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  • Arte. L’étonnant chemin de fer des Halligen

    Arte. L’étonnant chemin de fer des Halligen

    Chapelet de petites îles situées dans la mer des Wadden, au large de la côte nord-ouest de l’Allemagne, en Frise du Nord, les Halligen offrent d’étonnants paysages. L’émission d’Arte Invitation au voyage pose ses bagages, ce vendredi, sur ces sites particulièrement fragiles, où la population se bat contre les éléments depuis plus de six siècles.

    Aujourd’hui, il existe dix « Halligen » : Nordstrandischmoor, Langeness, Oland, Gröde et Hooge, ainsi que Habel, Südfall, Süderoog, Norderoog et la Hamburger Hallig. Un Hallig (Halligne au pluriel) est une île de tourbe et de boue, protégée par aucune digue. Initialement, elles ont été séparées du continent à l’occasion d’une puissante tempête en 1362. Elles sont ainsi souvent inondées lors des marées hautes et particulièrement exposées aux intempéries.

    Au Moyen Âge, ces îles étaient habitées par des agriculteurs et des pêcheurs qui ont dû s’adapter à un environnement maritime plein de dangers. La vie sur les Halligen était marquée par les défis liés aux inondations fréquentes et aux tempêtes. Les habitants ont construit des Warften – des collines artificielles – pour élever leurs maisons et leurs terres agricoles au-dessus du niveau de la mer. Au fil des ans, les Halligen ont subi de nombreuses inondations dévastatrices, notamment la grande tempête de 1634.

    Malgré ces défis, les habitants ont continué à vivre sur ces îles, développant une culture et un mode de vie uniques, étroitement liés à la mer envers qui ils entretiennent une relation ambivalente.

    En 1925, deux voies ferrées à voie étroite sur digue ont été construites sur digue pour permettre aux habitants de transporter des charges lourdes et désenclaver les Halligen. Ces infrastructures ferroviaires participent également à la protection des terres. Mais aucun train n’emprunte ces voies. Les habitants utilisent de petits wagonnets – les Loren – pour se rendre sur le continent, pour faire leurs courses, leurs opérations bancaires, leurs visites, et pour récupérer et ramener leurs invités. Ces deux lignes sont devenues vitales pour les habitants. En revanche, ce n’est pas une attraction touristique et les règles régissant son fonctionnement sont particulièrement rigoureuses.

    Vendredi 2 mai à 17 h 25 sur Arte. Invitation au voyage – Les Halligen, fascinante Atlantide allemande. ARTE France, Éléphant Doc. (2025)

  • New York. Les fans de baseball remontent le temps à bord d’une rame « Redbird »

    New York. Les fans de baseball remontent le temps à bord d’une rame « Redbird »

    Il existe de nombreuses façons de se rendre au stade… Les fans des Mets, une équipe professionnelle de baseball new-yorkaise, ont eu la possibilité de prendre un métro historique. Comme un avant-goût d’un moment festif…

    Les Mets de New York, une franchise de la Ligue majeure de Baseball des États-Unis (MLB), ont ouvert leur saison 2025 à domicile contre les Blue Jays de Toronto, le 4 avril dernier. A cette occasion, les fans des Mets ont envahi le réseau de la Metropolitan Transport Authority (MTA) le gestionnaire des transports publics de l’agglomération newyorkaise. Ils ont emprunté les lignes de métro, de bus, des trains de banlieue du Long Island Rail Road et du Metro- North Railroad pour se rendre dans leur antre de Citi Field. Le stade se situe dans le Queens, dans le quartier de Flushing. Plus de 40 000 fans des Mets y vibrent à chaque match. Pour ce premier rendez-vous de la saison à domicile, des centaines d’entre eux ont pu rejoindre les tribunes en empruntant une rame historique, la « Redbird ».

    Exploitées à l’origine par le réseau Interborough Rapid Transit (IRT), les premières rames « Redbird » sont entrées en service en 1959, trois ans avant la naissance des Mets de New York. Les Redbirds se composaient d’une flotte de différents types de voitures, dont des R26, R28, R29, R33 et R36, toutes peintes en rouge foncé, d’où leur surnom. Le 27 octobre 1904, la toute première ligne de chemin de fer souterraine de la ville est mise en service à New York (il existait déjà quelques lignes aériennes). Le premier métro, exploité par l’Interborough Rapid Transit Company (IRTC), reliait City Hall à Grand Central ainsi que Times Square et Broadway à Harlem et desservait 28 stations. Rapidement le réseau IRT est complété par deux autres réseaux concurrents : celui de la Brooklyn-Manhattan Transit Corporation (BMT), également privé, et celui du Independant Subway System (IND) créé par la ville de New York. En 1940, ces trois réseaux sont fondus dans la même entité constituant la base du réseau de métro actuel.

    La rame d’époque est partie du 34 st-Hudson Yards vers 12 h 00. Le trajet jusqu’au Queens a duré environ 35 minutes, ce qui a permis aux supporters de se rendre au stade suffisamment longtemps à l’avance pour ne pas rater le premier lancer à 15 h 10 !

  • Tourisme ferroviaire: en mai prochain, le premier voyage de la saison 2025 de l’X 2403

    Tourisme ferroviaire: en mai prochain, le premier voyage de la saison 2025 de l’X 2403

    Voyager dans un matériel vintage, comme dans les années 1950 et 1960, c’est ce qui plaît aux amateurs, aussi bien pour le trajet effectué que pour l’aspect original du train dans lequel ils s’installent pour une escapade sur les rails. C’est ce que propose le 11 mai prochain l’association des Chemins de fer de la Haute Auvergne (CFHA), qui a préservé et restauré l’autorail X 2403, alias le Gentiane Express. Celui-ci va quitter son cocon hivernal, situé dans l’ancien dépôt vapeur d’Ussel en Corrèze, pour rejoindre Clermont-Ferrand où il est attendu pour faire un circuit touristique entre les départements de l’Allier et de la Loire. « Notre autorail est le plus ancien circulant sur la totalité du réseau ferré national », explique Jean-Michel Piernetz, ex-président des CFHA, rappelant au passage que l’X 2403, surnommé la Micheline, est « l’autorail que prenaient autrefois les habitants de nos campagnes pour se rendre qui à l’école, qui au travail, qui à la ville voisine pour faire le marché ou encore pour aller à l’armée. » L’association l’a restauré à l’identique et a obtenu son classement aux monuments historiques grâce, entre autres, à son aménagement intérieur reflétant les années 1950 et 1960 : larges vitres, sièges et banquettes en skaï… On s’y croirait !

    Le chemin des écoliers via Limoges et Montluçon

    Concernant le parcours, les CFHA ont dû s’adapter aux circonstances. Le train ne rejoindra pas la capitale auvergnate – distante de seulement 105 km par le plus court chemin –, car la ligne est actuellement fermée entre Ussel et Volvic. « Nous prendrons le chemin des écoliers en passant par Limoges, Montluçon et Gannat », annonce Jean-Michel Piernetz. Et cerise sur le gâteau, l’autorail parcourra dans la Creuse la ligne de Busseau- sur-Creuse à Felletin, promise à une fermeture prochaine. « C’est donc là l’une des dernières occasions à saisir pour admirer les paysages traversés, très pittoresques. » Au total, le circuit proposé représente 449 kilomètres sur des lignes parcourant le nord-ouest du Massif central, avec le suivi dans des gorges et la traversée de nombreuses rivières sur de hardis viaducs, dont certains ont été construits par les ateliers de Gustave Eiffel au XIXe siècle. Ce sera la dernière fois qu’un autorail de ce type s’élancera sur cette ligne qui avait jusqu’en 1980 son origine à Ussel et qui était fréquentée assidument par ce type de matériel roulant jusque dans les années 1980.

    Attention, le nombre de places est limité !

    L’horaire de départ est fixé à 7h58 en gare d’Ussel. « Nous pourrons prendre des voyageurs à Meymac (8h12), et à Bugeat (8h37). D’autres arrêts sont prévus, notamment à Limoges et à Montluçon. » L’arrivée à Clermont-Ferrand est prévue à 16h25. Il y aura la possibilité de pique-nique dans le train et que le café sera offert. Dernière précision, le nombre de places est limité à 60.

    Tarif : de 45 € à 70 € selon la gare de départ. De 35 € à 50 € pour les moins de 12 ans. Renseignements et réservations : Office de tourisme de la Haute Corrèze, 05 55 60 00 30

  • Prévention à la SNCF. Une journée pour sensibiliser au risque d’addiction et briser les tabous

    Prévention à la SNCF. Une journée pour sensibiliser au risque d’addiction et briser les tabous

    Alcool, cannabis, drogues de synthèse, tabac, écrans… aujourd’hui, dans notre société, les risques d’addiction se sont multipliés. Depuis 2024, la SNCF s’attache à faire de la prévention auprès de ses salariés. Le dernier forum en date a eu lieu début avril à Lyon Part-Dieu et à Chambéry.

    En 2021, la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives a lancé la charte Esper avec pour objectifs non seulement la prévention et l’information du public, mais aussi de briser le tabou face aux addictions de toutes sortes – alcool, drogues, médicaments antidouleur, tabac, écrans – et d’accompagner au mieux les personnes souffrant d’une addiction. La SNCF s’est inscrite en 2023 dans cette charte à l’instar de plus de 60 employeurs publics et privés et a commencé, dès 2024, à organiser des journées de prévention destinées à son personnel, dans toute la France

    L’impact sur la santé, la vie familiale, professionnelle et sociale

    Un exemple parmi d’autres, celui de Lyon, le 3 avril, a ainsi permis de sensibiliser plus de 120 agents, hommes et femmes, sur le sujet. En gare de Lyon Part-Dieu, les agents qui le désiraient sont venus profiter des différentes animations mises en place sous forme de stands avec plusieurs partenaires du groupe ferroviaire. L’Action sociale SNCF informait sur l’accompagnement de la personne souffrant d’une addiction, car, outre les effets délétères sur la santé, cette dernière peut avoir des conséquences négatives sur la vie quotidienne impactant la famille, le travail, la vie sociale. La personne sera, avec son accord, orientée vers un médecin (addictologue, tabacologue…) afin d’être soutenue dans son sevrage.

    Simuler les effets psychoactifs du cannabis

    Le stand du service médical SNCF, animé par deux infirmières, proposait des animations ludiques. A travers une version adaptée du jeu de l’oie, au fil des réponses données par les participants aux questions posées pour faire le parcours, on découvrait les effets nocifs d’une consommation d’alcool excessive et les quantités à ne pas dépasser. L’infirmière indiquait aussi vers quel professionnel de santé on pouvait se tourner pour se débarrasser d’une addiction. A ses côtés, sa collègue présentait, dans leurs emballages, les différents types de médicaments, en vente libre ou sur prescription médicale, pouvant déclencher une addiction à cause d’une consommation régulière, tels les antidouleurs, qui sont des opiacés, ou les benzodiazépines. Elle expliquait le mécanisme d’addiction propre à ces molécules, l’importance de respecter la posologie et la durée du traitement prescrite par le médecin sous peine d’amorcer le phénomène d’addiction et de ne pas céder à la tentation de l’automédication.

    L’addiction aux écrans, une réalité

    A quelques pas, l’association cheminote Bold’R, qui oeuvre à sensibiliser les cheminots aux dangers de l’alcoolisme, et la Sûreté ferroviaire (Suge) faisaient stand commun pour informer sur les informations règlementaires propres à la SNCF (RH0644) que les salariés qui sont en contact avec les clients (contrôleurs, Suge, Escale…) doivent impérativement respecter. De plus, des fiches pratiques étaient à disposition sur le stand. De leur côté, des agents de CITI et KRONO, (TER circulant respectivement sur la ceinture autour de Lyon, et de Lyon à Dijon ou Villefranche-sur-Saône), proposaient une animation consistant, à l’aide de lunettes spéciales, à simuler les effets du cannabis ou d’une consommation excessive d’alcool : difficile alors de parvenir à ouvrir correctement la serrure installée spécialement sur le stand pour ce test !

    Enfin, sur le stand de la Mutuelle Entrain, des délégués de la mutuelle cheminote renseignaient et informaient sur les risques d’une mauvaise utilisation des écrans (smartphone, ordinateur, tablette), aussi bien pour les enfants que pour les adultes : problèmes de sommeil, difficultés de concentration, isolement, impact sur la vie familiale et sociale. Là aussi, le phénomène d’addiction existe bel et bien et touche les jeunes comme les adultes… « Nous espérons que grâce à cette animation, nous avons pu informer et faire passer les messages d’information- prévention sur les dangers des addictions », commente Patrice Lapoule, l’un des responsables SNCF de la région de l’ouest lyonnais.

    La même opération s’est déroulée en gare de Chambéry en Savoie avec cette fois-ci un partenaire supplémentaire, l’association La Santé de la Famille. Une soixantaine de cheminots étaient au rendez- vous et sont repartis avec des informations et des contacts que tous ont jugé utiles.

  • Destination Nîmes avec le Train historique de Toulouse

    Destination Nîmes avec le Train historique de Toulouse

    Le Train historique de Toulouse, alias l’Amicale des cheminots pour la préservation de la 141 R 1126, avait prévu un voyage à destination de Canfranc le 31 mai, mais celui-ci a dû être annulé en raison de travaux sur la ligne entre Saint- Jory et Toulouse-Matabiau. Cependant, les amateurs peuvent réserver leur billet pour d’autres escapades touristiques en train qui restent fixées au calendrier de l’association. Parmi les prochaines dates, les Journées romaines de Nîmes le 26 avril (60 €), un retour à l’époque de l’Empire romain avec des défilés, des spectacles et des animations au coeur de la cité nîmoise. Mais aussi un voyage à Saint-Bertrand-de-Comminges le 24 mai (65 €) pour visiter, au coeur des Pyrénées centrales, cette cité médiévale incontournable en Haute-Garonne et sa cathédrale.

    Contact : lieu-dit En Garric, 31590 Verfeil. Tél. : 05 61 09 42 61. [email protected] www.trainhistorique-toulouse.com

  • Expo. Pour tout savoir sur le viaduc des Noëls

    Expo. Pour tout savoir sur le viaduc des Noëls

    La bibliothèque municipale de Saint- Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire) et Vineuil Patrimoine organisent, du 22 avril au 3 mai, l’exposition « Le Viaduc des Noëls » (du nom du hameau tout proche), qui invite à découvrir l’histoire de cet ouvrage d’art ferroviaire, construit en 1880 pour enjamber la Loire.

    De nombreux plans et photos complètent les documents écrits historiques présentés, relatifs à la construction et l’exploitation du viaduc. De plus, une conférence sera donnée à ce sujet par Hervé Coulliais, grand connaisseur de l’histoire ferroviaire, le 25 avril à 18h30.

    Bibliothèque municipale, 3 Rue Henri Barbusse, 37700 Saint-Pierre-des-Corps. Entrée libre. Tél.: 02 47 63 43 17.

  • Arte. L’invitation au voyage du Transcanadien

    Arte. L’invitation au voyage du Transcanadien

    L’émission Invitation au voyage propose ce mardi un documentaire qui se déroule sur les rives de l’un des plus beaux lacs du Canada. Le lac Louise, situé dans le parc national de Banff, dans les Rocheuses canadiennes, attire avec ses eaux turquoise de très nombreux visiteurs. L’arrivée du train dans la région y a fortement contribué lorsque la ligne transcontinentale a été achevée.

    L’histoire du Transcanadien, un train parcourant 4 500 kilomètres entre Toronto et Vancouver, épouse celle de l’unification de la jeune nation canadienne. Depuis la fin du XIXe siècle, cette infrastructure pharaonique permet de relier l’océan Atlantique à l’océan Pacifique. En 1867, la Confédération canadienne est formée de l’union des anciennes colonies britanniques. L’idée d’un train intercontinental germe d’abord dans l’esprit de John Mc Donald, le Premier ministre du pays. Au fur et à mesure que la ligne progresse, des gares sortent de terre et des villes se développent, prenant le nom des dirigeants de la compagnie ferroviaire.

    En 1882, Tom Wilson, un employé du Canadien Pacifique, découvre le lac qui ne se nomme pas encore Louise, mais le “lac aux petits poissons”, comme l’appelle la nation des Stoney Nakoda, dans la région depuis 10 000 ans. Les membres de cette communauté ont accueilli Tom Wilson et l’ont conduit jusqu’au lac.

    En 1884, le lac prend le nom de Louise. En 1890, les rails arrivent notamment grâce à la force de travail des ouvriers chinois. Bientôt, des hôtels luxueux sont construits pour accueillir les touristes de plus en plus en nombreux. Pour les peuples premiers de la région, c’est un jour sombre de leur histoire. Ils sont dépossédés de leur terre et une politique d’assimilation brutale est mise en place. Les enfants amérindiens sont systématiquement séparés de leur famille pour vivre dans des pensionnats autochtones où ils subissent toutes sortes d’abus. De nombreux enfants y perdront même la vie. Aujourd’hui, les Stoney Nakoda tentent de renouer avec leur langue et avec leur culture.

    Mardi 22 avril à 17 h 20 sur Arte. Invitation au voyage – Au Canada, les tourments du lac Louise. ARTE France, Éléphant Doc. (2025)

  • L’Amitram, 150 ans d’histoire des transports urbains dans le Nord

    L’Amitram, 150 ans d’histoire des transports urbains dans le Nord

    Constituées à partir des années 1960, les collections de l’association du Musée international des transports métropolitains (Amitram) racontent l’histoire des transports urbains de la métropole lilloise de la fin du XIXe siècle au mitan des années 1980. Un exemple unique en France.

    Plus d’un siècle et demi de transports en commun dans les villes de Lille, Roubaix et Tourcoing : c’est ce qu’illustrent les collections de l’Association du Musée international des transports métropolitains (Amitram), qui oeuvre à la préservation et la restauration de ce patrimoine à Marquette-lez-Lille (Nord), dans son atelier de 1 000 m2. Soit une quarantaine de tramways, d’autobus, de trains et de véhicules techniques de différentes époques que les bénévoles de l’association ont patiemment dénichés au fil des années et non moins patiemment remis en état.

    A la fin du XIXe siècle, l’activité économique se développe dans le Nord avec l’utilisation de la houille et de l’acier. L’industrie ferroviaire s’attaque au développement des lignes de chemin de fer secondaires et la promotion du transport urbain sur rail. Le département compte alors plusieurs usines ferroviaires et participe à l’essor du tramway urbain : jusqu’à dix villes sont parcourues par des tramways avant 1914. Le cheval, la vapeur, l’électricité – avec des batteries dans un premier temps, puis la ligne aérienne – apportent des éléments de confort innovants, signes d’un besoin constant d’innover.

    Une vague de progrès dans les trois villes-soeurs

    Les trois villes-soeurs que sont Lille, Roubaix et Tourcoing n’échappent pas à cette vague de progrès. Le 7 juin 1874, les premiers tramways hippomobiles roulent dans les rues de Lille grâce aux Tramways du Nord (TdN). Ils seront suivis trois ans plus tard par ceux de Roubaix, exploités par la Compagnie des Tramways de Roubaix et Tourcoing (TRT). Le 2 juillet 1880, nouveau progrès technique, les TdN inaugurent la traction à vapeur entre Lille et Roubaix. Le 22 octobre 1894, la TRT ouvre ses lignes de tramways électriques sur les villes de Roubaix et Tourcoing, une avancée technique révolutionnaire pour l’époque. A Lille, c’est en 1897 que la traction électrique fait son apparition : les TdN mettent en service six motrices à bogies, équipées d’accumulateurs en s’inspirant des essais réalisés à Paris, une véritable innovation par rapport aux chevaux et tracteurs à vapeur. Mais les essais seront peu probants. Octobre 1902 marque la naissance d’un nouveau réseau électrifié, celui de la Compagnie des Tramways Electriques de Lille et sa banlieue (TELB). Là encore, c’est une amélioration du service des transports urbains.

    Mais ce n’est pas fini… Alfred Mongy, ingénieur de la ville de Lille, à qui l’on doit le Grand Boulevard reliant Lille, Rou- baix et Tourcoing, fonde un réseau de tramways électriques départementaux, l’Electrique Lille-Roubaix-Tourcoing (ELRT). Ce réseau ferré sera surnommé le “Mongy” en hommage à l’ingénieur. Et le 12 avril 1908, c’est la ligne Lille – Leers qui est ouverte, suivie le 4 dé- cembre 1909 par les deux lignes en site propre sur le Grand Boulevard, Lille – Roubaix et Lille – Tourcoing, une réalisation unique en France. Las, la Première Guerre mondiale endommagera cet en- semble de transports urbains.

    Esthétisme et confort

    A l’issue du conflit, les trois compagnies se trouvent à la tête d’un matériel vieil- lissant, à tel point que l’ELRT va absorber la TRT pour ne former qu’un seul réseau à voie métrique en 1922. De leur côté, les TELB vont reconstruire des tramways à l’esthétique et au confort inédits pour l’époque : les motrices 700 à essieux guidés (1926), les 800 (1934), nettement plus performantes que les anciennes 500 et 900. L’ELRT fera construire en 1937 les motrices 200, jugées révolutionnaires en termes de confort et d’esthétique.

    Après la Seconde Guerre mondiale, une page se tourne. La tendance est au rem- placement progressif des tramways par des autobus plus ou moins aménagés pour les services urbains. Au début des années 1960, l’arrivée des Isobloc aux TELB marque une nouvelle étape majeure. Surtout en 1962, année de conception d’un modèle équipé pour le service à un agent à bord. La construction de ces véhicules sera confiée à la firme Brossel (série 300). La série servira de modèle pour les autres constructeurs.

    Naissance du Val L’évolution des transports urbains, conjuguée à l’extension urbanistique de la métropole, se poursuit. En 1968, la Communauté urbaine de Lille décide de créer une ville nouvelle, Villeneuve-d’Ascq. En 1970, un projet de liaison entre celle-ci et Lille est choisi : ce sera un transport automatique à petit gabarit. Ainsi naquit un système de pilotage automatique pour un métro qui deviendra le VAL (Véhicule automatique léger). Les deux prototypes de Matra, testés de 1973 à 1975, deviennent les premiers métros automatiques du monde. Et c’est en mai 1983 que François Mitterrand, alors président de la République, inaugure le premier métro automatique reliant Lille et Villeneuve-d’Ascq.

    Ces 150 ans de transports urbains dans la Métropole Européenne de Lille sont racontés à travers les trésors de l’Amitram, des collections qui sont un exemple unique en France.

  • Arte. Le tour ferroviaire de Taiwan

    Arte. Le tour ferroviaire de Taiwan

    Direction l’Extrême Orient pour le deuxième épisode de la série documentaire ferroviaire d’Arte Un billet de train pour… diffusé ce vendredi. Consacré aux côtes de Taiwan, il se permet quelques circonvolutions vers le centre de l’île. Baptisée par les Portugais, Formose – Ilha Formosa (« belle île »), l’île de Taïwan est depuis 1949 indépendante de facto de la Chine continentale et échappe encore aujourd’hui au pouvoir de Pékin.

    L’équipe d’Arte réalise une boucle de 1 100 km tout autour de l’île à partir de la capitale Taipei, où elle passe notamment par le quartier de Datang. La première étape de ce voyage, le long des côtes taiwanaise, s’accomplit dans le village de Houtong, ancienne cité minière désertée depuis que la mine a fermé ses portes. Ses habitants ont été remplacés par des chats. De nombreux visiteurs viennent les nourrir et les prendre en photo.

    Le train permet ensuite d’admirer rivières et cascades jusqu’à Shifen, où les amoureux lancent des lanternes multicolores en papier pour placer leur relation sous les meilleurs auspices. Sur la côte est, la voie ferrée longe les plages et pénètre dans le parc national de Taroko, réputé pour ses impressionnantes gorges.

    Longtemps occupé par les Japonais, Taiwan a conservé plusieurs legs de l’ancienne puissance coloniale, notamment certains panneaux de signalisation ferroviaire. Uniquement disponibles dans les trains du pays, les bentos sont également un héritage laissé par l’Empire du soleil levant. Selon Chay Huy Juan, vendeuse de ces fameux bentos à bord du train, ils sont très populaires auprès des voyageurs. Dans le centre de Taiwan, la forêt d’Alishan est un lieu magique. Nombreux sont les voyageurs qui s’y rendent pour gravir le mont Ali, d’où on peut contempler régulièrement une mer de nuages qui émerge de la forêt. Le meilleur moyen de s’y rendre est un train touristique qui part de Chiayi, circulant sur une ancienne ligne construite par les colons japonais à partir de 1907 et qui permettait d’exploiter les ressources forestières de l’île. Au cours du trajet de 86 km, le train franchit 49 tunnels et 77 ponts en bois. L’important dénivelé oblige la voie étroite à faire de nombreux zigzags !

    Vendredi 18 avril à 16 h 35 sur Arte. Un billet de train pour… Les côtes de Taiwan d’Alexander Schweitzer. SWR, en association avec ARTE. (2024)

  • Arte. En Norvège, un train de nuit en plein jour

    Arte. En Norvège, un train de nuit en plein jour

    Direction le « Grand Nord » dans cet épisode de la série documentaire d’Arte Un billet de train pour… Plus précisément en Norvège, où le Nordlandsbanen (chemin de fer du Nordland) permet d’accomplir le trajet de Trondheim à Bodø.

    Cette ligne de 729 km est la plus longue du pays. Au kilomètre 579.30, elle franchit le cercle arctique ! Le voyage débute le jour de la Saint-Jean. Les Norvégiens célèbrent ce jour-là le solstice d’été. Le moment de l’année le plus lumineux.

    A Trondheim, nous pouvons d’abord admirer le Skansenbrua, un pont ferroviaire basculant de 52 mètres de long, inauguré en 1918, qui permet de traverser le canal de Trondheim. L’ouvrage d’art a été conçu par Joseph Baermann Strauss, célèbre pour avoir dirigé les travaux du Golden Gate Bridge à San Francisco. Le soleil de minuit est bien au rendez-vous quand l’équipe du train de nuit prend son service en gare de Trondheim. Il est 23 heures et le convoi s’élance vers le Nord. A cette heure, les voyageurs qui ne sont pas endormis auront peut-être la chance d’admirer, sur la route, la riche faune de la région : renard arctique, renne et même ours polaire… La voie ferrée longe des cours d’eau tumultueux qui font le plaisir des kayakistes, mais aussi des pêcheurs de truites !

    Nous suivons une famille qui campe et pêche son repas. En leur compagnie, nous découvrons les vestiges d’un ancien camp de prisonniers de guerre. En effet, la Nordlandsbanen a été en partie construite par l’occupant nazi durant la Seconde Guerre mondiale grâce à l’emploi d’une main-d’oeuvre corvéable à merci : les prisonniers de guerre, essentiellement russes et yougoslaves. Ils ont percé la plupart des 150 tunnels de la ligne dans des conditions de travail effroyables. Plusieurs milliers d’entre eux y laissèrent d’ailleurs la vie et de nombreux cimetières jalonnent encore aujourd’hui le parcours. La ligne fut surnommée la « ligne du sang ». La voie ferrée traverse également le massif de Saltfjellet, dominé par le glacier Svartisen, l’un des plus important d’Europe. Les effets du dérèglement climatique sont ici particulièrement visibles.

    Arrivé à destination, à Bodø, nous découvrons non loin de la ville polaire le détroit de Saltstraumen. Le courant de la marée y est le plus puissant du monde !

    Vendredi 18 avril à 15 h 50 sur Arte. Un billet de train pour… La côte des fjords norvégiens de Kirsten Ruppel. SWR, en association avec ARTE. (2024)