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  • Grande-Bretagne. Alstom expose 50 trains pour les 200 ans du rail

    Grande-Bretagne. Alstom expose 50 trains pour les 200 ans du rail

    Propriété d’Alstom, la plus ancienne usine ferroviaire de Grande-Bretagne exposera plus de 50 modèles de trains qui retraceront l’évolution technologique du matériel roulant. Un évènement qui se déroule dans le cadre des festivités du bicentenaire du chemin de fer moderne.

    Les amateurs britanniques de patrimoine ferroviaire historique en rêvaient… Alstom l’a fait. Du 1er au 3 août 2025, le site historique Litchurch Lane à Derby, dans le centre de l’Angleterre, aujourd’hui propriété du groupe français, ouvrira ses portes au public pour la première fois depuis plus de 50 ans. Baptisé « The Great Gathering » (Le grand rassemblement), ce rendez-vous prend place dans le cycle du 200e anniversaire du premier voyage en train à vapeur de l’histoire.

    En effet, la Grande-Bretagne célèbre cette année un évènement considérable dans l’histoire du pays et qui a contribué à lancer la révolution industrielle. Le 27 septembre 1825, la « Locomotion n° 1 » inventée par Stephenson tracte avec succès les tout premiers voyageurs de Stockton à Darlington. Le jour de l’inauguration de cette ligne de chemin de fer marque le début de la grande aventure du rail. Une série d’animations et d’événements a été programmée tout au long de l’année 2025 un peu partout dans le pays. Circulations historiques, expositions, conférences, émission d’une pièce commémorative ou encore concours de photos ou de dessins : ces célébrations mettront en lumière les nombreuses facettes du transport ferroviaire.

    Une des plus grandes usines ferroviaires du monde

    Fondée au milieu du XIXe siècle par la Midland Railway, l’usine de Litchurch Lane a initialement produit des matériels roulants pour le réseau ferroviaire britannique. Au fil des décennies, l’usine a connu plusieurs changements de propriétaires et de noms, reflétant l’évolution de l’industrie ferroviaire. Elle a notamment été exploitée par British Rail Engineering Limited (BREL), puis par Bombardier Transportation, et est actuellement détenue par Alstom. L’usine ferroviaire est l’une des plus grandes du monde.

    Parmi les matériels exposés à l’occasion de ce « Great Gathering », citons la célèbre LNER Classe A4 (60007) construite en 1937. Elle a été surnommée « Sir Nigel Gresley » en l’honneur célèbre ingénieur britannique qui l’a conçue. Cette locomotive a été restaurée par le Sir Gresley Trust.

    Autre pièce de collection importante la Classe Marine Marchande (35018) « British India Line » a été construite en 1945 la Southern Railway. Cette locomotive à vapeur a pris sa retraite en août 1964. En 2017, elle a été entièrement restaurée.

    Les visiteurs pourront également admirer, la Classe 37 surnommée « Cassiopeia » propriété d’Europhoenix et exploitée par Rail Operations Group Connue à l’origine sous le nom d’English Electric Type 3, la British Rail Class 37 est une locomotive diesel-électrique commandée dans le cadre du plan de modernisation de British Rail de la fin des années 1950 et livrée entre 1960 et 1965. Plus de 300 locomotives ont été construites par English Electric à Vulcan Foundry et Robert, Stephenson & Hawthorns à Darlington Plus récente, la Classe 390 Pendolino (390016 – maintenant renuméroté 390200 pour Railway 200), construit en 2002. Ce train électrique de passagers à grande vitesse exploité par Avanti West Coast a été commandé par Virgin en 1999, à Alstom et Fiat Ferroviara. Ces automotrices électriques pendulaires à neuf caisses ont récemment bénéficié d’une importante modernisation.

    Parmi les dernières nées, une Class 720 Aventra (720503), construite en 2024 à Derby Litchurch Lane. Cette automotrice électrique (EMU) a été commandée à Bombardier Transport par Greater Anglia, en septembre 2016. Ces matériels sont entre autres équipés d’un chauffage par le sol, de la climatisation, du Wifi gratuit et de prises USB. Tout le confort ferroviaire moderne.

    Informations et tickets : https://www.alstom.com/greatest-gathering

  • Patrimoine. A Bordeaux, le château d’eau de la Compagnie du Midi, témoin d’un riche passé ferroviaire et industriel

    Patrimoine. A Bordeaux, le château d’eau de la Compagnie du Midi, témoin d’un riche passé ferroviaire et industriel

    Vestiges d’un riche passé industriel à Bordeaux, les citernes qui servaient autrefois à alimenter les chaudières des locomotives à vapeur de la Compagnie du Midi ont été conservées et restaurées afin d’être intégrées dans le quartier Saint-Germain, un secteur totalement réaménagé.

    A Bordeaux, dans le quartier Saint-Germain, la rumeur métallique faite de trépidations et de vibrations des machines-outils a fait place au silence. Les ateliers ferroviaires qui ont employé jusqu’à 1 700 ouvriers et ont rythmé naguère la vie de tout un quartier ont fermé en 1994. Les 35 hectares ont été laissés à l’abandon, avant que l’établissement public d’aménagement Bordeaux-Euratlantique ne l’intègre dans son périmètre. Aujourd’hui, les immeubles abritant logements, bureaux, commerces et services ont remplacé les herbes folles. Un symbole fort s’avérait toutefois nécessaire pour préserver l’héritage historique et illustrer le riche passé des lieux. Témoin majeur, le château d’eau, baptisé « Les Citernes », sauvé de la destruction par la volonté et la détermination d’Yves Baillot d’Estivaux, défenseur du patrimoine industriel qui a présenté celui-ci au concours de la Fondation de France et remporté le premier prix. Sauvé de la démolition, puis classé monument historique en 2018, ce joyau a été réhabilité et a été inauguré, le 16 octobre 2024, au coeur d’un quartier désormais piétonnier et hyperconnecté.

    Un ensemble construit en 1855

    Haut de 15 mètres, long de 18, large de 6, ce monument en pierre de taille et moellons est surmonté de quatre arcs en plein cintre. Il supporte quatre réservoirs cylindriques en métal, équipés d’une règle graduée et d’un contrepoids. Ils mesurent 5 mètres de haut et autant de diamètre. Pour Laurent Chavier, historien de l’art, « les arches de cet ensemble de 18 mètres de haut, soit la hauteur d’une maison de quatre étages, sont semblables aux arches de l’arc de Germanicus de Saintes datant du Ier siècle ». Delphine Gramaglia, architecte du patrimoine, est satisfaite du travail accompli. « Après avoir ôté le plomb des cuves qui ont été désamiantées, nous avons redécouvert les couleurs originelles : ce n’était pas du tout du blanc mais un bel ocre rouge. Restait la maçonnerie qui avait besoin d’une bonne restauration. »

    Construit en 1855 par la Compagnie du Midi, ancêtre de la SNCF, cet ensemble monumental servait à alimenter en eau les trente-deux locomotives à vapeur de la rotonde placée à ses pieds. Trente ans plus tard, un dépôt plus grand étant construit plus au sud, le château d’eau a servi pour l’usine d’électricité et de vapeur permettant d’assurer l’éclairage de la gare et de ses annexes, jusqu’à sa disparition au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Depuis, elles servaient à d’éventuelles interventions des pompiers. Pour Maryline Chamard, cheffe de projet à Bordeaux-Euratlantique, « Notre rôle a consisté à valoriser un riche passé ferroviaire en l’insérant dans un environnement moderne. Après les diagnostics d’usage, l’ensemble a été jugé très bon. Il a été rebaptisé pour la circonstance du nom évocateur de citernes. »

    Place des Citernes, promenade des Cheminots, rue des Ateliers…

    L’agence Architecture Patrimoine a réalisé, avec l’aide des élèves du lycée Belcier, six grands panneaux en tôle émaillée racontant l’histoire des lieux et du monument majestueux. Installés sous les arches, ils interpellent les curieux venus déambuler sur la vaste « place des Citernes ». Les rues adjacentes portent toutes des noms évocateurs : rue de la Compagnie du Midi, promenade des Cheminots, rue des Ateliers. Plus à l’est, il existe même une rue des Forges, pour rappeler qu’au sein des ateliers ferroviaires, un forgeron travaillait les métaux au feu et au marteau.

    L’atelier des citernes, tel est son nom, témoigne lui aussi de la mémoire industrielle. L’ancien bâtiment électrique en briques a reçu un revêtement de couleur identique. Il accueillit des comptoirs culinaires et, à l’étage, des espaces associatifs. Exit les coups de sifflet stridents des 141 R et autres 231 G… Par-delà la rue des Cheminots parviennent désormais les klaxons des locomotives modernes, le crissement de freins des trains rentrant au Technicentre SNCF tout proche, le roulement de ceux en partance pour les Pyrénées. Tandis que des espaces de verdure ont été créés entre les blocs de béton. Telle est la nouvelle dynamique du quartier Saint-Germain, qui, depuis le 8 novembre, accueille un marché hebdomadaire à ciel ouvert sur la place des Citernes

  • Guerre en Ukraine, des trains sur le front

    Guerre en Ukraine, des trains sur le front

    « Je dormais tranquillement, comme tout le monde, comme tous les habitants de Kharkiv. Tout le monde dormait dans la nuit du 23 au 24. Et c’est comme ça, ce matin-là, la guerre est entrée dans nos vies et y reste à ce jour.  » Ce sont par ces mots que s’ouvrent le documentaire signé par Lucas Manget et l’écrivain Emmanuel Carrère. Nous sommes à bord d’un train des UkrZaliznytsya (UZ), la compagnie ferroviaire ukrainienne.

    Dans ce nouvel épisode de la huitième saison de l’émission 25 nuances de doc qui met en avant sur France 2 les productions du cinéma documentaire, nous découvrons la guerre vue du train.

    Depuis le début du conflit avec la Russie en 2014, et plus intensément depuis l’invasion à grande échelle de 2022, le réseau ferroviaire ukrainien a été soumis à des défis majeurs. Malgré ces difficultés, les trains ont toujours circulé. Ukrzaliznytsia a réussi à évacuer des millions de personnes des zones de conflit et à transporter des tonnes d’aide humanitaire, démontrant ainsi sa résilience et son importance stratégique pour le pays.

    Principal employeur du pays, la compagnie ferroviaire gère le sixième plus grand réseau ferré de transport de voyageurs du monde.

    Emmanuel Carrère a réalisé plusieurs voyages dans le pays depuis le début de la guerre et a donc forcément pris le train, le ciel n’appartenant qu’aux drones et aux avions militaires.

    A bord de ces trains ukrainiens, l’écrivain français a rencontré des voyageurs et des cheminots. Ils se nomment Artiom, Olga, Lena, Sammy, Edik, Alyona ou encore Andriy, surnommé « Pitbull » sur le champ de bataille… Certains sont des civils, d’autres des militaires, mais ils ont tous en commun la peur, l’inquiétude et l’absence d’espoir devant une guerre qui semble ne jamais devoir s’arrêter.

    Dans la gare de Kiev, la plus importante du pays, tous les jours à 09h00, la foule se fige pour accomplir une minute de silence à la mémoire des victimes de la guerre. Une minute qui s’achève par ces simples mots : « Gloire à l’Ukraine, gloire aux héros ». Sous les ors de la salle d’attente, Artiom se confie. Le soldat parle de la difficulté de garder le contact avec ses proches – sa femme est réfugiée en Pologne. Il témoigne également de l’amertume qui habite parfois les soldats quand il découvre la vie à l’arrière du front. Dans le train Kiev – Kramatorsk, une cheminote explique qu’elle peut voir la différence entre les soldats qui viennent de Kiev et ceux partis de Kramatorsk, ville située au plus près de la ligne de front dans la région du Donbass. « C’est le comportement, l’émotion, l’humeur » qui diffèrent.

    Dans la gare de Kramatorsk, l’inquiétude est palpable. Comme l’explique la cheminote, ce site ferroviaire a subi une terrible attaque en avril 2022. Alors que de nombreux réfugiés fuyant l’est de l’Ukraine y attendaient un train d’évacuation vers les zones contrôlées par les forces ukrainiennes, la gare de Kramatorsk a été touchée à 10 h 30 par un missile à courte portée Totchka-U. Une attaque attribuée à l’armée russe. Le bilan fait état de 52 victimes et plus de 100 blessés. Aujourd’hui, la gare de Kramatorsk est toujours en service. Elle constitue la porte d’entrée sur le Donbass et sur le front. Les adieux qui se déroulent ici sont plus lourds, plus déchirants. L’armée russe continue à grignoter Rectificatif lentement, mais sûrement de nou- veaux territoires. Ukrzaliznytsia doit toujours mettre en place de nouveaux trains de réfugiés. A bord d’un train à destination de Dnipro, une blague ar- rache un sourire amer : « Si vous vous voulez faire rire Dieu, racontez-lui vos projets pour demain. »

    Mardi 4 mars à 23h35 sur France 2.
    25 nuances de doc – Des trains dans la guerre d’Emmanuel Carrère et Lucas Menget.
    Particules Docs avec la participation de France Télévisions et LCP Assemblée nationale.

  • Patrimoine. L’autorail du Général de Gaulle de retour à Mulhouse

    Patrimoine. L’autorail du Général de Gaulle de retour à Mulhouse

    Le retour à Mulhouse de l’autorail présidentiel autrefois utilisé notamment par Charles de Gaulle, alors président de la République, a eu lieu sans encombre début janvier. Transfert réussi !

    Construit en 1936-1937 à Reichshoffen (Bas-Rhin) dans les usines De Dietrich, l’autorail X 42511 n’est pas un train comme les autres. Destiné aux voyages de la Présidence de la République, il a transporté entre autres hommes d’Etat Vincent Auriol, René Coty, et surtout Charles de Gaulle pour rejoindre, depuis Paris, Barsur- Aube et se rendre à Colombey-les- Deux-Églises…

    Après avoir été accueilli dans plusieurs lieux successifs, l’autorail a été rapatrié à Mulhouse, le 8 janvier dernier à la Cité du Train-Patrimoine SNCF, son propriétaire. « Ce train possède une valeur patrimoniale à au moins trois titres. Tout d’abord, il est l’un des quatre derniers autorails De Dietrich encore conservés aujourd’hui : le nôtre, un autre au Luxembourg, un autre encore dans le Pays de Bitche, et enfin le dernier au Train Thur Doller Alsace à Cernay », explique Anne Bourguignon, chargée de mission Conservation à la Cité. « Ensuite, c’est un témoignage du savoir- faire alsacien en matière de production d’autorails des années 1930, à l’initiative de Dominique De Dietrich. Enfin, il s’inscrit dans l’histoire de France puisqu’il a été utilisé par des personnages éminents de la République dont plusieurs présidents, ainsi que dans le cadre de déplacements officiels. »

    Repeint aux couleurs de Coca-Cola !

    L’histoire du X 42511 est un vrai feuilleton, jugez plutôt. « Il a d’abord circulé sur le réseau de l’Etat pour assurer du transport de voyageurs. Il a ensuite été transformé en autorail de commandement avec un nouvel aménagement intérieur : une partie cuisine avec salle à manger pour 12 personnes, une chambre-bureau à un lit, trois cabines couchettes simple et une cabine couchettes double pour le personnel de conduite ou d’accompagnement. Le premier voyage de Charles de Gaulle à son bord date de décembre 1944 pour un trajet de Paris à Lyon », détaille Anne Bourguignon.

    Ensuite il a servi, avec l’autorail XS 42514, pour des voyages présidentiels ou officiels pour, par exemple, le général Pierre Koenig, qui fut gouverneur militaire de Paris et ministre de la Défense. Radié en 1974, il a été racheté par la firme Coca-Cola pour servir de salon VIP où recevoir des clients. Il avait alors été repeint aux couleurs de la marque du célèbre soda, rouge et blanc. Par la suite, l’entreprise en a fait don à la Cité du train en 1996. « A partir de 2003, l’autorail a été exposé à Laon dans l’Aisne, dans la cour de l’entreprise Noirot, fabricant de systèmes de chauffage et dont le propriétaire, René Teurquetil, était un passionné de ferroviaire », reprend Anne Bourguignon.

    Ce dépôt pour présentation à Laon résultait de l’initiative de l’association De Dietrich et du “pape des autorails” Yves Broncard, auteur bien connu des lecteurs de La Vie du Rail et de Rail Passion. « Il s’agit bien d’un rapatriement vers le musée, car l’autorail est présent dans les collections depuis le milieu des années 1990 », précise Anne Bourguignon. Le transfert effectué le 8 janvier dernier a été permis grâce un partenariat entre le musée, le Chemin de fer touristique du Vermandois (à Saint-Quentin dans l’Aisne) et l’association De Dietrich, « cette dernière ayant pour but de préserver et de valoriser les productions et le patrimoine de la marque De Dietrich. »

    A son arrivée à la Cité le mois dernier et après avoir subi un rapide nettoyage, l’autorail a rejoint les voies de réserves extérieures du musée. « Pour le moment, les visiteurs ne peuvent donc le voir que de très loin ! Il doit bénéficier d’une remise en état dans un premier temps avant tout projet de valorisation future dans les collections du musée », annonce Anne Bourguignon.

  • New York. Le chocolatier français Jacques Torres rend hommage à la MTA

    New York. Le chocolatier français Jacques Torres rend hommage à la MTA

    L’un des plus célèbres chocolatiers de New York est français. Jacques Torres dirige six boutiques dans la Grande pomme. A l’occasion du 25e anniversaire de ses premières créations gourmandes aux Etats-Unis, il a décidé de rendre hommage à la ville qui l’a accueilli et à son réseau de transport public géré par la MTA.

    La Metropolitan Transportation Authority (MTA), le gestionnaire des transports publics de New York, a annoncé le 4 février dernier l’ouverture de deux nouvelles adresses dans le « Dining Concourse », le hall des restaurants, de Grand Central Terminal (GCT). L’un propose des plats réconfortants et l’autre une cuisine toute en fraîcheur du Moyen-Orient. Les restaurants récemment ouverts s’ajoutent à la multitude de choix de restauration ayant élu domicile dans la célèbre gare, qui accueille les trains du Metro-North Railroad et, depuis 2023, ceux du Long Island Rail Road (LIRR) dans sa station souterraine Central Madison.

    A l’occasion de cet évènement, le chocolatier français Jacques Torres était présent. Il est reconnaissable à son col bleu, blanc, rouge. Un col que seuls les Meilleurs ouvriers de France (MOF) peuvent arborer. Lorsqu’il décroche en 1986 ce précieux sésame dans la catégorie Pâtisserie, il est, du haut de ses 26 ans, le plus jeune pâtissier à l’obtenir. Il traverse l’Atlantique deux ans après pour vivre son rêve américain. En 2000, il succombe à sa passion du chocolat et délaisse la pâtisserie pour la chocolaterie. Contrairement à ce qui se fait d’habitude aux Etats-Unis, il travaille à partir des fèves de cacao, un produit brut qu’il sublime par son talent. Le succès est immédiat.

    Basé à New York depuis plusieurs années, il est aujourd’hui à la tête de six établissements. Le natif du Var a remporté plusieurs prix prestigieux dont, à deux reprises, le prix de la fondation James Beard, celui du meilleur pâtissier en 1994, puis en 2003 dans la catégorie « Who is who food and beverage » qui recense les figures incontournables de la gastronomie aux Etats-Unis. En France, les amateurs de concours culinaires télévisés l’ont peut-être découvert dans l’émission américaine Nailed It !, diffusée sur Netflix, où il officie dans le jury (Une version française existe également sous le nom C’est du gâteau !).

    « Mr Chocolate » (son surnom aux Etats-Unis) célèbre le 25e anniversaire de sa première boutique new-yorkaise, ouverte à Brooklyn, avec une boîte de chocolats spéciale « Fall in Love with New York » en édition limitée (seule- ment 300 exemplaires sont en cours de fabrication). À l’intérieur, des choco- lats artisanaux mettent en vedette les lignes de métro et les lieux embléma- tiques de New York, ainsi que certaines créations signatures du maitre-choco- latier. Jacques Torres s’est associé éga- lement au MTA pour créer une véritable sculpture en chocolat, inspi- rée du réseau new-yorkais, qui sera ex- posée dans la vitrine de sa boutique installée dans le Lexington Passage, au cœur de la gare.

    Jacques Torres a rendu hommage au gestionnaire des transports : « Je suis ravi de célébrer 25 ans de création et de fabrication de chocolats pour mes compatriotes new-yorkais. Il n’y a rien de plus New York que le MTA. Ils sont le cœur de notre ville. Je voulais mettre cela en valeur avec cette boîte de chocolats collaborative amusante et savoureuse. »

  • Roman. Quand un chantier ferroviaire déraille

    Roman. Quand un chantier ferroviaire déraille

    Quand en janvier 2020 Paul Carter arrive au Dry River Café & Resort, un établissement perdu dans le désert californien, il apporte avec lui l’espoir. Engagé pour conduire le chantier de réhabilitation d’une ancienne ligne de chemin de fer, il dirige une équipe d’ouvriers mexicains. Une aubaine : « Avec ce chantier, il a décroché le gros lot. Faire partie de l’histoire, rafler la mise à la fin des travaux et passer l’hiver sur son terrain de jeu favori. Une vraie bénédiction. » Dans cette communauté de marginaux et de solitaires, son arrivée est vécue comme une bouffée d’air frais. Les clients du bar boivent ses paroles et ses promesses de développement pour ce coin désoeuvré de Californie. Tous sauf J.B., un Français taciturne qui se méfie du bagout de l’entrepreneur américain.

    En parallèle, le lecteur découvre le carnet de voyage de Stéphanie, une jeune française qui a traversé l’Atlantique et qui note sur ces pages le récit de ce voyage initiatique. Véritable monument ferroviaire, le Pont à tréteaux de Goat Canyon doit devenir la principale attraction de la région et pour Paul Carter, c’est ici que se concentrent tous les enjeux. Cet ouvrage d’art emblématique s’élève dans le désert d’Anza-Borrego, en Californie. Il fait partie de l’ancienne ligne ferroviaire San Diego & Arizona Eastern Railway, souvent surnommée le « chemin de fer impossible » en raison des nombreux défis techniques et géographiques rencontrés lors de sa construction.

    Son promoteur voulait relier San Diego à la ligne ferroviaire transcontinentale en passant par le Mexique. La construction a été extrêmement difficile en raison du terrain escarpé, des canyons profonds et des conditions climatiques hostiles. Un tunnel s’est effondré à cause d’un tremblement de terre en 1932. Pour contourner l’obstacle, un pont en bois massif a donc été construit l’année suivante au-dessus du Goat Canyon, devenant le plus grand pont ferroviaire en bois du monde (près de 200 mètres de long et 55 mètres de haut).

    Quand Paul découvre un cadavre dans le tunnel qui précède le célèbre pont, il panique et décide de s’en débarrasser. Pour lui, le plus important reste la poursuite du chantier. Peu importe les conséquences, la voie ferrée doit avancer. Mais J.B. ne l’entend pas de cette oreille et décide de percer le mystère…

    Corinne Cotereau, qui signe avec Providence Canyon son premier roman, vivait en Californie quand la crise du Covid a éclaté. Confinée loin de ses proches, elle a eu la bonne idée de se mettre à écrire. Elle a bien fait, ce premier livre est une réussite !

    Providence Canyon de Corinne Cotereau. Albin Michel. (2024). Prix : 19,90 euros.

  • Monde associatif. Le Clec et l’UAICF redoutent une baisse des subventions du CCGPF

    Monde associatif. Le Clec et l’UAICF redoutent une baisse des subventions du CCGPF

    Invitée par le Cercle littéraire des écrivains cheminots à Paris, l’Union artistique et intellectuelle des cheminots français a réaffirmé son soutien à l’association et à ses homologues alors que les subventions versées par le Comité central du groupe public ferroviaire seront peut-être revues à la baisse.

    On se battra pour que vive le Clec ! » C’est par ces mots que Stéphane Bloc, vice-président de l’Union artistique et intellectuelle des cheminots français (UAICF), invité à l’assemblée générale du Cercle littéraire des écrivains cheminots (Clec) le 1er février, au restaurant d’entreprise de Paris-Rive Gauche à Montparnasse, a conclu son intervention lors de la séance. En effet, les négociations budgétaires en cours, et plutôt tendues, entre le Comité central du Groupe public ferroviaire (CCGPF) et les sociétés d’agents (lire l’encadré), dont l’UAICF, s’annoncent sous l’auspice de l’austérité. La restructuration de la SNCF et l’ouverture à la concurrence n’y sont sans doute pas étrangères. Néanmoins, le vice-président de l’UAICF, au nom du bureau exécutif, a renouvelé son soutien au Clec et, plus généralement, réaffirmé la démarche volontaire « d’éducation populaire » qui fait le ciment de l’UAICF et de ses composantes. Rappelons que le Clec est reconnu par la Délégation générale de la langue française et aux langues de France (DGLFLF) comme association qui « oeuvre en faveur du renom de la langue ».

    Défendre la langue française face à l’envahissement anglo-saxon

    Les 85 adhérents du Clec présents ou représentés à l’assemblée générale ont approuvé le bilan de l’année écoulée, un bilan satisfaisant avec 324 adhérents, dont 28 nouvelles adhésions, au 31 décembre 2024 et une belle activité en faveur de la défense de la langue française… qui en a bien besoin face à la place croissante prise par la langue anglaise dans les médias et la publicité du vocabulaire anglo-saxon, de plus en plus présent dans la publicité et autres médias. La diffusion de la revue littéraire Le Nouveau Dévorant (quatre numéros par an) se poursuit vers 380 destinataires parmi lesquels plusieurs bibliothèques. A ce propos, le président Philippe Deniard regrette que certains Casi ne soient pas abonnés à la revue car s’ils l’étaient, cela aurait pour effet d’élargir significativement le lectorat de l’association. En plus de nouvelles, récits et poèmes, Le Nouveau Dévorant comporte des articles qui ont trait à la défense de la langue française et à son bon usage, et à la défense du chemin de fer. En complément de la revue, l’infolettre mensuelle, rédigée par Alain Naudet, est adressée à 300 internautes et le site (www.clec-asso.fr) est régulièrement mis à jour par André Bonnisseau. De plus, le Clec délivre des conseils à ses adhérents qui envisagent de faire éditer un ouvrage.

    Outre le concours annuel, « navire amiral » du Clec, et la revue trimestrielle, la vie de l’association est basée sur ses trois activités historiques : les neuf ateliers d’écriture parisiens, animés par les bénévoles au siège du Clec, rue de Château-Landon à Paris ; le club de lecture Clecture, animé par Marie-Christine Vacavant (quatre séances par an), qui permet d’échanger les impressions de lecture d’œuvres choisies par le groupe ; l’atelier d’écriture mensuel sur Internet, animé depuis plus de vingt ans par MireilleGras, qui offre à chacun la possibilité de compo- ser depuis chez soi des textes sur des thèmes donnés. Enfin, à l’occasion du Mois de la Poésie (chaque année en mars), André Bonnisseau a reconduit l’activité à distance “Les Acrostiches de printemps”, un jeu-concours d’écriture poétique. En 2024, le thème retenu était la grâce. Certains textes issus des différents ateliers du Clec sont publiés dans Le Nouveau Dévorant.

    Des conférences sur des auteurs, des sorties littéraires, des visites de lieux dédiés au français

    Aux côtés des activités régulières, le Clec propose des sorties littéraires et des confé- rences. L’une, le 29 février, sur la femme de lettres Marguerite Yourcenar (L’Œuvre au noir, Les Mémoires d’Hadrien) était ani- mée par Marc Mousli. Une autre, avec Michel Besnier le 29 novembre, présentait l’œuvre de l’écrivain, réalisateur et scéna- risteJeanVautrin,auteurentreautresde Billy-ze-Kick, Un grand pas vers le bon Dieu, Le Cri du peuple, Quatre soldats français. La dernière de l’année 2024, le 10 décembre, était intitulée Voyage entre poésie et espace avec l’Association des cheminots astronomes (lire LVDR n° 4018). Chacune de ces conférences a attiré une vingtaine de participants.

    Enfin, les adhérents ont profité de deux visites guidées, l’une à la bibliothèque Mazarine à Paris, le 3 octobre, pour découvrir plus particulièrement l’exposition « Écrire en français », proposée par l’Alliance française de Paris; la seconde visite a eu lieu le 17 octobre à la Cité internationale de la langue française, au cœur du château de Villers-Cotterêts dans l’Aisne, où en 1539, le roi de France François Ier imposa le français comme langue officielle dans les actes administratifs et juridiques.

    Contact : Cercle littéraire des écrivains cheminots (Clec), 9 rue de Château- Landon, 75010 Paris.
    Tél. : 01 83 92 65 99 (répondeur). Permanences le jeudi (sauf jours fériés) de 10h à 12h30 et de 13h30 à 16h. Courriel : [email protected]

  • Semur-en-Vallon. Un Muséotrain en pleine campagne

    Semur-en-Vallon. Un Muséotrain en pleine campagne

    La Compagnie du chemin de fer de Semur- en-Vallon (CFCSV) dans la Sarthe a dressé un bilan positif de la saison touristique, au terme de cinq mois d’activité. « Nous avons accueilli 7 500 visiteurs pendant la belle saison 2024. Il faut savoir que ces chiffres sont encourageants car notre Muséotrain et notre gare sont situés en pleine campagne, Semur étant un petit village éloigné des grandes villes », commente Christian Pottier, président de l’association du CCFSV, alors qu’avec les bénévoles, il préparait l’assemblée générale.

    Celle-ci aura lieu le 22 mars à 17h à la salle des fêtes de Semur, place de l’Ecole. « Les personnes qui souhaiteraient s’informer sur nos activités, adhérer à l’association ou proposer de rejoindre nos bénévoles seront les bienvenues », précise-t-il, « sachant que la cotisation, c’est un don en mécénat de 50 € (au minimum) qui donne d’office droit à une réduction fiscale de 33 € (donc, reste à charge de 17 €) et dans ce cas, l’adhésion est offerte. » Autre option, en travaillant pour l’association au minimum cinq jours dans l’année (accueil, visites guidées, logistique, animations…), on bénéficie d’un montant réduit à 10 € par personne, « mais rien n’interdit à la place de faire le don de 50 € ! », glisse Christian Pottier.

    Contact : Muséotrain de Semur, La Gare,

    72390, Semur-en-Vallon. Christian Pottier,

    06 30 84 41 33, [email protected]

  • Arte. Le voyage ferroviaire secret d’Abraham Lincoln

    Arte. Le voyage ferroviaire secret d’Abraham Lincoln

    L’émission d’Arte Invitation au voyage revient sur l’investiture mouvementée d’Abraham Lincoln. Alors récemment élu, il doit parcourir en train le trajet de son domicile à la capitale Washington DC, où il doit être investi Président des Etats-Unis et participer à la cérémonie du serment. La tension politique dans le pays est à son comble entre le camp sécessionniste et celui de l’Union.

    En 1861, un projet d’assassinat du nouveau président – le complot de Baltimore – parvient aux oreilles d’un cadre d’une compagnie de chemin de fer. Sans avoir d’informations précises, il décide de faire appel au célèbre détective Allan Pinkerton, fondateur de l’agence de détectives Pinkerton, afin de s’assurer que les trains et les infrastructures de la compagnie ne subissent pas d’attentat. Plusieurs États avaient déjà fait sécession dont la Virginie. C’est pourquoi Lincoln a dû se rendre à Washington DC, en passant par le Maryland – un État esclavagiste. Baltimore est alors une ville résolument hostile à l’Union et au nouveau président.

    Première femme détective aux États-Unis, Kate Warne est embauchée par l’agence Pinkerton en 1856. Ancienne actrice, elle se fait passer avec brio pour une membre de la haute société sécessionniste. Elle se lie d’amitié avec les filles et les femmes des conspirateurs et recueille des informations précises confirmant le projet d’attentat. Le plan consiste à créer du désordre dans la gare de Baltimore, afin d’attirer les policiers et d’attaquer Lincoln alors qu’il change de train.

    Grâce aux renseignements de Warne, Pinkerton et son équipe ont organisé un voyage secret pour le président élu. Lincoln a quitté Harrisburg en avance et a voyagé incognito dans un train de nuit, déguisé en simple passager avec un bonnet et un châle, délaissant son célèbre chapeau haut de forme. Warne a réservé deux places dans le wagon-lit, une pour elle, l’autre pour son frère handicapé… L’Histoire a pourtant longtemps occulté le rôle de la jeune femme. Quand en 1951, le cinéaste Anthony Mann sort Le grand attentat, c’est un policier new-yorkais, John Kennedy, qui parvient à faire échouer la tentative d’assassinat. Si le personnage a bien existé, son rôle est resté mineur dans cette affaire. Bientôt, cette invisibilisation injuste sera réparée. Un film sur la vie de Kate Warne est en cours de production, avec Emily Blunt dans le rôle de la première détective des Etats-Unis. Il doit sortir prochainement sur la plateforme Amazon Prime Video…

  • Concours. Alexis Michalik, président du jury du Grand Prix Poésie RATP

    Concours. Alexis Michalik, président du jury du Grand Prix Poésie RATP

    La RATP lance son traditionnel concours de poésie, dont la 11e édition mobilisera les talents du 12 mars au 15 avril. Le dramaturge et cinéaste Alexis Michalik, figure centrale du théâtre actuel français, récompensé de cinq Molières pour ses différentes oeuvres, a été choisi pour diriger les débats du jury du Grand Prix Poésie RATP 2025.

    Il rejoint ainsi la prestigieuse confrérie des anciens présidents du jury de ce concours : Zabou Breitman, Augustin Trapenard, Jeanne Cherhal ou encore Amélie Nothomb, présidente du jury de la précédente édition.

    Trois catégories sont ouvertes : « Enfants » pour les moins de 12 ans, « Jeunes » pour les moins de 18 ans et « Adultes » pour les plus de 18 ans.

    Alexis Michalik s’est lui-même prêté à l’exercice : « Assis sur son séant, à moitié endormi, / On n’entend que le rythme et les bruits du métro. / Le nez sur son écran, banale anesthésie, / On n’aurait pas idée de regarder plus haut. / C’est dommage pourtant, plus haut seront inscrits / quelques mots, quelques rimes, quelques lignes, quelques voeux… / Ces mots seront les vôtres, un peu de poésie / pour bercer de rêveries ceux qui lèvent les yeux. »

    Deux formats de poème peuvent être présentés. Le format court ne dépassera pas quatre lignes, tandis que le long pourra se déployer jusqu’à quatorze lignes. Les 11 lauréats récompensés verront leur poème affiché sur l’ensemble du réseau Ile-de-France Mobilités opéré́ par la RATP durant les deux mois d’été et toucheront ainsi des millions de lecteurs. Les internautes pourront sélectionner leur poème favori parmi les 30 choisis par le jury en votant sur le site et décerner ainsi le Grand Prix Voyageurs.

    Si vous voulez soumettre vos élans poétiques à la lecture du jury, vous pouvez les envoyer jusqu’au 15 avril sur le site dédié. L’année dernière, la 10e édition du concours a mobilisé 12 000 poètes amateurs de tous les âges. Pour parvenir à séduire les membres du jury, souvenez-vous de ce conseil de l’écrivain tchèque Milan Kundera : « La vocation de la poésie n’est pas de nous éblouir par une idée surprenante, mais de faire qu’un instant de l’être devienne inoubliable et digne d’une insoutenable nostalgie. » A vos plumes… prêts… écrivez !