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Paris-Maroc : l’expérience du train
Tous les ans, Nassira El Moaddem accomplit le voyage entre la France et le Maroc pour passer en famille ses vacances d’été. Mais après des années à le faire en voiture, puis en avion, elle a décidé de se rendre au « bled » en train. Pour conter cette aventure ferroviaire, la journaliste publie un livre qui oscille entre récit de voyage, guide pratique et autobiographie.
Journaliste et autrice (Les filles de Romorantin. Editions de l’Iconoclaste, 2019), Nassira El Moaddem publie chez Gallimard un livre qui constitue une belle déclaration d’amour aux voyages ferroviaires et qui ravive tous ses souvenirs forgés à bord des trains et dans les gares.
Elle revient avec une certaine nostalgie sur les longs trajets de son enfance, serrée au milieu de sa famille dans la Peugeot 505 lourdement chargée de cadeaux pour la famille et les amis marocains. De petites intentions qui prennent une grande place dans l’habitacle, jusqu’au toit où les bagages sont soigneusement empaquetés pour éviter les mauvaises surprises. Comme des millions de Marocains vivant en France, elle effectuait ainsi tous les ans, lorsqu’elle était enfant, le voyage entre les deux pays pour les grandes vacances d’été.
Entre ce voyage en voiture associé à l’enfance et celui qu’elle a plus tard, à l’âge adulte, effectué en avion, la journaliste a cherché et trouvé une nouvelle voie… la voie ferrée !
La relation intime qu’elle a construite avec le train a débuté dès l’enfance quand l’auteure habitait la petite ville de Romorantin (Loir-et-Cher), desservie par le Blanc-Argent, une ligne à voie métrique qui lui permettait de se rendre notamment à Salbris avec ses copines pour s’extraire des commérages locaux. Des années plus tard, elle remonte à bord du petit train, mais, cette fois-ci en compagnie de la famille qu’elle a fondée : « Aujourd’hui, après avoir échappé à tous les projets de fermeture de la ligne, le Blanc-Argent roule encore, plus rutilant que jamais avec ses michelines dernier modèle. Je suis si heureuse de le faire découvrir à mes enfants et, avec lui, ces épaisses forêts de Sologne que l’on fend en ligne droite… Grâce à lui survit une part indélébile de mon enfance. » Pour la journaliste, le train est synonyme d’aventures et de voyages au long cours, comme lorsqu’elle était étudiante en Turquie. A l’époque, elle était montée en gare d’Ankara à bord du Trans Asia Express qui assure la liaison entre Istanbul et Téhéran en Iran. Une expérience particulièrement marquante. Partout, où elle a étudié ou travaillé, elle a tenté de prendre le train. Un moyen de transport devenu un véritable plaisir. Et, accessoirement, à l’heure où l’urgence climatique nous oblige à plus de sobriété, le train lui permet de voyager en limitant ses émissions de gaz à effet de serre : « Sur le trajet Paris-Casablanca en train et ferry, nous émettons 30 kilogrammes de CO2 à nous cinq. Avec l’avion, nous laissions derrière nous une empreinte carbone de 708 kg de CO2, 24 fois plus que le train ! »
En mai 2022, elle décide donc de choisir le train et de traverser la France, l’Espagne, puis une partie du Maroc. Afin de glaner quelques informations utiles, elle poste, sur les réseaux sociaux, de virtuelles bouteilles à la mer en demandant si les internautes, notamment dans la communauté marocaine, ont des infos sur ce périple ferroviaire. « Soudain, je découvre une histoire qui m’était complètement inconnue, d’autres manières de rentrer au bled, parallèle, un peu secret, sortant de l’ombre où le règne incontesté de la voiture les avait jetées. » Elle retranscrit dans le livre le témoignage de six personnes qui ont accompli ce périple, à des époques et entre des villes différentes. Ces récits la confortent dans son projet, qu’elle construit patiemment.
Le 30 juillet sonne l’heure du départ. La petite famille va bientôt monter à bord du TGV 9713 à destination de Barcelona- Sant, première étape de son voyage. A Barcelone, Nassira El Moaddem propose ses adresses et ses bons plans, ce qu’elle fera à chaque étape du périple jusqu’à sa destination finale. Puis, retour en gare pour monter à bord d’un AVE de la Renfe qui accomplit le voyage entre la capitale de la Catalogne et Cordoue, au coeur de l’Andalousie. Une cité avec un important héritage islamique, mais aussi juif et catholique Bref, un parfait trait d’union entre la culture européenne et nord-africaine. Puis, elle monte en garde de Cordoue « à bord d’un confortable Media Distancia » qui l’emmène jusqu’à Cadix. Elle donne ensuite toutes les informations utiles pour prendre le car de Cadix à Tarifa et monter à bord du ferry qui assure la traversée jusqu’à Tanger. En gare de Tanger – Ville, elle monte enfin à bord du dernier train de son parcours, qui la conduit jusqu’à Casablanca.
Après la description de son trajet, elle entreprend de regrouper dans un chapitre les informations pratiques essentielles pour organiser son propre voyage jusqu’au Maroc. Ainsi, vous pourrez vérifier si, comme l’écrit la journaliste, « le train, c’est un voyage initiatique, une invitation à la rêverie, même pour les plus courtes distances. Le train est inégalable… même pour rentrer au bled ! »
Et si on rentrait au Bled en train ? France – Maroc – France de Nassira El Moaddem. Éditions Gallimard Loisirs. (2025) Prix : 19,90 euros

Netflix. Bullet Train Explosion, le film catastrophe des ferroviphiles
La plateforme de streaming américaine Netflix propose à ses abonnés, depuis le 23 avril, Bullet Train Explosion. Ce film de catastrophe ferroviaire est à la fois la suite et le remake de Super Express 109, un classique du genre produit par les studios Toei pour concurrencer leur grand rival de la Toho sur le terrain des films catastrophes.
Réalisé par Jun’ya Sato, le film est sorti en 1975 dans les salles obscures japonaises. Le train est au coeur de l’action : au départ de la gare de Tokyo, le Shinkansen Hitari n°109 s’ébranle à destination d’Hakata. Un coup de fil anonyme prévient le directeur de la sécurité ferroviaire : une bombe a été placée à bord du train et si celui-ci descend en dessous de 80 km/h la charge explosive sera enclenchée.
50 ans après, les trains à grande vitesse japonais ont beaucoup changé. Le film se passe cette fois-ci à bord de l’Hayabusa 60 – un Shinkansen série 5 – de la compagnie JR East qui part de la gare de Shin-Aomori en direction de Tokyo. Mais, alors que train a déjà quitté son quai, le centre de contrôle de la compagnie reçoit un coup de téléphone menaçant directement le train.
Celui- ci explosera si sa vitesse passe sous la barre des 100 km/h. À son bord, les voyageurs et l’équipe du train sont otages de ce chantage, les malfaiteurs réclamant 100 milliards de yens aux autorités. Cette somme faramineuse devant être récoltée auprès des Japonais, à raison de 1 000 yens par personne ! Une étonnante façon d’obtenir une rançon… Après l’explosion d’un train de fret dans les mêmes conditions, les autorités ont la certitude que les malfaiteurs ne bluffent pas. Une course contre la montre est alors lancée pour sauver les passagers. Contrairement au film de 1975, où les relations entre la production et la compagnie ferroviaire ont été difficiles, JR East a été étroitement associée à la production du film.
Elle a prêté du matériel, autorisé l’accès à une salle de contrôle et à diverses installations. D’ailleurs, les cheminots de la compagnie sont les véritables héros du film. Que ce soit à bord du train piégé, avec le courage et le sang-froid du contrôleur et de la conductrice, au coeur de la salle de contrôle avec l’efficacité du régulateur ferroviaire et même sur les rails avec les équipes qui assurent les travaux sur les voies. Rythmé par de nombreux rebondissements, Bullet Train Explosion ravira les amateurs de films catastrophe, mais également les fans des chemins de fer nippons.
A voir sur Netflix. Bullet Train Explosion de Shinji Higuchi. Episcope. Japon. (2025)

Expo photo. Voyage en images au temps de la vapeur
Le bleu de chauffe, la casquette et le foulard noué autour du cou, le tout taché de suie… Revêtus de la même tenue que leurs ancêtres “seigneurs du rail”, les bénévoles qui font circuler d’anciennes locomotives à vapeur sont les vedettes d’une exposition présentée au Parc floral de Paris.
On dit qu’en matière de photographie, aux yeux des puristes, le noir et blanc l’emporteraient sur la couleur… C’est le parti pris de cette série baptisée Voyage à travers le temps des locomotives à vapeur et réalisée dans les années 1980 par Michel Planson, un ancien cheminot reconverti en photographe professionnel une fois parti à la retraite.
Ces photos, prises avec la complicité d’associations de restauration de matériel roulant historique, sont à (re)découvrir jusqu’au 1er juin dans l’exposition du Cercle des artistes de Paris, au Parc floral de la Ville de Paris, au bois de Vincennes, qui réunit des photographes, des peintres et des sculpteurs.

La mise en chauffe de la machine, les pelletées de charbon jetées dans le foyer, les moments de répit pendant le plein d’eau, la poignée de main à un copain cuisinier à la Compagnie des Wagons-Lits venu saluer l’équipage, la vigilance extrême lors des manoeuvres en gare ou pendant la marche, le départ dans un spectaculaire panache de fumée… autant d’instants de vie fixés sur la pellicule argentique qui reconstituent l’époque fascinante du temps des locomotives à vapeur, des cheminots et de la révolution industrielle.
Un hommage aux seigneurs du rail
« Tous ces bénévoles qui pilotent d’antiques locomotives avec talent et précision nous font vivre l’époque où les trains à vapeur sillonnaient les campagnes, où les mécaniciens et chauffeurs travaillaient d’arrache-pied à bord de “leur” loco, fidèle compagne du quotidien, dans un monde en pleine mutation grâce à l’avènement de la machine à vapeur », commente Michel Planson. « La vie quotidienne des cheminots était à la fois difficile et empreinte d’une grande fierté.

Les mécanos, ces véritables “seigneurs du rail”, dont la vie était marquée par la dureté, la persévérance, le courage et une passion inébranlable pour leur locomotive. Les cabines de conduite étaient souvent enfumées, bruyantes, et soumises à des variations extrêmes de température. Les vaporistes étaient fréquemment confrontés à des niveaux élevés de poussière de charbon et de vapeurs nocives, ce qui pouvait leur créer des problèmes respiratoires, des irritations oculaires et d’autres troubles liés à l’inhalation de particules fines. »
Voyage à travers le temps des locomotives à vapeur est une exploration immersive et poignante d’une époque révolue, mais dont l’héritage perdure grâce à ces passionnés qui font vivre cet univers en investissant leur énergie, leurs compétences et leur temps libre. Qu’ils en soient ici remerciés.
Cercle des artistes de Paris, au Parc floral de la Ville de Paris, bois de Vincennes, 75012 Paris
(entrée Nymphéas, pavillon 18). Jusqu’au 1er juin.
Tous les jours de 14h à 19h. Week-ends et jours fériés de 10h30 à 19 h.
Entrée du parc : 2,70 €. Exposition : entrée libre.

Vierzon – Le Mans. Succès pour le train spécial inédit de l’APPMF
Vierzon, Gièvres, Saint-Pierre-des-Corps, Château-du-Loir et enfin, Le Mans : tel était le parcours du train spécial de l’APPMF, le 5 avril, entre Sologne et Sarthe. Une première réussie pour cette association basée à Gièvres, bien connue des passionnés de trains.
Lorsque des mordus de chemins de fer partagent la même passion, cela donne un train spécial qui attire des Britanniques n’hésitant pas à traverser la Manche pour prendre place à bord… Le 5 avril, quatre-vingts d’entre eux faisaient partie des quelque 210 passagers du train affrété par l’Association pour la Préservation du Patrimoine et des Métiers Ferroviaires (APPMF) et l’Amicale des Anciens et Amis de la Traction Vapeur du Centre-Val de Loire (AAATV-CVL) des Aubrais. « A l’APPMF, nous sommes des mordus de trains, c’est vrai, mais les Anglais sont encore plus fous que nous ! », commente Pierre Hénoch, vice-président de l’APPMF et photographe quasiment attitré de cette association basée à Gièvres. A J – 1, les bénévoles ont formé la rame de l’AAATV-CVL aux Aubrais, préparé les voitures et procédé à leur numérotation, affiché les réservations, organisé le bar et la boutique.
Puis une locomotive SNCF a tracté la rame jusqu’à Vierzon tandis que le CC 65512 de l’APPMF était acheminé depuis Gièvres par une loco de la Cellule du Matériel Radié (CMR) de la SNCF.
Une puissance de 2000 chevaux
Le jour J, la journée s’annonçait ensoleillée, sans pluie, « ce qui nous a enlevé un peu de stress », raconte Pierre Hénoch. Seul accroc : à 6 heures, les équipes apprennent que la boulangerie ne peut pas honorer la commande de croissants passée la veille pour le petit-déjeuner devant être servi à la place aux passagers de la 1re classe. « On a eu une belle montée d’adrénaline ! Mais tout s’est arrangé grâce à deux autres boulangeries de Vierzon, qui nous approvisionnés dans les temps. » Et à 7 heures, tout le monde était prêt pour faire cette escapade entre Sologne et Sarthe, avec des arrêts à Gièvres (où une vingtaine de passagers est montée à bord), Saint-Pierre-des-Corps et Château- du-Loir, où la fameuse rotonde de motabon, classée monument historique, abrite une belle collection de matériel roulant de toutes les époques.
8h39 : les 2000 chevaux du CC 65512 se font entendre. Le train démarre en douceur. « Nous avons roulé sur la belle ligne non électrifiée qui relie Saint-Pierre-des-Corps au Mans via Château-du-Loir dans la Sarthe, un parcours bucolique très apprécié des voyageurs et des photographes », commente Pierre Hénoch. A l’arrivée au Mans à l’heure (12 h 55), un tour par les voies de service a permis aux chasseurs d’images de mitrailler de nouveau.
Puis, à 15h00 pile, ce fut le moment de regagner Vierzon. L’arrivée à 18h57 a conclu cette journée, dont le succès incite l’APPMF à renouveler l’initiative l’automne prochain. A suivre.
Contact : APPMF, parc des Alcools, D976,
41130 Gièvres. Tél. : 06 18 08 36 62.

Patrimoine. La Transvap prépare les festivités de son 50e anniversaire
Dans la Sarthe, ils étaient 340, petits et grands, à avoir choisi de se rendre sur le site de la Transvap pour la traditionnelle chasse aux oeufs de Pâques, lors du week-end pascal. La veille, les bénévoles de l’association avaient caché les précieuses friandises en différents endroits sur un terrain prêté par la commune de Prévelles. L’association sarthoise, réputée pour faire circuler ses trains touristiques tractés par d’authentiques matériels historiques, se réjouit du nombre de visiteurs accueillis lors de cette animation. Les trains anciens seront d’ailleurs de nouveau les vedettes d’un autre événement à venir : les 50 ans de l’association, un anniversaire que les bénévoles ont commencé à préparer. On sait déjà que parmi les festivités envisagées, il y aura des navettes assurées avec les deux locomotives vapeur, les autorails Billards sans oublier le Picasso. Rendez-vous les 28 et 29 juin !
Contact : Transvap, gare, 5 route de Montfort, 72 160 Beillé. Tél. : 02 43 89 00 37.

MTVS. Pour Pâques, une chasse aux oeufs et au trésor
Pendant le week-end de Pâques, le Musée des Tramways à Vapeur et des Chemins de fer Secondaires français a accueilli plus de 300 visiteurs, enfants et adultes. Un bon début de saison.
Au Musée des Tramways à Vapeur et des Chemins de fer Secondaires français (MTVS) à Butry-sur-Oise dans le Val-d’Oise, le week-end de Pâques a marqué le premier jour de circulation du train touristique. Le matin avait lieu la chasse aux oeufs pour les enfants de Crèvecoeur, la commune voisine, soit 80 enfants accompagnés de leurs parents, donc environ 200 personnes le matin avec deux trains : le premier en diesel, le second avec l’antique locomotive à vapeur des anciens Tramways de la Sarthe, construite en 1898, soigneusement restaurée par les bénévoles du MTVS. « L’après-midi, la fréquentation a encore grimpé en atteignant le nombre de 309 visiteurs venus participer au jeu que nous avions spécialement concocté », raconte Olivier Janneau, président du MTVS. Le scénario : trois malheureux pirates s’étant fait dérober leur coffre au trésor renfermant les cartes indiquant l’emplacement des oeufs, ils se sont fait aider par les enfants pour retrouver à la fois leur coffre (qui était difficile à ouvrir sans la bonne clef !) et le campement du voleur… Bilan de la journée ? « Nous avons atteint la barre des 500 personnes. C’est un beau début ! », se réjouit Olivier Janneau. Quelques jours plus tard, les bénévoles prévoyaient de consacrer la journée du 24 à de la pose de voie, « le dernier coupon de 35 mètres, juste au PN de Blicourt », précise le président du MTVS.
Contact : Musée des Tramways à Vapeur et des Chemins de fer Secondaires français (MTVS), place de la Gare, 95430 Butry-sur-Oise. Tél. : 01 34 73 04 4. [email protected], www.mtvs.fr

Patrimoine. Usimages célèbre l’esthétique industrielle des transports
La 6ème édition d’Usimages a ouvert ses portes le 12 avril dernier. Cette biennale de la photographie du patrimoine industriel et du travail se déroule jusqu’au 15 juin dans l’agglomération de Creil autour du thème des transports.
Usines et ateliers deviennent parfois d’improbables studios de photographie… La richesse des fonds photographiques préservés dans les archives des grandes entreprises le prouve. La 6ème édition d’Usimages, biennale de la photographie du patrimoine industriel et du travail, explore la thématique des transports à travers une programmation de douze expositions présentées dans plusieurs sites sur les communes du territoire de l’Agglomération Creil Sud Oise. Jusqu’au 15 juin 2025, ces expositions en plein air s’installent dans les communes de Cramoisy, Creil, Maysel, Montataire, Nogent-sur-Oise, Rousseloy, Saint-Leu-d’Esserent, Saint-Maximin, Saint-Vaast-lès-Mello, Thiverny et Villers- Saint-Paul. Afin de visiter les différentes expos, vous pouvez emprunter gratuitement les bus du réseau AXO, qui dessert les différentes communes de l’agglomération.
Quatre expositions intéresseront particulièrement les lecteurs de La Vie du Rail. A Thiverny, place Roger Salengro, l’exposition La fabrique du voyage a été conçue en partenariat avec le Fonds de dotation Orient Express. L’historien Arthur Mettetal a été associé au commissariat de l’exposition.
Inventé aux USA par Pullman, le « wagon- lit » a été importé en Europe par le belge Georges Nagelmackers, fondateur de la Compagnie des Wagons-lits.
Calais-Méditerranée-Express, La Flèche d’or, l’Étoile du Nord, le Paris-Côte belge, l’Oiseau bleu, le Côte d’Azur Pullman Express, le Taurus Expres et bien sûr le célèbre Orient-Express : les trains de la compagnie ont écrit les plus belles pages de l’histoire des wagons- lits sur le continent. Afin de garantir une continuité de service, la CIWL s’appuie sur un réseau dense d’ateliers de maintenance et de dépôts pour pallier toute éventualité. Afin d’assurer la promotion de ses activités, la CIWL fait appel à des photographes qui rendent compte des innovations de la compagnie et de son incroyable organisation. Responsable du patrimoine à l’Orient-Express (filiale de la SNCF), Arthur Mettetal connait parfaitement les fonds de la Compagnie internationale des wagons-lits (CIWL), dont sont issues les photographies exposées ici. Ces clichés permettent de retracer notamment les différentes étapes de construction des voitures qui ont fait la réputation de la compagnie.
Après les trains de luxe, voici les trains du quotidien avec l’exposition Matra, automatisation du transport, qui se déroule à Cramoisy en partenariat avec les Archives nationales du monde du travail. En 2005, Victoria Thomas, archiviste chez Matra, a contacté les Archives nationales du monde du travail pour assurer la sauvegarde des fonds historiques de l’entreprise. Initialement baptisée Société générale de mécanique- avion-traction, réduit rapidement à un simple « Matra », cette entreprise d’armement a été créée en 1937 par Marcel Chassagny. En 1963, Jean-Luc Lagardère rejoint l’entreprise avec pour mission de diversifier ses activités. Au début des années 1970, la société se lance dans le secteur des transports en commun.
Matra a l’ambition d’adapter le concept du PRT (Personal Rapid Transit), une idée lancée par des entreprises aérospatiales américaines. En 1983, Matra réalise le Val de Lille, qui était le premier métro automatique au monde à être utilisé comme transport public urbain.
Le directeur des collections du Musée Nicéphore Niépce de Chalon-sur- Saône (l’institution est partenaire de l’évènement), Sylvain Besson, est le co-commissaire de l’exposition Alst- Hommes. Présentée à Montataire, dans le square Pierre et Léa Léger, celle-ci plonge le spectateur dans l’intimité de l’usine Alsthom de Belfort dans les années 1990. Marc Paygnard a arpenté les différents ateliers pour photographier les salariés dans leur labeur quotidien, saisissant la beauté des gestes de ceux qui produisent alors le fleuron du rail français : le TGV.
Enfin, nous traversons l’Atlantique et découvrons le quotidien des employés du métro de Montréal au Canada. Baptisée Les travailleurs de la Société de transport de Montréal (STM), l’exposition installée place de la Mairie, à Maysel, présente le travail de Caroline Hayeur dans le cadre d’une carte blanche aux Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie. Cette reporter photographe montréalaise est connue pour avoir documenté la culture techno et rave de Montréal, de Paris et de Moscou. Changement radical d’ambiance avec cette commande passée par la STM à l’occasion des 150 ans des transports en commun de Montréal. Caroline Hayeur a pénétré au plus profond de ce monde souterrain et ainsi documenté ces métiers – visibles et invisibles aux usagers – qui permettent au métro de fonctionner.
Plus d’infos sur : www.creilsudoise.fr

Tourisme. Grand ménage de printemps au Muséotrain
Préparer son site avant d’accueillir les premiers visiteurs d’une nouvelle saison touristique est toujours un gros boulot pour les exploitants de musées. A Semur-en-Vallon (Sarthe), au Muséotrain, une légère inquiétude flottait dans la tête des membres de l’équipe de Christian Pottier, président de l’association qui exploite un train touristique et un musée dédié au constructeur Decauville. « Allions-nous y arriver ? Ce n’est pas rien de préparer l’accueil du public », confie-t- il. « C’est un gros travail, souvent ingrat et difficile. Il faut penser à tout, vérifier le moindre détail, y compris le moindre recoin dans les salles d’exposition, descendre dans les fosses, monter sur le toit des voitures de nos trains, supprimer toutes les toiles d’araignées qui, parfois, sont bien visibles mais presque inaccessibles, traquer la poussière sur le matériel et les objets de collection, dégager les restes de chantiers, sans oublier les extérieurs avec toute la végétation qui a bien poussé le long des voies ferrées et qu’il faut maîtriser. Tout ça et plein d’autres choses…
Quand on sait que le bénévolat s’épuise petit à petit d’année en année, on se demandait vraiment si ça allait encore le faire cette année ! » Mais c’était sans compter sur la bonne volonté d’une poignée de femmes et d’hommes, venant de loin pour certains et qui ont « une réelle envie que le site du Muséotrain continue d’exister et de fonctionner pour le plus grand plaisir des visiteurs », commente Christian Pottier. Dix bénévoles, aidés de deux salariés de l’association, se sont activés sans compter pendant trois jours, du 10 au 12 avril. « Martial, Stéphanie, Jade, Gaélic, Justine, Nelly et les autres ont accompli un travail d’équipe avec professionnalisme et, cerise sur le gâteau, dans une super bonne ambiance », indique Christian Pottier.
« Il faut bien le dire, sans eux, c’est clair, on ferme le portail et le site s’arrête. En ne prenant en compte que ce grand ménage, s’il avait fallu faire appel à une entreprise prestataire, nous aurions dû payer 4 000 €. Or c’est tout simplement impossible comptetenu de la trésorerie de l’association. » Grâce à ces fées du logis version “chemin de fer”, tout était donc prêt pour accueillir les premiers visiteurs et faire circuler les tout premiers trains réguliers les 16 et 23 avril lors des vacances de Pâques. Un avantgoût de la saison en continu du Muséotrain, qui débutera le 6 juillet et s’achèvera le 31 août. « Sans oublier la Nuit des musées, le samedi 17 mai à partir de 20h », annonce Christian Pottier. Rendez-vous est pris !
Contact : Muséotrain La Gare, 72390 Semur en Vallon. Tél. : 06 30 84 41 33. ccfsv333@ gmail.com https://museotrain.fr/

Social. Comment la RATP et la SNCF aident les sans-abri
La RATP, premier opérateur de transport au monde à avoir développé un service d’assistance pour les sans-abri, affiche trente ans d’activité de son Recueil social, créé en 1994. Cet engagement pérenne dans la lutte contre la grande exclusion, l’entreprise l’a renouvelé avec le soutien d’Ile-de-France Mobilités.
Chaque jour, le Recueil social de la RATP rencontre sur son réseau en moyenne 160 personnes sans-abri, dont près de trois-quarts acceptent l’accompagnement qui leur est proposé. Trente ans après sa création, ce service continue de fonctionner à 100 % 365 par an, 24h/24h, en vertu de l’engagement sociétal de l’entreprise présidée par Jean Castex. « La RATP est le premier opérateur de transport à s’être doté d’un tel service pour la prise en charge et l’orientation des sans-abri sur son réseau. Le Recueil social illustre notre mission de service public d’accompagner l’ensemble de nos usagers, y compris les plus vulnérables, de lutter contre la grande exclusion et je salue l’engagement des agents volontaires qui, chaque jour et chaque nuit, se mettent à leur service », déclarait le président de la RATP à l’occasion du 30e anniversaire du Recueil social en novembre dernier.
« Un engagement responsable et solidaire »
« A travers ce service, c’est l’engagement responsable et solidaire de la RATP qui s’exprime. L’entreprise ne peut rester indifférente à ce phénomène de société qu’est l’exclusion. D’autant qu’en trente ans, cette partie de la population a changé », explique Grégoire Caffin-le-Du, responsable de la mission de Lutte contre la grande exclusion à la RATP. Fini le stéréotype du SDF alcoolisé et plutôt âgé… Une population nouvelle et diversifiée a fait son apparition : des hommes jeunes, des travailleurs aux faibles revenus qui n’ont pas les moyens de se loger à Paris, des femmes qui, parfois, sont accompagnées de leurs enfants… On estime que 14 % des personnes en situation de rue sont des femmes, un phénomène inconnu il y a trente ans.
Plus de 25 700 accompagnements en 2023
« Au-delà de cet engagement de l’entreprise, c’est l’expression de l’humanisme des agents RATP qui mettent cette stratégie en mouvement, des hommes et des femmes qui ont développé un vrai professionnalisme pour aller vers les personnes les plus démunies, faire changer le regard que nous portons sur elles et, au final, faire en sorte que lutter contre l’exclusion ne soit pas qu’un voeu mais une réalité», poursuit Grégoire Caffin- le-Du. La réalité, c’est que dans notre pays, la population de sans-abri a plus que doublé entre 2012 et 2023 : la hausse atteint 130 % (étude Insee 2023) sur l’ensemble du territoire national.
L’équipe dédiée au Recueil social compte environ 60 agents, tous volontaires et spécifiquement formés, qui oeuvrent 24h sur 24, 365 jours par an. Leur mission : établir le contact avec les sans-abri présents sur le réseau d’Ile-de-France Mobilités, dans les gares et les stations (métro, RER, tramways, gares routières, autobus y compris les Noctiliens). Ces agents maraudent afin de proposer une prise en charge vers des structures adaptées en surface : accès aux soins médicaux d’urgence dans l’Espace Solidarité Insertion (ESI) du Samu social dans le XIIe arrondissement, aide pour trouver une place dans des hébergements pour passer la nuit, ou encore accès à des modules de réinsertion pour leur permettre de trouver une solution durable.
Un modèle pour le métro de Bruxelles
En 2023, plus de 25 700 accompagnements ont été réalisés. Chaque jour, cela représente en moyenne 160 personnes orientées par ces “anges gardiens”. Près des trois quarts de ces dernières acceptent l’accompagnement qui leur est proposé en dehors des espaces de la RATP. C’est là que les partenariats noués avec différentes structures se révèlent précieux, parmi lesquels « la Ville de Paris, la direction régionale et interdépartementale de l’Hébergement et du Logement (Drihl) Ile-de-France, le Centre d’hébergement et d’assistance aux personnes sans-abri (Chapsa) au sein de l’hôpital Max-Fourestier à Nanterre dans les Hauts-de-Seine, ou encore le Samu social », énumère Johanne Rosier, directrice opérationnelle de la mission Recueil social. De plus, une convention passée avec l’hôpital Sainte-Anne à Paris et ses services de psychiatrie permet d’orienter les cas “sensibles” – troubles psychiatriques, risque de tentative de suicide – vers les équipes médicales adaptées.
En 2024, on recensait dans Paris environ 3 500 personnes sans-abri, soit 16 % de plus que l’année précédente. Trente ans après sa création, la raison d’être du Recueil Social de la RATP est donc plus que jamais d’actualité. Ce service sert d’ailleurs de modèle pour d’autres pays européens comme la Belgique, qui, l’an passé, a décidé de créer un service similaire sur le métro de Bruxelles.

Rouvrir Agen-Auch c’est possible et indispensable
La ligne Agen – Auch relie la gare de Bon-Encontre, près d’Agen, à celle de Vic-en-Bigorre, via Auch. La partie Agen à Auch est restée exploitée pour les voyageurs jusqu’en 1970, pour le trafic fret jusqu’en 2015. Aujourd’hui, si tous (État, régions, départements, collectivités locales) reconnaissent la nécessité de relier les deux préfectures du Gers et du Lot-et-Garonne, ils divergent sur l’exploitant, les matériels, un service voyageurs et/ou fret, et sur le coût de cette réalisation. Pour le désenclavement du Gers, seul territoire de la région à ne plus avoir de liaison ferroviaire avec les départements limitrophes, il faut privilégier cette ligne dans un premier temps.
Les besoins sont réels avec l’attractivité de l’agglomération d’Agen. Côté voyageurs, cette ligne en bus LIO est une des plus fréquentées d’Occitanie avec 75 000 passagers. Côté fret, il y a les céréales et d’autres entreprises bénéficiant de la connexion avec les zones industrielles traversées par la ligne. Il peut y circuler des trains complets, car les pentes et déclivités sont à moins de 8 ‰, du trafic diffus, et prévoir une vitesse voyageurs à 140 km/h. Il y a encore toute l’emprise, la plate-forme et les rails, mais un renouvellement des voies et du ballast s’impose pour admettre aussi le fret. Les autres travaux concernent essentiellement un ouvrage d’art long de 450 m (pont sur la Garonne) et la sécurisation des 49 passages à niveau (PN), mais pas la transformation en pont ou passage souterrain.
Il n’y a que trois croisements avec une route nationale et peu avec une départementale fréquentée, mais qui ne nécessitent pas d’ouvrage d’art, le reste des franchissements concerne des petites routes et des chemins privés. De nombreux décideurs relaient toujours une prétendue réglementation sévère en la matière, obligeant la suppression des PN des lignes à rouvrir. Jean- Luc Gibelin, vice-président de la région Occitanie, reprend dans La Dépêche : « Le coût de la remise en état d’un PN est de 5 M€. Il y en a 49 entre Auch et Agen, cela représente la somme de 245 M€ », ce qui peut condamner le projet. Alors que, sur la ligne Montréjeau – Luchon de 36 km, pour sécuriser 26 PN sur 37 il n’est budgété que 6 M€. La Fnaut demande des règles de réouverture des PN en cas de remise en service de lignes. L’étude confiée à Cerema doit tenir compte de l’analyse des risques et non pas de la seule suppression des PN. La réouverture complète d’Agen – Auch est donc bien financièrement possible.