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Archive. Une histoire de Nantes-Blottereau
Grâce au travail de cinq habitants du quartier nantais du Vieux-Doulon et le concours des archives de Nantes, un livret téléchargeable gratuitement revient sur l’histoire du site ferroviaire de Nantes-Blottereau. Ils sont cinq. Deux anciens cheminots, un collectionneur, une photographe et un amateur d’histoire locale. Cinq personnes qui habitent ou qui ont travaillé dans le quartier nantais du Vieux-Doulon et se sont unis autour d’une ambition simple : faire connaitre au public le passé cheminot de ce quartier. Depuis 1856, le quartier a été modelé par l’aventure ferroviaire. Dès l’arrivée du train à Nantes en 1851, des cheminots se sont installés ici. Ils ont observant le récent transfert de l’ancienne gare de Nantes-État sur le site ferroviaire de Nantes-Blottereau, renouant avec l’héritage cheminot du quartier, et ont organisé une exposition présentée pendant trois semaines en janvier à la maison de quartier de Doulon.
Passionnés, Carlos Fernandez, Brigitte Gabriac, Joseph Gabriac, Gérard Gautier et Jean-Marie Lavaud ont décidé à la suite de ce succès d’éditer un livret pour permettre au plus grand nombre de se plonger dans cette histoire passionnante. Les membres du Photo Vidéo Club des cheminots de Nantes ont également apporté leur pierre à cet édifice mémoriel en recueillant plusieurs témoignages de cheminots qui sont reproduits dans ce petit ouvrage.
Delphine Agoyer, an- cienne directrice de la maison de quartier de Doulon qui a soutenu activement ce projet, explique en préambule : « Voir débarquer un collectif de cinq habitants qui, ensemble, ont envie de créer une exposition est une au- baine pour la maison de quartier de Doulon ! L’histoire influe sur le quartier encore aujourd’hui et travailler avec des passionnés fut un vrai plaisir. Ils ont titillé, relancé, chipoté, as- ticoté… pour aboutir à une exposition appréciée de toutes les générations. »
Les Archives de Nantes ont financé la ré- alisation de cet opuscule et mis à la disposition des auteurs les nombreux documents préservés par l’institution. Ainsi, les auteurs relatent l’évolution des matériels et des métiers à travers leur quotidien. Ils n’oublient pas les grandes mobilisations sociales qui ont marqué l’histoire du site. Les premières relations entre le quartier et le rail sont attestées dès 1856 avec la présence dans le recensement effectué cette année-là de cheminots (qu’on appelle alors chemineaux).
L’arrivée de ces travailleurs dans cette zone rurale en- traîne une lente évolution sociale, cultu- relle et politique du quartier. Mais l’histoire du site ferroviaire ne débute que bien plus tard. Le 4 novembre 1912, la Compagnie du PO obtient une autorisation ministérielle lui permettant d’acquérir des terrains au Blottereau pour y édifier une gare de triage. En 1914, la compagnie ferroviaire construit un faisceau de voies de garage au Blottereau. Dès février 1916, alors que la Première Guerre mondiale déchire le continent, un décret permet l’acquisition de terrains pour la construction d’ateliers de maintenance des locomotives. Mais c’est surtout avec l’entrée des États-Unis en guerre, le 6 avril 1917, que le site prend toute son importance ferroviaire. L’armée américaine traverse l’Atlantique avec tout son matériel, dont des locomo- tives à vapeur en pièces détachées.
Les infrastructures ferroviaires existantes n’étant pas suffisantes, les Américains obtiennent l’autorisation de construire un dépôt d’entretien des locomotives au Blottereau et développent le site. Après la guerre et le retour du site dans le giron de la compagnie du PO, une centaine de cheminots y assurent la maintenance des locomotives. Leurs familles sont logées à proximité. A partir de 1924, le site se développe avec la construction de nouvelles installations.
Après avoir dressé un inventaire des différents matériels roulants accueillis, les auteurs s’attardent sur une époque sombre, celle de l’occupation pendant la Seconde Guerre mondiale. Les troupes allemandes entrent dans Nantes le 19 juin 1940. Le dépôt SNCF de Nantes et le triage du Blottereau sont rapidement occupés. Certains cheminots choisissent la voie de la résistance.
Ainsi, le premier Nantais fusillé pendant l’Occupation est un cheminot accusé de fournir à Londres des renseignements stratégiques sur le trafic ferroviaire de l’occupant, de favoriser la fuite des prisonniers évadés et même d’avoir participé à un attentat. Du côté des cadres de la direction, certains choisissent en revanche le chemin de la collaboration. Ainsi, le directeur général, M.
Le Besnerais demande la liste des agents suspects d’idées communistes à signaler au préfet, celle-ci est d’ailleurs reproduite dans le fascicule. L’époque est trouble sur le site du Blottereau comme ailleurs dans le pays. Après la guerre, l’heure est à la recons- truction. Le site ferroviaire est modernisé. Au cours des décennies suivantes, son importance s’est quelque peu réduite en raison du développement des transports routiers, mais il a continué à jouer un rôle dans le réseau de fret ferroviaire régional.
Pendant des années, les cheminots se sont succédés marquant de leur em- preinte ce site industriel et l’histoire de la ville. On mesure toute l’importance de cet héritage, en découvrant ce docu- ment téléchargeable gratuitement sur Internet : https://archives.nantes.fr/home/decou- vrir/histoire-memoires-des-quartiers/ doulon—bottiere.htm

En Isère, un fameux train à la livrée rouge vif
Il existe en Isère un train touristique issu de l’ancien Chemin de fer de La Mure, qui circula à partir de la fin du XIXe siècle. Exploité par la société Edeis, le petit train rouge entraîne ses passagers dans une balade en pleine nature.
Dans l’Isère, le Petit train de la Mure, train touristique exploité par Edeis, groupe d’ingénierie et de développement d’établissements culturels (la Cité de la Mer à Cherbourg, les Arènes, la Maison Carrée et la tour Magne à Nîmes), possède des locomotives électriques datant de 1932, témoins de l’époque où la ligne, électrifiée depuis 1903, était utilisée par le Chemin de fer de la Mure.
Ce train transportait vers Grenoble l’anthracite extrait des mines du plateau Matheysin (lire LVDR n° 4014). Présentés au grand public lors des récentes Journées du patrimoine, ces véhicules sont installés dans un atelier dédié au matériel roulant d’époque. Leur livrée rouge vif, sur laquelle le sigle SGLMG (pour Saint-Georges de Commiers-La Mure-Gap, les gares de l’ancienne ligne) est inscrit en lettres blanches, fait qu’on les identifie facilement. Idem pour un wagon houiller, autre vestige de cette époque aujourd’hui révolue.Le petit train rouge circule toute l’année, en partant de la gare de La Mure et à destination du Grand Balcon, un belvédère surplombant le lac du Monteynard. Depuis le 1er septembre, le train touris- tique propose deux départs par jour, à 10h45 et 15h, du mardi au dimanche. En profitant du départ matinal, on peut visiter, en revenant du Grand Balcon, le musée de La Mine Image, un musée souterrain qui propose un cheminement à l’intérieur de galeries authentiques aménagées et une exposition retraçant plus de mille ans d’exploitation des mines de charbon.
Dans les salles, on peut découvrir la lampisterie, la salle des pendus, les métiers du jour, l’univers social de la mine et le quoti- dien du mineur, ainsi que de magnifiques minéraux dans la “salle aux trésors”. Autre option, choisir un départ d’après-midi pour savourer la fin de journée à un rythme tranquille.
Bon à savoir : les 7, 8, 14 et 15 décembre, on pourra embarquer à bord du Pôle Nord Express, en compagnie de lutins pour aller à la rencontre du père Noël ! Départ à 13h30 de la gare de La Mure. Contact : 04 76 30 68 74. https://lepetittraindelamure.com

Rencontre avec le cheminot Bernard Luceau, malvoyant
A Clermont-Ferrand, l’ancien contrôleur SNCF Bernard Luceau, malvoyant, s’est engagé dans le comité local de l’association Valentin Haüy, qui agit en faveur des personnes malvoyantes ou aveugles. La Vie du Rail a recueilli son témoignage.
J’ai rencontré l’ancien cheminot Bernard Luceau en gare de Cler- mont-Ferrand par une belle matinée d’été. Je voulais l’interviewer sur son acti- vité au sein du comité du Puy-de-Dôme de l’association Valentin-Haüy, qui agit pour l’autonomie des personnes aveugles et malvoyantes. Bernard est malvoyant. A mon arrivée, il m’attend sur le quai, lunettes noires sur les yeux, canne blanche en main et tout sourire. Après une poignée de main amicale, il me guide à l’aide de sa canne à système électronique jusqu’au local du comité dont il est président. Avant de traverser le boulevard sur lequel circulaient de nombreux véhicules, il me glisse: « Tu vois, ici, malgré de nombreuses sollicitations de la part de l’association, il n’y a toujours pas de sonorisation pour nous aider à traverser sans risque. » L’interview pouvait commencer…
Devenu malvoyant à l’âge de 64 ans
Bernard, 75 ans, est originaire de la Loire, de Roanne plus exactement. Cet ancien contrôleur SNCF est à la retraite depuis 2004. Atteint de DMLA (Dégénérescence maculaire liée à l’âge) à l’âge de 64 ans, il est devenu malvoyant en quelques mois seulement. « Ça a été très difficile… Dans un premier temps, j’ai dû consulter un psychologue. Puis, rapidement, j’ai compris que pour me retrouver et transformer mon handicap en une force, je devais me consacrer à moi, certes, mais aussi aux autres. » Militant syndicaliste et mutualiste pendant sa carrière professionnelle, le chemin semblait tout tracé pour lui. seulement, voilà, le handicap lui a barré la route… Deux étapes lui ont été nécessaires pour parvenir à surmonter l’épreuve. En premier, il lui a fallu se reconstruire. « La différence entre un aveugle de naissance et quelqu’un atteint de DMLA est qu’il est sans conteste plus facile d’apprendre lorsqu’on est jeune plutôt qu’à 60 ans », explique-t-il. « Pour moi, le braille, c’est trop compliqué, je n’ai plus envie ! Donc, j’ai opté pour l’autodescription. Par exemple, j’aime les voyages. J’en fais en France et à l’étranger avec mon association. Nous allons sur des sites connus ou inconnus et le fait que l’on me fasse la description des paysages, des sites, des monuments m’apportent beaucoup de réconfort, comme le fait d’avoir ma compagne avec moi. Elle est mon soutien de chaque instant. » Pour une activité plus quotidienne, par exemple, la lecture sur écran d’ordinateur, « comme je ne perçois que les ombres, avec le logiciel Word, je peux agrandir les lettres. Par contre, avec un PDF, c’est impossible. Il faudrait pouvoir disposer de logiciels mieux adaptés», dit-il. Les livres audio, aussi, lui permettent de s’évader.
La chorale, des voyages
« Dans la vie quotidienne, j’ai dû me dis- cipliner. Avant, j’étais brouillon. Or le rangement, c’est très important. Souvent, lorsque je cherche quelque chose, on me dit: “C’est là”. Mais pour moi, là, c’est où? Moi, je ne vois rien! Les gens sont pleins de bonne volonté, mais ils ne savent pas forcément comment s’y prendre avec nous », témoigne le septua- génaire. « Mon étape de la vie quotidienne étant à peu près résolue, j’ai repris espoir. Et à la suite de mes rendez-vous au Centre de la vision de Clermont-Ferrand, on m’a conseillé de me rapprocher de l’association Valentin-Haüy. On y apprend aux personnes comme moi à avoir une meilleure autonomie malgré leur handicap. De nombreuses activités sont proposées: de l’information aux accompagnements, en passant par des activités de loisirs de tous types, comme l’atelier vélo. Ces activi- tés nous facilitent la vie. Ne pas rester isolé dans son coin, communiquer avec les autres, c’est primordial ! » Bernard s’occupe aussi de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Il en est le vice-président départemental, chargé de la Commission des aides. « Lorsqu’on dépasse l’âge de 60 ans, les aides perçues sont minimes, aussi de nombreuses personnes viennent frapper à notre porte. »
Quel impact des Jeux paralympiques 2024 ?
Il fait également partie de deux chorales dont La Viva, qui a pour objectif principal un engagement sur les droits humanitaires et ceux de la planète, mise à rude épreuve, les effets du changement climatique le montrent bien. A ce titre, Bernard se rend dans les écoles, les entreprises, les maisons du 3e âge. Sa vie de retraité est donc bien remplie. Sans avoir la naïveté du Candide de Voltaire, Bernard Luceau est conscient que, pour lui comme pour tous les non-voyants, « se servir de ses difficultés pour améliorer son quotidien ne peut être qu’une force ! » Quand on lui demande « comment améliorer les choses pour vous rendre la vie plus facile? », il répond: « On n’a pas besoin de charité, simplement d’être aidé. Lors de mes voyages à l’étranger, je suis toujours agréablement étonné par la sollicitude des gens. En France, il me semble qu’il reste beaucoup à faire. Il faut vraiment faciliter l’accessibilité avec des bandes podotactiles au sol, des annonces sonores aux feux tricolores, etc.»
A propos des Jeux paralympiques Paris 2024, il estime que c’était une bonne opportunité pour sensibiliser le grand public au handicap. « Mais les problèmes d’accessibilité et de numérique seront-ils résolus pour autant ? L’accès à l’emploi reconnu pour nous à sa juste valeur? J’endoute ! Il existe des lois mais elles ne sont pas réellement appliquées. Les besoins sont nombreux. Bien sûr, il y a eu des avancées comme, par exemple, l’audiodescription pour les films diffusés à la télévision, mais celles-ci sont plus dues à l’action d’associations comme la nôtre, car nous supplantons les pouvoirs publics», déplore-t-il. « Néanmoins, les Jeux de Paris 2024 ont permis de porter un regard plus positif sur les personnes handicapées.
J’espère et je souhaite que ce regard posé sur tous les handicapés restera positif et permettra de faire évoluer les comportements. Les défis réalisés par nos para-athlètes sont une belle preuve de volonté et de courage. Ils sont nos ambassadeurs ! » Pour conclure, il cite un exemple de progrès, « celui des boîtiers qui sont embarqués dans des rames de la ligne 10 du métro parisien – la ligne qui dessert l’Institut national des jeunes aveugles– et diffusent des annonces sonores, en attendant mieux avec l’arrivée progressive de rames nouvelles sonorisées pour remplacer les plus anciennes. Il était temps !… »
Contacts:
Association Valentin-Haüy
120 comités en France.
www.avh.assoc.frSNCF Assist’enGare
(service de réservation unique d’assistance pour les personnes handicapées):
le 3212 (appel gratuit 7 jours/7 et de 8h à 20h).Handirail
9 rue de Château-Landon, 75010 Paris.
Tél.: 01 58 20 51 38.
[email protected],
www.handirail.frHADS (Handicap Accessibilité Différence Solidarité),
9 rue de Château-Landon, 75010 Paris.Contacts:
Jean-Louis Remande, La Gare, 61440 Messei.
Tél.: 06 31 84 86 57.
remande.jean-louis@ orange.fr.Farida Miné (secrétaire)
06 64 32 65 75
[email protected]
La Fondation SNCF partenaire de la lutte contre le cancer du sein
La Fondation SNCF accorde un soutien financier à des associations qui agissent dans le domaine de la solidarité sous différentes formes. Cette année, en Nouvelle-Aquitaine, elle a choisi d’en aider trois pour leurs projets dans le domaine de la lutte contre le cancer.
La Fondation SNCF déploie des partenariats à l’échelle nationale mais également au plus près des territoires, grâce à ses milliers de cheminots, collaborateurs et collaboratrices engagés dans une action utile et solidaire sur ou en dehors de leur temps de travail. Avec son programme emblématique des Coups de Cœur Citoyens, elle vient d’aider financièrement dans la Région Nouvelle-Aquitaine trois associations pour soutenir leurs projets méritoires contre le cancer: Jeune et Rose pour Les Télététons, Les Elles du Bassin pour l’achat et le renouvellement de matériel et Les Battements d’Elles pour le soutien aux femmes atteintes d’un cancer. « Après les dépôts de projets et suite à la décision d’un jury, nous attribuons une aide financière comprise entre 1000 € et 2000 € aux associations méritantes et parrainées en fonction de leur importance et de leurs besoins », explique Thierry Merlaud, correspondant de la Fondation SNCF en Nouvelle-Aquitaine.
C’est dans ce cadre que la cheminote Valérie Chaussade, responsable Gares & Connexions en Dordogne, a parrainé cette année deux associations, Les Elles du Bassin et Partage ta différence. Les Elles du Bassin se sont donné pour mission de rassembler les patientes traitées pour un cancer du sein ou en rémission, ainsi que des personnes aidantes et solidaires, mais pas que : il s’agit aussi de créer dans cette relation approfondie avec les personnes soignées, une continuité afin de générer une dynamique d’espoir, de renforcer leur volonté du dépassement de soi et de leur restituer le goût de vivre.
En 2018, l’association girondine a créé Les Dragons Ladies, à l’image des Dragon Boats chinois (pirogues). Cette pratique est un sport santé. En effet, il a été prouvé que le mouvement de ramer, effectué du haut vers le bas, stimule fortement les muscles dorsaux et de ce fait, peut favori- ser la stimulation de la circulation lym- phatique, celle-ci étant éprouvée par les traitements médicaux. Cette activité phy- sique permet de prévenir le lymphœdème (syndrome du “gros bras”), effet secon- daire du traitement.
Sur les flots, il n’y a pas de place pour l’improvisation ! Les séances sont toujours encadrées par un entraîneur sportif et un kinésithérapeute. L’équipage d’une pi- rogue peut compter jusqu’à une vingtaine de participantes. Á travers cette activité physique originale et culturelle adaptée et le suivi de spécialistes, ces femmes se sentent mieux dans leurs corps et sur- tout dans leur tête. « Il est vrai que nous avons beaucoup ramé sur terre, alors nous pagayons maintenant sur mer pour notre plus grand bien ! Quelques participantes viennent d’une autre région. Il faut savoir que lorsqu’elles ont récupéré physiquement et psychologiquement, certaines femmes remettent en cause leur quotidien et changent de métier, voire de région », commente Nicole Andrieux, présidente. « L’aide de la Fondation SNCF nous sera des plus profitables car nous avons enregistré l’adhésion de sept nou- velles pagayeuses lors d’Octobre Rose. Nous avons deux bateaux maintenant. Nous devons acheter entre autres des gilets de sauvetage et des pagaies supplé- mentaires ! ».
Contact : Les Elles du Bassin, 06 85 29 03 21
Partage ta différence est basé à Saint-Vivien en Charente-Maritime depuis 2020. Une cinquantaine de bénévoles œuvre sans cesse sur le plan national pour faire accepter leur différence aux personnes at- teintes d’une maladie ou d’un handicap. « Dans ce but, l’association organise dans toute la France des manifestations centrées principalement autour de la mode et dont les participantes sont les patientes: par exemple, la réalisation de photos et des défilés, afin de valoriser le handicap et les maladies pour mettre fin à la discrimination envers ces personnes », résume Fathé Dellal, présidente. Cette démarche prône de nombreuses valeurs telles que la positive attitude dans l’acceptation de soi et de l’autre, la confiance en soi et le développement d’un esprit de solidarité. « Avoir confiance en soi est primordial. La beauté intérieure est la plus importante », conclut Fathé Dellal.
Jeune & Rose est un collectif de jeunes femmes né en 2017 et basé à Saint-André de Cubzac en Gironde. Toutes ont affronté un cancer du sein entre 20 et 40 ans. Ce groupe qui se développe ne manque pas d’idées de projets et le fait savoir : ses membres ont décidé de se mobiliser ensemble pour fédérer les jeunes patientes (projet baptisé Les Télététons), en tissant un réseau national déjà bien développé, en sensibilisant les professionnels de santé, via le projet Alerte Rose, et en menant des actions de prévention innovantes et fortes.
Contact : [email protected]
L’association Les Battements d’Elles a été créée en 2020 au Pays basque à Bayonne. Sa démarche est basée sur « la bienveillance, l’échange et le partage à travers des activités non thérapeutiques qui font retrouver le goût de la vie et le plaisir de la rencontre, en dehors du milieu médical. Nous comptons 126 membres, dont 54 patientes traitées pour un cancer du sein », explique Cyrielle Alçugarat, présidente fondatrice, qui a été traitée pour un cancer du sein en pleine épidémie de Covid, début 2020, et a bénéficié de soins de support très appréciables grâce à La Ligue contre le cancer. « La mission des Battements d’Elles est d’accompagner les femmes en traitement ou en rémission contre tous les cancers. Ensemble, elles peuvent se reconstruire, retrouver un équilibre de vie et une estime de soi. » Pour cela, l’association anime des activités créatives, culturelles, physiques adaptées, de bien-être. Elle propose notamment des ateliers d’art-thérapie. « Le but est d’offrir des moments d’évasion psychologique à ces femmes et qu’elles laissent parler leur imagination au gré de leur état d’esprit. » Contact : [email protected]
La Fondation SNCF devait remettre les Coups de Cœur Citoyens 2024 le 14 no- vembre à La Grande Poste, espace multiculturel à Bordeaux.

Patrimoine. Les Rails Du Drac veulent faire revivre le Chemin de fer de la Mure
Dans l’Isère, à Saint-Georges-de-Commiers, l’association Les Rails du Drac s’est mobilisée pour qu’un patrimoine ferroviaire exceptionnel, issu du Chemin de fer de la Mure, échappe à la démolition.
Créée en 2022 dans le but de sauvegarder et valoriser le patrimoine du Chemin de fer de La Mure dans le sud du département de l’Isère, l’association Les Rails du Drac (du nom de la vallée où elle est située) a lancé une pétition en ligne pour sauver la partie aval de la ligne fermée depuis 2010, et en particulier toutes les infrastructures présentes sur le site de Saint-Georges-de-Commiers, aujourd’hui menacées de disparaître : le dépôt, les ateliers (avec leurs machines-outils, dont le dernier tour à reprofiler les essieux en voie métrique disponible en France) qui assuraient l’entretien de la voie et du matériel roulant, le magasin, la grande remise, le bâtiment voyageurs…
Un patrimoine exceptionnel menacé d’être démoli
En effet, l’avenir du site est aujourd’hui très incertain compte tenu de la fin imminente de la convention actuelle signée entre l’État et le conseil départemental. « Des projets conduisant à la disparition pure et simple du patrimoine ferroviaire sont actuellement à l’étude », déplore Pierre Lang, président (il est aussi membre de l’association qui exploite le Train touristique du Bas-Berry) de l’association iséroise qui compte actuellement une cinquantaine de membres. « Le Chemin de fer de la Mure constitue un des fleurons du département de l’Isère, non seulement d’un point de vue touristique mais surtout d’un point de vue patrimonial. » En 1888, la construction à flanc de montagne de cette ligne à voie métrique, une des premières au monde à avoir été électrifiée en haute tension en 1903, a constitué une réelle prouesse technique, nécessitant l’édification d’une centaine d’ouvrages d’art parmi lesquels six grands viaducs et dix-huit tunnels, dont un tunnel hélicoïdal pour affronter les fortes rampes dues au relief.
Remettre en route les machines-outils, ouvrir un musée…
C’est suite à l’éboulement d’un pan de la montagne dans le secteur de la Clapisse en 2010 que la ligne a été littéralement coupée en deux et que l’exploitation du train touristique a été interrompue. Si par la suite, la partie “haute” (en amont) de la ligne a bénéficié d’une remise en route à partir de 2021 (le train touristique qui relie La Mure à Monteynard/le Grand Balcon, est exploité par la société Edeis dans le cadre d’une DSP), la partie “basse” (en aval) a été laissée à l’abandon. Les Rails du Drac souhaitent donc sauver de la démolition le patrimoine « exceptionnel » qui s’y trouve et le valoriser notamment à travers la reprise d’activité et un musée. Le projet concerne les véhicules ferroviaires anciens, dont certains sont classés aux Monuments historiques, mais aussi l’ensemble du matériel encore présent dans les différents magasins ainsi que les bâtiments dont certains présentent un intérêt tout particulier : les ateliers, la remise principale et sa remise vapeur attenante, le wagonnage et le bâtiments voyageurs. Le but est aussi de redonner « de la vie “industrielle” au lieu en remettant en route les équipements et les machines-outils, en proposant à d’autres chemins de fer à voie métrique de l’usinage qu’il n’est plus possible de faire en France et qui, du coup, est souvent exécuté à l’étranger, en Suisse », explique Pierre Lang.
Une pétition a été mise en ligne pour sauver le site
Enfin, le troisième volet du projet consistait à créer un vélorail, dans un premier temps entre Saint-Georges-de-Commiers et Notre- Dame-de-Commiers (au-dessus, la voie ferrée a été déposée). Las, la commune s’est approprié le projet… Néanmoins, afin de démontrer l’attachement du plus grand nombre à la sauvegarde de ce patrimoine unique et exceptionnel, et après le succès d’une première pétition lancée lors des Journées du patrimoine (300 visiteurs en 2023, 400 en 2024), cette année, l’association a mis une version numérique de la pétition en ligne. Déjà plus de 2000 signatures ont été recueillies. « Soyez nom- breux à nous soutenir ! », lance Pierre Lang.

Arte. Comment les transports d’altitude ont « créé » Chamonix
Située au pied du massif du Mont-Blanc, la vallée de Chamonix s’étend aux frontières de la Suisse et de l’Italie et accueille depuis longtemps les passionnés de montagne venus de toute l’Europe.
L’émission d’Arte présentée par Linda Lorin, Invitation au voyage, revient sur l’histoire du désenclavement de ce coin des Alpes et du développement des transports en altitude qui ont transformé la petite ville en capitale mondiale de l’alpinisme. En 1786, Jacques Balmat et Michel Paccard réalisent la première ascension du Mont Blanc. Un exploit qui lance dans la région l’aventure de l’alpinisme.
Bientôt, les Chamoniards vont accueillir les premiers tou- ristes, notamment un certain nombre d’artistes de renom venus découvrir la Mer de Glace, le glacier qui dévale le ver- sant nord du Mont Blanc. Ainsi, Victor Hugo, alors âgé de 26 ans, l’arpente en août 1825 et décrit le site comme un « laboratoire divin où la Providence tient en réserve un échantillon de tous les phénomènes de la création ».
Mais Chamonix demeure difficile d’accès. Il faut attendre le rattachement de la Savoie à la France et la venue de Napoléon III en septembre 1860, pour que la construction d’une route digne de ce nom soit lancée. La Belle Epoque voit le tourisme se développer et la construction d’une ligne de chemin de fer débute pour desservir Chamonix. En 1901, le train arrive enfin dans la ville et permet d’attirer des visiteurs de Paris, Lyon et Annecy.
Le ski se démocratise et devient un loisir. Les hôtels proposent des excursions à dos de mulet, permettant à de nombreuses familles de gagner un peu d’argent avec cette nouvelle activité. En 1877, naît l’idée d’une ligne de chemin de fer à crémaillère à voie métrique de 5,1 km qui relierait Chamonix au Montenvers. Les habitants se positionnent contre ce projet, qu’il voit comme un danger pour leurs activités de guide.
Les travaux débutent finalement en 1906. Des maçons viennent d’Italie, essentiellement du Piémont, d’où ils ont rapporté leur savoir-faire de tailleur de pierre. Ils creusent les tun- nels à la main et travaillent dans des conditions difficiles. La ligne est inaugurée en mai 1909. Le mythique site de la Mer de Glace devient ainsi accessible en empruntant le train du Montenvers. C’est également à Chamonix que s’est élevé le premier téléphérique de France. Le projet de funiculaire aérien débute en 1905 dans le but d’atteindre l’Aiguille du Midi. Il faudra attendre 1924 pour que la mise en service du premier tronçon permette au public de tutoyer les sommets à 1 690 mètres d’altitude. S. D.
Lundi 18 novembre à 17 h 20 sur Arte. Invitation au voyage – À Chamonix, on déplace les montagnes. ARTE France, Éléphant Doc. (2024

Arte. L’Ouest de la Thaïlande vu des rails
Direction l’Ouest de la Thaïlande dans cet épisode de la série d’Arte Un billet de train pour. L’occasion de voyager, mais également de remonter le cours de l’histoire.
La série documentaire Un billet de train pour… nous emmène ce samedi en Asie du Sud-Est dans l’ouest de la Thaïlande. Ce voyage nous permet de parcourir la plaine centrale du royaume qui est irriguée par une multitude de cours d’eau et de canaux, les « khlong ». Ici, les lignes de chemin de fer suivent les rivières, les traversent parfois. Dans le golfe de Thaïlande, à Mae Klong, le marché attenant à la gare est devenu une attraction touristique célèbre. Les trains le traversent provoquant l’agitation des marchands qui doivent raboter leurs étals en quelques secondes. Le conducteur du train qui avance ici à 3 km/h fait preuve de pédagogie afin de prévenir les touristes des dangers qu’ils encourent.
Nous rencontrons une vendeuse qui fréquente l’endroit depuis qu’elle a cinq ans, soit depuis quatre décennies. La ligne sillonne ensuite des marais salants, où l’on découvre tous les secrets de la récolte de la fleur de sel. Le train sillonne ce paysage d’eau, de vent et de soleil avant de rejoindre la ville de Ban Laem et de quitter les voies ferrées pour traverser le fleuve Tha Chin en ferry. Puis, nous montons à bord d’un nouveau train qui nous emmène dans la localité de Thonburi formant un quartier résidentiel tranquille de la métropole de Bangkok. Un lieu au plus proche de l’eau, où ce ne sont pas des vaches qui regardent passer les trains, mais d’imposants varans malais. Nous y rencontrons une vendeuse de sucreries thaïlandaises qui a installé son échoppe sous un pont ferroviaire. C’est l’heure de prendre la direction du nord-ouest du pays. Dans ce train, nous accompagnons le contrôleur dans son travail quotidien à travers les trois classes des voitures thaïlandaises. Dans les trains du royaume, une voiture est souvent réservée aux moines, qui profitent du trajet pour méditer. A Nakhom Pathom, nous découvrons l’un des édifices religieux les plus vénérés du royaume, le Wat Phra Pathom Chedi et son imposant stupa.
Vestiges de la ligne maudite
De retour à la gare de Nakhom Pathom, nous assistons à une pratique ferroviaire d’une époque révolue en Europe. Le chef de gare tend à l’équipe de conduite un disque baptisé « tablet ». Ce système inventé par l’ingénieur britannique Edward Tyer permet de recourir à la « tablette » pour garantir qu’il n’y a pas d’autre train sur section de la voie unique. Ici, les circulations reposent encore sur un système de signalisation et de sécurité qui, s’il a fait ses preuves, n’a pas été modernisé depuis la moitié du XXe siècle. L’héritage britannique y est toujours présent, bien que le pays n’ait jamais été colonisé.
D’ailleurs, les trains y circulent à gauche comme dans la loin- taine Angleterre. Un projet de modernisation de la ligne est dans les cartons du gouvernement, mais pour l’instant tout se fait à la main. Ainsi, nous suivons le travail d’un aiguilleur, obligé de prendre son deux-roues pour aller actionner un aiguillage avant le passage du train qui part en direction de la frontière birmane. Bientôt, nous parvenons dans la province de Kanchanaburi, à 130 km à l’ouest de la capitale, où nous visitons le pont de la rivière Kwai, un ouvrage d’art devenu un lieu de mémoire du calvaire des prisonniers de guerre et des travailleurs forcés par les Japonais, pendant la Seconde Guerre mondiale, à construire la ligne de chemin de fer entre le Myanmar (ex-Birmanie) et la Thaïlande.
Ce n’est pas moins de 424 km de ligne qui serpentaient à tra- vers la jungle et la montagne, et sa construction a nécessité le sacrifice de plus de 110 000 personnes. Près de 100 000 civils asiatiques et plus de 13 000 prisonniers de guerre, essentiellement britanniques, américains et australiens y ont perdu la vie à cause de la malnutrition, des maladies, des exécutions sommaires, ainsi qu’en tant que victimes collatérales des bombardements anglo-américains. Un homme est mort tous les 3,67 m de cette voie ferrée, ce qui légitime l’emploi du surnom funèbre de « Chemin de fer de la mort ». Deux ans après la fin des travaux, la ligne a été détruite par les bombardements alliés.
Au mémorial de Hellfire Pass, un site choisi par les survivants australiens pour commémorer le souvenir de ces années de souffrance, nous suivons une équipe de passionnés d’histoire qui recherche des vestiges de la ligne maudite. Aujourd’hui, une partie de la ligne du Chemin de fer de la mort est encore en service. Il s’agit d’un tronçon qui accueille un train touristique fort prisé des visiteurs du royaume, notamment ceux de Grande-Bretagne, des Etats-Unis et d’Australie pour qui l’épisode du Chemin de fer de la mort ré- sonne encore particulièrement.
De nombreux touristes l’empruntent et visitent les monuments commémoratifs et les cimetières militaires qui rap- pellent cet épisode funeste de la Seconde Guerre mondiale en Asie du Sud-Est.
Samedi 16 novembre à 12 h 45 sur Arte. Un billet de train pour… – L’ouest de la Thaïlande de Kirsten Ruppel. SWR/ARTE, Südwestrundfunk. Allemagne. (2024)

New York. Circulations historiques pour les 120 ans du métro
A New York, les amateurs de patrimoine, les aficionados du métro et les curieux de la grande métropole de l’Est des Etats- Unis se sont donnés rendez-vous pour célébrer l’anniversaire d’un évènement qui a bouleversé le visage de leur ville. Le 27 octobre 1904, le premier métro souterrain de New York, exploité par l’Interborough Rapid Transit Company (IRTC), était inauguré. Il reliait pour la première fois la station City Hall à Grand Central ainsi que Times Square et Broadway à Harlem et desservait 28 stations le long d’une ligne d’une quinzaine de kilomètres.
Rapidement le réseau IRT est complété par deux autres réseaux concurrents: celui de la Brooklyn-Manhattan Transit Corporation (BMT), également privé, et celui du Independant Subway System (IND) créé par la ville de New York. En 1940, ces trois réseaux sont fondus dans la même entité constituant la base du réseau de métro actuel. La Metropolitan Transportation Authority (MTA), le gestionnaire des transports publics de la métropole, et le New York Transit Museum ont célébré le 27 octobre dernier le 120e anniversaire de cette journée historique en organisant deux voyages en train historique sur une section de la toute première ligne de métro de la ville. Composée de quatre voitures, la rame historique utilisée pour cet évènement exceptionnel a été mise en service en 1917.
Elle a circulé jusqu’au début des années 1960. Ces voitures IRT Lo-V (pour Low-Voltage) circu- laient avant que les lignes ne soient numérotées. À l’époque, les trains IRT portaient des noms, pas des numéros : Jerome Avenue Express, Pelham Local, Flatbush Express, Broadway Local. Les noms correspondaient aux différents itinéraires et terminus et étaient imprimés sur des planches de bois. Les matériels historiques sont partis de la gare désaffectée Old South Ferry et ont voyagé vers le nord le long de la ligne jusqu’au Bronx avant de revenir via la ligne Lexington Avenue. Les passagers ont eu la chance unique de passer par la célèbre station Old City Hall, chef-d’œuvre de l’architecte espagnol Rafael Guastavino, et de terminer leur voyage à la station Brooklyn Bridge-City Hall.
Une vidéo de cette journée exceptionnelle a été mise en ligne sur la chaine Youtube de la MTA (www.youtube.com/@mta-live). A noter que deux autres voyages à bord de ces rames historiques sont programmés le samedi 16 novembre à 10h00 et à 14 h 00, au départ de la gare maritime Old South. Signe de l’intérêt suscité par l’évènement, ils sont complets depuis plusieurs semaines. Toujours dans le cadre de ces célébrations, une nouvelle exposition tempo- raire a été installée au New York Transit Museum, le plus grand musée des Etats-Unis consacré aux transports urbains. Baptisée « The Subway Is… » (Le métro est…), elle explore les liens entre le mé- tro et la culture, l’économie et l’identité de la grosse pomme. Les visiteurs y découvrent des objets d’époque, des photo- graphies et des installations multimédias présentant ainsi l’évolution du réseau au cours de l’histoire.
Présente à bord du métro historique, Concetta Bencivenga, directrice du New York Transit Museum, expliquait à l’occasion de ce voyage commémoratif: « L’histoire et l’identité culturelle de New York sont inextrica- blement liées à notre système de métro. Les circulations historiques offrent une opportunité unique d’être transporté vers une version antérieure du métro et de découvrir le système comme ces premiers usagers l’auraient fait en 1904. » Aujourd’hui, le métro de New York s’est considérablement développé. Il est ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, les rames s’y succèdent toutes les 2 à 5 minutes pendant les heures de pointe, toutes les 10 à 15 minutes pendant la journée et toutes les 20 minutes pen- dant la nuit. Le réseau compte 472 sta- tions, réparties sur près de 400 km de lignes (souterraines, en surface ou aériennes).

Paris-Lille. Un stand-up à 320 km/h
SNCF Voyageurs et l’agence Rosa Paris ont lancé le 17 octobre dernier un nouveau concept: un spectacle d’humour dans une voiture bar transformée en « Comedy Club ». Un évènement qui pourrait être déployé sur d’autres lignes en 2025 avec de nouveaux humoristes.
Le 17 octobre dernier, les voyageurs d’un TGV INOUI qui circulait entre Paris et Lille ont pu assister au premier « Comedy Club » à 320 km/h. Du moins ceux qui étaient invités à tester ce nouveau concept, essentiellement des membres de la presse, venus en nombre pour couvrir l’évènement. Dans un décor qui transforme la voiture-bar en une salle de « stand-up » (une forme de spectacle, où l’humoriste, seul en scène, échange parfois directement avec le public), le comédien et humoriste Baptiste Lecaplain a pu tester ses blagues et présenter quatre jeunes talents reconnus de la scène française: Justine Le Pottier, Urbain, Brahms et Nash. Pendant 45 minutes, ils se sont produits dans cette salle en mouvement, un véritable challenge, puisque le public rencontré dans un train n’est pas forcément venu pour rire.
SNCF Voyageurs a fait appel à l’agence Rosa Paris pour créer cet événement qui a valeur de test. Si les réactions du public invité à cette première sont concluantes, l’expérience pourrait être reconduite sur d’autres destinations en 2025. Le format devrait rester de 45 minutes et présenter entre deux et quatre artistes. Pendant ce temps, le service sera suspendu dans la voiture bar. Ce qui ne pose pas de problèmes à bord des TGV Paris-Lille-Paris pas équipés d’un service restauration, la durée du voyage étant trop courte.
Ce n’est pas la première fois que la SNCF anime ses voitures pour distraire les voyageurs. A la fin des années 1970, elle proposait une place dans ses voitures-cinéma, où pour quelques dizaines de francs, les voyageurs pouvaient visionner un film pendant leur parcours. Plus proche de nous, la voiture-bar des ID-Night, le TGV de nuit lancé par ID-TGV, la première filiale « low cost » de la SNCF, se transformait en discothèque avec un DJ faisant se trémousser des voyageurs qui le souhaitaient. L’expérience a duré trois ans, s’achevant en 2017. La filiale a testé ensuite plusieurs animations, comme des séances de voyance ou des cours de gym. Du côté de TGV INOUI, plusieurs concerts ont été organisés pour mettre en avant des artistes dans le cadre de partenariats avec des festivals de musique célèbres comme Marsatac ou Les Eurockéennes.
Sur les réseaux sociaux, les réactions ont été plutôt mitigées. Ainsi sur X, cet internaute: « Que les trains arrivent à l’heure et que les tarifs soient raisonnables, ce serait déjà pas mal. Inu- tile de nous faire subir des spectacles non désirés. Certains voyageurs s’en chargent déjà. » ou « Ce n’est pas pour cela que l’on paye nos billets, mais pour circuler et arriver à l’heure prévue. Il faudrait peut-être cesser de gaspiller les ressources affectées au transport… » La bienveillance n’est certes pas une valeur très répandue sur les web… Sur Facebook, une internaute y voit au moins une solution plausible à l’épineux problème du transport en train des instruments de musique volumineux, un dossier qui a également récemment agité les réseaux sociaux: « Amis contrebassistes et violoncellistes, si vous proposiez une prestation à la SNCF? On tient peut-être la solution… »

Patrimoine. Balade ferroviaire à bord d’un autorail Renault VH des années 1930
L’entreprise Renault n’a pas construit que des automobiles. Dans les années 1930, elle a également produit des autorails, dont un exemplaire parfaitement restauré et en état de marche accueille des passionnés de chemin de fer le temps d’un voyage dans le temps…
Connaissez-vous le Train à vapeur des Cévennes et la Compagnie internationale des Trains express à vapeur ? Ces acteurs du monde de la préservation du patrimoine ferroviaire font circuler un véhicule exceptionnel, un autorail Renault VH des années 1930, sur les 14,5 km de ligne touristique entre Saint-Jean-du-Gard et Anduze. Pas moins de 55 amateurs faisant partie de l’association Carrefour du Rail ont eu le plaisir de faire le voyage à bord de cet unique exemplaire encore en état de marche et admirablement bien conservé. Sur les 100 exemplaires construits par Renault de 1933 à 1939, seulement deux sont conservés, l’un exposé en statique à la Cité du Train-Patrimoine SNCF à Mulhouse, et cet autre en état de fonctionnement qui a vaillamment roulé le temps d’un aller-retour au sein du parc national des Cévennes.
« Le métro des provinces »
Cet autorail est fait partie d’une famille de véhicules dénommés par Renault « automotrices diesel type VH à grande vitesse, pour voie normale avec moteur de 12 cylindres de 200 CV ». Ils ont rapidement trouvé leur place dans les services omnibus de nos campagnes. D’ailleurs, une publicité Renault présente ce type d’autorail comme le « métro des provinces ». La Compagnie des chemins de fer de l’État, le PLM, l’Est, le PO-Midi et la CFSNE (Compagnie des Chemins de fer secondaires du Nord- Est)… toutes l’adopteront !
Les caisses symétriques reposent sur deux bogies dont l’un est moteur et l’autre porteur, et comprennent deux postes de conduite. Entre les deux, une vaste salle voyageurs, desservie par deux portes sur chaque côté. La transmission est entièrement mécanique (quatre vitesses et L’autorail Renault VH n° 24 est l’un des deux rescapés de la série construite dans les années 1930. Il est utilisé pour des circulations spéciales comme celle dont ont profité les adhérents de Carrefour du Rail. 16 u La Vie du Rail – 8 novembre 2024 un inverseur de marche) et l’ensemble moteur transmission forme un seul bloc.
Cet autorail relativement léger (27 tonnes en ordre de marche) peut tracter une ou deux remorques et emmener ses voya- geurs à la vitesse maximale de 100 km/h. La capacité varie de 66 à 100 places selon les aménagements retenus par les compa- gnies utilisatrices. Les Renault VH circule- ront jusque dans les années 1970. A noter que le Renault VH n° 24 faisait partie d’une série de quatre engins numérotés de 21 à 24, livrés à la CFSNE en 1939. Il est le 99e sur les 100 construits par Renault ! Garé au dépôt de Ramber- villers dans les Vosges en 1971, il quittera ce lieu en juin 1974 pour Gray, pour une remise en état dans le but d’un renforcement de desserte omnibus entre Romil- ly-sur-Seine et Bar-sur-Aube, projet qui ne sera jamais concrétisé. Repris et entretenu par la Citev en 1979, il assure des circulations spéciales sur les voies ferrées du Train à vapeur des Cévennes pour le plus grand plaisir des voyageurs.
Contact : Train à vapeur des Cévennes, 04 66 60 59 00. > site internet