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Une braderie historique à la boutique de la Vie du Rail !
Les éditions La Vie du Rail déménagent !
Une nouvelle page s’écrit pour nos éditions et notre boutique.
Mais avant d’inaugurer ces nouveaux espaces, nous vous invitons à une grande braderie historique !
Profitez de réductions allant jusqu’à -70 % sur des dizaines d’articles, dans un espace de 300 m².? Quand ? Du 14 au 24 janvier 2025 (sauf dimanches), de 11h à 18h.
? Où ? 29, rue de Clichy, 75009 Paris.Ne manquez pas cette occasion unique de faire de belles découvertes à prix réduit et de nous accompagner dans cette transition !

Trains touristiques : le congrès 2024 en mode landais
Fin novembre, le congrès annuel de l’Unecto, la fédération des chemins de fer touristiques, des cyclodraisines et des musées consacrés au chemin de fer, a réuni trois cents personnes à Dax, dans les Landes. Trois journées riches en échanges, partage et interrogations.
Chaque année, en novembre, lorsque les trains touristiques et les cyclodraisines sont mis au repos après avoir bien roulé pendant la haute saison, leur fédération nationale, l’Unecto en réunit les exploitants le temps d’un congrès organisé sur trois jours. Par principe, le lieu change chaque année, en privilégiant une région où circule un train touristique. Cette année, c’est à Dax dans les Landes, à quelques dizaines de kilomètres du Petit Train de la Rhune, que Claude Steinmetz, président de l’Unecto, a réuni 300 participants : des fous de trains, des fournisseurs, des représentants de la SNCF, du STRMTG, de services de l’Etat (préfecture, ministère de la Culture…) et leurs accompagnants. Soit trois journées d’échanges d’expériences et d’ateliers thématiques, dans une ambiance faite de partage, avec des moments de convivialité, tout en gardant en ligne de mire les objectifs fixés pour les années à venir. Le thème des travaux, « Préserver, rénover, entretenir et exploiter notre patrimoine », en disait long sur l’évolution d’une activité qui mêle patrimoine, technique, industrie, économie et tourisme, et dont les acteurs ne souhaitent pas rester marginaux et méconnus dans le paysage touristique français. Petit tour d’horizon, en déclinant l’acronyme “Unecto”, sur les défis que tous ces passionnés de train doivent relever pour exploiter un potentiel immense existe.
U comme Unecto
L’Unecto est la fédération des chemins de fer touristiques, des cyclodraisines (vélorails) et des musées à caractère ferroviaire de France. Elle est actuellement présidée par Claude Steinmetz, par ailleurs directeur ferroviaire France de Transdev France, un concurrent de la SNCF. Les adhérents de l’Unecto sont des associations – animées par des bénévoles pas exclusivement cheminots, et Trains touristiques : le congrès 2024 en mode landais des salariés (parfois) –, des entreprises privées, des collectivités locales…
U… comme Unité
Comme pour les gens de mer, rester solidaires est une priorité lorsque le vent se lève. Malgré l’hétérogénéité qui caractérise cette forme de tourisme patrimonial (trains historiques, musées ferroviaires, mais aussi diversité des centres de profit selon l’offre touristique et le territoire concernés), l’unité est un atout pour être capable faire face au gros temps ou aux tempêtes (Covid), baisse de fréquentation, problèmes techniques, lenteur d’obtention des certificats et habilitations pour être autorisé à faire circuler un train historique sur le RFN (réseau ferré national). Cela va de pair avec la solidarité. Par exemple, une circulation spéciale programmée depuis des mois risque d’être annulée à cause d’une motrice en panne ? Un confrère pourra prêter une de ses machines pour empêcher cela.
N comme Nombre d’adhérents
Une centaine (133) actuellement, soit un nombre conséquent. Ces réseaux et musées sont répartis dans toutes les régions de France.
… comme Nombre de kilomètres de voies ferrées
Actuellement, plus de 1 200 kilomètres sont conservées et entretenues en France par les adhérents de l’Unecto.
E comme Economie
L’activité des trains touristiques, vélorails et musées est apte à dynamiser un territoire en termes d’emploi, de chiffre d’affaires pour les commerces, hôtels-restaurants, transports en commun existant dans le périmètre. « Pour 1 € dépensé dans un de nos trains touristiques, environ 4 à 6 € supplémentaires en moyenne sont dépensés par les passagers hors période de forte inflation bien sûr », selon l’Unecto. Au public national s’ajoutent les touristes étrangers (Belges, Allemands, Britanniques, Suisses, tous des fanas de la chose ferroviaire), qui n’hésitent pas à faire des centaines de kilomètres pour venir passer leurs vacances en France en incluant dans leur circuit ou leur séjour une balade en train à vapeur ou en autorail vintage des années 1960…
C comme Collectivités locales et territoriales, Chambres de commerce et d’industrie
Les acteurs du secteur d’activité, qu’ils exploitent un musée consacré au chemin de fer ou un train touristique, couplé ou non à un vélorail, devraient pouvoir s’appuyer, au moins ponctuellement, sur celles-ci. On pourrait imaginer aussi qu’un soutien et des conseils soit fournis par un autre type d’organisme. Pourquoi pas les chambres de commerce et d’industrie régionales, chargées de représenter les intérêts des entreprises commerciales d’une zone géographique ? Parfois, pour ne pas dire souvent, le “réseautage” au sein du monde cheminot ne suffit pas pour débloquer certaines situations critiques : par exemple, lorsque la SNCF va fermer défintivement une ligne et prévoit de déposer la voie alors qu’un réseau touristique a manifesté son intérêt pour ladite voie et que celle-ci risque bien de lui passer sous le nez… « Or reposer des kilomètres de voie ferrée, même sur une longueur réduite, coûte une fortune, de la patience et l’utilisation d’engins de chantier bien spécifiques », confie un exploitant de train touristique.
… comme Charbon
Ce combustible, habituellement importé de l’étranger (pays de l’Est) que l’on utilise pour alimenter les chaudières des locomotives à vapeur est-il menacé au nom de la nécessaire réduction des GES ? Que nenni. « Il a été prouvé que ce mode de traction ne contribue pas à aggraver l’impact négatif des émissions dues au charbon », souligne un exploitant de train touristique. Cela n’a pas empêché certains réseaux d’innover en explorant de nouvelles pistes de combustible alternatif (partielle) au charbon : des bûches de grignons (résidus d’olives), produites en Tunisie. « En utilisant 50 % de grignons + 50 % de charbon, on fait des économies notables. Et les sondages auprès des touristes montrent que ça sent plutôt bon, ça n’indispose personne », raconte Jean-Michel Delfino, du Train des Pignes (Groupe d’études pour les Chemins de fer de Provence).
T comme Trains touristiques
Ils sont réunis avec les musées ferroviaires, dans un Guide publié par les Editions La Vie du Rail, actualisé chaque année (en vente à la Boutique de La Vie du Rail, www.laboutiqueviedurail.com).
O comme Opportunités
Les associations comme le Train historique de Toulouse, le Train à vapeur d’Auvergne, les Autorails de Bourgogne – Franche-Comté ou encore le Train du Beauvaisis organisent régulièrement des voyages sur une journée à bord de leurs trains historiques – autorails, train à vapeur, diesel ou électrique. Cela permet à la fois de faire connaître l’association en élargissant le traditionnel cercle des “ferrovipathes” et d’atteindre une cible supplémentaire, à savoir le grand public composé de néophytes, qui ne parle pas « cheminot » (pour reprendre une célèbre formule), et qui ignore tout du fonctionnement du moteur diesel ou du système de freinage à air comprimé… La preuve, à chaque annonce de ces circulations spéciales (la Fête des Lumières à Lyon, la Fête du hareng et de la coquille, le carnaval de Limoux, Bordeaux fête le vin, la Fête du Cassoulet) ou voyages à thème (Sète et ses canaux, le pont du Gard, la Côte Vermeille), les trains affichent très vite complet dans les deux jours qui suivent l’ouverture des réservations. « Le public souhaite profiter à la fois d’un parcours dans une ambiance vintage et visiter une ville, profiter d’un événement ou d’un site touristique », témoignent entre autres le Pacific Vapeur Club et le Train historique de Toulouse.
… comme Optimiste
Il faut bien le rester pour continuer d’avancer. « Nous devons faire preuve de créativité, d’innovation », admettent les congressistes. Bref, garder la foi malgré un contexte difficile (inflation, baisse du pouvoir d’achat, moindre fréquentation de la part de touristes étrangers, tarifs de l’énergie ayant flambé, négociation des sillons à la suite de l’arrivée de nouveaux opérateurs ferroviaires sur le RFN).
Contact : Unecto, www.unecto.fr
https://www.lafrancevuedurail.fr/
ABFC. Le Picasso X 4309 roule pour la Fête des Lumières
Une escapade depuis Dijon à bord d’un authentique Picasso pour profiter de la Fête des Lumières à Lyon durant toute une soirée, c’est ce qu’a proposé l’association Autorails Bourgogne Franche- Comté à une cinquantaine d’amateurs, début décembre.
Comté à une cinquantaine d’amateurs, début décembre. e 7 décembre, l’association Autorails Bourgogne Franche-Comté (ABFC) a embarqué ses 54 passagers dans son célèbre Picasso X 4309 à la livrée rouge et crème pour un voyage Dijon – Lyon pour se rendre à l’édition 2024 de la Fête des lumières, événement incontournable dans la Capitale des Gaules. Pour les Dijonnais, c’était une manière originale de profiter de ces festivités. « On a pris le chemin des écoliers », s’amuse Laurent Tessier, responsable de l’Exploitation du train touristique, conducteur du Picasso. Parti de Dijon-Ville à 12h45, autorisé à rouler à 120km/h, l’autorail, construit dans les années 1950, a vaillamment avalé les kilomètres, faisant faire à ses passagers un voyage spatiotemporel dans les années 1970-1980. Séquence nostalgie…
Les membres de l’équipe de conduite et les agents d’accompagnement (des cadres de la Traction, dont la présence est obliga- toire), avec Denis Gamard, président de l’ABFC, et Philippe Moreaux, directeur technique de l’ABFC, ont offert une belle escapade “touristico- ferroviaire” aux passagers. Des jeunes et des moins jeunes, des hommes et des femmes qui se sont immergés dans une ambiance autant délicieusement rétro qu’originale. D’autant que, Picasso oblige, la cabine de conduite étant placée sur le toit, cela permet aux voyageurs d’observer les rails et des paysages qui ont de quoi ravir l’œil grâce au parcours. Un trajet peu commun, jugez plutôt : le train est descendu vers Montceau-les-Mines, Paray-le-Monial, et la vallée de l’Azergues, rivière qui traverse les monts du Beaujolais. Le retour s’est effectué par la ligne directe via Mâcon en Saône-et-Loire (23 h 30 – 1 h 30) après que les passagers ont eu quartier libre pour arpenter les rues de Lyon.
La petite équipe d’organisateurs peut être fière de la réussite de cette journée, également marquée par une joyeuse ambiance en gare de Perrache. En effet, si la ville de Lyon brillait de mille feux, il y eut aussi, à l’arrivée du Picasso à Lyon-Perrache, des étoiles qui scintillaient dans les yeux de ces deux cheminots retraités. Prévenus à l’avance de ce voyage, ces anciens arpètes du d’Oullins (promo 1951-1953), devenus conducteurs d’autorails au dépôt de Lyon-Vaise, ne se sont pas fait prier lorsqu’on leur proposa de grimper dans la cabine de conduite du train qui était stationné en gare. C’est avec émotion qu’ils ont renoué avec leur passé de conducteur. Passion du train, quand tu nous tiens…
Contact : ABFC, 20 D rue de Bellevue, 21000 Dijon. www.autorails-abfc.fr

Ne perdons pas espoir dans une politique ferroviaire renouvelée
En France, dans le domaine des transports ferroviaires, la litanie des plaintes des usagers (services insuffisants, lignes suspendues, manque de matériels et de personnels, politique malthusienne), est accentuée par la disette budgétaire et surtout par le manque d’appétence des gouvernements successifs, de l’État et de plusieurs régions. Pourtant, les discours et les promesses sont légion, mais les réalisations sont bien timides. Pour preuve, la relance des trains de nuit ou l’état déplorable de certaines grandes lignes.
Dans ce paysage morose, des régions continuent d’avancer, certes à un rythme plus lent que précédemment, c’est le cas de Grand Est, de Nouvelle-Aquitaine ou d’Occitanie et des réalisations sont à souligner. C’est ainsi que début janvier 2025, des trains relieront de nouveau Mulhouse à Mülheim en Allemagne et Montréjeau à Luchon en mai 2025 en Occitanie. En ce lendemain de Noël tout espoir dans un redéveloppement du ferroviaire est loin d’être perdu. Le succès du Léman express lancé en 2019 et prévu initialement pour 50 000 voyageurs, en transporte quotidiennement plus de 80 000 en 2024.
Exploité par la société Lemanis filiale à 60 % des CFF et à 40 % de la SNCF, ce RER transfrontalier est articulé autour de l’ancienne ligne à voie unique et non électrifiéeGenève Eaux-Vives—Annemasse, qui est devenue le maillon essentiel, en étant prolongé vers la gare centrale de Genève Cornavin, du nouveau réseau reliant Genève à Annemasse, grâce à la construction d’une ligne nouvelle enterrée à double voie, électrifiée aux normes helvétiques.
Entre le service ferroviaire de l’année 1984/85, où il n’y avait que 16 AR (aller- retour) entre les gares de Genève- Eaux Vives et Annemasse et celui de 2023/24, avec 119 AR de 4 h 20 à minuit, il ne s’agit pas d‘une évolution mais d’une révolution ferroviaire. Depuis le 15 décembre, de nouvelles circulations s’ajoutent pour répondre à une demande toujours croissante. Dans cette métropole binationale, les projets sont multiples pour répondre aux défis écologiques, socio-économiques et d’aménagement que seul le transport public et en particulier le fer est capable d’offrir.
C’est ainsi que la réouverture de la ligne du Tonkin entre Evian et Saint Gingolph (18 km) est demandée avec des engagements financiers suisses. Il en est de même de l’ancienne ligne Bellegarde—Nyon pour le développement du Léman Express. De nouvelles avancées sont prévisibles à court terme pour les habitants du Grand Genève.
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Chaque mois, la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) nous fait part d’une difficulté, grande ou petite, rencontrée par les usagers. Ou d’informations qu’elle juge intéressantes.

Bruxelles. La STIB célèbre Noël avec un tram spécial
Depuis le 11 décembre, le Tram de Noël parcourt les rues de Bruxelles sur six lignes du réseau de la STIB. Le gestionnaire des transports publics de la capitale belge a mis en place toute une série d’événements à l’occasion des fêtes.
Le Tram de Noël de la Société des Transports intercommunaux de Bruxelles (STIB) fait souffler l’esprit des fêtes dans les rues de la capitale belge jusqu’au 10 janvier. Ce tram spécial, décoré aux couleurs de Noël, s’est élancé le 11 décembre dernier dans les rues de Bruxelles pour le plus grand plaisir des usagers de 7 à 77 ans. Pelliculé de rouge et de doré, il est décoré de branches de houx, de flocons de neige et de sapins enguirlandés. Bref, tous les marqueurs de la fête de Noël.
Le tram est également illuminé par un éclairage spécifique. Il circule cette an- née sur six lignes du réseau de la STIB. Les circulations sur les lignes 9 et 18 sont déjà terminées. Le tram de Noël sera visible jusqu’au 30 décembre sur la ligne 19, jusqu’au 3 janvier sur la ligne 81, jusqu’au 7 janvier pour la 82 et jusqu’au 10 janvier pour la 92.
Le mercredi 18décembre dernier les voyageurs qui empruntaient la ligne 92 ont pu rencontrer le père Noël en personne, qui avait délaissé ce jour-là son traîneau et ses rennes pour voyager avec le tramway. Des sucres d’orge ont été distribués aux passagers qui ont pu se faire photographier avec lui. La STIB a joué toute la partition des chants de Noël dans ses stations les 24 et 25décembre, alors que les Bruxellois parcouraient le réseau les bras chargés de cadeaux. La STIB a également remplacé les petits lutins du père Noël en proposant aux voyageurs en quête d’un cadeau de visiter la boutique éphémère « STIBstore » installé dans la station Rogier jusqu’au 24 février.
Les points de vente des stations Rogier, De Brouckère et Louise ont également été décorés sur le thème de Noël. Le samedi 28 décembre de 11 h à 15 h dans la station Rogier, un stand installé sur la mezzanine, non loin du point de vente KIOSK, permettait de faire embal- ler gratuitement les cadeaux avec un pa- pier aux couleurs de la STIB avec deux choix possibles, le premier représente le plan du réseau, le second les numéros des lignes du réseau.

Patrimoine. Jean-Pierre Moreau, le passeur de mémoire
Avec un arrière-grand-père, une grand-mère, un grand-père et un père tous cheminots, il n’y a aucun doute sur le pedigree de Jean-Pierre Moreau, cheminot épris de patrimoine ferroviaire.
Pour Jean-Pierre Moreau, référent électrique des pièces déposées d’Autorails à Grande Capacité (AGC) des Transports Express Régionaux (TER) au Technicentre Industriel SNCF du Périgord, chaque objet a une histoire. Précisons que l’homme représente la quatrième génération d’une famille hautement cheminote. Lorsque son père a pris ses fonctions de chef de gare à Ballancourt-sur-Essonne (Essonne), Jean-Pierre était âgé d’un mois, c’est dire s’il est tombé tout petit dans la marmite du train… Son arrière-grandpère travaillait aux ateliers SNCF de Villeneuve- Saint-Georges dans le Val-de-Marne, et sa grand-mère en était la chef de groupe administratif. Son grand-père, lui, était un conducteur de trains, basé au dépôt du Charolais, gare de Lyon à Paris dans le XIIe arrondissement. Un beau jour, Papa Moreau offre à son jeune fils son costume et sa casquette de chef de gare. En 1978, au moment de partir à la retraite, son grandpère fait de même en lui donnant en plus, cerise sur le gâteau, sa sacoche et tous les accessoires du parfait cheminot. Et la passion pour le train naît tout naturellement chez le garçonnet. Celui-ci fait déjà des photos du monde ferroviaire qui l’entoure. Des années plus tard, ses grands parents s’étant retirés à Sarlat en Dordogne, et lui-même devenu cheminot en 1990 au dépôt de Montrouge dans la banlieue parisienne, il demande sa mutation en 1999 pour la Dordogne, à l’UO Infra de Chamiers d’abord, puis au Technicentre Industriel du Périgord à Périgueux.
« Chaque objet a une histoire »
A 20 ans, il se met à collectionner des pièces historiques ferroviaires en tout genre. Depuis peu, il a recentré sa collection sur les différents métiers des cheminots, des régions du sud de la France, et ce, depuis la création du chemin de fer jusqu’au début des années 1980, période marquée par l’arrivée du TGV qui symbolise le virage de la modernité pris par la SNCF. « Tous ces habits et tenues, ces outils et ces objets ont été portés, utilisés par les mains des cheminots. Ils racontent une histoire, une époque, une façon de travailler dans le chemin de fer. Derrière les métiers exercés au sein de la SNCF, il y a des femmes et des hommes à qui j’ai voulu faire honneur en sauvegardant tout cela », explique Jean-Pierre Moreau. Son unique but ? Être un passeur de mémoire dévoué et préserver le patrimoine cheminot. C’est ainsi qu’au fil des années, il a constitué une remarquable collection d’objets ferroviaires. Il possède notamment une soixantaine de lanternes de toutes sortes. Bien sûr, il y a les belles, celles faites en laiton, fixées à l’avant des locomotives à vapeur et qui éclairaient fièrement la voie ferrée. Mais il n’a pas négligé leurs “soeurs”, les lanternes à main que les cheminots portaient, « des lampes à huile, à pétrole, ou au carbure de tungstène ». Patiemment constituée au gré des trouvailles, la collection de ce passionné est riche de costumes et de casquettes, et ce avec des spécimens de toutes les époques, y compris l’âge d’or du PLM (1857-1938), la fameuse Compagnie du Chemin de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée
Le tailleur bleu de l’hôtesse des TAC
Le trésor de Jean-Pierre se décline également au féminin, avec des chapeaux et des coiffes pour dames, ou encore ces tailleurs de couleur bleue que portaient les cheminotes- hôtesses du service des Trains Auto-Couchettes (TAC), de 1960 à 1970. Et bien sûr, notre ancien cheminot a glané de la précieuse vaisselle arborant les armes de la Compagnie Internationale des Wagons-Lits (CIWL). L’ensemble s’enrichit de moult documents et photos, dont certaines qu’il a prises lui-même car il est aussi un chasseur d’images (lire plus loin). Le « voyage au bout de ses rêves » sera abouti lorsqu’il construira son propre réseau miniature pour y faire circuler ses modèles réduits, un projet pour sa future retraite. « Le train me passionne encore et toujours pour ses nombreuses facettes techniques, sociales et aussi pour l’humanité qui s’en dégage car, dès son apparition, ce moyen de transport a apporté énormément de progrès – et de bien-être si on pense aux trains des congés payés à partir de 1936 – aux Français. Tous ces objets représentent quarante années d’études et de recherches. Un jour peutêtre, ma collection sera reprise et mise en valeur dans un musée ou une association. C’est mon souhait », confie-t-il.
Bénévole à 100 % au service du patrimoine du chemin de fer
Collectionneur et passeur de mémoire, Jean-Pierre Moreau est aussi le président du très actif Photo-Club SNCF de Périgueux, affilié à l’Union artistique et intellectuelle des cheminots français (comité Sud-Ouest). Enfin, depuis une dizaine d’années, il est bénévole au sein de l’association qui gère la Cité du Train- Patrimoine SNCF à Mulhouse. « Je m’y suis rendu à plusieurs reprises pour res- taurer du matériel historique ou assurer des visites guidées », témoigne-t-il. A la demande d’associations qui le sollicitent, il donne des conférences et expose une par- tie de sa collection en fonction des sujets et des époques abordés. Heureux de parler de ce monde historique des cheminots (« Etonnamment peu connu du grand pu- blic », déplore-t-il), il crée pour cela des ta- bleaux à thème, un moyen d’amorcer un dialogue avec le public. Cela donne lieu à « des échanges très enrichissants autour d’objets parfois insolites et totalement ignorés des non cheminots et des jeunes générations. » Comme les billets de train Edmondson, imprimés sur du carton, apparus en 1840 et baptisés du nom de leur inventeur anglais. « Il faut voir les visages des ados, eux qui payent au- jourd’hui leur voyage d’un simple clic sur l’écran de leur smartphone, lorsque je leur montre ces billets ! », s’amuse-t-il. « Pour eux, c’est une totale découverte et je suis heureux de pouvoir en raconter l’histoire. » Transmettre, encore et toujours.

Tourisme et train. En Norvège, sur les traces de Harry Potter
L’Association française des amis des chemins de fer (Afac) et l’association Train Access (TA) organisent, avec l’aide de l’agence norvégienne Echappée Nord, un voyage itinérant d’Oslo à Trondheim en Norvège, du 28 juin au 11juillet 2025.
C’est l’occasion de découvrir le secteur des grands fjords, les villes emblématiques de Norvège, de se plonger dans des paysages époustouflants et l’histoire du pays pendant les périodes de la Seconde Guerre mondiale et de la Guerre froide, et aussi de visiter le riche patrimoine du transport et du ferroviaire norvégien sous un angle privilégié avec des visites thématiques spéciales et/ou privatisées: Raumabanen (ligne sur laquelle ont été tournées plusieurs scènes du film Harry Potter et le Prince de sang-mêlé), Flamsbana, Drovebanen, Urskog–Hølandsbanen, Rjukan Railway, Gaustabanen, Gamle Vossebanen, Graakalbanen, Thamshavnbanen, le dépôt des trams d’Oslo et Trondheim, ancien tramway de Bergen, musée des Transports norvégiens, musée de Ha- mar, musée de l’Eau lourde…
Les déplacements se feront par les trains et les ferrys norvégiens (et en car affrété en cas de nécessité). Le voyage, en demi-pension, est organisé en deux parties : voyage en option à Oslo du 28/06 au 01/07, et voyage de base du 01/07 au 11/07.
Pour consulter le programme : (code : ACCESS). Rens. : [email protected]

Prix Versailles. Six gares à l’honneur dans le Palmarès 2024
Le 2 décembre dernier, les Prix Versailles 2024, prestigieux prix d’architecture et de design, ont été décernés au siège de l’Unesco. Voici les gagnants dans la catégorie Gares et stations.
Le Prix Versailles, qui fête cette année sa dixième édition, a été attribué! Ce prix prestigieux est remis chaque année à Paris, dans les locaux l’Unesco, qui y siège depuis 2015. La manifestation met en lumière les plus belles réalisations contemporaines de la planète.
24 titres mondiaux sont décernés dans sept catégories (Aéroports, campus, gares et stations, sports, musées, grands magasins, hôtels et restaurants.) Le jury international est composé d’architectes, mais aussi d’artistes. Cette année, une actrice, une styliste, une violoniste ainsi que le Français Benjamin Millepied, danseur et chorégraphe, qui préside également le jury, accompagnaient quatre architectes de renom.
Dans la catégorie Gares et stations, le Prix Versailles 2024 a mis à l’honneur une gare moderne desservie par un train centenaire : le Schafbergbahn. Mis en service en 1893, le chemin de fer à crémaillère le plus raide d’Autriche part de Saint Wolfgang et grimpe le sommet du Schafberg, dans le massif du Salzkammergut, non loin de Salzbourg. Le train met 35 minutes à parcourir 5,85 kilomètres et un dénivelé de 1 190 mètres. C’est la gare de départ, à 542 m d’altitude, qui a été récompensée cette année. Sa structure historique a été repensée par l’agence d’architecture autrichienne dunkelschwarz. Les espaces publics se déploient dans un hall ouvert sur le lac Wolfgang et sur les sommets du Salzkammergut. Une terrasse extérieure permet de profiter de la beauté de ce paysage alpin.
Un prix est également allé à deux autres gares, une en Océanie et une en Asie. En Océanie, la gare de Bell, située dans la banlieue de Melbourne en Australie, a été complètement transformée avec un nouveau design imaginé par l’agence Wood Marsh. Celui-ci se veut un hommage au patrimoine architectural de la ville de Preston, où s’élève cette gare surélevée. En Asie, la gare centrale de Pékin a été construite dans le cadre des « Dix grands projets » pour célébrer le dixième anniversaire de la République populaire de Chine en 1959. Conçue par des architectes renommés comme Yang Tingbao, la gare combine un style architectural classique avec des éléments modernes pour répondre à l’augmentation continue du trafic voyageurs.
Sa modernisation, dans le respect de son histoire, a été confié à WIT Design & Research, une agence basée à Pékin. Dans la catégorie Mention extérieure, deux gares ont été mises en lumière. Et cocorico!, le prix a été attribué à une création française. Pensés par l’AREP, les aménagements de la gare de Toulouse Matabiau ont ainsi été récompensés par un prix. Conçus pour accueillir un trafic voyageurs qui devrait tripler dans les années à venir, passant de 50 000 à 150 000 passagers quotidiens avec la mise en service en 2028 de la ligne C du métro et la perspective de l’arrivée de la grande vitesse, ces travaux ont duré trois ans pour un coût de 42 M€. A l’extérieur de Matabiau, les menuiseries et la marquise ont ainsi été restaurées.
A Naples, la station de métro Chiaia a également remporté un prix pour ses aménagements extérieurs. Mise en service en juillet dernier, elle est desservie par la ligne 6 du réseau. Elle est située entre les stations Municipio et San Pasquale.
Enfin, la décoration intérieure du Grand Central Madison, la gare terminus new-yorkaise du Long Island Rail Road a gagné le dernier prix attribué. Les trains de banlieue de la métropole new-yorkaise circulent sur le réseau du Long Island Rail Road (LIRR) qui dessert 124 gares à l’est de la Grosse pomme et sur l’île de Long Island. Grand Central Madison est la plus grande gare terminus de voyageurs construite aux Etats-Unis en 67 ans. La gare abrite notamment des oeuvres d’art en mosaïque réalisées par les artistes Yayoi Kusama et Kiki Smith.
Jérôme Gouadain, secrétaire général du Prix Versailles, explique tout l’intérêt de mettre en avant l’architecture ferroviaire : « Les gares sont redevenues un enjeu essentiel du cadre de vie. Elles remplissent leur rôle de porte d’entrée sur un territoire et, bien souvent, de place publique au coeur de celui-ci. Elles sont un condensé de vie et de ville, facilitatrices de mobilité et ambassadrices de transports en commun et écologiques. Faire de belles gares est un investissement on ne peut plus actuel et rentable pour nos sociétés ».

Lyon. Le Pôle Express, un conte de Noël ferroviaire
Alors que son nouveau film, Here, est sorti en salle en novembre dernier, l’Institut Lumière revient sur l’oeuvre de son auteur, Robert Zemeckis. Du film À la poursuite du diamant vert à La mort vous va si bien, en passant par la trilogie Retour vers le futur, Forrest Gump ou encore Qui veut la peau de Roger Rabbit : le réalisateur américain a collectionné les succès.
17 films sont programmés par l’institution culturelle lyonnaise à l’occasion de la rétrospective Robert Zemeckis – 88 miles à l’heure. Tom Hanks, Meryl Streep, Brad Pitt, Marion Cotillard, Michael J. Fox, Harrison Ford, Jodie Foster, Bruce Willis ou encore Kathleen Turner : le casting est impressionnant.
Sorti en 2004, Le Pôle Express est une adaptation du roman de Chris Van Allsburg, Boréal-express. Ce film d’animation avec Tom Hanks raconte l’histoire d’un petit garçon qui vit une grave crise de foi dans le Père Noël. Il est assailli par le doute, lorsqu’il monte à bord d’un étrange train à destination du pôle Nord… Le chef de train lui délivre alors une grande vérité ferroviaire : « Une chose au sujet des trains : peu importe où ils vont, ce qui compte, c’est de se décider à les prendre ». Il se décide donc à monter à bord et part alors vers d’incroyables aventures. Ce conte de Noël saura redonner le goût du réveillon aux enfants et interrogera certains adultes sur leurs croyances.
Le cinéaste a décidé de recourir à la technique de la « Performance Capture » pour réaliser ce film. Ce procédé permet de recréer à la perfection les expressions et les gestes des comédiens en infographie. Tom Hanks a été couvert de capteurs, ce qui a permis de retranscrire ses expressions avec la plus grande fidélité à l’écran. L’acteur qui avait déjà collaboré deux fois avec Zemeckis, à l’occasion de Forrest Gump et de Seul au monde, réalise ici un tour de force en interprétant la voix de six personnages différents.
Institut Lumière. 25, rue du Premier- Film. Lyon. Tél. 04 78 78 18 95 www. institut-lumiere.org. Le Pôle Express. Samedi 28 décembre à 16 h 15 en VF et samedi 3 janvier à 16 h 30 en VO. Tarifs : 8,50 euros, 4 euros pour les enfants de moins de 14 ans.

Rennes. Retour du Grand Huit dans les anciens ateliers SNCF
Du 21 décembre au 6 janvier 2025, le Grand huit est de retour à Rennes à l’occasion des vacances de Noël. Il ouvre de nouveau ses portes au public qui devrait venir en nombre vivre une expérience festive et familiale dans le monde magique des arts forains.
A cinq minutes à pied de la gare de Rennes, c’est un lieu hors du temps qui attend les visiteurs à l’occasion des vacances de Noël. Baptisé le Grand Huit, ce tiers-lieu se veut un conservatoire du monde forain. Derrière ce projet urbain, nous retrouvons la passion sans borne de Régis Masclet, qui collectionne depuis des années tout ce qui touche au monde forain. Après une carrière dans la publicité celui que l’on surnomme « Monsieur manèges » a restauré une vingtaine d’attractions avant d’exploiter les siennes.
Il se définit lui-même comme « tourneur de manèges ». Ses enfants, Thibault et Adrien, qui ont visiblement hérité de cette passion, ont rejoint en 2009 leur père dans l’aventure. C’est à lui que l’on doit la création de ce conservatoire de manèges et d’arts forains installé dans un ancien technicentre de la SNCF. Cette friche industrielle est chargée d’histoire. Mécaniciens, métaliers, soudeurs, électrotechniciens, dépanneurs, peintres, tapissiers… Pendant plus de 150 ans, jusqu’à 1 400 ouvriers ont entre- tenu, entre ces murs, le matériel roulant. Situés dans le quartier Sud-Gare à Rennes, les anciens ateliers SNCF, nommé technicentre Pierre-Martin, s’élevaient à 700 mètres au sud-est de la gare. Aujourd’hui, ils ne voient plus passer de trains dans ses installations, l’acti- vité ferroviaire ayant déménagé. La métropole a lancé un vaste projet baptisé EuroRennes afin de redynamiser le quartier de la gare qui intègre cet espace de sept hectares.
Depuis le printemps 2024, le Grand Huit a posé ses valises sur le site industriel et accueilli pour la première fois des visi- teurs. Depuis cette date, il ouvre ses portes régulièrement entre deux phases de travaux. Ainsi, durant tout l’été, des concerts, des spectacles, des ateliers et même un Fest Noz y ont été organisés. A l’occasion des vacances de Noël, le Grand Huit revient à Rennes! Avec ses manèges rétro, ses concerts, sa musique mécanique et ses offres de restauration pour les gourmands, le Grand Huit de- vrait attirer de nombreux visiteurs venus profiter d’une ambiance hors du temps et festive. Le site de l’ancien technicentre se dé- ploie sur quatre grandes halles. C’est dans cet espace d’un hectare, que la famille Masclet a élaboré son lieu dédié aux arts forains. Rendez-vous donc dans ce haut lieu de l’histoire ferroviaire de Rennes et de sa région pour célébrer Noël dans l’ambiance magique des fêtes foraines d’autrefois.
Informations pratiques : Le Grand Huit. 22 rue Pierre Martin, Pavillons de la Gare Sud 35000 Rennes. Plus d’infos sur : https://legrandhuit-rennes.fr/