Catégorie : Actus

  • Slam. Aimé Nouma prend le train et perd le nord avec humour

    Slam. Aimé Nouma prend le train et perd le nord avec humour

    « Si en bon économe en même temps qu’écolo / l’envie vous prenait d’aller faire / un Tours vers Lorient en chemin de fer / plutôt qu’en auto / En passant par Paris, ne cédez sous aucun prétexte / au réflexe de vous rendre en gare à Paris-Est. / En effet cela vous causerait des déboires, car / il faut quand même le savoir, / que Lorient par rapport à Paris, /et ben ce n’est pas vers l’est, / mais vers l’ouest. »

    Ainsi débute le nouveau morceau de l’écrivain, poète et slameur, André Nouma. Il nous offre ici un texte ferroviaire à déboussoler les auditeurs. Cette carte de France musicale nous emmène à Nantes, Angers, Dijon, Sens, Toulouse, au Mans, Lille, Laval, Nancy, Pau, Rennes, Lyon, Quimper, Brest, Concarneau, Douarnenez ou encore Limoges et Nice. Les noms de toutes ces destinations sont systématiquement détournés en un jeu de mot… Ce voyage nous emmène aux quatre coins du pays.

    Né à la fin des années 1950 à Yaoundé, au Cameroun, Aimé Nouma effectue à cinq ans un premier voyage en France pour rejoindre son père parti dans l’Hexagone dans l’espoir d’y mener une carrière de footballeur. Mais, il ne parvient pas à transformer l’essai. Après quelques tentatives sur les plateaux de cinéma et de télévision, il cherche toujours sa voie. En 1990, il décide de repartir vers son Cameroun natal. Il y découvre l’écriture et ne lâchera plus jamais la plume. Quelques années plus tard, il se met au slam, cette poésie déclamée en musique. Poésie urbaine entre chant et discours, volontiers engagée, le slam se vit dans les bars et dans les petites salles de spectacles. Véritable activiste de la cause, il parcourt depuis des années les soirées micros ouverts.

    André Nouma est devenu une figure de ce mouvement artistique et de la scène parisienne. Et il a multiplié les projets. Il a notamment publié deux recueils de textes de slam, Onze heures du soir, gare Saint-Lazare aux éditions des Xérographes, (2010) et Les pleurs du mâle chez Universlam (2013).

    A écouter sur Spotify. Lorient c’est vers l’ouest d’Aimé Nouma. (2025)

  • Bruxelles. Le tram de Noël sillonne cinq lignes de la capitale belge

    Bruxelles. Le tram de Noël sillonne cinq lignes de la capitale belge

    Le centre-ville de Bruxelles se métamorphose en un village festif complètement dédié à la magie de Noël à l’occasion des fêtes de fin d’année. Son marché de Noël est l’un des plus grands et les plus animés d’Europe.

    L’esprit de Noël touche aussi les transports publics. Depuis le 1ᵉʳ décembre, cinq lignes de tramway bruxelloises accueillent un matériel entièrement décoré pour célébrer les fêtes. Jusqu’au 4 janvier prochain, un tram coloré de rouge, de vert et de doré et paré de décorations de Noël circule sur les lignes 9, 18, 19, 82 et 92 du réseau de tramway opéré par la Société des Transports intercommunaux de Bruxelles (STIB).

    Le tram est également illuminé par un éclairage spécifique. Ces circulations festives sont une tradition locale.
    À noter que le tram de Noël sera visible du 18 au 21 décembre sur la ligne 9, du 22 au 25 décembre sur la ligne 92, le 26 décembre sur la ligne 9, du 27 au 31 décembre sur la ligne 19 et en fin du 1ᵉʳ au 4 janvier sur la ligne 82.

    La STIB propose également plusieurs événements. Le samedi 20 décembre, le père Noël voyagera sur la ligne 9, de 13 h 00 à 15 h 00 et prendra les dernières commandes de cadeaux. La STIB communiquera les heures précises en fonction des arrêts sur ses différents réseaux sociaux. Dans la station Rogier, un stand est installé jusqu’au 23 décembre sur la mezzanine, non loin du point de vente Kiosk. L’occasion de trouver des idées originales de cadeaux comme des modèles réduits, divers objets créés à partir de matériaux de la STIB recyclés, des mugs ou des magnets décorés avec le plan du réseau bruxellois…
    Les amateurs de petites briques colorées y trouveront le nouveau bus électrique Lego.

    Enfin, les usagers seront encore un peu plus plongés dans l’ambiance de Noël, grâce à la chorale de la STIB « AkoeSTIB ». Ses membres ont interprété des chants de Noël qui sont utilisés pour annoncer les arrêts.

  • États-Unis. Les trains de la MTA décorés comme des sapins de Noël

    États-Unis. Les trains de la MTA décorés comme des sapins de Noël

    La MTA Long Island Rail Road (LIRR) et la Metro-North Railroad (MNR) ont mis en circulation depuis le vendredi 28 novembre des trains illuminés pour célébrer les fêtes de fin d’année. Ces matériels célébreront Noël jusqu’au Nouvel An dans une bonne partie de l’État. Le réseau Metro-North Railroad de MTA dessert la banlieue nord de New York et une partie du Connecticut, tandis que le réseau du Long Island Rail Road (LIRR) connecte 124 stations à l’est de la métropole. Ces deux réseaux seront notamment empruntés par les familles qui se retrouvent pour les fêtes dans les destinations réputées pour passer Noël à New York, dans la vallée de l’Hudson et dans le Connecticut.

    Les trains sont décorés d’ampoules colorées qui illuminent les quais à leur arrivée. Un « Happy Holidays » (Joyeuses vacances) a été inscrit sur la livrée des locomotives et des messages de prévention sur le thème des fêtes seront diffusés dans les gares les plus importantes. Rob Free, président du LIRR, se félicite :
    « Les fêtes de fin d’année sont une période merveilleuse et le Long Island Rail Road est le moyen le plus fiable, écologique et festif de rendre visite à sa famille et à ses amis pendant cette période. C’est une expérience unique pour les enfants, les passionnés de trains et les adultes de pouvoir monter à bord d’un train illuminé et de répandre la magie des fêtes sur notre réseau. »

    Fort du succès retentissant de son train illuminé de l’an dernier, Metro-North a ajouté pour la première fois à sa collection de matériels décorés un train diesel, illuminant ainsi l’ensemble du réseau à l’est de l’Hudson.

    Le train illuminé du Long Island Rail Road circulera sur toutes les lignes électrifiées. Les deux compagnies ferroviaires proposeront un service de trains réguliers en rotation aléatoire, de jour comme de nuit.

    Le spectacle de ces trains de Noël devrait de nouveau cette année enchanter les petits et les grands !

  • SNCF. La dernière voiture Corail a quitté le technicentre Charente-Périgord

    SNCF. La dernière voiture Corail a quitté le technicentre Charente-Périgord

    Le 9 octobre dernier, une page s’est définitivement tournée dans l’histoire du technicentre SNCF Charente-Périgord avec le départ de la dernière voiture Corail qui a été rénovée sur le site.

    Le 9 octobre, l’ensemble du personnel du Technicentre Industriel Charente-Périgord réuni pour saluer le départ de la dernière voiture Corail rénovée sur place. Au nom de la SNCF, Nicolas Vigeon, directeur de l’établissement, a tenu à adresser un grand merci à l’ensemble de ses équipes et a rendu un vibrant hommage aux générations passées qui ont relevé tous les défis de cette aventure industrielle.

    Le 9 octobre 2025 était une date cerclée de rouge sur le calendrier des cheminots du Technicentre Industriel Charente-Périgord (TICP) de Périgueux. Ce jour-là, la dernière voiture Corail rénovée par l’établissement ferroviaire périgourdin a quitté le site. L’entreprise SNCF a rendu hommage à l’ensemble du personnel réuni pour l’occasion. « La maintenance des rames Corail a forgé l’identité technique de notre établissement depuis plus de trente-cinq ans », a déclaré Nicolas Vigeon, directeur de l’établissement. « Plusieurs générations de cheminots y ont consacré leur savoir-faire, non seulement pour entretenir, mais aussi pour régénérer et moderniser ce matériel emblématique de la SNCF. Cette continuité a permis de capitaliser une expertise unique, alliant transformation industrielle, innovation incrémentale et transmission des compétences. »

    Répondre à des demandes toujours croissantes de confort

    Natif de Limoges et ingénieur de formation, Nicolas Vigeon a travaillé au technicentre industriel de Nevers pendant treize ans, dans les secteurs de l’ingénierie, de la production et du pilotage industriel. Durant ces cinq dernières années, il a été en charge du pilotage industriel de programmes de rénovation du matériel à la direction du Matériel à Paris, avant d’être nommé directeur de l’établissement périgourdin. « Je suis heureux de voir ici un collectif fiable dans un établissement qui évolue très bien dans les stratégies industrielles d’aujourd’hui et à travers des challenges passionnants. Je souhaite mener l’établissement à la hauteur des demandes toujours croissantes de trains et de confort pour les voyageurs », commentait-il lors des JEP de 2024, au cours desquelles l’établissement a ouvert ses portes au public. Le technicentre, aménagé sur 11 hectares, emploie actuellement 564 agents.

    Un tournant technologique pour la SNCF

    Le 9 octobre, les voitures Corail ont donc quitté définitivement la Dordogne et déjà les souvenirs reviennent, rappelant toute une époque. Lancées en 1975, après la production de prototypes climatisés en 1972, elles furent un tournant technologique affirmé pour la SNCF.

    Grâce à une climatisation généralisée, une suspension améliorée, une insonorisation appréciée des voyageurs et une vitesse de 160 à 200 km/h, elles ont apporté un service et un confort inédits. Produites à près de 3 900 exemplaires jusqu’en 1989, elles existent en différentes versions : de jour, de nuit, régionales, à compartiments (VU) et à couloir central (VTU). Modernisées au fil du temps, elles ont été rebaptisées Corail Plus, Téoz ou encore Lunéa et ont tenu fièrement leur rôle face à l’arrivée du TGV. Remplacées dès les années 2000, elles ont fait un retour remarqué en 2022 avec le Ouigo Train Classique, au style vintage et billets à petits prix.

    Le technicentre de Périgueux, une référence nationale

    Sur le plan local, les ateliers du Périgord ont concentré en 1990 leur activité sur la révision des voitures Corail VTU. De 1999 à 2000, des Corail de présérie ont été aménagées pour tester le confort de demain. De 2003 à 2006, le TICP a rénové 430 voitures. De 2010 à 2020, le site poursuivra la rénovation des Corail et deviendra la référence nationale pour la climatisation et les sanitaires des trains voyageurs. De 2021 à 2023, Périgueux a modernisé 107 voitures couchettes Corail (prises, leds, wifi, sanitaires, espaces vélos), et s’est imposé comme un acteur clé de cette rénovation. En 2024, le site a fêté ses 160 ans d’existence et s’est engagé dans sa nouvelle mission principale, le vaste programme de rénovation mi-vie de 200 TER Nouvelle-Aquitaine (Automotrice Grande Capacité), une activité qui s’échelonnera jusqu’en 2030. En vue de cette charge de travail, l’établissement s’est bien préparé pour l’avenir, avec des ateliers totalement rénovés ou construits pour la circonstance.


    la sage du train corail

    Un livre sur la saga du Train Corail Actuellement en cours de préparation aux Editions La Vie du Rail, un livre raconte l’histoire du Train Corail. L’auteur, Didier Jansoone, cheminot, y retrace la naissance de ce matériel roulant et son évolution au fil des décennies.

    La saga du Train Corail, 1975-2025. Réf. 110 433. 160 pages. 45 €. Parution : mars 2026. A réserver sur : www.boutiquedelaviedurail.com

  • Netflix. Train Dreams, voyage dans le temps et le long de la voie ferrée

    Netflix. Train Dreams, voyage dans le temps et le long de la voie ferrée

    Netflix a mis en ligne le 21 novembre dernier sur sa plateforme, Train Dreams, un film qui se déroule au début du XXe siècle au cœur des grands espaces sauvages du nord-ouest des États-Unis, le long des voies ferrées en construction.

    C’est une fresque méditative qui se déroule à l’ombre des grands arbres centenaires, toute en pudeur et en économie de mots… Adaptation d’une nouvelle de Denis Johnson, Train Dreams nous plonge au cœur des grandes forêts du nord-ouest des États-Unis et le long des chemins de fer en construction.

    Le scénario a été coécrit par le réalisateur Clint Bentley et le scénariste Greg Kwedar. Projeté en avant-première au festival du film indépendant de Sundance en janvier 2025, il a été mis en ligne sur la plateforme de streaming américaine le 21 novembre dernier, après une distribution en salles aux États-Unis à partir du 7 novembre, où il a reçu un bon accueil de la part du public, comme de la critique.

    Robert Grainier (Joel Edgerton) est né orphelin, expédié en train et recueilli dans cette terre sauvage, dans le coin de Bonners Ferry, un bourg perdu dans le nord de l’Idaho par des tuteurs indifférents. Il ignore l’identité de ses parents, tout comme la date précise de sa naissance… Devenu adulte, il gagne péniblement sa vie en tant que bûcheron.
    Quand il rencontre la jolie Gladys Olding (Felicity Jones), sa vie prend enfin un sens.

    Les jeunes amoureux construisent leur cabane près d’un ruisseau, au milieu de la forêt. Bientôt, la jeune femme est enceinte et une petite Katie naît. Pour subvenir aux besoins de sa petite famille, l’homme travaille un peu partout dans la région. Il est régulièrement embauché sur les chantiers de Spokane International Railroad, une compagnie de chemin de fer qui reliait l’État américain de Washington à la province canadienne de Colombie britannique.
    Le métier est dur et surtout dangereux. Les accidents graves sont fréquents et souvent mortels. Dès qu’un bûcheron meurt, ses compagnons d’infortune clouent ses bottes sur un arbre pour laisser une trace de son passage sur terre. Le racisme et la violence sont partout.
    À l’été 1917, alors qu’il travaille sur la construction d’un viaduc qui franchit la gorge Robinson, un ouvrier chinois est agressé par des travailleurs blancs et jeté du haut de la structure. Si l’on ignore les raisons qui ont conduit à ce meurtre, on assiste à la culpabilité qui étreint bientôt le bûcheron. Le fantôme du supplicié lui apparaît régulièrement et ne cessera jamais de le hanter.
    Sur ces chantiers, les hommes se rencontrent, sans aucune certitude de se recroiser un jour. Des amitiés d’un soir se nouent, quand deux solitudes s’ouvrent l’une à l’autre. Les périodes de travail sont longues. À chaque saison de la coupe, Grainier remonte à bord d’un train pour rejoindre un nouveau chantier, s’enfonçant toujours plus loin dans la forêt…

    S. D.

    À voir sur Netflix. Train Dreams de Clint Bentley. Black Bear, Kamala Films. États-Unis. (2025)

  • Noël. Des fêtes ferroviaires avec deux bûches « locomotives »

    Noël. Des fêtes ferroviaires avec deux bûches « locomotives »

    Dessert classique pendant les fêtes, la bûche ne se limite plus à une imitation d’un bout de bois. Aujourd’hui, les pâtissiers imaginent de nouvelles formes et des concepts toujours plus ambitieux. Comme chez Lenôtre ou à la Pâtisserie des Marseillais avec ces deux desserts ferroviaires.

    La tradition de la bûche de Noël trouve ses origines dans une ancienne coutume païenne, celte et germanique. Pendant le solstice d’hiver, on brûlait une grosse bûche de bois dans la cheminée pour célébrer le retour de la lumière et purifier l’année écoulée. Au XIXe siècle, la bûche s’est transformée en dessert. La première version sucrée apparaît en France dans les années 1940. Elle est popularisée par les pâtissiers qui en font une tradition des fêtes de fin d’année.

    Depuis, ceux-ci ne se limitent plus à reproduire un morceau de bois, mais cherchent tous les ans de nouveaux concepts.

    Cette année, deux maisons proposent des versions représentant des locomotives. D’un côté, le célèbre traiteur et pâtissier Lenôtre. De l’autre, Pascal Guglielmi de la Pâtisserie des Marseillais. Deux visions gourmandes qui rendent hommage à l’âge d’or du chemin de fer.

    Le savoir-faire tout en précision des équipes de la maison Lenôtre est mobilisé pour réaliser le « Train des merveilles » : la locomotive est entièrement composée de chocolat, formée à partir d’une cinquantaine de pièces, assemblées à la main et de deux voitures « bûches ». Le toit est recouvert d’une belle guimauve, blanche comme la neige. Ce train embarque un croustillant noisette et grué de cacao, un crémeux au praliné noisette, un biscuit au cacao, un crémeux au chocolat noir et lait, un praliné noisette à l’ancienne, une mousse au chocolat noir et un glaçage au cacao.

    Impressionnante, la bûche Lenôtre coûte 190 euros et permet de servir entre 8 et 10 parts.

    Installée entre le quartier du Panier et le vieux port, la Pâtisserie des Marseillais a été créée par un ancien cheminot, Pascal Guglielmi, qui a troqué sa casquette de contrôleur pour une toque de pâtissier (voir LVDR n° 4062 daté du vendredi 10 octobre). À l’occasion de la saison des fêtes, il signe une collection de bûches comme une invitation au voyage. Elles se nomment Versailles, Kyoto, Palm Springs, Turin et Le Mistral — une locomotive à vapeur gourmande qui est un joli clin d’œil à son parcours…

    Ce gâteau rend hommage au légendaire Mistral, qui reliait Paris à Marseille avec élégance et raffinement à partir des années 1950. Alors que l’électrification de la ligne entre Paris et Marseille n’est achevée qu’en 1962, la traction était assurée par une machine à vapeur sur une grande partie du parcours.

    La locomotive concoctée par l’ex-cheminot est composée d’une couverture de cacao, d’un cake moelleux aux marrons d’Ardèche, éclairé d’un trait de cognac, d’un crémeux vanille de Madagascar, et d’une mousse légère aux marrons. La bûche « Mistral » est vendue à 56 euros et convient pour 8 ou 10 convives.

    Plus d’infos : www.lapatisseriedesmarseillais.fr ; www.lenotre.com

  • Paris. Bilal Hamdad au Petit Palais, un regard sur la ville et sur la vie

    Paris. Bilal Hamdad au Petit Palais, un regard sur la ville et sur la vie

    Le peintre franco-algérien Bilal Hamdad présente au Petit Palais ses œuvres à l’occasion de l’exposition baptisée Paname. Ses toiles réalistes y imposent de nouveaux sujets, résolument modernes, notamment ses scènes de sorties de métro.

    Sortie du métro Barbès Rochechouart. Comme souvent, il s’y déploie une certaine animation. Un vendeur d’épis de maïs grillés, deux agents de nettoyage, un homme promène son chien, deux autres discutent, certains ne font que passer. La station est constellée de tags, on reconnaît également la plaque commémorant l’acte de résistance du colonel Fabien en août 1941. Vue de loin, l’image semble être une photographie, mais en s’approchant, le visiteur se rend compte que c’est bien une toile de peinture qu’il a devant les yeux. Baptisé Rive droite (2021), ce tableau est l’une des œuvres signées par Bilal Hamdad et présentées dans l’exposition Paname qui se déroule au Petit Palais jusqu’au 8 février.

    Né en 1987 à Sidi Bel Abbes, non loin d’Oran, Bilal Hamdad vit et travaille aujourd’hui à Paris. Tout en poursuivant sa formation dans sa ville natale, à Bourges, puis à Paris, il a fréquenté assidument les musées. Présenté au cœur des collections de l’institution parisienne, son travail instaure un dialogue avec plusieurs chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art, dont certains sont aujourd’hui exposés à quelques mètres de ses toiles. Le peintre d’aujourd’hui intègre dans ses toiles des clins d’œil subtils aux maîtres d’hier.

    Les tableaux auxquels il fait référence sont indiqués sur les cartels qui accompagnent les toiles.

    Inauguré à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900, en même temps que le Grand Palais et le pont Alexandre III, le Petit Palais permet au public d’admirer peintures, sculptures et objets d’art issus des principaux courants artistiques depuis l’Antiquité grecque jusqu’à la guerre de 1914-18. Bilal Hamdad fait ainsi entrer au musée cette France populaire, parfois invisibilisée. Dans l’Angélus (2025) — une référence au tableau de Jean-François Millet — un jeune homme est assis sur une rambarde de métro à la station Cité. Cette silhouette, absorbée par ses pensées, exprime toute la solitude inhérente à la condition humaine.

    Le métro parisien est un décor récurrent de ses toiles. Un tiers des œuvres exposées représente des scènes qui se déroulent à l’intérieur du métro ou devant l’entrée d’une station. Ainsi, dans le Mirage (2021), on voit une jeune femme et son reflet dans l’attente du métro, sur le quai de la ligne 3 de la station Arts et métiers, dont l’étonnant décor inspiré du Nautilus est l’œuvre du dessinateur et scénographe belge François Schuiten. Du côté de la station Louvres – Rivoli, on ressent un certain abattement pesant sur les épaules de l’usagère présentée sur son tableau Rivoli (2019).

    Exposition Paname de Bilal Hamdad jusqu’au 8 février au Petit Palais. Avenue Winston Churchill. 75008 Paris. Métro : Lignes 1 et 13: Champs-Élysées – Clemenceau / Ligne 9: Franklin D. Roosevelt. Entrée libre.

  • Arte. Un billet pour « L’Express de la Réunification »

    Arte. Un billet pour « L’Express de la Réunification »

    La série documentaire d’Arte Un billet de train pour… rediffuse ce lundi un épisode consacré au . C’est à Hanoï que débute ce voyage ferroviaire. Sur la place Ba Dinh, au cœur de la capitale du Vietnam, des soldats lèvent les couleurs du pays dans un cérémonial savamment orchestré.

    Bientôt, le drapeau rouge à l’étoile jaune flotte au vent alors que retentit l’hymne national à l’endroit même où Ho Chi Minh, le père de la nation, proclamait l’indépendance de la République démocratique du Vietnam le 2 septembre 1945.

    Mais, il faudra plus de trois décennies de guerre avant de jouir pleinement de cette indépendance qui ne surviendra qu’en 1976. Alors que le pays a été divisé par la guerre d’indépendance en deux entités ennemies pendant plus de 20 ans, sa réunification passe par la reconstruction d’une ligne de chemin de fer.

    Cet axe ferroviaire constitue aujourd’hui encore l’épine dorsale du réseau ferré vietnamien. De Hanoï à Ho Chi Minh-Ville, la voie ferrée dessert la plupart des grands centres urbains du pays, de Da Nang à Hué, en passant par Nah Trang et Dong Hoi.

    Le réseau vietnamien, à voie métrique, est un . Dès 1895, le projet de la création d’un réseau Transindochinois germe dans les cercles politiques coloniaux. Les 1726 km de la ligne sont mis en service en 1936. 1000 des 1334 ponts et 27 tunnels qui permettaient aux trains de circuler ont dû être reconstruits après des décennies de guerre. En tout, 80 % de l’infrastructure a subi des dommages.

    Malgré les difficultés et l’ampleur du chantier, l’Express de la Réunification a effectué son premier voyage à peine 20 mois après le dernier coup de feu de la guerre du Vietnam, survenu en 1975. Depuis, il symbolise l’unité et l’indépendance du pays.

    A voir sur le replay d’Arte. Un billet de train pour… le Vietnam d’Alexander Schweitzer. ARTE/SWR. (2025)

  • Blue Sentinel, une solution contre les collisions entre les trains et la faune sauvage

    Blue Sentinel, une solution contre les collisions entre les trains et la faune sauvage

    Chaque année, les heurts de trains avec des animaux sauvages entraînent de nombreux dégâts et perturbations pour le trafic ferroviaire. Pour remédier à ce problème, la SNCF expérimente des solutions. Parmi celle-ci, Blue Sentinel de l’entreprise ELAN Rail paraît très prometteuse. Le dispositif, , est actuellement expérimenté en Normandie.

    Chaque année, les heurts de trains avec des animaux sauvages provoquent de nombreux dégâts et perturbations sur le trafic ferroviaire. Dans les zones où la voie ferrée longe une forêt, les collisions avec du gros gibier – chevreuil, sanglier, biche, cerf, blaireau, renard… – sont très fréquentes. En 2024, ont été recensés sur le territoire national, « un chiffre en hausse en raison de la prolifération des sangliers partout en France », indique SNCF Réseau.

    Les conséquences de ces collisions sont désastreuses pour les animaux, mais aussi pour les rames accidentées : réparations coûteuses, circulation lourdement impactée. « L’an passé, un total d’environ 302340 minutes ont été perdues dans l’ensemble du trafic ferroviaire », précise l’entreprise. « En moyenne, le coût d’un heurt atteint 100000 euros, comprenant les frais de réparation et d’immobilisation du matériel, de dédommagement des clients, mais aussi ce que représente la perte de temps pour les conducteurs et les contrôleurs. En 2024, le . »

    Des tests positifs dans les Pays de la Loire

    En 2024, dans la région Pays de la Loire, un dispositif innovant baptisé Blue Sentinel de l’entreprise ELAN Rail, combinant signaux sonores et lumineux, a été testé avec succès. Le système repose sur des balises connectées et autonomes, disposées le long des voies. Elles émises par d’autres balises, pour effaroucher les animaux sans leur nuire et les pousser à s’éloigner. Simultanément, .

    Le dispositif comprend quatre balises détectrices, placées en amont de la zone à sécuriser, et 168 balises d’effarouchement, installées sur 10 km de voies, entre Oudon, dans la Loire-Atlantique, et Briollay dans le Maine-et-Loire. « Plus de 50000 trains ont été sécurisés grâce à cette solution », commente Catherine Renardou, responsable Faune à l’Infrapôle Pays de Loire de SNCF Réseau. « Nous avons recensé zéro collision sur la zone d’Oudon contre 4 en 2023, et un seul heurt sur la zone de Briollay contre 7. Le résultat dépasse nos espérances. »

    « Les signaux sonores peuvent être soit existants – tirs de fusils, cor de chasse, aboiements de chiens, cris d’animaux apeurés, claquement de portière de voiture… – soit de synthèse, par exemple une alarme incendie. * », précise Mickaël Rublon, directeur Recherche & Développement d’ELAN Rail. Un autre atout de Blue Sentinel est sa simplicité de mise en place sur le terrain. « . Il suffit de 2-3 jours pour équiper 5 km. Parfois, une nuit suffit. »

    Adaptable en zone urbaine

    En Normandie, sur la ligne Rouen – Caen, où une trentaine de trains circule chaque jour, sur le tronçon traversant la forêt de la Londe en Seine-Maritime, près de 50 collisions entre trains et faune sauvage ont été recensées depuis 2019. Il s’agit principalement de heurts avec des sangliers, mais aussi des chevreuils et des biches. SNCF Réseau a choisi ce secteur pour . Sur une portion de 5,5 km, 90 balises autonomes à énergie solaire sont installées à intervalles réguliers, complétées par des balises détectrices. Cette expérimentation, d’un montant de 350 000 €, est .

    « Blue Sentinel convient également aux environnements urbains ou ruraux. On afin de ne pas créer de nuisance pour les riverains ou les élevages, les poulaillers… », ajoute Mickaël Rublon. L’adaptabilité de Blue Sentinel a été démontrée lors d’événements internes à la SNCF à l’aide d’une , basé à Vienne en Isère. « ELAN Rail nous a contactés et nous a commandé une maquette destinée à être présentée lors de salons professionnels.

    Sur un réseau de plusieurs mètres, nous avons recréé une ambiance urbaine et une ambiance campagne-forêt pour montrer le fonctionnement des balises au fil du parcours du train à travers un décor qui simule tout ce qui existe sur ou à proximité d’une voie ferrée : un tunnel, un passage à niveau, des habitations… Contrairement à du modélisme classique, le décor n’est pas central mais en arrière-plan du sujet principal : un train réalisé en impression 3D* », résume Patrick Martignat, électricien, membre du club.

    La démonstration, nettement plus réaliste qu’un PowerPoint, a suscité l’intérêt des décideurs et de plusieurs directeurs de région SNCF. « La majorité d’entre eux ont dit avoir envie de tester Blue Sentinel à leur tour* », se réjouit Mickaël Rublon. Dans les prochains mois, celui-ci , le plus grand salon du monde dans le domaine du transport ferroviaire, et à Paris à Vivatech, .

  • Guide. Découvrir l’Europe sans jamais prendre l’avion

    Guide. Découvrir l’Europe sans jamais prendre l’avion

    Vous êtes aérodromophobe ? Votre conscience écologique vous interdit de prendre l’avion ? Ou vous désirez, tout simplement, voyager en éprouvant les distances tout en admirant le paysage ? Signé par Paul Engel, le créateur du podcast La France baladeuse, cet ouvrage recense (et même au-delà) sans jamais prendre l’avion. L’ensemble constitue une belle invitation au voyage en train et à la découverte des voies ferrées du vieux continent.

    Au début de chaque itinéraire, vous trouverez une description du parcours et des sites à ne pas rater, quelques informations pratiques (distance, gare de départ, d’arrivée, les moyens de transport mobilisés et la saison idéale pour profiter au maximum du voyage) et des adresses « coup de cœur ». Baptisés « », des zooms sur des gares particulièrement intéressantes émaillent la lecture, invitant le voyageur à admirer leur architecture ou leur décoration.

    Les premières aventures ferroviaires se situent en France. De Marseille à Cerbère, au cœur du Val de Loire, traversée de la Corse ou encore de Perpignan à Toulouse : les voyages traversent la grande variété des paysages du pays. Le second chapitre part à l’assaut de l’Europe. Des périples à l’échelle du continent en direction du nord : ou encore Stockholm – Rovaniemi. Des expéditions tout droit vers le sud : Paris – Séville, Porto – Pocinho, Paris – Split ou encore Port-Bou – Barcelone. Mais également vers l’ouest, (San Sebastián – Saint-Jacques de Compostelle, France – Écosse, Cork – Dublin, ou encore Londres – Penzance) et, enfin, vers l’est (Vienne – Cluj, Belgrade – Bar, Paris – Berlin – Cracovie ou encore Berlin – Tallinn).

    Le dernier chapitre élargit les horizons des voyageurs avec des itinéraires comme . Enfin, l’ultime périple permet de traverser toute l’Europe, du Nord au Sud, du cercle arctique à l’Andalousie.

    Le périple débute en Norvège à Narvik, la gare la plus septentrionale du continent et s’achève à Huelva, en Espagne, où on peut embarquer à bord d’un ferry à destination des Canaries. Un parcours de (SJ Nattag, SJ EuroNight, DB ICE, NS Intercity, EuroCity Direct, TGV Inoui, AVE Renfe, train local). En revanche, impossible de chiffrer le nombre de souvenirs qu’un tel voyage doit laisser en héritage.

    Où aller sans prendre l’avion ? de Paul Engel. Larousse. (2025) Prix : 25 euros.