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Catégorie : Actus

Arte. Rediffusion de trois épisodes d’Un billet de train pour…
Arte rediffuse ce samedi trois épisodes de sa série documentaire Un billet de train pour… Le premier voyage ferroviaire de la journée nous emmène dans les Caraïbes. Située dans l’archipel des petites Antilles, l’île de Saint-Christophe – baptisée Saint-Kitts en Anglais – n’est peut-être pas la plus connue des îles des Caraïbes. Formant une fédération avec l’île de Niéviès, elle attire les touristes, déposés là par d’immenses bateaux de croisière, avec ses plages noires, ses montagnes et son riche patrimoine historique.
Le train fait son apparition dans la région avec l’industrie sucrière : une ligne de 29 km à voie étroite est mise en service dans les années 20. Elle fait le tour de l’île et permet de transporter les récoltes vers le port de Basseterre.
Le deuxième épisode part au Japon à la découverte de la côte ouest de Honshu, l’île principale de l’archipel. Le voyage débute pendant la période du Hanami, la fête des cerisiers en fleurs. Nous montons notamment à bord du train express Noto Kagaribi. Exploité par la compagnie JR West, il doit son nom à la presqu’île de Noto et relie la ville de Kanazawa à celle de Nanao. Dans un autre style, nous découvrons ensuite une ligne de chemin de fer touristique très populaire qui permet de pénétrer dans les célèbres gorges de Kurobe. Construite pour acheminer matériels et ouvriers pendant la construction d’une centrale hydro-électrique, l’infrastructure serpente au plus près des gorges. C’est aujourd’hui l’unique moyen de transport desservant ce site préservé.
Enfin, direction l’Asie du Sud-Est pour l’ultime épisode de ce samedi avec la découverte des voies ferrées de l’ouest de la Thaïlande. Dans le golfe de Thaïlande, à Mae Klong, le marché attenant à la gare est devenu une attraction touristique célèbre. Les trains le traversent provoquant l’agitation des marchands qui doivent raccourcir leurs étals en quelques secondes.
Dans la province de Kanchanaburi, à 130 km à l’ouest de la capitale, nous visitons le pont de la rivière Kwai. Cet ouvrage est devenu un lieu de mémoire du calvaire des prisonniers de guerre et des travailleurs forcés par les Japonais, pendant la Seconde Guerre mondiale, à construire la ligne de chemin de fer entre le Myanmar (ex-Birmanie) et la Thaïlande. Samedi 15 mars à partir de 10 h 50 sur Arte. Un billet de train pour… – Saint-Christophe – La côte ouest du Japon – L’ouest de la Thaïlande. SWR/ARTE. Allemagne. (2024)

Pianos en gare. 10 ans après, le concours « À vous de jouer » est de retour
C’est devenu un lieu commun de la vie des gares françaises… Dans un coin d’un hall, un pianiste fait courir ses doigts sur un instrument de musique ouvert à toutes et à tous. Parfois, il joue dans une indifférence totale, parfois devant un public constitué de voyageurs et de badauds charmés par ses mélodies… Le premier « Piano en gare » a été installé en 2012 dans la gare de Paris-Montparnasse. Depuis, ce réseau d’instruments s’est considérablement développé… Aujourd’hui, les musiciens en transit peuvent exercer leurs talents en caressant les touches dans 70 gares accueillant un ou plusieurs pianos en libre-service.
En 2014, SNCF Gares & Connexions a eu la bonne idée de lancer un concours inédit sous le patronage d’André Manoukian. Arrangeur de talent et visage bien connu des plateaux de télé, le musicien est également le parrain de l’opération Pianos en gare. En 2015, la première édition du concours « À vous de jouer » est un franc succès. Alors que les organisateurs espéraient la mise en ligne d’au moins 500 vidéos, l’engouement des joueurs de piano amateurs a été impressionnant : après 180 jours de compétition, le concours a réuni 900 participations.
Cette année, le concours est de retour 10 ans après la première édition. Jusqu’au 16 mars, les musiciens amateurs pourront déposer leur candidature : une vidéo de leur prestation de 4 minutes maximum enregistrée par leur soin dans une gare. Ils ne subiront aucune restriction d’âge ou de style musical. Ils devront ensuite publier leur vidéo sur Instagram en mode public accompagné des hashtags #PianoEnGare et #AVous- DeJouer2025, en taguant @art.en.gare et @gares_ connexions. Entre le 16 mars le 15 avril, un pré-jury formé par Yamaha, partenaire de l’évènement et de l’opération Pianos en gare, sélectionne huit vidéos reçues par région. Une sélection qui devra s’efforcer de respecter la pa- rité. Les candidats retenus participeront ensuite aux finales régionales qui se dé- rouleront du 23 avril au 4 juin. Douze jurys régionaux s’installeront dans douze gares SNCF pour choisir un fina- liste par région.
Les artistes sélectionnés se produiront sur un piano en gare et le gagnant sera révélé à la fin de la journée de concerts. Nouveauté importante… Les 12 finalistes issus de ces tremplins en gare seront ensuite mis en avant sur les réseaux sociaux. Ce sont ensuite les Internautes qui auront la charge de choisir leur champion et de décerner ainsi le Prix du public. Les vidéos seront mises en ligne sur les comptes Instagram @art.en.gare et @gares_connexions. Celle qui remporte le plus de suffrages – il suffit de « liker » votre vidéo préférée – gagnera le prix. Enfin, la finale nationale se déroulera dans une gare parisienne. Le jury sera présidé par André Manoukian et Julie Gayet. Les 12 finalistes régionaux démontreront tous leur talent sur un piano en gare et trois grands prix seront remis. L’actrice, productrice et réalisatrice Julie Gayet a accepté d’être la marraine de cette nouvelle édition. Et les gagnants du concours auront la chance de se produire sur la scène du festival qu’elle dirige à Rochefort. Baptisé Sœurs Jumelles, cet évènement se veut une rencontre entre l’image et la musique.
SNCF Gares & Connexions s’est associé avec Yamaha Music Europe pour lancer sa politique d’accès équitable à la mu- sique. Peu importe la gare, peu importe la région, les pianistes débutants ou expérimentés jouent sur le même type d’instrument, le piano droit B3 acous- tique. Fondé en 1887 par Torakusu Ya- maha au Japon, Yahama est devenu avec le temps le premier fabricant de pianos au monde. La maintenance des instru- ments de musique en libre-service est assurée par des revendeurs locaux de la marque. Ils passent trois ou quatre fois par an pour bichonner les pianos. A tra- vers sa fondation, « Yamaha Music Foundation », la compagnie promeut la pratique et l’apprentissage du piano par- tout sur la planète. Son partenariat avec la SNCF et cette nouvelle édition du concours « À vous de jouer » participent d’ailleurs de cette mobilisation.

Roman. Prochain arrêt d’Alex Schulman sort en poche
L’édition poche du deuxième roman d’Alex Schulman, Prochain arrêt, est sortie en librairie le 6 février dernier. Le livre raconte l’histoire d’une famille dysfonctionnelle dont les membres effectuent le même voyage en train à des époques différentes.
« Debout dans l’ombre de son père, sur le quai, elle le voit plisser les paupières dans le soleil bas du matin. Elle guette les signes d’agacement dans son regard et dans ses gestes. Aujourd’hui, elle est particulièrement attentive, car c’est pour elle qu’ils font ce voyage, elle se sent donc redevable envers lui. C’est à cause d’elle que papa est là, sur ce quai, à cause d’elle la chaleur, à cause d’elle l’heure matinale, le retard du train, elle est responsable de tout ce qu’il doit endurer dorénavant, et lui se tait, indéchiffrable ». Ainsi débute le roman suédois Prochain arrêt. Après le très remarqué Les Survivants (2020), le deuxième roman d’Alex Schulman, est sorti en format Poche chez 10/18 le 6 février dernier.
Sur ce quai de gare, la petite fille, Harriet, marche sur des oeufs. Elle porte le matériel de photographie de son père et n’ose pas poser la sacoche de peur de le fâcher. Un père taiseux, dont l’unique obsession est de prendre en photo des aigles perpétuellement flous – il ne peut jamais s’approcher assez pour réussir sa mise au point.
En gare de Stockholm, ils s’apprêtent à monter à bord d’un train en direction de Malma, une petite localité située au sud de la capitale suédoise… Installée à sa place, la petite fille laisse son regard vagabonder à travers la vitre : « Elle regarde par la fenêtre, le train file sur des ponts très élevés au-dessus de l’eau et avec la vitesse, les f leurs sur les talus forment un ruban bleu le long de la voie ».
À bord de ces trains reliant Stockholm à la petite ville de Malma, le lecteur suit le voyage de cinq passagers, apparemment sans lien les uns avec les autres. Progressivement, il comprend que leurs histoires s’entrelacent au fil des différents trajets. Parmi eux, donc, un père divorcé accompagné de sa jeune fille. Puis, des années plus tard, Oskar et Harriet, un couple pris dans une profonde crise conjugale. Enfin, Yana, une jeune femme hantée par une terrible énigme, effectuera à son tour bien plus tard ce voyage : elle cherche à déterminer le sort de sa mère disparue des années auparavant après avoir effectué le même trajet.
Au fur et à mesure que le paysage défile, des souvenirs enfouis resurgissent, révélant des traumatismes passés et des secrets longtemps gardés. Le train devient alors une métaphore du voyage temporel, du trajet entre la naissance et la mort où chaque arrêt dévoile une nouvelle facette des personnages et de leur quête personnelle. Schulman explore les thèmes de l’héritage, des souvenirs refoulés et des relations complexes qui peuvent unir et déchirer une famille. La construction narrative, alternant les différents points de vue et les différentes époques, élabore habilement un puzzle émotionnel que Yana devra résoudre pour trouver une forme de paix. A travers les pages, chaque pièce trouve sa place pour éclairer le mystère central.
« Prochain arrêt » s’affirme avec finesse comme une oeuvre qui interroge la mémoire et le poids des secrets façonnant nos existences. La solitude existentielle, l’impossibilité de la communication, les ravages des nondits, le couperet des mots qu’on regrette… Ici, l’enfer ce n’est pas les autres… ce sont les membres de la famille. Il y a quelque chose d’universel dans cette histoire suédoise. Les silences qui empoisonnent ne sont pas une spécificité locale. Vus du train, les paysages sauvages du pays scandinaves donnent au texte sa spécificité. Ce sont aussi à travers eux que Yana transforme sa quête en voyage initiatique : « Par la fenêtre du train, elle voit la Suède défiler, lacs aux eaux lisses, dont la surface se ride lorsqu’une brise les effleure, comme s’ils avaient la chair de poule. Pourquoi n’a-t-elle jamais voyagé ? Elle n’a jamais quitté son appartement et tout ce qu’elle a manqué défile à présent sous ses yeux. »
Prochain arrêt d’Alex Schulman. Traduit du Suédois par Anne Karila. 10/18. (2025) Prix : 8,30 euros.

Mythe. Quand la Flèche d’Or inspirait le guitariste Django Reinhardt
Dans le répertoire du légendaire guitariste manouche Django Reinhardt, le morceau intitulé Flèche d’Or tient une place à part. Du nom du train prestigieux qui a relié Paris à Londres entre 1926 et 1939, souvent emprunté par le musicien lorsqu’il allait rejoindre son complice le violoniste Stéphane Grappelli en Angleterre, le thème Flèche d’Or fut enregistré en 1952, un an avant la mort du compositeur. Déçu par une tournée aux Etats-Unis où il constata l’arrivée du bebop, Django se vit dans l’obligation de moderniser son répertoire, car son style de jazz « à la française » n’était plus aussi apprécié du public qu’auparavant. Flèche d’Or restera comme un morceau d’une stupéfiante modernité où la notion de vitesse, mais pas seulement car on ressent également l’inertie, la masse inarrêtable de Golden Arrow (Flèche d’Or) pour les Anglais, remorqué par la locomotive Pacific 231 (qui a également inspiré le compositeur Arthur Honneger) représentant l’illustration musicale parfaite d’un train lancé à pleine vitesse sur les rails. En 1937, Django Reinhardt s’était déjà inspiré du train avec un autre morceau intitulé Mystery Pacific, où un jeu rythmique évoque le lancement circulaire de plus en plus rapide d’une locomotive à vapeur.
On peut écouter une magnifique version de Flèche d’Or en version symphonique, filmée au Maisons Laffitte Jazz Festival (Yvelines) à l’occasion du 70e anniversaire de la mort de Django Reinhardt :

Georges Roca, Monsieur « TGV Primeurs » de la ligne Perpignan-Rungis
Georges Roca a créé dans les années 60 sa société de transport pour approvisionner Rungis en fruits et légumes. Son petit-fils témoigne dans La Vie du Rail de cette belle aventure industrielle et humaine.
C’est l’histoire d’un succès familial lié au fret ferroviaire des années 1960 aux années 1980 et qui a ensuite décliné, car peu à peu délaissé par la SNCF. Tout commence au début des années 1960 lorsque Georges Roca crée les Transports Roca dans les Pyrénes- Orientales à Perpignan. Dynamique, il deviendra rapidement une figure historique du transport ferroviaire de fruits et légumes face à la concurrence des transporteurs de Provence, autre région qui approvisionne le MIN de Rungis.
Son petit-fils Michel Argenson a travaillé avec bonheur pendant des années dans l’entreprise familiale fondée par son grand-père. « Il était surnommé “Monsieur TGV Primeurs” car il avait obtenu de charger les fameux trains rapides de nuit (le « saut de nuit », comme on dit dans le métier) qui roulaient vers Rungis à vive allure pour acheminer, du jour A au jour B, des denrées périssables produites dans le Roussillon : salades, tomates, pêches, abricots… « Mon grand-père a voué sa vie à ce fameux Train des primeurs qui reliait Perpignan et le MIN de Rungis dans le Valde- Marne », explique-t-il.
Une vie vouée au Train des primeurs
A partir des années 1976-77, les Transports Roca gèrent jusqu’à trois trains rapides chaque jour. Les trains roulent sur une majorité de leur parcours à la vitesse de 140 km/h, puis à 160 km/h, dans des conditions de sécurité optimales et avec une empreinte CO2 négligeable grâce à la traction électrique.
Même pendant les grèves, ces convois, considérés comme des trains prioritaires et sensibles, circulent en temps et en heure (lire dans LVDR N° 3945 la rubrique Dialogue, et LVDR N° 3997). Pendant huit mois de l’année, les fruits et légumes récoltés dans la plaine du Roussillon, puis chargés à Perpignan, approvisionnent Rungis, rivalisant avec les Provençaux. « Mon grand-père avait de très bons rapports avec le PDG de la SNCF Louis Gallois et avec les cheminots. Tout roulait bien… Notre premier train partait de chez nous à 16 h, le deuxième à 18h30 et le troisième à 20h30. »
Le train sacrifié au profit du camion
« En 1985, la SNCF a supprimé un train », reprend Michel Argenson. « En 2007, il nous en restait deux : le 40, qui quittait Perpignan à 16h35 et arrivait à Rungis à 2h30, et le 44, qui partait à 18h50 pour arriver à 5h10. » L’entreprise envoyait alors entre 5 000 et 6 000 wagons par an et réalisait un chiffre d’affaires de 11,5 M€, en incluant l’activité de camions frigorifiques pour la liaison Perpignan – Lyon.
« Peu à peu, notre train des primeurs a été supprimé et dans le plus grand silence », déplore Michel Argenson. « Le train a été supplanté par le camion, qui est devenu la solution de facilité et la norme en quelque sorte, avec les nuisances et la pollution que l’on sait. Quelle déception de constater l’abandon sciemment organisé d’une solution logistique pourtant dotée de bien des atouts… »
Fin 2021, Rail Logistics Europe, filiale de la SNCF, a été choisi par le gouvernement pour exploiter jusqu’en 2024 le train des primeurs : soit cinq liaisons hebdomadaires d’octobre à juin, avec douze wagons réfrigérés.
Le 28 juin 2024, Rail Logistics Europe a fait circuler, pour la dernière fois, ses deux trains (lire LVDR n° 3997). « J’ai écrit une lettre au président de la SNCF Jean-Pierre Fa- randou pour lui exprimer mon souhait que soit sauvegardé au minimum un wagon i67 issu de la “période Roca”, en guise de témoignage de cette grande aventure industrielle et humaine ». La réponse ? « On m’a poli- ment renvoyé vers Ermewa, loueur de wagons de fret, ex-filiale de la SNCF. C’est tout… »
Avis aux lecteurs de La Vie du Rail : si vous connaissez (ou êtes membre) une association de préservation de matériel historique qui possède un wagon i67 ou connaît l’existence d’un exemplaire préservé, merci de contacter Michel Argenson : 06 35 50 25 40, [email protected]

Guerre en Ukraine, des trains sur le front
« Je dormais tranquillement, comme tout le monde, comme tous les habitants de Kharkiv. Tout le monde dormait dans la nuit du 23 au 24. Et c’est comme ça, ce matin-là, la guerre est entrée dans nos vies et y reste à ce jour. » Ce sont par ces mots que s’ouvrent le documentaire signé par Lucas Manget et l’écrivain Emmanuel Carrère. Nous sommes à bord d’un train des UkrZaliznytsya (UZ), la compagnie ferroviaire ukrainienne.
Dans ce nouvel épisode de la huitième saison de l’émission 25 nuances de doc qui met en avant sur France 2 les productions du cinéma documentaire, nous découvrons la guerre vue du train.
Depuis le début du conflit avec la Russie en 2014, et plus intensément depuis l’invasion à grande échelle de 2022, le réseau ferroviaire ukrainien a été soumis à des défis majeurs. Malgré ces difficultés, les trains ont toujours circulé. Ukrzaliznytsia a réussi à évacuer des millions de personnes des zones de conflit et à transporter des tonnes d’aide humanitaire, démontrant ainsi sa résilience et son importance stratégique pour le pays.
Principal employeur du pays, la compagnie ferroviaire gère le sixième plus grand réseau ferré de transport de voyageurs du monde.
Emmanuel Carrère a réalisé plusieurs voyages dans le pays depuis le début de la guerre et a donc forcément pris le train, le ciel n’appartenant qu’aux drones et aux avions militaires.
A bord de ces trains ukrainiens, l’écrivain français a rencontré des voyageurs et des cheminots. Ils se nomment Artiom, Olga, Lena, Sammy, Edik, Alyona ou encore Andriy, surnommé « Pitbull » sur le champ de bataille… Certains sont des civils, d’autres des militaires, mais ils ont tous en commun la peur, l’inquiétude et l’absence d’espoir devant une guerre qui semble ne jamais devoir s’arrêter.
Dans la gare de Kiev, la plus importante du pays, tous les jours à 09h00, la foule se fige pour accomplir une minute de silence à la mémoire des victimes de la guerre. Une minute qui s’achève par ces simples mots : « Gloire à l’Ukraine, gloire aux héros ». Sous les ors de la salle d’attente, Artiom se confie. Le soldat parle de la difficulté de garder le contact avec ses proches – sa femme est réfugiée en Pologne. Il témoigne également de l’amertume qui habite parfois les soldats quand il découvre la vie à l’arrière du front. Dans le train Kiev – Kramatorsk, une cheminote explique qu’elle peut voir la différence entre les soldats qui viennent de Kiev et ceux partis de Kramatorsk, ville située au plus près de la ligne de front dans la région du Donbass. « C’est le comportement, l’émotion, l’humeur » qui diffèrent.
Dans la gare de Kramatorsk, l’inquiétude est palpable. Comme l’explique la cheminote, ce site ferroviaire a subi une terrible attaque en avril 2022. Alors que de nombreux réfugiés fuyant l’est de l’Ukraine y attendaient un train d’évacuation vers les zones contrôlées par les forces ukrainiennes, la gare de Kramatorsk a été touchée à 10 h 30 par un missile à courte portée Totchka-U. Une attaque attribuée à l’armée russe. Le bilan fait état de 52 victimes et plus de 100 blessés. Aujourd’hui, la gare de Kramatorsk est toujours en service. Elle constitue la porte d’entrée sur le Donbass et sur le front. Les adieux qui se déroulent ici sont plus lourds, plus déchirants. L’armée russe continue à grignoter Rectificatif lentement, mais sûrement de nou- veaux territoires. Ukrzaliznytsia doit toujours mettre en place de nouveaux trains de réfugiés. A bord d’un train à destination de Dnipro, une blague ar- rache un sourire amer : « Si vous vous voulez faire rire Dieu, racontez-lui vos projets pour demain. »
Mardi 4 mars à 23h35 sur France 2.
25 nuances de doc – Des trains dans la guerre d’Emmanuel Carrère et Lucas Menget.
Particules Docs avec la participation de France Télévisions et LCP Assemblée nationale.
New York. Le chocolatier français Jacques Torres rend hommage à la MTA
L’un des plus célèbres chocolatiers de New York est français. Jacques Torres dirige six boutiques dans la Grande pomme. A l’occasion du 25e anniversaire de ses premières créations gourmandes aux Etats-Unis, il a décidé de rendre hommage à la ville qui l’a accueilli et à son réseau de transport public géré par la MTA.
La Metropolitan Transportation Authority (MTA), le gestionnaire des transports publics de New York, a annoncé le 4 février dernier l’ouverture de deux nouvelles adresses dans le « Dining Concourse », le hall des restaurants, de Grand Central Terminal (GCT). L’un propose des plats réconfortants et l’autre une cuisine toute en fraîcheur du Moyen-Orient. Les restaurants récemment ouverts s’ajoutent à la multitude de choix de restauration ayant élu domicile dans la célèbre gare, qui accueille les trains du Metro-North Railroad et, depuis 2023, ceux du Long Island Rail Road (LIRR) dans sa station souterraine Central Madison.
A l’occasion de cet évènement, le chocolatier français Jacques Torres était présent. Il est reconnaissable à son col bleu, blanc, rouge. Un col que seuls les Meilleurs ouvriers de France (MOF) peuvent arborer. Lorsqu’il décroche en 1986 ce précieux sésame dans la catégorie Pâtisserie, il est, du haut de ses 26 ans, le plus jeune pâtissier à l’obtenir. Il traverse l’Atlantique deux ans après pour vivre son rêve américain. En 2000, il succombe à sa passion du chocolat et délaisse la pâtisserie pour la chocolaterie. Contrairement à ce qui se fait d’habitude aux Etats-Unis, il travaille à partir des fèves de cacao, un produit brut qu’il sublime par son talent. Le succès est immédiat.
Basé à New York depuis plusieurs années, il est aujourd’hui à la tête de six établissements. Le natif du Var a remporté plusieurs prix prestigieux dont, à deux reprises, le prix de la fondation James Beard, celui du meilleur pâtissier en 1994, puis en 2003 dans la catégorie « Who is who food and beverage » qui recense les figures incontournables de la gastronomie aux Etats-Unis. En France, les amateurs de concours culinaires télévisés l’ont peut-être découvert dans l’émission américaine Nailed It !, diffusée sur Netflix, où il officie dans le jury (Une version française existe également sous le nom C’est du gâteau !).
« Mr Chocolate » (son surnom aux Etats-Unis) célèbre le 25e anniversaire de sa première boutique new-yorkaise, ouverte à Brooklyn, avec une boîte de chocolats spéciale « Fall in Love with New York » en édition limitée (seule- ment 300 exemplaires sont en cours de fabrication). À l’intérieur, des choco- lats artisanaux mettent en vedette les lignes de métro et les lieux embléma- tiques de New York, ainsi que certaines créations signatures du maitre-choco- latier. Jacques Torres s’est associé éga- lement au MTA pour créer une véritable sculpture en chocolat, inspi- rée du réseau new-yorkais, qui sera ex- posée dans la vitrine de sa boutique installée dans le Lexington Passage, au cœur de la gare.
Jacques Torres a rendu hommage au gestionnaire des transports : « Je suis ravi de célébrer 25 ans de création et de fabrication de chocolats pour mes compatriotes new-yorkais. Il n’y a rien de plus New York que le MTA. Ils sont le cœur de notre ville. Je voulais mettre cela en valeur avec cette boîte de chocolats collaborative amusante et savoureuse. »

Roman. Quand un chantier ferroviaire déraille
Quand en janvier 2020 Paul Carter arrive au Dry River Café & Resort, un établissement perdu dans le désert californien, il apporte avec lui l’espoir. Engagé pour conduire le chantier de réhabilitation d’une ancienne ligne de chemin de fer, il dirige une équipe d’ouvriers mexicains. Une aubaine : « Avec ce chantier, il a décroché le gros lot. Faire partie de l’histoire, rafler la mise à la fin des travaux et passer l’hiver sur son terrain de jeu favori. Une vraie bénédiction. » Dans cette communauté de marginaux et de solitaires, son arrivée est vécue comme une bouffée d’air frais. Les clients du bar boivent ses paroles et ses promesses de développement pour ce coin désoeuvré de Californie. Tous sauf J.B., un Français taciturne qui se méfie du bagout de l’entrepreneur américain.
En parallèle, le lecteur découvre le carnet de voyage de Stéphanie, une jeune française qui a traversé l’Atlantique et qui note sur ces pages le récit de ce voyage initiatique. Véritable monument ferroviaire, le Pont à tréteaux de Goat Canyon doit devenir la principale attraction de la région et pour Paul Carter, c’est ici que se concentrent tous les enjeux. Cet ouvrage d’art emblématique s’élève dans le désert d’Anza-Borrego, en Californie. Il fait partie de l’ancienne ligne ferroviaire San Diego & Arizona Eastern Railway, souvent surnommée le « chemin de fer impossible » en raison des nombreux défis techniques et géographiques rencontrés lors de sa construction.
Son promoteur voulait relier San Diego à la ligne ferroviaire transcontinentale en passant par le Mexique. La construction a été extrêmement difficile en raison du terrain escarpé, des canyons profonds et des conditions climatiques hostiles. Un tunnel s’est effondré à cause d’un tremblement de terre en 1932. Pour contourner l’obstacle, un pont en bois massif a donc été construit l’année suivante au-dessus du Goat Canyon, devenant le plus grand pont ferroviaire en bois du monde (près de 200 mètres de long et 55 mètres de haut).
Quand Paul découvre un cadavre dans le tunnel qui précède le célèbre pont, il panique et décide de s’en débarrasser. Pour lui, le plus important reste la poursuite du chantier. Peu importe les conséquences, la voie ferrée doit avancer. Mais J.B. ne l’entend pas de cette oreille et décide de percer le mystère…
Corinne Cotereau, qui signe avec Providence Canyon son premier roman, vivait en Californie quand la crise du Covid a éclaté. Confinée loin de ses proches, elle a eu la bonne idée de se mettre à écrire. Elle a bien fait, ce premier livre est une réussite !
Providence Canyon de Corinne Cotereau. Albin Michel. (2024). Prix : 19,90 euros.

Arte. Le voyage ferroviaire secret d’Abraham Lincoln
L’émission d’Arte Invitation au voyage revient sur l’investiture mouvementée d’Abraham Lincoln. Alors récemment élu, il doit parcourir en train le trajet de son domicile à la capitale Washington DC, où il doit être investi Président des Etats-Unis et participer à la cérémonie du serment. La tension politique dans le pays est à son comble entre le camp sécessionniste et celui de l’Union.
En 1861, un projet d’assassinat du nouveau président – le complot de Baltimore – parvient aux oreilles d’un cadre d’une compagnie de chemin de fer. Sans avoir d’informations précises, il décide de faire appel au célèbre détective Allan Pinkerton, fondateur de l’agence de détectives Pinkerton, afin de s’assurer que les trains et les infrastructures de la compagnie ne subissent pas d’attentat. Plusieurs États avaient déjà fait sécession dont la Virginie. C’est pourquoi Lincoln a dû se rendre à Washington DC, en passant par le Maryland – un État esclavagiste. Baltimore est alors une ville résolument hostile à l’Union et au nouveau président.
Première femme détective aux États-Unis, Kate Warne est embauchée par l’agence Pinkerton en 1856. Ancienne actrice, elle se fait passer avec brio pour une membre de la haute société sécessionniste. Elle se lie d’amitié avec les filles et les femmes des conspirateurs et recueille des informations précises confirmant le projet d’attentat. Le plan consiste à créer du désordre dans la gare de Baltimore, afin d’attirer les policiers et d’attaquer Lincoln alors qu’il change de train.
Grâce aux renseignements de Warne, Pinkerton et son équipe ont organisé un voyage secret pour le président élu. Lincoln a quitté Harrisburg en avance et a voyagé incognito dans un train de nuit, déguisé en simple passager avec un bonnet et un châle, délaissant son célèbre chapeau haut de forme. Warne a réservé deux places dans le wagon-lit, une pour elle, l’autre pour son frère handicapé… L’Histoire a pourtant longtemps occulté le rôle de la jeune femme. Quand en 1951, le cinéaste Anthony Mann sort Le grand attentat, c’est un policier new-yorkais, John Kennedy, qui parvient à faire échouer la tentative d’assassinat. Si le personnage a bien existé, son rôle est resté mineur dans cette affaire. Bientôt, cette invisibilisation injuste sera réparée. Un film sur la vie de Kate Warne est en cours de production, avec Emily Blunt dans le rôle de la première détective des Etats-Unis. Il doit sortir prochainement sur la plateforme Amazon Prime Video…

Concours. Alexis Michalik, président du jury du Grand Prix Poésie RATP
La RATP lance son traditionnel concours de poésie, dont la 11e édition mobilisera les talents du 12 mars au 15 avril. Le dramaturge et cinéaste Alexis Michalik, figure centrale du théâtre actuel français, récompensé de cinq Molières pour ses différentes oeuvres, a été choisi pour diriger les débats du jury du Grand Prix Poésie RATP 2025.
Il rejoint ainsi la prestigieuse confrérie des anciens présidents du jury de ce concours : Zabou Breitman, Augustin Trapenard, Jeanne Cherhal ou encore Amélie Nothomb, présidente du jury de la précédente édition.
Trois catégories sont ouvertes : « Enfants » pour les moins de 12 ans, « Jeunes » pour les moins de 18 ans et « Adultes » pour les plus de 18 ans.
Alexis Michalik s’est lui-même prêté à l’exercice : « Assis sur son séant, à moitié endormi, / On n’entend que le rythme et les bruits du métro. / Le nez sur son écran, banale anesthésie, / On n’aurait pas idée de regarder plus haut. / C’est dommage pourtant, plus haut seront inscrits / quelques mots, quelques rimes, quelques lignes, quelques voeux… / Ces mots seront les vôtres, un peu de poésie / pour bercer de rêveries ceux qui lèvent les yeux. »
Deux formats de poème peuvent être présentés. Le format court ne dépassera pas quatre lignes, tandis que le long pourra se déployer jusqu’à quatorze lignes. Les 11 lauréats récompensés verront leur poème affiché sur l’ensemble du réseau Ile-de-France Mobilités opéré́ par la RATP durant les deux mois d’été et toucheront ainsi des millions de lecteurs. Les internautes pourront sélectionner leur poème favori parmi les 30 choisis par le jury en votant sur le site et décerner ainsi le Grand Prix Voyageurs.
Si vous voulez soumettre vos élans poétiques à la lecture du jury, vous pouvez les envoyer jusqu’au 15 avril sur le site dédié. L’année dernière, la 10e édition du concours a mobilisé 12 000 poètes amateurs de tous les âges. Pour parvenir à séduire les membres du jury, souvenez-vous de ce conseil de l’écrivain tchèque Milan Kundera : « La vocation de la poésie n’est pas de nous éblouir par une idée surprenante, mais de faire qu’un instant de l’être devienne inoubliable et digne d’une insoutenable nostalgie. » A vos plumes… prêts… écrivez !