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Rail Passion Hors Séries n°27

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3’:HIKNTC=[VV^UZ:?a@k@m@h@f"; M 03926 - 27H - F: 11,90 - RD HORS-SÉRIE - NOVEMBRE 2015 HORS-SÉRIENOVEMBRE 2015 FRANCE / 11,90 RaiL PASSION - HORS-SÉRIE - NOVEMBRE 2015 / DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES www.laviedurail.com/rail-passion De Paris à Nîmes La traversée du Bourbonnais et des Cévennes De Paris à Nîmes par le Bourbonnais et les Cévennes ERNARD OLLARDEY Seconde radiale importante de la compagnie PLM, cet itinéraire Nord - Sud a toujours été placé par celle-ci au second plan par rapport à l’artère Impériale Paris - Dijon - Lyon - Marseille, vu l’énorme trafic que cette dernière écoule vers la Bourgogne, la Suisse, l’Italie, le secteur rhônalpin, le couloir rhodanien et la façade méditerra- néenne. Au cours de plus de 150 ans d’existence, il lui a pourtant, à plusieurs reprises, prêté main-forte, pour des détournements notamment lors de la période troublée de la Seconde Guerre mon- diale, tout comme en raison d’incidents graves. Moins en vue du grand public, elle a malgré tout, ne nous y trompons pas, une tout autre dimension, avec des fonctions variées dont les transversales se sont diluées au fil du temps. Longue de 723km, elle traverse cinq régions économiques: Île-de- France, Centre, Bourgogne, Auvergne et Languedoc-Roussillon et pas moins de 11 départements: Seine, Val-de-Marne, Essonne, Seine-et-Marne, Loiret, Nièvre, Allier, Puy-de-Dôme, Haute-Loire, Lozère et Gard. Tout au long de son parcours éclectique, elle épouse le cours de plusieurs fleuves et rivières et franchit la montagne céve- nole avec point haut à La Bastide-Saint-Laurent-les-Bains à plus de 1000m d’altitude. Aucune des autres grandes radiales quittant la capitale ne présente un profil aussi sévère avec des déclivités attei- gnant 25‰. C’est dire que son tracé est tourmenté dans son troi- sième tiers, tout en offrant des paysages époustouflants. Par rapport à son illustre voisine, véritable colonne vertébrale ferro- viaire du réseau national, assumant un rôle international évident, ses équipements sont demeurés longtemps vieillots, avec une desserte propre relativement pauvre, mais son histoire complexe n’en reste pas moins intéressante à plus d’un titre. Son électrification tardive sous 1,5 puis 25kV jusqu’à Clermont-Fer- rand n’a été achevée qu’en 1990, en parallèle avec une modernisa- tion profonde de ses installations. Des relèvements de vitesse à 200km/h autour de Moulins ont hissé l’artère dans le peloton des rares lignes conventionnelles circulables à haute vitesse. D’autres pourraient suivre en attendant la future ligne nouvelle Paris - Lyon II (POCL) qui doit transiter par le Bourbonnais, projet souhaité par les populations et dont la prise en compte est ajournée. Plus au Sud, si le prolongement de la caténaire jusqu’à Issoire a été un moment envisagé, le parcours qui a perdu récemment ses liai- sons grandes lignes dépend maintenant étroitement des liaisons TER de Cosne à Nîmes. L’abandon du tronçon tourmenté Langeac - Langogne suivant les gorges de l’Allier et truffé d’ouvrages d’art a un moment été évoqué, tandis que le maillon terminal Alès - Nîmes vient d’être à son tour restauré. Après avoir connu des époques de gloire avec les trafics Paris - Cler- mont ou Saint-Étienne se mélangeant à ceux transversaux partiels de Nantes à Lyon, Bordeaux à Lyon, son exploitation a aujourd’hui considérablement évolué, avec perte de tous les trains de nuit et affaiblissement des transports fret, cela en raison de la chute inexo- rable des foyers industriels et de la concurrence à la fois routière et des opérateurs privés. Pour atteindre Montargis, l’axe du Bourbonnais a été conçu d’origine avec deux lignes se greffant sur l’itinéraire majeur Paris - Lyon - Marseille: l’une à Corbeil-Essonnes (km 32 de Paris) La Ferté-Alais, Malesherbes, l’autre à Moret-les-Sablons (km 67 de Paris) Nemours-Saint- Pierre. L’étude de ligne qui suit se propose de remonter le temps et de cer- ner les grandes évolutions ayant touché au fil des ans cette longue artère, à la fois au plan des installations, des dessertes, des horaires, des trafics, des matériels engagés. À Langogne, le Clermont - Nîmes franchit l’Allier (2014 ; P.-L. Espinasse). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 6 Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES Les BB 67400 et 5919, tractant un Paris - Nîmes, à La Grand- Combe devant la centrale du Fesc (22 mai 1981 ; M. Carémantrant). Une construction et une ouverture étalées sur 30 ans Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette grande radiale nationale n’a pas été ouverte en premier lieu au tra- fic depuis Paris, mais bel et bien à l’opposé dans le Sud de la France. En effet, une concession a été accordée dès 1833 à la compagnie des mines de La Grand-Combeet des chemins de fer du Gard qui met en service le tronçon Alais - Nîmes (49km) le 10août1840. Constituant une des toutes pre- mières voies ferrées créées en France, son rôle primordial est d’acheminer le charbon vers le Rhône via Beaucaire, gare reliée par le rail dès le 15juillet1839 et l’année sui- vante jusqu’au port de Marseille. La valorisation du gise- ment houiller du secteur de la Verrerie à La Grand-Combe au nord d’Alais, conduit la compagnie susnommée à pro- longer la ligne jusqu’à La Levade sur 16km, chose faite le 25avril1841. En 1852, la compagnie de La Grand-Combe à Beaucaire est absorbée par celle d’Avignon à Marseille à laquelle elle est rattachée à Tarascon. La réalisation de la radiale Paris - Nîmes intéresse ensuite la partie médiane du parcours dont la construction est entre les mains de la Compagnie du Grand Central formée en 1853 par le comte de Morny, député de Clermont, demi- frère de l’empereur Napoléon III. C’est ainsi que le rail déjà en service de Vierzon à Nevers Bourges, Saincaize dès 1850, poursuit sa route dans la basse vallée de l’Allier de Saincaize vers Moulins atteint le 15mai1853, Varennes- sur-Allier le 22août suivant et se raccorde à Saint-Ger- main-des-Fossés le 19juin1854. Pour l’évacuation du charbon du bassin de Brassac-les- Mines, trois sections entourant Clermont-Ferrand sont ouvertes dans l’année 1855: de Saint-Germain-des-Fossés à Clermont (65km) Gannat, Riom le 7mai, de Clermont-Ferrand à Issoire (36km) le 2juillet, d’Issoire à Brassac-les-Mines (18km) le 3septembre. C’est donc en 1855 que Paris et Clermont-Ferrand sont reliés par le rail Vierzon, Saincaize. Tandis que l’idée de joindre les deux antennes déjà réali- sées à travers la Haute-Loire et la Lozère en suivant le val d’Allier et par le col de Villefort devient prégnante, en 1856 intervient le 3mai le prolongement de Brassac à Arvant qui va constituer l’amorce d’une grande rocade à travers le Massif Central joignant Clermont à Montauban par Aurillac, Capdenac. Alors que les courts trajets Brioude - Langeac (6km) et Arvant - Brioude (10km) sont ouverts les 10décem- bre 1856 et 1 mai 1857, la dissolution du Grand Central fait passer les sections déjà exploitées sous la coupe de la grande compagnie du PLM, érigée par décret du 19juin 1857. Celle-ci va dès lors s’attacher à construire le tronçon Nord entre Moret-les-Sablons et Nevers (186km) dont la mise en service intervient en deux étapes: le 14août 1860 de Moret à Montargis, le 21septembre 1861 de Montargis à Nevers, avec en sus le raccordement de Saincaize permettant enfin un pas- sage direct de Paris-Gare-de-Lyon vers Clermont. La création d’un second itinéraire pour joindre Montargis par le Gâtinais prend corps à cette époque et débouche sur la mise en service de la section Corbeil-Essonnes à Maisse RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 8 Franchissant peu après l’Allier elle se dirige vers l’Ouest à travers la Limagne bourbonnaise, dessert Gannat (km 378), longe la base des collines de Terres Noires, passe à Aigue- perse puis Riom (km 406), ancienne capitale des ducs d’Au- vergne, ville renfermant de vieilles églises et musées. S’ap- prochant ensuite des contreforts du Massif Central dont la masse du Puy-de-Dôme (1465m) se détache sur l’horizon vers l’Ouest, la ligne ne tarde pas à toucher Clermont-Fer- rand (km 420 de Paris). Capitale de l’Auvergne bâtie en amphithéâtre sur le versant des monts Dôme et des Puys dominant la fertile plaine de la Grande Limagne, elle ren- ferme une cathédrale gothique, l’église romane de Notre- Dame-du-Port et divers musées. Passé Clermont, la ligne de Nîmes décrit un arc de cercle vers le Sud-Est, passe au pied du plateau de Gergovie por- tant un oppidum gaulois, puis va s’immiscer dans l’étroit couloir où coule l’Allier franchi à Longues, puis à nouveau à l’entrée d’Issoire (km 454), localité métallurgique. Sur ce dernier parcours émergent de-ci, de-là des dykes volca- niques caractérisant l’Auvergne, surmontés des villages de Corent,Montpeyroux, Coudes. Franchissant son affluent rive gauche, l’Allagnon au Saut- du-Loup, elle fend l’ex-périmètre minier de Brassac-les- Mines et entre dans la partie septentrionale du dépar- tement de la Haute-Loire. Après la gare de bifurcation d’Arvant (km 479), elle irrigue Brioude (km 489) avec sa remarquable église romane Saint-Julien, traverse l’Allier puis s’élève sur sa rive droite vers Paulhaguet et Saint- Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES L i g n e d e l a P l a i n e L i g n e d u P l a t e a u LIGNE DE PARIS À MONTARGIS VIA CORBEIL ET MORET L a M a r n e L a S e i n e L e L o i n g L e L o i n g L e P e t i t f u s a i n L a C l é r y L ’ Y e r r e L a S e i n e L a S e i n e L a S e i n e L ’ E s s o n n e L ’ E s s o n n e L ’ E s s o n n e Bifur de Filay (Noisy-le-Sec) (Tiangle de Coubert) (Lyon) (Montereau, Lyon) (Pithiviers) (Beaune-la-Rolande) Nota : De Paris à Villeneuve et Juvisy représentation des voies simpliée (Les Aubrais) (Bordeaux) (Triguères, Sens) (Clermont-Ferrand) (Paris-Austerlitz) L G V LG V S u d E s t V1 V2 V8 V3 V4 T2 T1 V5 V6 V7 DÉSIGNATION DES OUVRAGES V1 : V2 : V3 : V4 : V5 : V6 : V7 : V8 : T1 : T2 : V1 : V2 : V3 : V4 : V5 : V6 : V7 : V8 : T1 : T2 : Pont sur la Marne Petit viaduc de Brunoy 118 m Grand viaduc de Brunoy 369 m Le Mée Viaduc de Changis 350 m Pont sur canal et Loing 105 m Viaduc d'Amilly 70 m Vigneux 178 m Tunnel d’Essonnes 573 m Tunnel de la Rochette 80 m Infographie V. Morell/Rail Passion RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 10 flancs déchiquetés, rencontrées à Prévenchères, la ligne passe non loin du village et du château fortifié de La Garde- Guérin, étape sur la voie Régordane, ancienne voie de com- munication entre l’Auvergne et le Languedoc. Franchisant l’Altier aux allures torrentielles descendant du Mont Lozère, elle dessert la localité de Villefort s’étirant au creux d’un vallon. Au-delà, elle poursuit sa dégringolade dans un contexte très mouvementé avec une végétation devenue méridionale dominée par les châtaigniers, les pins, les chênes rouvres, les cultures en terrasses de mûriers et d’oli- viers, franchissant plusieurs cours d’eau affluents de la Cèze dont l’Homol, le Luech. À Chamborigaud à l’extrémité sep- tentrionale des concessions minières du bassin d’Alais, elle s’engouffre dans le tunnel de La Bégude avec débouché sur Sainte-Cécile-d’Andorge où cette fois elle va épouser le cours du Gardon d’Alès issu de la montagne du Bougès. À partir de La Levade elle pénètre dans le périmètre usinier des mines de La Grand Combe et atteint la ville d’Alais (km 674). Pour rejoindre Nîmes, la ligne des Cévennes reste sur la rive gauche du Gardon, passe au pied de la localité de Vézéno- bres perchée sur un piton, traverse la rivière à Ners, recoupe plusieurs de ses affluents à sec en été, puis s’en écarte pour entrer dans la garrigue nîmoise où apparaissent des vigno- bles des Costières du Gard. Tangentant par le Nord l’agglo- mération nîmoise, forte de vestiges romains réputés (Mai- son Carrée, Tour Magne, Arènes, Temple de Diane), elle vient se souder à la transversale Sud Tarascon - Sète à Courbes- sac. De là les trains de voyageurs doivent rebrousser sur trois km pour être reçus en gare de Nîmes-Voyageurs (km 723 de Paris). L’itinéraire bis accédant à Montargis par l’Ouest, débute à Corbeil-Essonnes. Il remonte continûment la rivière Essonne, desservant des localités de la banlieue Sud en pleine expansion, dont La Ferté-Alais (km 52 de Paris), puis Malesherbes dans le Loiret, aux confins de la Beauce LIGNE DU BOURBONNAIS Section de St-Germain-des-Fossés à Clermont-Ferrand via Vichy et Gannat L a S i o u l e L ’ A l l i e r L e S a r m o n L ’ A l l i e r L a D o r e L ’ A l l i e r L a M o r g e L a M o r g e T 1 : T 2 : V 1 : V 2 : T 1 : T 2 : V 1 : V 2 : Arbrest Randan St-Germain Arbrest V 1 V 2 T 1 T 2 Triage des Gravanches Dépot (Nevers, Paris) (Thiers, St-Étienne) (Nîmes) (Ussel) (Pont-de-Dore, Arlanc) (Montluçon) (Lyon) Infographie V. Morell/Rail Passion RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 12 Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES LIGNE DE CLERMONT-FERRAND À ALÈS - LOCALISATION DES OUVRAGES D’ART Section Clermont - St-Georges-d’Aurac Section St-Georges-d’Aurac - Chapeauroux Section Chapeauroux - Villefort Section Villefort - Alès L ’ A l l i e r L ’ A l l i e r L ’ A l l i e r L ’ A l l i e r L ’ A l l i e r L ’ A l l i e r L e C h a s s e z a c L ’ A l t i e r L a S e u g e L a n g o u y r o u L ' E s p é z o n n e t t e L e G a r d o n L e L u e c h L ’ A l l i e r L ’ A l l i e r L ’ A l l i e r L a S e n o u i r e L ' A l a g n o n Pont sur l'Auzon - 31 m Viaduc de Costet Tunnel de Crémat - 223 m Tunnel de Villefort - 276 m Tunnel du Rat - 61 m Tunnel du Collet - 462 m Tunnel de Valcrouzes Tunnel de Rancel - 242 m Tunnel d'Elzière - 414 m Tunnel de Planzolès - 512 m Tunnel de Ribes - 197 m Tunnel de la Banlève - 714 m Tunnel de Champrevars - 113 m Tunnel de L'Ayrolle - 234 m Tunnel de Génolhac - 396 m Viaduc du Valat-de-Finoune - 71 m Tunnel de Belle-Poêle - 166 m Tunnel de Nauches - 229 m Tunnel de Roc-Courbier - 166 m Tunnel de Fossats - 261 m Tunnel de Pertus - 287 m Galerie de l'Alliège - 48 m Viaduc de Chamborigaud - 384 m Viaduc du Valat de Baldy - 69 m Tunnel de la Bégude - 1725 m Tunnel de Machères - 127 m Tunnel de Berlières - 61 m Tunnel de Ste-Cécile-d'Andorge - 159 m Tunnel de Valoussières - 183 m Tunnel de la Pinède - 168 m Tunnel de Lardoux - 249 m Viaduc de Lardoux Viaduc de la Tronche - 72 m Tunnel du Fesc - 201 m Viaduc du Valat-du-Mazet Viaduc de Frescenet Viaduc de la Malautière - 176 m Galerie de Maussal - 106 m Galerie de Chaillet - 45 m Tunnel de Condres - 496 m Viaduc de Condres Viaduc de Ribains - 120 m Tunnel de Ribains - 583 m Tunnel de Rauret - 304 m Viaduc de Rauret Viaduc de Bois-de-Laine Tunnel du Bois-de-Laine - 86 m Tunnel de la Pinède - 162 m V. de Pomeyrols - 43 m T. de Pomeyrols Tunnel de la Forêt Viaduc du Mazel - 110 m Viaduc de Bouchâtel Viaduc de l'Espézonnette T. du Mazel - 152 m V. du Langouyrou Viaduc des Brasses Tunnel de la Veyssière T. de St-Martin - 95 m V. de Laveyrune - 38 m V. de Rogleton - 59 m V. des Huttes - 32 m T. de la Bastide - 894 m T. des Fagoux - 378 m T. de Bazaux - 201 m Tunnel de Gravil - 1120 m Tunnel de la Molette - 503 m Tunnel de Vertel - 162 m Tunnel de Serre-Bas - 68 m Viaduc des Fourches - 100 m Tunnel du Gros-Chou - 150 m Tunnel de Bessèdes - 201 m Tunnel de Pourcharesses - 336 m Tunnel du Pradel - 130 m Tunnel de Chabrel - 290 m Tunnel de Truel - 265 m Viaduc de Palhères T. de Civadière Galerie voutée de Serre-Degales - 197 m T. de Resseau T. de Rachas V. du Chassezac Viaduc de la Tronche - 55 m Tunnel du Pèlerin - 211 m T. du Chassezac - 187 m T. d'Albespeyre Tunnel de l'Altier Viaduc de l'Altier 257 m Galerie voutée du Pradal - 164 m T. de la Vallette - 121 m Tunnel de Freycenet - 289 m Tunnel de la Joncherette - 268 m Pont sur la Veyre - 36 m Viaduc de Longues - 122 m Viaduc de Monteil Viaduc de la Seuge Galerie de la Raybutte Tunnel de St-Arcons Tunnel de Prades Tunnel de la Garde - 213 m Tunnel des Ombris n°1 - 60 m Tunnel des Ombris n°2 - 36 m Viaduc des Ombris - 52 m Tunnel du Saut-du-Vieillard - 98 m Tunnel du Ponnet - 120 m Tunnel de la Valette - 75 m Tunnel de la Madeleine - 161 m Viaduc de la Madeleine - 110 m Viaduc de Fontannes - 134 m Viaduc de Douachenez - 124 m Viaduc de Paire-Grosse - 37 m Viaduc St-Étienne - 123 m Viaduc de Paire - 64 m V. de Ramenac - 120 m V. des Fangeas V. de Poutes - 64 m T. de Poutes - 64 m Tunnel du Sac - 70 m Tunnel de Vabres - 60 m Viaduc de Vabres - 89 m Tunnel d'Alleyras - 220 m Galerie de la Parade - 35 m V. de la Talide - 117 m Viaduc de Genestouze T. de St-Christophe V. de St-Christophe V. de Chapeauroux V. du Thord - 120 m T. de l'Étang - 62 m T. de la Talide - 355 m T. de Roquefort - 415 m T. du Crest - 224 m T. de Genestouze - 61 m T. de la Selette - 211 m T. du Faux - 79 m T. de Souils - 88 m V. de Bassette - 90 m T. du Thord - 253 m T. des Chastées - 75 m Tunnel de Pracleaux - 70 m Tunnel de Monistrol - 166 m Pont sur la Couze Pavin Pont sur la Couze Viaduc du Saut-du-Loup Tunnel de La Roche - 43 m Viaduc de Viaduc du Piat (St-Germain-des-Fossés) (Thiers, St-Étienne) (Le Puy) (La Vernarède) (Le Monastier, Mende) (Nîmes) (Le Teil) (Ussel) (Neussargues) (St-Flour) (Le Puy) (Le Puy) L ' A u z o n L a V e y r e T 1 : T 2 : T 3 : T 4 : T 5 : T 6 : T 7 : T 8 : T 9 : T 1 0 : Tunnel de Fontannes Tunnel du Jacquet Tunnel de Douachenez Tunnel de St-Didier Tunnel de Charbonnes Tunnel de Paire-Grosse Tunnel de St-Étienne Tunnel de La Charbonnières Tunnel de Paire Tunnel de Ramenac Infographie V. Morell/Rail Passion Le 9 août 2010, un TER assuré par deux X 73500 franchit le viaduc de Chapeauroux (P. Gourgues). Les X 2800 de l’Association des Passionnés du X 2800 franchissent le viaduc de la Malautière au nord de Prévenchères (11 août 2014 ; M. Carnus-Gourgues). En Lozère, sur le viaduc du Rachas, passage d’un TER Montpellier - Mende. Ce viaduc se situe sur la section Villefort - La Bastide-Saint-Laurent-les- Bains (26 juin 2013 ; P. Julien). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 14 Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES 5 5 5 5 5 5 5 0 5 0 5 2 3 4 0 5 5 0 4 4 6 5,5 6 6 2 2 4 3 6 5 6 3 6 4 6 0 6 6 6 3 6 6 6 1 3 6 2 6 2,5 2 5 4 6 5 6 4 5 6 3 0 Paris-Lyon Km 0,000 Maisons-Alfort - Alfortville Km 6,226 Villeneuve-St-Georges Km 14,386 Montgeron - Crosne Km 17,450 Brunoy Km 21,102 Combs-la-Ville-Quincy Km 25,696 Lieusaint-Moissy Km 30,461 Cesson Km 37,692 Melun Km 44,076 Bois-le-Roi Km 50,896 Fontainebleau - Avon Km 58,941 Thomery Km 63,339 Moret - Veneux-les-Sablons Km 66,780 Montigny-sur-Loing Km 74,996 Bourron-Marlotte - Grez Km 78,483 Nemours-St-Pierre Km 86,251 Bagneaux-sur-Loing Km 90,658 Souppes Km 96,847 Dordives Km 101,349 Ferrières - Fontenay Km 107,257 Cepoy Km 113,774 Montargis Km 117,679 Solterre Km 129,04 Nogent-sur-Vernisson Km 135,093 Les Choux-Boismorand Km 142,512 Gien Km 154,278 Briare Km 164,029 Châtillon-sur-Loire Km 169,345 Bonny Km 176,861 Neuvy-sur-Loire Km 182,251 Myennes Km 191,002 Cosne-sur-Loire Km 195,104 Tracy-Sancerre Km 204,689 PROFIL EN LONG - LIGNE DE PARIS-LYON À CLERMONT-FERRAND VIA VICHY 0 5 6 6 3 4 Infographie V. Morell/Rail Passion St-Germain-des-Fossés Km 354,443 St-Rémy-en-Rollat Km 359,810 Monteignet - Escurolles Km 371,986 Gannat Km 378,390 Aigueperse Km 389,108 Aubiat Km 393,925 Pontmort Km 398,961 Riom Km 405,562 via Gannat 326337 356341330337 PROFIL EN LONG - LIGNE DE ST-GERMAIN-DES-FOSSÉS À RIOM VIA GANNAT 6 6 7 7 4 6 7 4 0 5 0 4 8 4 5 5 1,5 3 0,5 0 0,5 0 0 0 8 0 6 6 4 2 6 2 8 8 2 2 6 4 5 1,5 10 0 5 7 0 10 7 10 7 10 8 7 10 10 5 6 8 7 Vigneux-sur-Seine Km 17,855 Juvisy Km 21,129 Ris-Orangis Km 25,517 Évry Km 29,460 Corbeil-Essonnes Km 32,367 Moulin-Galant Km 35,882 Mennecy Km 40,052 Ballancourt Km 46,680 La Ferté-Alais Km 52,515 Boutigny Km 59,109 Maisse Km 64,301 Buno - Gironville Km 66,953 Boigneville Km 70,300 Malesherbes Km 76,696 La Brosse - Montceaux Km 82,104 Puiseaux Km 88,382 Beaumont - Boësses Km 95,912 Auxy - Juranville Km 101,852 Lorcy Km 107,504 Mignères - Gondreville Km 114,112 Montargis Km 124,466 Briarres-sur-Essonne Km 84,6 Villeneuve-St-Georges Km 14,386 3741383940395754 5666 6165697312011297101 9891 PROFIL EN LONG - LIGNE DE VILLENEUVE-ST-GEORGES À MONTARGIS VIA CORBEIL, MALESHERBES RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 16 Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES Ci-dessous : à la gare de Saint-Georges- d’Aurac, le 30 juin 2015, l’X 73682 assure le train 873962 Saint-Georges- d’Aurac - Clermont-Ferrand (J. Quatorze). Page de droite : les X2800 de l’Association des Passionnés du X 2800 arrivent à La Bastide, venus de Langogne (11 août 2014 ; M. Carnus-Gourgues). 0 25 5 5 0 4,5 0 4,5 0 4,5 7 12 10 10 9 9 9 8 8 8 8 7 7 6 7 3 3 5 2 2 8 4 4 7 5 5 5 8,5 0,5 5,5 2 0 0 0 Monistrol d’Allier Chanteuges Km 526,374 Langeac Km 520,534 St-Georges d’Aurac Km 512,962 Paulhaguet Prades St-Julien Km 533,595 Frugières-le-Pin Fontannes Brioude Beaumont-Lauriat Laroche-Faugère Arvant Brassac-les-Mines Ste-Florine Km 472,889 Le Saut du Loup Km 467,235 Le Breuil-sur-Couze Km 463,116 Le Broc Km 459,239 Issoire Km 454,433 Vic-le-Comte Km 437,206 Les Martres-de-Veyre Km 434,131 Le Cendre-Orcet Km 429,442 Sarliève Cournon Km 427,112 Parent Coudes Champeix Km 444,105 Clermont-Ferrand Km 419,258 Km 544,519 Km 507,009 Km 500,516 Km 494,117 Km 478,749 Km 485,752 Km 482,917 Km 489,099 RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 18 33m) de la Madeleine sur l’Allier en amont de Monistrol, tous les autres ont été édifiés en maçonnerie avec pierres du pays et nombre d’arches variable. On en dénombre 13 de Langeac à La Bastide, dont le plus remarquable est celui, courbe, de Chapeauroux, long de 433m avec 28 arches de 12m. Sur le versant Sud de La Bastide à Alais, il existe neuf viaducs tous en maçonnerie, les plus marquants étant ceux de: • l’Altier au nord de Villefort, long de 257m, haut de 73m à deux étages d’arcades et 11 arches courbes de 16m d’ou- verture, • Chamborigaud sur le Luech lui aussi courbe, formant un majestueux arc de cercle, long de 384m comportant 12 arches de 14m d’ouverture, de 46m de haut suivies de 17 autres de 8m d’ouverture calées sur un éperon rocheux. Quant à la section terminale Alais - Nîmes, elle comporte plusieurs viaducs sur des cours d’eau (Avesne, Gardon à Ners, Saint-Geniès, la Braune) et dans l’agglomération nîmoise ceux de la Tour Magne et du Mas du Diable. Quatre petits tunnels ont été également été forés: Ners, Boucoi- ran, Gafan et Tour Magne. Équipements d’origine et ouverture des lignes adjacentes Lors de la construction, la ligne Paris - Nîmes au-delà de Moret et de Corbeil a été ouverte d’abord à voie unique. Avec la montée du trafic, la seconde voie a été posée par le PLM dans un délai variable sauf d’Arvant à Alès où, bien que les terrains aient été acquis pour deux voies, la section est demeurée à voie unique. Le doublement a ainsi été réalisé dans le désordre comme suit: • 1854 de Saincaize à Moulins, • 1856 de Saint-Germain-des-Fossés à Clermont-Ferrand par Gannat, • 1857 d’Alais à Nîmes, • 1858 de Moulins à Saint-Germain-des-Fossés, • 1861 de Nevers à Saincaize, • 1862 de Moret à Nevers, • 1876 de Clermont-Ferrand à Issoire et Arvant. De son côté, l’itinéraire bis Malesherbes a reçu assez tardivement sa seconde voie, en 1882 de Corbeil à Maisse, en 1883 de Maisse à Montargis. Frontière naturelle entre le réseau PLM et celui du PO devenu PO-Midi à la fusion de 1934, la radiale Paris - Nîmes par le Bourbonnais et les Cévennes a vu naître de nombreuses ramifications, dans la seconde moitié du XIX siècle, dont plusieurs au titre du Plan de maillage Frey- cinet datant du 17juillet 1879. Leurs ouvertures sont don- nées dans le schéma ci-contre. S’y ajoutent diverses lignes d’intérêt local le plus souvent à voie métrique. Ceci donne lieu à l’agrandissement progressif des gares de jonction de Malesherbes, Montargis, Gien, Cosne, Nevers*, Saincaize*, Moulins*, Saint-Germain-des-Fossés*, Gannat, Clermont-Ferrand*, Arvant, Alais, Nîmes*. Celles marquées d’un astérisque reçoivent de grands halls métal- liques couvrant les voies à quais. Des chariots transbordeurs Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES (Lyon) (Sens) (Auxerre) (Clamecy) (Clamecy) (Chagny) (Paray-le-Monial) (Lyon) (Pont-de-Dore) (St-Étienne) (Le Puy) (Le Puy) (Le Teil) (L’Ardoise) (Uzès) (Tarascon) (Montpellier) (Sommières) (Mende) (St-Flour) (Aurillac) (Ussel) (Chatel- Guyon) (Montluçon) (Commentry) (Bourges) (Bourges) (Argent) (Orléans) (Beaune- la-Rol.) (Pithiviers) 1 8 4 9 1881 1884 1875 1881 1 8 7 3 1893 1881 1893 1 8 9 3 1 8 7 7 1866 1850 1 8 5 9 1869 1 9 3 2 1871 1857 1912 1881 1912 1869 1 8 8 1 1 8 6 1 1 9 1 0 1874 1 9 1 2 1867 1 8 5 7 1 8 8 2 1 8 8 3 1 8 4 0 1 8 4 5 1 8 8 1 1 9 0 2 1868 Infographie K. Labbé/Rail Passion NOVEMBRE 2015 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 19 pour l’évolution d’une voie à l’autre de voitures et fourgons existent dans les grandes gares de Corbeil, Montargis, Gien, Nevers, Saincaize, Moulins, Saint-Germain-des-Fossés, Gannat, Riom, Clermont-Ferrand, Arvant, Langogne, La Bas- tide-Saint-Laurent-les-Bains, Alais et Nîmes-Voyageurs. Des faisceaux de triage sont peu à peu créés à Saincaize, Saint-Germain-des-Fossés, Clermont Gare Basse, Alès-Tem- péras et Nîmes-Courbessac. Des raccordements unissant deux lignes sécantes sont construits ultérieurement à Malesherbes (bifurcation de Filay), à Cosne, Nevers Nord et Saincaize. Des dépôts de locomotives ont vu le jour à Paris-Lyon, Vil- leneuve, Montargis, Nevers, Moulins, Saint-Germain-des- Fossés, Clermont-Ferrand, Langeac, Alais et Nîmes. Ils étaient complétés par des postes et annexes traction établis à Corbeil-Essonnes, Malesherbes, Auxy-Juranville, Melun, Moret-les-Sablons, Gien, Cosne, Saincaize, La Ferté-Haute- rive, Gannat, Riom, Arvant, Brioude, Saint-Georges-d’Aurac, Langogne, La Bastide-Saint-Laurent-les-Bains, Villefort, Chamborigaud, La Levade, Nozières-Brignon. En outre, de petits dépôts séparés étaient réservés aux machines PO en escale à Malesherbes, Montargis, Gien, Cosne, Le Guétin (Saincaize), Moulins, Gannat, Clermont-Rabanesse, Arvant. Au début de l’exploitation, le cantonnement téléphonique assure l’espacement des trains en double voie, avec l’usage de cloches d’annonce sur la section à simple voie d’Arvant à Alès. Le contexte économique passé des régions traversées Hormis Clermont-Ferrand, importante ville du Centre de la France, toutes les autres localités desservies sont de taille moyenne, deux d’entre elles, Nevers et Moulins, étant les préfectures des départements de la Nièvre et de l’Allier. Aux origines de la ligne, le thermalisme et les cures dans les stations du Puy-de-Dôme ne se sont pas encore déve- loppés. Les régions traversées offrent un caractère rural marqué, puis montagnard avec une baisse démographique sensible des territoires inclus dans les départements de la Haute-Loire et de la Lozère. Rien de comparable donc avec la ligne Impériale qui tra- verse tout au long de son long trajet, un chapelet de villes importantes et innerve par ses embranchements à la fois deux pays étrangers et des régions touristiques axées sur les séjours de vacances (Jura, Alpes, littoral Méditerranéen). Une BB 67400 en tête du train de nuit Paris - Nîmes pendant l’arrêt à Alès (20 mai 1976 ; B. Collardey). RADIALE PARIS - NÎMES PAR LES CÉVENNES Section Alès - Nîmes G a r d o n L e G a r d o n L e G a r d o n L ’ A u r i o l L a B r a u n e G a r d o n d ’ A l è s L ' A v è n e d ’ A n d u z e Tunnel de Boucoiran - 139 m Viaduc de Gajan 129 m Viaduc de la Tour Magne 120 m Tunnel de la Tour Magne 186 m Viaduc du Mas-du-Diable-de-Russan 134 m Tunnel de Gajan 130 m Rac. de Courbessac Courbessac triage Bif d'Alès P3 Km 721,148 Tunnel de Ners - 394 m Viaduc de Ners - 228 m (Clermont)(Le Teil) (Le Teil, Givors) (Tarascon) (L’Ardoise) (Uzès) (Sète) (Sommières, Montpellier) Infographie V. Morell/Rail Passion NOVEMBRE 2015 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 21 modeste des machines de l’époque, la vitesse maximale ne dépasse pas 100km/h en plaine avec forte réduction dans les rampes du tronçon transcévenol. Pour 1876 un second aller-retour Paris - Nîmes est mis en marche. Douze ans plus tard, la liaison ne demandait plus que 17h30. Rapidement, l’aération défectueuse dans le tunnel en rampe d’Albespeyre, incommodant les équipes de conduite des trains Sud - Nord, motive l’établissement d’une usine de ventilation mise en service à la tête Nord en 1904 et aban- donnée en 1950. La rigueur des hivers cévenols avec fortes précipitations neigeuses et formations de congères dues à la Burle, vent régional tourbillonnant sur les hauts plateaux, provoque des interruptions de circulation sur le tronçon d’altitude Langogne – Villefort. Dès la première année d’ex- ploitation les congères bloquent le trafic vingt jours durant. Par la suite, des renforts en machines chasse-neige et en personnel ont été mis en place ainsi que des palissades latérales et des rideaux de conifères destinés à endiguer partiellement les amoncellements neigeux aux abords des tranchées. À la fin des années 1890, des mouvements de terrain sur les flancs de la montagne du Gouffre entre La Levade et La Grand-Combe obligent à établir une déviation sur 1550m. Pendant plusieurs mois, tout trafic est suspendu et les transports de charbon issus de La Vernarède, La Levade et Trescol à destination de Marseille obligés de transiter par Saint-Georges-d’Aurac, Le Puy, Saint-Étienne et Givors. Au début du XX siècle, la radiale Paris - Nîmes voit son ossature renforcée par de nouveaux embranchements. Il s’agit d’abord en 1902 de la ligne de Mende à La Bastide, suivant la haute vallée du Lot, le Causse de Montbel et le cours de l’Allier naissant, ouverte par la compagnie du Midi. Puis vont suivre ceux construits par la compagnie du PLM: • en 1910 de Beaumont-Lauriat à Saint-Flour conçu pour concurrencer vers le Languedoc la ligne du PO Arvant – Neussargues (un raccordement direct dit du Poujet envi- sagé depuis Laroche-Faugère, n’a jamais été réalisé), • en 1912 à la fois les antennes Riom - Châtelguyon pour la desserte de cette station thermale, Vichy - Cusset essen- tiellement pour le trafic marchandises (carrières) et Le Puy - Langogne, devant permettre dans l’esprit des pro- moteurs de désenclaver le Velay vers le Languedoc. L’activité thermale de la ville de Vichy va en s’accentuant, motivant la mise en marche d’un train de luxe Paris - Vichy dès la saison d’été 1907. En 1911-1913, le dépôt des locomotives de Moulins, trop exigu sur les terrains sis face à la gare voyageurs côté pair, est reporté dans la fourche des lignes de Clermont et Paray- le-Monial. Les hostilités en 1914-1918 obligent à édulcorer le service voyageurs de l’ensemble de l’artère, dont les différents pôles sont réquisitionnés en faveur de l’économie de guerre. Un des deux trains Paris - Nîmes est limité à Langogne. La par- tie de ligne desservant le Bourbonnais est mise à contribu- En 1932, une double traction de 240 A arrive à La Bastide- Saint-Laurent avec l’express 1417 Paris- Lyon - Nîmes (L. Hermann/ Photorail/© SNCF). NOVEMBRE 2015 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 23 • l’un nocturne avec voitures couchettes Nantes - Lyon rac- cordé à Saincaize à un Nevers - Lyon Saint-Germain, Roanne, Tarare, • l’un de jour Bordeaux - Milan avec wagon-restaurant Limoges, Gannat, Saint-Germain, Roanne, Tarare, Lyon, Modane, • l’autre de nuit avec couchettes Bordeaux - Genève Limoges, Gannat, Saint-Germain, Roanne, Saint-Étienne, Lyon. La gare de Saint-Germain-des-Fossés joue alors un rôle majeur de charnière tant pour les coupes et raccords des rames Nîmes et Saint-Étienne et le rebroussement des trains Bordeaux - Lyon, motivant un ballet d’échanges de machines. Les meilleurs temps de parcours depuis Paris s’établissent à 1heure52 pour Montargis (125km), 3heures51 pour Nevers (260km), 5heures03 pour Moulins (320km), 7heures16 pour Clermont (426km), 17heures24 pour Alès (681km), 18heures28 pour Nîmes (731km). La ville de Vichy si elle est desservie directement depuis Paris, n’est toujours pas connectée à Clermont. Sachant que les deux paires d’express Paris - Nîmes observent la majeure partie des arrêts entre Brioude et Alais, la trame omnibus comprend une gamme de mouve- ments successifs dont certains sur de longs trajets, que l’on ignore aujourd’hui comme deux Paris - Nevers par Moret (253km), un Gannat - Nîmes (345km). Quelques navettes Nevers - Saincaize et Saint-Germain - Vichy fonctionnent en journée pour donner des correspon- dances. Au sud d’Alais les trains vers Saint-Jean-du-Gard et Montpellier via Quissac, empruntent sur 10km jusqu’à la bifurcation de Mas-des-Gardies la radiale. La catégorie MV encore peu développée se limite à deux parcours Saincaize - Moulins et La Levade - Alais. De grands travaux vont concerner le nœud de Clermont- Ferrand en 1924-1925. Il s’agit du transfert du dépôt des locomotives initialement construit face à la gare voya- geurs sur les terrains des Paulines, vers un emplacement plus vaste en bordure de la voie unique de Thiers près d’Aulnat. Parallèlement, pour obvier à la situation malcommode du plateau des voies en impasse du chantier de Gare Basse, un nouveau faisceau de triage est créé en 1924, 1925 sur le site des Gravanches plus au nord, côté impair. Une voie de circulation le raccorde à la voie unique de Thiers. La ville d’Alais voit son orthographe modifiée en 1926 et devient Alès. Pendant les années 1927 à 1930, un train de luxe P 51/P 52 baptisé «London-Vichy-Pullman-Express» est mis en circulation du 15juin au 15septembre de Boulogne-Mari- time à Vichy Paris-Nord, Paris-Lyon pour desservir la reine des villes d’eau d’Auvergne. Le block manuel PLM est installé sur la totalité des sec- tions à double voie, ainsi que sur celles à voie unique de Langogne à Alès dès 1925 (en 1937 d’Arvant à Langogne). Aux horaires de l’été 1929, la desserte de la radiale du Bourbonnais a été sérieusement amendée. On dénombre alors le jour successivement, outre les P 51/52 ne desservant que Montargis et Nevers, les: • express 1011/1010 avec tranches Paris - Clermont/Saint- Étienne, • rapide 1003/1004 l’été avec tranches Paris - Vichy et Nîmes Gannat, Clermont, • express 1413/1414 Paris - Clermont, • rapide 1013/1012 Paris - Saint-Étienne avec rame Vichy, • express 1019/1020 Paris – Nevers. La nuit, la batterie des express est dissymétrique avec qua- tre trains au départ de Paris-Lyon: un pour Saint-Étienne, L’ « autrichienne » 5 A 50 (série 1 à 50), affectée au dépôt d’Alès, stationne en 1932 à La Bastide- Saint-Laurent (L. Hermann/ Photorail/© SNCF). NOVEMBRE 2015 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 25 nat, cette double voie est équipée du block manuel PLM n°3. Elle va servir à canaliser les express diurnes Paris - Clermont - Nîmes et ceux Lyon - Clermont avec desserte de Vichy. Par contre les trains de nuit Paris - Nîmes et Langeac continuent de transiter par Gannat tout comme les convois de marchandises pour éviter l’escalade de la bosse de Ran- dan, qui nécessiterait un renfort de traction. Dès lors la gare de Vichy e st ouverte vers le Sud et le PLM en profite pour mettre en marche de juillet à septembre un express de jour à destination de Marseille Nîmes, avec voitures-lits-salons de 1 classe, circulant au retour de nuit, lequel a été exempté du rebroussement à Nîmes-Voyageurs durant plusieurs services. Les horaires de l’été 1932 favorisent grandement la des- serte de Vichy aux plans thermal et touristique, à la fois par les trains Paris - Clermont - Nîmes, mais aussi par ceux temporaires d’été. Ainsi le 1003/1004 Paris - Nîmes com- porte une rame Vichy - Marseille s’ajoutant au 1425 Cler- mont – Marseille. Le 1417/1416 nocturne est prolongé de Brioude à Langeac et le CB/BC amorcé à Saint-Germain vers Bordeaux Clermont, Brive achemine des voitures Vichy - Le Mont-Dore. Autre itinéraire de dédoublement, celui envisagé dès 1905 par le PLM entre La Ferté-Hauterive et Gannat (35km) par Saint-Pourçain-sur-Sioule, pour contrecarrer la concurrence de la compagnie voisine du PO sur le trafic des vins du Lan- guedoc vers la capitale. Raccourcissant la distance de 11km et surtout évitant le nœud encombré de Saint-Germain-des- Fossés, cette ligne à double voie comportant cinq gares offre un profil en long avec des rampes maximales de 6‰. Trois ouvrages ont dû être édifiés sur la Sioule, les ponts en maçonnerie de Saint-Loup, des Paraudes et des Colettes. Ouverte à l’exploitation le 25août 1932, elle a surtout servi au transit de trains de marchandises et à deux omni- bus voyageurs reliant Moulins à Gannat. Les décrets de coordination qui frappent les lignes au tra- fic voyageurs fortement déficitaires, concernent dès 1932 deux sections du PO, branchées sur la radiale Paris - Nîmes: Beaune-la-Rolande - Auxy-Juranville et Argent - Gien, avec desserte marchandises toutefois maintenue sur ces appendices. À partir de 1933, pour faire des économies de gestion, le réseau du PLM à l’instar de ses voisins se lance dans l’em- ploi d’autorails légers pour des dessertes omnibus. Son choix se porte sur de petits appareils des Entreprises Indus- trielles Charentaises. Basés au dépôt d’Alès puis de Nîmes en 1936, ils sont engagés sur Nîmes - La Levade et sur les lignes adjacentes d’Alès à Sommières, Montpellier et Saint- Jean-du-Gard. En permanence à la recherche d’améliorations horaires sur les grandes relations, le grand PLM met en marche, pen- dant la haute saison d’été 1934, un aller-retour rapide d’autorail couvert d’abord par un couplage Bugatti et tracé Corbeil, Malesherbes. Cette relation met 4h45 avec six arrêts à Montargis, Nevers, Moulins, Saint-Germain, Vichy, Riom pour relier Paris à Clermont-Ferrand, alors que le meilleur rapide vapeur demande 6heures. La saison sui- vante, elle est couverte par des engins Bugatti allongés. Alors que la limite des trains n’excède pas 120km/h, ces engins étaient, eux, autorisés à 130, 135km/h sur de nom- breuses sections. Les congés payés accordés à la classe laborieuse se tradui- sent par un grossissement du flot de voyageurs heureux de partir en vacances au cours de l’été 1936. Ceux de la capi- tale et de la région parisienne choisissent de préférence les destinations de l’Auvergne profonde dont certains sont ori- ginaires (Puy-de-Dôme, Haute-Loire, Cantal, Lozère). contrario, les habitants du littoral méditerranéen montent volontiers dans les Cévennes et la Haute-Loire chercher la fraîcheur des sous-bois et des rivières d’altitude. Ceci donne lieu à la mise en marche de trains supplémentaires où de forcements des compositions. Pendant la saison d’été, les dessertes vers les stations ther- males d’Auvergne font l’objet d’un soin attentif, à commen- cer par Vichy. Une relation directe par autorail ABJ de Tours en classe unique est créée entre LeMans et Vichy Tours, Vierzon, Saincaize. D’autres aménagements de desserte concernent la mise en marche: • d’un Paris - Vichy les samedis après-midi, • d’un nouveau rapide 1009/1010 Paris - Clermont et Saint- Étienne de soirée tracé par Moret, qui faisait défaut, • de deux trains express Nevers et Clermont - Saint-Ger- vais-les-Bains, via Saint-Germain, Lyon, avec rames Genève et Marseille et d’un TA Clermont - Lyon avec appareil Renault ABV de Lyon-Vaise. L’express 1113 Paris - Clermont à Nemours, avec une 231 G PLM (R. Floquet/ Photorail/© SNCF). NOVEMBRE 2015 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 27 du Centre, du Sud-Ouest et de l’Ouest de la France vont converger vers les frontières de l’Est. Ils transitent notam- ment par les gares de contact de Malesherbes, Montargis, Cosne, Saincaize et Moulins. Celle de Cosne connaît de loin le plus important mouvement avec concentration d’un lot de machines ex-PO détachées. La ligne Orléans - Gien gérée par la région Sud-Ouest perd son trafic voyageurs le 15mai. Dès la déclaration de guerre, c’en est fini des courses rapides Paris - Clermont par autorails. En janvier1940, la desserte est fortement paupérisée. Tout au plus existent: • le jour un Paris - Nîmes/Saint-Étienne, un Paris - Cler- mont/Saint-Étienne, un Dijon - Clermont Nevers, • la nuit un Paris - Lyon via Nevers, Saint-Étienne, un Paris - Nîmes, un Bordeaux - Lyon, un Le Croisic - Lyon. Pendant la période de la drôle de guerre s’étendant sur l’automne 1939 et l’hiver suivant, les forces armées fran- çaises raffermissent leurs positions, tandis que des trains de permissionnaires sont mis en marche. Avec l’engagement le 10mai 1940 de l’invasion allemande dans les Ardennes, le reflux vers le Centre de la France des populations du Nord- Est et de Belgique commence à se faire sentir. De multiples trains de réfugiés avec des matériels moteurs et remorqués on ne peut plus hétéroclites utilisent la ligne du Bourbon- nais et ses affluents. Leur densité est telle qu’elle provoque certains jours l’asphyxie de l’itinéraire principal entre Moret et Saint-Germain-des-Fossés. En raison de bombardements allemands sur les nœuds de l’artère Impériale, certains trains de voyageurs évitent la Bourgogne et passent par Montargis, Nevers, Moulins et Paray-le-Monial. Une belle et austère 242 TC est en tête d’un omnibus en gare de Vichy en 1954 (R. Floquet/ Photorail/© SNCF). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 30 banlieue en quête de ravitaillement en nourriture du fait des fortes restrictions. Les trains transversaux Nantes - Lyon et Bordeaux - Stras- bourg sont passés à la trappe, mais un train Tours - Nevers - Dijon - Metz, utilisé entre autres par les militaires des forces occupantes fonctionne en journée, en évitant Saincaize. Au plus profond des heures noires de l’occupation, le gouver- nement exilé à Vichy affrète l’autorail Dietrich ZZD 2515 du centre de Noisy-le-Sec pour une liaison ministérielle avec Paris, de novembre1941 à mai1942. L’abolition de la ligne de démarcation fin 1942 suppose l’invasion de la zone libre par les troupes allemandes et des transports militaires nombreux pour alimenter leurs can- tonnements sur l’ensemble de la France. Des convois de permissionnaires intéressent quelques tronçons de la radiale du Bourbonnais comme les: • SF 820/920 Bayonne - Trèves issu des Aubrais transitant par le raccordement de Filay à Malesherbes pour conti- nuer sur Moret, • SF 831/832 Dax - Mulhouse Saint-Pierre-des-Corps, Vierzon, utilisant le raccordement de Saincaize jusqu’à Nevers et continuant sur Chagny, • 931/831 Dijon - Bordeaux Moulins, Saincaize, Vierzon. Pour satisfaire leurs besoins notamment sur le front russe, les autorités occupantes ordonnent la dépose d’une des deux voies sur plusieurs des lignes embranchées. À partir de 1944, les actions des maquisards locaux devien- nent plus fréquentes tout au long de la radiale. Mais leurs moyens limités ne permettent pas d’opérations spectacu- laires. Toutefois, leur fréquence entre Cosne et Nevers oblige la SNCF certains jours à détourner le trafic Saincaize, Bourges. De plus au printemps 44, en raison des sabotages réitérés d’installations sur les parcours icaunais et dans le val de Saône de l’artère impériale, les trains de nuit 57/58, 59/60 Paris - Marseille, Nice sont détournés régulièrement par Nevers, Moulins, Paray-le-Monial, Lozanne. En avril l’examen de l’indicateur Chaix révèle que les 1111/1114 ne circulent plus de Clermont à Nîmes que trois jours par semaine, un MV les remplaçant les autres jours. Une rame Vichy - Nice, utile pour les déplacements des membres du gouvernement en exil, circule la nuit Lyon, Saint-Étienne. En 1944, les bombardements de sites ferroviaires impor- tants toucheront successivement les gares de: • Villeneuve-Saint-Georges les nuits des 9 au 10 et 26avril, 4 au 5 et 14 au 15juillet, ainsi que le 4juin, • Juvisy du 27 au 29mai, 2juin, nuit du 7 au 8juin, 12juin, • Corbeil-Essonnes le 13août, • Melun le 3août, • Montargis les 12 et 20août, • Neuvy-sur-Loire le 7août, • Nevers la nuit du 15 au 16juillet, 13août et 3septembre, • Saincaize à plusieurs reprises en juillet, août, • Clermont-Ferrand le 30mai avec dégâts limités aux ins- tallations ferroviaires mais importants aux usines Miche- lin, • Nîmes les 27mai et 12juillet. Les raids les plus meurtriers et les plus dévastateurs sont ceux ciblés sur Villeneuve, Juvisy et Nevers. Viendront s’y ajouter ceux dirigés sur les Aubrais les 18 et 19mai, 8juin, Vierzon la nuit du 30juin au 1 juillet, impactant la circula- tion des trains détournés du Bourbonnais. À l’approche de la Libération du territoire, alors que la circulation des trains commerciaux et celle des trains militaires est totalement désorganisée, avec des horaires tout à fait élastiques et des suppressions inopinées, les bombardements provoqueront des coupures de tra- fic dépassant souvent la journée, obérant gravement Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 32 Les conditions de la reprise du trafic et de la reconstruction après la Libération Le viaduc d’Athis, point vital sur la section commune Paris - Corbeil et la grande ceinture Sud, est remis en ser- vice provisoire très rapidement, le 7septembre 44, par les troupes américaines. De même les brèches des ponts de Souppes et Amilly sont réparées peu après. Dès le 25septembre un autorail de liaison accessible aux seules personnes munies d’une autorisation est mis en marche entre Paris et Lyon Corbeil, Moret, Montargis, Nevers (rebroussement), Gilly-sur-Loire, Paray-le-Monial. Une correspondance est assurée depuis une gare provisoire à l’extrémité sud du pont de Loire à Nevers, dont le rétablis- sement va se révéler très long, à la fois vers Clermont-Fer- rand et Saint-Étienne. Le 9octobre 44, l’autorail Paris - Lyon est remplacé par un train Paris - Marseille tracé Nevers, Chagny et Lyon. À ce moment, deux MV de fortune et hyperlents sont mis en marche depuis Paris-Lyon: • l’un pour Laroche Melun, Montargis, Triguères et Sens (du fait de la coupure lourde du viaduc de Moret), • l’autre pour Nevers Moret, Montargis. Grâce à la remise en état du grand viaduc sur la Loire à Orléans puis de celui de l’Allier au Guétin, le rétablissement d’une liaison Paris-Austerlitz - Clermont/Saint-Étienne Saincaize devient possible le 1 janvier 1945, avec corres- pondance par omnibus vers Langeac et Nîmes. En début d’année, en raison de la forte pénurie de matériel de voie sur l’ensemble de la région Sud-Est, le tronçon Gan- nat - Riom est mis à voie unique pour récupération des rails et traverses. Le 7février avec la réouverture du tronçon Blaisy-Bas - Dijon de l’artère Impériale, où un chapelet de viaducs avait été endommagé, c’est la fin des détournements par Nevers des trains Paris - Lyon - Marseille. Avec le rétablissement en mai des ponts de Chalette sur le canal et le Loing, l’itinéraire bis Malesherbes est à nou- veau opérationnel, faisant cesser la limitation à Mignères- Gondreville des trains issus de Paris. Le 15juin, le grand via- duc du Mée à l’entrée de Melun est rendu à son tour à la circulation, permettant d’éviter le détour des trains vers le Sud (Bourgogne et Bourbonnais) par Corbeil. Bien que la région du Sud-Est doive faire face à une cruelle pénurie de matériels tant moteurs que remorqués, suite aux destructions du conflit et aux ponctions de l’occu- pant, une légère amélioration se fait jour au service d’été appliqué le 1 juillet 45. En partenariat avec sa voisine du Sud-Ouest, elle peut mettre un unique express de jour de Paris-Austerlitz à Clermont touché en 8heures45 avec une rame Saint-Étienne. La liaison Paris - Nevers, gare fonction- nant toujours en impasse compte tenu des travaux de reconstruction du viaduc de Loire, est assurée par un train omnibus et un simili-express 1019/1020 depuis Paris-Lyon Malesherbes. Plus au sud, sont réapparus les TA express AL/LA Nantes - Lyon, BM/MB Bordeaux - Lyon via Gannat, Saint-Germain- des-Fossés, 1049/1050 Clermont - Saint-Germain - Lyon. La nuit, le service couvre à la fois les express: • 1015/1016 avec rames Paris-Austerlitz - Nîmes (3) et Saint-Étienne, • BG/GB Bordeaux - Lyon. Après leur coconnage forcé, les autorails sont réapparus en particulier dans l’orbite de Clermont, avec les Michelines dont le parc s’est enrichi d’engins ex-État et PO-Midi. Leur sont confiées notamment des tournées directes et omnibus sur Le Puy Langeac, Vichy et Saint-Germain-des-Fossés. La trame des omnibus reste d’un niveau inférieur à la situa- tion d’avant-guerre. Pour des raisons d’économie, la for- mule du train MV économisant un sillon, mais peu appré- ciée par la clientèle en raison des temps de parcours prohibitifs est largement employée. On relève ainsi plusieurs très longs parcours, cas de: • Tours - Saincaize - Saint-Germain - Saint-Étienne - Lyon- Brotteaux, • Clermont - Nîmes, • Clermont - Langogne. La brèche du viaduc de Loire à Nevers est enfin comblée par la reconstruction définitive des travées, avec livraison de la voie 1 le 1 mai 1946, la voie 2 le 5octobre. Durant l’été, à l’intention des curistes, un train trihebdo- madaire est ajouté (EV/VE) de Metz à Vichy Nancy, Cha- lindrey, Dijon, Paray, Moulins. De manière à améliorer la traction des express sur la sec- tion accidentée Langeac – Alès confiée à des 240 A vieillis- santes, les 141 P 9, 24-26 et 42 sont affectées à Langeac pour essais de juillet1946 à avril1947. Malgré leur puis- Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES 231 H ex-PO, 141 P et 231 ex-PLM, trois vapeurs en pression à Saint-Germain- des-Fossés en 1950 (Dubruille/Photorail). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 34 Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES Section fermée aux marchandises Dép.Date Notes Gien - Argent Coullons - Argent 01/09/32 Alès - L’Ardoise Brouzet - Fontarèches-St-Laurent Brioude - St-Flour La Chapelle-St-Laurent - St-Flour 20/05/40 Total = 42,3 La Ferté-Hauterive - Gannat St-Pourçain-sur-Sioule - Bayet Bourron-Marlotte - MalesherbesBourron-Marlotte - La Chapelle-la-Reine 45-7715/03/50 Alès - L’Ardoise Fontarèches-St-Laurent - Laudun-St-Victor 18/05/52 Alès - L’Ardoise Alès - Brouzet 18/05/52 Cosne-sur-Loire - Clamecy Cosne-sur-Loire - Entrains 18/05/52 Fontenoy - Gien St-Fargeau - Ouzouer-sur-Trézée 45-8918/05/52 Orléans - Gien Les Bordes - Ouzouer-Dampierre 02/02/53 Brioude - St-Flour Brioude - Beaumont-Lauriat - La Chapelle-St-Laurent43-1504/10/53 Alès - L’Ardoise Laudun-St-Victor - L’Ardoise 03/06/56 Montargis - Sens-Lyon Chuelles - Courtenay 45-891958 Chamborigaud - La Vernarède Chamborigaud - La Vernarède Total = 163,9 (Bourges) - St-Germain-du-Puy - Cosne-sur-Loire Les Aix-d’Aigillon - Sancerre 17/07/67 Montargis - Sens-Lyon Triguères - Chuelles 89-4507/04/69 Total = 45,0 (Bourges) - St-Germain-du-Puy - Cosne-sur-Loire Sancerre - St-Satur 05/07/71 Fontenoy - Gien Ouzouer-sur-Trézée - Gien 05/07/71 Vichy - Courty Puy-Guillaume - Courty 12/12/71 Riom - Châtel-Guyon Riom - Mozac 03/04/72 4,3Rouverte entre Riom et l’usine Volvic (Mozac) en 1983 Riom - Châtelguyon Mozac - Châtelguyon 03/04/72 Fontenoy - Gien Fontenoy - St-Fargeau 16/12/73 Fontenoy - St-Sauveur rouverte le 14/10/78 Total = 38,7 Moulins - Commentry Chavenon - Villefranche-d’Allier 01/06/80 (Bourges) - St-Germain-du-Puy - Cosne-sur-Loire (Bourges) - St-Germain-du-Puy - Veauges 24/06/87 (Bourges) - St-Germain-du-Puy - Cosne-sur-Loire Veaugues - Les Aix-d’Aiguillon 24/09/89 Mas-des-Gardies - Quissac Mas-des-Gardies - Quissac 01/10/89 Total = 78,0 Moulins - Commentry Villefranche-d’Allier - Commentry Pont-de-Dore - Darsac Pont-de-Dore - Courpières 06/03/08 Le Puy-en-Velay - Langogne Le Puy-en-Velay - Brives-Charensac 28/10/20082,3 Total = 29,6 Orléans - Gien Châteauneuf-sur-Loire - Les Bordes 30/03/11 Fermée suite à un manque d’entretien Lignes fermées aux marchandises embranchées sur Paris - Clermont - Nîmes JUSQU’EN 1939 NOVEMBRE 2015 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 35 • express 1040/1043 Clermont - Lyon via Saint-Germain, Tarare avec voitures Clermont - Vintimille pour 35/36 à Lyon, • express 1119/1122 trihebdomadaire de Saint-Germain- des-Fossés à Marseille avec voitures Châtelguyon - Mar- seille, Le Croisic - Vichy et Toulouse - Vichy des OL et BG. Avec le service d’été 1948, c’est la résurrection attendue le 9mai d’un TA rapide pour clientèle d’affaires, avec autorail Bugatti entre Paris et Clermont joint en 4h22, sous n°1109 en soirée départ 18h20 et 1110 en matinée arrivée 12h21. Un TA 801/804 permanent est aussi ajouté entre Vichy et Besançon Moulins, Dijon. Apparaissent également une nouvelle batterie de trains temporaires d’été: • BS/SB Bordeaux - Lyon Brive, Ussel, Clermont, Saint- Germain-des-Fossés (couvert ensuite par autorail Renault ABV), • 1119/1120 rebaptisés VL/LV Saint-Germain-des-Fossés - Marseille, Vichy, Clermont, Nîmes, avec rame de Mar- seille-Maritime les jours d’arrivée des paquebots d’Afrique • GA/AG nocturnes LaRochelle - Lyon avec une rame Bor- deaux - Rome, • CL/LC nocturnes Le Croisic - Nantes - Lyon. Le 23décembre 1948 la section Gannat - Riom (28km) est remise à double voie. À ce moment, si les locomotives se sont quelque peu modernisées, le parc des voitures voyageurs entrant dans la composition des trains express parcourant la radiale fait encore appel à quantité de véhicules ex-PLM assez vieillots et d’un confort suranné. Hormis les 1111/1114 formés avec du matériel de la région Sud-Ouest, on note par exemple pour les 1115/1116 de nuit l’utilisation de voitures métalli- sées à couloir en Z et même des C 10 ty à caisse bois et por- tières latérales aux VL/LV. Quant aux omnibus, ils sont for- més de voitures disparates à deux et trois essieux ex-PLM et de voitures ex-DR à lanterneau. L’introduction de voitures unifiées type DEV 1946 n’interviendra qu’au début des années 1950, et au compte-gouttes. juillet 1949, les sillons des TA rapides renumérotés 1001/1002 Paris - Clermont sont décalés en matinée (départ 7h55), en soirée (arrivée 23h33) et comportent un appareil terminus Saint-Étienne débranché à Saint-Ger- main. En compensation, un nouveau rapide de soirée toutes classes 1109 est créé entre Paris 17h30 et Clermont 23h32, avec retour en 1110 Clermont 7h35 - Paris 13h30. Ce couple de convois qui transite par Moret voit son horaire modifié le 1 octobre suivant avec un gain de Ligne Clermont - Langogne, un convoi voyageurs sur le viaduc de Vabres (14 juillet 1959 ; Pilloux/Photorail). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 38 offre la particularité de ne desservir entre Alès et Langeac que très peu de gares. Du coup les 304km de Clermont à Nîmes ne demandent que 6h23, contre 6h53 au 1114 le jour. Notons également la circulation d’un TA express avec appareils Standard de Chalon entre Dijon, Nevers et Vier- zon. Dans la catégorie omnibus, les autorails ont gagné des points notamment autour de Clermont dont le centre a reçu des Michelines. Des appareils unifiés de 150 ch X5500 affectés à Mon- targis couvrent des courses sur Nevers, Moret. En outre des petits FNC de Bourges assurent des tournées Bourges - Cosne - Nevers et Bourges - Nevers. Au sud des FNC basés à Montpellier effectuent des tournées Nîmes - Alès, Montpel- lier - Alès - La Levade, tandis que des Renault VH d’Avignon montent à Mende Nîmes - La Bastide. Du coup le volume des trains MV a fortement régressé. On ne dénom- bre plus que des messageries voyageurs de Montargis à Nevers, Nevers à Moulins, Moulins à Vichy, Clermont à Aurillac, Clermont à Brioude, Clermont à Langogne. Le 4685 reste le champion avec un parcours Clermont - Nîmes en 13h33, son homologue le 4682 n’étant accessible aux voyageurs que de Nîmes à Arvant. Pour le service d’hiver 1950 avec l’électrification Paris - Laroche, supposant l’équipement des deux branches entre Villeneuve et Melun par Corbeil et par Brunoy, la traction vapeur est proscrite en gare de Paris-Lyon aux trains de voyageurs du Bourbonnais. Les gares de Corbeil et de Moret sont donc transformées en points d’échanges systématiques électrique/vapeur. La première voit les BB8100 laisser aux 231D, G, 141P le soin de continuer sur Malesherbes, Mon- targis, alors qu’à Moret les 2D2 9100 passent le relais aux 231D, G, 141P vers Montargis et Nevers. Même scénario aux trains RA et RO où les 141R se substituent aux BB8100. La ligne du Bourbonnais délaissée par la région Sud-Est Alors que son effort financier est largement consacré à l’artère Impériale pour son électrification, la modernisation et le renforcement de ses équipements (BAL, moyens de garage, relèvements de vitesse, postes modernes,etc.), la radiale Paris - Clermont vit toujours avec des installations vieillissantes, à savoir une vitesse limite au plus égale à 120km/h, une signalisation mécanique avec le cantonne- ment manuel assuré par le block ex-PLM, des postes d’ai- guillages obsolètes, des gares d’arrêt général avec plan de Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES En août 1963, l’express 1115 Paris- Lyon - Nîmes lors de son arrêt à Villefort, dans une atmosphère paisible (Breton/Photorail/ © SNCF). Ci-contre : passant devant le château de Billy ( XII siècle), une BB 67400, la 567625, tracte le train 874073 Moulins - Vic-le- Comte (15 octobre 2008 ; J. Quatorze). Ci-dessous de gauche à droite : l’X 2403 quitte la gare de Monistrol- d’Allier (17 mai 2009 ; G. Pourageaux) ; dans les bruyères cévenoles, près de Prévenchères, à 900m d’altitude, un X 2800 descend avec le Vichy - Marseille (juillet 2005 ; B. Collardey). Page de droite : à Saint-Yvoine, près d’Issoire, 30 juin 2008, une UM de BB 67400 au 875567 Clermont-Ferrand - Nîmes (J. Quatorze). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 40 Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 42 Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES NOVEMBRE 2015 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 43 Ci-dessus : le 30 août 2013 à Rauret, un Langeac - Tarascon avec une G 1000 (P.-L. Espinasse). Ci-contre : TER Mende - La Bastide près de Prévenchères sur la ligne des Cévennes, rampe sud (19 août 2010 ; P. Julien). Page de gauche de haut en bas : la gare de Langeac le 16juin 2014 (J. Quatorze); la façade côté ville du BV de Montargis rénové, où le trafic est en hausse (17 juillet 2014 ; B. Collardey) ; la gare d’Arvant (29 juin 2015 ; J. Quatorze). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 44 Le 1019 Paris - Nevers est désormais limité à Montargis, la rame étant envoyée à Nevers ensuite avec un messagerie pour faire le 1020 du lendemain. Des voitures Vichy - Bordeaux sont ajoutées aux GB/BG à Saint-Germain-des-Fossés. Des autorails de la série des Renault VH et X 3800 affec- tés à Clermont remplacent les Micheline à l’existence fugace. Ils essaiment sur l’étoile de Clermont, les seconds assurant le TA transversal à destination de Besançon. Un TA direct Moret - Nevers en correspondance avec les trains 103/104 Paris - Lyon comble un creux de desserte l’après- midi. Mais cette relation faisant appel aux brinquebalants U150 fait piètre figure au point de vue confort! Après un parcours d’essai de la RGP 2 X 2701 sur Paris - Saint-Germain - Saint-Étienne le 12mai, ce matériel moderne plafonnant à 124km/h est engagé commerciale- ment dès le service d’été sur la relation transversale Bor- deaux - Lyon (BM/MB) à la place d’un appareil ABV, puis en décembre sur la radiale Paris - Clermont/Saint-Étienne 1101/1102 à supplément, à la place des Bugatti. Par mesure d’économie et suite à la baisse du trafic fret, la région Sud-Est procède le 22mai 1955 à la mise à voie unique de la section Malesherbes P 3 (bifurcation de Filay) à Montargis. Elle équipe les gares de Puiseaux, Beaumont- Boësses, Auxy-Juranville, Lorcy, Mignères-Gondreville de la voie directe type SNCF avec voie évitement abordable à 40km/h et block manuel unifié de voie unique. Au 3juin 1956, les RGP 2 sont échangées contre des RGP 1 à moteur MGO de 825ch, du centre de Lyon-Vaise autori- sées à 140km/h mais ne dépassant pas, sur Paris - Clermont, la vitesse de 130 autorisée sur plusieurs sections. Le temps de parcours tombe alors à 2heures11 sur Paris - Nevers, 2heures46 pour Moulins, 3heures21 pour Vichy et 4heures rondes pour Clermont. Cet aller-retour de 1 qui va rester de longues années le fleuron de la radiale, est baptisé par la suite «Bourbonnais». Les temporaires d’été 1117/1118 abandonnent définitivement le transit par Males- herbes pour celui de Moret. Durant tous les étés,les trains 1111/1114, 1115/1116 connaissent encore la faveur des vacanciers qui viennent soit de la région parisienne soit du littoral méditerranéen, résider sur le parcours d’altitude de la ligne des Cévennes. Leur composition atteint fréquemment les 10 véhicules et les fourgons regorgent de bagages, dont le chargement et déchargement dans les gares d’arrêt péna- lisent souvent la régularité. De nombreuses colonies de vacances viennent goûter les charmes de la moyenne mon- tagne, leur acheminement motivant quelquefois, début juillet et août, le dédoublement du 1115 de Paris à Langogne. À cette époque le block manuel ex-PLM est uniformisé sur l’ensemble du parcours Moret - Nîmes Vichy et Gannat et de Corbeil à Malesherbes. Pour accélérer le service des trains express, les gares de croisement sur le long tronçon à voie unique sont peu à peu agencées en voie directe avec voie d’évitement abordable à 40km/h (le TIV étant annoncé par un signal d’avertissement), éliminant l 'arrêt général. C’est le cas de celles de Frugières-le-Pin, Paulhaguet, Prades-Saint-Julien, Monistrol d’Allier, Alleyras, Chapeau- roux, Jonchères, Luc, Prévenchères, Villefort,Concoules- Ponteils, Génolhac, Chamborigaud, Sainte-Cécile- d’Andorge, La Levade, Grand’Combe-La Pise, Malbosc et Tamaris. Celles d’Arvant, Brioude, Saint-Georges-d’Aurac, Langeac, Langogne et La Bastide font toutefois exception à cette règle. Lors de la période d’hiver on observe par contre une baisse sensible de fréquentation des deux couples de trains Paris - Nîmes qui pour des questions d’économie vont être limités à Langeac en octobre1955, formule valable pendant le ser- vice d’hiver. Une correspondance immédiate par autorail X2400 est assurée vers Nîmes, ce qui permet un gain d’une vingtaine de minutes. Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES Un autorail sur la ligne Nîmes - Alès, près de Nîmes (août 1963 ; Breton/Photorail). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 46 À l’été 1959 le Riviera - Vichy (RV/VR) conduit une rame Nice - Vichy, tandis que des autorails panoramiques X 4200 sont engagés à l’hiver sur le Cévenol en duo avec un X 2800 limité au trajet Marseille - Langogne. Le parcours Clermont - Nîmes est alors effectué dans le temps de 4heures29 à la moyenne de 68km/h, qui constitue un record, dont on est bien éloigné aujourd’hui. Profitant de grands renouvellements de voie sur l’artère Paris - Lyon - Marseille, les rails lourds du type S 52 de 62,5kg au mètre d’origine PLM récupérés, sont mis en place en barres de 33m posées en joints alternés sur 1515 à 1606 traverses au kilomètre à partir de Brioude en 1959, à la place des rails LP plus légers d’origine. Ce chantier de subs- titution se poursuivra chaque année en direction du Sud jusqu’en 1970 pour se terminer à Luc au km 601. Le 13février 1960, l’effondrement accidentel de la voûte du tunnel du Tendron entre Bourges et Saincaize interrompt le trafic quatre mois durant. Pendant ce laps de temps les trains 1111/1114 et 2019/2022 sont détournés de Juvisy à Saincaize par Moret, Nevers. Ceci donne l’occasion à la gare de Moret d’accueillir en escale des machines électriques Sud-Ouest, cas des 2D2 5500 et CC 7100. Le TA OG/GO et le train de nuit OL/LO sont eux déviés par Montluçon, Gannat, Saint-Germain. Au service du 2octobre 1960, eu égard à l’affluence observée les dimanches soirs au TA 1102, un train 1122 Clermont - Paris est ajouté de Clermont à Paris. Au début des années 1960 le tronçon Langeac - Langogne, ouvert 24heures sur 24, connaît en été le niveau de circu- lation le plus élevé de son histoire avec les 1115, VL, LT, MV 4685, 1105, MV 4283, 1111 et VR/RV, MV 9522, 1114, LV, TL, 4682, 1108, 1116 soit 16 circulations quotidiennes. Pour soulager le Cévenol pair un TA 1146 est tracé devant lui de Nîmes à La Bastide. Les départs en week-end commencent à poser des pro- blèmes de capacité, notamment au départ de la Capitale. Pour cela, la région Sud-Est prévoit un rapide 11109 tracé derrière le 1109 de Paris à Nevers tous les vendredis. Afin de couper le long intervalle existant en pleine journée entre Paris et Nevers sauf l’été où circule le 1113/1112, un nouveau TA express est inséré à l’été 1961 de Paris 11h19 à Nevers 13h58 sous n°1119, avec retour en 1120, Nevers 14h08 - Paris 16h45. Assuré au début avec l’autorail expérimental Budd ou à défaut par un X 2400 de Longueau, il donne correspondance étroite à Nevers avec les TA 1519/1520 vers Moulins, Paray-le-Monial et Lyon. Le Céve- nol maintenant identifié ML/LM est poussé de Clermont à Vichy. Le meilleur temps en traction vapeur revient au 1109 remorqué par une 241P, qui touche Clermont en Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES Le Clermont-Ferrand - Paris-Lyon à Saint- Germain-des-Fossés, assuré par deux autorails U425 ch en 1968 (Y. Broncard /Photorail). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 48 BB63500 couplables du dépôt de Nîmes commencent à être employés elles au trafic fret en particulier sur les étapes Nîmes-Courbessac - Salindres, Alès - La Bastide - Langogne. Le 29septembre 1963 les 1119/1120 Paris - Nevers sont prolongés à Lyon-Perrache Moulins, Paray-le-Monial avec emploi d’EAD X 4500 de Lyon-Vaise, matériel d’un confort moyen pour un trajet aussi long (507km). À partir de 1964 les 66000 sont remplacées par des BB67000 affectées aux dépôts de Clermont et Nîmes qui elles aussi ne chauffent pas et doivent être accompagnées d’un fourgon chaudière l’hiver. Elles prennent en compte les 1111/1114, VR/RV et 2019/2022. Le 27septembre les TA 1119/1120 précités comportent jusqu’à Moulins un élément pour Clermont, sauf l’été. L’année est mise à profit pour moderniser le triage des Gravanches au nord de Clermont dont le faisceau de débranchement de 32 voies est remanié avec freins de voie, faisceau de réception latéral de cinq voies, faisceau d’at- tente au départ de trois voies au Nord, nouveau poste 2 avec table mécanique 1945. En gare d’Alès, les postes1 et 2 obsolètes sont remplacés par un poste EMU 45 implanté côté Sud. La physionomie du paysage cévenol vu du train est pro- fondément modifiée en 1964 avec la création des usines hydroélectriques construites par EDF, l’une sur le Chassezac au Rachas au sud de Prévenchères, l’autre sur l’Altier au nord de Villefort. Cette dernière conduit à créer une retenue d’eau de l’Altier en amont, noyant la moitié des piles du via- duc éponyme faisant l’objet de mesures de protection. Les travaux ont amené un important trafic de ciment reçu en gare de Villefort. Plus au Nord l’allongement du tunnel de Saint-Arcons est réalisé sur 20m côté Sud. En 1965 la vapeur a définitivement rendu son tablier sur Clermont - Nîmes. La fin de ce type de traction a annulé l’en- fumage très désagréable des voitures à la traversée des tun- nels de Langeac à Alès, mais aussi les escarbilles ramassées dans les yeux des voyageurs, lors de l’ouverture des fenêtres entre les ouvrages, pour profiter du somptueux décor chan- geant du parcours transcévenol. Des RGP2 remplacent les Renault ABV sur le TA BI/IB ex-BS/SB de Bordeaux à Lyon, via Clermont, Saint-Germain, prolongé à Grenoble. Les machines 67000 de Clermont s’attaquent également aux trains de fret sur la partie Nord de la radiale vers Saint- Germain-des-Fossés et jusqu’à Nevers, ainsi que sur les embranchements de Roanne, Saint-Étienne, Chagny, Vier- zon, faisant de l’ombre aux 141R. Peu à peu elles accapa- rent la traction des trains 1071/1072 de Moret à Saincaize, 1113/1112, 1115/1116 de Moret à Clermont, 2019/2022 de Vierzon à Arvant. En 1966 succombent les ultimes MV qui fonctionnaient encore au sud de Clermont, cas des 4685 Arvant - La Bastide, 45693 Clermont - Langogne. En 1965, les dernières Pacific231 G et H qui avaient fait longtemps la gloire du Bourbonnais en tête des rapides et Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES Une belle vue aérienne du triage des Gravanches à Clermont-Ferrand en juin 1970, (Henrard/Photorail). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 50 motives diesels BB67300 avec alternateur permet d’élimi- ner les fourgons chaudières aux trois paires de trains transi- tant par la ligne des Cévennes, cas des 1111/1114, 1115/1116, VR/RV. Au 9janvier 1969, les rapides 1109/1110 sont à leur tour remorqués avec une UM de BB67000 depuis Paris d’où un gain de 15 minutes. Les grosses 241P exclues des roule- ments réguliers n’assurent plus que du service facultatif. La dernière, la P7, se retire sans fastes particuliers à la fin du service d’été. Dans l’année après une accalmie, une nouvelle charrette de mises sur route intéresse trois lignes omnibus, le 9mars de Mas-des-Gardies à Quissac en Languedoc, le 4novembre celles Sud-Ouest de Malesherbes aux Aubrais par Pithiviers et de Montargis aux Aubrais. Au changement horaire du 28mai 1970, les trains 1113/1112 n’acheminent plus de tranche Paris - Saint- Étienne, cette relation privilégiée Lyon, n’étant plus assurée en direct par le Bourbonnaisque la nuit avec les 2019/2022. Ipso facto, les manœuvres de coupe et raccord en gare de Saint-Germain-des-Fossés se réduisent. Peu à peu les circuits de voie sont adaptés sur l’ensemble de l’itinéraire pour autoriser le chauffage électrique des trains remorqués avec locomotives diesels chauffantes. Un PELI (poste électrique à leviers individuels) est monté en gare d’Arvant, avec suppression de l’arrêt général. L’utilisation à l’hiver 1970 des puissants diesels CC72000 affectés au dépôt de Vénissieux profite aux deux paires de rapides 1 classe (Bourbonnais, Arverne) ainsi qu’à d’autres trains de la radiale 1109/1110, 1113/1112 de Paris à Cler- mont, 1111/1114, 2019/2022 depuis Vierzon. Les trains de fret RA et RO sont eux confiés aux BB67000 et 67400 de Nevers depuis Paris-Tolbiac et Villeneuve. Au sud de Clermont et jusqu’à Nîmes, les machines BB67300 laissent leur place auxBB67400sortant de construction. À cette époque, l’exploitation d’uranium par la Compagnie française de Mokta sur le site du Cellier, près de Langogne, donne lieu à des envois d’uranate et des réceptions d’acide sulfurique. L’application au 26mai 1971 d’un nouveau numérotage des trains de voyageurs bouleverse quelque peu les habi- tudes, notamment celles des cheminots. L’incendie accidentel d’un train d’essence dans le souter- rain du Crozet sur la section Saint-Germain-des-Fossés - Roanne le 21mars 1971, oblige à détourner plusieurs mois durant les trains Nantes - Lyon par Moulins - Paray-le- Monial - Lozanne, ceux Bordeaux - Lyon par Montluçon - Moulins. Le mouvement Bordeaux - Lyon Brive, Ussel, Clermont 5441/4540 est lui dévié Thiers, Montbrison, Saint-Étienne. La baisse de fréquentation des gares du tronçon gâtinais Malesherbes - Montargis est fatal au trafic voyageurs au 26septembre 1971, avec remplacement par bus. Une des- serte marchandises y est d’abord maintenue, avant qu’elle ne se limite au seul parcours Puiseaux - Montargis. Par contre- coup, l’ex-express 1019 de soirée disparaît et la gare de Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES Le « Bourbonnais », tracté par une diesel CC 72000 entre en gare de Moulins, en juillet 1973 (Avenas/Photorail). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 52 Saint-Georges-d’Aurac et Nîmes. De plus certains orga- nisateurs des convois allemands et suisses demandent le détour par Paray-le-Monial ou Nevers, villes connues par leurs manifestations religieuses. Des réformes horaires bénéfiques pour la relation Paris - Clermont Au début de la décennie 1970, la SNCF, faisant le constat du quasi-immobilisme de la trame horaire en vigueur sur Paris - Clermont depuis 20 ans, nonobstant des gains de temps permis par la modernisation de la traction, décide de refondre totalement la grille horaire diurne qui présente plusieurs lacunes vivement critiquées par la clientèle. En effet, l’accès aux seuls voyageurs de 1 classe des rapides Bourbonnais et Arverne pénalise ceux de la seconde classe qui ne peuvent arriver à Nevers avant 11 h 33 avec le 5929, à Clermont avant 14 h 40 avec le 4511. En sens inverse, il n’est plus possible pour eux de quitter les gares de Clermont, Riom, Vichy, Saint-Germain-des-Fossés et Mou- lins après le passage du 4510 (Clermont 14h20) pour reve- nir sur Paris, sauf le dimanche où existe le 5924. Une réorganisation en profondeur des horaires est intro- duite à l’été 1973. Il s’agit d’une petite révolution en raison du faisceau d’avantages que recèle la nouvelle desserte: • démocratisation des voyages en permettant l’accès à tous les trains équipés de voitures des deux classes, sans paie- ment d’un supplément, • meilleure répartition horaire des sillons, tout au long de la journée, • augmentation des fréquences, accélération des principaux trains. Parmi les modifications les plus marquantes citons: • l’adjonction de voitures de seconde classe aux rapides Bourbonnais devenant 191/194, ce dernier avancé à 18h04 à Clermont et Arverne renumérotés 195/190, • le basculement de Paris-Austerlitz à Paris-Lyon du Ther- mal-Express désormais désigné 193/192 rendu perma- nent, avec voitures des deux classes et rame Le Mont- Dore en été, • 4511/5410 limité au parcours Paris-Austerlitz - Clermont avec composition allégée, • 5913 renuméroté en 5901 tracé l’après-midi de Paris à Clermont, • 5903 rapide de début de soirée prenant le sillon de l’ex- 5907 des vendredis, Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES À gauche : X 2800 avec deux XR, au train 5963 Clermont - Marseille, sur le viaduc du Rachas (à Prévenchères) sur le Chassezac, une belle rivière qui se jette dans l’Ardèche (12 juillet 1981 ; M. Carémantrant). À droite : l’X 2103 sur le train 5975 La Bastide - Nîmes à Génolhac (12 juillet 1981 ; M. Carémantrant). NOVEMBRE 2015 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 53 • 5900 ex-5908 maintenu en matinée de Clermont à Paris, • 5902 créé dans le sillon tardif du Bourbonnais de Cler- mont à Paris. Du fait de la limitation à Clermont des 4511/5410, la poursuite vers Nîmes a été reportée sur un nouveau TA 5935/5934 arc-bouté sur le Thermal. On obtient dès lors six couples de trains entre Paris et Clermont, tous remorqués par des CC72000, dont les temps de parcours sont améliorés pour quatre d’entre eux de 30 à 60 min. La vitesse limite a été portée à 140km/h de Combs-la-Ville à Moret, Moret à Nemours, km 159,300 à Tracy-Sancerre, La Charité à Vauzelles, Nevers à Saincaize, Saincaize à Moulins, Moulins P 3 à Billy-Marcenat, Enne- zat-Clerlande à Riom. Entre Paris et Nevers, la desserte intermédiaire est assurée par les 5913, 5965 à destination de Lyon par Moulins, 7753, 5917 tous couverts par X 4630. Les vendredis soirs, un 5909 est intercalé de Paris à Mou- lins entre les 5903 et 195, ce dernier étant dédoublé par un 5915 de Paris à Clermont. Au point de vue matériel remorqué, l’évolution est notoire puisque si les cinq couples de trains 191/190 193/192, 195/194, 5903/5900, 5901/5900 sont limités à 10 voitures UIC et DEV inox et comportent un wagon-restaurant rouge pour les trois premiers, les 4511/5410 (13 voitures) sont for- més eux avec des véhicules USI. Les deux trains de nuit restent en marge des aménage- ments susvisés, les 5919/5924 et 4515/5412 ayant une composition de 14 et 18 voitures. Pour l’acheminement des bagages, colis express, poste et presse, un train nocturne 5959 circule à distance du 5919 avec les mêmes arrêts. Dans un autre ordre d’idées, la région de Montpellier rem- place par cars la desserte omnibus entre Alès et Nîmes, les gares de Nozières-Brignon, Saint-Geniès-de-Malgoirès et Fons-Saint-Mamert continuant à voir s’arrêter deux circu- lations par sens. Au service d’hiver 1973 appliqué le 16décembre, c’est cette fois la transversale Lyon - Nantes qui fait l’objet d’une nouvelle desserte de qualité en journée grâce à l’utilisation des turbotrains RTG de Vénissieux. Quatre allers-retours accélérés sont programmés avec emploi de la ligne du Bourbonnais sur 90km de Saint-Germain- des-Fossés à Saincaize. Accessibles sans supplément aux voyageurs des deux classes, ils entraînent l’élimination de l’unique TA rapide assuré en RGP qui n’offrait que des places de 1 classe. À gauche : en terre lozérienne, un X 2800 de Lyon-Vaise assurant un Nîmes - Clermont, près de Prévenchères (août 1990 ; B. Collardey). À droite : une UM de BB 67400 au 5919 Paris - Nîmes via Clermont à La Tour vers Alès (17 mai 1981 ; M. Carémantrant). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 54 À l’été 1974, le train périodique de jour 3535/5334 ex- AL/LA faisant double emploi est à son tour liquidé. La liaison Bordeaux - Lyon Limoges, Montluçon, Saint- Germain assurée jusqu’ici par RGP en 1 classe passe à son tour aux horaires d’hiver aux mains des RTG avec gain de temps. De plus un second aller-retour aux horaires croisés est mis en marche sous n°4532/5433. En outre un TA rapide 5853/2-5850/1 est créé en soirée, matinée de Lyon à Montluçon. À cette époque des études menées par EDF examinent la possibilité d’utiliser le cours supérieur de l’Allier pour l’éta- blissement d’une succession de barrages hydroélectriques. Cette option qui aurait noyé intégralement la section de ligne Langeac - Langogne, se serait assortie de la réactiva- tion de la voie unique coordonnée Le Puy - Langogne, ce qui évidemment aurait provoqué un allongement considérable de la relation Clermont - Nîmes. Mais ce projet est abandonné en définitive au profit de la création ultérieure en 1983 de la retenue de Naussac sur le Donozau, affluent rive gauche de l’Allier, au Nord-Ouest de Langogne, véritable mer intérieure couvrant 1050 hectares. Dans le cadre de la ligne nouvelle d’Évry par le plateau, un remaniement de la gare de Corbeil-Essonnes est réalisé avec saut-de-mouton côté Paris et PRS mis en service le 19octobre 1975 à la place de deux postes mécaniques. En outre le BAL est prolongé jusqu’à Mennecy sur la double voie Montargis. De manière à accélérer les relations Paris - Clermont-Fer- rand et Nantes - Lyon, d’importants travaux sont entrepris dans deux domaines différents entre1974 et1976. D’abord sur la voie avec: • des rectifications légères de tracé, modification de dévers, augmentation d’entraxes, relevage de voie par bourrage mécanique lourd, assainissement des voies en divers points, abaissement de la plateforme sous le pont-route aux abords de Cosne, confortement du site entre Vichy et Randan avec pose de gabions pour consolidation des rem- blais, modification du profil en long au droit des passages à niveau et de Gerzat au poste1 de Clermont, • des remplacements d’appareils de voie notamment à Myennes, La Charité, Fourchambault, Villeneuve-sur- Allier, Randan, Clermont P1 et 2 et la suppression de ceux inutilisés dans les gares de Mars, Chantenay Saint-Imbert et Villeneuve-sur-Allier, • des renouvellements de voie avec emploi de LRS sur 1666 traverses béton au kilomètre sur voie1 de Montigny-sur- Loing (km 74,800) au km 105,500; km 139,200 aux Choux-Boismorand (km 142, 400); km 146,450 au km 159,350 et sur voie 2 de Montigny-sur-Loing (km 74,800) à Bagneaux (km 90,550), Nogent-sur-Vernisson (km 135,550) au km 151,850; la Charité à Fourchambault. En outre, la modernisation de la signalisation a porté sur la substitution en 1976 du BAL au block manuel Sud-Est entre Saincaize et Moulins. La vitesse de fond qui était fixée à 140km/h entre Moret et Clermont Vichy soit 50% du trajet, à 130 sur 97km (28%), à 120 et en dessous pour le reste, a pu être relevée aux horaires du 26septembre 1976 jusqu’à 160 et 150. Entre Paris et Moret, le 160 est alors autorisé de Combs-la-Ville à Tho- mery avec un passage à Melun à 150. En cumulé on obtient donc sur les 419km de Paris à Clermont, 290km parcoura- ble à 160km/h et 41 à 150. Trois gares principales restent d’arrêt général: Saint-Germain-des-Fossés, Vichy et Riom. Les horaires appliqués au 26septembre 1976 vont pou- voir tenir compte des améliorations de vitesse, mais sont ramenés à cinq fréquences entre Paris et Clermont. Trois couples de trains, les Bourbonnais, Thermal et Arverne bénéficiant du nouveau matériel Corail sont désormais tra- cés en 3h45 avec CC72000 classés 160 et charge limitée à 450t. Ne desservant que Nevers, Moulins, Vichy et Riom, leurs performances sont particulièrement remarquables en traction diesel, témoin Paris - Nevers abattu à 130,8km/h de moyenne, Paris - Clermont à 111,9. Le 5901 du début d’après-midi est lui avancé à 9h11 à Paris pour une arrivée à Clermont à 13h06. Il remplace l’ex-4511 circulant par voies Sud-Ouest depuis Paris-Aus- terlitz. Quant au 5903 rendu direct de Paris à Nevers, il conserve son sillon de début de soirée. Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES Ci-dessous : la CC 72086 en tête du train 5900 Clermont - Paris, à Montigny-sur-Loing (15 mai 1982 ; M. Carémantrant). En bas : l’X 4207 panoramique au départ de Nîmes. Ce matériel, spécialement conçu pour les lignes touristiques, a assuré de nombreuses années le « Cévenol ». À la date de ce cliché, 1982, il ne faisait plus qu’une liaison entre Nîmes et Alès. Il fut retiré du service en 1985 (G. Grenier). NOVEMBRE 2015 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 55 Dans le sens Sud-Nord, les trains 5900 et 5902 maintenus dans leurs horaires sont eux tracés en 3h55, l’ex-5410 étant supprimé. Ces deux paires de mouvements sont équi- pées avec des voitures DEV inox. Entre Paris et Nevers un aller-retour supplémentaire assu- rant la desserte intermédiaire est ajouté l’après-midi et en matinée à l’inverse. Les liaisons sont soit couvertes par des EAD X 4630 soit par des rames légères limitées à 140 avec BB67400 de Nevers. Au cours de la décennie en cours, l’engouement pour les sports d’hiver motive le développement de la station canta- lienne du Lioran, dont la gare est directement reliée par remontées mécaniques. Le fer se positionne en offrant des trains et autorails spéciaux à des prix étudiés les dimanches, voire les mercredis depuis Nevers, Moulins, Vichy, Gannat, Riom, Clermont-Ferrand. À l’automne 1976, les appareils panoramiques sont retirés du «Cévenol» du fait de leur comportement entaché d’inci- dents et réutilisés en omnibus sur l’étoile de Nîmes y com- pris sur Alès, Chamborigaud, La Bastide. Leur remplacement a lieu avec des X2800 qui bénéficieront peu après de la modernisation dite «Massif Central» avec réaménagement intérieur et livrée bleue. De manière à dégager des écono- mies de gestion, les régions de Clermont-Ferrand et Mont- pellier procèdent à la dépose de voies de débords et leurs appareils de voie inutilisés dans plusieurs gares et de voies d’évitements dans celles de Frugières-le-Pin, Paulhaguet, Prades-Saint-Julien, Alleyras, Jonchères, Luc, Concoules- Ponteils et Sainte-Cécile-d’Andorge. Ceci a pour effet d’al- longer les cantons au nord de Langogne qui passent à 24km de Brioude à Saint-Georges-d’Aurac, Langeac à Monistrol-d’Allier, 23km de Monistrol à Chapeauroux, 19km de Chapeauroux à Langogne, mais vu le niveau réduit de la circulation, la mesure n’a pas d’effets pervers. En 1976, un express 5909 de soirée est ajouté de Paris à Nevers, avec équilibre en 5910 le matin à la place du TA 5934. La capacité insuffisante des rames RTG liée à l’engoue- ment de la clientèle pour la qualité des liaisons Nantes - Lyon, oblige la SNCF a leur substituer en 1977 des rames Corail légères avec CC72000 ou BB67400 en UM en cas de forcements jusqu’à 550t (13 voitures) aux périodes chargées. L’arrêt général disparaît en gare de Saint-Georges-d’Aurac suite à la mise en voie directe. Conséquence de l’accident très meurtrier survenu en 1972 dans le tunnel de Vierzy sur le réseau Nord-Est, une cam- pagne pluriannuelle de régénération des ouvrages de l’es- pèce entreprise au plan national, vise plus particulièrement ceux du parcours Clermont - Nîmes avec des interventions quelquefois en nocturne. Sont traités ceux de Gravil, La Molette, Albespeyre, Elzière, Banlève, les Nauches, Ners. Par ailleurs, la nappe aérienne de télécommunications, vulnéra- ble lors des intempéries, notamment en altitude, est peu à peu mise en câbles enterrés. À l’époque alors que les X 4630 dominent en régime direct et omnibus de Moret à Saint- Germain-des-Fossés et les X 2800 au-delà jusqu’à Langeac, les X 2400 sont présents de Langogne à Nîmes et les X 3800 autour d’Alès. La date du 20janvier 1978 restera gravée dans le marbre de l’histoire du parcours d’altitude de la section lozérienne cévenole. Depuis plusieurs jours, des bourrasques de neige Une rame X2874 + X 4206, au train 7816 Alès - Langogne, arrive en gare de Langogne le 12 avril 1981 (M. Carémantrant). NOVEMBRE 2015 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 57 Pour les horaires de l’été 1980, une relation Train-Auto Jour est offerte entre Paris et Clermont, deux jours par semaine avec fourgon porte-autos acheminé par les 5957 et 5900. Le 23juin 1980, la machine diesel CC72038 de Vénissieux est mise en tête à titre d’essai sur le Cévenol impair de Clermont à Nîmes, mais l’obligation de passer du régime GV au PV à deux reprises n’apporte pas d’améliora- tion dans la marche. Un rapide nocturne 5348/3549 «Rhône-Océan» reliant Lyon à Quimper ne comportant que des places couchées et acheminant les fourgons porte-autos de la relation Lyon - Nantes et Auray est mis en marche pour ce service. Mais la saison suivante, les trains temporaires 5336/3537 ex-LC/CL faisant double emploi disparaissent. Suite au déraillement le 27mars 1981 du «Napoli- Express» à Tonnerre, conséquence d’un accident routier provoqué par un automobiliste irréfléchi, le trafic voyageurs est suspendu plusieurs heures durant entre Laroche et Dijon, avec une fois encore déviation de plusieurs trains de nuit par le Bourbonnais. Une rénovation du bâtiment voyageurs de la gare de Clermont s’accompagne du rehaussement des quais 1, 2, 3, du prolongement du souterrain côté cour des Paulines, avec grand parking édifié à la place de débords et d’un chantier multitechnique transféré au Nord du triage des Gravanches. Pour le service d’été 1982 naît un second train animé bap- tisé «Aubrac» qui comporte des voitures directes Paris-Lyon - Béziers, acheminées jusqu’à Clermont par les rapides 193 «Thermal» à l’aller et 5958 au retour. Cette relation marque un nouveau tournant pour le désenclavement de la célèbre ligne des Causses qui ne disposait auparavant d’aucune liai- son directe de jour avec la capitale. Une baisse de fréquentation motive la dérégularisation l’été des trains de nuit Marseille - Vichy qui deviennent tri- hebdomadaires. Des autorails d’un nouveau genre de la série X 2100 atta- chés à Lyon-Vaise assurent le renfort des X 2800 sur les TA 5955/5954 Clermont - Nîmes. À l’automne 1982, le TA Bordeaux - Clermont - Lyon - Grenoble passe en rame tractée Corail, agrémentée d’une animation à bord, avec des CC72000, et prend l’étiquette «Ventadour». Une tempête dévastatrice survenue à l’automne 1982 sur l’Auvergne provoque les moissuivants une recrudescence de chargement de bois en grumes et de chablis dans plu- sieurs gares au sud de Clermont. Après la substitution en octobre d’un ouvrage du type mixte fer-béton à la place du viaduc métallique vieillissant franchissant l’Allier sur les voies Gannat, le 14décembre 1982 intervient la mise en service du PRG de Saint-Ger- main-des-Fossésremplaçant deux postes anciens, celui de la bifurcation de Gannat ayant été annulé précédemment. On profite de cette modernisation pour remanier le plan des voies principales avec entrée à 100 sur la voie A longeant le BV en venant de Nevers, à 60 sur les voies B, C, D à quai banalisées. Côté Sud l’entrée en provenance de Nîmes se fait à 100 sur voie C, à 60 sur voies B et D, l’arrêt général étant corrélativement supprimé. En outre le BAPR est subs- titué au block manuel vers Gannat. En 1983, une simplification du plan de voies de la gare d’Alèsest réalisée avec nombre de voies à quai ramené de cinq à quatre et mise à voie unique dans le souterrain de Pèlerin, l’aiguille de débranchement vers Bessèges étant reportée au Nord de l’ouvrage. Intégrée depuis 1975 dans le périmètre du Syndicat des Transports Parisiens, la section de 20km de Corbeil à La Ferté-Alais (maillon de l’itinéraire bis déchu du Bourbonnais) connaît une expansion continue de son trafic banlieue, due à l’urbanisation rapide des localités du val d’Essonne. Sa des- serte voyageurs assurée par 15 navettes avec X 4630 de Nevers dont sept continuent sur Malesherbes en correspon- dance à Corbeil avec la grille banlieue et quatre mouve- ments directs Paris-Lyon - Malesherbes (deux couverts par EAD en pleine journée et deux en pointe avec rame tractée par diesel 67400) est devenue inadaptée et peu attrayante. Son électrification en 1,5kV avec sous-station traction à Ballancourt est jugée indispensable pour développer le tra- À gauche : le PRG de Saint-Germain- des-Fossés (28 décembre 1982 ; M. Carémantrant). À droite : le poste 2 de Saint-Germain- des-Fossés (20 octobre 1982 ; M. Carémantrant). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 58 fic. Outre le prolongement du BAL de Mennecy à La Ferté, le projet s’accompagne de la création d’une voie de terminus latérale et d’un poste PRCI expérimental à cette gare. Après mise sous tension le 13janvier 1984, les éléments Z5100 et 5300 prennent le relais de la traction thermique avec un schéma de desserte renforcé depuis Paris via la ligne du Pla- teau par Évry-Courcouronnes, avec un gain de 7 minutes. Une amélioration de la vitesse limite de 100 à 120km/h sera obtenue ultérieurement après renouvellement des voies. La desserte de Malesherbes est maintenue au moyen de navettes en correspondance à La Ferté, le trafic fret res- tant du ressort des machines 67400 entre Villeneuve-Triage et Malesherbes. Petit à petit, le BAL gagne du terrain sur la radiale, en concomitance avec les fusions de postes, cas des tronçons: • Varennes-sur-Allier à Saint-Germain-des-Fossés en 1979, • Moulins à Varennes-sur-Allier en 1981, • Saint-Germain-des-Fossés à Vichy en 1982, • Riom à Clermont-Ferrand en 1984, • Vichy à Riom en 1986. L’arrêt général imposé en gare de Riom constituait de longue date un des points noirs du Bourbonnais. Son élimi- nation a été réalisée avec la suppression des postes 1 et 2 Saxby datant de 1926 et remplacement par un PRG logé au BV, mis en service le 14mai 1984. À cette occasion le plan de voies a été simplifié et amélioré, les voies 1 et 2 Gannat et la voie A banalisées permettant un passage sans arrêt à 90 pour le courant Paris - Clermont et à 60 pour celui Gan- nat - Clermont. Générant de longue date des tonnages impressionnants, les Houillèresdu bassin des Cévennes voient la fermeture des derniers puits de mine au nord d’Alès en 1984; les ultimes transports sont remis dans les gares de La Grand- Combe et Malbosc. Mais, jusqu’en 1994, du charbon provenant de la mine découverte de Champlauson située au-dessus de La Levade, camionnée jusqu’au lavoir du Mazel, est chargé en gare de La Grand-Combe, sous forme de trains complets à destina- tion de Carmaux, Creutzwald pour fabrication de coke et vers Montceau-les-Mines pour usage en centrale ther- mique. En contrepartie, dans les années 1980 s’est développé un important courant de wagons de bois de trituration chargé par la Société Sofoest embranché au Nord de Langeac, expédié par rame Nîmes sur une papeterie récemment créée à Tarascon-sur-Rhône. Par mesure d’économie les deux trains de nuit Paris - Nîmes et Paris - Béziers sont fusionnés de Paris-Lyon à Cler- mont-Ferrand à l’été 1984, où disparaît définitivement le train de nuit 3531/5350 ex-AG/GA LaRochelle - Lyon qui ne circulait plus que deux jours par semaine. En 1985, le train temporaire d’été 5431/4544 Vichy - Bordeaux Clermont, Ussel, Brive ex-VB/BV par trop lent, victime de la concurrence automobile, passe à la trappe. Succédant en 1978 aux EAD X 4300, des RGP1 de Metz assurent jusqu’en 1984 le TA trihebdomadaire 5162/1561 Clermont - Metz Moulins, Paray-le-Monial, Dijon, Chalindrey, Vittel, Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 60 Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES Un train de bois Langeac - Tarascon descend la rampe sud des Cévennes entre La Bastide et Villefort, ici près de Prévenchères, en Lozère (26 juin 2013 ; P. Julien). Le 20 septembre 2015, le train spécial Langogne - Nîmes de l’AP 2800, formé des X2800, X 2819 + X 2914, franchit le viaduc de Bouchatel au-dessus de la rivière l’Allier à cheval entre les départements de l’Ardèche et de la Lozère. Cet angle de vue est inédit suite à la déforestation d’un site pour de futurs travaux routiers… (P.-L. Espinasse). NOVEMBRE 2015 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 61 NOVEMBRE 2015 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 65 Nevers le 10novembre 1987, PRG à Moulins le 19octobre 1988, PRCI associé à un PVSI à Clermont-Gravanches le 28février 1989, PRCI à Clermont le 18février 1990, là avec remaniement du plan de voies et allongement des quais. Par ailleurs, pour faciliter l’exécution des travaux ultérieurs de maintenance, l’ensemble du parcours de 100km de Nevers à Saint-Germain-des-Fossés a été pourvu d’IPCS avec liaisons de report à Saincaize, puis au-delà à Saint- Pierre-le-Moûtier, Villeneuve-sur-Allier, la Ferté-Hauterive, assujetties à des PRCI télécommandés depuis le PC régional de Clermont. Il en a été de même de Riom au triage des Gravanches, les voies 1 et 2 étant elles banalisées du km 412,3 à Clermont. L’électrification a été réalisée en 1,5kV continu sur 57km de Moret au sud de Montargis (km 123, 550) avec alimen- tation par trois sous-stations implantées au nord de Nemours, entre Dordives et Ferrières et à Amilly au point de transition avec le 25kV utilisé vers le Sud. Cette dernière station sera mixte et débitera également du courant alter- natif comme celles étagées à Neuvy-sur-Loire (km 183) raccordées à la ligne 63kV issue de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire récemment créée et raccordée par fer en gare de Neuvy, Fourchambault (km 246), Billy-Marcenat (km 353) et aux Gravanches (km 415). La mise sous tension a été fractionnée en trois étapes: • de Moret à Montargis et Saincaize y compris le raccorde- ment formant triangle vers Vierzon les 8et 9mars 1988, le train inaugural ayant été assurée par la 22310, • de Saincaize à Saint-Germain-des-Fossés le 19mai 1989, avec la 22400, • de Saint-Germain-des-Fossés à Clermont-Ferrand y com- pris la voie d’accès depuis Riom à l’embranchement des eaux de Volvic et celle conduisant au dépôt de Clermont le 22mars 1990. Le train officiel d’inauguration transportant le Président de la République a été couvert par la 26008. Dès le 27mars 1988 les CC72000 et autres BB67400 ont été chassées de l’étape Paris - Nevers par les BB22200 bicourant, parcourant les 252km dans un temps compris entre 1heure54 et 2heures03 pour les cinq allers-retours Paris - Clermont de jour. L’échange traction systématique provisoire à Nevers permet guère de descendre pour le moment sous la barre des 3heures45 entre Paris et Clermont. Une partie des relations autorails Paris - Nevers est converties en rame tractée avec des gains de temps approchant 30 minutes. Le train de nuit comporte désormais en sus des rames Paris - Nîmes et Béziers, une tranche de voitures pour Aurillac, conséquence de la suppression de la desserte directe assu- rée historiquement Brive. Les Z5100 et 5300 s’approprient les navettes de Moret à Montargis à la place des X 4630. En trafic fret les BB7200 assurent des prestations de Villeneuve à Montargis et les 22200 touchent Nevers. Pour le service d’été 1989, les trains Paris - Clermont échangent leurs BB22200 contre des CC72000 en gare de Saint-Germain-des-Fossés, le temps de parcours affecté par les travaux reste fixé au mieux à 3h45. La desserte Nantes - Lyon reste assurée en thermique de bout en bout. C’est vraiment au service d’été 1990 que l’on peut récolter les fruits de la fin de l’électrification. Les meilleurs trains abattent Paris - Clermont en 3heures27 (191, 194), 3heures30 (195), 3heures33 (190). Désormais la radiale Paris - Clermont n’a plus rien à envier à l’artère Impériale au point de vue des équipements, avec de la signalisation automatique de bout en bout et des postes modernes. Mais son trafic voyageurs est loin d’être aussi étoffé. Il va même régresser prochainement, comme nous allons le voir, avec l’effritement et la disparition pro- gressive des relations transversales. Au printemps 1990 un train spécial «Panorama-Express» composé de voitures panoramiques de l’ex-Rheingold, De haut en bas : travaux d’électrification en cours sur les deux voies à Limagne près de Saint-Clément- de-Régnat (avril 1989 ; B. Collardey) ; arrivée à Clermont du « Cévenol » venant de Paris avec une CC72000, peu avant l’électrification (28 octobre 1989 ; B. Collardey). Page de droite de haut en bas : le Train touristique des gorges de l’Allier est assuré par un X2800 + XR. Le convoi passe à Saint-Julien- des-Chazes (23 août 2005 ; G. Pourageaux) ; Un train de marchandises avec la CC 72087 franchit sans arrêt la gare de Saint- Germain-des-Fossés (3 mai 2006 ; S. Lucas). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 66 affrété par l’agence suisse Mittelthurgau a circulé sur la totalité de la ligne des Cévennes, véritable pépite ferroviaire au cœur du Massif Central. Des RGP1 revêtant peu à peu la livrée jaune Languedoc- Roussillon prennent en compte les longues tournées Cler- mont - Nîmes et Mende - Nîmes - Montpellier. En raison du court trajet, le service Train-AutoJour Paris - Clermont dont la fréquentation est infime cesse de fonc- tionner en 1991. L’année suivante, une halte dénommée «Part-Dieu» à proximité d’établissements scolaires et d’un centre d’activités, est implantée à 3,6km au sud de Cler- mont en direction de Nîmes. La modernisation du tronçon Saint-Germain - Riom par Vichy qui capte l’ensemble des trafics voyageurs et marchandises, assèche le parcours Gannat - Riom (27km) qui peut être mis à voie unique, ceci évitant le renouvellement de la voie2 très usagée. Équipée du BAPR de voie banalisée, la vitesse a pu être portée à 160km/h, un évitement étant créé à Aigueperse, gare dotée d’un PRCI à l’automne 1991, télécommandé du PC de Cler- mont. En parallèle le poste 1 Saxby de Gannat reprend les fonctions du poste 2. À ce moment la mise en marche de deux TGV intersec- teurs Lyon - Nantes/Rennes par les LN1 et 2 suppose un premier dégraissage des quatre trains Corail classiques par la transversale. Le 6802 du matin Lyon - Nantes ne circule plus que les lundis et samedis, le 6808 de soirée est limité à Vierzon sauf les vendredis. À l’inverse, le 6304 Nantes - Grenoble devient origine Tours sauf en fin de semaine et le 6308 de soirée ne roule plus que les vendredis et dimanches. En 1992, l’électrification en 1,5kV et le BAL sont prolongés de La Ferté-Alais à Malesherbes, cette gare étant remaniée avec un PRS mis en service le 24juillet 1992. À la fin septem- bre, la desserte banlieue se termine à cette gare avec renfor- cement du cadencement et emploi de Z5300 et 20500. Dès lors, les trains de fret provenant notamment de la voie unique coordonnée de La Chapelle-la-Reine (sable et céréales) conti- nuent à être conduits à Villeneuve ou Corbeil et inversement par des diesels BB67000 ou 67400 de Nevers. Un des deux allers-retours Lyon - Bordeaux couvert par RTG disparaît sauf les week-ends et l’été. Des ETG sont engagés un moment sur les relations Lyon - Clermont et Clermont - Dijon - Besançon. Le désengagement de La Poste conduit à la liquidation en mai1993 du Train Poste Autonome nocturne Paris - Cler- mont qui avait été créé au début des années 1980. Pendant l’été, le couplage formé par les BB22399/22400 (TTU/TU) modifié pour usage temporaire sous le tunnel sous la Manche, est essayé entre Saint-Germain-des-Fossés et Riom. Le BAPR équipe dès lors le parcours Issoire - Arvant. Du 16 au 23mars 1994, la section cévenole Langogne - Nîmes a été le théâtre de courses de démonstration d’un élément pendulaire de la DB détaché de Nuremberg. Bra- vant l’hostilité de la direction du Matériel de la SNCF peu favorable à ce type d’engins, la région Languedoc-Rous- sillon obtient néanmoins la possibilité de tester un VT610 de 970kW, lequel a montré ses capacités en atteignant à la montée une vitesse supérieure de 15 à 25km/h à celles admises. De plus, il a roulé avec des pointes à 160 et jusqu’à 169 sur le parcours facile d’Alès à Nîmes. Mais cet essai n’a pas eu de suite car les nouveaux automoteurs X 72500 développant 1200kW, aptes à 160km/h pour le TER étaient en commande. Au même moment, l’autorail X 2823 modifié aux ateliers de Nevers-Machines pour rouler à 140km/h effectue une pointe à 154km/h entre Nevers et Saint-Germain. À l’été suivant, grâce à l’usage sur certains roulements de BB26000, les temps de parcours peuvent être légèrement abaissés jusqu’à 3heures21 pour le 195 de soirée. La trame Paris - Clermont s’est enrichie d’un sixième aller-retour l’après-midi donnant la succession suivante: • dans le sens impair, 191 «Bourbonnais» (Paris 7h02), 5957 «Cévenol» (8h54), 5901 «Thermal» avec rame Le Mont-Dore l’été (12h31), 193 (16h08), 195 «Arverne» (17h30), 5903 (18h56), • dans le sens pair, 190 «Arverne» (Paris 9h12), 5900 (12h12), 5902 «Thermal» (16h46), 192 (19h33), 194 «Bourbonnais» (21h01), 5958 «Cévenol» (23h02). Entre Paris et Nevers, la desserte locale est assurée par les 5907, 15935, 5911, 5913 limité à Gien du lundi au jeudi, 5909, 5915, plus 5917 les vendredis, tous en rame tractée. Pour le service d’hiver suivant, l’heure d’arrivée à Béziers (22h36) étant jugée trop tardive, les voitures Paris - Béziers de l’Aubrac sont reversées dans le 5957, une rame Paris - Aurillac étant acheminée par le 5901 à l’aller (Paris 12h31) et 5902 au retour (Paris 16h50). La baisse de fréquentation de la tranche de voitures Paris - Nîmes des trains de nuit 5919/5924 conduit à sa suppres- sion en période d’hiver au sud de Clermont, avec mouve- ment TER de substitution jusqu’à Nîmes. De même, le « Ventadour » n’est plus programmé qu’en fin de semaine et pendant l’été, avec rame directe Lyon - Bordeaux - Arcachon. Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES Une UM de 67400 de Bordeaux, loin de leur base, avec le « Ventadour » à 140km/h dans la plaine de Limagne (19 août 1998 ; B. Collardey). NOVEMBRE 2015 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 69 Sur ce dernier segment, pour favoriser des dessertes périurbaines, une voie de terminus médiane à quai est ajou- tée en 1996 en gare de Vic-le-Comte, avec un PRCI télé- commandé depuis celui, central, de Clermont. Au point de vue matériel, l’introduction des puissants et nouveaux X TER 72500 sur les relations Clermont - Montlu- çon, Clermont - Lyon Vichy et Clermont - Aurillac, rénove sensiblement l’image vieillissante du chemin de fer, avec les X 2700, 2800, 4500, 4630. Côté Languedoc-Roussillon, ce type de matériel new-look est également engagé sur les tra- jets Nîmes - Alès - Langogne et Mende. Par contre, les deux allers-retours croisés Clermont - Nîmes 59561/59568 et 59567/59566 confiés aux RGP1 sont transformés en rame légère de deux, trois voitures avec diesel BB67400. Ces deux régions vont acquérir à la suite des ATER 73500 qui élimineront les véhicules précités, tout en apportant un surcroît de confort. Elles poursuivront les opérations de simplification des installations sur la voie unique d’Arvant à Alès avec dépose des voies d’évitement de Chanteuges, Luc (Lozère), Prévenchères, La Levade, Malbosc et Tamaris. Grâce à l’initiative d’offices de Tourisme cherchant à pro- mouvoir les sites remarquables de leur région avec parcours ferroviaire, deux options sont proposées en été aux tou- ristes: • l’une concerne le circuit dénommé «Train des Sources» assuré par un élément X 72500 de Millau à Millau Monastier, Mende, la Bastide, Langogne, Langeac, Arvant, Neussargues, Saint-Flour, Marvejols, • l’autre un aller-retour dans les gorges de l’Allier de Lan- geac à Langogne avec une RRR attelée à un diesel 67400. Si le premier ne dure que quelques saisons, le second est reconduit plusieurs fois par semaine en juillet, août et continue de fonctionner de nos jours. À l’automne 2002, une machine bifréquence 185 de la DB est essayée sur Saint-Germain - Clermont. La génération des turbotrains RTG étant au bout du rou- leau, l’aller-retour Lyon - Bordeaux maintenu en été, est remplacé par une rame légère tractée avec détente horaire en mai2003, avant de succomber un an plus tard. La décré- pitude de cette relation peu soutenue par la SNCF, s’accen- tue en décembre2004 lorsque le retrait des RTG est total, la seule relation maintenue (4582/4481) étant à son tour transformée en rame Corail avec BB67400 et horaire très dégradé. LESBONNESADRESSES POUR RÉSERVER VOTRE ESPACE PUBLICITAIRE contactez NicolasDEMONGEOT Tél.0149707313 [email protected] www.laviedurail.com/rail-passion Page de droite de haut en bas : sous le château de Domeyrat ( XII et siècle) entre Brioude et Saint- Georges- d’Aurac le 30 juin 2015, un X 73500 sur le train 276307 Clermont-Ferrand - Le Puy-en-Velay (J. Quatorze). passant sur le viaduc de Nevers ce 26juillet 2009, cette BB 26000 tracte un train Paris - Nevers (L. Thomas). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 70 La ligne du Bourbonnais relevée à 200km/h mais désertée par les trains de nuit Au début des années 2000 les deux trains nocturnes Lyon - Nantes - Quimper sont fusionnés en un seul, mais conservent l’appellation «Rhône-Océan». En 2001 un renouvellement voie-ballast concerne les deux voies principales de Vic-le-Comte à Issoire. De nouveaux relèvements de vitesse deviennent possibles à 140 du km 452,2 à Issoire. Au service d’été 2002, les six allers-retours Paris - Nevers formés avec des voitures hétérogènes des types USI, UIC et Corail sont dorénavant formés uniquement de rames bloc Corail. Bien qu’inscrit au Contrat État-région Auvergne 2000-2006, l’électrification en 25kV du tronçon Clermont - Issoire (36km) est ajournée. Le 30août 2003, la Direction Grandes Lignes supprime brutalement et sans préavis le train de nuit Paris - Millau qui comportait des rames pour Aurillac et Nîmes. Des com- positions de voitures Téoz commencent à équiper plusieurs trains de la radiale Paris - Clermont. À partir de l’hiver le traditionnel train de nuit Lyon - Bordeaux Gannat, Montluçon, Limoges dont l’utilisation est en baisse conti- nue, voit sa composition allégée et adjointe au Rhône- Océan de Lyon à Vierzon. En 2004, la razzia porte sur le «Ventadour» qui reliait l’été et les week-ends Bordeaux à Grenoble. Un TER lui est substitué de Clermont à Lyon via Vichy, Saint-Germain, Roanne. Du 24mars au 23avril, en raison d’importants travaux de voie entre Vichy et Riom, les trains Paris - Clermont et Lyon - Clermont sont détournés Gannat avec recours temporaire à la traction diesel. Au 11décembre 2005, le train de nuit Genève - Lyon - Nantes - Quimper, qui n’achemine plus la rame Lyon - Bor- deaux supprimée, abandonne son transit classique par l’iti- néraire transversal Saint-Germain, Saincaize, Vierzon et est dévié en tout électrique Dijon, Valenton, Saint- Pierre-des-Corps. Il n’y a donc plus aucun train de voya- geurs nocturne sur l’artère historique du Bourbonnais et son prolongement vers Nîmes. Autre modification, concernant cette fois les trains de jour de la transversale Lyon - Nantes, peu à peu vidés de leur clientèle par l’attrait des relations TGV: sont alors seuls conservés les 4504 Grenoble - Tours, 4407 Tours - Lyon, 4506 prolongé à Nantes les fins de semaine, 4402 Lyon Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES Infographie K. Labbé/Rail Passion NOVEMBRE 2015 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 73 Les dimanches, les 5974 ex-5988, 5986 ex-5996 sont avancés de deux heures et 24 minutes (Clermont 14h26 et 18h26). L’emploi d’un élément X 72500 triple Rhône-Alpes (avec renfort d’un élément limousin en pointe hebdomadaire) sur la relation Lyon - Bordeaux (4582/4480) à la place de la rame Corail péjorée par les rebroussements de Gannat, Saint-Sul- pice et Périgueux, permet son accélération d’une heure, reve- nant ainsi à un temps proche de l’horaire suivi par les RTG. Le 14décembre 2008, la région de Clermont peut exploiter sur l’artère du Bourbonnais trois sections aptes à 200km/h obtenues par amélioration de la voie (augmentation d’en- traxe, reprise de dévers, relevage de voie, remplacement de rails et traverses), introduction de la préannonce sur les panneaux de BAL, adaptation des postes PRS, PRG, PRCI jalonnant la section Saincaize - Saint-Germain, suppression de 10passages à niveau avec ouvrages de remplacement, mise en place de passerelles dans les gares. Au cours des travaux d’un coût de 45millions d’euros entrant dans la trancheA programmée dans le Contrat de Plan État-région Auvergne, plusieurs coupures longues de trafic ont été rendues nécessaires. Cette vitesse est alors praticable entre les km: Vitesses limites applicables en 2015 aux trains de voyageurs Paris - Clermont (sens impair) Parcours Trains V 200 Trains V 160 Paris-Lyon Km 2,1 Km 4,0 Km 14,9 Brunoy Km 26,0 Km 42,7 Km 45,9 Km 63,6 Moret-Veneux Km 69,1 Km 86,0 Km 92,0 Km 95,0 Gien Km 159,2 Nevers Saincaize Km 267,9 Km 283,7 Km 301,0 Km 309,6 Km 316,3 St-Germain-des-Fossés Vichy Km 373,0 Km 386,1 Km 2,1 Charenton Km 4,0 Villeneuve Km 14,9 Brunoy Km 26,0 Km 42,7 Km 45,9 Km 63,6 Moret-Veneux Km 69,1 Km 86,0 Km 92,0 Km 95,0 Gien Km 159,2 Nevers Saincaize Km 267,9 Km 283,7 Km 301,0 Km 309,6 Km 316,3 St-Germain-des-Fossés Vichy Km 373,0 Km 386,1 Clermont-Ferrand 200 200 Limitations particulières 150 du Km 103,8 au 104,7 100 du Km 194,3 au 195,5 120 du Km 195,5 au 196,1 zone de Cosne 140 du Km 196,1 au 197,1 155 du Km 206,0 au 207,4 110 du Km 251,2 au 253,4zone de Nevers 110 du Km 262,4 au 263,4nord de Saincaize 110 du Km 313,0 au 314,8zone de Moulins 120 du Km 351,1 au 354,1 100 du Km 354,1 au 356,4 zone de St-Germain-des-Fossés 100 du Km 364,4 au 365,7zone de Vichy 120 du Km 380,8 au 382,0zone de Randan 90 du Km 404,9 au 406,2zone de Riom 130 du Km 417,1 au 418,4 60 du Km 418,4 à Clermont zone nord de Clermont RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 76 Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 78 postes 1, 2, permettant de ramener le temps de parcours des TER Alès - Nîmes de 39 à 30 minutes, avec densification des dessertes. La trancheB d’amélioration de la ligne du Bourbonnais, d’un coût de 28millions d’euros, a permis une extension à compter du 20juin 2013 du parcours utilisable à 200km/h, de Varennes-sur-Allier (km 339,7) jusqu’au km 351 au nord de Saint-Germain-des-Fossés. Elle s’est assortie d’un redressement léger des courbes, du relevage de voies par augmentation de la couche de ballast et de l’entraxe des voies, de l’introduction de la préannonce sur les panneaux de BAL et de la suppression de quatre passages à niveau, remplacés par des ponts-rails et ponts-routes. Une trancheC enclenchée au titre du CPER Auvergne 2015-2020 portant sur le tronçon Vichy - Clermont appro- chant 40millions d’euros vise une dernière série de relève- ments: • moins juteux de Vichy à Randan de 120 à 130 sur 3,7km, 120 à 150 sur 6,3km pour 2017, • substantiels de 160 à 180 de Randan à Riom moyennant la suppression de 10 passages à niveau dont trois déjà programmés, de 160 à 190, voire 200 de Riom à Clermont avec élimination du passage à niveau de Ménétrol. Par ailleurs pour fluidifier la circulation, il est prévu la pose d’une liaison voie 1-2 au Nord de Riom à l’intention des trains de fret, le relèvement de 30 à 90km/h des voies 1-bis et 2-bis au Nord de Clermont et la pose d’IPCS de Vichy à Riom. Travaux de sauvegarde sur la VU Arvant - Langeac - Alès Depuis 2008 l’état de dégradation de la voie et des ouvrages (viaducs, ponts et tranchées) tombés en déshérence en raison d’un manque d’entretien récurrent, commence à motiver l’instauration de ralentissements à taux bas par mesure de sécurité. Sont particulièrement visés le trajet des gorges de l’Allieret la rampe sud en aval de Génolhac. Les abaissements de vitesse deviennent alarmants en 2009, avec une chute à 60km/h du km 510,6 à Saint-Georges d’Aurac, 30km/h de Langeac à Langogne, 55km/h de Génolhac à La Levade, allongeant fortement les temps de trajet. Ainsi les trains Corail 15947/15942 Clermont - Marseille et les deux TER Clermont - Nîmes déjà touchés par une baisse de fréquenta- tion, voient leur marche lourdement détendue de 48minutes entre Langeac et Alès. Pire, l’ex-Cévenol impair est avancé d’autant à Clermont, rompant la correspondance depuis Paris, le sillon pair étant avancé depuis Marseille, leur croisement étant reporté en conséquence de La Bastide à Langogne. Dans l’année, à l’automne, la région de Clermont au titre du Plan Rail Auvergne a paré au plus pressé en réalisant des travaux de confortement dans les tunnels de: • Saint-Étienne entre Monistrol d’Allier et Alleyras, • Roquefort entre Alleyras et Chapeauroux. Celle de Montpellier a régénéré ceux de: • Bazaux et Molette entre La Bastide et Prévenchères, • Fossats entre Génolhac et Chamborigaud, • La Bégude (1723m) entre Chamborigaud et Sainte- Cécile-d’Andorge. De plus, des remplacements de rails ont eu lieu dans plu- sieurs tunnels du versant Sud, un renouvellement de voie a intéressé 1140m en amont du tunnel de La Bégude. Courant 2010, les populations locales très inquiètes de la dégradation des horaires, laissant planer une incertitude quant au maintien du parcours, manifestent le 14mai en gare de Langogne. À ce stade le trafic fret est interdit entre Langeac et Alès, le train de bois Langeac - Tarascon étant dévié par Clermont, Saint-Étienne, Givors. Des interventions pluriannuelles ont été déclenchées en fonction des allocations budgétaires. À l’automne sous couvert d’une fermeture de la ligne du 4octobre au 26novembre, outre le traitement de trois Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES À la sortie de la gare de Saint-Georges- d’Aurac équipée de signalisation mécanique, le 30 juin 2015, un X 73500, pour le train 873970 Langeac - Clermont-Ferrand (J. Quatorze). Page de droite : le « Cévenol » Clermont-Ferrand - Marseille franchit l’Allier entre les gares de Langogne et de La Bastide-St-Laurent- les-Bains (28 juin 2011 ; P. Julien). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 80 Tarascon - Langeac a labouré sérieusement le travelage, endommagé les garde-corps des viaducs et les têtes des tunnels. Un épilogue consternant pour l’ex- «Cévenol» que l’on espère provisoire Un nouvel incident relatif à un glissement de terrain de plusieurs milliers de m a coupé à nouveau malencontreu- sement la RD 40 et cette fois la ligne en contrebas au Km 552,4 entre Monistrol et Alleyras, depuis le 28 avril. Cela a nécessité un transbordement par cars de Langeac à Lan- gogne des trois paires de trains. Toutefois, le train touris- tique du val d’Allier a pu circuler en juillet-août de Langeac à Monistrol, avec, cette année, une animation fournie par des chanteurs et compteurs locaux. Quant au convoi de fret, il a été détourné par Clermont et Lyon. Mais pour son 60 anniversaire, la SNCF a réservé un sort funeste à l’Intercités Clermont - Nîmes 15957/15952 ex- Cévenol, au renom depuis longtemps émoussé. Depuis le 27septembre, en effet, il a été brutalement transféré en totalité sur route avec un temps de parcours allongé de 1heure 30 selon l’horaire suivant : • Clermont 12h40 - Nîmes 19h04 ; • Nîmes 12h20 - Clermont 18h50. Seul avantage avec ce procédé, qui ne va pas manquer d’alimenter le covoiturage, la suppression des deux trans- bordements pour les voyageurs, mais qui élimine l’attrait touristique éminent du parcours médian. Ceux-ci vont devoir s’accommoder des innombrables virages des routes de Haute-Loire et de Lozère empruntées par les autocars, ce qui ne sera pas favorable au confort comparé au rail! Ces dernières années, avec les coupures à répétition édictées pour la maintenance de l’itinéraire et celles récentes décou- lant des incidents relatés ci-avant, la clientèle de ce train s’était, il est vrai dangereusement, clairsemée. Précisons cependant que la ligne des Cévennes doit rouvrir le 13 voire le 31 décembre après traitement de l’éboule- ment d’Alleyras. Au delà de cette échéance, l’ex- Cévenol devrait, en principe, réapparaître alors sur les rails de bout en bout! La prudence reste toutefois de mise car on sait malheureusement que, parfois, avec la SNCF, le «provi- soire» peut s’installer dans la durée… Deux bonnes nouvelles sont tombées par ailleurs cet été. L’une concerne la mise en marche à la mi-décembre d’un aller-retour sans arrêt Clermont - Lyon en 2heures13 (deux en 2016), soit un gain de plus de 20 min. L’autre est la prise de position favorable du rapport Duron vis-à-vis de l’étoffement de la grille TET Paris – Clermont, avec une dizaine de fréquences souhaitées. Projet POCL: l’espoir d’une renaissance Dans les années 1990, après les essais de l’ETR450 puis ceux de la rame TGV101, la formule TGV pendulaire a fait un moment fureur, mais le projet est rapidement retombé, la SNCF n’étant guère attirée par le procédé. La clientèle de la ligne du Bourbonnais est donc contrainte de se satisfaire de ses rames Corail Téoz encore un bon moment, lesquelles il est vrai roulent maintenant à 200 sur des tronçons de la section médiane Saincaize - Saint-Germain. D’autres sections sont potentiellement aptes à un tel relè- vement, notamment entre Montargis et Gien et plus au sud jusqu’à Cosne, mais le projet actuellement développé de TGV Paris - Lyon II qui a le vent en poupe auprès des autori- tés régionales, fait renoncer à cette option. Avant d’en dire un mot, il n’est cependant pas utopique de penser que d’ici quelques années, des TGV pourront rempla- cer les Téoz sans pour autant que les temps de parcours s’abaissent significativement. En tout cas l’image de marque de la relation se trouverait confortée aux yeux des utilisateurs, qui se sont toujours sentis les parents pauvres par rapport à l’artère Impériale. Le projet de ligne nouvelle dénommé POCL (Paris - Orléans - Clermont - Lyon) a un double but. Primo de soula- ger la LN1 devant être saturée en 2030, secundo d’irriguer par ricochets un chapelet de villes du Centre de la France, cas d’Orléans, Blois, Vierzon, Châteauroux, Limoges, Bourges, Nevers, Moulins, Vichy, Riom et Roanne. Ce projet fait actuellement l’objet d’études détaillées d’implantation et de concertations suivant trois scénarios: Est, médian et Ouest. D’après les premières esquisses, Cler- mont-Ferrand pourrait être à moins de deux heures de Paris-Austerlitz et Lyon à moins de 1heure30. Mais le vent de fronde au niveau de l’État qui souffle ces derniers temps sur les LGV nouvelles risque de repousser ce projet au-delà de 2030, voire de l’enterrer. (1) La liaison directe Paris - Béziers par la ligne des Causses n’a pas encore été réintroduite. (2) C’est le cas entre autres de l’affaissement du haut talus d’Arçons au km 528, 400, du tunnel de Bessèges au sud de Prévenchères mis sur cintres suite à fracturation du radier par un glissement de ter- rain, du viaduc du Luech et de Frecenet à 40km/h. (3) En 1990 la même machine avait découvert le splendide parcours en tête d’un spécial «Van Gogh» Clermont - Arles, avec retour par Lyon. Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES Le Train touristique des gorges de l’Allier devant le tunnel de Monestrol (30 juillet 2015 ; B. Collardey). Un CIC Clermont-Ferrand - Marseille sur le viaduc de l’Altier (7 avril 2011 ; P.-L. Espinasse). La CC 72026 haut-le-pied arrive à Langeac (23 août 2005; G. Pourageaux). Passage sur le viaduc du Rachas de la relation Clermont-Ferrand - Nîmes. Section de ligne La Bastide - Saint-Laurent-les-Bains (26 juin 2010 ; P. Julien). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 Étude de ligne DE PARIS À NÎMES PAR LE BOURBONNAIS ET LES CÉVENNES Le 24 janvier 2013, à La Bastide-Puylaurent, le train 15959, Clermont-Ferrand - Nîmes, avec la BB 67616 et trois voitures Corail pour l’ex- «Cévenol» (P.-L. Espinasse). Le 10 février 2013, à Luc (Lozère), le train 15954 ex-« Cévenol », Nîmes - Clermont-Ferrand, tracté par la BB 567557 avec trois voitures Corail (P.-L. Espinasse). Le 24 janvier 2013 à Prévenchères, le train 878923, Langogne - Alès avec l’autorail X 73502 sur le viaduc du Rachas (P.-L. Espinasse). NOVEMBRE 2015 RAIL PASSION HORS-SÉRIE L’ex- «Cévenol» Clermont-Ferrand - Marseille vient de franchir le viaduc de Chamborigaud et va traverser sans arrêt la modeste gare de ce village des Cévennes gardoises (3 juillet 2013 ; P. Julien). Une RGP Nîmes - Villefort du soir sur le viaduc de Chamborigaud le 17 août 1992 (Ph. Abadie). l’Allier: un parcours d’exception NOVEMBRE 2015 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 91 s’adonner à des sports d’eaux vives en redescendant le cours de l’Allier en canoë. La gare, qui ne voit normalement s’arrêter que deux TER Clermont - Nîmes, a vu à chaque circulation du train touris- tique une affluence exceptionnelle pouvant atteindre de 300 à 500 touristes! 12 voyages avaient été programmés de juillet à août en matinée, avec, pour la première fois, une animation compo- sée d’artistes locaux, chanteurs, musiciens, conteurs. Un voyage initiatique qui vaut assurément le détour dans la fraîcheur et le calme de l’Auvergne profonde, loin des plages surchargées! Ci-dessus: arrivée du train touristique dans le décor de Monistrol-d’Allier (30juillet 2015). Ci-contre : passage du train touristique au PN 93 à Chanteuges (30juillet 2015). L’énorme amas rocheux descendu de la montage coupe depuis le 28 avril 2015 la RD 40 et en contrebas la voie ferrée (30 juillet 2015). Photos B. Collardey Une journée à bord du « Cévenol » Il fut un temps où le Cévenol portait encore son nom de baptême – il l’a perdu en 2007 – et se rendait jusqu’à Marseille – il a été limité à Nîmes en fin 2012. Nous vous faisons vivre une journée de l’hiver 2000 à son bord entre Paris et sa destination finale. Une journée pleine de charme mais un peu mouvementée sur la fin… AR C HRISTOPHE R IOTTE NOVEMBRE 2015 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 95 passons) le Pouilly, et de l’autre côté le Sancerrois, et de croiser à nouveau une BB 22200, en tête du 5912, à hau- teur de Pougues-les-Eaux (Km 241). Entre les Km 248 et 249, les voyageurs sont attirés par la particularité des poteaux caténaires. Au lieu de la couleur traditionnelle gris métallisé, ceux-ci sont noir et jaune, annonçant ainsi la proximité de l’aérodrome de Nevers. À peine franchi la halte de Varennes-Vauzelles, nous ne pouvons pas rester indifférents à l’abandon de tous les tur- botrains, autorails X 3800, X 4300, X 4500 et autres machines diesels exposés au vandalisme, et nous laissons sur la droite le plus grand dépôt actuel de la traction ther- mique de Nevers. 10h47 et notre train, qui a déjà parcouru 253km en 2heures (soit 132km/h de moyenne), marque son premier arrêt, dans la préfecture de la Nièvre. Le nombre de voya- geurs qui y descendent ou en partance pour le Massif cen- tral est assez conséquent au bord de la voie 1. Désormais, jusqu’à Clermont, c’est un mécano de Nevers qui prend la relève du mécano de Villeneuve-Saint-Georges. Nous reprenons notre marche à 10h49 et, 9km plus loin, nous ralentissons à l’approche de Saincaize (Km 262) avec la bifurcation vers Vierzon et Bourges, et, cette fois-ci, ce sont des XBD 3800 qui stationnent, sur les voies du triage, en attente d’un quelconque mauvais sort. Le brouillard s’est enfin levé et laisse apparaître des champs complètement gelés. À partir du Km 271 (à hauteur du circuit automobile de Magny-Cours) jusqu’au Km 341 (Varennes-sur-Allier), nous longeons la célèbre nationale 7 qui n’a plus le même aspect que celui décrit dans la chanson de Charles Trenet, du fait de sa transformation en voie rapide (future concurrente de l’artère du Bourbonnais?). Entre-temps, nous marquons un arrêt de 4 min (11h17- 11h21) dans la préfecture de l’Allier, Moulins (Km 313), où nous rencontrons successivement le 5906 de Clermont et le 6804 (Lyon - Nantes). Le prochain arrêt en gare de Saint- Germain-des-Fossés (Km 354) est, lui aussi, marqué par un nombre de voyageurs conséquent. Deux raisons à cela: il existe, d’une part, une correspondance pour rejoindre la val- lée du Rhône et Lyon Roanne et, d’autre part, une cor- respondance pour rallier le Limousin et Limoges Gannat et Montluçon. La gare suivante, Vichy, première ville ther- male traversée, seulement distante de 10km de Saint-Ger- main, n’annonce pas un relèvement excessif de la vitesse, notamment à cause du crépitement du pantographe sur la caténaire gelée. Après un prolongement de l’arrêt de 5 min en gare de Riom-Châtelguyon (Km 405) pour un problème de ferme- ture automatique des portes, c’est le début du rêve qui se dévoile devant nous avec une vue imprenable sur le parc régional des volcans d’Auvergne. 12h31, avec 2 min de retard, nous arrivons à Clermont- Ferrand (Km 419). Pour la quasi-totalité des voyageurs (hommes d’affaires, étudiants, cheminots…), c’est la fin du parcours. C’est aussi la fin du parcours pour la BB 22298, qui remontera sur Paris dans 30 min avec le 5902. La ligne des Cévennes Notre train initial de 14 voitures Corail va dès lors se diviser en trois morceaux: • les sept dernières voitures sont détachées et vont rester à quai; • les trois premières voitures sont détachées et vont former Aubrac , tracté par la BB 67479; • dès le départ de l’ Aubrac (12h43), c’est la BB 67548 qui vient se présenter sur la voie 4 pour s’atteler aux quatre voitures Corail restantes, qui vont former le Cévenol assuré par un mécano alésien dépendant du dépôt de Nîmes. De 706t, notre convoi passe à 259t, d’où le besoin d’une seule BB 67500, d’autant plus que les rampes sont moins importantes dans le sens Clermont - Nîmes. C’est à l’heure (12h56) que nous quittons la préfecture du Puy-de-Dôme pour gagner celle du Gard alors que nous croisons le 59566. Ci-dessous : la BB 67479 avec l’ « Aubrac» à Clermont-Ferrand. En bas: départ d’Arvant. À gauche, direction Nîmes, à droite, direction Béziers. (Photos du 17 janvier 2000 ; C. Riotte . ) RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2015 96 Récit UNE JOURNÉE À BORD DU «CÉVENOL» La boutique de Commandez en ligne sur www.boutiquedelaviedurail.com COLLECTION : HÉRITAGE Trains des Alpes France, Suisse, Autriche, Italie Jean Tricoire En vente par correspondance à: La Vie du Rail - Service commandes CS Croix Cedex Lors de votre commande rappelez la référence 110 332 + 7 de frais de port Dans la seconde moitié du XIX siècle, les ingénieurs se sont attaqués à l’énorme défi de franchir la barrière des Alpes: il s’agissait de tracer des lignes dont le profil serait compatible avec la puissance des locomotives de l’époque. La solution était unique et incontournable: il fallait utiliser au maximum les nombreuses vallées et «gommer» les obstacles d’un relief difficile. Là résida le génie de ces pionniers qui ont écrit avec courage, audace et ténacité les plus belles pages de l’histoire du chemin de fer. Grâce à une riche iconographie, ce livre présente les grandes transversales alpines: la Maurienne, le Lötschberg - Simplon, le Gothard, le Brenner, les Tauern et le Semmering. Mais le chemin de fer dans les Alpes ne se limite pas à ces lignes prestigieuses. Nous montrerons qu’il est partout présent, parfois à des altitudes insoupçonnables. Parution: novembre 2015. Format: 220mm x 270mm. 160 pages. Réf.: 110 332 30  NOUVEAUTÉ
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