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Gornergrat Bahn, chemin de fer avec vue sur le Mont Cervin
C’est un sommet de légende, l’une des silhouettes les plus célèbres des Alpes : le mont Cervin se visite en train et attire tous les ans des voyageurs du monde en- tier. Arte rediffuse un épisode de sa série documentaire Un billet de train pour… qui est consacré à ce « monument » suisse (voir LVDR n°3987 du vendredi 3 mai 2024).
Depuis 1898, le tout premier train à crémaillère du monde permet d’accéder à la haute montagne, participant à l’émergence de ce tourisme des hauteurs. Il est électrique depuis sa création. Au départ de la gare de Zermatt le chemin de fer permet d’atteindre le sommet du Gornergrat en passant par les gares intermédiaires de Riffelalp, Riffelberg et Rotenboden. En une trentaine de minutes, les passagers franchissent un dénivelé de plus de 1400 mètres, avant de rejoindre la plus haute gare d’Europe en extérieur à 3 089 mètres d’altitude.
Le documentaire d’Arte nous fait découvrir les coulisses de chemin de fer d’altitude, soumis aux aléas météorologiques l’été, mais surtout l’hiver. Nous montons à bord de l’imposante déneigeuse en compagnie de l’équipe de cheminots chargée de rendre l’infrastructure sûre pour les passagers. Avant de lancer la déneigeuse, ils doivent d’abord sécuriser leur parcours en provoquant des ava- lanches à l’aide de charges explosives placées à des endroits stratégiques par un système de téléphérique.
La machine est efficace : elle est capable de dégager 3000 tonnes de neige par heure. Et ici, elle est souvent de sortie. En moyenne, elle entre en action 90 fois par an. Pendant longtemps, cette tâche difficile s’accomplissait à la charrue ! Nous suivons également un pilote d’hélicoptère d’Air Zermatt, une compagnie qui se charge du sauvetage aérien en montagne dans cette partie du Valais. C’est à Zermatt que, pour la première fois dans les années 1960, on a hélitreuillé un blessé.
Mercredi 18 décembre 11 h 55 sur Arte. Un billet de train pour… Le Cervin d’Alexander Schweitzer. SWR, en association avec ARTE. Allemagne (2023)

Serge Rex, l’ancien chaudronnier qui construit des locomotives à vapeur
Il était une fois un ancien cheminot des ateliers de Périgueux en Dordogne qui rêvait, dès ses années d’apprentissage, de construire des maquettes de locomotives à vapeur à l’échelle 1/20e et de les faire rouler sur un réseau bâti dans son propre jardin. Le rêve est vite devenu réalité…
Serge Rex est un ancien cheminot chaudronnier qui a travaillé aux ateliers du PO (la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans) à Périgueux, de 1948 à 1989, années d’apprentissage SNCF comprises. C’était le temps des locomotives à vapeur, une époque aux conditions de travail particulièrement difficiles. Des années plus tard, Serge se rappelle encore, entre autres, du bruit assourdissant qui régnait en permanence dans les ateliers. « Lorsque nous faisions le rivetage d’un chaudron de deux mètres de diamètre, celui-ci devenait une véritable caisse de résonance et le bruit se propageait bien au-delà des murs de notre établissement ! », raconte l’ancien arpète. « Les locomotives étaient démontées presque intégralement, à 80 %. Et tous leurs organes étaient refaits à neuf. »
Des maquettes au 1/20e wet en état de marche
Dès qu’il entre en apprentissage, Serge rêve de créer des modèles réduits de ces monstres d’acier qui sont mus par la vapeur d’eau. Mais ce n’est que peu de temps avant son départ à la retraite (il partira de la SNCF en 1989) qu’il réalise, avec beaucoup d’enthousiasme et de ténacité, sa première réplique. Son défi est de reconstruire les machines à l’identique, à l’échelle 1/20e, et… en état de marche. Or, qui dit locomotives qui roulent, dit voie ferrée ! C’est ainsi qu’il se lance, là aussi avec succès, dans la construction d’un véritable réseau ferré dans son propre jardin à Barnabé sur la commune de Boulazac en Dordogne.
Tout émerveillé du résultat obtenu, il fera circuler ses “petits” chefs-d’oeuvre devant famille, amis et collègues, admiratifs devant le travail accompli. Les locomotives de Serge fonctionnent avec du charbon et de l’eau, comme les “grandes”. « Il faut bien une petite demi-heure pour monter le charbon à température afin qu’il chauffe l’eau, puis celle-ci se transformer en vapeur à l’intérieur de la chaudière de la locomotive», rappelle-t-il.
141 R, 241 P, Pacific 231…
Sa toute première locomotive est la légendaire 141 R américaine : une série avait été commandée aux États-Unis par la France en 1945 (1340 ensembles de 145 tonnes par machine). Il a eu la belle surprise d’être invité à présenter “sa” 141 R lors des portes ouvertes de son établissement en 1984. Porté par cette réussite, il s’équipe d’un tour pesant une tonne qu’il installe dans son garage… au détriment de sa voiture. Travaillant toujours sur plans, il s’attelle ensuite à la réalisation d’une 241 P tout en inox : une puissante locomotive équipée d’une chaudière à haute pression et construite dans les années 1950 pour la Compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (le fameux PLM) afin d’assurer la traction des trains de voyageurs rapides sur les grandes lignes du PLM, comme le Train Bleu. Serge réussit là un travail de maître, fruit de 6 000 heures d’ouvrage.
Ensuite, il enchaîne les créations… Il construit une Pacific 231 en coupe – un « écorché », disent les spécialistes – afin de pouvoir décrire et expliquer aux néophytes l’intérieur de la machine et son fonctionnement. Suivra une élégante 121 PLM C1 de 1889, tout en laiton, dont l’assemblage des éléments est tenu par plus d’un millier de rivets apparents. Une fois astiquée, elle brille comme un sou neuf.
S’y ajoute bientôt l’Américaine de type Challenger, réplique de cette machine construite en 1936 pour l’Union Pacific Railroad. Un vrai monstre de locomotive qui fait 36 mètres de long et pèse 475 tonnes. La version née des mains de Serge mesure 1,80 m et pèse plus de 50 kilos ! Enfin, il y a également la fameuse Léviathan de la Central Pacific Railroad, reine des westerns. Elle apparaît entre autres dans Le Train sifflera trois fois (High Noon) de Fred Zinnemann, Le Brigand bien-aimé (Jesse James) de Henry King, Les Conquérants (Dodge City) de Michael Curtiz, Pacific Express (Union Pacific) de Cecil B. DeMille.
Après le métal, le bois
Aujourd’hui, à 90 ans bien sonnés, Serge allège ses efforts. Il a démonté son circuit extérieur et délaisse ses lourdes mécaniques pour réaliser des créations en bois, nettement plus légères, telle cette batteuse à blé, un engin du XIXe siècle, accompagnée de sa locomobile qui l’entraîne dans son action mécanique de battage. Il a aussi réalisé la maquette de la cathédrale Saint-Front de Périgueux, dont la restauration fut signée par l’architecte Paul Abadie (par la suite, celui-ci prit la cathédrale périgourdine comme modèle pour construire la basilique du Sacré- Coeur dans le quartier de Montmartre à Paris). « Pour réussir de telles maquettes, il ne suffit pas d’être méticuleux et précis. Il faut aussi être endurant et surtout ne pas se décourager », commente Serge. Toujours inspiré par la capitale, ce passionné vient de terminer la réplique de Notre-Dame de Paris, l’un des monuments les plus emblématiques de Paris et de la France, et qui, reconstruite après l’incendie du 15 avril 2019, a rouvert ses portes au public le 7 décembre dernier.
Avis aux passionnés de modélisme, il est possible de rencontrer Serge Rex : le contacter au préalable par téléphone au 05 53 08 58 80.

Exposition. La Libération de 1944 et la capture d’un train nazi
Il ne vous reste que quelques jours pour visiter l’exposition immersive Revivez la Libération de 1944, au musée de l’Armée à Paris. Les concepteurs de l’exposition, avec Microsoft, ont choisi de mettre l’intelligence artificielle au service de l’Histoire, pour une expérience inédite, faisant découvrir au visiteur des scènes de cette période décisive de l’histoire de France. Parmi les témoignages de résistants, hommes et femmes (FTP, FFI), ayant vécu cette période historique figure celui de Madeleine Riffaud (décédée le 6 novembre dernier). Ses actions de combat en ont fait une figure emblématique de la Résistance face à l’occupant nazi. Parmi ses faits d’armes, sous le nom de Rainer, l’assaut, mené avec trois camarades seulement, contre un train blindé allemand dans le tunnel des Buttes-Chaumont, à Paris : plus de 80 soldats furent faits prisonniers…
Musée de l’Armée, Hôtel national des Invalides, place Vauban, 75007 Paris. www.musee-armee.fr

Trains touristiques. La baie de Somme de jour comme de nuit
Des trains historiques qui plaisent toujours autant, des dîners à bord qui font le plein de convives, un vélorail qui séduit le public, l’inauguration officielle d’équipements soigneusement restaurés… En novembre, le Chemin de fer de la baie de Somme a dressé un bon bilan. Retour sur une saison touristique réussie.
Le dimanche 10 novembre en Picardie, au Chemin de fer de la baie de Somme (CFBS), la saison 2023-2024 du train touristique touchait à sa fin. « La fréquentation des dîners – les trains partent de Saint-Valery Canal en direction de Noyelles-sur-Mer – a enregistré 43 % de recettes supplémentaires cette année, on peut dire que c’est un carton ! », estime Maurice Testu, président du CFBS. « Et le vélorail, que nous avons lancé en 2023 avec le projet de relier Saint-Valery et Cayeux-sur-Mer, a bien marché, lui aussi. C’est une activité très ludique, complémentaire au train, qui permet de découvrir l’ancien Réseau des Bains de mer et son territoire d’une manière différente. Le vélorail a attiré 11 400 passagers. Les gens apprécient de pouvoir faire une promenade d’une heure dans le calme et la nature et de découvrir les bas-champs, ces espaces gagnés sur la mer pour cultiver, un paysage typique de notre région… » De quoi récompenser l’implication des membres des équipes du CFBS, les sala- riés et les bénévoles…
Le succès des dîners à bord
A longueur d’année, ces équipes accom- plissent leur travail avec soin qu’il s’agisse de la circulation des trains, de la rénovation de matériel roulant ou de ra- fraîchissement d’équipements des gares desservies. Comme, par exemple, la ré- novation complète d’un abri de quai dans la gare de Saint-Valery Canal. Une tâche brillamment accomplie par « des experts en ébénisterie et en bonne hu- meur », commentait Léopold, membre du CFBS, sur la page Facebook du CFBS. L’abri en question, qui date de 1937, a été inauguré officiellement le 31 octobre en présence du maire de la commune, Daniel Chareyron.
Une autre inauguration s’est déroulée le même jour, celle du tombereau SE Somme U 13021, méticuleusement res- tauré au terme de sept années de travail. Comme le veut la tradition, une bouteille de champagne a été brisée sur son flanc, à la manière du baptême d’un navire… Il faut dire que ce véhicule est un témoin historique des Chemins de fer de la Somme. Fabriqué en 1920 par la société belge La Construction, ce wagon faisait partie d’une série destinée à re- constituer le parc du matériel roulant détruit pendant la Première Guerre mondiale.
Utilisé essentiellement pour le transport de produits agricoles et industriels, le wagon avait été réquisitionné pendant la Seconde Guerre mondiale pour la construction du mur de l’Atlantique. Avec l’avènement du transport routier
de marchandises dans les années 1950, l’utilisation des wagons de marchandises a décliné, menant à leur abandon pro- gressif. Sauvé de la ferraille en 1971 par le CFBS, le wagon a été conservé en l’état pendant plusieurs décennies. En 1993, il a été classé aux Monuments historiques, reconnaissant son importance patrimoniale. Sa restauration, débutée en 2016, a nécessité sept années de travail par les bénévoles du CFBS. Le projet a bénéficié de l’aide de la Drac des Hauts-de-France et du conseil départemental de la Somme.
La pause hivernale
Tractés par l’increvable locomotive 030 Pinguely, les derniers trains touristiques de la saison ont fait le plein de passagers pour circuler autour de la baie de Somme. Puis, une fois les derniers touristes débar- qués, à la nuit tombée (il était 18h30), un petit voyage de rapatriement bien sympa- thique pour les membres du CFBS a per- mis à ceux-ci de savourer les derniers tours de roues de la saison…
Pause hivernale oblige, les locomotives et les voitures voyageurs vont être remi- sées à l’abri pendant plusieurs mois jusqu’à l’ouverture de la prochaine sai- son. Côté billetterie, les dates pour 2025 sont d’ores et déjà disponibles pour les déjeuners et dîners à bord ainsi que le Train des Marées sur le site du CFBS (www.chemindefer-baiedesomme.fr). Rendez-vous au printemps prochain !
Contact : Chemin de fer de la baie de Somme, 03 22 26 96 96. Place de la Gare, 80550 Le Crotoy. www.chemindefer-baie- desomme.fr Vélorail de la baie de Somme, 1 place du 8-Mai-1945, 80410 Cayeux-sur-Mer.

Arte. Le train de la Côte bleue, naissance du syndicalisme local
Dans ce reportage inédit de l’émission d’Arte Invitation au voyage, nous empruntons la ligne de la Côte bleue. A l’ouest de Marseille, elle offre un voyage à travers les calanques, un trajet d’un peu plus de 30 km effectué en 1h15. Pas moins de 18 viaducs et 23 tunnels se succèdent pour franchir le relief accidenté de la côte qui s’étend de l’Estaque à la Couronne. La ligne de Miramas à l’Estaque, dont la construction a été supervisée par l’ingénieur du PLM Paul Séjourné, s’acheva en 1915 après plus de huit ans de travaux. Les voies sont littéralement accrochées au massif de l’Estaque, un relief qui protège la côte des violences du mistral.
Parcourir la ligne permet de se rendre compte du tour de force que représentait sa construction. En l’absence de plaine littorale, les ingénieurs n’avaient pas d’autre choix que d’accrocher la ligne de chemin de fer au flanc de la chaîne de l’Estaque. Le budget est imposant : 78 millions de francs or.
Ce chantier exceptionnel mobilise jusqu’à cinq mille cheminots. Ces anciens paysans pauvres reconvertis prennent tous les risques pour construire cette infrastructure complexe. C’est par la mer ou à pied que les matériaux de construction sont acheminés. Les ouvriers travaillent 12 heures par jour dans le plus grand dénuement. Parmi les ouvrages d’art de la ligne, le pont tournant de Caronte est célèbre. Les travaux débutent en 1908 et ne seront achevés qu’en 1915. Les piles en maçonneries ont été réalisées par des ouvriers travaillant dans des caissons immergés à une vingtaine de mètres sous l’eau. Au contact de l’air, la vase a relâché des gaz toxiques, provoquant des mouvements de grèves de la part des ouvriers « tubistes ».
Bientôt, ils se révoltent. Une antenne de la CGT est officiellement créée. La grève est lancée. Georges Clémenceau, le ministre de l’Intérieur de l’époque, entend mâter les cheminots sur lesquels s’abat, en 1911, une répression féroce. Mais, les travailleurs tiennent et le syndicalisme s’établit définitivement dans la région. Miramas devient Miramas la rouge et reste aujourd’hui un foyer des luttes ouvrières.
Mercredi 11 décembre à 17 h 20 sur Arte. Invitation au voyage – En Provence, le train bleu des luttes et de l’évasion ARTE France, Éléphant Doc. (2024)

France 5. Jamy questionne le monde des transports
L’émission Le monde de Jamy, diffusée ce lundi soir sur France 5, tente de nous éclairer dans ce nouvel épisode sur l’impact du transport sur l’environnement et sur les différentes solutions pour tenter de l’atténuer. D’autant que les transports sont les premiers contributeurs de gaz à effets de serre. Jamy Gournaud examine les différentes solutions aujourd’hui privilégiées pour faire baisser les émissions du secteur.
Premier constat, le nombre de voitures individuelles a explosé. En 1970, 13 millions de véhicules arpentaient les routes, ils sont 39 millions aujourd’hui. L’automobile est le moyen de transport qui émet le plus de gaz à effet de serre. Parmi les solutions envisagées : le développement de la voiture électrique est encouragé. Mais un certain nombre de question demeurent sans réponse. Est-elle vraiment écologique ? Aurons- nous suffisamment de métaux rares pour construire les batteries, lithium en tête ? Parviendrons-nous à recycler convenablement celles-ci ?
Si les voitures sont reines sur les trajets courts du quotidien, un autre moyen de transport est sur la sellette et concerne les voyages au long cours. L’avion pèse lourd dans l’addition du dérèglement climatique. Une alternative existe pourtant : le train ! Jamy revient sur les différences de fiscalité entre les deux moyens de transport et part en Autriche pour découvrir les aménagements du nouveau train de nuit des OBB.
Fabriqués par Siemens Mobility, ces Night- Jet du futur, aptes à 230 km/h, proposent des compartiments de quatre couchettes pour les familles ou les groupes et des « Mini Cabin » à une place, et des compartiments à deux lits et équipés d’une douche et d’un WC individuels. Toutes ces voitures sont dotées de la climatisation, de la vidéosurveillance, et les compartiments couchettes ou lits d’éclairages à LED multicolores permettant de personnaliser son ambiance.
Lundi 9 décembre sur France 5. Le monde de Jamy – Voiture, avion, climat : peut-on encore voyager ? Elephant Doc et France TV Studio avec la participation de France Télévisions. (2024)

Patrimoine. Le P’tit train de la Haute Somme, témoin de la guerre de 14-18
En Picardie, le train historique de l’Appeva circule sur une portion de la ligne en voie de 0,60 m qui fut construite pour approvisionner le front pendant la Première Guerre mondiale. L’association exploite également un musée consacré aux chemins de fer à voie étroite, où elle a réuni onze de ses homologues pour partager les expériences et favoriser les rencontres entre bénévoles de la jeune génération.
Le P’tit Train de la Haute Somme est installé dans un site historique de la Première Guerre mondiale, au hameau de Froissy, à La Neuville-les- Bray. Animé par les bénévoles de l’Association Picarde pour la Préservation et l’Entretien des Véhicules Anciens (APPEVA), il est un témoin de la Première Guerre mondiale car la ligne sur laquelle le train touristique, longue de 7 km et à écartement de 0,60 m, faisait partie d’un réseau construit par les armées françaises et britanniques pour la bataille de la Somme (qui s’est déroulée de juillet à novembre 1916). « Le petit train pouvait transporter quotidiennement jusqu’à 1 500 tonnes de matériel et munitions vers les lignes de front », explique David Blondin, président de l’Appeva. « On appelle cela la voie étroite par comparaison avec les trains “classiques” de la SNCF qui circulent sur une voie à écartement de 1,435 m. » Ce train historique n’est pas le seul qui existe en France. On en recense plusieurs qui ont été sauvegardés, restaurés et remis sur les rails dans les différentes régions. Les 16 et 17 novembre, les bénévoles de l’Appeva ont accueilli leurs collègues venus de toute la France, soit onze chemins de fer touristiques français, représentés par une quarantaine de participants venus du Nord, du Tarn, de la Sarthe, des Vosges, du Centre, de Charente-Maritime, de Côte-d’Or, des Hauts-de-Seine, du Loiret et bien sûr de la Somme.
Initiées il y a deux ans au musée des Transports de Pithiviers dans le Loiret, ces rencontres des chemins de fer à voie étroite (0,50, 0,60) ont pour but de rassembler les animateurs bénévoles et professionnels de ces réseaux lors d’échanges instructifs et amicaux. « Ce peut être la réglementation, l’entretien et les réparations de locomotives à vapeur, le freinage, la billetterie en ligne… Chaque expérience est bonne à partager et chacun peut apprendre des autres ! », affirme David Blondin.
« Nous nous sommes réunis dans notre musée consacré aux chemins de fer à voie étroite et qui présente une partie de nos collections : une vingtaine d’engins moteurs (chemins de fer militaires, chemins de fer industriels, et locomotives en service sur le P’tit train de la Haute Somme), dont plusieurs sont classés monuments historiques, et près de trente wagons. C’était le cadre idéal pour créer du lien entre les réseaux et permettre à la nouvelle génération de bénévoles de se rencontrer. » Une visite approfondie des installations du train touristique picard était également au programme du week-end. Prochain rendez- vous ? En 2026 en Bourgogne.
Contact : le P’tit Train de la haute Somme, hameau de Froissy, 80340 La Neuville-les- Bray.
Tél. : 03 22 76 14 60. Réservations pour les trains de Noël (samedis 7 et 14 décembre, dimanches 8 et 15) :
www. billetweb.fr/trains-de-noel2
Départs à 14h et 15h15.
Durée de la promenade : 1h00 environ, plus visite libre du musée (et tous les enfants repartent avec des chocolats !).
Haute-Marne. Manoeuvres chez Rail 52
L’association Rail 52, qui exploite un vélorail en attendant de faire circuler un train touristique, vient de recevoir un lot de matériel roulant ancien, cédé par les Chemins de fer de Vendée.
Dans la Haute-Marne, après la signature de la convention de transfert de gestion et l’ouverture du Vélorail des Minerons entre Veuxhaulles-Montigny (Côte-d’Or) et Châteauvillain (Haute- Marne), la dernière grosse opération de l’année de l’association Rail 52 a consisté à réceptionner du matériel roulant en quantité. « Lors du congrès de l’Unecto l’année dernière, qui avait lieu en Vendée, j’avais pris contact avec le Chemin de fer de Vendée, car j’avais vu qu’ils possédaient plusieurs DU65, or nous en cherchions une depuis un moment, et l’affaire s’est faite entre nos deux associations », raconte le cheminot Christophe Henry, vice-président de Rail 52. « Après un report de l’opération de transfert, le transport de la draisine 6.121 a pu se faire jusque chez nous par la route entre le 17 et le 21 octobre. » Sur leur site, les bénévoles de Rail 52 ont profité de la présence du camion pour transférer des véhicules stationnés depuis une vingtaine d’années à Wassy en Haute-Marne, à moins de 100 km de “leur” gare de Veuxhaulles : six véhicules parmi lesquels un locotracteur Y 2200 ex-SNCF, un locotracteur Gmeinder ex-armée “prise de guerre”, tous deux à remettre en état. Mais aussi deux wagons couverts, dont un couvert Nord, et deux fourgons, dont un fourgon postal CFF. « Celui-ci a eu une trajectoire singulière car il avait été racheté en 1998 chez le ferrailleur d’Epernay (Marne), en vue d’être utilisé pour des présentations artistiques », raconte Christophe Henry. « Il a d’ailleurs été présenté en avril 1999 au Salon de la maquette, à la porte de Versailles à Paris.
A l’intérieur du wagon, une exposition était installée, que pouvaient découvrir les visiteurs. » Les membres de Rail 52 en ont également profité pour mettre leur locotracteur bleu, et une remorque de draisine, qui étaient présents sur site, mais hors rails, sur la voie ferrée. « Au total, cela fait neuf véhicules mis en place sur les rails ! », se réjouit Christophe Henry.
Contact : Rail 52, [email protected]

Guide. Voyages ferroviaires au Japon
Le train est le moyen de transport idéal pour voyager au Japon. Avec ce nouveau guide de voyage dédié à l’archipel, le lecteur découvrira une multitude d’itinéraires, mais aussi des informations pratiques et des focus sur des spécificités locales des trains et des gares japonaises.
Le Japon moderne a été édifié par les rails. Depuis la construction en 1872 de la première ligne de chemin de fer entre Tokyo et le port de Yokohama, le réseau n’a cessé de se développer. A la pointe de la technologie, les ingénieurs ferroviaires du pays ont inspiré et inspirent encore le monde entier. Aujourd’hui, l’archipel est parcouru par plus de 23 000 km de voies, dont 7 000 dédiées à la grande vitesse.
Le pays bénéficie d’un maillage exceptionnel permettant de relier des lieux reculés sans avoir besoin de prendre une voiture. Il se découvre ainsi en train, le moyen de transport le plus respectueux de l’environnement. Shinkansen, trains panora- miques, croisières luxueuses ou petit tortillard qui parcourent la campagne : il existe toutes sortes d’expériences ferroviaires dans le pays. Afin de trouver votre chemin dans ce réseau dense et complexe, Gallimard Voyages publie En train au Japon, un guide signé par Aimie Eliot, une journaliste indépendante installée dans l’archipel. L’auteure explique en préambule : « Pérégriner en train est un apprentis- sage de la résilience – un trait de caractère qu’on attribue d’ailleurs souvent aux Japonais – lorsqu’il faut longuement patienter pour voir surgir la locomotive qui ne passe qu’une poignée de fois par jour, et se résoudre à ralentir lorsqu’il faut compter les heures et les entrelacs pour rejoindre notre destination.
Mais le train a aussi ce formidable pouvoir d’attiser notre âme exploratrice lorsqu’on découvre sur la carte que notre parcours dessert une crique ou une vallée oubliée et qu’on décide de s’y arrêter « juste pour voir», comme un pied-de- nez au surtourisme. » Effectivement, l’ouvrage fait la part belle aux chemins de traverse, aux destinations hors des sentiers battus autant qu’aux sites touristiques les plus célèbres. Aimie Eliot a sélectionné des itinéraires pour découvrir toutes les grandes îles de l’archipel d’Hokkaido à Kyushu. À chaque arrêt, elle met en avant les monuments à ne pas rater, les spécialités culinaires qu’il faut absolument goûter ou encore les grandes fêtes populaires où vous pourrez approcher la culture complexe qui anime les Japonais.
Des escapades au départ de Tokyo, de Kyoto ou encore d’Osaka offrent l’occa- sion de s’affranchir du tissu urbain, et de découvrir ainsi une autre facette de ces métropoles. Entre tous ces itinéraires, véritables invi- tations au voyage, des focus thématiques permettent de se familiariser avec la culture du rail nipponne. Ainsi, vous en saurez plus sur l’eki-uri-bento, le bento du train. Ce panier-repas esthétique est vendu en gare, et constitue plus qu’un simple déjeuner pour voyageur pressé. Egalement fort utile pour le voyageur qui découvre le pays, Aimie Eliot prévient les impairs en listant les grands principes de la politesse japonaise à bord des trains.
Et si vous vous sentez l’âme d’un Densha Otaku – le ferroviphile japonais, elle vous explique comment débuter une collection de tampons de gare ! Enfin, des conseils pratiques sont également dispensés pour organiser votre voyage. L’auteure vous donne ainsi toutes les clés pour faire la différence entre les différents trains, trouver le billet qui vous correspond ou encore choisir le pass ferroviaire le plus avantageux selon le périple que vous avez choisi.
En train au Japon d’Aimie Eliot. Voyages Gallimard. (2024) Prix : 25 euros. à Commander dans la boutique de La Vie du Rail


Pour la réouverture de la liaison Thouars – Parthenay – Niort aux voyageurs
L’association pour le développement du transport ferroviaire Thouet-Sèvre Niortaise (ADTFTS) est née en 2005 avec pour objet la réouverture de la voie ferrée Thouars – Parthenay – Niort aux voyageurs et son développement fret. Depuis près de 20 ans, l’association continue de défendre cet axe ferroviaire majeur, traversant le département des Deux-Sèvres du Nord au Sud, tout en étant raccordé aux voies ferrées en service.
La remise en activité d’un service ferroviaire voyageur permanent entre « la Loire et l’Atlantique » permettra de désenclaver le centre rural du département des Deux-Sèvres mais offrira tout autant à des Niortais d’aller en Maine et Loire (Saumur, Angers…) et inversement pour un trajet Saumur – La Rochelle. Cette utilisation mixte, tant départementale qu’interrégionale, contribuera à un usage et une fréquentation élevée pour le bénéfice des populations.
La présence de la Vélofrancette®, itinéraire cyclo-touristique allant de Ouisthream à La Rochelle, renforce l’enjeu d’un usage voyageur train+vélo. Rappelons que ces utilisateurs apprécient l’itinéraire, et donnent des bonnes notes à la qualité de l’aménagement, la mise en tourisme et les prestations touristiques. 62 % pratiquent d’autres activités que le vélo : visite de ville, restaurant, sites naturels… Et en moyenne, chaque touriste dépense 63 € par jour. Après plusieurs mois de travaux en 2023 entre Saint-Varent et Parthenay, l’axe ferroviaire a été remis en service pour une utilisation fret.
Les entreprises du nord Deux-Sèvres ont défendu la nécessité d’un tel axe pour expédier leurs produits (ballasts et cailloux notamment) auprès de leurs clients sur le territoire national. Nous espérons que d’autres entreprises se raccordent au réseau et s’engagent aussi dans cette voie ! La voie ferrée Thouars – Parthenay – Niort a de nombreux atouts pour une utilisation complète et entière, c’est-à-dire voyageurs et fret. Cette utilisation partagée rappelle l’importance de la voie et qu’elle est surtout une voie d’avenir !
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Chaque mois, la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) nous fait part d’une difficulté, grande ou petite, rencontrée par les usagers. Ou d’informations qu’elle juge intéressantes.