Votre panier est actuellement vide !
Blog

Grande-Bretagne. Les 200 ans de la naissance du rail au Locomotion Museum
La Grande-Bretagne célèbre cette année les 200 ans du premier trajet ferroviaire moderne. Le Shildon Locomotion Museum vient d’annoncer un riche programme à cette occasion.
Situé dans le Comté de Durham, dans le nord-est de l’Angleterre, à Shildon, le Locomotion Museum préserve depuis sa création en 2004 tout un pan de l’histoire ferroviaire du Royaume-Uni.
Le premier voyage ferroviaire de l’ère de la vapeur a eu lieu sur la ligne Stockton and Darlington Railway le 27 septembre 1825 quand la Locomotion N° 1 créée par George et Robert Stephenson parvenait à tracter les premières voitures chargées de voyageurs, en accomplissant en deux heures le trajet parcourant les 19 kilomètres de la ligne de chemin de fer. Shildon était alors son terminus. Cette ligne, dont une section est toujours utilisée, passe tout près du musée ferroviaire.
C’est donc en toute logique qu’elle est mise en avant par le musée dans le cadre des festivités du bicentenaire qui rythment toute l’année 2025 par des évènements et des animations dans tout le pays.
Festival international
Le musée est ainsi partenaire du S&DR 200. Ce festival international se déroule pendant neuf mois, de mars à novembre 2025, dans le comté de Durham et dans la vallée de la Tees. On y célèbre ce 200e anniversaire avec une série de spectacles gratuits, d’événements et d’expositions. Les bibliothèques et les musées de la région se mobilisent pour l’occasion, à l’instar du musée ferroviaire de Shildon.
Une nouvelle exposition, Railway Firsts, a été inaugurée en février dernier. Elle met en lumière les jalons importants qui ont façonné les chemins de fer et l’histoire de la Grande-Bretagne à travers des expositions éphémères. L’occasion de découvrir des grandes « premières » de l’industrie ferroviaires, des plus célèbres aux plus inattendues et même les toutes premières toilettes de train fixes au monde ! Depuis le 8 avril, une statue de Robert Stephenson signée de l’artiste italien Carlo Marochetti, propriété de Network Rail, le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire britannique, est installée au musée. Une façon de rendre hommage à l’ingénieur pionnier du chemin de fer. Installée initialement devant la gare Euston de Londres de 1871 à 2020, l’oeuvre d’art a ensuite été restaurée dans son état d’origine.
Expo Jeune photographe ferroviaire
De juin à décembre, l’exposition Jeune photographe ferroviaire de l’année sera présentée au public. L’occasion de découvrir les oeuvres des jeunes talents qui ont remporté le concours de photographie ferroviaire organisé par la Railway Photographic Society, une association britannique de photographes ferroviaires créée en 1922.
Le festival d’été de Locomotion revient cette année du 19 juillet au 31 août, avec des manèges à vapeur, une plage éphémère et, en vedette, la présence de la mythique Flying Scotsman du 26 juillet au 25 août.
Reconstitution du premier voyage de passagers
Les 26, 27 et 28 septembre aura lieu une reconstitution du premier voyage de passagers. Une réplique récemment rénovée de la Locomotion n°1 circulera sur la section originale de la ligne. Enfin, le train qui accueille l’exposition itinérante Railway 200, Inspiration, sera stationné chez Locomotion du 20 septembre au 1er octobre. Ce train spécial voyagera dans toute la Grande-Bretagne, marquant 60 étapes au fil de sa tournée à partir du 27 juin. Il proposera aux visiteurs trois espaces d’exposition. Le premier sera consacré à l’histoire des évolutions technologiques du chemin de fer, le deuxième proposera des jeux et des animations pour comprendre l’ingénierie complexe du transport ferroviaire. Le troisième espace présentera les différents métiers du rail et doit attirer les cheminots de demain.
Plus de renseignements : www.locomotion.org.uk/home

L’Amitram de nouveau victime d’un vol de cuivre
Triste découverte le 17 mars au matin par les bénévoles de l’association Amitram (Association du Musée international des transports métropolitains), la seule à exploiter une ligne de tramway touristique en France, entre Wambrechies et Marquette-lez-Lille, sur les bords de la Deûle, dans le Nord. La saison qui devait débuter ce mois-ci après deux ans d’interruption est tombée à l’eau. La raison ? Des câbles aériens en cuivre – environ 2 000 mètres – lui ont été volés dans la nuit du 16 au 17 mars.
C’était déjà arrivé il y a deux ans, ce qui avait causé l’arrêt de l’activité. Et cela fait une vingtaine de vols en l’espace de dix-sept ans… Inutile de vous dire que les membres de l’association sont plus que dépités. « Si ça continue, les bénévoles vont baisser les bras », a confié Bernard Leplat, vice-président, à Radio France. En effet, les nouvelles réparations nécessitent plusieurs centaines d’heures de travail – ce qui retarde la mise en service des tramways – et plusieurs dizaines de milliers d’euros. L’Amitram réfléchit à mettre en place un système d’alarme pour prévenir d’autres vols. Les bénévoles espèrent voir à nouveau le fameux tram rouler sur ses rails en juin prochain. En attendant, l’association a porté plainte. A. J.-L. Contact : Amitram, 03 59 50 74 49. www.amitram.fr

Perpignan-ville – Villefranche-de-Conflent, une ligne maudite
Suite au terrible accident de Millas, le 14 décembre 2017, la ligne entre Perpignan et Villefranche-de-Conflent dans les Pyrénées-Orientales a été fermée 1 068 jours, suite à un délai d’instruction inédit.
Le 24 juillet 2024, le TER entre en direction de Perpignan déraille à cause d’une coulée de boue. Il heurte et endommage un pont. Fait qui devrait en toute logique nécessiter quelques semaines seulement avant que la circulation ne soit rétablie. Sur cette ligne, ça ne se passe pas ainsi ! Pas de chance, le pont est propriété de la commune d’Eus, commune d’environ 350 habitants. Le conseil municipal de cette localité doit délibérer afin d’autoriser la démolition du pont pour que puissent commencer les travaux. Malheureusement rien ne sera simple. Le premier conseil municipal après l’accident est convoqué le 25 septembre, le quorum n’est pas atteint, les suivants sont sans effets car le sujet n’apparaît pas à l’ordre du jour. Il faudra attendre le 5 décembre 2024 soit près de 4 mois et demi pour obtenir une délibération sur le sujet, mais à laquelle est adjointe des réserves qui ne permettent toujours pas la démolition du pont car elle est conditionnée à la construction d’un nouvel ouvrage desservant trois riverains.
Une alternative est mise en place pour desservir les propriétés concernées, mais la commune d’Eus et les riverains provoquent un blocage. Les nombreuses réunions à la sous-préfecture de Prades s’avèrent infructueuses.
De son côté l’association des usagers Train en Têt, multiplie les démarches et organise une manifestation sur un rond-point à l’entrée de Prades, le 9 novembre. Rédige aussi une lettre ouverte au maire d’Eus et assiste en nombre à deux conseils municipaux. La remise en service de la ligne devrait être effective fin avril. Il se sera passé plus de 9 mois. En 7 ans et demi la ligne sera restée fermée en partie ou en totalité 4 ans et 9 mois. Si un évènement semblable se produisait sur la route RD66 (ex RN116) parallèle à la voie ferrée ou sur la ligne Perpignan-Narbonne, les délais seraient-ils aussi longs ? Comment une commune peut-elle avoir le pouvoir de bloquer le fonctionnement d’un service public de transport alors que la ligne est déclarée d’utilité publique et que les voies ferrées appartiennent à l’État ? Des questions aujourd’hui sans réponse. Pourtant la population a pu conserver sa ligne de train qui a connu ces dernières années une progression de fréquentation de + 66%.

Patrimoine. La collection s’agrandit à Oignies
D’acheminements en transferts, les collections de matériel historique du Centre de la mine et du chemin de fer à Oignies dans le Nord se sont bien étoffées au cours des derniers mois.
Trois locomotives électriques et un pont transbordeur : c’est la moisson récoltée par le Centre de la mine et du chemin de fer (CMCF) à Oignies dans le Nord, suite à la répartition de matériel roulant historique provenant de Mohon dans les Ardennes. « Pour nous, ça a été un trimestre de folie pour préparer la réception de ces machines sur notre site », résume Laurent Gosselin, vice-président du CMCF et responsable de l’atelier Restauration. Le CMCF avait déjà récupéré la BB 16745, arrivée en juin 2024 (lire LVDR n°3994). Elle a été rejointe par la CC 40109 et la BB 16113, parties de Mohon le 6 novembre au matin. « Ces deux locomotives ont été tractées par une équipe de la Cellule du matériel radié (CMR) SNCF jusqu’à la plateforme multimodale LDCT (Lille Dourges Terminal Conteneurs) de Dourges en fin d’après-midi. » SNCF Réseau ayant supprimé l’embranchement du CMCF au réseau ferré national (RFN), c’est par camion que les deux locomotives ont terminé leur parcours – cinq kilomètres – jusqu’à Oignies.

Devant la CC 40109, qui nécessite de gros travaux de carrosserie, Julien Defournier, Laurent
Gosselin, Jean-Michel Deledicq, Christophe Moronvalle, Richard Garus (avec casquette), Jean-Pierre et Eddy
Mangniers, Nicolas Tourber, Philippe Lefebvre (président-fondateur du CMCF), Lucien Blondeau (accroché
à la rambarde), les trois employés du transporteur routier Dick (en rouge), Nicolas Deldycke, Théo Lecourt,
Jean-Baptiste Raffin, Jean-Marie Minot, doyen du CMCF (et encyclopédie vivante des Houillières du Bassin
Nord-Pas-de-Calais !), Jean-Pascal Delbart © Laurent GosselinDes locomotives de 100 tonnes
Sur place, le transporteur belge Dick a effectué le transfert des deux machines, qui pèsent respectivement 109 et 90 tonnes, à l’aide d’une remorque conçue pour un chargement et déchargement sur rail, évitant ainsi l’utilisation de grue. « Avec la BB 16745, ces trois machines rentrent entièrement dans notre programme de sauvegarde ferroviaire, car ces engins ont circulé dans le Nord de la France. A titre d’exemple, la BB 16113, ex-BB16030 du dépôt de La Chapelle, a assuré les liaisons Paris – Lille », commente Laurent Gosselin.
Etape suivante ? « Protéger les machines des intempéries et du vandalisme », reprend le vice-président du CMCF. « La CC 40109 et la BB 16113 ont été remisées à l’abri dès leur arrivée, grâce au transfert au préalable de nos voitures ex-Transatlantiques vers un autre bâtiment du site mis à disposition par la ville de Oignies. » Ce bâtiment n’étant pas pour le moment raccordé au réseau ferré du site du CMCF, les transferts ont été effectués à l’aide d’un semi-remorque extensible.

La voiture
ex-Transatlantique de 1931 : c’est l’unique exemplaire existant dans cette livrée © Laurent GosselinRedonner aux machines
leur livrée de sortie d’atelier La BB 16113, en très bon état général pour une présentation muséographique, ne nécessite aucun travail de restauration. « Par contre, la CC40109 a été stockée de nombreuses années à l’extérieur et a subi les intempéries. Elle devra bénéficier d’un travail important de carrosserie et de peinture. Nous lui redonnerons sa livrée d’origine, celle de la sortie d’atelier. » Séduit par ce projet, le Crédit Agricole Hauts-de-France, via l’agence de Oignies, a subventionné le montant des travaux nécessaires à cette remise en état, soit 4 000 €, « un soutien inédit de la part de la banque », commente Laurent Gosselin.
La collection du CMCF s’agrandissant, l’association travaille avec les élus locaux sur un projet d’extension du site, afin d’améliorer la mise en valeur des engins restaurés. « Après avoir récupéré le pont tournant du dépôt de Plaine en 2005 et un pont secteur en 2023, il nous manquait un dernier élément de dépôt ferroviaire : un pont transbordeur. Après plusieurs mois de recherche pour trouver le modèle le mieux adapté, la SNCF nous a proposé en décembre 2024 de récupérer celui du dépôt de Toulouse, qui a récemment fermé ses portes. »
Mais pour compliquer l’affaire, le CMCF n’avait que jusqu’à début mars 2025 pour évacuer ce pont transbordeur – un engin de 25 mètres de long, 7,5 mètres de largeur et pesant 40 tonnes… – et trouver le financement du grutage et du transport, environ 22 000 €.
Un précieux pont transbordeur
Une équipe de quatre bénévoles du CMCF, aidée par quelques membres de l’association de l’AAATV-241P9, a démonté les passerelles latérales afin de réduire la largeur du pont, facilitant ainsi le transport. Et le 4 mars, le pont transbordeur a été extrait de la fosse à l’aide d’une grue de 200 tonnes, puis chargé sur une remorque extensible. Il a aussi fallu une grue de 50 tonnes et deux semi-remorques pour charger les rails et les différents accessoires devant rejoindre le site de Oignies. Ce fut fait le 6 mars, et le lendemain, après avoir parcouru plus de 1000 kilomètres, le convoi de 30 mètres de long transportant le pont transbordeur est arrivé à son tour au CMCF.
Là encore, une grue de grande puissance de levage (100 tonnes) a permis de le décharger. « Nous en avons profité pour déplacer le tender de notre Super Pacific 3.1280, qui était stocké depuis plusieurs années dans un autre bâtiment du site. Nous l’avons transféré vers l’atelier, où il bénéficiera d’une belle remise en peinture, le but étant de présenter au public l’ensemble locomotive + tender dans leur magnifique livrée chocolat d’origine, spécifique du réseau Nord », annonce Laurent Gosselin. Toujours avec la grue de 100 tonnes, les membres du CMCF ont également transféré à l’atelier le locotracteur Y2121, propriété du CMCF.
« Lui aussi doit être restauré et retrouver sa livrée d’origine, puis être remis en état de marche », explique le président du CMCF. Après tous ces transferts, parfaitment organisés et exécutés, et les chantiers de rénovation qui s’annoncent, les bénévoles du CMCF en ont pour plusieurs années de travail. Mais cela ne fait pas peur à ces passionnés de train. « Cela nous permettra de présenter de nouveaux éléments de patrimoine aux visiteurs, notamment lors des Journées du patrimoine de septembre », se réjouit Laurent Gosselin.
Contact : CMCF, 03 21 69 42 04. Centre Denis Papin, rue Emile Zola 62590 Oignies. www.cmcf-oignies.com

Belgique. Double anniversaire à Maldegem-Eeklo en mai prochain
Les 3 et 4 mai 2025, à travers son festival du train à vapeur, la gare-musée de Maldegem en Belgique fêtera un double anniversaire sur le thème des transports collectifs : 200 ans du chemin de fer dans le monde et 100 ans d’autobus en Belgique. En effet, c’est en 1825, que le premier train de voyageurs à vapeur au monde a circulé de Stockton à Darlington.
Des voitures de l’Orient-Express Pour célébrer ce fait historique, six locomotives, dont une Anglaise of course, seront mises en chauffe et couplées avec des voitures des années 1930 de l’Orient-Express dotées de sièges très confortables. Et comme c’est il y a 100 ans, à partir de 1925, que les premiers services de bus réguliers ont été organisés en Belgique, le festival présentera une quinzaine de bus rétros. On pourra même faire un tour à leur bord, grâce à la collaboration avec l’association Nostalbus, qui fera circuler ses véhicules historiques pour l’occasion sur le site.
Infrabel, le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire belge, sera également présent et présentera une locomotive diesel.
En plus des trains à vapeur, des activités seront proposées pour petits et grands : trains miniatures, trains Lego et une foire aux livres, DVD et jouets. Le public pourra également découvrir un chemin de fer à voie étroite avec des wagons ouverts. Des stands de restauration et de boissons permettront au public de profiter du festival depuis la terrasse.
Rappelons que la gare musée de Maldegem, située entre Bruges et Gand dans la région flamande, est reconnue Patrimoine ouvert par l’Agence flamande du Patrimoine depuis 2024.
Les 3 et 4 mai, de 10 h à 18 h. Gare Maldegem, Stationsplein 8, 9990 Maldegem.
Rens. : www.stoomtreinmalgegem.be Parking également à Eeklo : Gare SNCB, Koningin Astridplein 3, 9900 Eeklo.

Pacific Vapeur Club. Cap sur Le Tréport en avril
Une plongée en Seine-Maritime : c’est le voyage proposé le 26 avril par le Pacific Vapeur Club, association bien connue des amateurs de patrimoine ferroviaire. « A bord d’une rame historique en traction diesel, remorquée par le BB 67400 de la cellule du matériel radié (CMR) de la SCNF, nous roulerons depuis Sotteville-lès-Rouen, où se trouve notre dépôt, jusqu’au Tréport et Mers-les-Bains », annonce Frédéric Polbos, président du PVC. « Nous passerons par Motteville, puis Le Grand Caux, Serqueux, Abancourt et la vallée de la Bresle. Le train offre 232 places en seconde classe et 48 en première classe. »
Au programme, trois séances de spectacle-cabaret, Coucher dans le foin (durée : 1h), par le partenaire Compartiment 7 Compagnie (C7Cie), une le matin et deux sur le parcours retour. Il y aura aussi une exposition embarquée dans la voiture postale qui présentera les projets en cours et futurs du PVC. Enfin, à l’arrivée au Tréport (à 12h30), un rallye pédestre, gratuit, permettra de découvrir de manière ludique cette station balnéaire du XXe siècle, ses monuments et son histoire. Le petit plus ? « Un service à la place en première classe, de la restauration légère pour le dîner et un service de bar toute la journée ! »
Départ de Sotteville à 9h15. Au retour, départ du Tréport à 18h40 pour une arrivée à Sotteville à 21h50. Tarifs : de 42 € (2e cl.) à 75 € (1re cl.). Cabaret : 23 €. Petit- déjeuner : 6 €.
Réservations : Pacific Vapeur Club, 02 35 72 30 55, [email protected]

Patrimoine. En Anjou, des as de la rénovation peaufinent des bijoux ferroviaires
Attention, travaux ! Dans le Maine-et-Loire, les Amis du Petit Anjou oeuvrent avec ardeur à la rénovation à l’identique d’une automotrice De Dion Bouton de 1930 et sa remorque, et celle d’un fourgon postal tout aussi historique. Bienvenue à Saint-Jean-de-Linières.
Dans le Maine-et-Loire, près d’Angers, on ne chôme pas dans l’atelier de l’Association des Amis du Petit Anjou (AAPA). Les bénévoles actifs de l’association s’investissent dans deux chantiers d’importance : la restauration à l’identique d’un ancien fourgon postal et de l’autorail De Dion Bouton JM3 de 1930 avec sa remorque. L’AAPA a pour projet de faire circuler un train à l’instar du Petit Anjou, l’ancien chemin de fer local créé en 1893 et définitivement fermé en 1948. La future ligne touristique relierait le dépôt et le lac de Maine et accueillerait les matériels historiques rénovés à l’identique. En attendant, l’atelier a pris des airs de ruche. « Le travail sur le châssis de l’autorail arrive à sa fin. Il a été effectué à partir des plans d’époque », raconte Martine Richoux, présidente de l’AAPA. « Le châssis a reçu les différents éléments d’origine De Dion. Nous avions déjà posé un plancher provisoire pour installer les pédales dans la cabine du conducteur.
Nous avions également créé une maquette en taille réelle pour tester les dimensions de l’habitacle, faute de disposer des plans originaux de cette partie. Lors des Journées européennes du patrimoine en septembre l’an dernier, les visiteurs ont ainsi pu avoir un aperçu de notre futur autorail. »
« Ils menuisent plus vite que leur ombre ! »
Concernant les finances exigées par ces travaux, « la collecte auprès de la Fondation du Patrimoine se déroule plutôt bien », commente Martine Richoux. « Nous avons pu commander le bois pour construire l’habitacle de l’autorail. Plus d’une tonne de bois nous a été livrée à la fin de l’année dernière. Nos menuisiers, connus ici comme ceux qui menuisent plus vite que leur ombre, attendaient cela depuis des semaines. Ils trépignaient d’impatience et commençaient presque le boulot au cul du camion ! »
Après avoir enlevé le plancher provisoire et la maquette à l’échelle 1 pour poser le plancher du De Dion, les menuisiers ont dû reprendre le rivetage à chaud du châssis, ce qui représente une quarantaine de rivets à poser. Cette étape a exigé plusieurs séances.« Concrè- tement, dans l’atelier cela donnait la scène suivante: cinq ou six bonhommes à la tâche, un qui déboulonne le provisoire, un qui agrandit le trou (évidemment pas à la bonne taille!), un qui amène le rivet chauffé à blanc, un qui lui tape sur la tête pour qu’il rentre bien et qui retourne le tout pour mettre la tête sur la contre-bouterolle et enfin, un qui lui ratatine la queue au marteau pneumatique… » Pendant ce temps, c’était parti pour les pièces du futur plancher, soit la découpe de plus d’une tonne de bois, un gros boulot en perspective. « Nous avons aussi reçu le bois pour la toiture et les parements inté- rieurs en contreplaqué, rangés au-des- sus de notre B118 qui attend patiemment son tour. »
Du rivetage à chaud
Les bénévoles se sont mobilisés le 19 mars dernier pour l’ultime séance de rivetage. Il restait encore une dizaine de rivets à poser. « Ce mercredi 19 fut un grand jour aussi parce que Rémy et Christian, nos deux menuisiers, ont offi-ciellement commencé sous le crépitement des flashes des photographes, la pose du plancher. Et du côté du châssis, les mécaniciens ont installé les sablières avec leur capot, c’est du plus bel effet ! » La restauration à l’identique de cette automotrice De Dion Bouton JM3 en version Anjou a été rendue possible « grâce au soutien de la Fondation du Patrimoine via un appel aux dons », rappelle Martine Richoux. La collecte se poursuit, sachant que tout don est déductible des impôts aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises ). « Il ne faut donc pas hésiter à en parler largement autour de vous, nous comptons sur le soutien de tous, particuliers et entreprises ! »
Un fourgon postal unique
Un autre chantier important,commencé à la rentrée de 2023, consiste à restaurer le fourgon postal. « C’est un chantier aussi essentiel que celui du De Dion, car notre Dp208 est doté d’un compartiment postal, ce qui fait qu’il est quasiment unique en son genre », commente Martine Richoux, fière, à l’instar des bénévoles de l’association, de posséder un tel bijou ferroviaire. L’ossature de la caisse, réalisée à la fin des années 2000, avait été remontée dans l’atelier début 2023. Après avoir rénové les arceaux de toit, et débarrassé de la rouille toutes les pièces métalliques d’origine – traitement à l’antirouille et mise en peinture –, les équerres et autres tirants ont été mis en place, ce qui a permis de s’attaquer à la pose du plancher, et enfin de fixer définitivement les arceaux de toiture.
La caisse a ensuite été retournée sur son support provisoire afin de placer la fenêtre d’ex- trémité (pignon du fourgon) côté atelier. «Celapermettra,lorsquelefourgonfera partie de la rame historique, d’avoir une vue directe sur la voie pour le chef de train lorsque nous refoulons. Le plus intéressant reste à faire: la cloison de sé- paration avec le compartiment postal, le bardage de la caisse, la pose des portes de fourgon et portières du compartiment, la pose de la toiture…, bref, encore de longs mois de travail pour la menuiserie après lesquels il faudra s’at- taquer au tôlage puis au châssis. » Mais ces experts du patrimoine restent ultra-motivés.
La gare du Petit Anjou sera ouverte à la visite le 2juillet prochain, puis aux Journées européennes du patrimoine le 3e week-end de septembre ainsi que, tout au long de l’année, les mercredis et dimanches de 10h à 18h et les samedis de 14h à 18h. « Lorsque vous êtes de passage en Anjou, n’hésitez pas à venir admirer et encourager nos bénévoles ! », conclut Martine Richoux. L’invitation est lancée…
Contact: Gare du Petit Anjou, 9 route de Bouchemaine, St-Léger-de-Linières, 49070 St-Jean-de-Linières. [email protected]

Trains touristiques. Opération bandages neufs pour la Mallet 414
Pour l’ensemble des trains touristiques, la période hivernale rime avec opérations de maintenance lourde. En Ardèche, dans les ateliers du Chemin de fer du Vivarais, les bénévoles ont entrepris de remplacer les bandages des roues d’une ancienne locomotive, la Mallet 414, construite en 1932. Son poids, dépasse les 40 tonnes, d’où l’utilisation d’un engin de levage adapté pour pouvoir sortir les douze roues de la machine afin de mettre en place douze bandages tout neufs.
Adaptée aux courbes serrées du réseau
Les locomotives Mallet, dont la construction s’est échelonnée de 1903 à 1932, ont été inventées par le franco-Suisse Anatole Malle. Ces machines sont dotées d’un châssis articulé ce qui leur permet de s’inscrire dans les courbes serrées des lignes à voie métrique, ce qui est le cas du réseau du Vivarais. Très puissantes, elles développent 400 chevaux et peuvent tracter une rame de plus de 600 places assises. Le train touristique ardéchois propose différents voyages au départ de la gare de Saint-Jean-de-Muzols : le Train des Gorges (8 km, A/R 1h30), le Mastrou (28 km, A/R 1h45), le Lamastre express (au départ de Lamastre, 14 km, A/R 1h45), une formule Vapeur + Vélorail (21 km), ainsi que le Cyclo-Train (28 km, aller simple en 1h30), qui permet, en embarquant son vélo, de rejoindre la voie douce Dolce Via.
Contact : Chemin de fer du Vivarais, 111 route du Grand Pont, 07300 Saint-Jean-de- Muzols. Tél. : 04 75 06 07 00.

Toulouse. Les premiers trésors mis au jour sur le chantier de la ligne C du métro
L’Inrap a fait un premier point après les fouilles menées par ses équipes sur le chantier de la ligne C du métro de Toulouse. Ces fouilles ont révélé de nouveaux vestiges de l’Antiquité, du Moyen Âge et de l’Époque Moderne
En 2028, la troisième ligne de métro de Toulouse, la Ligne C, reliera Colomiers à Labège en 20 minutes. Le 15 décembre 2022, les travaux de génie civil de la future ligne du métro toulousain débutaient sur le secteur des Sept-Deniers. Cette première phase des travaux doit durer cinq ans. Il s’agit de construire l’ossature et l’infrastructure globale de la nouvelle ligne. Ligne C va également rapprocher les communes de Colomiers, Blagnac, Toulouse et Labège. Le chantier est gigantesque. Tisséo Collectivités, l’autorité organisatrice des mobilités de l’agglomération toulousaine, a décidé de lancer les travaux de la future station François Verdier qui sera desservie par la nouvelle ligne de métro automatique. Tout nouveau chantier doit être précédé d’un diagnostic archéologique. Les équipes de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) sont donc intervenues sur ce chantier d’envergure et ont mis au jour un certain nombre de vestiges. Les chercheurs avaient bon espoir de faire des découvertes importantes. Des diagnostics avaient déjà été réalisés à l’occasion de la construction d’un parking dans les années 1990 et des fouilles avaient été menées au moment de la construction de la ligne B du métro en 2002. Celles-ci avaient permis d’identifier des habitats, des voies, des sépultures…
Avec ce nouveau chantier, les archéologues ont eu l’opportunité de mener des fouilles approfondies sur le site entre juin et septembre 2024. Mais ils ont été obligés de cohabiter avec les équipes des entreprises de construction. Les différents corps de métier ont dû collaborer pour permettre que les fouilles soient menées en toute sécurité. L’histoire de ce quartier situé à la périphérie de la ville sera bientôt enrichie par les nombreuses découvertes datant de l’Antiquité et du haut Moyen Âge.

Dans la moitié nord du chantier, les équipes de l’Inrap ont découvert quelques aménagements antiques. Un empierrement orienté nord-sud pourrait être le vestige d’un ancien chemin permettant de faire le tour de la cité. Dans une vaste fosse, les archéologues sont tombés sur de très nombreux fragments de mobiliers brûlés (verre, céramique, métal…). Ils estiment que la fosse pourrait être un dépotoir associé à une zone de crémation. Les vestiges d’un petit bâtiment, doté de plusieurs pièces, ont aussi été mis au jour dans cette même zone. Enfin, six tombes, creusées entre le IIe et le IXe siècle après J.-C, ont également été découvertes.
En ce qui concerne les époques médiévale et moderne, ces fouilles ont permis de se faire une idée plus complète du niveau d’urbanisation d’une zone alors densément peuplée. Un ensemble de niveaux de rues, de fondations d’habitats et de latrines a été découvert par l’Inrap.
Dans la partie sud du site, les archéologues ont été étonnés de découvrir un pont sur arche en briques particulièrement bien conservé Après leur départ du site, les chercheurs poursuivent leur travail en laboratoire. L’ensemble des données et des mobiliers collectés par l’Inrap pendant cette campagne de fouilles va maintenant faire l’objet d’études approfondies. Plusieurs spécialistes (anthropologues, céramologues, carpologues, …) participeront à ces recherches. Au printemps 2026, les travaux du futur accès Est de la station, au débouché de la rue des Frères Lion offriront l’opportunité d’une seconde et dernière phase d’intervention de l’Inrap… et la perspective de nouvelles découvertes sur le riche passé de ce quartier.
Le projet de la ligne C est réalisé en plusieurs phases, avec des études et des travaux qui se dérouleront sur plusieurs années. Il reste probablement encore beaucoup de travail et de découvertes aux archéologues de l’Inrap dans les sous-sols de la ville…

Arte. Un voyage dans le temps sur la ligne de Bohinj en Slovénie
Ce nouvel épisode de la série d’Arte Rails d’antan se déroule en Slovénie, dans une des régions les plus sauvages d’Europe. Longue de 149 km, la ligne transalpine du col de Bohinj, relie Jesenice, près de la frontière autrichienne, à Nova Gorica et Sezana, à la frontière Italienne. Inaugurée en 1906, au temps de l’Empire austro-hongrois, elle serpente le long de la Soča, au coeur du parc du Triglav, l’unique parc national du pays. Les eaux turquoise de la rivière tranchent avec le vert profond de la forêt.
Sa construction a nécessité de nombreux ouvrages d’art, dont le tunnel de Bohinj sous les Alpes Juliennes. Malgré deux guerres mondiales, cette ligne de chemin de fer a réussi à préserver la plupart de ses bâtiments. La ligne Bohinj est actuellement inscrite sur la liste d’attente de l’Unesco, faisant partie du Chemin de la paix des Alpes à l’Adriatique.
Patrimoine de la Première guerre mondiale, ce chemin de randonnées est un véritable musée vivant rappelant la ligne de front qui s’étendait des Alpes à l’Adriatique et qui comprend des installations militaires, des musées et des cimetières. Inaugurée en 1906 par François-Ferdinand d’Habsbourg-Lorraine, la ligne de chemin de fer de Bohinj est la plus courte liaison ferroviaire entre l’Europe centrale et la mer Adriatique (de Prague à Trieste). Le tunnel de Bohinj fut percé en 1904. Avec ses 6327 mètres de long, c’est encore aujourd’hui le plus grand tunnel ferroviaire de Slovénie. C’est l’un des nombreux ouvrages d’art qui jalonnent la ligne. 28 tunnels et 68 ponts permettent d’effacer un relief mouvementé. Le pont qui franchit la Soča à Solkan est particulièrement important. Il s’agit du plus grand pont ferroviaire en pierre du monde ! Construit en 1906, l’arc principal possède une travée de 85 mètres. Il est composé de plus de 4 500 blocs de calcaire coquillier provenant de la carrière d’Aurisina (Nabrežina) près de Trieste. Il s’agit du dernier et plus grand pont de ce type dans le monde.
A Most na Soči, un auto-train – baptisé ici Autovlak – permet d’effectuer le trajet jusqu’à Bohinjska Bistrica, en restant dans son véhicule, même quand la route est fermée à cause de la neige. Le voyage dure 45 minutes, alors qu’il faut au moins 1 h 30 par la route…
Vendredi 4 avril à 16 h 40 sur Arte. Rails d’antan – Le train de Bohinj en Slovénie d’Antonia Coenen. Loupefilm, en association avec ARTE GEIE. Allemagne. (2024)