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Catégorie : Associations

Patrimoine. En Anjou, des as de la rénovation peaufinent des bijoux ferroviaires
Attention, travaux ! Dans le Maine-et-Loire, les Amis du Petit Anjou oeuvrent avec ardeur à la rénovation à l’identique d’une automotrice De Dion Bouton de 1930 et sa remorque, et celle d’un fourgon postal tout aussi historique. Bienvenue à Saint-Jean-de-Linières.
Dans le Maine-et-Loire, près d’Angers, on ne chôme pas dans l’atelier de l’Association des Amis du Petit Anjou (AAPA). Les bénévoles actifs de l’association s’investissent dans deux chantiers d’importance : la restauration à l’identique d’un ancien fourgon postal et de l’autorail De Dion Bouton JM3 de 1930 avec sa remorque. L’AAPA a pour projet de faire circuler un train à l’instar du Petit Anjou, l’ancien chemin de fer local créé en 1893 et définitivement fermé en 1948. La future ligne touristique relierait le dépôt et le lac de Maine et accueillerait les matériels historiques rénovés à l’identique. En attendant, l’atelier a pris des airs de ruche. « Le travail sur le châssis de l’autorail arrive à sa fin. Il a été effectué à partir des plans d’époque », raconte Martine Richoux, présidente de l’AAPA. « Le châssis a reçu les différents éléments d’origine De Dion. Nous avions déjà posé un plancher provisoire pour installer les pédales dans la cabine du conducteur.
Nous avions également créé une maquette en taille réelle pour tester les dimensions de l’habitacle, faute de disposer des plans originaux de cette partie. Lors des Journées européennes du patrimoine en septembre l’an dernier, les visiteurs ont ainsi pu avoir un aperçu de notre futur autorail. »
« Ils menuisent plus vite que leur ombre ! »
Concernant les finances exigées par ces travaux, « la collecte auprès de la Fondation du Patrimoine se déroule plutôt bien », commente Martine Richoux. « Nous avons pu commander le bois pour construire l’habitacle de l’autorail. Plus d’une tonne de bois nous a été livrée à la fin de l’année dernière. Nos menuisiers, connus ici comme ceux qui menuisent plus vite que leur ombre, attendaient cela depuis des semaines. Ils trépignaient d’impatience et commençaient presque le boulot au cul du camion ! »
Après avoir enlevé le plancher provisoire et la maquette à l’échelle 1 pour poser le plancher du De Dion, les menuisiers ont dû reprendre le rivetage à chaud du châssis, ce qui représente une quarantaine de rivets à poser. Cette étape a exigé plusieurs séances.« Concrè- tement, dans l’atelier cela donnait la scène suivante: cinq ou six bonhommes à la tâche, un qui déboulonne le provisoire, un qui agrandit le trou (évidemment pas à la bonne taille!), un qui amène le rivet chauffé à blanc, un qui lui tape sur la tête pour qu’il rentre bien et qui retourne le tout pour mettre la tête sur la contre-bouterolle et enfin, un qui lui ratatine la queue au marteau pneumatique… » Pendant ce temps, c’était parti pour les pièces du futur plancher, soit la découpe de plus d’une tonne de bois, un gros boulot en perspective. « Nous avons aussi reçu le bois pour la toiture et les parements inté- rieurs en contreplaqué, rangés au-des- sus de notre B118 qui attend patiemment son tour. »
Du rivetage à chaud
Les bénévoles se sont mobilisés le 19 mars dernier pour l’ultime séance de rivetage. Il restait encore une dizaine de rivets à poser. « Ce mercredi 19 fut un grand jour aussi parce que Rémy et Christian, nos deux menuisiers, ont offi-ciellement commencé sous le crépitement des flashes des photographes, la pose du plancher. Et du côté du châssis, les mécaniciens ont installé les sablières avec leur capot, c’est du plus bel effet ! » La restauration à l’identique de cette automotrice De Dion Bouton JM3 en version Anjou a été rendue possible « grâce au soutien de la Fondation du Patrimoine via un appel aux dons », rappelle Martine Richoux. La collecte se poursuit, sachant que tout don est déductible des impôts aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises ). « Il ne faut donc pas hésiter à en parler largement autour de vous, nous comptons sur le soutien de tous, particuliers et entreprises ! »
Un fourgon postal unique
Un autre chantier important,commencé à la rentrée de 2023, consiste à restaurer le fourgon postal. « C’est un chantier aussi essentiel que celui du De Dion, car notre Dp208 est doté d’un compartiment postal, ce qui fait qu’il est quasiment unique en son genre », commente Martine Richoux, fière, à l’instar des bénévoles de l’association, de posséder un tel bijou ferroviaire. L’ossature de la caisse, réalisée à la fin des années 2000, avait été remontée dans l’atelier début 2023. Après avoir rénové les arceaux de toit, et débarrassé de la rouille toutes les pièces métalliques d’origine – traitement à l’antirouille et mise en peinture –, les équerres et autres tirants ont été mis en place, ce qui a permis de s’attaquer à la pose du plancher, et enfin de fixer définitivement les arceaux de toiture.
La caisse a ensuite été retournée sur son support provisoire afin de placer la fenêtre d’ex- trémité (pignon du fourgon) côté atelier. «Celapermettra,lorsquelefourgonfera partie de la rame historique, d’avoir une vue directe sur la voie pour le chef de train lorsque nous refoulons. Le plus intéressant reste à faire: la cloison de sé- paration avec le compartiment postal, le bardage de la caisse, la pose des portes de fourgon et portières du compartiment, la pose de la toiture…, bref, encore de longs mois de travail pour la menuiserie après lesquels il faudra s’at- taquer au tôlage puis au châssis. » Mais ces experts du patrimoine restent ultra-motivés.
La gare du Petit Anjou sera ouverte à la visite le 2juillet prochain, puis aux Journées européennes du patrimoine le 3e week-end de septembre ainsi que, tout au long de l’année, les mercredis et dimanches de 10h à 18h et les samedis de 14h à 18h. « Lorsque vous êtes de passage en Anjou, n’hésitez pas à venir admirer et encourager nos bénévoles ! », conclut Martine Richoux. L’invitation est lancée…
Contact: Gare du Petit Anjou, 9 route de Bouchemaine, St-Léger-de-Linières, 49070 St-Jean-de-Linières. [email protected]

Trains touristiques. Opération bandages neufs pour la Mallet 414
Pour l’ensemble des trains touristiques, la période hivernale rime avec opérations de maintenance lourde. En Ardèche, dans les ateliers du Chemin de fer du Vivarais, les bénévoles ont entrepris de remplacer les bandages des roues d’une ancienne locomotive, la Mallet 414, construite en 1932. Son poids, dépasse les 40 tonnes, d’où l’utilisation d’un engin de levage adapté pour pouvoir sortir les douze roues de la machine afin de mettre en place douze bandages tout neufs.
Adaptée aux courbes serrées du réseau
Les locomotives Mallet, dont la construction s’est échelonnée de 1903 à 1932, ont été inventées par le franco-Suisse Anatole Malle. Ces machines sont dotées d’un châssis articulé ce qui leur permet de s’inscrire dans les courbes serrées des lignes à voie métrique, ce qui est le cas du réseau du Vivarais. Très puissantes, elles développent 400 chevaux et peuvent tracter une rame de plus de 600 places assises. Le train touristique ardéchois propose différents voyages au départ de la gare de Saint-Jean-de-Muzols : le Train des Gorges (8 km, A/R 1h30), le Mastrou (28 km, A/R 1h45), le Lamastre express (au départ de Lamastre, 14 km, A/R 1h45), une formule Vapeur + Vélorail (21 km), ainsi que le Cyclo-Train (28 km, aller simple en 1h30), qui permet, en embarquant son vélo, de rejoindre la voie douce Dolce Via.
Contact : Chemin de fer du Vivarais, 111 route du Grand Pont, 07300 Saint-Jean-de- Muzols. Tél. : 04 75 06 07 00.

Patrimoine. Au MTVS, on manie les éclisses et les tirefonds
Objectif 750 mètres ! Dans l’Oise, les bénévoles du Musée des tramways à vapeur et chemins de fer secondaires (MTVS) se sont de nouveau mobilisés, malgré une météo maussade, pour poursuivre leur chantier de pose de voie.
Trois jours durant, du 18 au 20 février, ils ont oeuvré en pleine nature pour prolonger la ligne du train touristique vers le PN4 de Blicourt, à plusieurs kilomètres de Compiègne. « Environ 300 mètres posés le jour 1, avec 200 mètres utilisables pour le train de travaux », raconte Olivier Janneau, président du MTVS. « Grâce à nous, il y a donc eu du trafic sur une voie où aucun train n’était passé depuis 1990 », s’amuse l’ancien cheminot. « Nous étions dans la ligne droite… mais pas la dernière ! Les deux premières barres de 33 mètres ont été posées. Il a fallu fixer les éclisses et les tirefonds le lendemain.
Nous sommes arrivés à quelques mètres seulement du PN de Blicourt. Nous avons pu mettre encore 35 mètres de voie, ce qui nous a permis de charger la trémie de ballast facilement. » Ce fut trois jours de travail intensif certes, « mais quelle aventure humaine ! », dixit certains participants. « On est donc maintenant à 6,4 kilomètres de notre point de départ de Crèvecoeur. Nous avons été ralentis par un manque de tirefonds, suite au vol subi l’an passé qui nous a quand même bien impactés », explique Olivier janneau qui tient à rappeler que pour réaliser ses chantiers, « le MTVS bénéficie du soutien de la Communauté de Communes Picardie Verte (CCPV) que nous remercions. »
Contact : MTVS, 16 place de la Gare, 60360 Crèvecoeur-le-Grand. Tél. : 07 68 54 49 70. www.mtvs.fr. Voir le dernier reportage diffusé sur France 3

Histoire. Le territoire de la Haute-Vienne désenclavé grâce au chemin de fer
Le coup d’envoi de la nouvelle exposition itinérante de Pays d’art et d’histoire de Monts et Barrages en Limousin sera donné le 12 avril prochain en Haute-Vienne, à Saint-Bonnet-en- Briance. Elle raconte le progrès apporté par l’arrivée du chemin de fer dans ce territoire rural.
Un train peut en cacher un autre : tel est le titre de la nouvelle exposition itinérante, proposée par l’association Pays d’art et d’histoire de Monts et Barrages en Limousin et consacrée aux 34 communes de la Haute-Vienne. A partir du mois d’avril, cette quatrième exposition présentera pendant cinq ans les deux lignes de chemins de fer qui ont irrigué ce territoire rural, contribuant à désenclaver celui-ci et à faciliter le quotidien de la population. « Il y avait le train “classique”, celui que tout le monde identifie (ligne Limoges – Ussel mise en service en 1881 et 1883), et un autre, moins connu, comme caché derrière le premier : l’ancien tramway départemental qui a circulé pendant plusieurs décennies, de 1912 à 1949, sur la ligne n° 4 Limoges – Peyrat- le-Château », détaille Julie Grèze, animatrice du Patrimoine.
Des photos et des témoignages inédits recueillis auprès de la population
Pas moins de 200 documents d’archives, photos et cartes, agrémentés d’explications pédagogiques et regroupés sur une vingtaine de panneaux, racontent comment ces deux moyens de transport de gabarits différents – un train classique et un tacot –, ont révolutionné la vie des habitants de ce pays à partir de la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 1950. Pour cela, l’association s’est appuyée sur « trois années de recherche – 16 000 photos sont issues des Archives départementales – et d’entretiens avec des particuliers pour transmettre au public des témoignages et des images inédites », explique Julie Grèze.
Pays d’art et d’histoire de Monts et Barrages en Limousin a également sollicité son réseau d’associations spécialistes du patrimoine local et de la question ferroviaire : HistoRail®, le Musée du chemin de fer à Saint-Léonard-de-Noblat, le Conservatoire Ferroviaire Territoires Limousin Périgord (CFTLP), qui organise les circulations touristiques du train à vapeur l’été, les associations du Cercle Historique Pelaud d’Eymoutiers, Connaissance et Sauvegarde de Saint-Léonard, la Société historique du canton de Châteauneuf-la-Forêt, Peyrat- Patrimoine… « A chaque passage, l’exposition sera accompagnée d’ateliers adaptés aux scolaires, dans un but de transmission aux jeunes générations, et de visites guidées pour tous les publics : habitants, touristes, jeunes », précise Julie Grèze. Si vous habitez dans la région ou que vous y êtes de passage, guettez les affiches !
Rens. : Pays d’art et d’histoire de Monts et Barrages, Le Château, 87460 Bujaleuf. Tél. : 05 55 69 57 60. [email protected] www.pahmontsetbarrages.fr

Les trains de Pâques de l’Ajecta et de la Transvap
Les fêtes de Pâques approchent et les trains touristiques mettent la dernière touche à la préparation de leurs circulations spéciales pour emmener petits et grands à la chasse aux oeufs. L’Ajecta, le musée vivant du chemin de fer situé à Longueville en Seine-et-Marne, a ouvert les réservations pour son train spécial des 20 et 21 avril. Le parcours reliera Longueville à Romilly-sur-Seine à bord de voitures historiques à compartiments, tractées par la locomotive à vapeur la 140 C 231. Il offre 170 places réparties dans des compartiments de 6 ou 8 voyageurs ou par tables de 2 ou 4. Tarif : 40 € l’aller-retour.
Dans la Sarthe, durant le week-end pascal, la Transvap fera circuler son train de Pâques de 14h à 17h30 (départ du train à 14h30).
Réservations par e-mail ou via la plateforme hello asso
Rens. : Ajecta, 3 rue Louis Platriez, 77650 Longueville.
Tél. : 01 64 08 60 62
Transvap, 5 route de Montfort, 72160 Beillé.
Site de l’Ajecta
Ultimes tours de roues pour le TGV postal
⚠️Rectificatif. Le TGV postal mis à la casse
Contrairement à l’article mis en ligne par LVDR concernant la dernière demi-rame du TGV postal, celle-ci ne sera pas préservée à la Cité du Train de Mulhouse, mais démantelée et mise à la casse sur décision de La Poste. Dommage pour cet élément de patrimoine ferroviaire, qui aurait mérité d’être sauvegardé en mémoire de plusieurs décennies (de 1984 à 2015) de bons et loyaux services rendus par ces TGV reconnaissables à leur livrée jaune, assortie de l’emblème bleu de La Poste et du logo SNCF
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Pour le TGV postal, le 12 mars a été le jour de son ultime voyage. Propriété de La Poste française, la demi-rame n° 954 a quitté le Technicentre Sud-Est Européen SNCF de Villeneuve-Saint- Georges dans le Val-de-Marne. Elle sera démantelée et mise à la casse sur décision de La Poste. Dommage pour cet élément de patrimoine ferroviaire, qui aurait mérité d’être sauvegardé en mémoire de plusieurs décennies (de 1984 à 2015) de bons et loyaux services rendus par ces TGV reconnaissables à leur livrée jaune, assortie de l’emblème bleu de La Poste et du logo SNCF.
Ce matériel historique, qui a transporté des centaines de millions de lettres et colis pour les Français de septembre 1984 à juin 2015, est un véritable élément de patrimoine industriel et ferroviaire, d’où sa future et dernière résidence au musée ferroviaire. Pour rappel, les TGV postaux circulaient la nuit pour transporter une partie du courrier et des colis, entre Paris, Lyon, Mâcon et Cavaillon. Ils ont été construits en même temps que la famille des TGV Sud-Est. Composé à l’origine de cinq demi-rames, le parc a été augmenté d’une unité grâce à la transformation d’une rame voyageurs TGV Sud-Est. Mais en raison de la baisse continue du trafic de courrier physique et de la concurrence routière, La Poste a décidé d’en cesser l’exploitation.
Les TGV postaux ont effectué leurs dernières circulations commerciales le samedi 27 juin 2015.
Une affiche, créée par 800 Tonnes, est en vente en ligne : format de A0 (84,1 x 118,90 cm, 79,90 €) à A5 (14,18 x 21 cm, 3,90 €).

L’Amtuir, musée 100 % transports, accueillera bientôt le public
C’est bientôt parti pour une nouvelle saison de mars à octobre à l’Amtuir, le musée des Transports urbains, interurbains et ruraux situé à Chelles en Seine-et-Marne. Le 1er mars dernier, la première visite de l’année 2025 a eu lieu avec des autobus historiques qui ont circulé pour l’occasion entre le musée et la gare de Chelles-Gournay. « Nous roulons de 10h à 12h et de 14h à 17h », détaille le musée, qui vit le jour en 1957 avec l’acquisition de la motrice de tramway n° 1 du réseau de Versailles. « Le musée compte 72 autobus, trolleybus et tramways (sur un total de 133), plus un circuit de tramways miniatures et plus de 300 modèles réduits sont exposés ainsi qu’un simulateur de conduite du métro parisien.
Autant de découvertes proposées au public ! » En 2025, le musée sera ouvert les 1er et 3e samedis de chaque mois, de mars à octobre, et pour la Nuit des musées et les Journées européennes du patrimoine. A l’Amtuir, qui arbore le label Musée de France, on peut soutenir l’association en achetant des livres et des souvenirs dans la boutique du musée. Enfin, avis aux amateurs de véhicules historiques, l’association recrute en permanence des bénévoles pour assurer, selon les talents et les préférences de chacun, des tâches simples le mardi et le jeudi de chaque mois.
Contact : Amtuir-Musée des Transports urbains, interurbains et ruraux,
1 rue Gabriel de Mortillet, 77500 Chelles-Gournay.
Accès PMR. Tél. : 01 60 20 45 50.

Rive droite du Rhône. Le tracé du Train en fête du 16 novembre 2025 est défini
Le trajet des autorails qui doivent emmener habitants, élus et décideurs de Lyon à Bourg-Saint-Andéol le 16 novembre pour montrer la faisabilité du retour des trains de voyageurs sur la rive droite du Rhône a été établi. Reste maintenant à obtenir l’accord de SNCF Réseau.
Lyon-Perrache, Grigny, Givors, Condrieu, Champagne-Saint-Désirat, Saint-Péray, Tournon, La Voulte, Le Pouzin, Le Teil et enfin Bourg-Saint-Andéol : tel est le tracé présenté le 20 février, après l’audit réalisé par les associations Cutpsa (Collectif des usagers des transports publics Sud-Ardèche) et AuterVR (Association des usagers des TER de la Vallée du Rhône), pour Train en fête le 16 novembre 2025, une manifestation organisée avec trois autorails (180 places au total) de l’association AP 2800, qui réunit des passionnés de train et fait circuler ce matériel roulant des années 1960.
L’objectif de la manifestation est de montrer la faisabilité de faire rouler de nouveau des trains de voyageurs sur la rive droite du Rhône, une demande adressée à la SNCF et à la Région Auvergne- Rhône-Alpes depuis plusieurs mois (lire LVDR n° 4025) et restée sans réponse définitive à ce jour.
Sous réserve de l’accord de SNCF Réseau
C’est à Condrieu (Rhône) qu’Ardéchois, Ligériens et Rhodaniens, militants du Cutpra et d’AuterVR se sont réunis le 20 février pour affiner leur plan d’action et présenter le tracé défini. « Des arrêts à Saint-Romain-en-Gal et Saint-Pierre- Boeuf seront étudiés, et plus au sud, les gares de Cruas et Viviers n’étant pas utilisables faute de quais, des solutions alternatives, recevables par la SNCF, seront recherchées, afin que ces zones soient desservies », explique Jean-François Cullafroz-Dalla Riva, membre de AuterVR. Naturellement, un tel convoi nécessite l’accord total de SNCF Réseau. À ce titre, l’association AP 2800 a été missionnée pour instruire le dossier avec les responsables ferroviaires. « Pour l’heure, les ingénieurs SNCF, partie prenante de la préparation, soulignent que la réouverture de la rive droite du Rhône aux trains-voyageurs est tout à fait possible », soutient Jean-François Cullafroz-Dalla Riva. « Selon eux, l’initiative du 16 novembre 2025 pourra accélérer la prise de décision par les élus de la région Auvergne-Rhône-Alpes et par les responsables de la SNCF. »
Une pierre apportée à l’édifice des transports décarbonés
Pour Christophe Vignal, maire du Pouzin, « la réouverture de la rive droite du Rhône aux trains-voyageurs est une nécessité […] Selon les statistiques de l’Insee, chaque jour, 1 500 Pouzinois quittent la commune pour aller au travail et autant de personnes gagnent la commune pour leur emploi. Un flot qui pourrait se faire par voie ferroviaire… » Christian Féroussier, vice-président du département de l’Ardèche, soutient le projet et entend bien être « dans le train au côté de ses collègues et des habitants. [Il agira] au sein de l’assemblée départementale pour aider à la réussite de cette initiative citoyenne. » Habitante de Cruas (Ardèche) et élue départementale, elle aussi, Elvire Bosc sera de la partie. Selon elle, « une circulation des trains de voyageurs sur la rive droite du Rhône serait une belle opportunité pour les habitants, en particulier les jeunes et parmi ceux-ci les étudiants. » Maire de La Voulte, Bernard Brottes constate « tous les jours le flot de circulation automobile sur l’ancienne RN86. J’insiste sur l’attente de la population de voir revenir des trains de voyageurs desservir les communes de la rive droite du Rhône et j’applaudis des deux mains à l’initiative Train en fête 2025. » Un point de vue également partagé par Cécile Bayle, troisième adjointe de la mairie du Teil, chargée de la Mobilité et des Solidarités. « Avec à la clé, la réouverture de la gare où parviennent déjà des trains venus de l’Occitanie, et puis l’arrivée et le départ de convois sur toute la vallée du Rhône. »
Bientôt des réunions avec la Région Aura, la préfecture du Rhône et la SNCF
Philippe Bouniard, premier adjoint de la mairie d’Alba, et vice-président de la communauté de communes Ardèche- Rhône-Coiron, est lui aussi convaincu de la nécessité du changement dans les déplacements. « A ce titre, le train pourrait apporter un souffle d’air dans le quotidien des habitants, et apporterait sa pierre à la lutte contre le réchauffement climatique. » Enfin, Philippe Marion, le maire de Condrieu et conseiller départemental du Rhône, qui soutient l’initiative, insiste sur « l’intérêt, pour les habitants en particulier, et pour la préservation de la planète en général, que la rive droite du Rhône voit circuler à nouveau des trains de voyageurs. » Selon lui, « au-delà du train du 16 novembre, le retour du trafic voyageurs, qui relève tout d’abord d’une volonté politique, est absolument indispensable. » Un point de vue largement partagé par les élus des communes concernées et leurs environs. Le 20 mars, le comité pilotage doit se réunir en mairie du Pouzin (Ardèche), en prélude à une rencontre des élus ardéchois le même jour. Entre-temps, à l’occasion de réunions de travail avec le vice-président délégué aux transports de la région Aura, Frédéric Aguilera, puis la préfète de région et préfète du Rhône, Fabienne Buccio, et ensuite avec la SNCF. Nul doute que les organisateurs de Train en fête feront parler d’eux.

Train vélo. Un Livre blanc alerte sur le retard de la France
Pas toujours possible de voyager en train avec son vélo en France, comme en témoigne le Livre blanc publié par le collectif Mon vélo dans le train à l’attention des pouvoirs publics, de la SNCF et des autorités organisatrices de transports collectifs. Il y a pourtant urgence à l’heure du toutvoiture et de la lutte contre le changement climatique.

Trois emplacements sont destinés aux vélos. La LOM recommande un minimum de huit places pour les trains neufs et rénovés Photos © Collectif Mon vélo dans le train C’est un Livre blanc qui, espère-t-il, devrait contribuer à faire bouger les choses. Publié par le collectif Mon vélo dans le train, qui réunit dix fédérations et associations de promotion du vélo et du train, de transports collectifs et de défense de l’environnement*, le document met en lumière l’inadéquation entre les besoins des cyclistes occasionnels ou quotidiens – touristes, vacanciers, vélo-tafeurs – et l’offre vélo dans les trains en France, et propose plusieurs nécessaires pistes d’amélioration. « Qu’il s’agisse de rejoindre une randonnée avec un vélo chargé de bagages ou de réaliser le dernier kilomètre d’un trajet local, par exemple, un trajet domicile- travail, mettre son vélo dans les transports publics est l’évidente alternative décarbonée à la mobilité “tout-automobile” », résume Gilles Laurent, responsable des Mobilités douces à la Fnaut. « Mais malheureusement, en France, que ce soit sur les Intercités, les TGV ou les TER, à quelques exceptions près, ce n’est pas toujours possible ni facile. »

Le bon exemple des trains régionaux au Danemark : un compartiment largement dimensionné dédié aux vélos et incluant des sièges pour les voyageurs cyclistes. Photos © Collectif Mon vélo dans le train Train vélo: la France à la traîne par rapport à ses voisins d’Europe du Nord
La comparaison avec d’autres pays européens, notamment en Europe du Nord – Allemagne, Danemark – et aussi en Italie, montre un retard considérable de cette prise en considération chez nous en France. « Malgré quelques évolutions positives, le manque de place à bord des trains, les billetteries inadaptées ou les réservations obligatoires dissuasives sont autant de freins à une mobilité “train + vélo” qui devrait pourtant être la pierre angulaire des évolutions de nos déplacements », plaident les associations qui font partie de Mon vélo dans le train. C’est donc à partir de l’expérience riche et variée de ses nombreux membres que le collectif a réuni dans ce Livre blanc son constat de la situation en France, ainsi que les possibilités qui existent dans les pays voisins. Il a formulé plusieurs demandes concrètes pour mettre les transports publics français à niveau et s’adresse aux pouvoirs publics, à la SNCF, aux régions et aux médias susceptibles de relayer leurs arguments. « Il faut en finir avec le parcours du combattant que nous connaissons en tant que voyageurs avec notre vélo, et cela devient urgent à l’heure de la lutte contre le réchauffement climatique : il faut un choc d’offre – davantage de places vélos et davantage de trains aménagés pour pouvoir les accueillir –, et un choc de simplification – concernant la billetterie, en ligne ou physique, et les parcours en gare pour l’accès aux trains – sont indispensables. » A suivre.

« Un bricolage d’été », selon le collectif : en haute saison (ici, dans la région Sud Paca), les sièges
recouverts de housses permettent d’embarquer quelques vélos supplémentaires. Photos © Collectif Mon vélo dans le train* FF Vélo, Cyclo Trans Europe, Cyclo Camping International, CIHM, AF3V, Amis de la nature France, Fnaut, France Nature Environnement, MDB, Oui au train de nuit !, Réseau européen en train, Staarp. Contact : Gilles Laurent, Fnaut Hauts-de- France, [email protected], 06 01 88 97 19

Le Grand Genève en quête de solutions de mobilité
En 2019, les autorités suisses et françaises inauguraient le premier réseau de RER métropolitain transfrontalier d’Europe, le Léman Express. Ce dernier compte 6 lignes (230 km), desservant 45 gares. Régulièrement cité en exemple, ce réseau est pourtant déjà victime de son succès : prévu initialement pour transporter 50 000 usagers/ jour, il en accueille 70 0000 dont un quart se déplace uniquement sur le territoire français.
Face à cette situation, un collectif d’élus s’est mobilisé pour proposer plusieurs développements, dont le prolongement de la ligne du Léman Express RL6 de Valserhône à Culoz et Nurieux- Volognat.
Devant ce succès, l’association LEX 2050 a été créée en France en décembre 2023 et en mai 2024 en Suisse, pour proposer le développement de l’offre et de l’infrastructure ferroviaire dans le Grand Genève. Face aux manques de moyens en France pour ce projet, une solution a été imaginée au niveau local.
Ainsi, l’association LEX 2050 propose depuis plusieurs mois de développer le ferroviaire sur les infrastructures existantes et de créer de nouveaux axes ferroviaires légers, mais interopérables, dont la compétence dépend de l’Etat de Genève, du Pôle Métropolitain du Genevois Français et de la communauté de communes du Pays de Gex, bien que la Confédération Suisse, l’Europe, l’Etat Français, la Région et les collectivités locales portent les financements
Le 11 décembre 2024 le Canton de Genève a rendu public sa stratégie ferroviaire, reprenant plusieurs de nos postulats avec, entre autres : une nouvelle diamétrale nord – sud, reliant la ligne du pied du Jura à celle du pied du Salève en ferroviaire léger. La réouverture de la ligne de Valserhône à Nyon figure sur plusieurs plans, ainsi que la construction d’une ligne de Saint-Julien- en-Genevois à Annecy selon, elles aussi, le concept de métro léger.
Le nouveau comité de l’association oeuvrera pour convaincre les Genevois de la plus-value d’une telle infrastructure, alors qu’un parti hostile aux travailleurs frontaliers a réalisé son meilleur résultat à l’élection du Conseil National de 2023. En France, la question du financement est centrale, et il faudra convaincre de flécher une partie importante de la compensation financière genevoise pour la réalisation de ce projet.
Le nouveau comité de l’association oeuvrera pour convaincre les Genevois de la plus-value d’une telle infrastructure, alors qu’un parti hostile aux travailleurs frontaliers a réalisé son meilleur résultat à l’élection du Conseil National de 2023. En France, la question du financement est centrale, et il faudra convaincre de flécher une partie importante de la compensation financière genevoise pour la réalisation de ce projet
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Chaque mois, la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) nous fait part d’une difficulté, grande ou petite, rencontrée par les usagers. Ou d’informations qu’elle juge intéressantes.