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  • Hommage. Bruno Capbal, infatigable conteur de l’univers du chemin de fer

    Hommage. Bruno Capbal, infatigable conteur de l’univers du chemin de fer

    A la suite du décès de Bruno Capbal, La Vie du Rail a perdu l’un de ses plus fidèles correspondants. Le journal s’associe à l’hommage que nous a transmis Jacques Fargès, administrateur et trésorier de l’association Urgence Ligne POLT, qui connaissait bien l’ancien cheminot

    . C’est avec beaucoup de retard, mais avec une grande ferveur, que je voudrais rendre hommage à Bruno Capbal, décédé le 30 juin 2024 des suites d’une longue maladie. Ancien agent du service voyageurs en gare de Brive-la-Gaillarde, ce fidèle correspondant de La Vie du Rail a écrit de nombreux articles pour rendre hommage aux anciens collègues de la famille cheminote locale.

    Bruno était un passionné dans tout ce qu’il faisait : passionné de ferroviaire, de tourisme, d’histoire régionale, d’archéologie, de jeux télévisés et radiophoniques. Il a notamment participé plusieurs fois au Jeu des 1000 € et à Questions pour un champion. Il adorait parler de la vallée de sa Dordogne natale, dont il était un fidèle et fervent interprète. Depuis sa retraite, il postulait souvent pour des rôles de figurant dans les films tournés dans le Limousin.

    C’est ainsi qu’il a fait une apparition dans la série Un Village français en 2017 (lire LVDR n° 3640). Il suivait de près la vie des associations de défense des gares et des lignes ainsi que des trains touristiques. Je ne parlerai que de ses principaux centres d’intérêts, mais il en avait bien d’autres avec toujours le souci de partager et d’approfondir ses connaissances. Bruno, tu nous manques et je m’associe à La Vie du Rail pour saluer ta personne au parcours de vie particulièrement riche et attentionné pour les femmes et les hommes que tu côtoyais.

  • A Thonon-les-Bains, le funiculaire passe les tests

    A Thonon-les-Bains, le funiculaire passe les tests

    A Thonon-les-Bains en Haute-Savoie, les cabines du funiculaire qui avaient été déposées en janvier pour la visite décennale obligatoire, ont fait leur retour sur les rails le 28 avril dernier : l’intervention a eu lieu dans la matinée en gare aval au port de Rives, comme lors de la dépose. Les travaux ont bien avancé, les pièces attendues ayant été livrées en temps et en heure. Différentes phases de test ont été engagées, avec une remise en service ce mois de juin.

    Depuis son inauguration le lundi de Pâques, le 2 avril 1888, ce mode de transport sur rail relie le centre-ville à la ville basse et au port, situé sur les rives du lac Léman. La ville avait choisi d’installer le funiculaire pour pallier les difficultés de communication entre la ville et le port. Bien qu’il dure seulement 3 minutes, le voyage offre une superbe vue sur le port et le lac Léman. Les cabines en métal de 53 places ont remplacé depuis longtemps les cabines d’origine, qui étaient en bois et comportaient deux classes.

    Le système de contrepoids (remplissage par eau pour la descente) a fait place à une nouvelle génération de funiculaire à moteur électrique. Celui-ci a été rénové à deux reprises en 1951, puis en 1989 afin de moderniser son mécanisme : celui- ci est entièrement automatisé, ce qui a entraîné la disparition des chauffeurs vêtus de leur blouse blanche à col bleu. L’originalité du “funi” ? Il est le seul funiculaire au monde où les cabines se croisent en courbe ! Détail pratique : la fréquence des départs est de 5 minutes (variable selon l’affluence). A noter que lors des Journées européennes du patrimoine, le 3ème week-end de septembre, on peut multiplier les visites entre ville haute et ville basse en empruntant le funiculaire qui est exceptionnellement gratuit pendant ces deux jours de 8 h à 21 h.

    Départ quai de Rives ou rue Michaud ( fermé le 25 décembre et le 1er janvier).

    Rens. : 04 50 26 35 35.

  • La gare du Champ de Mars enfin sauvée ?

    La gare du Champ de Mars enfin sauvée ?

    Laissée à l’abandon depuis quarante ans, l’ex-gare du Champ de Mars, construite pour les Expositions universelles de 1878 et 1889 et déménagée ensuite à Asnières dans les Hauts-de-Seine, était menacée d’être démolie. La municipalité l’a rachetée à la SNCF pour donner une seconde vie à ce bâtiment typique de la fin du XIXe siècle.

    Nouveau rebondissement dans le feuilleton de l’ex-gare du Champ de Mars, oeuvre de l’architecte Juste Lisch (1828-1910) pour les Expositions universelles de 1878 et 1889 – elle a été construite au pied de la tour Eiffel – avant d’être déménagée à Asnières-sur-Seine, à la frontière de Bois-Colombes (Hauts-de-Seine). L’été dernier, le bâtiment, également connu sous le nom de gare des Carbonnets et inscrit aux Monuments historiques en 1985, a été racheté à la SNCF par la commune pour la somme de 425 000 €, échappant ainsi à la démolition. Le projet de réhabilitation vise à restaurer à l’identique le bâtiment voyageurs, très dégradé depuis quarante ans par les intempéries et le temps. Le projet, ambitieux, est bien engagé. Le montant des travaux avoisine les 8 M€. L’édifice de 1 500 m², typique de la fin du XIXe siècle avec sa magnifique verrière et son volume en briques et métal, doit être réhabilité à l’identique par le cabinet d’architectes Béchu et Associés, sous la houlette de la direction régionale des affaires culturelles (Drac). L’agence d’architectes a notamment rénové le Cirque d’hiver, à Paris. L’étape suivante consiste à lancer un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour trouver un opérateur et un projet afin d’exploiter les lieux à l’avenir.

    La gare Lisch pourrait ainsi devenir un équipement sportif, culturel ou mixte. Le potentiel est important grâce à son implantation à proximité de la future gare du Grand Paris Express de Bois-Colombes. La ville d’Asnières espère que les travaux commenceront début 2026. En attendant, la priorité est de mettre le bâtiment hors d’air et hors d’eau, en respectant les exigences des Monuments historiques.

  • Grande-Bretagne. Une locomotive met à l’honneur l’Artillerie royale

    Grande-Bretagne. Une locomotive met à l’honneur l’Artillerie royale

    Alors que les festivités célébrant les 200 ans de la naissance du chemin de fer moderne se déroulent toute l’année au Royaume Uni, le régiment royal d’artillerie est également de la partie. Une locomotive récemment rénovée porte haut les couleurs des artilleurs !

    Des soldats qui marchent au pas sur un quai de gare et saluent au garde-à-vous l’arrivée d’une locomotive… Cette scène étonnante s’est déroulée le 30 mai dernier dans une petite gare britannique. Network Rail, le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire de Grande-Bretagne, la compagnie South Western Railway (SWR) qui dessert notamment le sud-ouest de l’Angleterre, et le ministère britannique de la Défense ont dévoilé en gare de Salisbury la locomotive de Classe 45 dédiée au régiment royal d’artillerie. La machine étant de retour sur les rails à la suite d’une rénovation importante de ce matériel roulant mis en service pour la première fois en 1965.

    La gare de Salisbury a été choisie car elle dessert le quartier général de la Royal Artillery à Larkhill. Située non loin du site préhistorique de Stonehenge, cette petite localité est depuis longtemps associée à l’armée britannique. C’est aujourd’hui l’une des principales garnisons du plateau de la Plaine de Salisbury. Elle accueille notamment l’École royale d’artillerie et depuis 2008, le régiment de l’Artillerie Royale. Celui-ci a été fondé en 1716 et entretient une longue relation avec le chemin de fer. Les trains permettant après 1825 et l’avènement du chemin de fer moderne de transporter notamment les munitions plus aisément.

    Baptisée Royal Artilleryman par les British Railways, la locomotive a été présentée au public en présence de nombreux militaires, notamment de membres de la Royal Artillery Association et de la garde d’honneur, mais également devant de nombreux cheminots et d’agents de la SWR. Les hauts gradés du régiment sont arrivés à bord d’un train historique, tracté par la locomotive modernisée, après avoir embarqué à Warminster. Ils ont été salués par les troupes dans les règles de l’art à leur arrivée à Salisbury. Puis, les nombreux invités sont montés à bord du train pour effectuer un voyage spécial via Southampton et Eastleigh avant de retourner à Salisbury.

    Afin de s’attirer les bonnes grâces du seigneur, le doyen de la cathédrale de Salisbury a béni la locomotive qui appartient à l’entreprise Locomotive Services Limited (LSL), une société d’exploitation ferroviaire en Grande-Bretagne qui or- ganise des circuits ferroviaires à l’aide de locomotives à vapeur, diesel et électriques patrimoniales.

    L’évènement était l’occasion de Network Rail de rappeler que le gestionnaire a signé le Pacte des forces armées avec le ministère de la Défense en 2017 et est titulaire d’un Gold Award pour le programme de reconnaissance des em- ployeurs de la défense (ERS). Et de rap- peler qu’environ 10 % du personnel de Network Rail a un passé dans les forces armées du pays.

    South Western Railway a également signé le Pacte des forces armées et obtenu le Defence Employer Recognition Scheme Silver Award, attribué aux employeurs qui « s’engagent, démontrent ou prônent leur soutien à la défense et à la communauté des forces armées, et alignent leurs valeurs sur le Pacte des forces armées ». SWR dispose également d’un réseau actif de collègues issus des forces armées de sa majesté. L’année dernière, la compagnie ferroviaire a aussi soutenu l’association caritative « Scotty’s Little Soldiers » qui vient en aide aux enfants dont les parents ont perdu la vie alors qu’ils servaient dans les forces armées britanniques.

    Sir Andrew Gregory, un officier à la retraite de l’armée britannique qui a occupé le poste de chef d’état-major adjoint de la Défense et ancien maitre-artilleur, a déclaré à cette occasion : « Cela fait un énorme plaisir à la Royal Artillery de voir notre locomotive restaurée dans toute sa splendeur, avec un niveau de soin et d’attention aux détails vraiment impressionnant. Quand elle parcourt le réseau ferroviaire national, elle sera un mémorial pour la famille des artilleurs et un symbole de la longue relation de l’armée britannique avec l’industrie ferroviaire, en particulier pendant l’année des célébrations du 200e anniversaire du chemin de fer. »

    Cette année marque les 200 ans du chemin de fer moderne et l’armée britannique ne pouvait pas rester à l’écart des célébrations. Le premier voyage ferroviaire de l’ère de la vapeur a eu lieu sur la ligne Stockton and Darlington Railway le 27 septembre 1825 quand la Locomotion N° 1 créée par George et Robert Stephenson parvenait à tracter les premières voitures chargées de voyageurs, en accomplissant en deux heures le trajet parcourant les 19 kilomètres de la ligne de chemin de fer. En souvenir de ce jour historique, des dizaines d’évènements sont programmées dans tout le pays pendant toute l’année 2025.

  • Arte. Le Kenya, une nation liée au train

    Arte. Le Kenya, une nation liée au train

    Direction l’Afrique de l’Est dans ce reportage du magazine d’Arte Invitation au voyage avec l’histoire du « Lunatic Express ». Ce chemin de fer reliant l’Ouganda et le Kenya a gagné ce surnom tant ce projet paraissait à l’époque parfaitement utopique.

    À la fin du XIXe siècle, l’Empire britannique cherche à consolider son contrôle sur l’Afrique de l’Est. En 1895, la Grande-Bretagne établit le protectorat de l’Afrique de l’Est britannique, qui correspond aujourd’hui au Kenya. Relier la côte (Mombasa) à l’intérieur des terres (jusqu’à l’Ouganda, notamment le lac Victoria) doit faciliter le commerce et l’exploitation des ressources naturelles de ces colonies. Et accessoirement doit permettre de transporter rapidement des troupes en cas de troubles. Le chantier débute en 1896 à Mombasa. Plus de 30 000 ouvriers, principalement venus de l’Inde britannique, sont recrutés.

    Beaucoup resteront sur place après la fin des travaux, donnant naissance à une importante communauté indo-kényane. Les travaux sont particulièrement difficiles. La ligne doit s’affranchir de profondes vallées, des montagnes et des rivières. Le paludisme et la dysenterie font des ravages chez les ouvriers. Les animaux sauvages sont également de la partie. A Tsavo, deux lions mangeurs d’hommes ont ainsi tué des dizaines de personnes.

    La ligne atteint Kisumu (alors appelée Port Florence), sur le lac Victoria, en 1901. Dans un deuxième temps, elle est connectée à Kampala, en Ouganda. Ce chantier a marqué durablement les communautés qui ont participé souvent à leur corps défendant. Mais, il a également permis l’émergence d’une nation. Nairobi, la capitale du Kenya, a été créé par l’arrivée en 1899 de la ligne de chemin de fer. En accueillant le siège de la compagnie ferroviaire, elle devient rapidement un important carrefour commercial.

    Mercredi 18 juin à 17 h 25 sur Arte. Invitation au voyage – Au Kenya, le train qui a accouché d’un pays. ARTE France, Éléphant Doc. (2024)

  • Au festival de Cannes, Ceux du Rail ont décerné les Rails d’Or

    Au festival de Cannes, Ceux du Rail ont décerné les Rails d’Or

    Comme chaque année, les membres de Ceux du Rail, l’association nationale des cheminots cinéphiles, étaient présents au festival de Cannes. Le 22 mai, ils ont décerné les 29es Rails d’Or dans le cadre de la Semaine de la critique. Les marraines de l’édition 2025, la comédienne Eminé Meyrem (Sonar) et Cécile Tellier, responsable du pôle Tournages de la SNCF, ont remis les trophées aux lauréates.

    Le Grand Rail d’Or a été décerné à Left-handed-girl, de la Taïwanaise Shih-Ching Tsou. Son film, aux multiples rebondissements, retrace le quotidien d’une mère célibataire et ses deux filles arrivées à Taipei pour ouvrir une petite cantine au coeur d’un marché nocturne de la capitale taiwanaise.

    Le Petit Rail d’Or récompense Donne batterie, court métrage de Carmen Leroi. L’histoire de Lila qui doit se débarrasser d’une encombrante batterie laissée chez elle par son ex. Elle décide de faire un geste généreux via une plateforme en ligne, mais ce don l’entraîne dans des aventures inattendues.

    Contact : Ceux du Rail, Michel Rocher,

    président, 06 46 14 68 51.

    [email protected]

    https://ceuxdurail.weebly.com

  • Bretagne. La grande vitesse ferroviaire s’expose à Morlaix

    Bretagne. La grande vitesse ferroviaire s’expose à Morlaix

    La première exposition temporaire programmée à l’Espace des sciences de Morlaix est consacrée à la grande vitesse ferroviaire. Maquettes, simulateur de conduite, jeux et vidéos : le parcours permet de comprendre les défis et les enjeux de cette haute technologie.

    Ouvert au public au début du mois de juillet 2024, au coeur de l’ancienne Manufacture des tabacs, l’Espace des sciences de Morlaix propose 2 800 m2 de parcours de visite, neuf espaces d’expositions, dont une salle d’exposition temporaire. Depuis le 8 mai dernier, une toute première exposition se déploie sur 300 m2. Elle permet aux visiteurs de découvrir les coulisses d’un tour de force technologique : la grande vitesse ferroviaire.

    Coproduite avec l’Espace des sciences de Rennes, où, en 2017, elle a été initialement présentée au public breton, l’exposition a été créée en partenariat avec Alstom et l’Union internationale des chemins de fer (UIC) avec le soutien de la SNCF et de l’INRAP, l’Institut national de recherches archéologiques préventives. L’organisation internationale a apporté toute son expertise grâce à Michel Leboeuf, ancien responsable de la recherche sur les trains à grande vitesse, qui a assuré le commissariat scientifique de l’exposition avec Yvon Lechevestrier. Le premier espace de l’exposition revient sur l’histoire de la grande vitesse ferroviaire.

    Lancée au Japon en 1964 par le Shinkansen, le célèbre « Bullet Train », elle a transformé notre façon d’appréhender le voyage en train. En France, la SNCF se lance complètement dans l’aventure dans les années 70-80. Le 26 février 1981, une rame établit un record à 380 km/h et la LGV Paris- Lyon est inaugurée le 22 septembre de la même année. Progressivement, le club des pays où l’on peut voyager à bord de trains à grande vitesse élargit. Aujourd’hui, on avale les kilomètres de rail à un rythme soutenu dans de nombreux pays, notamment en Europe et en Asie. Le réseau à grande vitesse mondial compte ainsi 59 641 km de voies, où circulent 6 500 rames à grande vitesse. Des vidéos des records de vitesse sont présentées au public.

    Après un point sur l’histoire de la grande vitesse ferroviaire, la scénographie propose aux visiteurs de se confronter à trois défis. Le premier : déplacer un train de 400 t à une vitesse commerciale de 320 km/h ! C’est ce tour de force qui est détaillé dans l’espace du premier défi lancé par l’exposition.

    Nous découvrons ainsi les paramètres physiques et mécaniques qui conditionnent le déplacement sur rail, notamment l’incroyable progrès que représente la faible surface de contact entre le rail et la roue. Le visiteur peut ainsi comparer la différence de force qu’il faut pour faire tourner une roue métallique sur un rail et une roue de voiture équipée d’un pneu sur le bitume. La surface de contact roue-rail des 52 roues d’un TGV est équivalente à celle d’un post-it, soit environ 50 cm². Alors que la surface de contact des quatre roues d’une voiture est celle d’une feuille A4, soit environ 600 cm² !

    Second défi : comment tracer et construire une LGV ? Il faut d’abord définir le bon tracé. La grande vitesse impose d’éviter des pentes trop fortes et des virages trop serrés. Le tracé doit tenir compte de la qualité des sols, franchir les obstacles, tout en préservant les milieux et limiter au maximum l’impact environnemental. Puis, il faut prendre en compte les différentes contraintes humaines en gardant en tête une donnée essentielle : 1 km de LGV coûte 20 millions d’euros pour un gain de temps de 12 secondes ! Une fois le tracé achevé, il faut préparer le chantier en achetant les terrains, permettre des fouilles préventives par des archéologues de l’INRAP ou encore prendre des mesures pour assurer la viabilité écologique du projet.

    Le troisième défi est celui de la sécurité, on y détaille les mesures spécifiques qui permettent de se déplacer sur rail à 320 km/h en toute sécurité. On découvre notamment l’intérieur de l’Iris 320 grâce à une maquette dont la carrosserie a été partiellement découpée. L’Iris 320 n’est pas un TGV comme les autres. Équipé de 150 capteurs et de 20 caméras, il ne transporte pas de passagers, mais une foule de spécialistes qui vivent en autarcie dans le train. Depuis 2006, cette rame de mesures à grande vitesse, ou MGV, scrute les installations de la voie, de la caténaire, de la signalisation, des télécommunications des lignes à grande vitesse du réseau français. Véritable laboratoire sur rail, elle est capable de détecter la moindre anomalie, de l’enregistrer, puis de diffuser les données ainsi collectées aux agents chargés de la maintenance des infrastructures. 320, c’est la vitesse à laquelle cette rame unique va sillonner les lignes françaises. 320 km/h étant la vitesse maximale à laquelle vous voyagerez dans un TGV. Les visiteurs pourront également prendre place dans une cabine de TGV reconstituée et s’essayer à la conduite du train mythique face à un tableau de bord numérique.

    L’exposition coïncide avec le 160e anniversaire du viaduc de Morlaix. Elément incontournable du paysage de la cité bretonne, le viaduc de Morlaix permettait de relier la gare de la ville à la ligne de Paris- Montparnasse à Brest. Mis en service en avril 1865, il est alors le plus haut viaduc de France. L’ouvrage d’art est un véritable monument et a transformé la ville en profondeur. Le dessinateur belge François Schuiten qui a réalisé l’affiche de l’évènement a d’ailleurs choisi de représenter sur celle-ci le fameux viaduc, symbole de l’arrivée du rail dans la région et un train à grande vitesse futuriste, scellant en une image la grande aventure du rail.

    Informations pratiques : Grande vitesse, jusqu’au 30 avril 2026. Espace des sciences de Morlaix. La Manufacture des tabacs. 42, quai du Léon. 29600. Morlaix. www.espace-sciences-morlaix.org. Tél. : 02 98 15 29 27.

  • Patrimoine. Le festival Vapeur en fête du P’tit train de la Haute Somme

    Patrimoine. Le festival Vapeur en fête du P’tit train de la Haute Somme

    Chaque année à la Pentecôte, en Picardie, l’association du P’tit Train de la Haute Somme organise son festival Vapeur en fête. Le public pourra embarquer dans des trains historiques qui rouleront sur une ligne qui fut construite pendant la guerre de 14-18.

    La Neuville-les-Bray, Cappy, Dampierre : c’est le parcours du train à vapeur qui, le 8 juin prochain, promènera ses passagers à une allure tranquille à travers des paysages verdoyants dans la Somme, à l’initiative du P’tit train de la Haute Somme. Un voyage à travers les champs, mais aussi dans le temps puisque le parcours, au départ du hameau de Froissy, sera effectué « sur une portion de 7 km de la ligne de chemin de fer en voie de 0,60, qui fut construite pendant la Première Guerre mondiale », souligne David Blondin, président de l’association, également connue sous le nom d’Association Picarde pour la Préservation et l’Entretien des Véhicules Anciens (Appeva).

    Chaque année à la Pentecôte, l’association picarde organise son traditionnel festival baptisé Vapeur en fête « pour faire partir le public à la découverte de cette partie de la Picardie et de son histoire. » La voie ferrée avait été construite in extremis par les Alliés – les armées française et britannique – afin d’alimenter le front (tranchées, artillerie) en vue du déclenchement de l’offensive le 1er juillet 1916. « Cela représentait jusqu’à 1 500 tonnes de munitions par jour au plus fort de la bataille de la Somme ! », explique David Blondin. « Le 8 juin, nous ferons rouler nos trois trains à vapeur, chacun pour une balade d’une heure, de la vallée de la Somme au plateau du Santerre. Ils seront tractés par la 030 T Decauville de 1916, la 040 T Vulcain de 1925 et la 040 T Borsig de 1918. » Le festival bénéficie du soutien du conseil départemental de la Somme et de la communauté de communes Le Pays du Coquelicot.

    A découvrir également ce jour-là, le musée exploité par l’association, qui est consacré aux chemins de fer à voie étroite – trains militaires, trains industriels, wagons, locotracteurs, locomotives à vapeur, dont plusieurs sont classés aux Monuments historiques –, qui ouvrira grand ses portes au public durant cette journée. Egalement au programme, une exposition de modélisme ferroviaire avec des créateurs talentueux, « dont certains viendront spécialement de Hollande », précise David Blondin. De quoi plaire à tous les amateurs de l’univers ferroviaire, petits et grands.

    Le 8 juin, de 10 h à 19 h. Hameau de Froissy, 80340 La Neuville-les-Bray. Départs des trains : 11 h, 13 h 40, 14 h 50, 16 h, 17 h 10. Le musée sera ouvert de 10 h à 19 h. Restauration légère sur place. Rens. : 03 22 76 14 60.

  • Hautes-Alpes. Veynes fête le 150e anniversaire de l’arrivée du train

    Hautes-Alpes. Veynes fête le 150e anniversaire de l’arrivée du train

    Il y avait foule le dernier week-end d’avril à Veynes dans les Hautes-Alpes pour fêter le 150e anniversaire de l’arrivée du train dans la commune. Voyages en train à vapeur, projection de films et pièces de théâtre, modélisme et expositions étaient au programme des festivités.

    C’est un anniversaire d’exception… du 25 au 27 avril, un public nombreux est venu fêter le 150e anniversaire de l’arrivée du chemin de fer à Veynes, commune des Hautes-Alpes. Le maire Christian Gilardeau-Truffinet s’est réjoui du succès remporté par les festivités organisées pour fêter cet épisode majeur dans l’histoire de la ville. « Cet événement marquant, qui a eu lieu il y a un siècle et demi, a façonné l’histoire de notre territoire, transformé nos paysages et ouvert des horizons nouveaux pour nos habitants. Le train, symbole de progrès et d’échanges, a été bien plus qu’un simple moyen de transport. Il a relié les hommes et les idées, permis l’émergence de projets audacieux et contribué à faire de Veynes un carrefour d’histoires et de rencontres », souligne l’édile.

    Naissance de l’étoile ferroviaire de Veynes

    Ce progrès, dû à l’ingénieur des Ponts et chaussées Adrien Ruelle, directeur de la construction de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM), a donné un essor remarquable à la petite commune veynoise. A l’époque, la ligne de Lyon à Marseille via Grenoble y fait un rebroussement, ce qui amène la Compagnie du PLM à y établir un important dépôt de locomotives.

    La construction d’une ligne Livron – Aspres-sur-Buëch en provenance de Valence et le prolongement de ces lignes vers Gap puis Briançon, constituant ce qu’on appela « l’étoile ferroviaire de Veynes », feront de la gare le point central du trafic ferroviaire des Alpes du Sud. Les conditions étaient réunies pour un essor de ce territoire en le reliant aux grandes métropoles que sont Marseille et Grenoble. Une part importante de la population vit alors du chemin de fer. La Maison Aurouze (aujourd’hui devenue HLM), située rue Jean-Jaurès, a été le premier logement social destiné aux familles cheminotes. Pendant des décennies, le centre d’apprentissage a accueilli jusqu’en 1953 plusieurs centaines de jeunes arpètes. Si aujourd’hui, le centre a disparu, de même que la rotonde qui pouvait accueillir jusqu’à cinquante-quatre locomotives, le train continue de marquer la ville de son empreinte.

    Un bel héritage ferroviaire

    Pour mettre en lumière cet héritage ferroviaire, les organisateurs du Veynes Rail Festival avaient mis les petits plats dans les grands. Le point d’orgue, ce fut le train historique tracté par la 140 C 27 du Gadeft (Groupement d’Aide au Développement des Exploitations Ferroviaires Touristiques) venue de Nîmes et conduite par ses bénévoles pour plusieurs voyages, tous marqués par le souffle et les volutes de fumée de la loco classée monument historique : le 25 avril, de Manosque, dans les Alpes-de-Haute-Provence, à Veynes, dans les Hautes-Alpes ; le lendemain, de Veynes à Briançon, et le 27, de Briançon à Veynes. « Pour les passagers, ce fut une expérience inédite, celle du charme des voyages d’autrefois en train à vapeur. Cela a aussi permis aux plus jeunes de découvrir le fonctionnement de ce type de locomotive », commente Gérald Griffit, conducteur de TER et bénévole investi dans l’organisation du festival.

    L’événement, photogénique en diable, explique que les membres du Club Photo de Gap, affilié à l’Union artistique et intellectuelle des cheminots français (UAICF), se soient mobilisés pour couvrir le festival. Au préalable, ils ont identifié les lieux les plus représentatifs en consultant des livres et revues (L’Etoile de Veynes, Petites Chroniques ferroviaires, l’article La Belle endormie, paru dans Rail Passion n° 304), puis en posant leur regard de photographe directement sur le terrain. Ensuite, les jours de circulation, plusieurs d’entre eux ont fait des photos à bord du train tandis que d’autres se sont répartis sur les points stratégiques identifiés (gares, ouvrages d’art, points de vue sur les sommets des Alpes du Sud, sites remarquables…). Ils ont également photographié les mécaniciens et les chauffeurs du Gadeft, les personnes en costumes d’époque, les voyageurs, le public, ainsi que les opérations de chargement du charbon, de remplissage du réservoir d’eau, de graissage et, bien sûr, le retournement de la machine sur le pont tournant à Briançon, le tout avec une bonne lumière grâce à une météo favorable. Ils doivent maintenant sélectionner les photographies qu’ils présenteront lors des différentes expositions que le club présentera cet été à Veynes. De plus, au mois d’août, le Veyn’Art Express, train historique des années 1970, a priori tracté par une Caravelle X 4900 100 % vintage (lire LVDR n° 3840), permettra au public de découvrir la région de Die à Clelles et Briançon.

    « Se projeter vers l’avenir »

    Le public a également pu profiter d’un salon de modélisme ferroviaire, ainsi que d’expositions et de conférences sur l’évolution des trains et leur impact sur la région.

    De plus, le documentaire Les Éclaireurs de la Résistance Haut-Alpine, de Danielle Racanière et Christophe Rosanvallon, a été projeté le 9 mai au cinéma Les Variétés, afin de rappeler, au lendemain des commémorations de la capitulation de l’Allemagne nazie, le sacrifice de nombreux cheminots pendant la Seconde Guerre mondiale. Au Quai des arts, le 10 mai, la Compagnie Les Rapides du 1902, issue de l’association des Amis de l’Ecomusée du Cheminot Veynois (lire l’encadré), a joué la pièce de théâtre On a volé la rotonde. Une autre pièce, Gare à l’escarbille, la visite insolite de l’Ecomusée en sketchs et en chansons par la Compagnie L’Escarbille 05, était programmée pour le 6 juin.

    « Le festival avait pour but de raconter le passé mais aussi de se projeter vers l’avenir », commente Gérald Griffit. « Actuellement, le nombre de trains est notoirement insuffisant. La population demande des liaisons supplémentaires, et avec des horaires adaptés. Si c’est le cas pour la liaison Briançon – Gap, ce n’est pas le cas dans le sens inverse : le train arrive à 9 h 58, ce qui ne correspond pas aux besoins des usagers, les actifs, les lycéens, les étudiants… Et pour Veynes – Gap, avec un départ depuis Valence à 22 h 07, l’arrivée à 22 h 39 est beaucoup trop tardive », indique-t-il. Ardent défenseur du train, le Collectif Ferroviaire de l’Etoile de Veynes, qui réunit associations et élus, recense les dysfonctionnements sur les lignes de l’étoile ferroviaire, et notamment sur la ligne Grenoble – Veynes – Gap, qui souffre particulièrement depuis plusieurs mois. Certains trains sont surchargés, avec des voyageurs devant faire leur trajet debout ou accroupis. En vue des JO d’hiver 2030, le collectif demande des dessertes adaptées aux besoins « des usagers du quotidien qui veulent monter dans le train et pas seulement le regarder passer. »

    Contacts : Collectif ferroviaire de l’Etoile de Veynes, www.etoileferroviairedeveynes. info https://clubphotogap-uaicf.org/

  • La desserte ferroviaire du Tréport – Mers-les-Bains, une grande oubliée

    La desserte ferroviaire du Tréport – Mers-les-Bains, une grande oubliée

    Coincée entre la Normandie et les Hauts-de-France, la gare du Tréport a accueilli jusqu’à 3 lignes, celles de Beauvais, d’Abbeville et de Dieppe (fermée en 1938). Si elles permettaient toutes de rejoindre Paris, de relier le Nord, via Abbeville et Rouen, via Dieppe, elles desservaient aussi des vallées industrielles différentes : la verrerie pour la ligne de Beauvais, la serrurerie, la robinetterie pour celle d’Abbeville, la Préfecture pour celle de Dieppe.

    Où en est-on ?

    Un guichet souvent fermé sans raison, une gare décrépie rachetée en 2020 par la Communauté de communes des Villes Soeurs (la Ville d’Eu, Le Tréport et Mers-les-Bains) qui tarde à faire des travaux : associations et élus maintiennent la pression pour que vive ce territoire dont les atouts sont indéniables : le port, les industries, le tourisme et aussi l’arrivée du réacteur nucléaire EPR de Penly près du Tréport. Le comité de sauvegarde des lignes ferroviaires du Tréport, soutenu par les élus locaux, a obtenu la rénovation de ligne de Beauvais fermée en 2018. Elle rouvre en 2020 sans amélioration de la desserte. Les horaires sont insuffisants, inadaptés et la desserte très aléatoire ; elle végète.

    La desserte de la ligne d’Abbeville, également fermée en 2018, s’effectue désormais en car ; avec un allongement du temps de trajet, des cars inconfortables, une information voyageurs médiocre, on perd des voyageurs.

    Pour cette ligne de 33 km de voie unique, les études et les devis de SNCF se succèdent et s’envolent : 67 M€ en 2019, 147 M€ début 2024. A tel point qu’elle ne figure plus au Contrat de Plan Etat Région 2024- 2027.

    Face à la démesure des coûts et au gel du projet, la Fnaut HDF et le Comité décident de financer, avec l’aide de plusieurs dons, une expertise indépendante.

    Cette étude met en évidence des exagérations des devis qui pourraient être ramenés à 100 M€ Elle est adressée à la Région qui réunit un comité de pilotage le 10 octobre 2024.

    La SNCF admet 30 M€ d’économie sur 2 des 4 postes d’économie possibles. Les 2 derniers postes permettraient une économie supplémentaire de 23 M€. Ils concernent une coûteuse voie d’évitement et des travaux sur les passages à niveau qui pourraient être réduits en concertation avec l’Etablissement Public de Sécurité Ferroviaire. Depuis cette étude réalisée en juin 2024, on attend toujours un nouveau devis réaliste de SNCF Réseau et une décision de la Région.