataille au collectif Oui au train de nuit, qui lancé un appel au gouvernement le 28 septembre depuis la gare de Cluses en Haute-Savoie. « La relance des trains de nuit est restée au milieu du gué : la commande de trains neufs promise en 2021 n’est toujours pas lancée. Et surtout, de nombreuses lignes pertinentes ne sont pas encore rouvertes, en particulier vers les Alpes. Le Paris – SaintGervais-les-Bains/Bourg-Saint-Maurice est suspendu depuis 2016 sans justification suffisante », précise Nicolas Forien, porte-parole du collectif. « Sur ces territoires, de nombreux élus locaux demandent le retour des trains de nuit. Selon le député de Haute-Savoie Xavier Roseren, “le succès des lignes déjà rouvertes, notamment avec une fréquentation croissante de 15 % à l’été 2023 par rapport à l’année précédente, illustre la pertinence de cette politique et la demande croissante des Français”. »
De nombreux élus demandent le retour des trains de nuit
Un rapport gouvernemental de mai 2021 sur les trains d’équilibre du territoire (TET) mentionne le besoin d’une vingtaine de lignes de trains de nuit, incluant la desserte de la Savoie, en construisant pour cela 600 nouvelles voitures- couchettes et voitures-lits. « La commande devait être lancée par le précédent gouvernement, mais la dissolution de l’Assemblée nationale et la nomination d’un nouveau gouvernement ont gelé le processus… », reprend Nicolas Forien. Une chose est sûre, des élus se manifestent auprès de l’Etat pour lui demander de débloquer la situation. Fin 2023, le Savoyard Fabrice Pannekoucke, nouveau président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, ancien maire de Moutiers – ville de Savoie où le collectif avait organisé une manifestation –, se plaignait que le gouvernement était « très peu actif sur le sujet des trains de nuit ». Le député de Haute-Savoie Xavier Roseren, dans un courrier adressé à François Durovray, le nouveau ministre des Transports, explique que « la réouverture des trains de nuit représente une opportunité rare de créer un consensus fort autour d’un projet fédérateur », rapporte Nicolas Forien. La sénatrice de Haute-Savoie Sylviane Noël a présenté au nouveau ministre de l’Economie Antoine Armand (arrière-petit-fils de Louis Armand, ancien président de la SNCF ! – NDLR) un argument clé : « à l’heure où notre région, notre département et plus largement la France, accueilleront les Jeux olympiques d’hiver 2030, le gouvernement se doit d’apporter davantage d’ambition à sa politique incitative de l’utilisation du train, notamment de nuit. » Oui au train de nuit souhaite que le Premier ministre Michel Barnier, un Savoyard, puisse favoriser une véritable renaissance du réseau. « Après plusieurs années de tergiversations de l’État, le nouveau gouvernement, qui revendique son attachement aux territoires, saura-t-il débloquer la situation ? Nous l’espérons pour que la relance des trains de nuit se concrétise et que les territoires ne restent pas à quai », conclut Nicolas Forien.
Anne JEANTET-LECLERC
Contacts : Destination Train de nuit,
Stéphane Coppey, 07 66 85 03 62.
https://destinationtrainsdenuit.eu/
Oui au train de nuit, Nicolas Forien,
06 68 75 26 37.
Arte. La côte est de l’Irlande vue du rail
Arte Diffuse ce vendredi un épisode de sa série documentaire Un billet de train pour… Cette semaine, direction l’est de l’Irlande pour un voyage entre Rosslare et Dublin à bord d’un train des Chemins de fer irlandais (Iarnród Éireann/Irish Rail). Le voyage débute à Rosslare, la ville où accostent les ferries en provenance d’Angleterre, où nous rencontrons Tom Curran, l’officier de port. Celui-ci explique la place prépondérante prise par Rosslare dans le commerce extérieur avec la Grande-Bretagne et le continent européen. La ligne de chemin de fer passe à quelques centaines de mètres des installations portuaires. Celles-ci bénéficient, depuis leur création en 1906, d’une liaison ferroviaire. Mais au début du XXe siècle, la voie ferrée courait jusqu’au bout du brise-lame. En 1923, le réseau irlandais est à son apogée. Mais comme ailleurs, il n’a cessé de se réduire avec la concurrence de la route.
En gare de Rosslare, les journalistes montent à bord de l’Intercity d’Irish Rail à destination de Dublin. Nous voyageons en compagnie de Oliver P. Doyle, un cheminot à la retraite, fils et petit-fils de cheminot et ardent défenseur du rail irlandais, qui partage avec les spectateurs ses souvenirs. L’homme de 77 ans ne paye pas le train, comme tous les retraités du pays. Et il en profite ! Le train traverse d’abord les paysages bucoliques du comté de Wexford. Il circule à une vitesse limitée et nombre de voyageurs lui préfèrent le bus qui accomplit le même trajet plus rapidement. Arrivée dans la ville de Wexford, où une conteuse, amoureuse de l’histoire de sa ville, explique pourquoi et comment celle-ci est un véritable creuset de cultures différentes. Nous traversons ensuite une vallée fluviale, puis pénétrons dans les montagnes de Wicklow, où nous rencontrons le fondateur d’un centre spirituel. De retour sur les rivages de la mer d’Irlande, le train longe la plage. Au niveau de Greystones, il passe au plus près des vagues. C’est dans la gare de la ville qu’Oliver décide de quitter l’Intercity pour monter à bord du DART, le service de transport en commun de l’agglomération de Dublin. Le train arrive en gare de Dublin Connolly. La capitale de la République d’Irlande, où le souvenir de l’insurrection de Pacques 1916 – premier pas vers l’indépendance – est encore célébré aujourd’hui.

Belgique. Dessine-moi un train !, la nouvelle expo de Train World
Train World, le musée de la SNCB, a inauguré le 19 septembre dernier une nouvelle exposition temporaire baptisée Dessine-moi un train ! Les visiteurs y découvriront l’univers ferroviaire à travers le prisme du dessin.
André Fran- quin, Victor Horta, Li Kunwu, Paul Delvaux, François Schuiten, Santiago Calatrava, autant d’artistes accomplis dans des arts, des styles et des médias différents, mais qui ont tout de même un point commun: ils ont tenté de saisir dans leur dessin toute la complexité et la beauté de la chose ferroviaire. Installé dans la gare de Schaerbeek, Train World, le musée de la SNCB, pro- pose jusqu’au 11 mai 2025 Dessine-moi un train !, une nouvelle exposition tem- poraire autour du dessin des trains et des gares, mais également du mobilier des voitures voyageurs ou des affiches assurant la promotion des destinations desservies par le rail. L’exposition met en avant le travail de treize artistes de premier plan. Ils sont auteurs de BD, archi- tectes, peintres, affichistes, sculpteurs ou encore designers et ont, chacun dans leur spécialité, exprimé leur vision de l’univers ferroviaire. François Schuiten qui a réalisé la scénographie du musée connaît bien la difficulté de dessiner un train.
Les visiteurs pourront eux aussi se prêter à cet exercice périlleux en s’installant à l’une des tables à dessin conçues spécialement pour accueillir leur créativité. Ils pourront notamment, comme le dessinateur avant eux, tenter de croquer les magnifiques lignes de la « type 12 », la célèbre locomotive de la SNCB que l’auteur des Terres creuses et des Cités obscures a mis en lumière dans son album La douce. En parallèle de cette exposition, un livre a été édité. Il plonge le lecteur dans le travail de deux architectes, figures importantes de l’Art nouveau belge: Victor Horta pour la gare de Bruxelles-Central et Henry van de Velde pour sa collaboration avec la SNCB dans les années 1930. Il dessi- nera pour la compagnie ferroviaire belge des voitures, des gares et même des cabines de signalisation. Ils créent des sièges, des appliques, et d’autres aménagements intérieurs du matériel roulant dédié aux voyageurs de la SNCB. Signé par Françoise Aubry, an- cienne directrice du musée Horta, et par Anne Van Loo, biographe d’Henry van de Velde, l’ouvrage est disponible à la boutique du musée ferroviaire.

Patrimoine. La nouvelle vie d’un fourgon Midi de 1928
A Clermont-Ferrand, l’association Train à Vapeur d’Auvergne a entièrement rénové un fourgon Midi datant de l’entre-deux-guerres. Afin de pouvoir poursuivre d’autres chantiers de restauration de matériel historique, l’association a simplifié le moyen de lui faire un don ou de prendre une adhésion.
Du nouveau chez l’association Train à Vapeur d’Auvergne (TVA) concernant les dons que peuvent lui faire les particuliers pour soutenir l’activité de préservation du patrimoine ferroviaire. Désormais, plus besoin d’imprimer un formulaire, de remplir chaque ligne, de le glisser dans une enveloppe et de l’envoyer par courrier… chacun peut adhérer ou faire un don directement sur le site en ligne : « La contribution est déductible des impôts à hauteur de 66 %. Par exemple, un don de 100 € ne vous coûtera réellement que 34 € ! », rappelle Henri Barbier, président de TVA, qui précise que les dons permettent entre autres à l’association « d’acheter les fournitures pour entretenir ou restaurer le matériel roulant utilisé pour des circulations spéciales. » C’est le cas, par exemple, du fourgon Midi, « un vieux de la vieille construit pour la Compagnie du Midi en 1928. Il s’agit du fourgon OCEM Midi DPmyi n° 25446, un charabia pour le commun des mortels, mais un survivant presque centenaire et indispensable pour nous ! », explique Henri Barbier.
Un chantier qui a duré deux ans
Le véhicule a fait l’objet d’un chantier d’envergure qui a débuté fin 2022. Les bénévoles ont consacré leur temps libre à nettoyer la carrosserie, piquer, traiter ou remplacer des structures fragilisées, souder, poser du mastic, poncer, peindre la livrée (« en Vert 306 pour la caisse et en Noir 901 pour la toiture ») et pour finir, faire le marquage (« en Jaune bouton d’or 411 »). Bref, les troupes n’ont pas ménagé leurs efforts pour redonner au fourgon son aspect d’origine. « Il est comme neuf ! », se réjouit-on chez TVA, qui insiste sur l’importance des dons pour soutenir son activité. « C’est aussi grâce aux donateurs, particuliers et entreprises, que le patrimoine ferroviaire français continue de vivre ! », affirme Henri Barbier.
Contact : Train à Vapeur d’Auvergne/ Association de la 141 R 420, 139 avenue Jean-Mermoz, 63100 Clermont-Ferrand. Tél. : 09 84 39 14 72.

Le Panoramique des Dômes bat tous les records
Le Panoramique des Dômes, train à crémaillère qui mène au sommet du puy de Dôme, a enregistré une fréquentation historique uniquement pour le mois d’août avec 121 621 montées, battant ainsi tous les records depuis son ouverture en 2012. « Ce record de passagers constitue un bilan positif sur la première partie de l’année avec plus de 320000 montées de- puis le 1er janvier et plus de 195 000 mon- tées pour les deux mois de l’été. Ces chiffres témoignent de l’attractivité toujours croissante de ce site emblématique du département, classé Grand Site de France », indique le service Communication du Pa- noramique des Dômes.
Celui-ci transporte ses passagers – familles, randonneurs et passionnés de nature – à 1465 mètres d’altitude, offrant une vue imprenable à 360 degrés sur la chaîne des Puys, la ville de Clermont-Ferrand et ses environs. Et an- née après année, le puy de Dôme, joyau de la chaîne des Puys inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, continue de séduire un public varié aussi bien des visiteurs locaux que des touristes venus de toute la France et de l’étranger. Objectif fixé d’ici la fin de l’année 2024 ? « Atteindre le nombre de 404000 visiteurs. Pour y parvenir, des animations seront mises en place dans les prochains mois, comme la Légende des Sorciers, une aventure immersive à destination des familles pendant les prochaines vacances de la Toussaint, ainsi que le retour de la patinoire au sommet à l’occasion des Hivernales, pendant les vacances de Noël et de février », annonce le service Communication du train touristique.

En Normandie, les trésors ferroviaires du Pacific Vapeur Club
A Sotteville-lès-Rouen, lors des Journées du patrimoine, le Pacific Vapeur Club a attiré plusieurs centaines de personnes venues découvrir les activités de l’association normande. Entre autres la préservation et la remise en service de matériel roulant ancien ainsi que des voyages thématiques en train historique.
Avec près de six cents visiteurs accueillis lors des journées du patrimoine sur son site de Sotteville-lès-Rouen, les bénévoles de l’association Pacific Vapeur Club (PVC) ont vu leurs efforts récompensés. « Nous avions élaboré un programme très varié afin d’attirer le plus de monde possible : la visite de notre atelier et de nos trains historiques, des baptêmes de conduite de locomotive, des conférences, des séances de projection de films dans notre voiture cinéma, plusieurs expositions », raconte Julie Rachet, cheminote (elle est agent Mouvement à Sotteville), secrétaire adjointe et responsable Communication du PVC. « En plus de la satisfaction d’une bonne fréquentation, ce qui est déjà réjouissant, nous sommes heureux d’avoir accueilli, outre des connaisseurs, un nouveau public qui ne nous connaissait pas : beaucoup de jeunes, beaucoup de familles venues avec enfants. De plus, les gens ont voulu profiter de toutes les animations sans zapper. Ils ont pris le temps de tout visiter, de se balader sur le site… »
La Princesse de 1922
L’attraction majeure a été la Decapod 150 P 13 de 1949 (lire LVDR n° 3981). Cette locomotive à vapeur trônait dans la cour Buddicom du PVC, s’offrant au regard des visiteurs qui ont pu l’approcher de près et l’admirer dans les moindres détails. On pouvait même monter dans la cabine de conduite, ce que n’ont pas manqué de faire de nom- breux visiteurs, dont des parents avec leurs jeunes enfants. Autre trésor patrimonial à découvrir, à l’abri dans l’atelier, la 231 G 558 de 1922 que le PVC prépare pour la faire rouler de nouveau. Cette Pacific (qui a donné son nom à l’associa- tion née en 1983) a été classée monument historique en 1984.
C’est l’une des deux dernières Pacific en état de fonctionnement actuellement en France. La machine, surnommée la Princesse, a dû être dotée d’une chaudière neuve, un chantier coûteux (plusieurs centaines de milliers d’euros). L’association ne disposant pas de l’intégralité des fonds nécessaires, une souscription avait donc été ouverte sur le site de la Fondation du patrimoine en 2020, permettant de récolter près de 250 000 €. La visite de l’atelier 231, guidée par les bénévoles ou libre selon le souhait de chacun, a obtenu un grand succès. « On pouvait aussi faire son baptême de conduite sur une de nos machines diesel », ajoute Frédéric Polbos, président du PVC. Grand succès également le dimanche pour le Studio 2 Mississippi, un studio de photo ambulant spécialisé dans les techniques de photographie ancienne.
Pour cette animation inédite et exclusive, Hans et Vincent proposaient de tirer le portrait des visiteurs (et des membres du PVC qui le souhaitaient !) avec leurs appareils du XIXe siècle. « Les photos étaient développées sur place à l’atelier, en 20 minutes environ, et les modèles d’un jour repartaient tout heureux avec leur cliché », raconte Julie Rachet. Un peu plus loin, grâce au Photobooth, sorte de Photomaton nu- mérique, on pouvait enfiler la tenue emblématique d’un mécanicien ou d’un chauffeur de locomotive à vapeur et se faire photographier devant un décor créé pour l’occasion.
La voiture cinéma et la voiture discothèque
A bord de la voiture disco- thèque du PVC, une expo- sition de photographie présentait “Sotteville au fil du temps”. Tandis qu’à l’ex- térieur, l’association Rails & Histoire avait installé l’exposition intitulée “Les femmes et le train”. La voiture postale, elle, accueillait “Le Rouen imaginaire”, une sélection des œuvres originales de l’architecte Patrice Pusateri de la Fondation du patri- moine, « un univers artistique unique, mêlant réalité et imaginaire ». Dans la voiture Spéciale Conférences Cinéma (SCC) qui appartient à Patrimoine SNCF (une vraie salle de cinéma sur rails, avec des sièges recou- verts de tissu et un grand écran !), plusieurs projections et animations étaient proposées : le samedi, une conférence de l’historien Laurent Thévenet sur la naissance de l’action sociale dans les compagnies de chemin de fer de l’entre-deux-guerres. Le lendemain, ce fut la diffusion du documentaire Espace Dame Seule, un voyage en train de nuit, en présence de la réalisatrice Cécile Laffon (lire LVDR n° 4008, Culture Rail), ainsi que des vidéos présentant la Pacific en ligne et les autres matériels historiques du PVC. « Nous avions volontairement choisi des films de format court, 20 minutes maximum. Toutes ces animations ont fait un carton ! Il y a eu du monde en permanence », se félicite Julie Rachet.
Le 16 novembre prochain, destination Dieppe !
Deux semaines plus tôt, le PVC présentait ses activités au Carrefour des associations qui se tenait à Sotteville (l’association tenait un second stand à Saint-Etienne-du-Rouvray). « Le public est arrivé très tôt et notre stand a eu beaucoup de succès. Nous avons enregistré plusieurs adhésions ainsi que des inscriptions pour nos deux trains thématiques à venir : Lille pour la Grande Braderie le 14 septembre (traction élec- trique) et Dieppe le 16 novembre pour la Fête du hareng et de la coquille », indique Julie Rachet. « Nous avons fait la promotion de nos activités, cela a suscité beaucoup d’intérêt auprès du public. Ça a été une très belle journée ! » Comme l’an dernier, le PVC partageait son stand avec des représentants de Compartiment 7 Cie, « une troupe qui joue des spec- tacles de cabaret à bord de certains de nos trains, dans la voiture cabaret qui fait partie de notre rame. » Ne manquez pas le prochain voyage !
Contact : Pacific Vapeur Club, 171 rue Vincent Auriol, 76300 Sotteville-lès- Rouen. Tél. : 02 35 72 30 55.
Train Fête du Hareng et de la Coquille (train spécial en traction diesel, destination Dieppe), le 16 novembre. Renseignements et réservations : 02 35 72 30 55. [email protected]
Grande-Bretagne. La première gare de Leeds refait surface
Des archéologues ont mis au jour des vestiges de la gare de Marsh Lane, la toute première gare ferroviaire à desservir la ville de Leeds. Mise en service, il y a 190 ans l’ancienne gare a accompagné le développement de la ville du nord de l’Angleterre pendant la révolution industrielle. Ces vestiges ont été révélés lors de fouilles récemment menées dans le centre-ville par les chercheurs de CFA Archaeology, une société spécialisée dans les diagnostics archéologiques. Ils ont découvert des forges et des fondations enfouies depuis longtemps. Cette gare géorgienne était desservie par la ligne de chemin de fer de Leeds à Selby qui reliait autrefois Marsh Lane et une gare sur la rivière Ouse du Yorkshire, à Selby.
Le tout premier train à quitter la gare de Marsh Lane est parti vers le matin du 22 septembre 1834. De cette première gare, les historiens ne possèdent que peu d’informations. En l’absence de dessins ou de photographies, ils ignorent notamment son vrai visage. Les archéologues ont ainsi été surpris de découvrir que la gare avait été construite sur deux niveaux ! Les archéologues ont également mis au jour les restes d’un atelier en forme de U où aurait été stockées, entretenues et réparées les locomotives assurant la traction sur la ligne. Ils sont également tombés sur un puits de 15 mètres de profondeur creusé afin d’alimenter en eau l’infrastructure.
Dans le but de préserver une part importante de l’histoire des transports de la ville et de la présenter au public, les conservateurs du musée industriel de la ville ont sécurisé certaines de ces découvertes pour qu’elles puissent rejoindre les collections de l’institution culturelle. Le musée abrite désormais les restes de l’un des énormes piliers en fonte de la gare, qui soutenait autrefois le toit. Les impressionnantes colonnes de fer servaient également de tuyaux de descente des eaux de pluie. Le musée préserve également deux énormes traverses en pierre, utilisées pour sécuriser les voies dans les années précédant l’utilisation des traverses en bois.