Catégorie : Actus

  • Arte. En Norvège, un train de nuit en plein jour

    Arte. En Norvège, un train de nuit en plein jour

    Direction le « Grand Nord » dans cet épisode de la série documentaire d’Arte Un billet de train pour… Plus précisément en Norvège, où le Nordlandsbanen (chemin de fer du Nordland) permet d’accomplir le trajet de Trondheim à Bodø.

    Cette ligne de 729 km est la plus longue du pays. Au kilomètre 579.30, elle franchit le cercle arctique ! Le voyage débute le jour de la Saint-Jean. Les Norvégiens célèbrent ce jour-là le solstice d’été. Le moment de l’année le plus lumineux.

    A Trondheim, nous pouvons d’abord admirer le Skansenbrua, un pont ferroviaire basculant de 52 mètres de long, inauguré en 1918, qui permet de traverser le canal de Trondheim. L’ouvrage d’art a été conçu par Joseph Baermann Strauss, célèbre pour avoir dirigé les travaux du Golden Gate Bridge à San Francisco. Le soleil de minuit est bien au rendez-vous quand l’équipe du train de nuit prend son service en gare de Trondheim. Il est 23 heures et le convoi s’élance vers le Nord. A cette heure, les voyageurs qui ne sont pas endormis auront peut-être la chance d’admirer, sur la route, la riche faune de la région : renard arctique, renne et même ours polaire… La voie ferrée longe des cours d’eau tumultueux qui font le plaisir des kayakistes, mais aussi des pêcheurs de truites !

    Nous suivons une famille qui campe et pêche son repas. En leur compagnie, nous découvrons les vestiges d’un ancien camp de prisonniers de guerre. En effet, la Nordlandsbanen a été en partie construite par l’occupant nazi durant la Seconde Guerre mondiale grâce à l’emploi d’une main-d’oeuvre corvéable à merci : les prisonniers de guerre, essentiellement russes et yougoslaves. Ils ont percé la plupart des 150 tunnels de la ligne dans des conditions de travail effroyables. Plusieurs milliers d’entre eux y laissèrent d’ailleurs la vie et de nombreux cimetières jalonnent encore aujourd’hui le parcours. La ligne fut surnommée la « ligne du sang ». La voie ferrée traverse également le massif de Saltfjellet, dominé par le glacier Svartisen, l’un des plus important d’Europe. Les effets du dérèglement climatique sont ici particulièrement visibles.

    Arrivé à destination, à Bodø, nous découvrons non loin de la ville polaire le détroit de Saltstraumen. Le courant de la marée y est le plus puissant du monde !

    Vendredi 18 avril à 15 h 50 sur Arte. Un billet de train pour… La côte des fjords norvégiens de Kirsten Ruppel. SWR, en association avec ARTE. (2024)

  • Grande-Bretagne. Les 200 ans de la naissance du rail au Locomotion Museum

    Grande-Bretagne. Les 200 ans de la naissance du rail au Locomotion Museum

    La Grande-Bretagne célèbre cette année les 200 ans du premier trajet ferroviaire moderne. Le Shildon Locomotion Museum vient d’annoncer un riche programme à cette occasion.

    Situé dans le Comté de Durham, dans le nord-est de l’Angleterre, à Shildon, le Locomotion Museum préserve depuis sa création en 2004 tout un pan de l’histoire ferroviaire du Royaume-Uni.

    Le premier voyage ferroviaire de l’ère de la vapeur a eu lieu sur la ligne Stockton and Darlington Railway le 27 septembre 1825 quand la Locomotion N° 1 créée par George et Robert Stephenson parvenait à tracter les premières voitures chargées de voyageurs, en accomplissant en deux heures le trajet parcourant les 19 kilomètres de la ligne de chemin de fer. Shildon était alors son terminus. Cette ligne, dont une section est toujours utilisée, passe tout près du musée ferroviaire.

    C’est donc en toute logique qu’elle est mise en avant par le musée dans le cadre des festivités du bicentenaire qui rythment toute l’année 2025 par des évènements et des animations dans tout le pays.

    Festival international

    Le musée est ainsi partenaire du S&DR 200. Ce festival international se déroule pendant neuf mois, de mars à novembre 2025, dans le comté de Durham et dans la vallée de la Tees. On y célèbre ce 200e anniversaire avec une série de spectacles gratuits, d’événements et d’expositions. Les bibliothèques et les musées de la région se mobilisent pour l’occasion, à l’instar du musée ferroviaire de Shildon.

    Une nouvelle exposition, Railway Firsts, a été inaugurée en février dernier. Elle met en lumière les jalons importants qui ont façonné les chemins de fer et l’histoire de la Grande-Bretagne à travers des expositions éphémères. L’occasion de découvrir des grandes « premières » de l’industrie ferroviaires, des plus célèbres aux plus inattendues et même les toutes premières toilettes de train fixes au monde ! Depuis le 8 avril, une statue de Robert Stephenson signée de l’artiste italien Carlo Marochetti, propriété de Network Rail, le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire britannique, est installée au musée. Une façon de rendre hommage à l’ingénieur pionnier du chemin de fer. Installée initialement devant la gare Euston de Londres de 1871 à 2020, l’oeuvre d’art a ensuite été restaurée dans son état d’origine.

    Expo Jeune photographe ferroviaire

    De juin à décembre, l’exposition Jeune photographe ferroviaire de l’année sera présentée au public. L’occasion de découvrir les oeuvres des jeunes talents qui ont remporté le concours de photographie ferroviaire organisé par la Railway Photographic Society, une association britannique de photographes ferroviaires créée en 1922.

    Le festival d’été de Locomotion revient cette année du 19 juillet au 31 août, avec des manèges à vapeur, une plage éphémère et, en vedette, la présence de la mythique Flying Scotsman du 26 juillet au 25 août.

    Reconstitution du premier voyage de passagers

    Les 26, 27 et 28 septembre aura lieu une reconstitution du premier voyage de passagers. Une réplique récemment rénovée de la Locomotion n°1 circulera sur la section originale de la ligne. Enfin, le train qui accueille l’exposition itinérante Railway 200, Inspiration, sera stationné chez Locomotion du 20 septembre au 1er octobre. Ce train spécial voyagera dans toute la Grande-Bretagne, marquant 60 étapes au fil de sa tournée à partir du 27 juin. Il proposera aux visiteurs trois espaces d’exposition. Le premier sera consacré à l’histoire des évolutions technologiques du chemin de fer, le deuxième proposera des jeux et des animations pour comprendre l’ingénierie complexe du transport ferroviaire. Le troisième espace présentera les différents métiers du rail et doit attirer les cheminots de demain.

    Plus de renseignements : www.locomotion.org.uk/home

  • Toulouse. Les premiers trésors mis au jour sur le chantier de la ligne C du métro

    Toulouse. Les premiers trésors mis au jour sur le chantier de la ligne C du métro

    L’Inrap a fait un premier point après les fouilles menées par ses équipes sur le chantier de la ligne C du métro de Toulouse. Ces fouilles ont révélé de nouveaux vestiges de l’Antiquité, du Moyen Âge et de l’Époque Moderne

    En 2028, la troisième ligne de métro de Toulouse, la Ligne C, reliera Colomiers à Labège en 20 minutes. Le 15 décembre 2022, les travaux de génie civil de la future ligne du métro toulousain débutaient sur le secteur des Sept-Deniers. Cette première phase des travaux doit durer cinq ans. Il s’agit de construire l’ossature et l’infrastructure globale de la nouvelle ligne. Ligne C va également rapprocher les communes de Colomiers, Blagnac, Toulouse et Labège. Le chantier est gigantesque. Tisséo Collectivités, l’autorité organisatrice des mobilités de l’agglomération toulousaine, a décidé de lancer les travaux de la future station François Verdier qui sera desservie par la nouvelle ligne de métro automatique. Tout nouveau chantier doit être précédé d’un diagnostic archéologique. Les équipes de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) sont donc intervenues sur ce chantier d’envergure et ont mis au jour un certain nombre de vestiges. Les chercheurs avaient bon espoir de faire des découvertes importantes. Des diagnostics avaient déjà été réalisés à l’occasion de la construction d’un parking dans les années 1990 et des fouilles avaient été menées au moment de la construction de la ligne B du métro en 2002. Celles-ci avaient permis d’identifier des habitats, des voies, des sépultures…

    Avec ce nouveau chantier, les archéologues ont eu l’opportunité de mener des fouilles approfondies sur le site entre juin et septembre 2024. Mais ils ont été obligés de cohabiter avec les équipes des entreprises de construction. Les différents corps de métier ont dû collaborer pour permettre que les fouilles soient menées en toute sécurité. L’histoire de ce quartier situé à la périphérie de la ville sera bientôt enrichie par les nombreuses découvertes datant de l’Antiquité et du haut Moyen Âge.

    Dans la moitié nord du chantier, les équipes de l’Inrap ont découvert quelques aménagements antiques. Un empierrement orienté nord-sud pourrait être le vestige d’un ancien chemin permettant de faire le tour de la cité. Dans une vaste fosse, les archéologues sont tombés sur de très nombreux fragments de mobiliers brûlés (verre, céramique, métal…). Ils estiment que la fosse pourrait être un dépotoir associé à une zone de crémation. Les vestiges d’un petit bâtiment, doté de plusieurs pièces, ont aussi été mis au jour dans cette même zone. Enfin, six tombes, creusées entre le IIe et le IXe siècle après J.-C, ont également été découvertes.

    En ce qui concerne les époques médiévale et moderne, ces fouilles ont permis de se faire une idée plus complète du niveau d’urbanisation d’une zone alors densément peuplée. Un ensemble de niveaux de rues, de fondations d’habitats et de latrines a été découvert par l’Inrap.

    Dans la partie sud du site, les archéologues ont été étonnés de découvrir un pont sur arche en briques particulièrement bien conservé Après leur départ du site, les chercheurs poursuivent leur travail en laboratoire. L’ensemble des données et des mobiliers collectés par l’Inrap pendant cette campagne de fouilles va maintenant faire l’objet d’études approfondies. Plusieurs spécialistes (anthropologues, céramologues, carpologues, …) participeront à ces recherches. Au printemps 2026, les travaux du futur accès Est de la station, au débouché de la rue des Frères Lion offriront l’opportunité d’une seconde et dernière phase d’intervention de l’Inrap… et la perspective de nouvelles découvertes sur le riche passé de ce quartier.

    Le projet de la ligne C est réalisé en plusieurs phases, avec des études et des travaux qui se dérouleront sur plusieurs années. Il reste probablement encore beaucoup de travail et de découvertes aux archéologues de l’Inrap dans les sous-sols de la ville…

  • Arte. Ferrovia Circumetnea, le train de l’Etna

    Arte. Ferrovia Circumetnea, le train de l’Etna

    Dans cet épisode de la série documentaire d’Arte, Rails d’antan, consacrée aux trains historiques qui circulent encore aujourd’hui, nous partons en Sicile. Sur cette île italienne, la Ferrovia Circumetnea s’emploie depuis 1898 à faire le tour de l’Etna, soit un parcours de 110 km, à plus de 100 m d’altitude. Le train circule autour de la base du volcan le plus actif d’Europe.

    Unique chemin de fer à voie étroite de l’île, il ne se limite pas au transport des touristes. Il est également utilisé par les écoliers et les étudiants, ainsi que par les travailleurs qui assurent l’exploitation des pistachiers que l’on qualifie volontiers ici « d’or vert ». Sur la ligne cohabitent des trains modernes – les Volcanos – et de vieux autorails Fiat des années 70 et 80.

    Il reliait encore il y a peu Catane – deuxième ville de Sicile après Palerme – à Riposto sur la mer Ionienne. Devant le manque de fréquentation – et donc de rentabilité-, la ligne a été scindée en deux. Nous rencontrons Rossana Bulgari, l’unique femme à conduire le célèbre train. Un métier qu’elle exerce depuis plus de 20 ans. Elle est aux commandes jusqu’à Randazzo. La fin du trajet sera effectuée par un autre train.

    La dernière ligne à voie étroite de l’île serpente dans la campagne avant de longer les vergers d’agrumes, de pistachiers et les vignobles qui produisent un vin volcanique réputé depuis l’antiquité. A Bronte, nous rencontrons un jeune agriculteur qui prend soin de ses pistachiers, comme avant lui son père et son grand-père. A la différence que Marco Mel travaille en agriculture biologique. L’Etna rappelle régulièrement sa présence. Ce fut notamment le cas en 1911, 1923, 1928 et 1981. En 1923, une éruption de lave a même obligé la compagnie ferroviaire à construire une ligne de contournement de dix kilomètres. Aujourd’hui, elle circule parfois sur des champs de lave durcie, donnant aux paysages des aspects lunaires. Nous rencontrons également deux volcanologues qui nous content la fascination qu’exerce sur eux le volcan le plus haut d’Europe.

    Vendredi 4 avril à 15 h 55 sur Arte. Rails d’antan – La Circumetnea en Sicile d’Antonia Coenen. Loupefilm, en association avec ZDF/ARTE. Allemagne. (2024)

  • Franceinfo.tv. Hommage aux trains suisses

    Franceinfo.tv. Hommage aux trains suisses

    Séance de rattrapage avec la rediffusion sur Internet d’un documentaire qui rend hommage aux trains de la Confédération helvétique. Considérée comme la championne du monde du chemin Nde fer, la Suisse a mis en place un système qui donne la part belle au rail.

    Nous, les Européens, le magazine hebdomadaire de France 2 consacré à l’actualité européenne, s’intéresse dans ce numéro à la Suisse et surtout à ses chemins de fer et à leur légendaire fiabilité. Initialement diffusée le 6 mars dernier, l’émission est dorénavant accessible sur Internet. Tous les numéros de « Nous, les Européens » sont disponibles en rediffusion sur le site de France Info. Le reportage consacré à l’exceptionnel réseau suisse s’ouvre sur les images du Glacier Express qui serpente au milieu d’un paysage enneigé en direction des gorges du Rhin. Les nombreux touristes à bord profitent de ses voitures panoramiques pour ne rien perdre du splendide paysage de montagne qui se déroule sous leurs yeux.

    De Zermatt à Saint-Moritz, le célèbre train traverse depuis 1930 trois cantons de Suisse centrale, ceux du Valais, d’Uri et des Grisons. Il franchit 291 ponts, 91 tunnels et, grâce à des crémaillères, se joue des pentes les plus ardues. L’arrivée à Zermatt et la vue sur le mont Cervin étant la cerise sur le gâteau d’un voyage féerique. Dans la voiture restaurant, les voyageurs partagent un repas gastronomique (entre trois et cinq plats). Parcourant 300 km en huit heures, le Glacier Express n’est pas là pour aller vite. Il constitue surtout une formidable expérience de voyage. Mais au prix 200 et 500 euros selon les prestations, ce train est réservé aux plus fortunés.

    Le chemin de fer suisse permet aussi de faciliter les déplacements, tant des habitants que des marchandises, pour traverser le pays constitué aux deux tiers de montagnes. Son réseau ferré est le plus dense de la planète, les circulations ferroviaires y sont cadencées – les horaires y sont réguliers et tout est fait pour fluidifier les transits ferroviaires. Et surtout, les trains suisses sont fiables. En 2024, ils ont affiché une ponctualité historique, avec 93,2 % des trains à l’heure (moins de trois minutes de retard). Nous rencontrons plusieurs voyageurs, comme cet agriculteur dont la ferme est inaccessible par la route et qui transporte même ses vaches par le rail. Selon la loi suisse, les localités regroupant 100 habitants ou plus doivent être desservies au moins une fois par heure par les transports en commun.

    Tout est fait pour détourner les Suisses de la route. Comme l’explique Martin Von Känel, sous-directeur de l’Office fédéral des transports (OFT), « L’offre créée la demande ». Résultat, aujourd’hui, les Suisses prennent largement plus le train que leurs voisins. En 2023, chaque habitant a parcouru en moyenne 2 466 km par les rails. Le pays peut compter sur des infrastructures ferroviaires impressionnantes. Le tunnel de base du Saint-Gothard est le plus long tunnel ferroviaire du monde qui transperce la montagne, avec ses 57 km de voies ferrées. En Suisse, les rails grimpent également les sommets. Entre 2 061 m et 3 454 m d’altitude, le Chemin de fer de la Jungfrau (Jungfraubahn) relie les gares de Kleine Scheidegg et du Jungfraujoch. Le train circule à l’intérieur même de la montagne, sous l’Eiger et le Mönch. Cette incroyable ligne permet d’accéder depuis plus de 100 ans directement aux cimes enneigées, quelles que soit la saison et la météo. Sa gare terminus, mise en service le 1er août 1912, est la plus haute d’Europe. Elle permet d’accéder à un point de vue unique, d’où les nombreux touristes dominent le glacier d’Aletsch, long de 22 km. Si le début de parcours s’effectue à l’air libre, le train s’engouffre rapidement dans les entrailles de la montagne, empruntant un tunnel de plus de 7 km qui fut percé à la main dans des conditions dantesques. Un million de touristes viennent y vivre l’expérience de la haute montagne.

    En matière de transport de marchandises, la Suisse est également championne. Le ferroutage est une obligation. Et aujourd’hui, les camions sont bien rares sur les routes helvétiques… Là aussi, l’Etat suisse a joué son rôle en interdisant le passage de la plupart des poids lourds dans le pays.

    A voir sur www.francetvpro.fr. Nous les Européens – Suisse : le pays des trains de Damien Vercaemer. France.tv. (2025)

  • Arte. Quand Nantes inventait le transport en commun

    Arte. Quand Nantes inventait le transport en commun

    Au début du XIXe siècle, Nantes est le berceau d’une invention qui changera le visage des villes et la façon de s’y déplacer. Stanislas Baudry, un homme d’affaires local, propriétaire d’une minoterie dans le quartier de Richebourg, en est le promoteur. Après avoir fait l’acquisition de la première machine à vapeur de la région pour accélérer la production de farine, il cherche à exploiter toute cette chaleur et cette vapeur d’eau. Il crée alors des bains publics. Mais, loin du centre-ville, il peine à attirer la clientèle.

    L’entrepreneur met alors en place une navette à chevaux pouvant transporter douze personnes, afin de faire venir les habitants jusqu’à ses bains. Las, peu de Nantais passent ses portes. En revanche, ils plébiscitent la navette pour leurs déplacements. Le point de départ est installé à côté d’un chapelier baptisé Omnès… Et bientôt, la navette est surnommée Omnibus, un mot qui partira à la conquête du monde ! Baudry comprend qu’il tient là une grande idée.

    Pierre-François Gérard, fin connaisseur de l’histoire de Nantes, nous conte cette aventure dans cet épisode de l’émission d’Arte, Invitation au voyage. Et surtout, comment le concept novateur d’une ligne régulière de transport de voyageurs a changé la ville. En 1876, la Compagnie des tramways de Nantes (CTN) voit le jour. En 1913, la première ligne électrifiée est mise en service. Concurrencé par la route (bus et automobiles), le tramway disparaît de la ville en 1959. Il faudra attendre 1985 pour que ce mode de transport retrouve les rues nantaises. Bientôt, d’autres villes suivront. Aujourd’hui une trentaine d’entre elles en France ont parié sur le tram.

    Lundi 24 mars à 17 h 25 sur Arte. Invitation au voyage – À Nantes, on circule en commun. ARTE France, Éléphant Doc. (2025)

  • Arte. L’épopée du rail

    Arte. L’épopée du rail

    Arte revient sur la grande histoire du chemin de fer dans La locomotive du progrès, un documentaire de 2023 rediffusé ce samedi en première partie de soirée. Des témoignages d’historiens, de cheminots et de passionnés nous éclairent sur ce mode de transport qui a changé la face du monde.

    Le concept de transport guidé remonte à l’antiquité, quand des ornières étaient creusées sur les portions les plus dangereuses des voies en Grèce d’abord, puis dans l’Empire romain. Quelques siècles plus tard de l’autre côté de la Manche, à partir du XVIIe siècle, un réseau de voies en bois permet d’acheminer, grâce à la traction animale, de lourdes charges des mines jusqu’aux navires. Au XVIIIe siècle, les Britanniques sont à l’avantgarde.

    En 1769, James Watt met au point de nombreuses innovations qui vont permettre à la machine à vapeur de lancer la révolution industrielle. La vapeur est alors la première source d’énergie artificielle de l’histoire.

    Créée par George et Robert Stephenson, la « Rocket » tracte, à partir de 1830, les premières voitures de voyageurs du tout premier chemin de fer interurbain reliant Manchester à Liverpool. En Allemagne, le chemin de fer devient une réalité le 7 décembre 1835 avec la mise en service de la ligne entre Nuremberg et Furth.

    Le réseau ferré se développe alors très rapidement. D’abord en Grande-Bretagne, puis sur le continent et le reste de la planète. Les ouvrages d’art transforment les paysages, les gares redessinent la physionomie des villes. Les mises en service créent de nouveaux centres urbains.

    À la fin du XIXe siècle, le train arrive jusqu’à la campagne emportant avec lui les progrès de l’industrialisation dans les champs, avec l’arrivée des machines agricoles et des engrais chimiques. Depuis ses premiers tours de roue, le train n’a cessé d’évoluer. Les ingénieurs ont cherché et trouvé des solutions innovantes. Les difficultés liées au manque d’espace, à la densité des constructions et de la population sont autant de contraintes qui les obligent à faire preuve d’imagination. L’histoire des chemins de fer comporte également des chapitres plus sombres, de la colonisation à la Shoah…

    Samedi 22 mars à 20 h 55 sur Arte. La locomotive du progrès – Une histoire du chemin de fer de Thomas Staehler. Loopfilm. Allemagne. (2023)

  • New York. Livrées historiques pour les 40 ans du Metro-North Railroad

    New York. Livrées historiques pour les 40 ans du Metro-North Railroad

    Le Metro-North Railroad s’est lancé il y a quelque temps dans un programme de pelliculage de matériels roulants pour célébrer les 40 ans de sa création. Une nouvelle locomotive vient ainsi d’être « décorée » d’une livrée datant des années 1950.

    Elle devrait enchanter les plus nostalgiques des usagers de cette ligne de la banlieue new-yorkaise exploitée par le Metro-North Railroad… Une livrée historique habille depuis la fin du mois de février la locomotive Genesis GE numérotée 222. Celle-ci a été patiemment restaurée pendant plusieurs mois dans différents ateliers de la compagnie Metro- North, notamment celui de North White Plains.

    Les équipes de la compagnie ferroviaire ont appliqué sur la locomotive un vinyle vert olive et jaune pissenlit. Des couleurs utilisées sur les locomotives du New Haven Railroad jusqu’en 1954. Les voyageurs peuvent l’admirer sur la ligne de New Haven depuis le 28 février, entre Danbury, dans le Connecticut et Grand Central Terminal à New York.

    Le réseau Metro-North Railroad, une branche de la Metropolitan Transport Authority (MTA), dessert depuis 1983 la banlieue nord de New York et une partie du Connecticut. À l’origine, ce réseau était baptisé New York & Harlem Railroad, où un service ferroviaire existe depuis 1832, ce qui en fait l’une des lignes de chemin de fer les plus anciennes des Etats-Unis. Cette ligne reliait le quartier de Lower Manhattan à Harlem grâce à la traction hippomobile.

    En 1969, la compagnie ferroviaire privée Penn Central achète cette petite ligne et en reste propriétaire jusqu’en 1972. Cette année-là, la MTA acquiert le réseau de la Penn Central, mais celle-ci continue d’exploiter ces lignes. En 1976, c’est la compagnie Conrail qui devient le nouvel exploitant. En 1983, la MTA forme le réseau Metro-North tel qu’on le connait aujourd’hui quand elle reprend le service voyageur de Conrail dans le nord de la métropole. Afin de célébrer les 40 ans du Metro-North Railroad, la compagnie de transport a donc choisi de pelliculer plusieurs matériels pour rendre hommage à l’histoire. Elle a dévoilé le 27 février dernier une sixième locomotive ainsi trans- formée le long du New York, New Haven & Hartford Railroad, également nommé New Haven Railroad.

    La série Heritage a été lancée en mai 2023 pour célébrer les 40 ans de ser- vice public de Metro-North et honorer les compagnies de chemins de fer pri- vées qui exploitaient des trains de ban- lieue le long des lignes qui composent réseau de Metro-North: la ligne Hudson, la ligne Harlem et la ligne New Haven. La locomotive n° 208 a été la première locomotive à bénéficier d’une livrée anniversaire. Les couleurs argent, bleu et rouge rendant hommage au design ori- ginal des locomotives FL9 qui tractaient les premiers trains de la ligne de ban- lieue. La seconde livrée rendait hommage à la compagnie privée Conrail depuis le mois d’août 2023. La troisième livrée circule sur la ligne Hudson depuis le 14 novembre 2023. Elle mettait en lumière le New York Central, la compagnie de chemin de fer qui exploitait les lignes Hudson et Harlem. En mars 2024, une quatrième locomotive commémore le souvenir du Penn Central, résultat de la fusion en 1968 des chemins de fer de New York Central et de Pennsylvanie, qui a également absorbé le chemin de fer de New Haven en 1969. En juillet 2024, ce sont les équipes de Metro- North qui sont mis en avant. Le pelliculage est composé de portraits de 2000 photos d’employés de Metro-North. Aujourd’hui, les six locomotives sont en service sur ce réseau.

  • A lire. Les souvenirs d’enfance d’un cheminot du Haut-Doubs

    A lire. Les souvenirs d’enfance d’un cheminot du Haut-Doubs

    Un père et une mère cheminots, une enfance passée dans une maison de garde-barrière, le logis familial, ont fait qu’André Schroll a embrassé lui aussi une carrière à la SNCF. Ses souvenirs d’enfance sont réunis dans un petit livre édité à l’initiative de sa fille Alexandra.

    Un père cheminot, une mère garde-barrière… il n’en fallait pas plus pour qu’André Schroll, né en 1945, devienne cheminot à son tour. Mais il avait aussi une passion pour l’écriture et la lecture, et quelques mois avant de décéder en 2010, à la demande de son épouse Claude, « pour qu’il reste quelque chose », il a dicté des fragments de son enfance vécue dans le Haut-Doubs en Franche- Comté, un pays au climat rude. Ce témoignage a pris la forme d’un livre édité à l’initiative de sa fille Alexandra, sous le titre Une enfance dans le Haut-Doubs, 1940-1950 (Ed. Le Lys bleu). « A travers des souvenirs intimes, des anecdotes émouvantes, des instants de vie simples mais porteurs d’une profonde vérité, il parle de ces années vécues à Vaux-et-Chantegrue, Labergement et Granges-Sainte-Marie. De par le métier de ses parents, mon père fait de nombreuses références au chemin de fer », précise Alexandra, qui a tenu à éditer ces souvenirs, « quintessence d’une époque ». Claude, la mère d’André, a été garde-barrière aux Granges Sainte-Marie, à proximité d’une scierie.

    En 1947, il a alors deux ans, la famille habitait en gare de Labergement Sainte-Marie. « Papa, employé SNCF, se rendait fréquemment en Côte-d’Or à Blaisy-Bas afin de poursuivre une formation, ceci à intervalles réguliers », raconte André Schroll. « Or, la première fois que j’ai assisté à son départ en train, Maman m’a raconté que je courais derrière les wagons en hurlant éperdument et que j’étais inconsolable pendant de longues minutes. Tant et si bien que par la suite, elle fut obligée de me cacher ces fameux “départs en formation” de Papa afin d’éviter les pleurs et ce gros chagrin d’enfant. » Ensuite, la famille Schroll a quitté Labergement en 1948 pour emménager dans une maisonnette, celle du PN8, à l’orée d’un bois.

    La fumée des trains à vapeur noircissait les habits de travail

    A l’époque, pas d’eau courante, pas de chaises mais un banc autour de la table familiale, pas de salle d’eau (« jusqu’à ce que la SNCF installe, quelques années plus tard, des WC avec une vraie chasse d’eau et une douche. Quel luxe ! »), pas de commodités mais des cabinets malo- dorants… « Les habits de travail de Papa étaient toujours noircis par la fumée des trains à vapeur […] Les lessives étaient une tâche fastidieuse pour notre mère. » Celle-ci ne disposait pas de machine à laver mais d’une grande lessiveuse, d’une planche à laver en bois et d’une brosse…

    En été, André et ses frères et sœurs aidaient à ouvrir les barrières, car les passages étaient nombreux « du fait de la présence des touristes qui séjournaient à l’Hôtel du Pont, tout proche. » André Schroll témoigne aussi de ces grands mo- ments qui marquent l’enfance : « Quand par bonheur, le Tour de France passait dans le Haut-Doubs, Papa nous emmenait […] pour assister à ce grand évène- ment. Nous attendions la caravane avec fébrilité car on nous lançait des ca- deaux. Des visières en carton, des échantillons de toutes sortes: bonbons, cigarettes (sic), lessive, etc. C’était un grand jour pour nous ! » Bien plus tard, lorsqu’il est devenu cheminot, André Schroll était abonné à La Vie du Rail «qu’il lisait avec plaisir chaque semaine», se souvient sa fille. «Mes grands-parents étaient eux-mêmes d’assidus lecteurs du journal ! ».

    Pour l’éditeur d’Une Enfance…, ce livre est « un témoignage d’humanité plein d’authenticité et de sensibilité qui transcende les époques, une invitation pour les générations actuelles comme les anciennes à plonger dans un passé vibrant de vie, un miroir délicat d’une époque disparue mais universelle dans son hu- manité ». A. J.-L.

    Une enfance dans le Haut-Doubs, 1940- 1950. Par Alexandra Schroll. Ed. Le lys bleu. 12 €.

  • A Damelevières, une sculpture rend hommage au passé de la SNCF

    A Damelevières, une sculpture rend hommage au passé de la SNCF

    A Damelevières (Meurtrhe-et-Moselle), une sculpture très moderne trône sur le carrefour donnant accès à la gare. L’oeuvre à la forme d’un trièdre est essentiellement composée d’outils de cantonniers de la voie. Cet hommage aux cheminots a éte créé par l’artiste local Bernard Trésor, en collaboration Alexandre Deronne, Alain Meignien et Ernest Thouvignon. « J’ai volontairement créé une oeuvre moderne pour interpeller les passants, afin qu’ils se souviennent du passé brillant de la SNCF », a expliqué le sculpteur lors de l’inauguration qui a attiré une forte affluence, dont de nombreux cheminots actifs et retraités. « La SNCF a notamment développé au sein de nos communes de Blainville-sur-l’Eau et Damelevières de nombreux services destinés aux familles cheminotes : cantines, écoles, bibliothèques, services médicaux. »

    « L’essor de notre territoire est lié à celui du chemin de fer », a rappelé le maire Christophe Sonrel. « Le transport de voyageurs et de marchandises a favorisé une importante et rapide croissance économique de toute la région, entraînant le recrutement d’une nombreuse main-d’oeuvre […] Aujourd’hui encore, plus d’une centaine de métiers existent au sein de la SNCF. » Il a poursuivi en rappelant « l’engagement exemplaire des cheminots tout au long de l’histoire et, tout particulièrement dans la Résistance contre l’occupant allemand.

    Nombre d’entre eux y ont laissé leur vie », avant de remercier « tous les cheminots d’hier et d’aujourd’hui pour leur détermination, leur solidarité et leur engagement. Cette sculpture est la marque de notre gratitude à cette belle corporation. » Yvette TRÉBUCHET