Catégorie : Actus

  • Tourisme. Le 25 mai, un voyage haut en couleur avec le Train des Impressionnistes

    Tourisme. Le 25 mai, un voyage haut en couleur avec le Train des Impressionnistes

    Se rendre à Giverny où Monet a résidé, et à Auvers-sur-Oise, où Van Gogh a laissé son empreinte, c’est ce que propose l’Amicale des Agents de Paris Saint-Lazare avec un train spécial le 25 mai.

    Avec l’arrivée des beaux jours, c’est parti pour la saison des trains spéciaux organisés par les associations cheminotes de préservation de matériel historique. Après celui de l’AAPMF de Vierzon au Mans (lire LVDR n° 4040), c’est au tour du Train des Impressionnistes d’embarquer ses passagers le 25 mai pour un voyage haut en couleur sur le thème de ce courant artistique. Il est proposé par l’Amicale des Agents de Paris Saint-Lazare (AAPSL), qui compte actuellement une centaine de bénévoles.

    Des voitures voyageurs des années 1960 et 1970.

    « La mission de notre association est de sauvegarder du matériel ferroviaire historique et de l’entretenir et surtout de lui redonner vie en le faisant rouler avec des passagers à bord », résume Nicolas Royere, cheminot, secrétaire de l’AAPSL. C’est pourquoi l’association a choisi de proposer au public le plus large possible – passionnés de la chose ferroviaire, touristes, cheminots en activité ou à la retraite, photographes, amateurs d’ambiance vintage – ce voyage à destination d’Auvers-sur-Oise, dans le Val-d’Oise, et de Giverny, dans l’Eure, au départ de Paris Saint-Lazare. « Le train sera composé de deux locomotives électriques, notre BB 17016 de 1965 et le CC 40110 (1970) du Matériel ferroviaire patrimoine national (MFPN), et de trois voitures préservées par celui-ci, dont une voiture discothèque qui sera la voiture bar. Il s’agit de voitures DEV Inox B8 ½ t (70 places) et d’une voiture B6D (53 places) qui datent des années 1960 et 1970 et qui ont circulé autrefois sur les grandes lignes jusque dans les années 1990 », précise le secrétaire de l’AAPSL. Petit détail qui a son importance : l’AAPSL proposera une offre de petit-déjeuner pour l’aller et de pique-nique pour le midi.

    Sur les traces de Van Gogh et de Monet

    Après avoir quitté la gare Saint-Lazare à 9h55, le train fera un arrêt à Pont-Cardinet (Paris XVIIe), puis à Conflans Sainte-Honorine dans les Yvelines avant de prendre la direction d’Auvers-sur- Oise, où il arrivera à 10h44. Là, les voyageurs auront quartier libre pour faire différentes balades à pied qui retracent la vie des peintres ayant séjourné ici : le parcours Van Gogh, le parcours Daubigny et le parcours des Impressionnistes. Ils pourront déambuler sur les chemins en admirant les lieux qui ont tant inspirés les artistes. Afin de visualiser leurs oeuvres peintes sur le motif, des panneaux représentant les célèbres tableaux sont disposés partout dans le village. Mais on peut aussi découvrir le château, l’auberge Ravoux qui hébergea Van Gogh, la maison du Docteur Gachet (ami et médecin de Van Gogh), le cimetière où reposent le peintre et son frère Théo. Le train repartira à 13h16, destination Vernon où l’arrivée est prévue à 15h29. Les passagers pourront se balader en toute liberté dans cette petite ville de l’Eure. « Pour ceux qui le souhaitent, nous proposons, en option payante, une navette spéciale pour aller jusqu’à Giverny, où la maison et le jardin du peintre Claude Monet sont des incontournables, surtout en cette période de l’année, car dans le jardin, les massifs de fleurs sont vibrants de couleurs », reprend Nicolas Royere.

    Se balader à vélo dans Auvers-sur-Oise et Vernon

    Le train repartira à 18h36 pour revenir sur Conflans, puis Pont-Cardinet et, en début de soirée, Paris Saint-Lazare. Dernières précisions : il est possible de précommander des formules sandwiches (uniquement sur réservation). De plus, tout au long du voyage, la voiture bar proposera des boissons chaudes et fraîches ainsi que des snacks. Sans oublier que, pour profiter des arrêts à Auvers-sur- Oise et Vernon, on peut, au départ de Saint-Lazare et de Conflans-Sainte-Honorine, embarquer son vélo en ajoutant l’option gratuite lors de la réservation du billet sur notre site. Mais attention, cette option est possible dans la limite des places disponibles

    Les bons plans du Train des Impressionnistes

    • Pour ce voyage du 25 mai, les tarifs sont les suivants : 47 € (adulte), 37 € (enfant) au départ de Saint-Lazare.
    • En réservant plus de 4 billets, on profite d’une réduction de 10 %.
    • Des tarifs Jeunes sont proposés.
    • Option navette de l’AAPSL pour Giverny : 10 €.
    • Option gratuite pour venir avec son vélo (uniquement au départ de Saint-Lazare et Conflans-Sainte-Honorine).

    Billetterie : www.aapsl.fr

    Contact : Guillaume Michel, 06 78 58 12 33.

    [email protected]

  • Paris-Maroc : l’expérience du train

    Paris-Maroc : l’expérience du train

    Tous les ans, Nassira El Moaddem accomplit le voyage entre la France et le Maroc pour passer en famille ses vacances d’été. Mais après des années à le faire en voiture, puis en avion, elle a décidé de se rendre au « bled » en train. Pour conter cette aventure ferroviaire, la journaliste publie un livre qui oscille entre récit de voyage, guide pratique et autobiographie.

    Journaliste et autrice (Les filles de Romorantin. Editions de l’Iconoclaste, 2019), Nassira El Moaddem publie chez Gallimard un livre qui constitue une belle déclaration d’amour aux voyages ferroviaires et qui ravive tous ses souvenirs forgés à bord des trains et dans les gares.

    Elle revient avec une certaine nostalgie sur les longs trajets de son enfance, serrée au milieu de sa famille dans la Peugeot 505 lourdement chargée de cadeaux pour la famille et les amis marocains. De petites intentions qui prennent une grande place dans l’habitacle, jusqu’au toit où les bagages sont soigneusement empaquetés pour éviter les mauvaises surprises. Comme des millions de Marocains vivant en France, elle effectuait ainsi tous les ans, lorsqu’elle était enfant, le voyage entre les deux pays pour les grandes vacances d’été.

    Entre ce voyage en voiture associé à l’enfance et celui qu’elle a plus tard, à l’âge adulte, effectué en avion, la journaliste a cherché et trouvé une nouvelle voie… la voie ferrée !

    La relation intime qu’elle a construite avec le train a débuté dès l’enfance quand l’auteure habitait la petite ville de Romorantin (Loir-et-Cher), desservie par le Blanc-Argent, une ligne à voie métrique qui lui permettait de se rendre notamment à Salbris avec ses copines pour s’extraire des commérages locaux. Des années plus tard, elle remonte à bord du petit train, mais, cette fois-ci en compagnie de la famille qu’elle a fondée : « Aujourd’hui, après avoir échappé à tous les projets de fermeture de la ligne, le Blanc-Argent roule encore, plus rutilant que jamais avec ses michelines dernier modèle. Je suis si heureuse de le faire découvrir à mes enfants et, avec lui, ces épaisses forêts de Sologne que l’on fend en ligne droite… Grâce à lui survit une part indélébile de mon enfance. » Pour la journaliste, le train est synonyme d’aventures et de voyages au long cours, comme lorsqu’elle était étudiante en Turquie. A l’époque, elle était montée en gare d’Ankara à bord du Trans Asia Express qui assure la liaison entre Istanbul et Téhéran en Iran. Une expérience particulièrement marquante. Partout, où elle a étudié ou travaillé, elle a tenté de prendre le train. Un moyen de transport devenu un véritable plaisir. Et, accessoirement, à l’heure où l’urgence climatique nous oblige à plus de sobriété, le train lui permet de voyager en limitant ses émissions de gaz à effet de serre : « Sur le trajet Paris-Casablanca en train et ferry, nous émettons 30 kilogrammes de CO2 à nous cinq. Avec l’avion, nous laissions derrière nous une empreinte carbone de 708 kg de CO2, 24 fois plus que le train ! »

    En mai 2022, elle décide donc de choisir le train et de traverser la France, l’Espagne, puis une partie du Maroc. Afin de glaner quelques informations utiles, elle poste, sur les réseaux sociaux, de virtuelles bouteilles à la mer en demandant si les internautes, notamment dans la communauté marocaine, ont des infos sur ce périple ferroviaire. « Soudain, je découvre une histoire qui m’était complètement inconnue, d’autres manières de rentrer au bled, parallèle, un peu secret, sortant de l’ombre où le règne incontesté de la voiture les avait jetées. » Elle retranscrit dans le livre le témoignage de six personnes qui ont accompli ce périple, à des époques et entre des villes différentes. Ces récits la confortent dans son projet, qu’elle construit patiemment.

    Le 30 juillet sonne l’heure du départ. La petite famille va bientôt monter à bord du TGV 9713 à destination de Barcelona- Sant, première étape de son voyage. A Barcelone, Nassira El Moaddem propose ses adresses et ses bons plans, ce qu’elle fera à chaque étape du périple jusqu’à sa destination finale. Puis, retour en gare pour monter à bord d’un AVE de la Renfe qui accomplit le voyage entre la capitale de la Catalogne et Cordoue, au coeur de l’Andalousie. Une cité avec un important héritage islamique, mais aussi juif et catholique Bref, un parfait trait d’union entre la culture européenne et nord-africaine. Puis, elle monte en garde de Cordoue « à bord d’un confortable Media Distancia » qui l’emmène jusqu’à Cadix. Elle donne ensuite toutes les informations utiles pour prendre le car de Cadix à Tarifa et monter à bord du ferry qui assure la traversée jusqu’à Tanger. En gare de Tanger – Ville, elle monte enfin à bord du dernier train de son parcours, qui la conduit jusqu’à Casablanca.

    Après la description de son trajet, elle entreprend de regrouper dans un chapitre les informations pratiques essentielles pour organiser son propre voyage jusqu’au Maroc. Ainsi, vous pourrez vérifier si, comme l’écrit la journaliste, « le train, c’est un voyage initiatique, une invitation à la rêverie, même pour les plus courtes distances. Le train est inégalable… même pour rentrer au bled ! »

    Et si on rentrait au Bled en train ? France – Maroc – France de Nassira El Moaddem. Éditions Gallimard Loisirs. (2025) Prix : 19,90 euros

  • Netflix. Bullet Train Explosion, le film catastrophe des ferroviphiles

    Netflix. Bullet Train Explosion, le film catastrophe des ferroviphiles

    La plateforme de streaming américaine Netflix propose à ses abonnés, depuis le 23 avril, Bullet Train Explosion. Ce film de catastrophe ferroviaire est à la fois la suite et le remake de Super Express 109, un classique du genre produit par les studios Toei pour concurrencer leur grand rival de la Toho sur le terrain des films catastrophes.

    Réalisé par Jun’ya Sato, le film est sorti en 1975 dans les salles obscures japonaises. Le train est au coeur de l’action : au départ de la gare de Tokyo, le Shinkansen Hitari n°109 s’ébranle à destination d’Hakata. Un coup de fil anonyme prévient le directeur de la sécurité ferroviaire : une bombe a été placée à bord du train et si celui-ci descend en dessous de 80 km/h la charge explosive sera enclenchée.

    50 ans après, les trains à grande vitesse japonais ont beaucoup changé. Le film se passe cette fois-ci à bord de l’Hayabusa 60 – un Shinkansen série 5 – de la compagnie JR East qui part de la gare de Shin-Aomori en direction de Tokyo. Mais, alors que train a déjà quitté son quai, le centre de contrôle de la compagnie reçoit un coup de téléphone menaçant directement le train.

    Celui- ci explosera si sa vitesse passe sous la barre des 100 km/h. À son bord, les voyageurs et l’équipe du train sont otages de ce chantage, les malfaiteurs réclamant 100 milliards de yens aux autorités. Cette somme faramineuse devant être récoltée auprès des Japonais, à raison de 1 000 yens par personne ! Une étonnante façon d’obtenir une rançon… Après l’explosion d’un train de fret dans les mêmes conditions, les autorités ont la certitude que les malfaiteurs ne bluffent pas. Une course contre la montre est alors lancée pour sauver les passagers. Contrairement au film de 1975, où les relations entre la production et la compagnie ferroviaire ont été difficiles, JR East a été étroitement associée à la production du film.

    Elle a prêté du matériel, autorisé l’accès à une salle de contrôle et à diverses installations. D’ailleurs, les cheminots de la compagnie sont les véritables héros du film. Que ce soit à bord du train piégé, avec le courage et le sang-froid du contrôleur et de la conductrice, au coeur de la salle de contrôle avec l’efficacité du régulateur ferroviaire et même sur les rails avec les équipes qui assurent les travaux sur les voies. Rythmé par de nombreux rebondissements, Bullet Train Explosion ravira les amateurs de films catastrophe, mais également les fans des chemins de fer nippons.

    A voir sur Netflix. Bullet Train Explosion de Shinji Higuchi. Episcope. Japon. (2025)

  • Expo photo. Voyage en images au temps de la vapeur

    Expo photo. Voyage en images au temps de la vapeur

    Le bleu de chauffe, la casquette et le foulard noué autour du cou, le tout taché de suie… Revêtus de la même tenue que leurs ancêtres “seigneurs du rail”, les bénévoles qui font circuler d’anciennes locomotives à vapeur sont les vedettes d’une exposition présentée au Parc floral de Paris.

    On dit qu’en matière de photographie, aux yeux des puristes, le noir et blanc l’emporteraient sur la couleur… C’est le parti pris de cette série baptisée Voyage à travers le temps des locomotives à vapeur et réalisée dans les années 1980 par Michel Planson, un ancien cheminot reconverti en photographe professionnel une fois parti à la retraite.

    Ces photos, prises avec la complicité d’associations de restauration de matériel roulant historique, sont à (re)découvrir jusqu’au 1er juin dans l’exposition du Cercle des artistes de Paris, au Parc floral de la Ville de Paris, au bois de Vincennes, qui réunit des photographes, des peintres et des sculpteurs.

    Expo photo. Voyage en images au temps de la vapeur

    La mise en chauffe de la machine, les pelletées de charbon jetées dans le foyer, les moments de répit pendant le plein d’eau, la poignée de main à un copain cuisinier à la Compagnie des Wagons-Lits venu saluer l’équipage, la vigilance extrême lors des manoeuvres en gare ou pendant la marche, le départ dans un spectaculaire panache de fumée… autant d’instants de vie fixés sur la pellicule argentique qui reconstituent l’époque fascinante du temps des locomotives à vapeur, des cheminots et de la révolution industrielle.

    Un hommage aux seigneurs du rail

    « Tous ces bénévoles qui pilotent d’antiques locomotives avec talent et précision nous font vivre l’époque où les trains à vapeur sillonnaient les campagnes, où les mécaniciens et chauffeurs travaillaient d’arrache-pied à bord de “leur” loco, fidèle compagne du quotidien, dans un monde en pleine mutation grâce à l’avènement de la machine à vapeur », commente Michel Planson. « La vie quotidienne des cheminots était à la fois difficile et empreinte d’une grande fierté.

    Les mécanos, ces véritables “seigneurs du rail”, dont la vie était marquée par la dureté, la persévérance, le courage et une passion inébranlable pour leur locomotive. Les cabines de conduite étaient souvent enfumées, bruyantes, et soumises à des variations extrêmes de température. Les vaporistes étaient fréquemment confrontés à des niveaux élevés de poussière de charbon et de vapeurs nocives, ce qui pouvait leur créer des problèmes respiratoires, des irritations oculaires et d’autres troubles liés à l’inhalation de particules fines. »

    Voyage à travers le temps des locomotives à vapeur est une exploration immersive et poignante d’une époque révolue, mais dont l’héritage perdure grâce à ces passionnés qui font vivre cet univers en investissant leur énergie, leurs compétences et leur temps libre. Qu’ils en soient ici remerciés.

    Cercle des artistes de Paris, au Parc floral de la Ville de Paris, bois de Vincennes, 75012 Paris

    (entrée Nymphéas, pavillon 18). Jusqu’au 1er juin.

    Tous les jours de 14h à 19h. Week-ends et jours fériés de 10h30 à 19 h.

    Entrée du parc : 2,70 €. Exposition : entrée libre.

  • Patrimoine. Usimages célèbre l’esthétique industrielle des transports

    Patrimoine. Usimages célèbre l’esthétique industrielle des transports

    La 6ème édition d’Usimages a ouvert ses portes le 12 avril dernier. Cette biennale de la photographie du patrimoine industriel et du travail se déroule jusqu’au 15 juin dans l’agglomération de Creil autour du thème des transports.

    Usines et ateliers deviennent parfois d’improbables studios de photographie… La richesse des fonds photographiques préservés dans les archives des grandes entreprises le prouve. La 6ème édition d’Usimages, biennale de la photographie du patrimoine industriel et du travail, explore la thématique des transports à travers une programmation de douze expositions présentées dans plusieurs sites sur les communes du territoire de l’Agglomération Creil Sud Oise. Jusqu’au 15 juin 2025, ces expositions en plein air s’installent dans les communes de Cramoisy, Creil, Maysel, Montataire, Nogent-sur-Oise, Rousseloy, Saint-Leu-d’Esserent, Saint-Maximin, Saint-Vaast-lès-Mello, Thiverny et Villers- Saint-Paul. Afin de visiter les différentes expos, vous pouvez emprunter gratuitement les bus du réseau AXO, qui dessert les différentes communes de l’agglomération.

    Quatre expositions intéresseront particulièrement les lecteurs de La Vie du Rail. A Thiverny, place Roger Salengro, l’exposition La fabrique du voyage a été conçue en partenariat avec le Fonds de dotation Orient Express. L’historien Arthur Mettetal a été associé au commissariat de l’exposition.

    Inventé aux USA par Pullman, le « wagon- lit » a été importé en Europe par le belge Georges Nagelmackers, fondateur de la Compagnie des Wagons-lits.

    Calais-Méditerranée-Express, La Flèche d’or, l’Étoile du Nord, le Paris-Côte belge, l’Oiseau bleu, le Côte d’Azur Pullman Express, le Taurus Expres et bien sûr le célèbre Orient-Express : les trains de la compagnie ont écrit les plus belles pages de l’histoire des wagons- lits sur le continent. Afin de garantir une continuité de service, la CIWL s’appuie sur un réseau dense d’ateliers de maintenance et de dépôts pour pallier toute éventualité. Afin d’assurer la promotion de ses activités, la CIWL fait appel à des photographes qui rendent compte des innovations de la compagnie et de son incroyable organisation. Responsable du patrimoine à l’Orient-Express (filiale de la SNCF), Arthur Mettetal connait parfaitement les fonds de la Compagnie internationale des wagons-lits (CIWL), dont sont issues les photographies exposées ici. Ces clichés permettent de retracer notamment les différentes étapes de construction des voitures qui ont fait la réputation de la compagnie.

    Après les trains de luxe, voici les trains du quotidien avec l’exposition Matra, automatisation du transport, qui se déroule à Cramoisy en partenariat avec les Archives nationales du monde du travail. En 2005, Victoria Thomas, archiviste chez Matra, a contacté les Archives nationales du monde du travail pour assurer la sauvegarde des fonds historiques de l’entreprise. Initialement baptisée Société générale de mécanique- avion-traction, réduit rapidement à un simple « Matra », cette entreprise d’armement a été créée en 1937 par Marcel Chassagny. En 1963, Jean-Luc Lagardère rejoint l’entreprise avec pour mission de diversifier ses activités. Au début des années 1970, la société se lance dans le secteur des transports en commun.

    Matra a l’ambition d’adapter le concept du PRT (Personal Rapid Transit), une idée lancée par des entreprises aérospatiales américaines. En 1983, Matra réalise le Val de Lille, qui était le premier métro automatique au monde à être utilisé comme transport public urbain.

    Le directeur des collections du Musée Nicéphore Niépce de Chalon-sur- Saône (l’institution est partenaire de l’évènement), Sylvain Besson, est le co-commissaire de l’exposition Alst- Hommes. Présentée à Montataire, dans le square Pierre et Léa Léger, celle-ci plonge le spectateur dans l’intimité de l’usine Alsthom de Belfort dans les années 1990. Marc Paygnard a arpenté les différents ateliers pour photographier les salariés dans leur labeur quotidien, saisissant la beauté des gestes de ceux qui produisent alors le fleuron du rail français : le TGV.

    Enfin, nous traversons l’Atlantique et découvrons le quotidien des employés du métro de Montréal au Canada. Baptisée Les travailleurs de la Société de transport de Montréal (STM), l’exposition installée place de la Mairie, à Maysel, présente le travail de Caroline Hayeur dans le cadre d’une carte blanche aux Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie. Cette reporter photographe montréalaise est connue pour avoir documenté la culture techno et rave de Montréal, de Paris et de Moscou. Changement radical d’ambiance avec cette commande passée par la STM à l’occasion des 150 ans des transports en commun de Montréal. Caroline Hayeur a pénétré au plus profond de ce monde souterrain et ainsi documenté ces métiers – visibles et invisibles aux usagers – qui permettent au métro de fonctionner.

    Plus d’infos sur : www.creilsudoise.fr

  • Social. Comment la RATP et la SNCF aident les sans-abri

    Social. Comment la RATP et la SNCF aident les sans-abri

    La RATP, premier opérateur de transport au monde à avoir développé un service d’assistance pour les sans-abri, affiche trente ans d’activité de son Recueil social, créé en 1994. Cet engagement pérenne dans la lutte contre la grande exclusion, l’entreprise l’a renouvelé avec le soutien d’Ile-de-France Mobilités.

    Chaque jour, le Recueil social de la RATP rencontre sur son réseau en moyenne 160 personnes sans-abri, dont près de trois-quarts acceptent l’accompagnement qui leur est proposé. Trente ans après sa création, ce service continue de fonctionner à 100 % 365 par an, 24h/24h, en vertu de l’engagement sociétal de l’entreprise présidée par Jean Castex. « La RATP est le premier opérateur de transport à s’être doté d’un tel service pour la prise en charge et l’orientation des sans-abri sur son réseau. Le Recueil social illustre notre mission de service public d’accompagner l’ensemble de nos usagers, y compris les plus vulnérables, de lutter contre la grande exclusion et je salue l’engagement des agents volontaires qui, chaque jour et chaque nuit, se mettent à leur service », déclarait le président de la RATP à l’occasion du 30e anniversaire du Recueil social en novembre dernier.

    « Un engagement responsable et solidaire »

    « A travers ce service, c’est l’engagement responsable et solidaire de la RATP qui s’exprime. L’entreprise ne peut rester indifférente à ce phénomène de société qu’est l’exclusion. D’autant qu’en trente ans, cette partie de la population a changé », explique Grégoire Caffin-le-Du, responsable de la mission de Lutte contre la grande exclusion à la RATP. Fini le stéréotype du SDF alcoolisé et plutôt âgé… Une population nouvelle et diversifiée a fait son apparition : des hommes jeunes, des travailleurs aux faibles revenus qui n’ont pas les moyens de se loger à Paris, des femmes qui, parfois, sont accompagnées de leurs enfants… On estime que 14 % des personnes en situation de rue sont des femmes, un phénomène inconnu il y a trente ans.

    Plus de 25 700 accompagnements en 2023

    « Au-delà de cet engagement de l’entreprise, c’est l’expression de l’humanisme des agents RATP qui mettent cette stratégie en mouvement, des hommes et des femmes qui ont développé un vrai professionnalisme pour aller vers les personnes les plus démunies, faire changer le regard que nous portons sur elles et, au final, faire en sorte que lutter contre l’exclusion ne soit pas qu’un voeu mais une réalité», poursuit Grégoire Caffin- le-Du. La réalité, c’est que dans notre pays, la population de sans-abri a plus que doublé entre 2012 et 2023 : la hausse atteint 130 % (étude Insee 2023) sur l’ensemble du territoire national.

    L’équipe dédiée au Recueil social compte environ 60 agents, tous volontaires et spécifiquement formés, qui oeuvrent 24h sur 24, 365 jours par an. Leur mission : établir le contact avec les sans-abri présents sur le réseau d’Ile-de-France Mobilités, dans les gares et les stations (métro, RER, tramways, gares routières, autobus y compris les Noctiliens). Ces agents maraudent afin de proposer une prise en charge vers des structures adaptées en surface : accès aux soins médicaux d’urgence dans l’Espace Solidarité Insertion (ESI) du Samu social dans le XIIe arrondissement, aide pour trouver une place dans des hébergements pour passer la nuit, ou encore accès à des modules de réinsertion pour leur permettre de trouver une solution durable.

    Un modèle pour le métro de Bruxelles

    En 2023, plus de 25 700 accompagnements ont été réalisés. Chaque jour, cela représente en moyenne 160 personnes orientées par ces “anges gardiens”. Près des trois quarts de ces dernières acceptent l’accompagnement qui leur est proposé en dehors des espaces de la RATP. C’est là que les partenariats noués avec différentes structures se révèlent précieux, parmi lesquels « la Ville de Paris, la direction régionale et interdépartementale de l’Hébergement et du Logement (Drihl) Ile-de-France, le Centre d’hébergement et d’assistance aux personnes sans-abri (Chapsa) au sein de l’hôpital Max-Fourestier à Nanterre dans les Hauts-de-Seine, ou encore le Samu social », énumère Johanne Rosier, directrice opérationnelle de la mission Recueil social. De plus, une convention passée avec l’hôpital Sainte-Anne à Paris et ses services de psychiatrie permet d’orienter les cas “sensibles” – troubles psychiatriques, risque de tentative de suicide – vers les équipes médicales adaptées.

    En 2024, on recensait dans Paris environ 3 500 personnes sans-abri, soit 16 % de plus que l’année précédente. Trente ans après sa création, la raison d’être du Recueil Social de la RATP est donc plus que jamais d’actualité. Ce service sert d’ailleurs de modèle pour d’autres pays européens comme la Belgique, qui, l’an passé, a décidé de créer un service similaire sur le métro de Bruxelles.

  • Arte. L’étonnant chemin de fer des Halligen

    Arte. L’étonnant chemin de fer des Halligen

    Chapelet de petites îles situées dans la mer des Wadden, au large de la côte nord-ouest de l’Allemagne, en Frise du Nord, les Halligen offrent d’étonnants paysages. L’émission d’Arte Invitation au voyage pose ses bagages, ce vendredi, sur ces sites particulièrement fragiles, où la population se bat contre les éléments depuis plus de six siècles.

    Aujourd’hui, il existe dix « Halligen » : Nordstrandischmoor, Langeness, Oland, Gröde et Hooge, ainsi que Habel, Südfall, Süderoog, Norderoog et la Hamburger Hallig. Un Hallig (Halligne au pluriel) est une île de tourbe et de boue, protégée par aucune digue. Initialement, elles ont été séparées du continent à l’occasion d’une puissante tempête en 1362. Elles sont ainsi souvent inondées lors des marées hautes et particulièrement exposées aux intempéries.

    Au Moyen Âge, ces îles étaient habitées par des agriculteurs et des pêcheurs qui ont dû s’adapter à un environnement maritime plein de dangers. La vie sur les Halligen était marquée par les défis liés aux inondations fréquentes et aux tempêtes. Les habitants ont construit des Warften – des collines artificielles – pour élever leurs maisons et leurs terres agricoles au-dessus du niveau de la mer. Au fil des ans, les Halligen ont subi de nombreuses inondations dévastatrices, notamment la grande tempête de 1634.

    Malgré ces défis, les habitants ont continué à vivre sur ces îles, développant une culture et un mode de vie uniques, étroitement liés à la mer envers qui ils entretiennent une relation ambivalente.

    En 1925, deux voies ferrées à voie étroite sur digue ont été construites sur digue pour permettre aux habitants de transporter des charges lourdes et désenclaver les Halligen. Ces infrastructures ferroviaires participent également à la protection des terres. Mais aucun train n’emprunte ces voies. Les habitants utilisent de petits wagonnets – les Loren – pour se rendre sur le continent, pour faire leurs courses, leurs opérations bancaires, leurs visites, et pour récupérer et ramener leurs invités. Ces deux lignes sont devenues vitales pour les habitants. En revanche, ce n’est pas une attraction touristique et les règles régissant son fonctionnement sont particulièrement rigoureuses.

    Vendredi 2 mai à 17 h 25 sur Arte. Invitation au voyage – Les Halligen, fascinante Atlantide allemande. ARTE France, Éléphant Doc. (2025)

  • New York. Les fans de baseball remontent le temps à bord d’une rame « Redbird »

    New York. Les fans de baseball remontent le temps à bord d’une rame « Redbird »

    Il existe de nombreuses façons de se rendre au stade… Les fans des Mets, une équipe professionnelle de baseball new-yorkaise, ont eu la possibilité de prendre un métro historique. Comme un avant-goût d’un moment festif…

    Les Mets de New York, une franchise de la Ligue majeure de Baseball des États-Unis (MLB), ont ouvert leur saison 2025 à domicile contre les Blue Jays de Toronto, le 4 avril dernier. A cette occasion, les fans des Mets ont envahi le réseau de la Metropolitan Transport Authority (MTA) le gestionnaire des transports publics de l’agglomération newyorkaise. Ils ont emprunté les lignes de métro, de bus, des trains de banlieue du Long Island Rail Road et du Metro- North Railroad pour se rendre dans leur antre de Citi Field. Le stade se situe dans le Queens, dans le quartier de Flushing. Plus de 40 000 fans des Mets y vibrent à chaque match. Pour ce premier rendez-vous de la saison à domicile, des centaines d’entre eux ont pu rejoindre les tribunes en empruntant une rame historique, la « Redbird ».

    Exploitées à l’origine par le réseau Interborough Rapid Transit (IRT), les premières rames « Redbird » sont entrées en service en 1959, trois ans avant la naissance des Mets de New York. Les Redbirds se composaient d’une flotte de différents types de voitures, dont des R26, R28, R29, R33 et R36, toutes peintes en rouge foncé, d’où leur surnom. Le 27 octobre 1904, la toute première ligne de chemin de fer souterraine de la ville est mise en service à New York (il existait déjà quelques lignes aériennes). Le premier métro, exploité par l’Interborough Rapid Transit Company (IRTC), reliait City Hall à Grand Central ainsi que Times Square et Broadway à Harlem et desservait 28 stations. Rapidement le réseau IRT est complété par deux autres réseaux concurrents : celui de la Brooklyn-Manhattan Transit Corporation (BMT), également privé, et celui du Independant Subway System (IND) créé par la ville de New York. En 1940, ces trois réseaux sont fondus dans la même entité constituant la base du réseau de métro actuel.

    La rame d’époque est partie du 34 st-Hudson Yards vers 12 h 00. Le trajet jusqu’au Queens a duré environ 35 minutes, ce qui a permis aux supporters de se rendre au stade suffisamment longtemps à l’avance pour ne pas rater le premier lancer à 15 h 10 !

  • Arte. L’invitation au voyage du Transcanadien

    Arte. L’invitation au voyage du Transcanadien

    L’émission Invitation au voyage propose ce mardi un documentaire qui se déroule sur les rives de l’un des plus beaux lacs du Canada. Le lac Louise, situé dans le parc national de Banff, dans les Rocheuses canadiennes, attire avec ses eaux turquoise de très nombreux visiteurs. L’arrivée du train dans la région y a fortement contribué lorsque la ligne transcontinentale a été achevée.

    L’histoire du Transcanadien, un train parcourant 4 500 kilomètres entre Toronto et Vancouver, épouse celle de l’unification de la jeune nation canadienne. Depuis la fin du XIXe siècle, cette infrastructure pharaonique permet de relier l’océan Atlantique à l’océan Pacifique. En 1867, la Confédération canadienne est formée de l’union des anciennes colonies britanniques. L’idée d’un train intercontinental germe d’abord dans l’esprit de John Mc Donald, le Premier ministre du pays. Au fur et à mesure que la ligne progresse, des gares sortent de terre et des villes se développent, prenant le nom des dirigeants de la compagnie ferroviaire.

    En 1882, Tom Wilson, un employé du Canadien Pacifique, découvre le lac qui ne se nomme pas encore Louise, mais le “lac aux petits poissons”, comme l’appelle la nation des Stoney Nakoda, dans la région depuis 10 000 ans. Les membres de cette communauté ont accueilli Tom Wilson et l’ont conduit jusqu’au lac.

    En 1884, le lac prend le nom de Louise. En 1890, les rails arrivent notamment grâce à la force de travail des ouvriers chinois. Bientôt, des hôtels luxueux sont construits pour accueillir les touristes de plus en plus en nombreux. Pour les peuples premiers de la région, c’est un jour sombre de leur histoire. Ils sont dépossédés de leur terre et une politique d’assimilation brutale est mise en place. Les enfants amérindiens sont systématiquement séparés de leur famille pour vivre dans des pensionnats autochtones où ils subissent toutes sortes d’abus. De nombreux enfants y perdront même la vie. Aujourd’hui, les Stoney Nakoda tentent de renouer avec leur langue et avec leur culture.

    Mardi 22 avril à 17 h 20 sur Arte. Invitation au voyage – Au Canada, les tourments du lac Louise. ARTE France, Éléphant Doc. (2025)

  • Arte. Le tour ferroviaire de Taiwan

    Arte. Le tour ferroviaire de Taiwan

    Direction l’Extrême Orient pour le deuxième épisode de la série documentaire ferroviaire d’Arte Un billet de train pour… diffusé ce vendredi. Consacré aux côtes de Taiwan, il se permet quelques circonvolutions vers le centre de l’île. Baptisée par les Portugais, Formose – Ilha Formosa (« belle île »), l’île de Taïwan est depuis 1949 indépendante de facto de la Chine continentale et échappe encore aujourd’hui au pouvoir de Pékin.

    L’équipe d’Arte réalise une boucle de 1 100 km tout autour de l’île à partir de la capitale Taipei, où elle passe notamment par le quartier de Datang. La première étape de ce voyage, le long des côtes taiwanaise, s’accomplit dans le village de Houtong, ancienne cité minière désertée depuis que la mine a fermé ses portes. Ses habitants ont été remplacés par des chats. De nombreux visiteurs viennent les nourrir et les prendre en photo.

    Le train permet ensuite d’admirer rivières et cascades jusqu’à Shifen, où les amoureux lancent des lanternes multicolores en papier pour placer leur relation sous les meilleurs auspices. Sur la côte est, la voie ferrée longe les plages et pénètre dans le parc national de Taroko, réputé pour ses impressionnantes gorges.

    Longtemps occupé par les Japonais, Taiwan a conservé plusieurs legs de l’ancienne puissance coloniale, notamment certains panneaux de signalisation ferroviaire. Uniquement disponibles dans les trains du pays, les bentos sont également un héritage laissé par l’Empire du soleil levant. Selon Chay Huy Juan, vendeuse de ces fameux bentos à bord du train, ils sont très populaires auprès des voyageurs. Dans le centre de Taiwan, la forêt d’Alishan est un lieu magique. Nombreux sont les voyageurs qui s’y rendent pour gravir le mont Ali, d’où on peut contempler régulièrement une mer de nuages qui émerge de la forêt. Le meilleur moyen de s’y rendre est un train touristique qui part de Chiayi, circulant sur une ancienne ligne construite par les colons japonais à partir de 1907 et qui permettait d’exploiter les ressources forestières de l’île. Au cours du trajet de 86 km, le train franchit 49 tunnels et 77 ponts en bois. L’important dénivelé oblige la voie étroite à faire de nombreux zigzags !

    Vendredi 18 avril à 16 h 35 sur Arte. Un billet de train pour… Les côtes de Taiwan d’Alexander Schweitzer. SWR, en association avec ARTE. (2024)