Catégorie : Bonnes Feuilles

Livres ferroviaires, livres sur les trains, histoire des trains, livres de technique ferroviaire, matériel ferroviaire, l’histoire de France à travers les trains … Retrouvez ici les bonne feuilles des livres édités par la Vie du Rail : extraits, descriptifs, galeries photos tirées de nos ouvrages.

  • Les trains du col de Tende Volume 1 : 1858 – 1928

    Les trains du col de Tende Volume 1 : 1858 – 1928

    Par José Banaudo, Michel Braun et Gérard de Santos

    Depuis un siècle et demi, le Chemin de fer du Col de Tende suscite les passions chez tous ceux qui s’intéressent à ses multiples aspects, qu’il soit historique, géographique, stratégique, politique, diplomatique, technique ou tout simplement touristique.

    Cette ligne se classe parmi les percées ferroviaires alpines les plus intéressantes dans tous les domaines. Sa dénomination elle-même mérite une mise au point préliminaire : la disposition en forme de Y renversé portant à son sommet la cité piémontaise de Cuneo et au pied de ses deux branches les villes littorales de Nice et Ventimiglia, lui vaut une appellation différente suivant que l’on se place d’un point de vue français ou italien. Ainsi, pour les chemins de fer français, il s’agit de la Ligne Nice – Coni ; pour leurs homologues italiens, la dénomination officielle est Ferrovia Cuneo – Ventimiglia, alors que dans les milieux économiques et politiques cuneesi, on préfère parler de la Cuneo – Nizza par fidélité aux relations privilégiées avec le Comté de Nice voisin.

    Sur le plan de la technique, on reste frappé par les difficultés rencontrées par un tracé qui doit vaincre un dénivelé de mille mètres en une soixantaine de kilomètres, tout en évitant au moyen de boucles les rampes trop sévères qui seraient nuisibles au bon écoulement d’un trafic international. Entre Nice et Cuneo, on compte une douzaine de souterrains d’une longueur supérieure au kilomètre, dont ceux du Col de Tende (8098 m), du Col de Braus (5939 m) et du Mont Grazian (3882 m), qui figurent parmi les plus longs ouvrages des réseaux français et italien. A quatre boucles hélicoïdales complètes s’ajoutent plusieurs boucles en S et une multitude de ponts et de viaducs dont certains, tels ceux du Scarassouï ou de la Bévéra, ont marqué les annales de l’architecture ferroviaire. Sur un trajet total de 143,5 km, 6,5 km sont en pont ou viaduc et plus de 60 km en tunnel, soit près de 42 % de la longueur totale des trois branches du Y.

    Pour rendre hommage à cette ligne somptueuse, à ses concepteurs, constructeurs et exploitants, les auteurs de cette étude ont décidé de ne pas se donner de limites et de laisser parler leur passion pour l’histoire de cette région si attachante. La saga des trains du Col de Tende de 1858 à nos jours est donc publiée en trois volumes dont le premier vient de paraitre.

    Un ouvrage au format 21 x 29,7 cm, relié, imprimé en couleurs, de 392 pages avec des centaines d’illustrations rares. Une mine d’informations pour les amateurs d’histoire ferroviaire.

     

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  • Vapeurs 1960 : Nord et Est

    Vapeurs 1960 : Nord et Est

    Les Editions du Cabri continuent leur série de films d’archives sur la fin de la traction à vapeur en France.

    Avec ce DVD nous parcourons les lignes du Nord avec des séquences incroyables en couleurs montant des locomotives « Pacific » (231 E « Chapelon » et 231 G et K « PLM ») entre Calais et Amiens en tête de trains prestigieux. Nous allons ensuite suivre des dessertes rurales avec une 040 D manœuvrant un convoi marchandises sur l’antenne de Luzarches. Sur l’Est nous parcourons aussi la France rurale en suivant des trains de marchandises remorqués par des 130 B.

     

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  • Le chemin de fer en Maurienne

    Le chemin de fer en Maurienne

    Du Rhône au Mont-Cenis et en Italie à travers les Alpes

    La traversée des Alpes en chemins de fer a été une aventure humaine mémorable. Elle débute sous l’administration savoyarde : par décret royal du 25 mai 1853, le roi Victor-Emmanuel II officialise la création de la « Compagnie du chemin de fer Victor-Emmanuel ». La réalisation de la première section à voie unique, entre Choudy (Aix-les-Bains) et Saint-Jean-de-Maurienne,  est confiée au groupe anglais « Jackson, Brassey et Henfrey », qui engage rapidement les travaux. L’inauguration d’une première section de près de 80 kilomètres a lieu le 20 octobre 1856.

    L’Annexion de la Savoie à la France est proclamée le 14 juin 1860 et bientôt la Compagnie du chemin de fer Victor-Emmanuel cède à l’État français les sections construites ou à construire situées sur le nouveau territoire français, l’État les rétrocédant alors à la compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM).

    La lenteur de percement du tunnel ferroviaire du Fréjus entre Modane et Bardonnèche qui débute en 1861 conduit dès 1865 M. Brassey associé avec l’ingénieur Fell à proposer la construction d’un chemin de fer provisoire à voie étroite entre Saint-Michel-de-Maurienne et Suze passant par le col du Mont-Cenis. Cette ligne a été mise en service le 15 juin 1868, et a été fermée le 19 septembre 1871 au moment de l’ouverture du tunnel ferroviaire du Fréjus (13.880 mètres).

    Ce beau livre s’attarde aussi à décrire l’exploitation complexe de cette ligne de montagne à fortes rampes de 30 mm/m qui fut électrifiée en 1500 V continu en 1925 à 1930 mais dans un système à 3ème rail latéral inspiré du métro parisien.

    Format 24 x 32 cm – 224 pages, 222 photographies en couleurs, 201 photographies NB, 15 tableaux, 32 plans, cartes, dessins, schémas et documents variés

     

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  • 100 voitures qui ont fait la France

    100 voitures qui ont fait la France

    Après 100 trains qui ont changé la France, nous sommes ravis de vous présenter le deuxième ouvrage de la série des « 100 », voici 100 voitures qui ont fait la France.

    De la Renault type JM au Peugeot 3008, ces modèles ont tous, chacun à sa manière, écrit une page de notre histoire nationale.

    Le luxe (Delage D8S, Delahaye 175 S, Facel Vega, DS 23 Pallas), le sport (Bugatti, Alpine A 110, Peugeot 205 et 206 proto, Renault F1), la politique (la DS de l’attentat du Petit Clamart contre le général De Gaulle, la CX Prestige de Jacques Chirac élu président de la République), les faits divers (les Tractions Avant des voyous et celles de la police, celles réquisitionnées par la Gestapo et celles des FFI), l’Histoire (les Taxis de la Marne)

    La société française, toutes générations confondues, se raconte au travers de ses voitures, 100 au total, sélectionnées pour l’empreinte qu’elles ont laissée dans notre roman national.

     

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  • Zoom sur le nouveau catalogue de la Boutique de la Vie du Rail

    Zoom sur le nouveau catalogue de la Boutique de la Vie du Rail

    Ca y est, le catalogue 2019 de la Boutique de la Vie du Rail est arrivé !

    Côté LIVRE, découvrez les best-sellers du moment (80 ans de la SNCF ; Mémoire de cheminots etc) ainsi que les nouveautés (Le chemin de fer en Maurienne ; Les trains du col de Tende etc) et retrouvez nos collections héritage, technique et historique et bien plus encore.

    Côté DVD, faites le plein avec nos nouveautés ou nos éditions passées dans les collections Locovidéo ; Locovision ; Vidéo rail évasion et Archives.

    Côté ENFANT, vous y trouverez plein d’idées pour faire plaisir aux futurs ferrovipathes qui vous entourent.

    Vous y trouverez aussi des informations concernant les cadeaux et avantages dont vous pouvez bénéficier !

     

    En savoir plus.

  • Matériel roulant dans le système ferroviaire (tome 3)

    Matériel roulant dans le système ferroviaire (tome 3)

    Ce troisième volume du « Matériel roulant dans le système ferroviaire » décrit les sous-systèmes embarqués pour faire se mouvoir les trains, les contrôler et les arrêter en toute sécurité. L’ouvrage présente également les locomotives qui les accueillent.

    Publier un ouvrage technique qui se veuille la référence auprès des professionnels, et qui puisse aussi combler les attentes des amateurs avertis, est souvent considéré comme la quadrature du cercle. La sortie du troisième tome de la série Matériel roulant dans le système ferroviaire prouve magistralement le contraire. En plagiant une formule bien connue, on pourrait affirmer, sans exagération, que cet ouvrage raconte, avec passion, « tout ce que vous avez toujours rêvé de comprendre sur le fonctionnement d’un train sans jamais avoir osé le demander ». Plus encore que les deux tomes précédents, cette troisième livraison aborde des aspects qui sont à la fois centraux dans toute thématique sur le matériel roulant, mais qui savent également résonner dans l’imaginaire des passionnés. Qu’il s’agisse de la traction électrique ou thermique, des systèmes de freinage, de la conception et des performances des locomotives, de l’agencement des cabines de conduite et de leur ergonomie, ou encore de l’aérodynamique ferroviaire, tous les fondamentaux de la discipline sont ici traités avec l’évident souci de dresser un état de l’art « up-todate », qui puise sa riche illustration dans les réalités du chemin de fer d’aujourd’hui. Qui plus est, le dernier chapitre de l’ouvrage, cette fois résolument prospectif, aborde les perspectives d’avenir promises au matériel roulant. À quoi ressembleront donc les trains de demain ? Si les auteurs, emprunts d’une sage prudence, se gardent bien d’en dessiner trop précisément les contours, ils s’accordent néanmoins à les prédire numériques, intelligents, connectés et automatisés.

    On peut leur faire toute confiance. Ce sont des experts de l’industrie ferroviaire, et l’ouvrage a été supervisé, comme à l’accoutumée, par l’incontournable François Lacôte qui, outre ses fonctions successives de directeur du Matériel à la SNCF et de directeur technique chez Alstom, reste probablement le plus éminent spécialiste de la grande vitesse dans le monde. Un soin tout particulier a, par ailleurs, été apporté au choix des photos et des schémas, et la mise en page, particulièrement inventive, rend l’ouvrage aussi attractif à feuilleter que facile à lire, et accessible à qui veut l’approfondir. Édité avec le soutien du mastère spécialisé Systèmes de transports ferroviaires et urbains à destination des élèves ingénieurs et ingénieurs du secteur, il sera très vite un « must » pour tous ceux qui, de près ou de loin, en pincent pour la technologie des trains

    Ph. H.


     

    EXTRAIT 1

    Volume, masse et intégration

    Dans le cas des locomotives diesels- électriques, le moteur diesel est généralement le composant le plus lourd et le plus volumineux à être installé à bord. De plus il est accouplé au premier élément de la transmission de puissance à savoir l’alternateur, et ce groupe électrogène représente un ensemble encore plus volumineux et plus lourd. Pour équilibrer convenablement la locomotive, le groupe électrogène doit être placé autant que possible au centre de la locomotive.

    Ce requis est également valable pour le réservoir de gazole dont la masse varie de plusieurs tonnes suivant qu’il est vide ou plein.

    Cette contrainte pousse à disposer le groupe électrogène et le réservoir dans la même section, tout en respectant les contraintes de masse à l’essieu propres au réseau sur lequel devra rouler la locomotive. La figure 38 ci-dessous donne un exemple d’installation des principaux éléments d’une locomotive diesel-électrique et le tableau de la figure 39 ci-dessous propose un bilan de masse de l’ensemble du système de génération d’énergie.

     

    Fig. 38 : intégration d’un groupe électrogène dans une locomotive diesel-électrique (Alstom).
    Fig. 38 : intégration d’un groupe électrogène dans une locomotive diesel-électrique (Alstom).

     

    Fig. 39 : bilan de masse des composants du système de génération d’énergie.
    Fig. 39 : bilan de masse des composants du système de génération d’énergie.

    Pour une locomotive diesel- hydraulique, l’équilibrage et l’intégration sont encore moins aisés. En effet, la boîte hydraulique, entraînée elle-même par l’arbre du moteur, entraîne simultanément les mécanismes de propulsion situés dans les bogies.

    La boîte doit donc être disposée en position médiane, ce qui impose de décentrer moteur Diesel doit être décentrée et le réservoir de gazole doit être divisé longitudinalement en deux compartiments, afin de laisser le passage aux arbres d’entraînement liant la boit aux bogies (voir figure 40 ci-dessous).

    Fig. 40 : intégration d’un système de traction diesel-hydraulique dans une locomotive de manoeuvre (Vossloh). 1. moteur diesel 2. boîte hydraulique 3. réducteur 4. turbine de refroidissement 5. radiateurs 6. silencieux d’échappement 7. filtre à air 8. réservoir de gazole 9. armoire frein 10. réservoir d’air & compresseur 11. batteries 12. sablière
    Fig. 40 : intégration d’un système de traction diesel-hydraulique dans une locomotive de manoeuvre (Vossloh).
    1. moteur diesel
    2. boîte hydraulique
    3. réducteur
    4. turbine de refroidissement
    5. radiateurs
    6. silencieux d’échappement
    7. filtre à air
    8. réservoir de gazole
    9. armoire frein
    10. réservoir d’air & compresseur
    11. batteries
    12. sablière

    Cas des autorails et des automotrices

    Les premiers éléments automoteurs modernes étaient équipés d’un seul moteur industriel puissant, monté en caisse, mais la nécessité d’augmenter la capacité en passagers a poussé les constructeurs à reloger le moteur diesel à l’extérieur de l’habitacle du véhicule. De plus, l’utilisation de moteurs de plus faible puissance, car plus petits, a rendu nécessaire l’installation de plusieurs moteurs par rame automotrice, suivant le niveau de puissance de traction. De nos jours, les « Power packs » sont montés sous caisse ou en toiture. Le terme Power-pack désigne l’ensemble constitué par le moteur diesel et l’alternateur en transmission électrique, ou la boîte de vitesses en transmission hydromécanique. Le tout est intégré dans un châssis propre au Power pack. Dans les conceptions les plus compactes, le Power pack inclut également le système de refroidissement du moteur diesel et peut être considéré comme une véritable centrale électrique autonome, apportant son énergie au système de traction du véhicule ainsi qu’aux systèmes auxiliaires de chauffage, ventilation et climatisation (HVAC) et autres.

    Intégration en caisse

    Certains autorails anciens étaient équipés de moteurs diesels identiques aux moteurs de locomotives, ce qui imposait une intégration en caisse.

    La puissance de leur moteur permettait de tracter des remorques et d’assurer un service sur des lignes escarpées de montagne. En plus du compartiment moteur, un espace était réservé aux bagages et aux marchandises.

    L’ensemble de ces deux espaces occupait le tiers de l’espace disponible dans la caisse du véhicule (voir figures 41 à 43 ci-dessous).

    Fig. 41 à 43 : intégration en caisse d’un moteur SACM MGO V12 de 607 kW dans un autorail SNCF X 2800 (SNCF).
    Fig. 41 à 43 : intégration en caisse d’un moteur SACM MGO V12 de 607 kW dans un autorail SNCF X 2800 (SNCF).

    Disposition sous caisse

    L’intégration sous caisse fut la première étape dans la conception de nouvelles rames automotrices pour gagner de l’espace pour les passagers et augmenter le nombre de places assises. Le système de propulsion fut d’abord constitué d’un moteur diesel couplé à une boîte de vitesses hydromécanique, d’arbres de transmission à cardan et de réducteurs, pour réaliser la liaison avec les roues. Plus tard, des Power packs électriques furent également disposés sous caisse. Il arrivait toutefois que ce type de conception oblige les passagers à gravir des marches supplémentaires pour monter à bord du véhicule (voir figures 44 à 46 ci-dessous).

    Fig. 44 à 46 : intégration sous caisse d’un Power pack de 662 kW sur un EAM SNCF X 76500 (Bombardier).
    Fig. 44 à 46 : intégration sous caisse d’un Power pack de 662 kW sur un EAM SNCF X 76500 (Bombardier).

    Disposition en toiture

    Un avantage de la traction diesel- électrique par rapport à un système de traction hydromécanique conventionnel, est qu’elle permet de disposer le Power pack en toiture et de distribuer l’énergie électrique au moyen de câbles électriques de puissance. Ceci engendre toutefois de nouveaux problèmes techniques, par exemple l’alimentation en gazole en provenance du réservoir situé sous caisse, ou la purge d’air du système de refroidissement du moteur, puisque les radiateurs ou le moteur sont aussi hauts que le vase d’expansion. Mais cette disposition permet d’abaisser le niveau du plancher des véhicules pour un meilleur confort des voyageurs (voir figures 47 à 49 ci-dessous).

    Fig. 47 : disposition en toiture de deux Power packs sur une automotrice Régiolis SNCF B 83500 (Alstom).
    Fig. 47 : disposition en
    toiture de deux Power
    packs sur une
    automotrice Régiolis
    SNCF B 83500
    (Alstom).

     

    EXTRAIT 2

    Compléments sur le sujet de l’aérodynamique ferroviaire

    Introduction

    Quelle est l’importance de l’aérodynamique pour la conception, le dimensionnement et l’exploitation des systèmes ferroviaires ? Pourquoi existe-t-il des exigences aérodynamiques pour les véhicules ? Quels sont les critères qui ont guidé le choix des exigences et de leurs limites telles qu’on peut les trouver aujourd’hui notamment dans la STI LOC & PAS ?

    Il nous a semblé nécessaire, à la fin de cet ouvrage, de revenir plus en détail sur ces questions qui ont déjà été abordées partiellement au chapitre consacré aux trains à grande et très grande vitesse. Des problèmes d’aérodynamique se posent en effet pour la conception de tous types de matériel, pour voyageurs et pour marchandises.

    L’aérodynamique influence la conception de presque tous les sous-systèmes embarqués, qu’il s’agisse de confort (bruit, confort tympanique, etc.), de structures de caisse ou de systèmes de portes qui doivent résister aux efforts alternés générés par les ondes de pression, de performances de traction ou de questions de sécurité à l’interface avec l’infrastructure ferroviaire (vents traversiers, projections de ballast, effets de souffle etc.). Ce chapitre fournit quelques informations scientifiques et contextuelles et propose une interprétation des exigences réglementaires et normatives.

    L’amélioration des performances aérodynamiques fut une des préoccupations majeures des concepteurs de matériel roulant dès les années 1920-1930, quand il apparut que la puissance relativement faible des machines à vapeur ne permettrait l’obtention de vitesses supérieures qu’en rationalisant la forme des locomotives.

    Les deux « Stromlinienlokomotiven » construites par Borsig Werke à Berlin en 1935 pour rouler à 175 km/h en sont un bon exemple (figure 1 ci-dessous), l’une d’elles ayant atteint le 11 mai 1936 la vitesse de 200,4 km/h.

    Fig. 1 : locomotive à vapeur BR05 de la Deutsche Reichsbahn, optimisée du point de vue aérodynamique, (dbmuseum.de).
    Fig. 1 : locomotive à vapeur BR05 de la Deutsche Reichsbahn, optimisée du point de vue aérodynamique, (dbmuseum.de).

    Les développements de la traction électrique pendant le XXe siècle permirent une forte hausse de la puissance disponible pour la transmission d’effort aux rails, et réduisirent l’exigence d’une conception aérodynamique des matériels roulants, les conséquences défavorables de leur style médiocre étant largement compensée par l’augmentation de puissance.

    C’est seulement avec l’avènement des trains à très grande vitesse Shinkansen, puis TGV et ICE que l’aérodynamique ferroviaire fit son retour en tant que discipline d’ingénierie, et comme sujet majeur de recherche pour les ingénieurs ferroviaires. La performance aérodynamique fut l’un des aspects les plus importants pour la conception des AGV d’Alstom (figure 2 ci-dessous)

    Fig. 2 : automotrice à très grande vitesse AGV d’Alstom (Italo Napoli).
    Fig. 2 : automotrice à très grande vitesse AGV d’Alstom (Italo Napoli).

    La famille Zefiro de Bombardier (figure 3 ci-dessous) a également fait l’objet d’une optimisation aérodynamique.

    Fig. 3 : train à grande vitesse Zefiro de Bombardier (Bombardier).
    Fig. 3 : train à grande vitesse Zefiro de Bombardier (Bombardier).

    Un autre élément déclencheur des études aérodynamiques a été la génération d’ondes de pression en tunnel, dont le niveau augmente avec le carré de la vitesse et qui entraînent une gêne auditive dans le cas des trains non étanches à la pression, mais aussi des contraintes élevées sur les structures et également un effet de « bang supersonique » à l’extrémité du tunnel. La nécessité de réduire l’effet de « bang supersonique » entraîne également des modifications dans la construction des tunnels.

    Ces mesures pour les infrastructures comprennent l’installation de protections soniques à l’entrée du tunnel et de murs perforés permettant d’amortir la variation de pression à la sortie.

    Les lignes ferroviaires à grande vitesse japonaises en particulier présentent des diamètres de tunnel relativement faibles, entraînant des ratios de blocage élevés. Ceci a donné lieu à une optimisation particulière de la tête du train, par exemple celle du Shinkansen N700 (figure 4 ci-dessous). Le principe de conception de ces formes allongées est d’augmenter le maître couple le long du nez de façon aussi lente et régulière que possible.

    Fig. 4 : rame Shinkansen N700 japonaise avec géométrie frontale spéciale pour réduire l’effet du bang supersonique (Wikipedia).
    Fig. 4 : rame Shinkansen N700 japonaise avec géométrie frontale spéciale pour réduire l’effet du bang supersonique (Wikipedia).

     

    Cela permet de limiter le gradient de pression dont dépend l’amplitude du bang supersonique.

     

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  • Nouveau. 1938-2018. 80 ans de SNCF racontés par La Vie du Rail

    Nouveau. 1938-2018. 80 ans de SNCF racontés par La Vie du Rail

    Description de l’ouvrage 

    A l’heure du 80ème anniversaire de la SNCF en 2018, ce livre raconte la chronique ferroviaire d’un siècle à travers des images fortes, des témoignages, des succès, des exploits techniques, des épisodes douloureux ou heureux vécus par les cheminots, hommes et femmes.

    De la création de la SNCF au record mondial de vitesse (574,8 km/h), du premier Eurostar aux nouveaux TGV vers Rennes et Bordeaux, de la réservation électronique des places à l’apparition de l’e-billet, de la grande grève de 1995 à la mise en place des 35 heures, du Train Capitale sur les Champs-Elysées à la Coupe du monde de rugby 2007… plusieurs centaines de documents extraits des archives de Notre Métier et de La Vie du Rail, représentatives de l’histoire de la SNCF, forment un parcours passionnant à travers l’actualité ferroviaire telle que l’a relatée le magazine semaine après semaine, sans interruption, depuis huit décennies.

     

    Car qui d’autre que La Vie du Rail serait à même de raconter cette histoire qu’elle a vécue au quotidien depuis tant d’années ?


    ok80

    Quelques extraits

    Notre ministre de l’Armement nous parle

    L’importance du rail dans la France d’avant guerre est assez bien résumée par cette adresse du ministre de l’Armement aux cheminots. Adresse d’autant plus vibrante que ledit ministre était Raoul Dautry. Le premier d’entre eux.

    C’est un maître cheminot, « notre Raoul Dautry », ministre de l’Armement, qui parle aux cheminots restés en service. Et qui leur parle ce langage franc et patriotique « en guerre il n’y a plus de limites à l’effort ». Rude maxime certes, mais son prédécesseur de l’autre guerre Albert Thomas ne s’était-il pas exprimé plus rudement encore, en déclarant en 1915 aux forgerons d’une grande usine d’armement : « votre devoir est de travailler jusqu’à la maladie, jusqu’à la mort ».

    À MES CAMARADES CHEMINOTS […] Cheminot de formation et cheminot de coeur, je me réjouis quand je lis dans la Presse des éloges mérités de la tâche que vous avez remplie.

    La mobilisation partielle, la mobilisation générale, la couverture, assurées sans incident, des milliers de trains, d’hommes et de matériel, acheminés avec exactitude, des rapides internationaux, 150 000 km-trains quotidiens à la disposition du public. Telle a été votre oeuvre et celle de tous vos chefs, en qui j’ai eu le privilège de voir grandir durant dix ans l’une de nos plus belles élites françaises.

    Vous connaissant, je prévoyais bien quelle serait la difficulté de votre effort quand la guerre viendrait, j’ai fait tout ce que j’ai pu pour que les voies, les gares, la traction, le matériel roulant ne nous trahissent jamais. Ayant vécu au milieu de vous les dures années de 1914-1918, je n’ai pensé en reconstruisant le Nord avec M. Javary, M. Breville, M. Tettelin, et en remodelant l’État ensuite, qu’à vous donner un outil puissant et de haut rendement qui puisse vivre des longs mois de guerre avec le moins de personnel possible. Dans les atouts que nous avons en main, les déficiences du Réseau allemand sont un des plus importants. Je ne doute pas que, tels qu’ils sont et avec l’excellence de vos constants efforts, les chemins de fer français répondent aux besoins des Armées et du Pays. […]

    Et je vous demanderai maintenant un dernier geste à la fois très humble et très simple : celui d’apprendre à tous à récupérer et à rassembler les ferrailles inutiles. Ce n’est pas à vous qu’il est nécessaire d’apprendre l’efficacité d’un seul geste lorsqu’il est répété des milliers de fois. […] La France doit être débarrassée de tout ce qui, acier, fer ou fonte, y traîne inutilement et qui, groupé et refondu, représentera une précieuse richesse pour les industries de guerre. […] Un vieux tire-fond c’est un obus de 20 ou de 25, c’est peut-être un avion ou un tank abattu. Votre Président et votre Directeur Général m’ont donné leur appui. Répondez à notre commun appel que chaque Français soit ingénieux dans son effort. De I’aide commune, matière récupérée, argent, travail sortira la force de nos armes, invincible. Mes anciens camarades, faites tout pour l’augmenter.

    ok802

    Raoul Dautry

    Avec Raoul Dautry qui fut cheminot avant d’être un homme politique disparaît le père du concept de service public moderne du chemin de fer. Envisagé comme une « totalité sociale ».

    La mort de M. Raoul Dautry, survenue subitement le 21 août, à Lourmarin, où il avait sa maison des champs, a porté la consternation dans un immense public ; elle a été vivement ressentie par la corporation cheminote et plus profondément en core par ceux des nôtres qui, aux réseaux du Nord et de l’Ouest, ont eu le privilège de travailler aux côtés ou sous les ordres de ce grand administrateur. Avec lui a disparu une des fortes et des plus complètes personnalités de la première moitié de ce siècle, un de ces hommes qui laissent derrière eux une trace profonde dans plusieurs générations, auxquels on est conduit à souvent se référer.

    À sa sortie de l’École polytechnique, il avait débuté au Chemin de fer du Nord, en qualité de chef de district. Au contact des compagnons du rail, très vite il s’était assuré que dans le métier qu’il avait choisi, comme dans tous les métiers d’ailleurs, le rationnel, les disciplines strictes de l’ingénieur, utiles et nécessaires, sont loin d’être l’essentiel et que la place centrale demeure toujours occupée par l’Homme. Aussi, longtemps avant l’heure relativement récente où l’on a remis l’accent sur la réalité sociale en matière d’administration et d’organisation du Travail, M. Raoul Dautry, saint-simonien pratique, disciple loin tain et lecteur assidu d’Ozanam, qu’il aimait à citer, élève indirect et admirateur de Lyautey, se pénétrait dès avant la guerre de 1914 du rôle social de l’ingénieur. Parmi les tout premiers, en pionnier, il avait compris que le chemin de fer, plus généralement l’entreprise « n’est pas une hiérarchie, une pyramide d’organes séparés, mais une “totalité sociale” dans laquelle la qualité des activités est déterminée par toutes les données naturelles et toutes les conditions économiques et affectives de la vie » dans laquelle encore tout se tient, interfère, et qui retentit dans toutes ses fibres, de proche en proche, quand le moindre rouage grince dans quelque quartier éloigné.

    Armé de ces idées neuves, méthodique et cependant enthousiaste, conducteur incomparable sachant s’entourer des meilleures équipes, réalisateur, M. Raoul Dautry allait s’attaquer avec bonheur, dès le premier grade, à l’appel de ses chefs d’abord ou de sa propre initiative, puis à l’invitation du gouvernement, à des problèmes de tous ordres, et devenir l’homme indispensable dès qu’il fallait renouveler l’atmosphère de quelque organisme, apporter un sang plus riche dans un corps administratif anémié, ou mettre sur pied une organisation délicate et urgente. Parallèlement à sa vie de cheminot, on l’a vu notamment, dans de remarquables rapports au Conseil économique national, proposer une politique du logement et, avant que ne soit institué un ministère spécialisé, jeter les bases de l’organisation du transport aérien, puis, à la tête de « l’Aéro postale », assurer la continuité de la présence française sur l’Atlantique Sud et la Cordillère des Andes ; on l’a vu de même ranimer la Compagnie Générale Transatlantique, puis dresser et appliquer, durant la crise économique de l’entre – deux-guerres, le programme dit des grands travaux contre le chômage – le premier « plan » français de modernisation. Mais assurément c’est le chemin de fer qui eut le meilleur de lui-même. Le fameux « Ouest-État », qui alimentait de longue date la satire, que les collectivités et le public souhaitaient voir démembré en faveur des grandes compagnies voisines, allait rattraper, grâce à lui, en quelques années, les meilleurs réseaux français et même leur offrir de nouvelles méthodes. Lors de la remise d’une épée d’honneur à l’occasion de son entrée à l’Académie des Sciences morales et politiques, en 1948, M. Raoul Dautry rappelait en ces termes l’esprit qui inspira ses premières décisions de directeur du réseau : « Nous nous mîmes d’accord pour écarter la politique et fonder la rénovation du réseau sur la mystique de ses cheminots, comme toutes les mystiques ouvrières, elle était – suivant Péguy – “faite du désir inconscient mais profond d’instaurer, de restaurer un ordre, un ordre laborieux, un ordre ouvrier, un ordre économique, temporel, industriel dont la contamination pour ainsi dire remontante, réordonne le désordre même”, mais il s’y ajoutait le désir particulier à ces hommes de lier leur vie à une bonne exploitation, de s’unir étroitement pour lutter avec efficacité contre les injustices et contre les misères, d’accomplir avec dignité, c’est-à-dire dans un climat de vérité, de franchise, de décision, de liberté d’opinion et de discipline rigoureuse mais confiante, leur grande tâche humaine ».

    C’est en 1929 que, l’ayant remarqué sur le réseau du Nord, le ministre des Travaux publics, alors André Tardieu, lui off rit la direction du réseau d’État. Dès le premier jour, dans son cabinet de la cour de Rome, dès les premiers contacts avec la province, l’ingénieur en chef de la veille s’imposa dans ce poste éminent, renouvelant en quelques mois, par des mesures parfois hardies, l’atmosphère du réseau et, tandis que ses prédécesseurs n’y demeuraient en moyenne que dix-huit mois, il assuma cette charge durant près de dix ans, ne la résignant que de sa propre initiative, la maison parfaitement remise en ordre depuis longtemps.

    Dans une récente conférence devant de hauts fonctionnaires, M. le Conseiller d’État Surleau, ancien directeur général adjoint de la S.N.C.F., qui fut son collaborateur et ami, rappelait comment M. Dautry faisait circuler la vie dans le réseau, inculquant à chacun le sentiment pro fond de la responsabilité et le sens de la réalisation, car il s’agissait avant tout avec lui d’at teindre, de « réaliser ». Bien qu’il professât qu’en aucun cas le chef ne doit soustraire à son collaborateur la tâche qui lui incombe, il ne se laissait aucun répit chaque jour, jusqu’à des dix-huit heures durant, ne négligeant rien pourtant auprès de ses visiteurs et donnant alors l’impression de disposer de tout son temps ; en réalité, il faisait avec eux, sans qu’il y paraisse des sondages en profondeur ou le tour complet de quelque question épineuse, élevant toujours la conversation, peut-être pour sentir jusqu’à quel point limite elle pourrait passionner ou lasser l’interlocuteur et être suivie par lui, car c’est dans les marges de son esprit ou de ses sentiments que l’homme s’offre et peut se mesurer ; dans ces moments, on voyait M. Dautry délaisser le fauteuil directorial et bavarder longuement avec son visiteur, dans l’embrasure de quelque fenêtre, l’intempestif téléphone soigneusement rejeté chez la fidèle secrétaire.

    Défenseur du public, du client en toutes circonstances devant ses services, il était aussi l’homme des inspections minutieuses et implacables – où intervenait fort régulièrement ce qu’il appelait sa « chance de tournée » – du contrôle « debout » et non du contrôle « assis », selon l’heureuse expression de M. de Tarde, mais il était encore l’ennemi de la bureaucratie et de la cloison étanche. La pensée du directeur s’exprimait dans les conférences fréquentes des chefs d’arrondissement, les « conclaves » hebdomadaires des chefs de service ; c’est le procès-verbal de ces réunions qui allait éclairer sur les idées du patron, les gares, les dépôts, les districts, quand il ne s’en chargeait pas lui-même, d’homme à homme. De ces conclaves et conférences, quelle que soit leur durée, et plus longues encore s’il le fallait, sans considération de l’horaire des repas, des trains de banlieue après minuit, ou des rendez-vous, sortaient à coup sûr les décisions : leur corollaire était obligatoirement la promptitude de l’exécution. M. Raoul Dautry avait, bien sûr, ses légendes ; une infinité d’anecdotes, vraies ou embellies dans les transmissions successives au point de franchir le seuil de la fable, se propageaient dans son sillage, le précédaient dans ses tournées, tissant autour de lui une réputation hors normes.

    Lorsque le gouvernement décida, en 1939, au début des hostilités, de créer un ministère de l’Armement, c’est à M. Dautry qu’il songea. La tâche était immense. La mobilisation industrielle avait bien été soigneusement préparée par les autorités qualifiées, mais il fallait passer sans délai à la réalisation, « reconvertir » effective ment les usines, les animer, en faire surgir de nouvelles et les équiper aussitôt. L’effort accompli fut considérable, bien qu’en grande partie inutile et généralement méconnu. Réfugié sur les pentes du Lubéron, à Lourmarin, village ensoleillé où souffle autour du château, haut lieu de Provence, l’esprit de Méditerranée, M. Raoul Dautry s’était aménagé une modeste bastide parmi les oliviers et les cyprès ; là il attendit dans l’espérance active de la victoire la fin de la guerre. En compagnie des amis qui venaient le visiter dans sa retraite, longue ment il avait « loisir de mesurer ce qu’il faudrait aux Français de tous rangs, toutes professions et de tous âges : de sagesse, de volonté, d’enthousiasme, d’efforts, de sacrifices, de désintéressement pour reconstruire ou plutôt pour construire une France neuve, saine, humaine », et c’est à cette noble tâche qu’il s’attaqua avec son ardeur coutumière dès le mois de novembre 1944, en qualité de ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme. Certes, il ne pouvait voir sous son ministère trop tôt interrompu s’élever les grands ensembles, les îlots architecturaux, s’épanouir les villes neuves charpentées par les artères modernes. Cependant, maints travaux portent sa marque, traduisent ses idées sans étroitesse en matière d’urbanisme, et rien ne fera qu’il n’ait donné le souffle initial et créé les doctrines, rassemblé les hommes de l’art, réalisé la dure étape de la fondation, logé provisoirement, en un temps record, plusieurs millions de sinistrés ; qu’il n’ait présidé, en un mot, à la renaissance matérielle du pays.

    Toujours présent, M. Dautry répondit encore à l’appel de l’État en 1946, quand il fallut mettre sur pied un organisme spécial pour l’étude et la mise en oeuvre pacifique de l’énergie nucléaire ; il accepta le poste d’administrateur général délégué du gouvernement au Commissariat créé à cet effet, de même qu’il ne put se refuser, tant l’appelait le désir d’aider les jeunes gens après en avoir lancé un si grand nombre dans la vie sous ses ordres, à accepter la présidence de la Cité universitaire.

    Auguste JOURET

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    L’homme et le rail

    Le chemin de fer ce n’est pas uniquement un moyen de transport, un instrument technique : c’est aussi, et c’est d’abord des hommes. Les cheminots ne sont pas des hommes comme les autres, des travailleurs comme les autres. […] Tous portent une marque spéciale, dont ils mesurent eux-mêmes l’originalité ; on pourrait dire même qu’ils la cultivent, et ce n’est point par hasard si du directeur général au dernier des agents (agent, mot significatif, agere, l’homme qui « fait »), lorsqu’on leur demande d’indiquer leur profession, ils répondent : cheminot.

    À quoi tient cette spécificité de l’homme du rail ? À rien d’autre qu’aux conditions mêmes où il exerce son métier. Trois don nées paraissent fondamentales. Et d’abord la plus décisive de toutes, la responsabilité. […] Le mécanicien de rapide qui mène dans la nuit à cent à l’heure une locomotive ou une motrice de trois ou quatre mille chevaux attelée à un train de quinze voitures, tient si visiblement entre ses mains la destinée de centaines de voyageurs que sa tâche a valeur d’exemple : on parle de lui comme un modèle. […]

    Tout homme du rail à son poste est étroitement solidaire de quantité d’autres, et il doit leur faire confiance, et il leur fait effectivement confiance. […] Cette interdépendance est à la base même de ce sentiment de communauté – on dit aussi d’amitié – qui s’observe si fort chez les cheminots. Responsabilité, sens de la communauté, ces deux éléments sont étroitement associés à un troisième, qu’on pourrait désigner comme la fi délité ou, si l’on préfère, le sens de la tradition. Ces deux impératifs moraux se sont affirmés depuis les origines du chemin de fer et n’ont pas eu à évoluer. Ils sont, ils ont été, comme la Loi du Sinaï pour le peuple Élu. Et ils ne changeront pas, même quand les progrès techniques auront profondément modifié les conditions de l’exploitation. Même quand tout ce qui, dans le chemin de fer, peut être automatisé, l’aura été, et quand il n’y aura plus que de petites équipes d’hommes hautement qualifiés pour veiller et parer aux défaillances des engins, ces hommes-là ne se sentiront pas moins responsables et solidaires les uns des autres. […] Rien ne me paraît plus injuste, ni d’une certaine façon plus odieux, que le qui dam qui juge le cheminot sur les retraites qu’il touche et sur les voyages gratuits dont bénéficie sa famille. Ces hommes du rail tels que je les ai connus, ce n’était certes pas pour leurs intérêts personnels qu’ils se donnaient au métier qui était le leur ! C’était tout bonnement pour obéir à ce qu’il faut bien appeler leur devoir mais qui, pour chacun d’eux, n’était que l’expression de leur vocation personnelle.

    Raoul Dautry n’était pas différent de ces hommes, lui qui, parti de leurs rangs, était arrivé à les commander tous. Il y avait, on le sait, une « légende Dautry », qui était sortie même du milieu des cheminots et que le grand public avait connue : son nom était devenu symbole d’activité précise, d’efficacité sans bluff , de sens social et de fermeté. Cet homme petit, solide, dont le physique même avait quelque chose très accordé à sa profession, était profondément, avait profondément voulu être un homme de métier ; il suffit, pour s’en convaincre, de relire l’admirable livre, intitulé précisément Métier d’homme (« Présences », Plon), où il n’a désiré mettre que des documents issus de son expérience professionnelle même… Son métier, le métier de cheminot, il le connaissait dans le moindre de ses rouages, comme quelqu’un qui a mis la main à la pâte et serait capable, le cas échéant, de l’y mettre derechef. Mais il en avait aussi profondément médité les principes moraux, les données spirituelles. C’est par Raoul Dautry que j’ai compris tout ce qu’il y a d’intelligence, de grandeur, de vertus nécessaires et de passion dans cette tâche qui, en apparence, consiste tout bonnement à faire arriver à l’heure, sans encombres des trains de voyageurs, et à transporter au meilleur prix du charbon ou des oeufs : j’ai compris en l’écou tant, en le regardant, ce qu’est vraiment un cheminot.

    Daniel ROPS

     


     

    Caractéristiques techniques 

    Format : 220 x 270 mm

    Couverture rigide

    160 pages environ

     

    Cliquez sur la couverture pour acheter le livre :

    110378

     

     

  • Mémoire de cheminots

    Mémoire de cheminots

    Revivez à travers ces 200 pages les moments les plus forts de ces 80 dernières années cheminotes !

     

    Description de l’ouvrage 

    Mémoire de cheminots. Le livre-témoignage d’une grande famille française

    2018 est l’année du 80ème anniversaire de la SNCF.

    Cela représente 80 ans d’histoire d’une grande communauté d’hommes et de femmes : une histoire sociale, mutualiste, associative, syndicale, sportive, culturelle et humaine…

    Au fil des décennies, les gens du rail, l’une des plus importantes communautés professionnelles de France en termes d’effectifs (plus de 514 000 cheminots en 1938, 260 000 actuellement), ont écrit une histoire riche en associations, amicales, fédérations et sociétés d’agents qui les accompagnaient au quotidien, et ce, dans toutes les régions du territoire. Mutuelles, établissements de santé, orphelinats, syndicats, jardins collectifs, colonies de vacances, clubs sportifs, associations culturelles ou de tourisme ont façonné l’âme de cette grande famille française…

    Si, en 1938, chaque famille de Français connaissait « quelqu’un aux chemins de fer», il en est toujours de même aujourd’hui en 2018…

    A l’heure du 80ème anniversaire de la communauté cheminote, cet ouvrage, totalement inédit, en raconte la saga, une belle histoire qui se confond avec celle de la France, afin de transmettre cette mémoire collective aux générations actuelles et futures grâce à de nombreux témoignages et une très riche iconographie, faisant de Mémoires de cheminots le livre-événement de l’année 2018.

    Caractéristiques techniques 

    Format : 220 x 270 mm

    Impression quadrichromie, couverture rigide

    Environ 200 pages

     

    Cliquez sur la couverture si vous souhaitez l’acheter sur notre boutique en ligne :

    couvmemoirecheminots

  • Fermeture exceptionnelle de la boutique le 30 avril

    Fermeture exceptionnelle de la boutique le 30 avril

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