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Rail Passion n°127

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BELGIQUE / 13,90 � � LUXEMBOURG / 13,40 � � SUISSE / 22,60 FS � ESPAGNE / 13,90 � PASSION - N°127 MAI 2008/ NANCY,UN SITE À FORT TRAFIC / QUEL AVENIR POUR LE FRET ?/ GRANDS TRAVAUX SUR LE SILLON ALPIN SUD / LES BB 25200 R/ LE BURLINGTON NORTHERN SANTA FE / CHAMPAGNE-ARDENNE-TGV n° 127 MAI 2008 F: Repères Quels horizons pour le fret ? Des survivantes de légende Des survivantes de légende CTUALITÉ RANDSTRAVAUXSUR LESILLONALPINSUD LATES FORMESFERROVIAIRES RAIL PASSION N° 127 4 J.-C.Mons B.Collardey UM de Z 850, désormais opérationnelles, au TER 18954 Vallorcine - Saint-Gervais, à La Joux, en Haute-Savoie (8 mars 2008). À Paris-Austerlitz, la BB 64077 effectue la mise à quai de l’élément 6 C 1 du Talgo Trenhotel Elipsos, qui arbore la livrée la plus récente appliquée aux matériels Renfe, à destination de Madrid (25 février 2008). RAIL PASSION N° 127 5 DIRECTEUR DE LA PUBLICATION PRINCIPAUX COLLABORATEURS Laurent Charlier, Régis Chessum, Bernard Collardey, Christian Fonnet, Jean-Pascal Hanss, François Jolly, Guy Landgraf, (0145268257). Françoise Bézannier (0149701256). (0149701204). (0149701248). ATTACHÉE DE PRESSE (0142662127). GRAVURE Pascal Riffaud et Simon Raby. Aubin Imprimeur, 86240 Ligugé. de 2043200euros. D’ADMINISTRATION PRINCIPAUX ACTIONNAIRES SNCF, Le Monde, Ouest-France, Durée de la société: 99 ans. Numéro de commission paritaire: Siège: 11, rue de Milan, Tél.: 0149701200. Fax: 0148743798. SOMMAIRE 6 à 39 / Actualités BRÈVES: (pages 6 à 11) Trains de pèlerins: rien ne va plus avec la SNCF. BB 15000: les essais continuent.Le matériel de la ligne de Chamonix renouvelé.La CC 72147 à Sotteville. La Class 77 arrive.Le Nord-Pas-de-Calais s’engage pour le TER. Belfort perd son pont tournant.Lignes fermées en Auvergne: un espoir de réouverture? Les X TER sur les traces des RTG. «Francilien»: une automotrice est née.Des Corail TER Midi-Pyrénées réaménagés.Des TGV sur Brive - Lille. Le Centre de maintenance TERde Nîmes en service. La BB 22391 perd sa livrée d’origine.Une 75000 dépanne un Corail. Une société SNCF-CFF pour Ceva. CFFCargo: un déficit en 2007 et une année 2008 difficile.BLS Cargo en grande forme. Prochaine ouverture de la ligne nouvelle Naples - Salerne.Une GTW batave testée sur Genève - La Plaine.Les voitures EC des CFF modernisées.Problème de traverses en Allemagne.Rééquilibrage franco-italien. FRANCE: (pages12 à 17) Les BB 525200 réversibles ont encore quelques années devant elles. (pages18 à 21) Grands travaux sur le sillon alpin sud. Le plan rail Midi-Pyrénées: un exemple à suivre. Champagne-Ardenne-TGV: la grande vitesse à la rencontre du TER. (pages 30 - 31) Pointes d’hiver dans le Briançonnais. INTERNATIONAL: Italie: des ETR460 aux ETR 485. (page34) Équipement de sécurité suisse pour des ATER Franche-Comté. 36 à 39 / Vos plus belles photos 40 à 58 / Plates-formes ferroviaires Le complexe de Nancy, un site lorrain à fort trafic. Heillecourt et Blainville, deux dépôts voisins. 59 / Engins moteurs 60 à 65 / Réseaux étrangers Les stratégies gagnantes du Burlington Northern 68 à 82 / Repères Quels horizons pour le fret? Fret SNCF à l’international: une nécessité. Les nouveaux entrants se positionnent sur tous les marchés. Le parc moteur: enjeu stratégique. 84 - 85 / Chemins de fer touris- tiques Voies ferrées du Velay: un parfum de CFD. 86 - 87 / Sur les rails du souvenir Les mirages de l’enfance. 88 à 95 / Modélisme En vitrine par Guy Landgraf. 97 / Courrier des lecteurs 98/ Les Rendez-vous de «Rail Passion» � Bulletin d’abonnement en page91. � Bon de commande en page92. C C O O N N T T A A C C T T S S E E T T A A B B O O N N N N E E M M E E N N T T S S Rédaction: [email protected] ou [email protected] ou [email protected] Abonnements: Service abonnement Rail Passion , 18-24,quai de la Marne,75164 Paris Cedex 19. e-mail:[email protected]él.:0 811 02 12 12. (Coût d’un appel local,de 9 h à 18 h du lundi au jeudi et de 9 h à 16 h le vendredi) Vente au numéro: Rail Passion ,Françoise Bézannier, 11,rue de Milan,75440 Paris Cedex 09. e-mail:[email protected]. Un DVDest inclus dans ce numéro*. (*) Ventes en kiosques et abonnés ayant souscrit à l’option DVD. MAI2008 RAIL PASSION N° 127 7 e déployant sur 1300km, 18 lignes desservant 211 gares, très peuplée se place en deuxiè- trafic. Cette année, elle totalise- ra 12459000km en train et 464500km en car. 2020 la fréquentation – qui, au- jourd’hui, s’établit quotidienne- ment à 80000 voyageurs, dont 54% pour les déplacements do- micile-études, 37% pour ceux domicile-travail, et 9% pour les loisirs, étant entendu que le vo- dans le même temps un renou- le 4 mars, liant le Nord-Pas-de- son transporteur, la SNCF, vise la lillois avec, en limite de couron- ne, les villes d’Armentières, Bé- thune, Lens, Douai et Valen- Outre le renforcement des liai- sons transversales, celles ra- B. C. Le Nord-Pas-de-Calais s’engage en faveur du TER Eygurande-Merlines et Volvic - d’Auvergne a mandaté une étude Lignes fermées en Auvergne: un espoir de réouverture? epuis décembre dernier, les X de la radiation des RTG, en 2004, compter, alors, 1 heure de plus L’évitement de Saint-Germain- ne faisant gagner que 10 min. Alpes et l’élément bicaisse Li- mousin, selon les jours, effec- horaires suivants: Bordeaux 10h 47- Lyon Perrache 18h Perrache 12h51- Bordeaux 20h43, pour le 4580. La durée des RTG deux ans auparavant. pour les rebroussements à Péri- Les X TER sur les traces des RTG Servant exclusivement à ré- orienter les locomotives du sec- teur «rentrée» du dépôt vers les d’être remplacé par un aiguilla- ge et une courte voie de tiroir. Belfort perd son pont � La Class 77 arrive La première Class 77 (JT 42 CWRM), destinée à Euro Cargo Rail, est arrivée en France depuis l’Allemagne (on la voit sur la photo sur le gril de Château-Thierry le 22 mars 2008). Cette locomotive, construite par GM-EMD au Canada, possède un confort et une technologie supérieurs à ceux de l’ancien modèle Class 66 (JT 42 CWR). Sa longueur est la même (21m), mais sa masse est légèrement supérieure (129t). La Class 77, version européenne de la Class 66, est équipée d’un moteur deux temps, 12 cylindres, d’une puissance de 2420kW, à faible émission. Les cabines de conduite ont reçu une isolation phonique ainsi que la climatisation. À terme, cette locomotive sera homologuée pour la France, la Belgique et l’Allemagne. Les équipements de sécurité de ces trois pays sont montés, notamment l’Indusi, visible sur le flanc des bogies. C. Masse 67400 +RIO, sur un TER Boulogne - Lille, à Calais-Fréthun (25 juillet 2005). Le pont tournant de Belfort avant sa disparition (20février 2008). Engagé sur un Lyon - Bordeaux, l’X 72509 en gare de Guéret (14 fév. 2008). B.Collardey D.Carré S.Lucas C.Masse Actualité Brèves RAIL PASSION N° 127 MAI2008 de la NAT, désormais pré- nommée «Francilien», ont été présence de Jean-Paul Huchon, Pepy, président de la SNCF, sur le Elles s’intégreront dans la pre- sur les boucles d’essais de Peti- te-Forêt (Valenciennes, Nord), Wegberg-Wildenrath (Alle- magne) et Velim (République La première des 172 automo- trices commandées devrait en- «Francilien»: une automotrice est née epuis le changement de ser- vice le 9 décembre 2007, on horaires d’une relation TGV et Marne-la-Vallée. Le TGV, de type PSE, en unité un AR avec changement d’ho- Des TGV sur Brive - Lille La BB 67580, du dépôt de Marseille, a été repeinte en livrée d’origine avec les enjoliveurs latéraux, plaques SNCF et immatriculations en aluminium, à Quatre-Mares. Cet engin fait dorénavant partie du parc historique SNCF. On le voit ici au Villeneuve- Saint-Georges le 5 mars S.Assez voitures B101/2tuh affec- arrivée à Toulouse depuis le voitures, issues de B11tu, béné- sièges est supprimée, permet- tant d’augmenter le pas, facili- quatre premières travées, l’ac- coudoir côté couloir est rele- vable et, sur le dossier, une poi- gnée de maintien permet le che- des WC. L’autre salle conserve l’aménagement à 11 travées, comme sur une B11tu. Sur la région Midi - Pyrénées est ap- posé côté 1 et en milieu de cais- Corail est composé de huit cou- d’une B7uh, d’une B101/2tuh et Les B7uh, non encore dispo- nibles, sont des ex-B11u réamé- nagées avec portes d’accès dé- de service «chef de bord» dans l’ancien WC n°2. Ces voitures B. Vieu Des Corail TER Midi-Pyrénées réaménagés Caisse d’un nouveau train «Francilien» en cours de montage (28 mars 2008). La rame PSE 58, au TGV 5296 Brive - Lille, à Vierzon (14 février 2008). Intérieur d’une B101/2tuh, noter les poignées de maintien sur les dossiers. L.Charlier B.Vieu S.Assez S.Lucas MAI2008 RAIL PASSION N° 127 9 ’un coût de 14 millions d’eu- ros, cette opération, finan- cée à hauteur de 70% par la dépendances du dépôt histo- le début avril, il a pris en comp- carde, distant de 130km, ce qui d’acheminement. Les mois pro- B. C. Le Centre de maintenance TER de Nîmes en service a BB 22391, affectée à l’acti- béry, avait, jusqu’à il y a encore quelques semaines, une particu- larité: depuis sa mise en service, d’origine: plaques sur les faces 70, numéros en relief sur les Malheureusement, cette légen- de la livrée «en voyage…» et dotée de la réversibilité par mul- La BB 22391 perd sa livrée d’un Corail sur la ligne Paris - Caen. Le jeudi 21 février, en train 851015 Paris-Saint-Lazare - Serquigny. C’est la 75004, d’exemplaires de 75000 com- Une 75000 dépanne un Corail � Un parrainage comme hommage Si vous croisez la rame n° 7 du tram train Aulnay - Bondy et si vous avez l’œil, vous apercevrez peut-être la particularité de cette rame. Un petit blason, très discret, est apposé près de la fenêtre de la cabine, dans sa partie haute. Il porte le nom de Jérémy Lacenne. C’est un agent de l’unité de production de la maintenance de Noisy-le-Sec, l’atelier d’entretien des rames Avanto, qui s’est tué dans un dramatique accident de moto le 21 octobre 2006 à quelques semaines de l’ouverture de cette ligne. En hommage et pour ne pas l’oublier, ses collègues ont eu cette idée originale. M. C . Les BB 60000, jusqu’alors dépourvues de numéro d’immatriculation à l’avant, en possèdent désormais un. Situé en haut de la partie gauche du nez, il permet une identification aisée par les conducteurs des trains croiseurs ou les agents sédentaires. Sur cette photo de la 60039, à Villeneuve, on remarque que l’immatriculation se décompose en deux groupes de trois chiffres (5 mars 2008). S. A. La Z 27609/10, Languedoc-Roussillon, mutée au CMR de Nîmes (3 mars 2008). La BB 22391, ici à Landry, a désormais la livrée «en voyage…» (17 juil. 2007). Rapatriement à Caen par BB 75000 du 851015 Paris - Serquigny (21 fév. 2008). B.Collardey S.Cornet S.Assez V.Mendret M.Carémantrant Saint-André-le-Gaz et Chambé- ry, ainsi que sur Lyon - Genève. La MUX est également appli- quée aux 25201, 25202, 25246- 25251, regroupées à Rennes au début 1988 et engagées notam- ment sur Paris - Le Mans - cependant entaché par de nom- breux dysfonctionnements alté- À partir de l’hiver 1988, l’électri- fication de la ligne de Tarentaise Pour le service d’hiver septembre 1993, les 25201, 25202, 25236-25251, sont dépôt de Vénissieux, et enga- gées sur trois des trains trans- Perrigny et Dole pendant les 25201-25202 sont renuméro- MAI2008 RAIL PASSION N°127 13 Roulement 923 des BB 525200 réversibles de Vénissieux 5 H 6 H 7 H 8 H 9 H10 H11 H12 H13 H14 H15 H16 H17 H18 H19 H20 H21 H22 H23 H24 H Grenoble17608 LPD 17611 Grenoble 17624 LPD W W VX W LPR 895824/5 Besançon Bourg-en-Bresse 882100/1 LPR W Lyon-Guillotière W Lyon-Part-Dieu 17647 Grenoble Bourg-St-Maurice 17906/7 Lyon-Part-Dieu W Lyon-Guillotière Modane 17904 Lyon-Part-Dieu 17986/7 Annecy 17970/1 LPD 17996/7 Annecy Annecy 17952/3 LPD 17983 Chambéry 17962 LPD W Lyon-Guillotière Mâcon 88600 LPD 17607 Grenoble 17620 LPD 17623 Grenoble 17636 LPD 17639 Grenoble 17656 LPD 96548/9 Genève Genève 96550/1 LPD 96504/5 Genève 96576/7 LPD 17631 Grenoble 17646 LPD 17945 Bourg-St-Maurice LPD = Lyon-Part-Dieu; LPR = Lyon-Perrache; VX = Vénissieux; BSM = Bourg-St-Maurice. PARCOURS Valable au 9/12/07 les vendredis La 525236 MUX, de Vénissieux, avec sa livrée verte d’origine, entrant à Annecy (22 septembre 2002). Mutée à Chambéry, la 25213 quitte la gare de Montmélian en tête du TER 883366 Modane - Chambéry (5 septembre 2007). B.Collardey Assurant le TER Grenoble - Lyon, la 525240 à hauteur de Beaucroissant, dans l’Isère (14 février 2003). J.-M.Gnansia A.Grouillet MAI2008 RAIL PASSION N°127 15 issues de 25150 et 25200 fret d’Oullins devenu atelier direc- teur. Cette transformation porte pour obtenir 160km/h et l’ad- Sont retenues les: 525184 de Chambéry = 525254 en octobre 2003; 525194 de Chambéry = 525255 en décembre 2003; 525195 de Chambéry = 525256 en mars 2004; en juin 2004; 525180 de Chambéry = 525258 en octobre 2006; 525183 de Chambéry = 525259 en avril 2007. 2007, la région de Lyon a repen- sé le service des 525200 réver- sibles avec quelques nouveau- comporte 11 journées pour un 6076km les lundis, 6069km 6166km les vendredis, 4997km les samedis et 5376km les dimanches. Elles restent fidèles aux courses tra- Lyon - Annecy, Lyon - Chambé- ry, Lyon - Bourg-Saint-Maurice 17941/17904 et 17931/17910 abandonnée en 1998, elles as- En tête d’un TER, la 525244 MUX, de Vénissieux, fait son entrée en gare de Grenoble (15 mars 2002). À hauteur de Leyment (Ain), la 25244 en tête du TER17556/7 Lyon - Annecy (23 février 2007). Radiée le 10 décembre 2006, la 25216 en attente de démolition au dépôt de Vaires-sur-Marne (22 juillet 2007). B.Collardey B.Weyland J.-C.Mons MAI2008 RAIL PASSION N°127 17 mars dernier, la 525251, parve- nue à échéance de son poten- tiel, a bénéficié d’une prolonga- tion de parcours de 100000km qui lui donne un sursis de 10 par la série, soit 10000km. joint, certaines machines se rap- d’autres étant assurées de sur- vivre jusqu’en 2013 voire 2015 525200 réversibles ont accumu- 525236 et sa livrée verte primi- transformation de 25150 ayant Situation des BB 525200 de Vénissieux LocomotiveMise en service Dernière OPParcours* Parcours* premier dépôt (RG ou RL)depuis OPtotal depuis d’attache construction 525236 R10/11/1966 MarseilleRL 17/07/03763 815 525237 R04/12/1966 MarseilleRG 19/10/01433 617 525238 R30/12/1966 MarseilleRL 13/08/04641 514 525239 R09/01/1967 MarseilleRG 23/06/981 490 096 525240 R22/01/1967 MarseilleRG 17/05/021 150 435 525241 R04/02/1967 MarseilleRL 28/02/03981 291 525244 R19/03/1967 MarseilleRG 23/09/02836 135 525246 R30/04/1967 MarseilleRL 27/04/011 288 967 525249 R23/06/1974 MontrougeRL 31/12/98883 727 525250 R13/07/1974 MontrougeRL 06/03/971 272 276 525251 R28/07/1974 MontrougeRL 24/06/971 776 540 525252 R30/12/1965 MontrougeRG 27/02/04682 902 ex-25201 525254 R20/12/1976 ChambéryRG 31/10/03403 698 ex-25184 525255 R08/10/1977 ChambéryRL 22/01/921 505 215 ex-25194 525256 R02/11/1977 ChambéryRL 11/05/921 542 377 ex-25195 525257 R18/06/1966 MarseilleRG 29/06/04591 354 ex-25225 525258 R12/10/1976 ChambéryRG 04/06/02670 591 ex-25180 525259 R29/11/1976 ChambéryRG 03/10/02557 778 ex-25183 (*) à fin février 2008 De passage à Montferrand, la BB25256 en tête du 96566 Genève - Lyon-Part-Dieu (19 janvier 2007). La 25259 (ex-25183) entre en gare de Grenoble en tête en provenance de Lyon-Part-Dieu (2 décembre 2007). A.Braida RAIL PASSION N° 127 18 la ligne du haut Bugey, la remise ligne des Dombes, l’appropria- tion des lignes de l’Ouest lyon- 2009 et fin 2010. Vieux de 143ans, long de 80km et à bon profil, l’axe Va- cours inférieur de l’Isère, dénom- massifs préalpins boisés du Ver- cors, de la Chartreuse et le pla- ses heures de gloire avec l’ache- Ca- talan-Talgo, (1). Depuis 2001, son activité est exclusivement centrée sur le tra- fic TER, du reste en forte pro- transit de et vers l’aggloméra- avec le développement des véhi- de sa mise à voie unique, opéra- tion autorisée par décision mi- terminée en 1958 avec la dépo- Moirans sur 60km. Depuis plu- de capacité est devenue la sour- Chambéry, Annecy, Genève et en aval au-delà de Valence, vers la vallée du Rhône. Ceux-ci peu- vent être préjudiciables au ni- veau de la gare nouvelle de Va- lence-Rhône-Alpes-Sud-TGV, assurant l’interface avec les TGV Si la section Valence - Romans (block auto- Actualité France Construction d’un saut-de-mouton à Moirans: la voie unique a été déviée à gauche pour laisser place aux terrassements (28 janvier 2008). Grands travaux sur le sillon alpin sud Mise à voie unique en 1958, la section Moirans - Romans ne peut faire face, aujourd’hui, à l’accroissement du trafic TER sur cet axe. C’est pourquoi des travaux ont été entrepris pour doubler la voie sur une partie du parcours. Commencés l’an dernier, ils devraient s’achever en 2010, en prélude à une électrification de Moirans à Saint-Marcel-lès-Valence envisageable pour 2013. AR B ERNARD C OLLARDEY B.Collardey RAIL PASSION N°127 MAI2008 22 our la première fois en Fran- superficie, a fait un choix auda- cieux en participant financière- que cela ne soit pas de sa com- millions d’euros grâce à un em- voie Brive - Toulouse, Agen - Montauban, Toulouse - Pau et Toulouse - Carcassonne, est Sans ce «plan rail», ces lignes d’ici 2020. Le «plan rail Midi-Py- rénées», signé le 25 juillet 2007 Pyrénées, la SNCF et RFF, com- millions d’euros, dont le finance- ment se répartit ainsi: la région d’euros), l’État (93 millions d’eu- et d’autres partenaires (SNCF, collectivités locales, fonds euro- la SNCF, en qualité rail, a créé, à Toulouse, une agence travaux plan rail (ATPR), une première à la SNCF, où offi- sélectionnés pour leurs compé- 4 février dernier, Martin Malvy, 2013. Le plus significatif est la Actualité France Le plan rail en région Midi-Pyrénées, un exemple à suivre Signé l’an dernier pour la période 2008-2013, ce plan de renouvellement des voies du réseau TER, dont l’armement remonte, dans de nombreux cas, au PO-Midi, repose en grande partie sur un financement de la région, bien que l’entretien du réseau ne relève pas de sa compétence. Une première dans l’Hexagone, témoignant d’un engagement régional qui mériterait de faire école… EXTEETPHOTOSDE B ERNARD V IEU Au nord de Figeac, la carrière embranchée de Bagnac pourvoit à l’alimentation de nom- breux trains de ballast Chantier RVBà hauteur de Pibrac, sur la ligne Toulouse - Auch (6 juillet 2007). MAI2008 RAIL PASSION N°127 23 dans le cadre d’un RVB (renou- concerner une partie ou la tota- 550km seront traités. 14,9km où le rail Vignole S 13 sera rem- d’un RVB. Notons, à 3km au sud de Bagnac, une importante car- ballast; Ligne Toulouse - Auch, trai- 2009 entre la bifurcation d’Em- palot (lignes Auch - Tarbes) et Auch sur les sections: bif d’Em- 3,6km ) et L’Isle- 47,3km le rail DC Midi sauf sur une lon- gueur cumulée de 13km, situés dans les courbes, traités en sep- tembre 2007 en RVB. Par ailleurs, trois courbes situées entre Colo- miers et L’Isle-Jourdain, qui avaient fait l’objet d’un traite- L’Isle-Jourdain de l’été 2007, se- ront reprises en RVB. igne Toulouse - Latour-de- Carol entre Tarascon sur Ariège 66,9km de mars à juin 2009, où 48km 30km de rail DC Midi et le rail sauf celui du Puymorens; igne de Tessonnières à Rodez 82,2km et Rodez (32,6km). La section Carmaux - Km 462,9 (33,2km) (16,5km), modernisation avec La section Tessonnières - Albi- Ville avait fait l’objet d’une mo- dernisation il y a quelques an- nées et d’un RVB sur 1km au départ de Tessonnières en no- vembre dernier; igne de Saint-Sulpice (Tarn) Quai 5 de Toulouse-Matabiau, bordé par la voie 9 et la voie de circulation du dépôt.Au terme des travaux visant à désaturer la gare, cette dernière desservira le futur quai n°6 (3 mars 2008). Infographie: V.Morell/Rail Passion RAIL PASSION N°127 MAI2008 24 (près de l’ancienne halte de Bra- 48,7km ), d’oc- tobre 2009 à janvier 2010. Il s’agit d’un RVB en U 50 élimi- nant le rail DC Midi; à noter (24,5km) avait fait l’objet d’un 95,7km ), d’avril à juillet 2010. RVB et d’autres en modernisa- Brive au Km 187,6 (entre Mont- Quatre-Routes et le Km 187,6; Ligne de Tessonnières à Cap- 95,5km ), d’août à dé- cembre 2010, où 75% de la restant en modernisation; 66,5km 2011, où une douzaine de kilo- restant en modernisation; Ligne de Toulouse à Latour- de-Carol entre Portet-Saint- (bif lignes Tarbes - La- et Tarascon-sur-Ariège 86,2km ), d’avril à mai 2011, où seront concer- nées ensuite: Toulouse - Saint-Sulpice - Tessonnières 58km ), program- mée pour 2012, il s’agit d’une rail DC du PO, de Gragnague et sont renouvelées; dont les 44,7km actuels en rail 75km/h, alors que l’autoroute 35,5km traverses béton Orion; 30,2km Midi-Pyrénées et d’être exploi- tée par la région SNCF de Mont- la région Languedoc - Rous- sillon… Électrifiée en 1,5kV, elle traverse sur près de 100km l’Aveyron entre Montpaon et quelque 27km de voie vont être doublés: entre Toulouse et au-delà de Campmas) sur 10,3km, 1,7km bifurcation de Lac Crémon (rac- lignes d’Albi et de Saint-Jory); de Roquesérière (jusqu’au tun- nel de Seilhan), soit 9km, à l’autre bout de la ligne Toulou- se -Saint-Sulpice, la voie uni- que la plus chargée en circula- tions du RFF; sur 7km environ, où un «croise- ment dynamique» permettra ligne à pleine vitesse. Ce dou- blement remplace le rétablisse- ment de l’évitement de Tanus, lignes. Des travaux vont être en- et sur les ouvrages en terre (OT). refaire l’«étanchéité haute», le remplacement de tabliers métal- du Viaur au niveau du tablier. La financée par RFF. Des tunnels vont être traités au niveau étan- sur Tessonnières - Capdenac Mercieux, Granejouls). Pour les confortement des parois ro- cheuses et des remblais sur Cap- Concernant les divers équipe- ments, BAPR (block automatique à per- missivité restreinte) sur: Maurs à Aurillac; Pamiers - Ax les Termes, élimi- nant ce hiatus en BM (bloc ma- nuel) au milieu du BAPR Portet - Pamiers, mis en service en dé- Actualité France La gare de Laissac sur la ligne Rodez - Sévérac, pour l’heure limitée à 75km/h Arrêt en gare de Capdenac de l’X 73500 Brive - Rodez substitué au Corail de jour Paris - Rodez (16 décembre 2006). En gare de Carmaux, le TER 870007 Rodez - Toulouse, assuré par l’X 92202 RAIL PASSION N° 127 27 la LGV. Ces deux voies de raccor- dement sont entièrement bana- Trois-Puits et Reims, mises à double voie en prévision de l’ar- rivée du TGV et limitées, quant à elles, à 120km/h. Comme ses deux sœurs, Meu- se-TGV et Lorraine-TGV, Cham- pagne-Ardenne-TGV est avant tout desservie par les TGV inter- secteurs ayant pour origine/des- tination: en 2heures50); Lille-Europe (trois AR en 1heu- re25 au mieux, avec corres- 3heures20), Nantes (un AR en 3heures15 environ) et Bor- deaux (1 AR en 3heures50). Dès le 31 mars 2008, les fré- Nantes à deux AR, et, par consé- quent, à neuf AR pour Stras- bourg. Par ailleurs, et à la diffé- relations radiales au départ/arri- vée de la capitale marquent aus- TGV: il s’agit des deux AR Paris - Châlons-en-Champagne et Vi- (quotidien à 14h37/40), 2785 (sauf samedi, à 20h07/10), 2778 (sauf dimanche, 7h17/20) et 2784 (quotidien, à 18h16/ 19). Pour le moment, aucune autre relation nationale ou in- Paris n’y marque l’arrêt, nonobs- tant l’intérêt touristique indé- biais de correspondances ferro- viaires spécifiques: En tête d’une rame RIO, la BB 16769 emprunte la voie RR 1 pour rejoindre la ligne 22.5 pour Reims (16 septembre 2007). Arrivée d’un TER en provenance de Châlons-en-Champagne assuré par un X 4500 rénové Picardie (30 août 2007). F.Didelot B.Reffay (1) Certes, Valence-TGV l’a précédée en 2001, mais, étant construite à l’aplomb de la ligne classique Valence - Ro- mans - Grenoble, elle n’est pas termi- nus des TER et permet des correspon- dances avec l’ensemble des trains RAIL PASSION N° 127 28 Reims; et Sedan d’une part, Mourme- lon-le-Petit, Châlons-en-Cham- Bien que située à 3km de la ligne classique 22.5 Éper- nay - Reims, aucune correspon- rendre directement à Épernay, les raccordements étant exclusi- de Reims. Il est à noter qu’à l’ex- relations directes en TGV pour Paris (deux AR pour Châlons-en- Champagne et Charleville-Mé- zières, un AR pour Rethel et Se- TGV. Et ce, parallèlement aux sept AR quotidiens en TGV des- quai à quai ne sont systéma- de façon plus limitée: (2): deux TER en début de matinée (arrivées à 7h05, sauf DF, et 9h27), permettent d’emprunter les TGV à destina- tion de Paris-Est (7h20), Lille- Europe (8h03), Strasbourg (8h19), Nantes (8h28), Bor- deaux (9h44) et Rennes (10h49), avec des attentes plus arrivant à 18h15 (sauf DF) as- sure la correspondance vers Pa- ris (18h19), Bordeaux (18h32) et Strasbourg (18h41). Un qua- trième et dernier (19h33, sauf Nantes (19h48), Bar-le-Duc (20h10) et Strasbourg (20h 9h51 assure la desserte des Ar- Celui de 14h53 relève en se- TGV 2777 en provenance de Pa- ris (14h37), et enfin, à 18h53, ceux de Bar-le-Duc (18h16), Strasbourg (18h26) et Nantes (18h38); Charleville-Mézières: mouvement supplémentaire ar- rive à 8h05 (sauf SDF) pour permettre de rejoindre Stras- bourg (8h19) et Nantes (8h départ à 21h07 les vendredis et voyageurs venant de Paris-Est (20h07), Lille (20h23), Rennes (20h34), Strasbourg (20h51) et Bordeaux (20h57, unique- ment les dimanches et fêtes); (3): les vendredis, di- manches et fêtes, un mouve- 21h18 et 22h02 attend l’arri- vée du dernier TGV intersecteurs Marne. Alors qu’aucun mouve- gare le 10 juin 2007, le service annuel 2008 a créé un TER arri- vant à 7h57 (sauf SDF) qui per- vers Lille (8h12), Strasbourg (8h19), Nantes (8h28); Châlons-en-Champagne: TER de 13h16 autorise la cor- (13h27), Bordeaux (13h47) et Lille (14h07). En sens inverse, à destination de la capitale régio- nale, le TER de 8h38 (sauf sa- medi) relève les TGV venant de Strasbourg (8h03 et 8h18) et Lille (8h16). En début d’après- midi, celui de 14h19 (sauf DF) (13h24), Strasbourg (13h44 et 14h04). Le soir, deux TER exis- tent d’une part à 18h48 en cor- respondance avec les TGV ve- nant de Strasbourg (18h26) et Nantes (18h38), et d’autre part à 20h47 les vendredis avec les TGV de Lille (20h23) et Rennes (20h36). En outre, les TGV radiaux provenance de Bar-le-Duc, Vi- Champagne 2778 (sauf di- respectivement à 7h17 et 18h16, permettent d’emprun- ter le matin l’ensemble des TGV pour Bordeaux (18h26) et Strasbourg (18h41). En sens in- par les TGV 2777 (14h37) et 2785 (20h07, sauf samedi) d’attente très longs: pour l’anecdote, il est toutefois pos- les TGV en provenance de Lille (13h24) et Strasbourg (13h44 et 14h04) d’une part, et Nantes (18h48) et Strasbourg (19h au départ/arrivée de Cham- pagne-Ardenne-TGV, les villes d’autres liaisons TER par l’inter- Reims: cela induit évidemment schéma de transport permet d’ir- riguer l’ensemble de l’étoile ré- Actualité France Passage en vitesse de l’ICE 9556 Sarrebruck - Paris. En arrière-plan, un X 4500 Picardie à quai (30 août 2007). F.Didelot RAIL PASSION N° 127 32 (la série ETR 450 de 1987) com- portait un système de pendula- tion de type hydraulique à vé- L’inconvénient majeur de ce sys- rames pendulaires, dont le sys- les bogies; il agit sur les caisses 1993, de 10 rames (de 1 classe) de la série ETR 460, équi- Toutefois, des difficultés avec certains sous-traitants condui- de ces rames, qui ne seront réel- Le nouveau Pendolino numérotées 21 à 30) conserve le principe de la motorisation ré- 450 et bien adapté à la négocia- tion des courbes à grande vites- se; il est équipé de moteurs tri- bogie, deux par motrice) ali- mentés par des hacheurs à thy- ristors GTO refroidis au fréon; complètent le freinage pneuma- Les caisses sont immatriculées, dans l’ordre: 460.001 à 010 de conduite et panto), 460.201 à 210 (BB, motrice, 1 460.501 à 510 (RH, remorque, 460.401 à 410 (RB, remorque bar/restaurant), 460.101 à 110 460.251… 269 (BB, motrice, 2 classe), 460.301 à 310 (RA, re- 270 (BB, motrice, 2 Italie: des ETR 460 aux Arrivés à partir de 1997 pour épauler les ETR 460, les ETR 480 sont, depuis 2006, progressivement transformés en ETR 485 bicourant. Cette conversion s’achève cette année alors que, déjà, une nouvelle génération de Pendolino est en cours de tests… EXTEETPHOTOSDE A NDRÉ G ROUILLET L’ETR 460.052/002 (rame 22) stationne à Bolzano, prêt à assurer l’Eurostar Assurant le train CIS 37 Genève - Venise, la rame Cisalpino ETR470.053/ 003 dépasse un TAF en gare de Busto Arsizio (22 septembre 2006). RAIL PASSION N° 127 33 460.051 à 060 (BAC, 2 21, 27 et 28 service international Milan - Tu- à cette tension). Elles seront re- Plusieurs versions de rames pen- commandées par différents pays: la Slovénie (série SZ 310 à trois caisses), la Tchéquie (série CD 680 à sept caisses) et la so- 470 à neuf caisses) pour voie normale de 1 435 mm; trois caisses) et le Portugal (série large de 1 600 mm; À noter que le « Pendolino bri- Trains, s’il est également bien différent des Pendolino d’élec- commander une troisième géné- sous les deux types d’alimenta- rames (numérotées 31 à 45) sont livrées à partir de 1997; les mo- même). Toutefois, afin de dispo- ser rapidement de ce parc com- plémentaire nécessaire au déve- l’équipement 3 000 V DC seul; dès novembre 1997. Ces nou- et à augmenter le nombre de re- On les trouve alors sur les rela- tions Rome - Milan, Rome - Bo- me - Bologne - Alexandrie - Tu- rin et Rome - Pise - Gênes - Sa- vone. À noter que, si la rame 29 la rame 34 (ETR 480), acciden- en 2001 mais avec cinq caisses n°34 dès 2004, c’est véritable- ETR 480 (prééquipés 25 kV) re- çoivent effectivement l’équipe- ment monophasé et sont reclas- numéro de rame, entre 31 et 45, avec les ETR 460, pour la nouvel- de plusieurs tons de gris rehaus- (ETR 600), plus courts et autori- tests; ils devraient circuler en Caractéristiques principales des rames ETR 460: 460.001/050 à 010/060, M +M +R +R +M +M +R +M +M, M, de type 1A’-A1', 5880kW, 250 km/h, 440 t, 236,60 m, 1993; aliment.: 3 000 V DC. Const.: Fiat Savigliano. Caractéristiques principales des rames ETR 485: 485.001/051 à 015/065, M +M +R +R +M +M +R +M +M, M, de type (1A’-A1'), 5880kW, 250 km/h, 440 t, 236,60 m, 1997 (ETR 480)/2004 (ETR 485); ali- ment.: 3 000 V DC +25 kV 50 Hz AC. Const.: Fiat Savigliano. Passage à Mezzocorona de l’Eurostar Italia 9313 Bolzano - Rome, assuré ce jour par la rame ETR 485 007/057 aux couleurs d’un constructeur d’ordinateurs (18 mai 2007). RAIL PASSION N° 127 36 Vos plus belles photos Moteur AGO à fond, la CC 72064 gravit la rampe des Sauvages, avec le GL 4403 Saint-Germain- des-Fossés - Lyon-Per- rache. (13 février 2008; photo Clément Écoffey). RAIL PASSION N° 127 38 Vos plus belles photos Plates-formes ferroviaires PAR BERNARD COLLARDEY RAIL PASSION N°127 MAI2008 Vue aérienne des emprises de la gare R.Henrard/Doc. RAIL PASSION N°127 MAI2008 42 Plates-formes ferroviaires LE COMPLEXE DE NANCY, UN SITE LORRAIN À FORT TRAFIC prolongement sur 28,6km de la ligne Toul - Neuves- Neuves-Maisons, permettant une interconnexion com- écouler les trains venant de Dijon, Chalindrey, Paris, Châ- lons vers Blainville et l’Alsace. Cette année-là, pour des block automatique par allumage d’approche a été instal- lé sur les sections suivantes: contournement sud de Nancy, de Toul à Rosières; de Rosières à Blainville; de Neuves-Maisons à Pont-Saint-Vincent; de Frouard à Pagny-sur-Moselle. Ailleurs, le block automatique par signaux mécaniques Les hauts-fourneaux, forges et aciéries de Pompey (1872-1986) ont fourni les fers nécessaires à la construction de la tour Eiffel. Le rail (1850) et la voie d’eau (canal de la construit entre 1838 et 1855) participèrent au développement industriel de Frouard, une première fonderie Des débuts à l’entre-deux-guerres L’aventure du rail nancéien débute avec l’ouverture, le 10 juillet 1850, de la ligne Nancy - Metz par le sillon mosellan comme embranchement de la radiale Paris - Strasbourg, par la compagnie éponyme. Le 19 juin 1852 s’achève la construction de la section Commercy - Frouard avec un raccordement vers Metz, puis, le 12 août suivant, celle de Nancy - Blainville - Sarrebourg, d’emblée à double voie. La continuité du chemin de fer est alors intégrale entre Paris et l’Alsace, l’inauguration, fastueuse, ayant eu lieu le 17 juillet. L’implantation de la gare de Nancy, à l’altitude 211, baptisée Saint- Jean, en pleine ville, est enserrée dans un espace réduit, limité par les ponts de la rue Stanislas et de l’avenue Foch. Selon les trains, il faut alors entre 8heures 10 et 10heures pour joindre Paris à Nancy. À caractère d’abord provisoire, le premier embarcadère fait place à un nouveau bâtiment accolé à une halle de 100m. Il est réalisé, de plain- pied avec les quais, par la Compagnie de l’Est, gestionnaire depuis avril 1854, ce qui oblige à construire deux rampes d’accès routière côté nord. Il ne verra le jour que le 11 juin 1856. En parallèle, sur l’emplacement de l’ancien étang Saint-Jean sont édifiés, côté impair, des halles et une cour de débords, à l’opposé un dépôt pour locomotives. Le 24 juin 1857, la mise en service de la rocade embranchée Blainville - Épinal permet de desservir la préfecture des Vosges. D’abord exploitée, à compter du 11 novembre 1872, par la Compagnie de chemins de fer de Nancy à Vézelise, cette nouvelle artère, s’embranchant à Jarville, à l’est de Nancy, escalade les collines de Ludres et traverse la Moselle à Neuves-Maisons. Elle passe dans le giron de la Compagnie de l’Est un an plus tard et sera prolongée à Mirecourt en 1879. Elle dessert notamment des mines de fer à Vendeuvre, Chaligny, une brasserie à Tantonville et, ultérieurement, une unité sidérurgique à Neuves-Maisons. Côté Nord, l’ouverture de la ligne Champigneulles - Château-Salins a lieu le 21 juin 1873, avec gare-frontière à Chambrey, marquant la démarcation avec la Moselle, annexée par la Prusse. Pour suivre l’évolution du trafic, une seconde voie est posée en 1879 de Blainville à Épinal, en 1882 de Jarville à Pont-Saint-Vincent, en 1884 au-delà vers Mirecourt. Trois lignes secondaires viennent encore compléter le dispositif ferroviaire nancéien: le 16 mai 1881, la ligne de ceinture contournant Nancy entre Champi- gneulles et Jarville, uniquement pour le trafic marchandises, avec gare à Nancy-Saint-Georges et nombreux embranchements industriels; le 23 septembre 1882, l’antenne de Pompey à Nomeny, qui dessert notamment les mines de fer de Custines et de Faulx; le 24 septembre 1897, la ligne de Toul à Neuves-Maisons, par la rive droite de la Moselle. L’expansion de l’étoile augmente le trafic voyageurs devant être traité par la gare de Nancy-Saint-Jean, dont le nombre de voies à quai n’est que de cinq. En 1890, le bâtiment voyageurs est agrandi par adjonction de deux ailes de part et d’autre du corps central. Le transit des trains de marchandises se fait par le biais de deux voies extérieures à l’opposé. Pour soulager cette gare étriquée, vers 1900 naissent, à l’amont et à l’aval, les faisceaux de garage de Champigneulles et Jarville. Pendant la Grande Guerre, la zone de Nancy, non occupée, jouera un rôle éminent pour l’alimentation des fronts de Champagne et Verdun. Le trafic voyageurs commercial sera, bien entendu, réduit pour satisfaire les exigences de l’autorité militaire. Commencée peu avant les événements de 1914, la construction du triage de Blainville, ayant nécessité une dérivation de la Meurthe, ne sera achevée qu’après les hostilités. Comprenant un plateau de 47 voies et un faisceau de réception de 16, il est flanqué d’un dépôt et d’un raccordement direct stratégique permettant des mouvements Épinal - Lunéville, ligne ouverte en 1921. En 1919, des crues catastrophiques affectent la voie unique de Nomeny, coupée plusieurs jours durant. Sur demande de l’autorité militaire, la ligne de Château-Salins est mise à double voie en 1921, tandis qu’un raccordement direct est établi à l’ouest de Champigneulles. MAI2008 RAIL PASSION N°127 43 triage) et Neuves-Maisons (poste E), supervisant les rac- couronne de Nancy traduisent la bonne santé de l’activi- té industrielle. C’est celle de Pont-Saint-Vincent qui des- laminoir, un moulin à scories, une cimenterie) et les mines de fer voisines de Chaligny et Maron-Val-de-Fer, laquelle se taille la part du lion avec 479000t. Viennent ensuite, celles de: Pompey, avec les aciéries de Pompey disposant de quatre hauts-fourneaux; nombreuses industries et entrepôts; Ludres, avec des expéditions de minerai de fer; Champigneulles, avec les hauts-fourneaux de Maxévil- le, des remises de minerai et de bière; Varangéville, avec les Salines de l’Est et des usines chi- miques; Frouard, avec les constructions métalliques de la So- Alors qu’en 1935 le trajet Paris - Nancy mieux en 4heures rondes par rame vapeur, un autorail TAR du Nord, introduit sur un AR Paris - Strasbourg de mai à août 1938 et relayé ensuite par un appareil Bugat- ti triple, relie Paris - Nancy sans arrêt en 3heures 02. Ce matériel assure, en outre, une seconde relation Paris - Nancy (8045/8026) en soirée-matinée avec arrêt à Bar- arrondissement EX, MT, VB, de la nouvelle région Est de la SNCF. Les lignes sont alors numérotées comme suit: 1 Paris - Strasbourg; 12 Frouard - Metz; 12.3 Pompey - Nomeny, puis 12.7; 13 Champigneulles - Château-Salins; 14 Jarville - Mirecourt; 16 Blainville - Épinal; 27 Toul - Rosières-aux-Salines; Déjà envisagé en 1912 et 1928, est l’oc- casion de transports massifs de troupes vers les fron- dégraissé dès l’automne 1939, avec «naphtalinage» des autorails. L’invasion éclair des forces allemandes conduit Eisen- de Nancy, qui a la haute main sur les perd ses trois fré- service d’été 1941 est marqué par une trame horaire no- tablement affaiblie, avec des trains très lents, abondam- comme avant 1918, aux gares-frontières de l’Alsace-Lor- raine réannexée (Nouvel-Avricourt, Chambrey et Pagny- sur-Moselle): Ci-dessus, de haut la gare provisoire en bois de 1850 cède la place, en 1856, à un bâtiment en dur qui fit lui-même l’objet de plusieurs remanie- ments et agrandisse- ments ; créé en 1851, le dépôt était constitué à la fin XIX siècle de deux rotondes pouvant accueillir chacune Ci-contre : à la traversée de Nancy, la ligne en pro- venance de Metz longe le Quai Claude-le-Lor- rain jusqu’à la gare. Dans les années 1900, l’urbanisation se fait encore discrète… (2) Le transfert du dépôt de Nancy à Heillecourt est envisagé dès 1907. Les travaux débutent en 1940, mais sont interrom- MAI2008 RAIL PASSION N°127 45 ligne 12, les viaducs de Pompey et d’Ars-sur-Moselle, sur la Moselle; Maisons; ligne 27, le pont sur la Moselle a la sortie de Toul, le viaduc du Petit Rhône et le pont sur la Meurthe en amont de Rosières-aux-Salines; le 17 octobre de Paris, à Nancy, suivi par un express le 16 décembre 1944. Mais les difficultés inhérentes aux ap- matériel moteur et remorqué, tout comme la mise à dis- conduisent le ministère des Transports à suspendre les au prin- de Lunéville à Strasbourg. Les raccordements straté- juillet 1945, deux TA rapides Paris - Strasbourg à supplément réapparaissent, avec un temps de parcours de 4 heures 06 pour Nancy. jour, dont un terminus Nancy, et un de nuit. Un train ainsi qu’un direct Nancy - Belfort, deux TA directs Nan- cy - Thionville, un Nancy - Longuyon et un Nancy - Mi- Ci-dessus, de haut passé la période de reconstruction des années d’après-guerre, la desserte de Nancy s’étoffe. Ici, tracté par la 241 A 312, l’express Paris - Stras- bourg à hauteur de Liverdun en avril 1950 ; un train marchandises ROBlainville - Avricourt de passage à Lunéville le 28 avril Photos J.H. Renaud/Doc. RAIL PASSION N°127 MAI2008 46 Plates-formes ferroviaires LE COMPLEXE DE NANCY, UN SITE LORRAIN À FORT TRAFIC nuit Paris - Strasbourg est créé pour l’été 1946, qui voit vers l’Allemagne et l’Autriche, avant de toucher de nouveau les pays d’Euro- Mirecourt, Vittel, Contrexé- ligne de l’évite-Nancy, le MV trihebdomadaire Toul - Pont-Saint-Vincent est supprimé en octobre 1946. Au service d’hiver, un des deux autorails drapeaux Paris - Strasbourg est commué en express classique. Deux rela- tions interrégionales Tours - Metz Dijon, Neufchâ- deux Nancy - Longwy. En décembre 1947, des inonda- tions calamiteuses dues à un redoux dans le massif vos- Meurthe et de la Moselle dans le bassin de Nancy. La gare de Jarville est submergée par 0,30m d’eau, celle de Nancy-Saint-Georges par 1,70m. Les sections Frouard - do- L’instauration des deux régimes de transport en 1949 (accéléré et ordinaire) suppose la spécialisation respecti- la région de l’Est substitue aux ra- pides 3/2 Paris - Strasbourg une rame sur pneus avec lo- comotive 230 K, chauffe au fioul, formule adoptée en- suite, le 3 octobre, pour les trains 4/1. En gare de Nancy, désormais relié à Paris en 3heures 34, une double cor- Colmar. relations s’est déjà bien amélioré avec, le jour: deux paires de rapides à supplément Paris - Strasbourg (1/2, 3/4), deux express Paris - Strasbourg (11/12, 13/14), un Paris - Nancy (103/102), un TA Nancy - Réding, aux- vers Varsovie, Épinal prolongée à Gérardmer l’été; Metz, dont deux couverts par autorails, deux TA directs Château-Salins; deux Nancy - Belfort, plus un TA rapide et un Nancy - Épinal, deux TA rapides Nancy - Saint-Dié - Colmar. cy - Lille, un Metz - Lyon (Turin) Nancy, Neufchâteau (ND/DN) et le VE/EV Metz – Clermont-Fer- aux autorails. Les installations de sécurité de la gare de bi- 45 en 1951, complété par une table Descubes en 1953. aux compositions tractées classiques. À ce moment, l’an- étant transférées dans celui créé sur le site de Heille- court, en aval de Jarville sur la ligne 14. Les années sui- vantes, la desserte grandes lignes s’ankylose, avec, tou- fêtes. L’ED/DE va maintenant à Vintimille et les fré- train de nuit roule de Paris à Strasbourg et les rapides Ci-dessus, de haut Métrolor établit en 1970 le premier ser- vice régional cadencé. Ici, passage d’une RIB à Pompey en 1973 ; Métrovosges I (Épinal, 1975) et II (Saint-Dié, 1976) participent au désenclavement des Vosges.Ici, une rame MétroVosges II près de Saint-Dié en 1977. J.Avenas/Doc. Pilloux/Doc. MAI2008 RAIL PASSION N°127 47 Avec l’achèvement de l’électrification de la radiale Pa- grandes lignes n’est pas augmentée, mais gagne en qua- lité. Le temps de parcours Paris - Nancy tombe à 2heures 49 pour les deux paires de rapides à supplé- ment, Strasbourg n’étant plus qu’à 1 heure 18 de Nancy. poste-bagages. Les trains temporaires d’été GE/EG Bou- sont détournés par Châlons, Nancy, Strasbourg. Une liai- TA ZD/DZ Metz - Dijon Épinal, donnant correspon- autocouchette Metz - Avignon (YA/AY), desservant Nan- cy, fait son apparition l’été. Il sera suivi par des mouve- Pompey et Neuves-Maisons ayant résisté, l’extraction du Burbach. En dehors des trafics RA et RO en wagons iso- trains complets existe à l’époque, en rapport avec les in- dustries locales, comme: du charbon de Ruhr, Sarre et Lorraine, vers Pompey, La- neuveville-devant-Nancy, Varangéville, Pont-Saint-Vin- Blainville; du coke de Hénin-Liétard sur Pompey; du minerai de fer de Droitaumont sur Pompey, de Dieu- pour Pont-Saint-Vincent; de carbonate de soude de Varangéville pour La Made- sentir pour ce qui concerne l’étoffement des grandes re- lations voyageurs avec: voitures de Munich, Hagen, Francfort vers Port Bou Strasbourg, Nancy; le dédoublement certains jours de Orient-Express, en dehors de la période de circulation en été des ND/ND; à l’hiver, la création d’un troisième rapide de 1 supplément Paris - Strasbourg (trains 7/8). Les deux AR de TA directs Nancy - Sarreguemines, avec la fermeture de la section Château-Salins - Bénes- Le grand bouleversement de l’électrification La percée fulgurante du courant monophasé, ayant couvert, en Lorraine puis en Alsace, les opérations 1 Nord-Est, 2 Nord-Est et Réding - Bâle, se poursuit avec le programme Est - Paris, touchant, cette fois, la totalité de la grande radiale Paris - Strasbourg. Les horaires subissent des détentes pour tenir compte des nombreux chantiers de travaux. Une seule nouveauté intervient, à l’été 1959, avec la mise en marche des rapides nocturnes YM/MY Metz - Vintimille Nancy, Neufchâteau. Mais l’électrification a lieu à rebours, avec une première étape de mise sous tension, le 11 février 1960, de Sarrebourg à la sous-station d’alimentation de Grise Côte, près de Varangéville. En conséquence, les échanges vapeur-électrique ont lieu provisoirement en gare de Blainville, tant pour les voyageurs Paris - Strasbourg que pour les transports du fret RA, RO. À cette occasion, cette gare a été améliorée, avec un PRS remplaçant le Descubes, opérationnel dès le 16 juillet 1958. Le 8 septembre 1960, le courant monophasé équipe, cette fois, le versant occidental du complexe nancéien avec le tronçon Pagny- sur-Moselle - Pompey - Toul - Neufchâteau par le raccordement de Frouard. Cette phase n’est profitable qu’aux seuls trafics marchandises descendant de Metz vers le Sud-Est. Pendant ce temps, d’énormes travaux concernent la gare de Nancy- Ville et ses abords. En effet, les trois quais bordés par cinq voies banalisées sont allongés jusqu’à 400m côté Strasbourg, avec reprise des appareils de tête, la vieille marquise est démontée et remplacée par des abris-parapluies, et des passages souterrains, qui faisaient cruellement défaut, sont créés. Trois voies en impasse (9-11-13) côté Strasbourg sont aménagées pour le départ et l’arrivée des autorails, notamment ceux desservant les Vosges. Deux voies extérieures de circulation 1 M-2 M, réservées aux marchandises, sont installées, ainsi qu’une annexe traction mixte électrique-diesel, dite de Nancy-Étang. En outre, pour fluidifier la circulation sur les 6km entre Champigneulles et Nancy-Ville, les deux voies sont banalisées avec voie centrale partielle de 1200m. Cela conduit à adjoindre un élément PRS au Descubes, fonctionnant à partir du 8 décembre 1960 (1). Sept jours plus tard, la traction électrique est en service sur le hiatus Pompey - Varangéville, ainsi qu’en amont de Toul à Lérouville avec relèvements de vitesse, le BAL couvrant, dès lors, toute la ligne 1 de Toul à Blainville. Cet événement a une portée considérable pour l’exploitation. D’une part, les BB 16000, 16500, 13000, s’emparent du trafic voyageurs en direction de Strasbourg, Metz, Longwy, Neufchâteau et Bar-le-Duc, avec des gains de temps. Côté marchandises, tout le trafic se dirigeant vers Blainville et au-delà, confié aux BB 12000 et 16500, est canalisé Nancy, avec abandon de l’itinéraire de l’évite-Nancy (2). Par ailleurs, c’est la fin de la vapeur au dépôt de Nancy-Heillecourt, relayé par des diesels sur les lignes de Mirecourt, Château-Salins, Saint-Dié et Épinal. Ses installations servent pour garer des rames voyageurs ne pouvant être accueillies au faisceau de Jarville. Toutefois, il demeure un noyau de machines en feu au dépôt de Blainville. Avec la poursuite de l’électrification jusqu’à Châlons-sur-Marne, en mai 1961, Château-Thierry, en septembre, puis Paris, en mai 1962, la totalité de la radiale Paris - Strasbourg peut être exploitée de la sorte aux horaires de l’été suivant. (1) En parallèle, une table MU 45 et un élément PRS sont montés au pos- te de Frouard, agissant sur le triangle. Les postes 1 et 2 de Champi- gneulles sont également reconstruits avec table mécanique 45. (2) Avec neutralisation du parcours Chaudenay - Maron dès 1964, le reste de la ligne servant pour des dessertes locales. RAIL PASSION N°127 MAI2008 48 Plates-formes ferroviaires LE COMPLEXE DE NANCY, UN SITE LORRAIN À FORT TRAFIC d’études d’aménagement des aires métropolitaines) Lor- raine, associée aux départements de la Meurthe-et-Mo- naissance de la desserte Métrolor, lancée le 2 janvier 1970, sur la base de 14 fréquences entre Nancy, Metz et la radiale Paris - Nancy - Strasbourg va de pair avec l’élévation des vitesses limites à 150/160km/h et l’em- 1971, Nancy est relié à Paris par les nouveaux TEE Sta- dans le temps record de 2heures 35. Ils autres fréquences vers Strasbourg, dont deux à supplé- ment et deux terminus Nancy. Des liaisons TAC sont pro- posées, les mois du plateau d’été, au départ de Nancy, passe sous la coupe de la nouvelle région de Nancy, dé- train Paris - Strasbourg est créé avec départ de la capita- le à 6heures 45. Les déplacements à la faveur des week- et dimanches soir. Le trafic fret connaît alors une pro- l’opération Métrolor, souci de désenclavement des Vosges, département frap- produit MétroVosges, avec trois AR supplémentaires la ligne 13 Champigneulles - Châ- la section de la ligne 27 Toul - Pont-Saint-Vincent, par- Corail, une réforme horaire touche l’axe Paris - Stras- bourg à l’hiver 1977 avec un neuvième AR, Nancy dispo- trafic marchandises. La voie unique Pompey - Nomeny accueille 18000 voyageurs par jour, avec des pics à 25000 les veilles de fêtes et les vendredis avec les étudiants et permission- égal en nombre de circulations avec les voyageurs, satu- entre 7 h et 8h30, 17 h et 19 h. On dénombre alors 250 mouvements par 24heures de Champigneulles à Nancy la totalité de l’évite-Nancy, ce qui supposerait évidem- notamment, les gares de: Pont-Saint-Vincent, affichant 1984775t à l’arrivée, 689832t au départ; Pompey, avec 1284216t et 366311t; Varangéville, avec 837182t et 1003485t; Nancy-Saint-Georges, avec 357308t et 152124t; Laneuveville, avec 327729t; Champigneulles, avec 143094t et 257759t; Nancy-Ville, avec 49439t et 15941t. branché sur la Moselle cana- toutes sortes. En septembre 1981, un petit PRS (poste tout relais à transit souple) est monté à Pont-Saint-Vin- Maisons. Conséquence du TGV Sud-Est, les liaisons Lor- raine - Bourgogne de jour, au nombre de trois, sont pro- tel - Clermont devient quotidienne (3). À l’hiver, les TEE perdent ce statut et acheminent do- , mais le supplément demeu- contresens) sont en service sur ligne 12 de Pompey vers Pagny-sur-Moselle. Débute alors une noria de quatre des carrières de Saint-Germain-sur-Meuse pour les em- branchements industriels de La Madeleine (Rhône-Pou- Une rame Métrolor traverse la Moselle L. Pilloux/Doc. RAIL PASSION N°127 MAI2008 52 Plates-formes ferroviaires LE COMPLEXE DE NANCY, UN SITE LORRAIN À FORT TRAFIC blique», offrant 8800m , de bureaux est en cours en fi- des TGV Réseau ont été progressi- Paris - Strasbourg par l’itinéraire historique, sans chan- gements d’horaires. En chiffres moyens, le débit des cir- par la poussée des TER. On relevait ainsi: Champigneulles; 181 (dont 42) de Champigneulles à Nancy-Ville; 171 (dont 41) de Nancy-Ville à Jarville; 148 (dont 41) de Jarville à Blainville. Avec l’avènement du TGV Est, de la gare de Nancy est secoué par un séisme sans pré- cédent, le 10 juin écoulé. La totalité de la quinzaine de trains classiques de jour Paris - Strasbourg - Munich (4), À hauteur de Pont- Saint-Vincent, un X 4750 Lorraine vers Nancy (12 octobre 2007). Un Corail Téoz Strasbourg - Paris en gare de Nancy (8 avril 2005). Infographie: V.Morell/Rail Passion B.Collardey M.Carémantrant MAI2008 RAIL PASSION N°127 53 Paris - Nancy et Paris - Épinal - Remiremont sont suppri- més. La nuit, les 1511/1512, à arrêts fréquents, sont, eux Paris - Nancy en 1 heure 30 (10 à compter du 28 août) est mis en place. Parmi elles: une continue sur Épinal, Remiremont l’après-midi,; se scindant à Nancy vers Saint-Dié et Remiremont; En première étape, l’absence de TGV Province - Pro- profiter des TGV joignant Strasbourg à Lille, Rennes, Nantes et Bordeaux évitant Paris à se rendre à la gare nouvelle de Lorraine-TGV soit par leurs propres moyens, soit par service d’autocars. À l’origine, ce plan de trans- port en retrait au point de vue du volume des places of- La façade du BV type Est, après sa réappropriation pour l’arrivée du TGV (12 octobre 2007). L’actuelle salle des pas perdus de la gare de Nancy (12 octobre 2007). Photos B.Collardey (4) L’ex- Orient-Express Paris - Vienne est, lui, éliminé entre Paris et Strasbourg. RAIL PASSION N°127 MAI2008 54 Plates-formes ferroviaires LE COMPLEXE DE NANCY, UN SITE LORRAIN À FORT TRAFIC à la rapidité de la relation avec Paris, des combinaisons Pour compenser la disparition des TRN Paris - Stras- un vers Reims, un vers Épernay, et 10 sur Nancy - Stras- Par ailleurs, la région Lorraine a saisi la balle au bond autour de Nancy, avec nombreuses correspondances à 10min sur les TGV. Leur nombre est ainsi passé à 48 en Longwy, quatre vers Toul, deux sur Neufchâteau, 12 sur Lunéville, 21 sur Épinal (Remiremont), 14 sur Saint-Dié, 12 sur Pont-Saint-Vincent, six sur Contrexéville. toutes catégories par 24heures, sature les possibilités de horaires 7 h-9 h, 12 h-14 h, 17 h-19 h. Les TGV traités sur les voies nobles 1, 2, 3, stationnent au plus 40min entre deux tours, au-delà, ils sont expédiés à vide à Jar- courtes 9, 11, 13, longues de 158, 126 et 113m, servent vers les Vosges, Lunéville, Strasbourg. Pour les autres di- 8 en impasse (120m) vers Metz. Pour limiter l’occupa- tion des voies à quai 1-5 (5), la formule de la diamétrali- Dié, Metz - Épinal, Toul - Épinal, etc. le tran- sit des trains de fret de et vers Blainville est limité. Par trains de voyageurs 261/260, est favorable à leur circula- de l’important trafic Nord - Sud (Benelux) Woip- avec ses 330000 habitants Ci-dessus, de haut le TGV 2492 Strasbourg - Paris de passage à Dombasle- sur-Meurthe. Seuls les TGV à destination des Vosges et de Strasbourg via Nancy empruntent cet itiné- raire ; UM de Z 27500 Lor- raine sur voie 1 en gare de Nancy Photos B.Collardey MAI2008 RAIL PASSION N°127 55 dans l’agglomération, où sont occupés 48000 étudiants, avec Paris. Quant aux liaisons intralorraines, devenues leur multiplication, avec adéquation aux besoins, une ta- rification alléchante et une palette de matériels mo- dernes (Z 24500, 27500, X 76500). Actuellement fré- quentée par 30000 voyageurs quotidiens, la gare de exploser. La direction VFE attend, par exemple, sept mil- lions de passagers au lieu de cinq, grâce aux TGV, dont le est moins eu- qu’occasionnellement comme tampon en cas d’engorge- ment de celui de Woippy. C’est la gare de Varangéville quatre trains entiers de pierres calcaires de Saint-Ger- main-sur-Meuse (5000t), à raison de deux pour l’usine Novacard à La Madeleine et deux pour Solvay. Cette der- nière reçoit également du charbon de Dunkerque. Toutes deux expédient du carbonate de soude. En outre, les Sa- Champigneulles – où la perte du trafic CNC et des bras- Pompey, l’usine Crown Beucan réceptionne des matières Pont-Saint-Vincent, le complexe sidérurgique de Elle reçoit des ferrailles et expédie des produits sidérur- giques en wagons isolés ou en trains complets vers l’Al- lemagne et l’Italie. Enfin, la plate-forme de stockage Vit- Ci-dessus, de haut le TGV 2505 en prove- nance de Paris entre en gare de Nancy voie 1 (12 octobre 2007) ; en tête d’un train com- plet pour l’Allemagne, la BB 427171 franchit l’avant-gare de Nancy (12 octobre 2007). Photos B.Collardey (5) À cet égard, la gare de Nancy n’est pas aussi à l’aise que ses voisines de Metz, Strasbourg et Mulhouse, visitées égale- ment par les TGV. RAIL PASSION N°127 MAI2008 56 Plates-formes ferroviaires PAR BERNARD COLLARDEY e dépôt des locomotives de Nancy est né dès 1851 avec la ligne Paris - Strasbourg et l’embranchement sur la droite, il comporte une puis deux rotondes, ac- XX siècle, le dépôt re- puis 3500 et surtout 3100 à compter de 1910, réservées au lende- main de l’armistice de 1918, retire à celui de Nancy, la fonction marchandises. Pour 1932, où des 4400 (141 tender) figurent à l’inventaire, le standing de l’établisse- Ci-dessus : le dépôt de Blainville en 1934. Créé en 1923, il retire à celui de Nancy la fonction mar- chandises. Le retrait en 1968, suite à l’élec- trification, de ses dernières vapeurs précipite son déclin. Ci-dessous : Photographiée ici en 1934 également, a fait partie des pen- sionnaires du dépôt. Heillecourt et Blainville, deux dépôts voisins Le premier a pris la suite du dépôt de Nancy en 1952, le second, construit en 1918, est devenu un dépôt à part entière en 1923. L’un et l’autre ont perdu leurs prérogatives à la fin des années 60, accompagnant ainsi le déclin de la traction vapeur. Henry/Doc. Henry/Doc. MAI2008 RAIL PASSION N°127 57 ment est relevé par l’affectation de 31.000 Pacific TP en provenance de Châlons et Troyes. Ces machines tiennent la dragée haute aux Ten Wheel 3100 et s’emparent des rapides et express vers Bar-le-Duc, Paris, Chalindrey autorails est créé à Nancy avec des ABJ Renault, circu- lant notamment vers Toul, Châlons, Mirecourt, Vittel, compose de 231 B, 230 B, 230 K, 141 TB, puis de 230 D ex-AL repliées lors des événements de 1940. Le regrou- engins vapeur doivent coopérer aux transports de l’occu- pant. Début 1945, les effectifs regroupent 16 231 B, 14 141 TB, deux 131 TB, une 151 TA. En 1946, quelques 140 A viennent côtoyer les 231 B, 230 K et 230 B, toujours fi- dèles. Les autorails ABJ ont retrouvé leurs fonctions an- 3700 neufs. Abîmé par les bombardements, le dépôt de Nancy, in- d’enfumer le quartier. Le projet de transfert à Heillecourt, repris, mais traîne en longueur. Il ne sera achevé qu’en octobre 1952, avec des remises rectangulaires à 12 tra- vées desservies par un pont transbordeur de 27m et un atelier moderne, entraînant la démolition des installa- Dès 1950, il a reçu en cadeau des 141 P, l’image de la cavalerie du dépôt. Cette série unifiée arri- voyageurs sur Paris, Strasbourg, Chalindrey, mais surtout Ci-dessus : le dépôt de Heillecourt Achevé en 1952, il perd ses dernières machines l’entretien d’une partie des rames de voya- geurs, ses installations sont rasées vers 1990. Ci-dessous : la 231 K 81 en station- nement devant le dépôt D. Haviland/Doc. R.Henrard/Doc. RAIL PASSION N°127 MAI2008 58 Plates-formes ferroviaires HEILLECOURT ET BLAINVILLE, DEUX DÉPÔTS VOISINS redoutables concurrentes pour les 231 B ex-Est. Il s’agit de 231 K libérées par le Sud-Est, lesquelles vont devenir Pour assurer les correspondances vers Colmar, Épinal, Bel- fort, des rames sur pneus, des De Dietrich «de luxe», ont départ des Standard sur la région Nord, des ABJ sur Be- neufs, remplaçant les X 3700 mutés à Metz, Île-Napoléon, Vesoul, permet d’intensifier les courses autorails sur l’étoi- L’augmentation graduelle du parc des 231 G, K, asso- ciées aux 141 P qui vont à Strasbourg, Paris, Chalindrey, peu à peu l’usage des 231 B mutées ou réformées. Alors que les 141 TB s’occupent de remontes et omnibus lo- est vidé de ses vapeurs, dont les rescapées (231 G, K, 230 K, 230 B, 141 TB) sont soit mutées sur d’autres dépôts 2400, 3800, rejoints par des X 2800 en 1961. Après s’étoffe avec des 040 DG en 1960 et 040 DE 109 en 1961, assurant du trafic mixte voyageurs omnibus et marchandises vers Château-Salins et dans les Vosges (Épinal, Saint-Dié, Neufchâteau, etc.). L’éclatement de ce parc est effectué à la fin de la décennie 1960, avec re- 66000 et X 3800 sur Chalindrey, X 2400, 2800 sur Metz, engins, moins de 20 ans après sa création. Ses installa- de Nan- cy-Étang a servi de relais à une constellation de ma- 16000, 16500, 22200, 25100/150, 26000 et Z 6300, 11500. En thermique, outre les 63000, 63500, 66000, a résidé entre deux courses, cas des X 2400, 2700, 2800, regrou- pe quatre unités de production sises à Nancy, Blainville, Nancy, spécialisé aux voyageurs, compte 25 conducteurs TGV effectuant des tournées sur Paris, Remiremont, Saint-Dié, les autres se rendant avec les TER à Épernay, Reims, Longwy, Metz, Luxembourg, Épinal, Belfort, Montbéliard, Saint-Dié, Strasbourg, Chalindrey, Dijon. Nancy, 040 D ex-G 8.1, 141 TA ex-Prusse T 14), figurent alors à marchandises. S’y ajouteront par la suite des 40.100 été désigné en septembre par la DRG comme site de re- avant leur envoi outre-Rhin. À la suite de trois gros bom- juillet 1944, les 230 A 403, 409 et 230 K 106, par trop 1945, l’inventaire machines fait état de 21 230 B, une 230 K, une 140 A, 15 140 B et deux 151 TA, dont plu- sieurs en mauvais état. L’attribution, à partir de dé- cembre, d’un premier contingent de 141 R neuves à 217-225, 231, 232) revigore la trac- tion du dépôt. À la fin 1948, un bataillon de 141 R fioul 751, 753, 754, 772, 784, 791, 797, 805, 811, 816, 817, 820, 877, 893, 896-898, 937, 950, prend utilisable en banalité avec des courses RA, RO, sur Haus- bergen, Sarreguemines, Belfort, Chalindrey, Dijon, Châ- L’électrification rapide du nœud de Nancy, Blainville, dominée par les 141 R. Quelques 231 K et 141 P en provenance de Nancy viennent s’y exiler, pour drey. En 1967, les ravages de la diésélisation ne laissent en feu que huit 140 C utiles sur Saint-Dié, Épinal, Mire- court, et trois 141 R. À la veille de Noël 1968, Blainville a perdu ses dernières machines vapeur et est devenu dé- En 2007, le personnel de conduite Épinal, Pont-Saint-Vincent, Woippy, Saint-Germain-sur- De passage à Blain- ville, diesel de l’opéra- teur Connex en tête d’une rame de wagons plats à destination de Gironcourt (verrerie), dans les Vosges B. Collardey RAIL PASSION N° 127 61 750 wagons porte-autos, 420 wagons-réser- Elle possède, par ailleurs, 10410 conteneurs, 12650 châssis et 4100 véhicules de service. du BNSF se si- tue autour de 15milliards de dollars, les seuls produits du trafic dépassant 96% du segments de marché du fret, avec les pro- duits de consommation (périssable, automo- bile, intermodal), qui représentent 39% de son chiffre d’affaires et 52% de ses envois, 25% de son chiffre d’affaires et 16% de ses envois, le charbon, qui représente 20% de son chiffre d’affaires et 23% de ses envois, soja, vrac, divers), qui représentent 16% de son chiffre d’affaires et 9% de ses envois. Le transport intermodal (continental et inter- national) représente 92% du chiffre d’af- faires du segment «produits de consomma- tion», soit 35% du chiffre d’affaires total et 50% du total des envois. L’organisation du BNSF est structurée au- tour d’axes massifiés à long parcours. Le tra- Orléans. Il est concentré sur deux axes prin- cipaux: Los Angeles - Chicago, Albu- querque et Kansas City, et Seattle - Chicago, avec une nette prédominance de trafic in- termodal. Sur ces lignes, l’utilisation du ma- de 2000m de long transportant jusqu’à 230 moitié) étant par ailleurs acheminée en wa- Le BNSF opère à partir de 31 hubs inter- desservis souvent par les trois modes fer, route et air. Autour de ces sont locali- sés des entrepôts, des usines, qui sont au- marchandises, générateurs de trafic ferro- viaire. Ces pôles d’activités sont le plus sou- pré/postacheminements s’effectuent systé- Conscient depuis longtemps que la maîtri- autour des pôles d’activités lo- 10% (toutes les unités d’affaires dégagent une marge positive, l’unité d’affaires «char- bon» étant la plus rentable). Les bons résul- courte distance (en dessous de 800km), «produits de consommation», le BNSF est totalement in- marque de distribution ou d’un établisse- aux États-Unis: Wall-Mart, Target, Mattel, Ikea, JC Penny, Gap, Wallgreens, Toys R’us, etc.). Bien souvent, le BNSF se retrouve com- Pour le transport intermodal, le BNSF pro- de temps de parcours de 100%, avec une contrepartie financière versée par la compa- gnie en cas de non-respect (en pratique cel- un service particulièrement fiable). L’offre Beach) - Chicago (long de 3200km), où le BNSF garantit un temps de 104heures pour en relation permanente avec les clients fi- maillon ferroviaire (se traduisant essentielle- d’arrivée prévue), le BNSF dispose d’un sys- chaque conteneur et d’un ensemble de ba- Le réseau BNSF intermodal 600km RAIL PASSION N° 127 65 Le BNSF est présent sur tous les segments de marché du fret ferroviaire à longue distance. En témoigne ce train de produits pétroliers en route vers l’intérieur des terres passant Bryman, entre Barstow et Victorville, en Californie (8juillet 2006). Triple traction de Dash 9-44 CW (General Electric) pour ce train de charbon du BNSF à Marias Pass, West Glacier, dans le Montana (26 juin 2003). F.Jolly F.Jolly et L.Larson RAIL PASSION N° 127 68 plutôt que sur un subventionne- la France, avec deux consé- quences significatives en 2007. Les clients, qui n’ont plus l’obli- gation du «ticket SNCF», re- Les privés ont traité 8% des augmenté de 4% son activité. Pour la première fois depuis huit historique n’ont pas reculé, cer- tains progressant même forte- oblige les opérateurs à être pré- autre à l’étranger. L’environnement du fret ferro- de certains constats. Il n’en de- meure pas moins vrai que la te- nue du trafic marchandises dé- de l’économie ou du coût du pé- trole, de la gouvernance des en- capacités à s’adapter et à pro- duire «mieux» deviennent cen- trales, mais ne sont pas homo- partent d’une «page blanche» nouveaux segments, dont le lo- mais aussi pâtir, dans leurs per- réformer. L’exercice est périlleux Repères PAR SYLVAIN MEILLASSON Quels horizonspour le fret? Avec l’ouverture à la concurrence, le paysage du fret ferroviaire français évolue très rapidement. Nous vous proposons, avec ce dossier, un premier rapport d’étape traitant tout à la fois de Fret SNCF, contraint de se réformer et de sortir de ses frontières nationales, et des nouveaux entrants, dont l’activité commence à devenir significative en termes de part de marché. Train du lotissement Gevrey - Mulhouse de passage à Altkirch (septembre 2007). S.Meillasson projet XRail associant Fret SNCF, DB Schenker, CFF Cargo, B Car- de sorte que Villeneuve, Woippy, euro- entend dé- segments pour nouer une allian- qu’un partenaire n’est plus ré- puté «fiable». Pour la création d’EF à l’étranger, l’opérateur d’obtenir des certificats de sécu- rité et des sillons. Olivier Ma- rembaud explique vouloirainsi travailler dans «l’organique» et Belges, Luxembourgeois et RAIL PASSION N° 127 70 Repères Galom, le Grand Axe Lorraine - Méditerranée Le Grand Axe Lorraine - Méditerranée (Galom) est en place depuis 2003 et a traité, en 2007, 25% de l’activité de Fret SNCF en France (1). Il est issu de la CCL (commande centralisée des locomotives, 2001) Sud-Est, dont les missions ont été élargies en plusieurs étapes à la gestion des convois et des agents de conduite en opérationnel. Galom produit 250 convois chaque jour, dont 40% à longue distance, ce qui nécessite la mise en œuvre de 160 journées de roulement locomotives et de 340 conducteurs par 24heures, De par les flux Est - Ouest (de et vers l’Allemagne ou l’Italie), Nord - Sud (Allemagne - Espagne, Paris - Italie ou Ports du Nord - Sud de l’Europe) qui lui échoient, 40% de ses trafics sont internationaux, dont la moitié est dirigée vers l’Italie. L’activité de Galom consiste à gérer un portefeuille de convois de la conception à l’opérationnel. Cette activité concerne six itinéraires nationaux importants et intéresse aussi les échanges avec l’Espagne (Cerbère), l’Italie (Modane et Vallorbe pour le trafic vers l’Italie), l’Allemagne (Forbach et Apach) et le Luxembourg (Bettembourg et Mont-Saint-Martin). Elle s’étend sur 12 régions SNCF et représente 2,6 millions de km mensuels. L’organisation de Galom repose sur le pôle de planification chargé de construire et d’adapter le plan transport journalier, l’entité territoriale traction adaptant les roulements des agents de conduite, le pôle opérationnel gérant l’interface convois-engins-acheminement et agents de conduite. Enfin, le pôle d’appui élabore les contrats de qualité et suit À l’approche de Lagny (77), la 22331 en tête d’une rame de caisses mobiles de la DB assurant le transport vers l’Espagne de pièces mécaniques du groupe Volkswagen (10 mars 2007). otos J.-C.Mons Une rame de trémies belges arrive à Vaires-sur-Marne au crochet de la 27062 (26 janvier 2008). Infographie: V.Morell/Rail Passion RAIL PASSION N° 127 73 titulaire depuis 2005 de certifi- opère aussi aux Pays-Bas depuis Les ports et l’industrie du Bene- Fret SNCF, qui produisait cinq et 50 fin 2007. L’objectif est de 100 trains 2008 et de 200 en 2010. Mais B nouvelles infrastructures trans- DB AG a déjà anticipé en rache- tant Transfesa. Avant de s’impli- de Barcelone du retour sur in- Avec l’Italie, les liens écono- sont forts, mais les rela- «compliquées» Pour les relations avec (filiale de TLP et de SNCF Parti- cipation créée en 1996, com- reçu en décembre 2007 sa licen- transmanche concurrente à cel- dans les échanges franco-alle- mands (8%), l’Allemagneest 2007, et constitue un passage nombreuses industries sont dé- opérer, courant 2008, en trans- porteur unique sur certains tra- Par ailleurs, un rapprochement constitueune «hypothèsetout à fait crédible» (2), selon Ma- thias Emmerich, de Fret SNCF, CFF-CFL sur les trafics Arcelor. offre performante à l’internatio- nal est vitale pour Fret SNCF, qui contrats. Cela vaut particulière- «grande banane bleue» reliant l’Europe du Nord à Italie, où co- sont devenues capitales. L’opé- rateur, qui possède de réelles ressources (conducteurs et loco- motives interopérables), ne sou- se rapprocher «coûte que coûte» de Rail4Chem… (2) Les 42680/1 et 42684/5 Bâle - Per- pignan sont origine/destination Alle- magne, où ils sont déjà produits par SBB Cargo Deutschland. (3) Fret SNCF a été exclu d’un axe drai- nant 40% du transit européen lorsque droite du Rhin en raison de prestations meilleures. Train interopérable conventionnel France - Italie au départ de Modane (septembre 2006). S.Meillasson MAI2008 RAIL PASSION N°127 75 2007, la Commission européen- nentale ECR par la DB, sous le groupe de BTP Colas (filiale Veolia a poursuivi ses dévelop- en Europe. 2007 a été la premiè- re année pleine qui a vu le déve- Europe et de Veolia Cargo Link). Veolia a signé, courant février 2008, un accord relatif à l’ac- renforcer sa présence en Alle- magne et aux Pays-Bas, notam- Pologne ou la Suisse. entrants, et alors qu’ils réali- entendu évoquait un position- trains entiers et réguliers, sus- ceptibles d’être davantage ren- complexes à produire. Or, même s’ils n’en sont pas encore à pro- poser des dessertes «fines» en ECR exploite, bien sûr, des trains Citonsle service Transfesa pour Fréthun et Cerbère depuis oc- tobre 2007; ou la traction de Hall, au Royaume-Uni, et Nova- re, en Italie); ou encore pour GTS (entre Manchester, au Même service avec trois fois moins de wagons «Depuis juillet 2006 nous travaillons avec Euro Cargo Rail et nous sommes globalement satisfaits», résume Jean Dahirel, responsable logistique de Le Gouessant. Le spécialiste de la nutrition animale a nettement amélioré la rotation des rames, ce qui lui permet de réduire et d’optimiser le parc de wagons nécessaires. Auparavant, pour réaliser le transport de 420000 t annuelles de céréales, neuf rames étaient utilisées, soit 200 wagons. Une semaine pouvait s’écouler entre le chargement chez l’une des 80 coopératives agricoles, situées majoritairement dans le centre de la France, et le déchargement sur les sites bretons de Pontivy et de Lamballe. ECR assure ce même service en jour A/jour B. Le Gouessant possède un parc de 68 wagons. Auparavant, il louait 132 unités supplémentaires; désormais cette location n’est plus requise. Le nouvel opérateur n’est cependant pas exempt de reproches: «Il y a des ratés, environ 5% des rotations, essentiellement dus à des travaux, explique Jean Dahirel, toutefois nous ne sommes pas à 1 heure près, il est juste nécessaire que nous ayons une amplitude journalière suffisante pour assurer le déchargement des convois.» D’une façon générale, les trains arrivent sur site avant 10 h et repartent après 19 h, ce qui laisse un délai de 9 heures pour les opérations de manutention.ECR dédie des moyens humains et matériels (cinq locomotives Class 66 et G 1206 BB) et a mis en place un interlocuteur unique chargé de gérer les flux de Le Gouessant. L’UO (unité opérationnelle) ECR concernée est celle de Saint-Pierre- des-Corps (Tours). Pour 2008, l’enjeu est d’accroître le nombre de points de déchargement pour lesquels ECR est habilité (connaissance de ligne,etc.). Aujourd’hui, 70% des 80 sites peuvent être desservis; l’objectif est d’augmenter ce taux, qui représente «un plus concurrentiel», comme le souligne Jean Dahirel. T.Thirobois Remorqué par une Class 66, le train ECR 60544 Nesle - Trappes - Lamballe, formé de wagons neufs du groupe Le Gouessant, franchit la gare d’Orry-la-Ville (9 février 2008). RAIL PASSION N°127 MAI2008 78 Repères Premier train franco-allemand pour ECR Depuis le changement de service de décembre 2007, la DB et ECR opèrent ensemble, pour le compte de Saarstahl, un train entre Sarrebruck Burbach (Allemagne), et Golbey (Vosges) et Conflandey (Haute-Saône). Le sidérurgiste livre du fil d’acier aux tréfileries Conflandey Industries (filiale du groupe allemand) et à Michelin. Depuis le rachat d’EWS, dont ECR, est une filiale par la DB, il s’agit là du premier train opéré en partenariat. Pour l’heure, la traction est assurée avec une 66 et requiert donc un changement d’engin pour parcourir les quelques kilomètres en territoire allemand (les Class 66 «britanniques modifiées France» étant différentes du modèle «européen» homologué outre-Rhin). Toutefois, la situation devrait se simplifier prochainement avec le recours à la série G 2000-3, apte à circuler dans ces deux pays. Patrice Colinet, responsable logistique de Conflandey Industries, déplore «une dénonciation unilatérale, à l’été 2007, du contrat de transport passé avec la SNCF». Alain Declercq, directeur Fret SNCF région Est, confirme et explique : «Nous ne pouvions plus continuer d’exploiter un service pour lequel pour un euro encaissé, nous en dépensions deux et demi. » La maîtrise commerciale de ce trafic est du ressort de la DB. Fret SNCF intervient pour la partie française. «Les conditions traditionnelles de juxtaposition des prestations à l’international ne nous permettaient pas de dégager des recettes suffisantes et nous avons alors entamé des discussions avec la DB qui n’ont malheureusement pas débouché sur un accord.» Une solution devait être trouvée afin d’assurer la continuité de l’approvisionnement de Conflandey Industries après le changement de service. Ce dernier ne recourt qu’au rail pour l’acheminement de la matière première «fil d’acier»: 65000 t en 2007 et 73000 prévues en 2008. Saarstahl et la DB ont opté pour ECR. Il a été décidé, afin de réduire les coûts, d’inclure la desserte de Michelin, également client du sidérurgiste, dans le même flux de transport. Auparavant, Fret SNCF assurait deux trafics distincts. L’opérateur historique avait également envisagé cette mutualisation, mais il n’avait pas de contact direct avec le client et aucun terrain d’entente n’a été trouvé avec La desserte bénéficie, en outre, de la mise en service de nouveaux wagons permettant le transport de bobines sur deux niveaux et ainsi d’accroître la performance de la desserte: 52 t d’acier sont chargées par véhicule au lieu de 30. ECR opère ainsi deux trains hebdomadaires, dessert au passage Golbey et reprend un lot de wagons vides, avant de poursuivre vers Lure (rebroussement), Vesoul et Conflandey. Le retour se fait par Chalindrey, Toul et Metz. Malgré quelques aléas au démarrage, les deux destinataires semblent satisfaits de la prestation ECR, même si Sébastien Gardant, responsable logistique de Michelin Golbey, dénonce «une réactivité et une communication en service perturbé lacunaires». Ils soulignent unanimement une perte de souplesse dans le service et doivent adapter en conséquence leur logistique interne. Conflandey Industries dispose de deux sites distants de 5 km environ. Fret SNCF offrait la possibilité, au faisceau de Vesoul, d’ajuster le nombre de wagons destinés à l’une ou l’autre unité de production en fonction des besoins de l’industriel. Aujourd’hui, la composition est établie au départ sans modification par la suite. Toutefois, le recours aux nouveaux wagons plus capacitaires (52 t) accroît la productivité de la phase de déchargement. Michelin reçoit ses wagons sur un embranchement court de 260 m. Aujourd’hui, il est desservi par un train direct alors qu’auparavant les wagons arrivaient en bloc au triage de Blainville et étaient acheminés au coup par coup par la desserte de wagons isolés. L’approvisionnement était réparti sur trois à quatre jours et le nombre de wagons livrés l’était en fonction des besoins. Fret SNCF a travaillé sur la rentabilité de cette desserte mais elle semblait condamnée avec la suppression d’autres trafics. Citons ceux destinés à Norske Skog (repris par VCF) et Arcelor Mittal, qui n’est plus client de Michelin depuis le 1 Pour l’heure, la traction du train assuré par la DB et ECR pour le compte du sidérurgiste Saarstahl entre Sarrebruck, en Allemagne, et Conflandey, en Haute- Saône, relève, côté français, d’une 66 «britannique modifiée France», la 66218. Ici, au passage à Saint-Sauveur, Haute-Saône (13 février 2008). E.Jacquot Traxx MS chez Bombardier (série 186.161 à 180). Vosslohcompte trois séries au- est la première série de locomo- nouveaux entrants VCF, ECR et en France par Fret SNCF, qui loue 23 unités (BB 461000) chez Angel Trains Cargo. le «nouvel entrant du groupe SNCF», re- contrat de location arrive pro- entre ses mains. L’opérateur va compléter son parc par la loca- tion directe de 10 unités auprès Trains Cargo). D’ici à la fin de VCF dispose, début mars, parc de 13 engins. Certaines lo- comotives sont uniquement dis- et transfrontalier, d’autres sont allemandes de l’opérateur (Veo- lia Cargo Deutschland et ses fi- location chez Angel Trains Cargo (ATC) ou Mitsui Rail Capital 500.1512, 1514, 1515, 1544, 1206 BB louées chez ACT: 500.1516 (FB 1547), 1628 (FB 1544), 1630 (FB 1545) et 1631 (n°1) à 1781 (n°20), et six L’opérateur allemand MWB, in- dispose de deux locomotives ac- tuellement louées à Westfä- lische Landeseisenbahn (WLE): 500.1726 (V 2106) et 1727 (V 2107). de quatre en- ginslouées chez ACT et Mitsui Rail Capital Europe: 500.1513, 1649, 1665 et 1731. 1000 BB, pour VCF: 500.1595 et 1596. ECR en a 11 à son effectif: 500.1487 (FB 1487), 1602 (FB 1602), 1610 (FB 1610), 1611 (FB 1611), 1642 (FB 1642), 1643 (FB 1643), 1703 (FB 1703), 1706 (FB 1706), 1784 (FB 1784), 1785 (FB série Vossloh a avoir reçu de sécurité ferroviaire) son autori- commerciale (27 juillet 2007). commande: 10 aptes France/ Belgique/Pays-Bas et 10 Fran- ont été livrées cinq France/Alle- magne: 500.1632, 1633, 1667, France/Belgique/Pays-Bas: 500.1637, 1640, 1641, 1669 et 1670. RAIL PASSION N°127 MAI2008 Repères Les défis de Fret SNCF «Vous devez redonner au groupe SNCF une place centrale dans le transport de marchandises, en France, en Europe et dans le monde.» C’est en ces termes que le Président de la république, Nicolas Sarkozy, a précisé, dans une lettre adressée au nouveau président de la SNCF, Guillaume Pepy (27février 2008), la mission «fret» du groupe. Autrement dit, il s’agit de faire de la SNCF et ses filiales un «leader mondial français du fret et de la logistique», explique Guillaume Pepy, qui ajoute : «Nous serons dans le top 5 des opérateurs mondiaux de logistique.» L’objectif est fixé pour l’horizon 2012, soit cinq ans pour «raccrocher les wagons», Fret SNCF en l’occurrence, à «la dynamique reconnue du TGV et des TER, en changeant d’ambition, de rythme et d’envergure», souligne Guillaume Pepy. DHL/Exel, DB Schenker, Nippon Express, Kuehne +Nagel, UPS, Panalpina… il faudra donc demain compter avec le groupe SNCF rassemblant Fret SNCF, Transport et Logistique Partenaires (TLP) et Geodis parmi les cinq premiers acteurs de la logistique internationale. Rachat, partenariats? Rien n’est exclu et nous devrions être fixés dans les prochains mois. Aujourd’hui, la branche Transport & Logistique réalise un chiffre d’affaire total de 7726millions d’euros, soit une progression de 16% par rapport à 2006. Geodis contribue à ce chiffre, à hauteur de 62%. La progression de ce dernier, entre 2006 et 2007, est très forte (+ 26 %), notamment en raison des acquisitions de Wilson (la fusion de TNT Freight Management et de Geodis Overseas a donné naissance à Geodis Wilson) et de Rohde & Liesenfeld. Fret SNCF et TLP représentent un CA de 2926 millions d’euros. L’opérateur ferroviaire Fret SNCF continue dans la voie du redressement, l’objectif du retour à l’équilibre étant fixé à 2010. Le résultat net récurrent est de - 200 millions d’euros (- 267 en 2006) pour Fret SNCF, qui accuse un manque à gagner de 50millions d’euros dû aux grèves d’octobre Les résultats 2007 du groupe SNCF: Chiffre d’affaires: 23691 M (+8%) Résultat opérationnel courant (Ebit): Résultat net récurrent: Résultat net part du groupe: 1042 M Cash-flow libre: Endettement net: 4488 M En véhicule dans un train de fret remorqué par la 61011 SNCF, la Vossloh G 1206 n°20 de Seco Rail (Colas Rail depuis) lors de son acheminement vers la France. Photographiée ici à Kehl (25 juin 2007). J.-C.Mons (120km/h). «européennes» ont été com- Pays-Bas et ont rejoint les ate- débarquer dans l’Hexagone cou- rant mars pour une mise en ser- Alstom et Bombardier fournis- En France, VCFest le premier 37500 d’Alstom. Un total de 31 huit (E 37501 à 8) déjà livrées début janvier 2008. Elles peu- vent évoluer en France et en Al- lemagne. De son côté, ECR a re- MRCE de trois BR 185.5 Bom- Allemagne (15kV 16,7Hz et 25kV 50Hz), elles sont du type Traxx AC 1. La nouvelle généra- tion, la Traxx MS, a été com- mandée par ECR et VCF. La ver- contrées est désignée «DBF» Trois unités sont destinées à VCF locomotive Traxx MS destinée à ECR, la 186.161 est sortie des usines de Kassel courant mars. Outre les modèles de locomo- tives mentionnés, il est vraisem- laisse présager. Angel Trains Cargo a commandé, le 20 sep- tembre 2006, 18 diesels Vossloh CoCo Euro 4000. L’homologa- Maxima et Gravita de Voith territoire français prochaine- RAIL PASSION N°127 MAI2008 82 Repères Une G 2000, louée par Fret SNCF, de passage à Dordrecht en tête du train 41844 Rotterdam - Vénissieux Vossloh G1206 (de l’actuel Colas Rail) en tête d’un train complet de trémies (carrières de Saint-Varent) en gare de Thouars A.Grouillet A.Dupire L a BOUTIQUE L a BOUTIQUE PAGE 92 Retrouvez notre catalogue en ligne et commandez sur w w w . l a v i e d u r a i l . c o m La Vie du Rail - 11, rue de Milan, 75009 Paris - Tél.: 0149701257 - Fax: 0149700177 VAPEUR AU SAINT-GOTHARD Les courses spéciales en train à vapeur constitué un évé- nement impor- tant des festivi- de la ligne.Des et Bellinzone.Installées sur les deux locomotives A 3/5 et C 5/6,des caméras spéciales ont enregistré des images hors Durée:75 min.DVD. 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Longueur de la rame: 72mm.Modèle HO. Réf.: 230182 classe; classe. Longueur de la rame: 72mm.Modèle HO. Réf.: 230183 En livrée verte.Époque III.Service SNCF mixte voyageurs,messagerie et mar- Longueur:275mm. Réf.: 230 019 RAIL PASSION N° 127 85 rail du fameux constructeur de Tours en ser- caisses n°222. Très original, il n’est autre que 150 ch, est livrée en 1939 au réseau du Viva- rais. Unique exemplaire préservé de cette pe- tite famille d’engins, le Billard 222 est admi- plaques latérales en relief «La Flèche-des- Cévennes», service prestigieux qui reliait La Voulte-sur-Rhône à La Voulte-sur-Loire entre 1949 et 1952. L’autorail De Dion-Bou- ton n°204, de 1935, est un autre rescapé du remorques De Dion préservées, une rame his- La traction vapeur n’est pas absente: machines à vapeur, sauvées par la Facs, sont en cours de restauration. La première, la Mal- let n°101, de type 020 + 020 T, est issue du identique à la 020 + 020 T n°104 en activité années 70 entre Dunières et Saint-Agrève, mais son état imposa rapidement d’impor- tants travaux de réfection. Les frais de restau- chantier. La seconde est la 040 T n°22. Fabri- travaux publics Paul Frot. Elle est identique à la 040 T n°24, qui œuvre actuellement au patrimoine qui est menée par l’équipe de bé- avec le CFV est évident. Si l’un est mondiale- ment connu pour ses trains à vapeur évo- sein d’emprises ferroviaires miraculeuse- locomotives à vapeur, la restauration du parc des autorails et de leurs différentes re- Sivu et l’association; une telle structure of- frira des conditions optimales pour la pré- part, le site de la gare de Raucoules-Bros- constituer un écomusée sur ce site ferroviai- re resté inchangé depuis 1902. premier juin au 28 septembre. Il faut signa- déroulent en dehors de cette période com- Pour de plus amples renseignements Voies Ferrées du Velay, vous pouvez consul- ter leur site Internet: http://www.asso- vfv.net. Vous pouvez également contacter les offices du tourisme des différentes com- ce chemin de fer touristique: Le Chambon- sur-Lignon (tél.: 0471597156), Montfau- con (tél.: 0471599573), Saint-Agrève (tél.: 0475301506), Tence (tél.: 0471598199). Type et origine Origine entreprise Paul Frot. 1939, CFD Vivarais «La Flèche-des-Cévennes».Engin restauré en état de marche. Ex-130 Fives-Lille de 1891, transformée en 1946. Matériel moteur préservé présent aux Voies ferrées du Velay La vapeur 040 T n°22, en cours de restauration. C. Besnard/Doc. Locotracteur CFD des VVF, obtenu à partir de la transformation d’une locomotive à vapeur de type 130. N.Schou RAIL PASSION N°127 MAI2008 86 l était une fois un tout petit garçon qui aimait re- garder passer les trains. De cette vocation pré- coce, il ne faut pas s’étonner: il passait des hiver. C’est possible quand on vit au Marseille - Vintimille! Son père grande aventure que de l’accom- «monter à Paris» avec le Mis- Tout ce qui suit lors qu’apparaître logique: à colorier… des trains. Et, sur- tieux: une masse formidable, actionnée par un ces yeux, le visage d’un conducteur ridiculement minuscule. Du des- sin émanait une impression de puissance imparable, de force irré- ductible. J’avais trouvé ma première image de conquérant: l’énergie à l’état pur, le mouvement impérieux que rien ne saurait arrêter, la symbolisation technique des rêves de maîtrise du temps et de l’espa- Je crois que, depuis ce jour, les 2D2 ont été mes «dévorants» (*), mais je ne pensais pas alors qu’il puisse y avoir une «fin des dévo- rants»: la silhouette étrange qui rayonnait dans l’album à colorier planisphères multicolores, des «gros mots» et autres expressions mysté- rieuses. Un jour, une page s’ouvrit qui machine: le dessinateur avait «ou- blié» la carrosserie et nous mon- système étrange, aussi incom- termes techniques et une lo- d’écorchée (une 141 P, je l’autre des premières encyclopé- train de Toulouse, à la sortie de la gare d’Austerlitz vers le chantier du Chevaleret), soit dans les nombreux dic- Dans tous les cas, il ne pouvait s’agir que d’images: dans ma provin- mais cela est une autre histoire! Un jour, cependant, rejoindre Paris. Là-haut, le réseau des caténaires commençait à se développer; aussi, arrivé à la gare de Lyon, je trouvai une machine électrique en tête de notre train: alors que nous remontions le quai Les mirages de l’enfance Les fidèles de Rail Passion se rappellent des souvenirs d’André Victor parus dans les années 96-98 dans notre revue.Nous avons aujourd’hui le plaisir de leur offrir les premières rubriques ferroviaires de cet auteur, présentées dans des années 80, période charnière de mutations, et qui constituent une sorte de chant du cygne d’un chemin de fer en train de disparaître… Sur les rails du souvenir (1) PAR ANDRÉ VICTOR RAIL PASSION N°127 MAI2008 88 Modélisme événement TEXTE DE STÉPHANE ÉTAIX ET PHOTOS DE NELLO GIAMBI édition s’est déroulé, pour la deuxième an- mars. Ce lieu éloigné de Paris, ce qui n’en facilite pas forcément l’ac- cès, permet en contrepartie d’avoir une surface d’exposition beau- coup plus grande qu’à la porte de Versailles. Le Salon disposait ainsi de plusieurs halls (chaque hall étant spécialisé dans un domaine par- voiture, ce qui peut paraître élevé, mais cela n’a pas découragé les visi- teurs de tous âges, toutefois un peu moins nombreux que l’an dernier. réservé une large place au ferroviaire (fabricants, détaillants, édi- teurs, outillage…), mais un certain nombre de constructeurs et d’arti- sans en étaient absents en raison du prix des stands, fixé par les or- Une fois de plus, on a pu constater que les fabricants de modèles ré- Le Mondial de la maquette du Bourget, qui a enregistré, pour sa 29 édition, des chiffres de fréquentation en légère baisse, présentait toutefois un réel intérêt dans le domaine ferroviaire avec la présence de nombreux fabricants et d’une grande variété de diora- mas de toutes échelles. La gare du Nord dans les années 70-80 à Paris, réalisée par les Amis du rail du Parisis en HO. Seule une partie de la gare a été reproduite car la version réelle prendrait beaucoup plus de place. Ici, les trains peuvent changer de machine en gare et repartir dans le sens opposé. Ci-dessus, la gare est vue depuis le pont de la rue de Jessaint, sur lequel des véhicules peuvent circuler grâce au système Faller Car, sans le boulevard de la Chapelle. Ci-dessous, la façade de la gare, conçue par Hirtoff, est vue depuis l’arrêt de bus. Un autobus de la RATP attend sagement ses voyageurs. MAI2008 RAIL PASSION N°127 89 Ce module en O, réalisé par Stéphane Chevalier, Michel Degon et Didier Préd’Homme, nous présente une ville de la Somme dans les années 50. Le décor est en carton. Sur ce module, nous avons une voie normale sur laquelle est tracté un omnibus comportant des voitures à portières latérales, et, dans le bas, du O métrique avec un chemin de fer industriel. Ce diorama en HO de Robert Gesuelli, du Rail club de Meaux, nous propose une scène de marché à Lisieux en 1900. Cette place a entièrement été détruite en 1944 et elle n’existe plus du tout sous cette forme aujourd’hui. Le décor a été réalisé en carton. Porte Océane en N par M. Le Grannec. Ce module, réalisé pour les 30 ans de l’Afan (Association française des amis N), nous présente ici un port de commerce breton dans les années 70 (inspiré de Brest). Le navire en attente est un cargo frigorifique dont la cargaison doit être transférée sur des trains composés de wagons frigorifiques (Marcel Millet) en traction diesel. Le décor est réalisé en plasticarte de différentes épaisseurs. RAIL PASSION N°127 MAI2008 90 du fait du prix élevé des modèles proposés, mais il est tout aussi in- de fait en proposant des modèles moins détaillés et donc moins coû- présentés par les différentes associations de modélisme sous la hou- les échelles du N au O. � 1) « Mon premier réseau en HO »ou «mon premier train », tel pourrait s’intituler ce réseau construit par les membres de l’Afac (Association française des amis du chemin de fer, basée à Paris à la gare de l’Est, qui possède plusieurs grands réseaux qui peuvent se voir le samedi après-midi), qui montre ce que serait susceptible de réaliser un jeune qui déciderait de se mettre au train élec- trique. Ce réseau, certes simple (un ovale à double voie, une gare, quelques maisons et un faisceau de garage), avec un câblage faci- le à réaliser, peut tenir sans problème dans une chambre d’ado. 2-3) Ce réseau, qui comporte plusieurs modules (52 actuelle- ment), a été construit par l’Arverne ferroviaire miniature club, basé à Chamalières, qui nous présente la ligne du Bourbonnais en HO entre Riom et Vichy. La partie Vichy - Clermont-Ferrand sera réalisée plus tard. Ci-contre, la gare de Hauterive, construite dans le style PO, qui comprend une gare avec une halle marchandises à côté. Cette gare a perdu son embranchement vers Gannat depuis des années. Ci-dessous, l’avant-gare de Riom avec plusieurs voies à quai. Cette gare est desservie par du matériel de différentes époques ayant circulé sur cette ligne. 2 3 1 Modélisme événement MONDIAL DE LA MAQUETTE RAIL PASSION N°127 MAI2008 94 EN VITRINE PAR GUY LANDGRAF d’un autre en deux-rails-continu, ce dernier sous la marque Trix, bien d’en trouver chez la plupart des détaillants; des séries également l’absence du modèle chez nombre de revendeurs! C’est dommage, de disposer d’une CC 40100. que l’on a coutume de rechercher pour «faire réaliste». La très bon- ne motorisation fait appel à des composants modernes et à un déco- place sur l’arbre de transmission. L’éclairage est réversible, avec trois prendre le courant à la caténaire. Les attelages sont normalisés. En- fin, le conducteur est figuré à son poste. Le fonctionnement de l’en- gin est très bon. Le modèle Trix présente des caractéristiques équiva- Références: 39401 (Märklin) et 22576 (Trix). Prix de vente: Bigoudène rouge en HO, apparu début décembre 2007, la foulée, la marque espagnole du groupe Hornby a proposé son mo- plus de l’X 3217, de Longueau. Ce nouvel autorail est donc représen- tatif de l’époque IV, contrairement à son prédécesseur, qui pouvait Références: 2132 (deux rails) et 2141 (trois rails). Prix respectifs: autour de 170 et de 200 vient de sortir trois modèles (seulement différents par les mar- portent le logo SNCF dit «fermé» des origines (époque IV) et la troi- sième le logo appelé «casque» coloré (époque V). La gravure comme la décoration sont fidèles au matériel réel. L’intérieur est aménagé et Roco se trouve complète et permet donc aux modélistes de compo- Références: 45382 et 45383 (VU d’origine avec numéros différents), et 45384 (voiture avec logo «casque»). Prix unitaire: Les modèles mentionnés ont été prêtés par «La Locomotive Bleue - Paris», 276, rue de Charenton, Paris 12 N. Giambi/La Locomotive Bleue Les BB 25200 sur le TERRhône-Alpes, le TERRhône-Alpes À bord de la 25244 de Lyon printemps 1987 que les BB 25200 arri- vent sur la région Rhône-Alpes, avec Chambéry. Au moment du tournage (février2008), il ne reste plus que 18 s’éteindre vers 2012, les BB 25200 effectuent toujours un service de quali- té sur le TER Rhône-Alpes, bien que connaissant aujourd’hui quelques inévi- tables problèmes de fiabilité, notam- ment lors de leur utilisation en réversi- bilité. Pour le conducteur amoureux de la belle électromécanique, elles conti- machines à conduite en affiche de ten- Rail Passion de Lyon-Part-Dieu à Annecy) pour découvrir ou redécouvrir des locomo- Durée: environ 30 min.
Conditions générales Garantie « satisfait ou remboursé » sous 30 jours Expédition sous 2 jours, livraison sous 5 à 7 jours