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Netflix. Le Dernier Wagon, une comédie dramatique mexicaine le long des rails
Diffusé sur Netflix, Le Dernier Wagon (El Último Vagón) se déroule au coeur d’un chantier ferroviaire. Réalisée par Ernesto Contreras, cette comédie dramatique mexicaine revient sur la grande précarité des ouvriers du rail et de leur famille.
Le jeune Ikal n’est jamais allé à l’école. Avec sa mère, il suit de chantier en chantier son père Tomás. Le cheminot se déplace perpétuellement, le long de la voie ferrée en construction. Une vie d’errance qui empêche Ikal de se faire des amis et de vivre une enfance comme les autres. Dans ce coin de la campagne mexicaine, où la famille vient de poser ses bagages, une institutrice locale, Georgina, entreprend de prendre en charge l’enfant, comme les autres gamins de cette communauté qui s’épanouit le long des rails et qui fréquentent son école installée dans un wagon. L’écolier débutant se rend deux fois par semaine chez Georgina qui parvient à lui insuffler le goût de la lecture en lui prêtant des bandes dessinées. Alors qu’elle a perdu son mari et son fils, elle a fait de ses élèves sa nouvelle famille et elle prend sous son aile le petit Ikal.
Hors de l’école, Ikal se lie d’amitié avec trois enfants : Chico, un enfant rebelle, Tuerto et la jolie Valeria. Ensemble, ils font les quatre cents coups et rêvent de leur avenir.
Tuerto aimeraient ainsi conduire des trains, comme son père, et il apprend par coeur les horaires des trains qui traversent la région. Tandis qu’Ikal a trouvé sa vocation sur les bancs de l’école : il aimerait devenir professeur. Quand un cirque vient s’installer dans la région, les quatre enfants se mobilisent pour pouvoir s’offrir une place.
Alors que les enfants rêvent de découvrir la prestation de la magicienne du cirque, les adultes s’échinent sur le chantier de la voie ferrée. Le travail y est harassant et les outils rudimentaires. Les ouvriers ne peuvent compter que sur leur force pour faire avancer la ligne de chemin de fer sous la pression constante du contremaître. Le gouvernement entend faire des économies et des rumeurs de chômage enflent sur le chantier. Afin d’offrir stabilité et éducation à son fils, Tomás compte démissionner et s’installer définitivement dans la petite communauté. En attendant, il est contraint de travailler alors que l’orage fait rage…
En parallèle de cette vie le long des rails, nous suivons le quotidien d’un inspecteur de l’éducation nationale, chargé par sa hiérarchie de fermer de nombreuses écoles de campagne dans le cadre d’un grand plan d’économie. Une mission qu’il accomplit à contrecoeur et qui le mènera jusqu’à l’école installée dans le wagon de marchandise.
Diffusée sur la plateforme Netflix, cette comédie dramatique aux élans mélodramatiques constitue un bon divertissement et entretient le souvenir de ces travailleurs pauvres qui ont édifié le réseau mexicain.
A voir sur Netflix. Le Dernier Wagon d’Ernesto Contreras. Netflix. Mexique. (2023)

ACTGV. Les tégévistes veulent recruter de nouveaux adhérents
C’est à Aigues-Mortes (Gard) que l’Association des conducteurs de trains à grande vitesse (ACTGV) a réuni ses adhérents pour sa 39e assemblée générale, les 17 et 18 mai. Gérard Laubépin, vice-président lyonnais, s’était chargé d’organiser ces deux journées qui combinaient séances de travail et tourisme. Le groupe a d’abord fait la visite guidée de la ville d’Arles – les vestiges romains (amphithéâtre, théâtre), l’Obélisque (IVe s.) et l’église Saint-Trophime (XIIe s.) – avant de partir à la découverte des Salins du Midi.
Ensuite, tandis que leurs épouses visitaient Aigues-Mortes, les congressistes ont entamé les travaux, abordant notamment le sujet, récurrent, des adhésions. « Les retraités représentent la grande majorité de nos effectifs. L’ACTGV peine à recruter de jeunes conducteurs, car il est difficile d’entrer en contact avec les actifs, et impossible d’accéder aux établissements de la Traction, aux cabines, voire aux quais des gares… », explique Joseph Le Corre, président.
« En revanche, les adhérents de la première heure restent attachés à l’association et à son esprit convivial. » Le programme du séjour, un spectacle de musique et de danses gitanes et la visite de la manade Jullian, où les éleveurs de taureaux destinés aux courses camarguaises ont présenté leur métier au groupe. Avant de quitter la Camargue, tous ont noté le rendez-vous : à Biarritz en 2026 pour fêter le 40e anniversaire de l’association. Le bureau a été réélu. Président : Joseph Le Corre. Secrétaire : Gilbert Desplanques. Trésorier : Jean-Pierre Cordillot. Secrétaire adjoint : Jean-Pierre Vicente. Trésorier adjoint : Gilles Bruna. Membres du bureau : Daniel Giraud, Armand Moiras, Michel Sagot et Jean Willemin.
Contact : ACTGV, 9 square du Cini, 77240 Cesson. http://actgv.fr

A Confort, le Tram’Bar, un restaurant tout confort
A Confort dans l’Ain, un restaurant insolite accueille les clients… dans une voiture voyageurs à la pimpante livrée rouge. Le Tram’Bar propose une cuisine française traditionnelle. Installé sur la place du village depuis 2022, l’établissement rappelle l’histoire du tramway électrique qui reliait autrefois Bellegarde à Chézery-Forens via Confort. Ce tacot a circulé pendant plusieurs décennies, de 1912 à 1937.
Installés à bord du tram
Aujourd’hui, les rails sont déposés depuis un bail, les automotrices et voitures dispersées et l’ancienne voie ferrée a été transformée en voie douce. Mais une étape au Tram’Bar s’impose, à l’intérieur ou en terrasse ! Plusieurs avis de clients postés sur Tripadvisor sont éloquents : « Nous nous sommes régalés. Cadre original et vintage. » « Agréable surprise avec un bon rapport qualité/prix. Accueil souriant et efficace. Sans avoir réservé, nous avons pu déjeuner dans ce restau insolite comme si nous partions en voyage. » « Nous avons trouvé ce tram resto par hasard car nous avions dévié de notre circuit. Ce fut une très belle surprise. » « J’étais dans la partie tram. Belle déco en plus, et fauteuil très confortable. Merci pour ce voyage ! » A tester, si vous passez dans la région.
Le Tram’Bar, rue de la Valserine, 01200 Confort. Tél. : 04 50 48 55 50. Ouvert tous les jours sauf le lundi. Les mardis, mercredis, jeudis et dimanche de 8h30 à 15h, les vendredis et samedis de 8h 30 à 15h et de 17h30 à 23h 30. Réservation conseillée si vous souhaitez une place sur la banquette à l’intérieur !

France.tv. Le Ti-Train, l’avenir du transport sur l’île de La Réunion
C’est au beau milieu des embouteillages, dans une voiture bloquée dans le trafic, que débute ce documentaire diffusé initialement dans l’émission Archipels Réunion le 12 juin dernier et accessible depuis sur la plateforme France.tv.
Avant l’arrivée du chemin de fer, on circule à La Réunion en diligence et en chaloupe. Les trajets sont longs et éreintants. Au XIXe siècle, pour faciliter le transport des marchandises, notamment la canne à sucre, et des personnes, plusieurs projets de chemins de fer ont été envisagés sur l’île. Le premier coup de pioche survient en 1878 et le chemin de fer est inauguré en 1882, reliant Saint-Denis à La Grande Chaloupe, sur la côte nordouest.
Ce réseau a ensuite été étendu vers d’autres parties de l’île, notamment vers Saint-André et Saint-Benoît. La ligne de chemin de fer compte de nombreux ouvrages d’art, dont des tunnels percés par des mineurs piémontais spécialement venus d’Italie pour l’occasion.
En raison du relief montagneux accidenté et des coûts élevés d’entretien, le réseau ferroviaire rencontre de nombreuses difficultés. Avec l’arrivée de la voiture, le chemin de fer a progressivement perdu de son importance. Le dernier train a circulé dans les années 1970.
Dans ce documentaire, nous parcourons de nouveau l’ancienne ligne en profitant des informations de l’historien Eric Boulogne. Plusieurs témoins se souviennent de la vie à l’heure du rail. Aujourd’hui, le retour du ferroviaire semble plus improbable que jamais. Les projets ferroviaires s’inscrivent dans un temps long et le projet de construction d’un tram-train sur l’île ne survit pas au changement de majorité. Le projet de Tram-Train a été abandonné en 2010 et les fonds publics qui lui étaient destinés ont été transférés vers la Nouvelle route du Littoral…
A voir sur France.tv jusqu’au 12 juin 2026. Archipel : Un Ti-Train nommé Désir de Nicolas Klein. Les Arts Gecko Productions. (2025)

Paris. Food Express, une exposition qui creuse l’appétit
Une exposition sur l’évolution de l’offre de restauration en milieu ferroviaire a ouvert ses portes le 10 juillet dernier à Ground Control, un tiers-lieu installé dans une ancienne halle de messagerie de la SNCF. Jusqu’au 5 octobre, les visiteurs pourront se plonger dans l’histoire fascinante des voitures restaurants et des buffets de gare.
Dans l’ancienne halle de messagerie du Charolais, à deux pas de la gare de Lyon, Ground Control accueille jusqu’au 5 octobre une exposition consacrée à l’alimentation en milieu ferroviaire baptisée Food Express – Photographies d’une cuisine en mouvement.
Elle fait suite à l’exposition Wagon Bar – Une petite histoire du repas ferroviaire, présentée l’an dernier aux Rencontres photographiques d’Arles et dont elle est une adaptation. C’est de nouveau l’historien Arthur Mettetal qui assure le commissariat de cette exposition collective.
L’ensemble permet de retracer l’histoire de la restauration dans les trains et les gares depuis les premières tentatives du XIXe siècle aux trains à grande vitesse du XXIe siècle. Les photos et les documents présentés sont issus des archives du Service Archives Documentation du groupe SNCF (SARDO), du Fonds de dotation Orient Express et du groupe Newrest Wagons-Lits.
L’alimentation en milieu ferroviaire est un défi pour les compagnies pratiquement depuis le premier transport de voyageurs. Buffet de gare, voiture-restaurant, buvette, vendeur ambulant, distributeur automatique : l’offre est multiple et évolue sans cesse.
Présentée pour la première fois à Paris, cette nouvelle version de l’exposition diffuse notamment des images inédites issues des coulisses de la restauration à bord, des documents rares issus des archives du groupe SNCF et de Newrest Wagons-Lits.
L’exposition se déploie dans l’espace de la Cathédrale, une verrière de plus de 200 m² consacrée à ce type d’évènements temporaires.
La scénographie de l’exposition intègre une voiture de train, reconstituée en grandeur nature. Elle offre ainsi aux visiteurs l’occasion de se plonger dans cet univers ferroviaire. On y découvre l’incroyable organisation mise en place par la Compagnie internationale des Wagons-Lits (CIWL) pour garantir à ses riches clients une expérience culinaire luxueuse.
Dans les années 1970, l’alimentation ferroviaire commence à imiter le modèle aérien. La cuisine quitte les trains. Les plateaux repas préparés sur des sites extérieurs deviennent la norme, célébrant la modernité des matières plastiques. Les nappes blanches et la vaisselle disparaissent progressivement des trains.
Les habitudes alimentaires évoluent, l’offre à bord des trains aussi. Du côté de la SNCF et la CIWL, on cherche des solutions pour proposer une offre de qualité tout en préservant la rentabilité. Plateau-Express, Minibar, Grill-Express, plateau-repas du bar Corail, offre de restauration « Bon moment » ou sandwich triangle : cette quête est loin d’être achevée.
Le site ferroviaire du Charolais est né quelques années après la construction de l’embarcadère de Lyon. En 1850, deux rotondes sont construites ainsi que des halles et des ateliers par le PLM. À la fin des années 30, dans ses grandes heures, le dépôt du Charolais accueillait plus de 150 machines.
En 1951, l’électrification du réseau sonne le glas du dépôt, qui est progressivement abandonné. Mais plus de 35 ans après, en 1987, la création du TGV Postal relance l’activité ferroviaire. Un centre de tri postal voit le jour. Mais la fin des rames à livrée jaune signe la fermeture complète en 2015. Le site est promis à la destruction, pour laisser place à un important projet immobilier. Heureusement avant les bulldozers, Ground Control, un concept d’espace pluridisciplinaire, festif et ouvert, s’est installé en 2017 dans les immenses espaces intérieurs, mis en sécurité par les équipes de SNCF Immobilier, préservant ainsi pour quelques années ce patrimoine industriel et ferroviaire.
Aujourd’hui, ce tiers-lieu est bien connu des Parisiens, qui participent en nombre aux évènements qui y sont régulièrement organisés. Dans la « halle à manger » de Ground Control, deux répliques de TGV démontrent que le site assume toujours son passé ferroviaire. Les visiteurs viennent également boire un verre et manger dans un des nombreux stands qui proposent toutes sortes de délices. Les cuisines proposées y abordent tous les horizons gustatifs : indiens, italiens, franco-taïwanais, argentin, libanais ou encore du nord de la France…
Bref, entre l’héritage ferroviaire et les expériences culinaires, Ground Control est le site idéal pour accueillir une exposition sur la restauration du voyageur en train !
Food Express jusqu’au 5 octobre Ground Control – Gare de Lyon 81, rue du Charolais 75012 Paris.
Site : www.groundcontrolparis.com/

Patrimoine. La Fourche se refait une beauté
Patrimoine. La Fourche se refait une beauté Depuis plus de soixante ans, la bouche de métro La Fourche, qui est faite en béton, évoque un bunker urbain et est jugée par beaucoup comme la plus laide de Paris. En avril dernier, les travaux ont débuté pour lui redonner son lustre d’antan, celui de sa mise en service en 1911.
C’est peut-être la bouche de métro la plus moche de Paris. Défigurée au début des années 1960 à la suite d’un accident d’autobus, l’entrée de la station La Fourche dans le XVIIe arrondissement, aujourd’hui desservie par la ligne 13, ressemble à un bloc de béton. Après l’accident, plutôt que de restaurer l’entrée dans son état d’origine, les autorités de l’époque avaient opté pour une solution rapide et bétonnée. Dans les années 1960, le béton était considéré comme une modernité.
Détruite à 15 ou 20 %
Rappel des faits : en 1964, un bus rate le virage sur l’avenue de Clichy et s’encastre dans la bouche de métro. L’accident provoque la destruction de la grille d’origine qui entourait l’escalier « C’était parfaitement réparable, seulement 15 à 20 % de l’ouvrage étaient détruits. Mais on ne sait pas ce qui s’est passé. Soit ils n’avaient pas les moyens techniques, soit ils ne se sont pas embêtés et voulaient agir vite : tout a été bétonné.
C’était le style pompidolien, le béton était moderne à l’époque », raconte Philippe Limousin, président de l’association locale Déclic 17/18, qui a fait des recherches sur l’histoire de cette station. « Sa mise en service par le Chemin de fer électrique souterrain Nord- Sud date de 1911. Cette compagnie a construit et géré ce qui est devenu par la suite les lignes 12 et 13 actuelles. L’entreprise a fait faillite au début des années 1930 et a été absorbée par sa concurrente, la Compagnie du Chemin de fer métropolitain de Paris (CMP), une autre société privée. » Plus tard, en 1948, après la Seconde Guerre mondiale, le réseau parisien a été nationalisé et la RATP créée.

Détruite à la suite d’un accident de bus en 1964 et reconstruite en béton, l’entrée de la station est jugée
particulièrement inesthétique depuis plus de soixante ans. © RATP//Xavier Chibout« Un bunker urbain »
Depuis plus de soixante ans, les Parisiens ont donc dû se résigner à l’aspect d’un « bunker urbain », une physionomie qui ne plaît guère à la mairie d’arrondissement et à certains riverains.
« Elle est assez inesthétique, c’est le moins qu’on puisse dire », commente le maire du XVIIe arrondissement, Geoffroy Boulard. Mais après des décennies de critiques et de protestations, la bouche de métro va enfin se refaire une beauté. Elle va être rénovée à l’identique, dans son style d’origine Art déco, typique du début du XXe siècle donnant accès au réseau souterrain
Plus de 4 000 pièces de céramique fabriquées
« A l’origine, il y avait de jolies grilles en fer forgé, une douzaine de piliers en grès et un style Art déco. C’était très beau », raconte Philippe Limousin. « On veut lui redonner son lustre d’antan, dans un souci patrimonial », reprend Geoffroy Boulard. « L’idée est de retrouver une entrée visible, accueillante et fonctionnelle, de recréer le style caractéristique du réseau Nord-Sud, de lui redonner sa physionomie d’origine. »
Le projet de rénovation à l’identique a été porté par Déclic 17/18 dans le cadre d’un budget participatif. Pour rénover fidèlement l’entrée de la station (le coût de 700 000 € est intégralement financé par la Ville de Paris), la RATP a retrouvé un certain nombre d’éléments historiques, notamment un porte-plan de type Gobert et un ancien totem issu de la station Saint- Jacques qui avait été conservé et où il est écrit “Métropolitain”, marque du métro de cette époque.
Et ce sont des artisans chevronnés qui ont été choisis pour les différentes parties de la restauration. Les céramiques qui habillent les murs d’échiffre (les murs d’accès) et les poteaux soutenant les ferronneries, proviennent de la Céramique Lochoise, située près de Tours. La société a effectué un travail de recherche pour recréer des carreaux semblables aux originaux.

L’aspect originel de la station La Fourche. Son nom fait référence au carrefour en “Y” de l’avenue de Saint-Ouen et de l’avenue de Clichy © Collection RATP/Ernest Le Deley Des travaux réalisés sans fermer l’accès à la station
« Au total, il a fallu produire 1 351 pièces de faïence pour les socles et les poteaux et 2 884 pour les murs d’échiffre », indique la RATP. « Pour ceux-ci, les carreaux aux tons miel et la frise florale colorée sont fabriqués selon la technique traditionnelle du pochoir avant cuisson. » La fabrication des ferronneries, de la main courante, des garde-corps et du totem, ainsi que la restauration et l’adaptation du porte-plan Gobert ont été confiées à l’entreprise Capaldi, ferronnier installé à Rungis, dont les salariés sont des Compagnons du Devoir.
Pour recréer le totem “Métropolitain”, ceux-ci ont réalisé les pièces à la main, sur la base des plans à échelle 1 fournis par le bureau d’études de la RATP. Enfin, les travaux de maçonnerie sont effectués par l’entreprise Sogéa, implantée en Ilede- France. Elle s’est chargée de réaliser une maçonnerie adaptée pour recevoir l’habillage carrelé. Les travaux de rénovation ont débuté mi-avril. Selon la RATP, le chantier va durer jusqu’à la mi-novembre, « sans fermer l’accès à la station durant l’ensemble des travaux », alors que la station enregistre plus de 15 000 entrées et sorties de voyageurs par jour.
L’accessibilité ne pourra pas être améliorée, en raison de contraintes de place empêchant l’installation d’un ascenseur, mais les travaux vont donner « un coup de mieux à l’avenue de Clichy, qui est en assez mauvais état, au-delà de l’esthétique de la bouche de métro », souligne Philippe Limousin.

La renaissance de Montréjeau-Luchon
Et de deux ! Après la réouverture aux voyageurs de la ligne de la Rive droite du Rhône en août 2022, l’Occitanie relance la ligne à voie unique Montréjeau-Luchon (35 km) le dimanche 22 juin 2025, après 10 ans de fermeture. Pour certains, elle était définitivement condamnée. En effet, sur une section la vitesse était même limitée à 10 km/h !
Le ballast, les rails et la caténaire dataient d’un autre temps, les derniers travaux lourds remontaient à 1953, des éboulements menaçaient et la tentation du tout routier condamnait cette ligne électrifiée en 1925 en 1500 V continu par la Compagnie du Midi qui l’avait inauguré en 1873. Elle avait permis de conforter la réputation de Bagnères-de-Luchon, la « Reine des Pyrénées » comme station thermale puis de sports d’hiver avec la création de Superbagnères, avec des trains directs de et vers Paris.
Cette réouverture prévue par les Etats Généraux du Rail et de l’Intermodalité (EGRIM) de la Région en 2016 correspond à la volonté de l’Occitanie de défendre et de développer le transport ferroviaire.
Après cette nouvelle étape, dans un contexte de réduction des subventions de l’Etat, d’autres lignes attendent leur tour (Alès-Bessèges, Limoux-Quillan et Rodez- Séverac). A côté de cela, la région avec le concours des collectivités territoriales, participe pour 40 % à la réalisation des deux LGV (Bordeaux-Toulouse et Montpellier- Perpignan).
Cette renaissance ferroviaire correspond aussi à un transfert de gestion de SNCF réseau vers la région, permis par la loi d’Orientation des Mobilités (LOM) même si la ligne reste la propriété de l’Etat. Changement radical depuis la régionalisation avec non seulement l’organisation et le financement des services, mais aussi avec la responsabilité totale de la reconstruction puis de l’entretien de la ligne.
Cette ligne desservira 4 haltes et gares et sera parcourue par 6 allers- retours/jour dont un direct en semaine de et vers Toulouse. Pour tous les trains-navette entre Luchon et Montréjeau effectuant le trajet en 35 minutes, une correspondance sera assurée vers Tarbes ou Toulouse par TER ou Intercités. Pour arriver à ce résultat, la Coordination pour la Défense du Rail et de l’Intermodalité en Comminges-Barousse s’est battue avec la région pour que les études sous maîtrise d’ouvrage de la région Occitanie soient reprises et permettant d’envisager la réouverture pour 67 M €, au lieu des 80 annoncés précédemment par RFF ou SNCF réseau.

Moldavie. Deux wagons pour se souvenir de la « terreur soviétique
Le gouvernement moldave a organisé une exposition baptisée « La terreur soviétique en RSS de Moldavie : ampleur, victimes et auteurs », inaugurée le 6 juillet dernier. Elle se déroule dans deux wagons installés sur la place de la Grande Assemblée nationale à Chisinau, la capitale du pays. Les deux wagons, exposés pour la troisième année consécutive, abritent des photographies, des documents, des livres et divers objets illustrant les récits des déportés.
Jusqu’au 27 juillet, les visiteurs peuvent également visionner du contenu multimédia dans l’un des wagons. Cette exposition rappelle à la population un évènement particulièrement tragique de son histoire. La déportation d’au moins 80 000 Moldaves entre 1940 et 1953 par les Soviétiques (certaines sources parlent de 110 000 déportées). Le point d’orgue de ces opérations survient du 6 au 9 juillet 1949 avec la déportation massive la plus importante de l’histoire de la République de Moldavie. L’occupant a ainsi visé plus de 11 000 familles, et le contingent de personnes déplacées de force dans des wagons à bestiaux s’est élevé à 35 796 personnes, dont 11 889 enfants.
Les Soviétiques entendent ainsi décimer l’élite politique et culturelle roumanophone du pays et accélérer l’intégration du pays dans l’espace russe. Cette exposition se déroule dans un contexte tendu entre Chisinau et Moscou. Aujourd’hui, la Moldavie subit toujours la pression de son puissant voisin qui soutient l’indépendance de la Transnistrie. Cet État indépendant de facto, non reconnu par la communauté internationale, a fait sécession de la Moldavie en 1991 avec le soutien de Moscou. Depuis, elle accueille une importante base de l’armée russe. Régulièrement la Russie est accusée de mener en Moldavie des opérations de déstabilisation et d’ingérences dans les affaires intérieures du pays.

France 5. Des trains (et des trams) pas comme les autres en Belgique
Philippe Gougler et son équipe se rendent Outre-Quiévrain à l’occasion du troisième épisode de la nouvelle saison Des trains pas comme les autres. Le réseau ferré belge est particulièrement dense et réserve quelques surprises…
La 15e saison de la série Des trains pas comme les autres continue ce lundi soir avec la diffusion d’un épisode inédit qui se déroule chez nos voisins belges. Philippe Gougler y découvre un des réseaux ferroviaires les plus denses au monde. Son périple débute à Namur, où le journaliste assiste à une joute traditionnelle durant laquelle les combattants s’affrontent perchés sur des échasses. Une habitude prise pendant les grandes inondations qui ont touché la ville au Moyen Âge.
Puis, nous prenons la direction de la gare de Namur, où il monte à bord d’un train de la SNCB, la compagnie ferroviaire belge. Philippe Gougler échange avec la cheffe de bord qui lui explique les règles linguistiques strictes qui régissent son travail. Quand elle traverse la Wallonie, elle doit effectuer ses annonces exclusivement en Français, quand elle traverse la Flandres, elle n’est autorisée qu’à utiliser le Néerlandais. Seule la région de Bruxelles a le droit aux deux langues. La langue est un sujet sensible ici. Pendant longtemps, les Flamands n’avaient pas le droit de pratiquer leur langue, alors qu’ils sont majoritaires, ce qui a créé une grande frustration menant à un véritable combat pour la reconnaissance de la langue et de la culture flamande. Cette stricte séparation n’est pas sans conséquence. Ainsi en mars 2001, un accident entre deux trains survient à Pécrot, un village situé sur la frontière linguistique entre Flandres et Wallonie, à la suite d’une incompréhension entre agent flamand et agent wallon.
Philppe Gougler et son équipe arrivent à Bruxelles, où ils rencontrent l’habilleur personnel du Manneken-Pis, la célèbre statue du petit garçon urinant à la face du monde. Cette fontaine formée par une statue en bronze d’un peu plus de 55 centimètres est l’un des symboles les plus connus de Bruxelles, dépassant malgré sa taille l’Atomium ou la Grand-Place dans le coeur des Bruxellois.
C’est à Bruxelles également que le journaliste découvre des trains étonnants, ceux du Petit train à vapeur de Forest. Ces modèles réduits à l’échelle 1/8e circulent dans un parc de la ville grâce à l’investissement des 120 membres de l’association qui le gèrent. Véritables bijoux, ces matériels ont tout de leur cousin à taille normale… Puis, nous prenons la direction d’Anvers. Construite par l’architecte Louis de La Censerie entre 1895 et 1905, l’ancienne Middenstatie, la gare d’Anvers-Central est surnommée Spoorwegka-thedraal (cathédrale du rail). Elle est un véritable monument de pierre, de verre et de métal.
Après être passé par l’impressionnant hall, on accède aux quais par un escalier monumental, où les trains font leur entrée sous une verrière courbée à la structure parabolique qui serait inspirée par la coupole du Panthéon de Rome. Pour cet édifice couronné par une coupole de 75 mètres de haut, l’architecte initial a en effet puisé son inspiration dans la gare suisse de Lucerne et au Panthéon de Rome. Le bâtiment est cerné par le jardin zoologique, créé en 1843, et le quartier des diamantaires, qui a légué à Anvers son surnom de « cité des pierres étincelantes ». Philippe Gougler se rend à la Bourse aux diamants, où il assiste à une négociation feutrée et en apprend plus sur la vente de diamants.
Changement d’ambiance radical avec un tram pas comme les autres… Avec ses 67 kilomètres parcourus en un peu plus de 2 heures 20 et ses 70 arrêts, la ligne de la Côte belge (Kusttram) est le plus long tramway du monde ! Née en 1885, cette ligne à voie métrique relie la gare de La Panne, tout près de la frontière française, à Knokke-Heist, à deux pas de celle des Pays-Bas. Au passage, le tramway dessert de nombreuses stations balnéaires comme Knokke-Heist, Blankenberge, Le Coq-sur-Mer, Ostende, Nieuport ou encore Coxyde.
Si le tramway est aujourd’hui un moyen de transport résolument populaire, ses origines sont royales. L’aventure débute à Ostende, où la famille royale de la jeune nation belge prend ses quartiers d’été. Léopold II fait de la ville une vitrine de son pouvoir et espère concurrencer les stations balnéaires normandes ou de la Côte d’Azur. Il se rend à Ostende à bord de sa propre voiture de tramway. Avec le début des congés payés en 1937, les stations balnéaires belges voient arriver de nouveaux estivants. Le tourisme balnéaire se démocratise.
Le reporter effectue également un beau voyage nostalgique à bord d’un autorail qui circule sur la ligne du Bocq, grâce à la mobilisation de bénévoles passionnés… Puis il se rend sur le point culminant du « plat pays », qui s’élève à 694 m. au-dessus du niveau de la mer. Malicieux, les Belges y ont construit un escalier permettant à ce site d’atteindre les 700 m. d’altitude !
Samuel DELZIANI
Lundi 28 juillet à 21 h 00 sur France 5. Des trains pas comme les autres – Belgique. Step by Step Productions. (2025)

Trains historiques : Dix ans de partenariat entre la MIF et la Fondation du patrimoine
Plus de trente projets de restauration de matériel roulant historique soutenus, une vingtaine d’associations aidées, près de trente départements concernés… Le bilan du partenariat établi en 2015 entre la MIF et la Fondation du patrimoine est solide, efficace et appelé à durer encore…
Depuis 2015, la MIF (Mutuelle d’Ivry-La Fraternelle) est engagée aux côtés de la Fondation du patrimoine en faveur de la restauration et de la valorisation du patrimoine ferroviaire et de l’histoire du rail. La mutuelle apporte son soutien financier, via des dotations, aux projets faisant l’objet d’une collecte mettant en lumière la mobilisation populaire. Particuliers et entreprises sont invités à faire des dons.
« C’est la solidarité comme raison d’être et valeur partagée avec la Fondation du patrimoine », affirme la MIF. Les chiffres de ces dix années de partenariat sont éloquents : de 2015 à 2025, 33 projets aidés dont près de 50 % sont achevés, 26 associations accompa- gnées, plus de 3,7 M€ de travaux soutenus, 26 départements récompensés, du Puy-de-Dôme à la Haute-Garonne en passant par la Côte-d’Or, le Pas-de- Calais ou encore le Cantal.
Cette année, la MIF et la Fondation soutiennent cinq nouveaux projets. L’un d’entre eux consiste à rénover une voiture DEV B9 (n° 26) de 1962 que l’association Train à Vapeur d’Auvergne-141 R 240, basée à Clermont-Ferrand et bien connue des mordus de chemin de fer, a rachetée à la SNCF en 1992 en vue d’une future (re)mise en service. Les travaux ont été confiés à SDH Fer, entreprise spécialisée dans la restauration de wagons et de voitures voyageurs, située dans le Loiret, près d’Orléans.
Le chantier, soutenu en 2025 à hauteur de 15 000 € par la MIF, la Fondation étant en relais pour la collecte, se décompose en plusieurs phases : révision de la structure, remplacement de quatre essieux et des pièces de suspension, vérification des bogies. S’y ajoute une révision générale pour obtenir le droit de circuler sur le réseau ferré national (RFN) : contrôle du châssis, attelage, marchepieds, système de freinage.
De plus, des dégradations liées à l’usage, des impacts de projectiles sur les flancs de la caisse, ainsi que des vitres brisées doivent être réparées. Ce chantier d’envergure, qui a débuté en août 2024, devait s’achever en mai dernier. Mais le calendrier a été bousculé, ce qui arrive souvent avec des chantiers d’une telle ampleur.
« A terme, nous souhaitons faire circuler la voiture en l’insérant dans notre train authentique des années 1950-1960, qui proposera 360 places au total et qui circulera, sous réserve de l’homologation, sur le RFN », résume Henri Barbier, président de l’association clermontoise.
Un bel exemple de voiture perfectionnée par la SNCF dans l’après-guerre
« Ce type de voiture est un bon exemple des voitures unifiées de la SNCF de l’après-guerre. Les voitures unifiées DEV ont alors été mises en service pour les Grandes Lignes, donc sur tout le réseau ferré national. Les trains composés de voitures DEV roulaient à 140 km/h – à la différence des voitures DEV Inox, celles du Mistral par exemple, homologuées pour 160 km/h », indique François Vielliard, cheminot retraité, expert du matériel ferroviaire, aujourd’hui bénévole à la Fondation du patrimoine.
« Inspirées du matériel du réseau Est des années 1930, ces voitures ont été modernisées et perfectionnées par la SNCF pour, entre autres, offrir un meilleur confort des passagers : éclairage au néon et non plus à l’ampoule, chauffage à air pulsé, etc. » Concernant la voiture DEV B9 n° 26, la rénovation des bogies et des roues est primordiale, pour des raisons évidentes de sécurité. Or cela coûte très cher – compter 10 000 € environ pour un essieu – d’où l’intérêt de contribuer au financement du chantier via l’appel aux dons relayé par la Fondation du patrimoine.
« Une attention particulière doit être portée aux bogies, car ils intègrentdes éléments de suspension faits en caoutchouc très dur, mais qui ont une durée de vie limitée. » A vérifier et à remplacer, donc si nécessaire. Une fois ces étapes franchies, reste à obtenir l’homologation de circuler sur le RFN, car « la MIF apporte son soutien à des matériels destinés à rouler, pas à être exposés en statique. »
Des savoir-faire transmis entre les générations
« Outre l’aspect purement patrimonial et technique qui séduit les ferrovipathes, les purs et durs du chemin de fer, l’intérêt de faire rouler de nouveau des trains historiques, c’est de procurer aux passagers – photographes, habitants, touristes – le plaisir de renouer avec le voyage comme ils l’ont vécu dans leur enfance, leur adolescence ou plus tard, avant la disparition de ces trains.
Les vitres peuvent être abaissées, on admire le paysage qui défile mais pas à grande vitesse, on peut marcher dans le couloir qui dessert les compartiments, et, dans ces mêmes compartiments, on entame une conversation avec ses voisins de siège », commente François Vielliard. « Un autre aspect positif est l’incroyable et formidable transmission des savoir-faire au sein des associations investies dans les projets.
Les anciens partagent leurs compétences avec les jeunes générations. » De plus, il arrive que les projets incluent un chantier d’insertion, ce qui permet à des personnes exclues du monde de l’emploi de “réapprendre” à travailler. C’est, dans la plupart des cas, une voie qui s’ouvre pour retrouver un emploi et donc s’insérer de nouveau dans la société. « Ça a été le cas chez Trains & Traction, l’exploitant du Train des Mouettes en Charente-Maritime, un exemple parmi d’autres », observe Yves de La Poëze, de la Fondation du patrimoine, qui se réjouit par ailleurs du partenariat noué avec la MIF il y a dix ans, « un partenariat solide et et efficace, vécu avec enthousiasme de notre côté comme du côté de la MIF.
Le bien-fondé de ce partenariat n’est plus à prouver », souligne-t-il, rappelant qu’une trentaine de chantiers ont été engagés, et dans différentes régions de France. Et de se dire admiratif de la ferveur qui règne au sein des associations porteuses de projet. « Il y a une réelle osmose entre tous : jeunes, moins jeunes, cheminots, non cheminots… Il y règne un état d’esprit positif, génial et entraînant ! »
La souscription en ligne reste toujours possible
Enfin, une précision d’importance, « si un projet n’est pas retenu par le comité MIF, il bénéficie néanmoins d’un soutien de la part de la Fondation du patrimoine à travers une souscription mise en ligne sur le site de la fondation », souligne Yves de La Poëze.
Rens. : www.fondation-patrimoine.org, https://mifassur.com
Trois questions à… Olivier Sentis, directeur général de la MIF
Quel bilan dressez-vous de ces dix années de partenariat entre la MIF et la Fondation du Patrimoine, en faveur d’associations de préservation du patrimoine ferroviaire ?
Olivier Sentis : La rénovation du patrimoine ferroviaire est une affaire de passionnés, d’associations très engagées sur le terrain qui ont besoin de soutien pour ressusciter la magie du patrimoine d’antan. Nous avons accompagné beaucoup de ces femmes et hommes et nous sommes admiratifs de leur enthousiasme. La MIF, mutuelle cheminote qui célèbre cette année ses 160 ans d’existence, se doit d’être aux côtés de celles et ceux qui travaillent au maintien des racines du monde cheminot.
Selon vous, comment susciter l’adhésion à ce type d’appel aux dons par des donateurs potentiels (particuliers, entreprises) qui ne sont ni cheminots ni issus du monde ferroviaire ?
O. S. : Ce sont les réalisations et l’enthousiasme de ceux qui participent qui sont les meilleurs outils ; nous n’avons qu’un rôle de second plan néanmoins indispensable et nous espérons qu’il y aura d’autres acteurs publics, entreprises ou particuliers, qui encourageront les acteurs de la rénovation.
Quelles ambitions la MIF a-t-elle pour ce partenariat dans les prochaines années ?
O. S. La MIF espère être reconnue comme un acteur utile à la rénovation du patrimoine ferroviaire dans le cadre plus large d’une relation historique entre notre mutuelle et le monde ferroviaire