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Rail Passion Hors Séries n°25

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3’:HIKNTC=[VV^UZ:?a@a@c@p@p"; M 03926 - 25H - F: 11,90 - RD HORS-SÉRIE RaiL PASSION HORS-SÉRIE - NOVEMBRE 2014 / LES AUTORAILS(1 partie) HORS-SÉRIENOVEMBRE 2014 FRANCE / 11,90 BELGIQUE / 13,90 LUXEMBOURG / 13,40 SUISSE / 23FS ESPAGNE/ 13,90 HORS-SÉRIENOVEMBRE 2014 FRANCE / 11,90 EN RÉGIONS La France des TER Des omnibus vieillots et lents aux TER modernes et rapides, que de chemin parcouru avec succès tout en revitalisant de nombreuses lignes. Les engins très spéciaux En chemin de fer, toute nouveauté est longuement testée, et donne lieu à des trains spéciaux, des trains d'essais, éphémères et rares. La boutique Commandez en ligne sur www.boutiquedelaviedurail.com COLLECTION PASSION RAIL Le temps du renouveau 1975 - 2004 Marc CARÉMANTRANT En vente par correspondance à: La Vie du Rail BP 30657 - 59061 ROUBAIX CEDEX 1 Lors de votre commande rappelez la référence 110 314 39 + 7 de frais de port Pour ce premier ouvrage de la collection Passion Rail, c’est Marc Carémantrant, collaborateur La Vie du Rail et de Rail Passion, qui a été invité à partager sa passion du train et de la photographie. Au travers d’un choix de photographies puisées dans des milliers de clichés accumulés au fil des ans, l’auteur nous convie à revisiter trois décennies de l’histoire ferroviaire récente, au cours desquelles le chemin de fer d’antan s’est peu à peu estompé pour faire place au chemin de fer moderne. Format: 220mm x 270mm 160 pages NOUVEAUTÉ MACHINES Les dépôts de locomotives Lieux incontournables de l'exploitation avec des rotondes majestueuses où se reposent les locomo- tives entre deux courses. NOVEMBRE 2014 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 3 Photo de couverture: Les X 2866 et 2895 encadrant deux remorques à Saint- Julien-des-Chazes, dans les gorges de l’Allier (12 juin 2005; Lionel Mollard). Ci-dessus: l’X 2804, vu ici à son passage à Cuers-Pierrefeu sur fond de mont Coudon, lors de son acheminement au musée de Breil-sur-Roya (27 juin 2007; L. Battestini). Ci-dessous: à Riom-ès-Montagnes (Cantal), la RGP du CFHA, composée des éléments X 2725 et XR 7725 modernisés, appartenant jadis à la région Lorraine dont ils ont gardé la livrée jaune (27 mai 2012; C. Masse). DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Vincent Lalu. DIRECTRICE GÉNÉRALE ADJOINTE Delphine Chêne. PRÉSIDENT DU COMITÉ ÉDITORIAL Philippe Hérissé. RÉDACTEUR EN CHEF Olivier Bertrand. DIRECTION ARTISTIQUE ET MAQUETTE Réalisation Amarena. INFOGRAPHIE Vincent Morell. PRINCIPAUX COLLABORATEURS Sylvain Assez, Marc Carémantrant, Bernard Collardey, Philippe Feunteun, Sylviane Frot, Nello Giambi, André Grouillet, Sylvain Lucas, Sylvain Meillasson, Jacky Quatorze. PUBLICITÉ Patrick Muzolf (01 53 80 74 05) [email protected] Nicolas Demongeot (01 49 70 73 13) [email protected] ABONNEMENTS - VENTE AU NUMÉRO Nassima Benali [email protected] Tél. 01 49 70 12 20 du lundi au jeudi de 9h à 12h et de 14h à 17h DIRECTRICE ADMINISTRATIVE ET FINANCIÈRE ET DIFFUSION Michèle Marcaillou. DIRECTRICE COMMERCIALE Victoria Irizar (0149701248). INFORMATIQUE ET PRODUCTION Robin Loison (responsable); Ali Dahmani (informatique); Simon Raby (prépresse); Pascal Riffaud (Internet & vidéo); Pierre Lalu (site Internet - 0149701263). IMPRESSION Imprimerie SIEP 77037 Bois-le-Roi. RAS Imprimeur 95400 Villiers-le-Bel Imprimé en France. Rail Passion est une publication des Éditions La Vie du Rail, Société anonyme au capital de 2043200euros. PRÉSIDENT DU CONSEIL D’ADMINISTRATION Vincent Lalu. PRÉSIDENT D’HONNEUR Pierre Lubek. PRINCIPAUX ACTIONNAIRES SNCF, Le Monde, Ouest-France, VLA. Durée de la société: 99 ans. RCS Paris B334 130 127. Numéro de commission paritaire: 0116 K 87427, dépôt légal à parution, ISSN 2264-5411. Siège: 11, rue de Milan, 75440 Paris Cedex 09. Tél.: 0149701200. Fax: 0148743798. L’X 2900, préservé par L’Autorail creusois, à Guéret, assurant une circulation estivale sur la ligne Busseau - Felletin. Il débouche du tunnel d’Aubusson en direction de Felletin (26 août 2010; F. Lanoue). NOVEMBRE 2014 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 9 les rangs pour proposer des matériels très différents les uns des autres selon plusieurs versions, en rivalisant d’audace et d’ingéniosité. Différaient notamment les types de moteurs et de transmission, les capacités transportables. Les compagnies ferroviaires n’auront que l’embarras du choix pour commander le matériel qui a priori devait cor- respondre le mieux à leurs attentes. On va donc assister dans les années suivant 1932, à une floraison massive de modèles plus ou moins réussis, qui essaimeront aux quatre coins de l’hexagone. Une grande diversité de constructeurs jusqu’en 1937 L’extrême diversité de la production et le panachage des sorties d’usine, nous conduisent à présenter notre survol dans l’ordre alphabétique des constructeurs. Aciéries du Nord (ADN) Disposant d’une usine implantée à Hautmont (Nord) cette firme produira au total 29 voitures conçues avec la CIMT. Ce sont d’abord deux véhicules prototypes destinés au PLM, offrant 64 places, montés sur deux bogies, aux extrémités originales composées d’un triangle isocèle, pointe en bas avec pans coupés de forme trapézoïdale. Le moteur adopté, du type MAN, avait une puissance de 190ch et la vitesse limite était fixée à 100km/h. Ces engins H 1, H 2 ont été livrés en juillet1933 et utilisés entre Toulon et les Salins-d’Hyères avant d’être mutés à Chalon-sur-Saône début 1936. Ils ont été suivis par deux Dessins S. Lucas RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2014 10 autres commandés par le PO (ZZ E 23831, 23832), mis en service à l’automne suivant et essayés avec succès d’Orléans à Montargis et d’Orléans à Vierzon. Attribués au centre du Blanc, ils tournaient notamment en direction de Poitiers, Port-de-Piles, Châtellerault, Argenton-sur-Creuse et de La Châtre à Guéret. La compagnie du Nord tint elle aussi a se faire une opinion du type ADN en appliquant à deux prototypes ZZ 17, 18, une transmission électrique, système retenu ultérieurement pour les fameux TAR 36. Mus par un moteur MAN de 280ch, ils étaient aptes à 110km/h et pouvaient accueillir 57 voyageurs. Apparus en janvier1934 au centre de Com- piègne, ils ont circulé ensuite en direction de Villers-Cotte- rêts, Amiens, Roye,etc. Une seconde génération d’autorails ADN est sortie d’usine ultérieurement avec d’abord deux engins pour le réseau de l’État (ZZ 24501, 24502) avec caisse allongée de 20,917m à 23,300m accueillant 68 voyageurs, moteur MAN de 280ch et vitesse admise de 120km/h. Basés au centre de Rouen- Orléans, leur service était limité à des courses vers Dieppe et LeHavre. La réception d’ABJ conduisit à leur cession au PLM en 1937 identifiés ZZ H 201, 202. Le PO-Midi désirant amplifier sa cavalerie d’autorails va acquérir en 1935 quatre nouvelles voitures (ZZ 23811- 23814) proches des précédentes, mais avec 63 places et essayées avec succès en mars sur l’artère Tours - Bordeaux. Elles ont été employées sur l’étoile du Blanc comme les deux prototypes. Quant au PLM il va acquérir de novembre1935 à février1936 12 autorails ADN (ZZ H 101-112) proches de la version État. Rassemblés au centre de Chalon-sur-Saône ouvert le 1 mars1936, ils circulaient sans possibilité de couplage, ni jumelage en direction de Dijon, Mâcon, Bourg- en-Bresse, Montchanin, Le Creusot et Paray-le-Monial. Dernière émanation du style ADN les cinq appareils (ZZ 23815-23819) réceptionnés par le PO-Midi en 1937, qui se distinguaient de leurs aînés par la possibilité de couplage entre eux et des organes de tamponnement et de traction allégés leur permettant de remorquer. Ils ont été affectés au centre de Tours pour trafic sur Vierzon, Châteauroux, Angers, Thouars, LeMans. À partir du style ADN, a découlé la version Standard, type d’autorail à l’allure très voisine, dont les caisses longues de 25,55m ont été produites par plusieurs sous-traitants (Société Lorraine CIMT, Decauville, CFMC, Bacalan) en 41exemplaires, la partie motrice et les bogies avec deux moteurs Renault type 513 de 265ch et transmission mécanique, étant fournis par les Aciéries du Nord, à savoir: • huit unités destinées à la Compagnie de l’Est (ZZ 60201- 60208); • vingt-trois unités pour la Compagnie du Nord (ZZ 401- 423); • deux unités pour le PO-Midi avec un bogie moteur (ZZ 23751, 23752); • huit unités pour le PO-Midi avec deux bogies moteurs (23753-23760). Offrant une soixantaine de places assises, ces engins auto- risés à l’origine à 120km/h, présentaient un aménagement intérieur assez soigné. Ils étaient aptes au remorquageet au couplage. À ce titre, le Nord avait passé commande aux Aciéries du Nord de six remorques RZZ 501-506 d’allure comparable de 60 places. La livraison des Standard débuta en 1936 mais n’était pas totalement honorée fin 1937, à la veille de la nationalisation. Sur l’Est, le parc d’abord affecté à Noisy-le-Sec de janvier à avril1937 a rapidement émigré au centre de Mirecourt, puis à celui vosgien de Saint-Dié pour trafic sur Nancy, Épi- nal, Saales. Sur le Nord, 20 d’entre ces engins ont été positionnés à Compiègne jusqu’à fin 1937. Leur service portait sur de nombreux trains directs et omnibus circulant sur l’artère Paris - frontière belge avec courses sur les étoiles de Creil, Compiègne, Laon, Tergnier, Busigny, Cambrai, Aulnoye. Les autorails DES AUTORAILS RÉGIONAUX AUX SÉRIES UNIFIÉES DE LA SNCF ZZ ABCE sty 60102 de Batignolles-Bacalan (DR/Photorail). NOVEMBRE 2014 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 19 service express de Langres à Paris Troyes, et de Noisy-le- Sec entre Paris, Coulommiers, Sézanne et Épernay. Toujours en 1937 sortent 11 appareils de 320ch à caisse de 26,08 m avec extrémités en forme d’étraves destinés à l’État (ZZ 24811-24821) pour le centre de Rennes. Delaunay-Belleville Cette firme fabrique pour le compte du PLM deux auto- rails ZZC 50 C 1, 2, avec caisse en duralumin et châssis en acier porté par deux essieux moteurs avec un seul poste de conduite. Pour éviter leur tournage, l’accouplement des deux véhicules donnant 100 places est possible. Difficile- ment exploitables, ces engins sont surtout utilisés par l’École de conduite créée à Dijon en juillet 1935, avec ins- truction pratique sur la ligne de Dijon à Épinac-les-Mines, remontant la pittoresque vallée de l’Ouche. Entreprises industrielles charentaises (EIC) Le 27 octobre 1931 les ateliers d’Aytré présentent un pre- mier prototype d’autorail léger, avec technologie d’alliage d’aluminium, fruit d’un lien avec la société américaine Pull- man Standard. Il se caractérise par un essieu porteur à l’ar- rière, un essieu moteur à l’avant, avec un moteur de 75ch, 40 places et un seul poste de conduite. Acquis par le Midi sous n° ZZ 23301 dès 1931, il est affecté au centre de Mont-de-Marsan. Il a été rejoint en 1934 par quatre autres engins ZZ 23311-23314 dénommés «Pauline» avec moteur Junkers de 105ch, un peu plus longs avec 43 places, égale- ment unidirectionnels. La production de la catégorie va en évoluant avec des dis- positions techniques plus sophistiquées, grâce aux modèles 2 et 2-bis, d’une puissance de 80ch, bénéficiant de deux chariots à deux essieux, de deux postes de conduite, d’une caisse allongée. Vu la puissance réduite de ces autorails, ce Autorails EIC avec de gauche à droite et de haut en bas: Midi, présentation en 1931 du ZZ 23301 en gare de Bordeaux-Saint-Louis (DR/Photorail). Pauline PLM type 2 bis à Anduze en 1933 (ZZ F 1 à 4) (P. Louis/Photorail). Autorail EIC ZZ 60002 Est du type 3 N (DR/Photorail). EIC type 4 N État à Montrouge en 1945 (H. Fohanno/Photorail - © SNCF). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2014 20 parc était destiné à des lignes à profil facile. Ainsi les grands réseaux ont acquis en 1933, 1934 à la fois: • 3 appareils du type 2 à 60 places réparties entre l’AL pour une unité ZZ 1 au centre de Strasbourg pour usage sur Haguenau - Niederbronn et Molsheim - Sélestat, passée rapidement au PLM en ZZF 103 puis à l’État; deux au PLM Algérien (ZZC F 101, 102), utilisés en fait par le PLM au centre icaunais de Laroche; • 16 appareils du type 2-bis de 50 places répartis entre l’État, soit quatre engins au centre d’Alençon (ZZ 24007, 24008, 24011, 24012 puis 24301-24304) pour l’étoile de Mortagne vers Nogent-le-Rotrou, LeMans, Surdon, L’Aigle; huit pour le PO-Midi (ZZ 23601-23608) attri- bués à Mont-de-Marsan, vers Morcenx, Dax, Hagetmau, Marmande, Eymet, Nérac; quatre (ZZC F 1-4) pour le PLM affectés au centre d’Alès en service sur Nîmes, Montpellier Sommières, Saint-Jean-du-Gard, La Levade. En 1934, l’Est acquiert deux véhicules EIC du type 3 N (ZZ 60001, 2) avec moteur MAN de 120ch, qu’il affecte au cen- tre de Langres pour service sur Chaumont, Merrey, Is-sur-Tille et Bourbonne-les-Bains en été. Le second a été muni ulté- rieurement d’un gazogène fonctionnant au charbon de bois. Enfin dernière version des EIC, le type 4N allongé à 23,07m, à deux bogies, deux moteurs de Saurer de 140ch, offrant 75 places, limité à 115km/h, acquis en quatre exemplaires par le réseau de l’État (ZZ 24311-24314), basés au centre de Niort pour trafic sur Thouars, Saumur, Saintes et Bordeaux. Fouga-Dunlop Alors que Michelin s’est déjà largement implanté sur le réseau français en produisant divers types de Micheline, Dunlop, autre fabricant de pneumatiques, s’associe avec Fouga, entreprise biterroise pour construire un prototype monté sur deux bogies formant truck avec roues pneuma- tiques, l’un moteur actionné par diesel Maybach de 150ch, l’autre porteur. Réversible, offrant 49 places et limité à 90km/h, il a été acquis par le PO-Midi sous n° ZZ FO 1001 et affecté au centre de Montluçon en 1935 et utilisé en direction de Châteauroux, voire Vierzon. Franco-Belge Très favorablement impressionnée par les résultats d’ex- ploitation des rames rapides SVT 877 de la Deutsche Reis- chbahn «Fliegender Hamburger» circulant sur la rocade Hambourg - Berlin, puis sur Berlin - Cologne, Berlin - Munich, la compagnie du Nord, à l’instar de ses voisines de l’État et du PLM, s’oriente vers l’acquisition de rames multi- ples pour liaisons accélérées de standing élevé. Elle fait pour cela appel à la société Franco-Belge, établie Les autorails DES AUTORAILS RÉGIONAUX AUX SÉRIES UNIFIÉES DE LA SNCF TAR Franco-Belge 36 Nord ZZ 106 à La Chapelle (H. Fohanno/Photorail - © SNCF). Autorail Fouga-Dunlop ZZ-E-ty- 23651 PO-Midi devenu ZZ-FO 1001 (DR/Photorail). Dessin S. Lucas Élévation d’un XF 1101 à 1119. RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2014 22 Le type 11 en dérivant à 24 places, toujours composé d’une caisse tractée avec moteur de 95ch, formant un engin unidirectionnel, a été livré en 1932 à la fois à l’Est (deux AP 24001, 24002), au Nord (deux ZZ 1-4), État (deux ZZ 24201, 24202), PO (deux ZZ 23701, 23702). Par la suite ses défauts ont été corrigés, avec production de véhicules plus élaborés comportant une caisse unique surmontée d’une cabine de conduite surélevée. Vont alors apparaître en 1933 les Micheline 36 places, à deux bogies à trois essieux, moteur Hispano de 174ch (types 15, 16) et 220ch (type 17), limités à 90, 100 et 120km/h. Les types 15, 16 ont été choisis à la fois à hau- teur de deux par les compagnies de l’Est (AP 36001, 36002) cédés au Nord en 1937; huit par le Nord (ZZ 5-12); 19 par l’État (ZZ 24221-24239), la 24234 rejoignant le Nord. Les deux appareils type 17 à l’État (ZZ 24261, 24262), étant non réversibles ont été spécialisés aux express d’été Paris - Bagnoles de l’Orne Argentan, Briouze. De 1934 à 1937, les types 20, 21, 22 à deux bogies à qua- tre essieux, moteur de 220ch, voient leur capacité portée à 56 places. Ils sont attribués à raison de: • six de type 20, deux à l’Est (AP 56001, 56002), deux à l’État (ZZ 24271,24272), deux au PO-Midi (ZZ 23703, 23704); • trente de type 21, six au Nord (ZZ 51-56), 15 à l’État (ZZ 24273-24287), trois au PO-Midi (ZZ 23705-23707) et six au PLM (ZZ R 1-6); • quinze de type 22, six à l’Est (ZZ 54001-54006), neuf à l’État (ZZ 24271 en remplacement de la 24271 de type 30 victime d’un incendie en 1936 +24288-24295). Trois Micheline un peu hors normes sont également appa- rues avant la dissolution des anciennes compagnies. Il s’agit d’un exemplaire unique du type 30 (ZZ 23705 puis 23725) avec deux bogies à quatre essieux, deux moteurs Panhard sorti en 1934, affecté au centre PO-Midi de Mont- luçon pour trafic épisodique sur Vierzon. Il a servi à l’élabo- ration du type 33 pour lequel Michelin caressait l’idée d’une utilisation en service express pour démontrer l’excellent roulement de son matériel. La compagnie de l’État en a acquis deux exemplaires de 106 places (ZZ 24211, 24212) composés de trois caisses articulées sur quatre bogies, la partie centrale renfermant les organes moteurs, soit deux moteurs Hispano de 245ch. Limités à 120km/h, ces engins livrés en 1936 et fin 1937 à Batignolles-Remblai, fournis- sant de moins bonnes performances que les Bugatti Prési- dentiels, ont de ce fait été mutés à Rennes pour service sur Brest et LeMans. Le premier exemplaire du type 23 de 96 places avec trois bogies à quatre essieux et moteur de 400ch a été présenté sur l’État sous n° ZZ 24241 en avril 1936 et fait l’objet d’essais très satisfaisants. Un second appareil était livré en décembre1937. Les centres autorails suivants ont hébergés des Micheline 14 à 22 jusqu’en 1937: Troyes, Mirecourt, Rouges-Barres, Argentan, Granville, Saint-Brieuc, Brest, Carmaux, Besan- çon et Grenoble. Société lorraine des anciens Établissements De Dietrich Implantée à Lunéville, cette firme orientée surtout sur la construction de voitures et wagons, va proposer un modèle d’autorails à bogies d’une cinquantaine de places, avec moteur Lorraine-Badaroux de 130ch, non jumelables et ne pouvant remorquer. Trois appareils ont été acquis par le Réseau de l’État fin 1936, début 1937 (ZZ 24901-24903) avec affectation au centre de Versailles-Matelots. Quatre autres commandés par l’Est (ZZ 60151-60154) ont débuté leur carrière à la même époque au centre de Langres, mais ont été rapidement regroupés sur l’État avec renumérota- tion en ZZ 24904-24907. Outre des courses sur Dreux et Mantes Épône-Plaisir, ces véhicules ont également roulé de Rambouillet à Chartres sous la caténaire Paris - LeMans en attendant la livraison des automotrices électriques Budd Z 23700. Société anonyme des usines Renault Installée à Billancourt, cette firme s’intéresse de près à la production d’autorails pour les grands réseaux. Sa première réalisation concerne la sortie en 1931 de 10 autorails légers type TE pour l’État, de 80ch unidirectionnels, s’inspirant des autocars et camions de l’époque, à 34 places. Affectés aux centres de Rouen-Orléans, Cherbourg, Laval et Alençon, ils vont circuler en Normandie sur Caen - Vire - Laval, Rouen - Louviers - Dreux - Chartres, Alençon - Couterne - Bagnoles- de-l’Orne, ainsi que de Cherbourg à Saint-Brieuc Cou- tances, Dol-de-Bretagne. Avec la réception de séries plus capacitaires, ils se sont retrouvés dans les centres de Rennes, Fougères, Châteaubriant, Fontenay-le-Comte et enfin Saint-Mariens-Saint-Yzan pour desserte des lignes saintongeaises de Coutras et Blaye. Un type VG dérivé des précédents avec améliorations, moteur de 100ch, réversible vient compléter le parc État en 1933 avec quatre voitures utilisées sur Dinan - Dinard, autour de Gisors, duMans et de Châteaubriant. En 1937 trois de ces engins ont été cédés au chemin de fer privé de Mamers à Saint-Calais. La firme Renault enchaîne avec la sortie en 1934 d’un type dérivé, baptisé ZO, réversible avec moteur de 100ch, d’es- Les autorails DES AUTORAILS RÉGIONAUX AUX SÉRIES UNIFIÉES DE LA SNCF Chemin de fer de l’Est, autorail Lorraine de 61 places en 1936, le ZZ ABC sty 60151 (DR/Photorail). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2014 24 Les autorails DES AUTORAILS RÉGIONAUX AUX SÉRIES UNIFIÉES DE LA SNCF NOVEMBRE 2014 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 25 Ci-dessus: Renault VHD État ZZ 24101 à Bois-Colombes en 1934 (H. Fohanno/ Photorail - SNCF ©). Ci-contre: Laroche- Migennes en 1938 avec un Renault PLM ZZ- G-204 devenu X 2111 à 2123 SNCF (F. Fénino/Photorail - © SNCF). Page de gauche en haut: Renault VH État ZZy 24061 Batignolles (H. Fohanno/Photorail - © SNCF). Page de gauche en bas: Renault ABL État ZZ 24121 à Montrouge (H. Fohanno/Photorail - © SNCF). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2014 26 Alors que la chaîne de fabrication des VH se terminait, Renault avait élaboré un nouveau type d’autorails appelés ABJ, aux formes plus aérodynamiques, avec moteur de 265ch, attelage Willison donc couplables, apte à 120km/h, transpor- tant 70 voyageurs. Trois variantes (ABJ 1, 2, 3) avaient pour différence le refroidissement en eau du moteur, les ABJ 2 et 3 ayant leur radiateur en toiture sous une forme proéminente. La livraison des 98 appareils commandés par toutes les grandes Compagnies s’échelonna de 1935 et 1937 de la sorte: • version ABJ 1, 21 à l’Est, deux à l’AL, 10 au Nord, 12 au PO-Midi et 19 au PLM; • version ABJ 2, 21 à l’État; • version ABJ 3, deux à l’AL, 11 au Nord. Seize autres du type ABJ 3 destinés à l’État n’arrivèrent qu’en 1939 sous le règne de la SNCF. Cette importante meute avait été affectée à de nombreux centres. À l’Est, Noisy-le-Sec les engageait pour tournées express sur Paris - Langres, mouvements banlieue Bondy - Aulnay- sous-Bois, Argenteuil - Juvisy (Grande Ceinture de Paris), avant qu’ils soient mutés à Épernay pour circulation sur Reims, Sézanne et Paris Coulommiers. Le centre de Nancy qui détenait quatre voitures agencées en version luxe avec 44 fauteuils de 1 et 2 classes dont 12 amovibles, les expédiait sur Épinal, Belfort, Mulhouse, Metz, les autres allant à Bar-le-Duc, Mirecourt. Sur l’AL, le petit parc attaché à Metz-Sablon roulait vers Thionville, Luxembourg et Strasbourg. Au Nord, les ABJ 1 d’Amiens joignaient Abbeville, Boulogne, Calais, LeTréport, Rouen, Tergnier, Laon. Les ABJ 3, d’abord affectés à Compiègne pour service sur Creil, Saint-Quentin, Aulnoye ont rejoint le centre de La Chapelle ouvert à l’automne 1937, où ils œuvraient sur la ligne banlieue des Grésillons de Paris-Nord à Ermont-Eaubonne, ainsi que sur la Grande Cein- ture d’Argenteuil à Juvisy avant sa fermeture aux voyageurs. Des tournées Paris - Beauvais étaient également prévues. L’État avait réparti ses 21 ABJ 2 notamment à Rouen- Orléans pour 17 d’entre eux, les autres à Caen, avec tournées sur la radiale Paris - LeHavre et embranchements, ainsi que sur les lignes bas normandes. Au Sud-Ouest, la dotation d’ABJ 1 sera attribuée à la fois à: • Tours pour usage sur Angers, Vendôme, Châteaudun, Loches, Bourges, avec une tournée express estivale LeMans - Tours - Vierzon - Saincaize - Vichy; • Bordeaux-Bastide vers Angoulême, Poitiers, Périgueux, Limoges, Bergerac, Aurillac et surtout une dure course express sur Clermont-Ferrand Brive, Tulle, Ussel. Quant au PLM, sa flotte détenue par Lyon-Vaise se rend à Grenoble, Chambéry, Bourg, Saint-Claude, Morez, Clermont par Tarare, Roanne, Vichy et, Saint-Étienne, Thiers. Pour compléter sa gamme, Renault sort parallèlement deux appareils de grosse puissance dont les résultats aux essais donneront lieu à des commandes ultérieures. C’est d’abord le modèle ADP livré à l’État en octobre 1935 au centre de La Rochelle, avec moteur de 500ch, 91 places apte à 140km/h, qui s’illustrera sur une course Paris - Strasbourg avec une pointe à 160km/h. Il est suivi par le modèle ADX commandé par l’Est et basé à Nancy en 1937, équipé lui de deux moteurs de 265ch, capable également de circuler à 140km/h. Toujours en octobre 1936, Renault expose une autre de ses réalisations, constituée par le prototype AEK, avec usage de tôles d’aluminium allégeant la caisse, deux moteurs de 150ch, limités à 120km/h, 64 places et poste de conduite surélevé. Mis à l’essai à La Rochelle avec courses sur Rochefort, Niort, Poitiers et Tours, le réseau de l’État l’apprécie et passe alors commande de plusieurs unités, tout comme celui de l’Est. Les autorails DES AUTORAILS RÉGIONAUX AUX SÉRIES UNIFIÉES DE LA SNCF Ci-dessus : Renault ABJ 2 État Montrouge. En haut : Renault ABJ 1 Est ZZ 70053 . Photos H. Fohanno/Photorail - © SNCF NOVEMBRE 2014 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 27 Dérivé en droite ligne de l’autorail VHD, le type ABV dou- ble mû par deux moteurs de 265ch présentait un aména- gement différent avec coin cuisine ou non, selon les com- mandes des quatre réseaux intéressés à raison de trois à l’Est (100001-100003), deux à l’État (24103, 24104), trois au PO-Midi (ZZ 23879-23881) et cinq au PLM (G 301-305). Destinés à des relations express à long parcours, aptes à 130km/h, acceptant de 88 à 111 voyageurs, mais d’un confort en ligne critiquable, leur réception va s’étager de 1935 à 1937 avec affectation à: • Noisy-le-Sec pour les engins Est engagés sur Paris - Stras- bourg avant d’être remplacés par des Bugatti triples; • Rouen-Orléans pour les engins État; • Bordeaux-Bastide pour les engins PO-Midi engagés sur une longue tournée vers Clermont-Ferrand Brive, Ussel; • Lyon-Vaise pour ceux du PLM sur Paris - Lyon, Lyon - Genève et Grenoble. Aux séries d’autorails monocaisses de la gamme très réus- sis (VH, ABJ, AEK) et bicaisses (VHD, ABV), viennent s’ajouter deux prototypes un peu révolutionnaires. Il s’agit d’une part d’un ABL d’une capacité de 150 places commandé par l’État (ZZ 24121), constitué de trois caisses montées sur quatre bogies encadrant une partie centrale renfermant deux moteurs de 500ch, compartiments bagages et toilettes. Affecté au centre duMans pour liaisons express sur Rennes et Brest, il cumule les incidents entravant sa fiabilité en service courant. D’autre part de l’AET 1 avec caisse d’une longueur record de 32m équipé d’un moteur de 500ch, avec 80 places, loué au PLM en 1937 est employé depuis le centre de Lyon-Vaise sur Grenoble, non sans dysfonctionnements fréquents. Société d’outillage mécanique et d’usinage d’artillerie (Somua) Constituant une branche des Établissements Schneider, PLM lui passe d’abord commande de deux prototypes à caisse métallique et châssis automobile, portés par deux essieux dont un seul moteur d’une puissance de 85ch, offrant 40places, non réversibles, plafonnant à 90km/h, affectés au centre de Pontarlier pour service à partir de juin 1933 sur les lignes du haut Doubs vers Gilley, Vallorbe et Frasne. Peu après, l’État acquiert deux véhicules articulés sur trois essieux ZZ 24701, 24702 affectés à Rouen-Orléans, pour usage sur Louviers, Évreux, Elbeuf, Les Andelys. En 1935, l’un d’eux est muni d’un système à gazogène à l’arrière avec moteur Panhard. Le PLM s’empare lui d’une série de 11 appareils articulés asymétriques avec moteur SACM de 350ch ZZC D 101-111, aptes à 100km/h avec 66 places, qui est reçue au centre d’Avignon en 1936. Ils sont utilisés vers Nîmes, Montpellier, Le Teil, Miramas, Marseille, Aix-en-Provence et Toulon. SCF Verney Spécialisée dans la fourniture de véhicules légers voie étroite, cette société mancelle livra en 1936 à la Com- pagnie de l’Est quatre appareils ZZ 50001-50004 avec moteur Berliet de 125ch, limités à 60 km/h, offrant 45 places. Basés au centre de Mohon ils circulaient sur les lignes de Charleville à Lérouville Verdun et Charleville - Bar-le-Duc Sainte-Menehould, Revigny. Fin 1937, le parc autorails des anciennes compagnies tota- lisait 652 véhicules construits par 19 firmes différentes. Les cartes des pages suivantes montrent leur rayonnement sur chacune des six compagnies qui vont disparaître, avant d’être remplacées par les cinq régions Est, Nord, Ouest, Sud- Ouest et Sud-Est. C’est de très loin l’Ouest qui compte le plus important parc d’autorails avec près de 30% du total. De haut en bas: ZZ 50.D.1 Somua du PLM chez le constructeur (DR/Photorail). Un Somua ZZCD 101 à 111 sur la ligne de l’Estaque à Miramas en 1937 (A. Dubois/Photorail). ZZ 50001 Est construit en 1936 de la SCF Verney (DR/Photorail). NOVEMBRE 2014 RAIL PASSION HORS-SÉRIE Micheline triple État type 33 au Mans en 1937 (H. Fohanno/Photorail - © SNCF). M A N C H E A T L A N T I Q U E Lignes parcourues par des autorails en 1937 Autres lignes Lignes des Compagnies voisines Cherbourg Lorient Vannes Angoulême Brest Tours Argentan Le Havre Rennes St-Malo - St-Servan Granville Lison Landerneau Guingamp Lannion Plouaret Port-de-Piles Le Mans Plaisir Le Tréport Saintes Royan Les Sables-d'Olonne Clisson St-Gilles-Croix-de-Vie Pornic Lamballe Quiberon Folligny Avranches Cognac Bordeaux La Rochelle Châteaulin St-Meen Loudéac Rosporden Concarneau Morlaix Quimper Douarnenez Pont-l'Abbé St-Brieuc Pontivy Auray Questembert Ploërmel Dinan La Brohinière Dinard Dol Messac Massérac Redon Beslé Pont- Château Châteaubriant Martigné- Ferchaud Vitré Fougères St-Hilaire Romagny Pontorson Nantes Blain Savenay Segré Sablé Juigné Vivy Laval Pouancé Ste-Pazanne Paimbœuf La Roche- sur-Yon Commequiers Blaye St-Mariens-St-Yzan Châteauneuf-sur-Charente Libourne Coutras Marcenais Saujon Pons Beillant Jonzac Barbezieux La Grève Le Chapus Fouras Rochefort St-Jean-d'Angély Surgères Niort Marans Thouars Montreuil-Bellay Moncontour -de-Poitou Airvault Poitiers St-Benoît Melle Parthenay St-Maixent- l’École Lusignan Neuville-de-Poitou Arçay Chinon La Possonnière Port- Boulet Loudun Dreux Chartres Massy- Palaiseau St-Cyr Limours Maintenon Châtellerault Bressuire Cholet Benet Fontenay-le-Comte Vouvant Velluire Breuil-Barret Angers Saumur Montoire St-Calais Courtalain Châteaudun Patay P O - M I D I P O - M I D I N O R D P O - M I D I P O - M I D I P O - M I D I P O - M I D I P O - M I D I P O - M I D I P O - M I D I Gennes La Suze La Flêche Pontaubault Domfront Vire St-Lô Guilberville Dozulé Dives-Cabourg Mézidon Falaise Berjou Coulibœuf Ste- Gauburge Le Mesnil-M. Mortagne Bernay Lisieux Alençon Condé- sur-Huisne La Hutte Mamers Nogent- le-Rotrou Sillé-le-Guil. L'Aigle Conches Mayenne Pré-en-Pail Flers La Selle- en-Luitré Briouze Surdon Bagnoles- de-l'O. Couterne Sottevast Coutances Carteret Carentan Isigny- sur-Mer Neuilly PARIS Trouville-Deauville Quetteville Pt-Lévêque Evreux Serquigny Glos - Monfort Bueil Mantes Prey Épône Pacy-sur-Eure Vernon Louviers Les Andelys Elbeuf Oissel Rouen Pt-de-l'Arche Charleval Serqueux Neufchâtel- en-Bray Gisors St-Valéry- en-Caux Caudebec Malaunay Montérolier Dieppe Fécamp Motteville Gravenchon St-Waast - Bosville Bréauté Étretat Les Ifs Chars Marines Orléans Voves Connerré- Beillé Auneau Gallardon La Loupe Verneuil Brou Arrou Vendôme Sargé Blois Château- Renault Pont-de- Braye La Haye-du-Puits Caen Bayeux Chantonnay Chalonnes Perray Gournay-Ferrières Pontoise COMPAGNIE DE L’ÉTAT Infographie V. Morell/Rail Passion RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2014 30 Autorail PO-Midi à Vitry Michelin ZZ 23703 type 20 (DR/Photorail). Infographie V. Morell/Rail Passion A T L A N T I Q U E Lignes parcourues par des autorails en 1937 Autres lignes Lignes des Compagnies voisines Périgueux Parcoul Agen Penne Villeneuve-sur-Lot Tarbes Bourges St-Germain-du-Puy Vierzon Brive Terrasson Clermont- Ferrand Angoulême Tours Arcachon La Mothe Niversac Le Buisson Souillac Monsempron Bayonne Biarritz-Ville Hendaye Cambo Peyrehorade Irun Nastalas Montréjeau Bagnères- de-Luchon Lannemezan Arreau- Cadéac Bagnères- de-Bigorre Riscle Bergerac La Sauve Uzerche Mussidan Ribérac Lubersac Mont-de-M. St-Sever Le Blanc Tournon- St-Pierre Le Dorat Bellac St-Sulpice- Laurière L’Isle- Jourdain Lussac- les-Ch. Confolens St-Saviol Port-de-Piles Port-de- Boulet Loches Buzançais Roumazières Rochech. Bussière- Galand Lesparre Pauillac Nexon St-Yriex Le Queroy Thiviers Nontron Hautefort Limoges Montargis Bellegarde - Quiers Les Bordes Pithiviers Malesherbes Argenton- sur-Creuse St-Sébastien Montmorillon La Châtre Champillet St-Amand- Montrond Saincaize Châteauroux Issoudun Villefranche- sur-Cher Romorantin Salbris Argent Cosne Gien Guéret Busseau- sur-Creuse Lavauf. Commentry Bourganeuf Montluçon Eymoutiers Volvic Gouttières Lapeyrouse Marvejols Mende Espalion Bertholène Le Monastier Moulins Aubusson Le Mont-Dore Meymac Laqueuille Eygurande Tulle Ussel Pointe-de-Grave Sète Perpignan Ax-les-Thermes Toulouse Mirande Montauban Montpellier Montbazin Pau Orthez St-Denis- près-Martel Gourdon Siorac Condat St-Flour Arvant Neussargues Aurillac La Bastide- St-Laurent- les Bains Tournemire- Roquefort Paulhan Lodève Vias Faugères Bédarieux Plaisance Le Vigan Brioude Langeac Morcenx Labouheyre Ychoux Condom Nérac Gabarret Port- Ste-Marie Tonneins Marmande Eymet Bourriot- Bergonce St-Giron Moulin- Neuf Carcassonne Castelnaudary Limoux Moux St-Pons Bize Quillan Lavelanet Bram Belvèze Mirepoix Foix Pamiers Arles- sur-Tech La Tour-de-Carol Puigcerda Villefranche - Vernet-les-Bains Cerbère Port-Bou Tessonnière Lectoure Figeac Viviez Decazeville Cahors Capdenac Casteljaloux Eauze Bazas Sarlat Miécaze Argentat Bort-les-Orgues Mauriac Rodez Carmaux Albi St-Juéry Lexos Boussens Langon Vic-Bigorre Laruns Canfranc Castres St-Sulpice Mazamet Rivesaltes Elne Céret Auch Castéra- Verduzan Puyoô Dax Séverac- le-Château Millau Bordeaux Guérande Le Croisic Châteaubriant Nantes Sablé Libourne Coutras Poitiers Châtellerault Angers Saumur Château- du-Loir Patay La Suze La Flèche PARIS Orléans Voves Toury Étampes Brétigny Juvisy Auneau Vendôme Blois Amboise Châteaudun Château- Renault Le Mans Savenay St-Nazaire Gannat Saillat St-Étienne- de-Baïgorry St-Jean- Pied-de-Port St-Palais Mauléon Hautevielle Oloron Lourdes Buzy- en-Béarn Narbonne Caunes- Minervois Quarante - Cruzy Béziers COMPAGNIE DU PO-MIDI Autorails Michelin État type 21 à Morlaix en 1937 (Lelaidier/Photorail). NOVEMBRE 2014 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 35 tableau de correspondances paru dans Rail Passion 191, septembre 2013). Elle décide alors de regrouper les engins de même type sur une seule région par souci d’unification et pour simplifier l’entretien, décision qui prend effet progressivement. Les transferts suivants vont être prononcés: les ADN(2) et les Decauville au Sud-Est, les Standard à l’Est et au Nord, toutes les Micheline au Sud-Est, les De Dietrich 210 et 320ch à l’Est, les trois ABV de l’Est et deux du Sud-Ouest à Lyon-Vaise, les 10 Bugatti surallongés de Vénissieux à Strasbourg. De plus le VH ex-ZZ 20 du Nord isolé depuis la destruction du ZZ 21 par accident, a été cédé à la région de l’Ouest sous n° ZZ 24065. Elle limite l’usage des petites séries d’appareils à faible capacité ou jugés peu réussis et inefficaces, cas des Baudet- Donon-Roussel, CFMCF, Delaunay-Belleville, Fouga-Dunlop, Renault VG, TE. La série des appareils CGC est rapidement liquidée, quatre d’entre eux étant réutilisés momentané- ment par le Sud-Ouest pour le transport de colis autour de Tours. Les deux engins de la CFMCF ZZ FM 10001, 10002 sont cédés au Chemin de Fer Secondaire du Nord-Est puis se retrouvent dans les Vosges à Rambervillers. Les quatre Verney de l’Est ZZ CC 1001-1004 sont cédés aux Chemins de fer économiques (Réseau de la Manche). Les ancestrales Micheline type 11 à 24 places et les deux types 17 sont également fossoyées. Ci-dessus: L’autorail Amphibie ZZPE 23661, futur XAT 1001 en essai sur la ligne de Pau à Canfranc en 1938 (MT-Sud-Ouest/ Photorail). Ci-contre: Standard SNCF X 3115 ex-ZZ A415 Nord à La Chapelle (H. Fohanno/Photorail - © SNCF). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2014 36 Les disparitions de lignes rurales déficitaires où l’autorail avait tenté le maintien, voir le développement du trafic ont frappé de nombreuses régions en 1938, 1939. En sus, depuis 1930 la traction électrique s’est étendue à Paris - LeMans, Orléans - Tours - Bordeaux, Vierzon - Brive, Montauban - Sète, aux lignes du Médoc et des Causses et de Culoz à Chambéry. Le parc autorails à la veille de la Guerre se révèle donc, avec 791 unités, largement excédentaire. D’autant que dès septembre1939 les grandes relations assurées par les fleurons de la flotte: TAR, Bugatti, De Dietrich de luxe et autres ABV, VHD sont supprimées sur Paris - Strasbourg, Charleville, Lille, Maastricht, LeHavre, Trouville, Bagnoles- de-l’Orne, Lyon, Clermont-Ferrand, de Dieppe à Nantes, Lyon à Strasbourg, Marseille à Nice, Bordeaux à Cler- mont,etc. En janvier1940, la rétraction massive des liaisons omnibus par mesure d’économie touche toutes les régions, où les autorails sont limités à 20% de leurs prestations anté- rieures. Quelque 84 autorails de types divers avaient été transformés en véhicules sanitaires et affectés au service des Armées. Parmi eux figuraient des De Dietrich 210 et 320ch, des Standard, des Renault VH et ABJ et un seul Bugatti surallongé. Au lendemain de l’Armistice de juin 40 où la France est coupée en deux, tous les autorails vont connaître une longue période de somnolence avec garage, faute de carbu- rant. Cette inhibition forcée va cependant épargner un infime noyau d’engins, comme quelques AEK de Noisy et ABJ de La Chapelle pour navettes en banlieue parisienne de Bondy à Aulnay et de Montsoult à Luzarches. De son côté l’usage du gazogène tente une très timide percée avec les engins adaptés suivants: • Pauline ZZ C 11101, 11102 de Laroche; • Berliet ZZ 3003 de Roanne,; • ABJ ZZ 3001 à Lyon-Vaise, 3512 à Rennes, 3311 à Car- maux, plus les ABJ 3006, 3014, 3302-3306, 3308-3310 mutés à Poitiers en 1943 pour usage vers Parthenay, Cho- let, section coordonnée depuis 1940 où les autocars sont défaillants. Toutefois les 3308, 3309 seront passés au compte de Noisy-le-Sec en 1944 et serviront sur Bondy - Aulnay-sous-Bois; • les deux Baudet-Roussel BD 10101, 10102 de l’Est; • le Renault ZO Z 10303 de l’Ouest; De plus, aux trois De Dietrich XD 3001-3003 sortis d’usine sous cette forme et agissant en Bretagne, viennent s’en ajouter cinq autres commandés en 1938 (3011-3015) livrés en 1942 à Noisy-le-Sec pour usage sur Bondy - Aulnay. Par ailleurs, les ADX 2 5102, 5104, 5105, 5107-5110 de Car- maux ont fonctionné à partir de 1942 au gaz naturel prove- nant du gisement de Saint-Marcet près de Saint-Gaudens, en assurant du trafic sur Toulouse-Albi, Rodez, Mazamet et Auch. Se jouant des difficultés d’approvisionnement en carbu- rant, les deux autorails Amphibie ont été employés au centre de Narbonne uniquement, sous caténaire 1,5kV, notamment entre Béziers et Carcassonne. Alors que la Deutsche Reischbahn s’était montrée très friande de locomotives à vapeur, voitures et wagons, abon- damment ponctionnés dans le parc SNCF pour ses besoins outre-Rhin, elle a dédaigné les autorails. Tout au plus peut- on noter la capture d’une poignée d’engins dont: Les autorails DES AUTORAILS RÉGIONAUX AUX SÉRIES UNIFIÉES DE LA SNCF Renault ZZ-R-7023 à Versailles-Matelots en 1939 (D. Patingre/ Photorail). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2014 38 • Standard XA 3113 de Compiègne, 3135 et 3144 ex-Nord d’Amiens; • Somua ZZ S 8 et 10 ex-PLM d’Avignon. De plus, quelques engins sont en situation inconnue, pro- bablement outre-Rhin, cas des Bugatti triples XB 203-205, Bugatti surallongé XB 4101, De Dietrich 210ch XD 1001, 1011 (Sanitaire), De Dietrich 500ch XD 4001, 4003, 4005, Standard XA 3202, 3204, motrices TAR 34 XF 1003, 1004, TAR 36 XF 1107, 1109, 1110, 1111. Ils seront récupérés en mauvais état et remis en service après révision, sauf les XD 1001, 1011, XF 1111, XA 3204 et XD 4005 réformés pour Le retour en force des autorails dans une France libérée Alors qu’à l’automne 1944 le territoire hexagonal est libéré du joug allemand sauf la zone septentrionale de la Moselle, l’Alsace et quelques bastions portuaires, la SNCF met en service, à défaut de trains vapeur vu la pénurie de charbon, des autorails de liaison accessibles aux porteurs d’autorisation spéciale sur plusieurs relations, en emprun- tant des itinéraires de fortune vu la coupure des ouvrages d’art. Cela va être le cas depuis Paris: • sur l’Est vers Charleville Reims, Laon, Hirson; Nancy Reims, Sainte-Menehould, Revigny; Nancy Sézanne, Épernay; Vesoul Troyes, Bologne, Neufchâ- teau, Langres, Chalindrey, Gray, avec De Dietrich et AEK de Noisy; • sur le Nord vers Bruxelles Laon, Hirson, Lille avec Bugatti double, 307/312 et 311/304 Paris - Lille par Laon, Busigny, Cambrai avec TAR; Saint-Quentin Soissons, Laon; Boulogne Verberie, Amiens, avec des ABJ; • sur l’Ouest vers LeHavre Beauvais, Gournay, Serqueux, Montérolier avec Bugatti de Batignolles; de Paris à Nantes Auneau, Chartres, LeMans, Segré avec ABJ de Rennes; • sur le Sud-Est vers Lyon Nevers, Cercy-la-Tour, Gilly- sur-Loire, Paray-le-Monial avec Berliet de Roanne; de Besançon à Lyon Croix-Rousse Dole, Mouchard, Bourg, Sathonay avec XD 2000 de Besançon et de Marseille à Cagnes-sur-Mer Gardanne, Carnoules avec Bugatti de Nice. La cavalerie des autorails SNCF amputée des 61 engins énu- mérés ci-dessus présente un très mauvais état général, car outre plusieurs dizaines d’engins avariés (13 ADN de Chalon avaient par exemple été sabotés par la Wehrmacht), pour la grosse majorité inactive quatre ans durant sans entretien, quelquefois dehors, exposée aux intempéries, l’Occupation n’a pas arrangé les mécaniques. La direction du Matériel et de la Traction et la Direction des Études Autorails va donc faire l’impossible pour une remise en service rapide, en confiant les travaux aux grands ateliers (Metz-Montigny, Hellemmes, Rennes, Bordeaux et Oullins), aux constructeurs dont Renault et à certaines grosses entreprises privées. En parallèle les engins des séries ADN, Renault VH, VHD, ABJ, ADP, ADX, ABV sont équipés peu à peu d’organes de choc et d’attelage pour pouvoir remorquer. Ce sera le cas ultérieurement lors des RG des De Dietrich 320ch sauf les XD 2511, 2513-2515. La démotorisation de plusieurs appareils jugés obsolètes ou impropres au trafic commercial commués en remorques intéresse: • les six appareils Baudet-Donon-Roussel du PLM ZZ BD 10001-10006 et les deux de l’Est ZZ BD 10101, 10102; • les quatre EIC type 4 de l’Ouest ZZ C 1101-1104; • les quatre ADN prototypes du PLM (ZZ A 1001, 2) et du PO-Midi (ZZA 1101, 2); • l’ensemble des Bugatti WLG courts soit cinq ex-État ZZB 2101-2105, deux ex-AL ZZB 2201, 2202 et six ex-PLM ZZ B 2301-2306; Les autorails DES AUTORAILS RÉGIONAUX AUX SÉRIES UNIFIÉES DE LA SNCF Floirat X 5706 à Monsempron-Libos en 1949, sur la ligne Cahors - Agen (Lucas/Photorail). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2014 40 • l’ABL ZZ 201 ex-État dont les deux caisses d’extrémité forment une remorque articulée ZR 6016; • neuf Micheline types 16 et 17 (ZZ M 2011, 2012, 2101, 2104, 2107, 2110, 2112-2114), lesautres voitures de ces catégories étant radiées; • 15 Micheline types 21 (ZZM 4102-4104, 4106-4108, 4110, 4111, 4113, 4114) et 22 (ZZM 5101, 5102, 5105-5107). Deux Bugatti surallongés, l’un commandé par la SNCF en 1938 (ZZ B 4301), l’autre destiné aux chemins de fer bul- gares seront réceptionnés en 1945, 1946 par la SNCF et affectés à la région Sud-Est. Un renfort bienvenu intervient en 1945 avec livraison au centre de Grenoble de 10 Decau- ville ZZ DC 2101-2110 qui avaient été commandés en 1939 mais dont l’industrialisation avait été ajournée. Tous les appareils convertis au gazogène seront déséqui- pés, les X D 3000 regroupés à l’Est à Vitry-le-François et Strasbourg étant transformés avec moteur à essence de 360ch, puis équipés avec des moteurs diesels Saurer de 320ch. Ils continueront leurs vies à Nancy puis à Vesoul. L’année suivante alors que les autorails reprenaient des couleurs, le parc des unités de faible puissance (moins de 150ch), déjà fortement étrillé, ne comportait plus que le Dunlop-Fouga (X FO 1001), quatre Baudet-Donon-Roussel (XBD 10002, 10004, 10101, 10102), trois CGC (XGC 10001- 10003) pour la plupart en réparation différée ou en attente d’amortissement, plus six Renault ACB (XR 11001-11006) au (3) et quatre Renault ZO à l’Ouest (XR 10301, 10303- 10305) limités à des navettes ouvrières de service. Par contre la série des EIC Pauline comptait encore 21 voitures (XC 10001, 10111-10114, 11001-11008, 11101- 11104, 11111, 11112, 11201, 11203), dont plusieurs louées à des tiers, une douzaine gérée par le centre de Laroche desservant les lignes du Morvan. Consciente de la nécessité de maintenir une desserte ferro- viaire sur les lignes rurales encore exploitées, la SNCF acquiert fin 1946 deux véhicules assez particuliers consti- tuées par des autocars sur rails produits par la firme Floirat. Désignés X 8001, 2 ils sont d’abord employés par la région Nord entre Crépy-en-Valois et Senlis, parcours coordonné depuis 1940. De nouvelles séries en attendant les unifiés À l’inventaire du 1 janvier 1947, la cavalerie des autorails assainie par l’éviction de nombreux véhicules appartenant à des petites séries ou fonctionnant à l’essence (Bugatti et Michelin), mode de propulsion jugé beaucoup plus onéreux que le gas-oil, se relève rapidement des hostilités. Parmi eux, quelques unités sont en utilisation spéciale provisoire comme les Standard XA 3142, 3145, Renault ADX 2 5203 à disposition du centre sanitaire de la Commission Militaire Interalliée à Dijon, les De Dietrich XD 2502 réservés aux déplacements des fonctionnaires de la Direction Générale SNCF, XD 2511 pour le Directeur Général, XD 2513, 2515 pour les voyages des membres du gouvernement, XD 2514 pour les inspections du Directeur de la Région Est, TAR XF 1002 fonctionnant à poste fixe comme groupe de secours au dépôt Chapelle, Renault ABJ X 3007 pour le Directeur du Les autorails DES AUTORAILS RÉGIONAUX AUX SÉRIES UNIFIÉES DE LA SNCF NOVEMBRE 2014 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 41 Sud-Est, X 3144 pour celui du Sud-Ouest, X 3215 pour celui du Nord et AEK X 7011 pour celui de l’Ouest. Le retour en grâce des relations rapides et express en 1 classes intéresse les TA: • 3/2 Paris - Strasbourg, avec Bugatti double de Strasbourg jusqu’en juin1948 où apparaissent les rames sur pneus tractées par machine 230 K au fuel; • 47/46 Paris - Bâle puis 41/40 avec des De Dietrich XD 2600 luxe de Noisy; • 1601/1614 Nancy - Épinal, 1613/1612 Nancy - Belfort, 2301/2304 et 2303/2302. Nancy - Colmar Saint-Dié avec ABJ de Nancy puis De Dietrich XD 2600; • SA/AS Strasbourg - Lyon, avec des Bugatti de Strasbourg; • 319/320 et 343/306 Paris - Tourcoing, avec TAR 36 de La Chapelle; • 189/162 Sambre-et-Meuse Paris - Liège, avec De Dietrich 2100, 2600 de luxe de Noisy, puis par Bugatti double; • 101/114 et 121/102 Paris - LeHavre avec des Bugatti Pré- sidentielsde Batignolles, les Bugatti triples n’étant enga- gés que sur les TA spéciaux transatlantiques vers LeHavre et Cherbourg-Maritime; • 95/92 Poitiers - La Rochelle avec Bugatti de La Rochelle; • 891/890, 897/896 Nantes - Poitiers dont l’un sera pro- longé à Limoges; Nantes - Les Sables-d’Olonne l’été par Bugatti de Nantes-Blottereau; • 1635/6-1633/4 Bordeaux - Clermont-Ferrand Brive avec des ABV de Bordeaux-Bastide; • 41/42 Paris - Lyon avec TAR 36 de La Chapelle; • 503/504 Dijon - Vallorbe et Les Verrières avec des De Die- trich de Besançon puis ABJ; • 1049/1050 et 1065/1062 Clermont - Lyon Vichy, Roanne, Tarare avec des VHD de Lyon-Vaise; • 121/134, 125/124, 127/132, 135/136 Marseille - Nice avec Bugatti surallongés de Nice. Pour regonfler rapidement son parc, la SNCF va comman- der d’urgence, à titre roboratif, une petite flotte d’engins légers, à savoir: • huit autocars sur rails Floirat X 5701-5708 de 105ch et six remorques, livrés en 1948 au centre d’Agen vers Auch, Monsempron-Libos, Cahors et Capdenac, rejoints par les deux prototypes X 5006, 5007 ex-8001, 8002; • une série d’appareils ultralégers mais robustes à deux essieux offrant 35 places, de 80ch, limités à 65km/h pour tenter de sauver les petites lignes à faible trafic, comme suggéré par la Fédération Nationale des Cheminots. D’où son appellation FNC. Avant-goût de la famille Unifiée produit par la firme Billard, il fait l’objet de deux proto- types X8011, 8012 (futurs 5008, 5009) livrés au prin- temps 1947 pour essais. Une première tranche de 30 engins X 5601-5630, assortie de 20 remorques avec caractéristiques améliorées sortira, à compter de la fin 1948 et attribuée aux centres Sud-Ouest d’Agen pour remplacer les Floirat de Montauban(4), Orléans, Bourges, Saint-Girons. En outre, pour renforcer son cheptel de moyenne puissance nécessaire à la poursuite de l’élimi- nation des rames vapeur, sans attendre la génération des autorails unifiés en cours de définition, la SNCF juge pertinent de commander à l’industrie deux séries dérivées de modèle sortis avant-guerre, ayant fait leurs preuves, cas de: • 35 Renault ABJ 4X 3601-3635 dérivant des ABJ 3 avec moteur 517 de 300ch, aptes à 120km/h, de 70 places, Ci-dessus: ADN Standard et remorque ex-DR Aulnoye en 1956 (DR/Photorail). Élévation d’un XA 3000-3100- Page de gauche de haut en bas: Bugatti WR Présidentiel ZZy 24408 État (ex-XB 1008) au musée de Mulhouse en 1981 (J.-L. Tuleau/ Photorail). Autorail ABJ 4 XAD 3601 Renault (1948), du Chemin de fer de la vallée de l’Eure (CFVE) à Hécourt en octobre 1997 (J.Quatorze). Dessin S. Lucas De haut en bas: Micheline 96 places type 23 XM 6207 au Mont-Dore (R. Floquet/ Photorail - © SNCF). Essai d’un X 3700 De Dietrich sur la ligne Paris - Argentan en 1950 (P. Barry/Photorail). Élévation d’un X 3701-3720. RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2014 42 affectés au Sud-Ouest en 1948, 1949 à raison de 14 uni- tés à Bordeaux-Bastide, 13 à Tours et huit à Limoges, pour fonctions mixtes express-omnibus; • 20 De Dietrich X 3701-3720, de 320ch avec 70 places, limités à 120km/h, copies des 320ch livrés à l’AL et à l’État dix ans plus tôt, tous reçus à Nancy en 1949, 1950 pour trafic omnibus. Ces apports à la fin de la décennie 1940 permettent par décalage de réduire le volume des Micheline et autres appareils (Brissonneau et Lotz et Decauville prototypes, EIC, TE, VG,etc.). De plus on assiste à l’affectation provi- soire de 1947 à 1949 de sept ADN à Besançon, puis à Laroche de 1949 à 1951 où ils éliminent les Pauline, au transfert de la douzaine de VH de Noisy-le-Sec sur Vesoul, des huit De Dietrich 320ch (XD 2001-2008) de Besançon sur l’Est, de huit des Standard de Nancy au Nord, des ABJ 1, 2 de Nantes, Limoges, Bordeaux à Besançon et au Nord. Les quatre Berliet fourgons dont l’utilité n’est plus justi- fiée sont liquidés sans autre forme de procès, tout comme les deux prototypes Decauville XDC 1101, 2, bisontins qui tournaient sur le Jura jusqu’à Morez et sont vendus à la Société Métallurgique de Normandie à Caen, pour trafic interne. Au fur et à mesure du retour de la disponibilité du parc des engins rapides, d’autres relations de qualité ont pu être assurées comme les TA: • 1103/1102 Bar-le-Duc - Metz - Sarrebruck et 1101/1104 Bar-le-Duc - Metz - Sarrebruck - Mayence - Franc- fort/Main par De Dietrich de luxe de Nancy; • 43/44 Paris - Lyon (le second) sans arrêt pendant l’année 1948 par rame TAR du Nord; • 1109/1110 Paris - Clermont-Ferrand/Saint-Étienne à l’été 1948 par Bugatti de Villeneuve; • 41/46 Paris - Bâle en mai 1950 et 47/40 Paris - Bâle en octobre suivant par TAR Nord repris aux De Dietrich, ces circulations passant en rame sur pneus à l’hiver 1952; • 391/380 Paris - Trouville - Dives-Cabourg l’été par Bugatti de Batignolles; • BM/MB a la place d’une rame tractée de Bordeaux à Lyon Limoges, Montluçon, Saint-Germain-des-Fossés avec des ABV de Bordeaux; • BS/SB Bordeaux - Clermont-Ferrand Brive, Ussel prolongé à Lyon Vichy, Roanne avec des ABV à l’hiver 1948; • 3005/3000-3010 Metz - Bâle par Bugatti de Strasbourg; • 93/96 Strasbourg - Sarrebruck Sarreguemines par Bugatti de Strasbourg; • 337/336 Paris - Caen par Bugatti de Batignolles; Dessin S. Lucas NOVEMBRE 2014 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 43 • 201/202-217/218 Rouen - Mézidon - LeMans par Bugatti de Batignolles; • 601/614 et 621/634 Cherbourg et Caen - Rennes par AEK de Rennes; • 607/612 Caen - Rennes avec AEK de Rennes; • 769/770 Nantes - Le Croisic et 795/6-781/2 Nantes - Rennes avec Bugatti de Nantes, • 1505/6-1501/2 Dijon - Nevers - Vierzon par ADN de Chalon; • 3001/3002 Bordeaux - Toulouse par ABJ 4 de Bordeaux- Bastide; • AV/VA Limoges - Saintes par ABJ 4 de Limoges; • 1644/3-1645/6 et 1650/49-1641/2 Bordeaux - Aurillac par ABJ 4 de Bordeaux et des jumelages aux ABV en pointe sur les TA BS/SB jusqu’à Clermont. Par contre, vu la fréquentation en hausse des tournées Paris - LeHavre, les Bugatti ont été retirés en 1951 et remplacés par des rames vapeur plus capacitaires. Malheureusement sept sévères accidents très meurtriers sont intervenus dans cette période d’après-guerre, impli- quant les autorails suivants qui seront réformés vu l’am- pleur de leurs dommages: • Decauville XDC 2107 de Grenoble, quasiment neuf lors d’une collision avec un train de marchandises à Romans (Isère) le 21 septembre 1945 près du viaduc de Vernaison, • VHD ZR 2 de Lyon-Vaise assurant un TA Lyon - Clermont à Gerzat (Puy-de-Dôme) le 3 juin 1947, l’une des caisses incendiée étant toutefois reconstruite; • ZDC2009 de Grenoble lors d’un nez à nez à la sortie de Veynes (Hautes-Alpes) avec une 242 TD le 28septembre 1946; • ZBE 3017 de Roanne lors d’une collision à Saint-Fons (Rhône) en 1947; • ZZM 6007 de Clermont heurté à Pontmort (Puy-de-Dôme) par un train de messageries le 13décembre 1947. Bien que sévèrement endommagé, cet engin qui avait été exposé à New York en 1939 a été remis en service; • ADX 1 5001 de Narbonne lors de son déraillement sur un TA Perpignan - Avignon à Barbentane-Rognonas (Bouches-du-Rhône) le 26octobre 1949; • ADX 2 5113 de Carmaux lors d’un nez à nez le 12février 1950 avec l’ADP XR 4104 d’Aurillac, tous deux broyés en gare de Gaillac (Tarn). L’arrivée des premiers appareils unifiés, un tournant pour les séries régionales juillet 1951, alors que l’électrification couvre l’artère Impériale de Paris à Chalon-sur-Saône, plusieurs engins des séries conçues par la DEA sont déjà sortis d’usine, à savoir: • les prototypes U 150 X 7029, 7030 (futurs X 5010, 5011) dès 1947 à Évreux, et les X 5501-5551 de série répartis entre les centres de Mirecourt, Évreux, Mont-de-Marsan, Orléans, Laroche, Montargis et Narbonne; • les têtes de série U 300 (X 3801) en essais à La Chapelle et U 600 (X 2401) à Limoges. Deux Bugatti arrivent à Metz en mai 1955 (F. Fénino/Photorail - © SNCF). NOVEMBRE 2014 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 45 • 19 Renault ADX 2 dont 16 au Sud-Ouest (Carmaux) et trois à la Méditerranée (Narbonne); • 9 Somuasur la Méditerranée (Avignon); • 35 X 3600 au Sud-Ouest (Tours, Limoges, Bordeaux-Bas- tide); • 20 X 3700 à l’Est (Nancy); • 30 X 5600 au Sud-Ouest (Orléans, Bourges, Montauban, Saint-Girons); • 8 Floirat au Sud-Ouest (Agen). Viennent s’y ajouter deux engins hors inventaire récupérés de la DR en 1945, l’un 10201 à essieux indépendants de 150ch à l’Est, l’autre 5311 à bogies de 175ch au Nord. Une seconde tranche de FNC (X 5631-5660) constituant des engins d’attente permettant d’éponger la vapeur, pro- duits par la SNAV à Vénissieux, sort de 1951 à 1954, avec positionnement: • au Sud-Est à Annemasse pour trafic vers Genève Eaux- Vives, Bellegarde, Culoz, La Cluse, de Bellegarde à Divonne-les-Bains, Évian-les-Bains et La Roche-sur- Foron; • à la Méditerranée à Montpellier-Arènes vers Castres Bédarieux, Saint-Fons, Alès Sommières, Nîmes à Alès et Le Grau-du-Roi, Alès à Bessèges, au Teil et de Vogüé à Lalevade-d’Ardèche-Prades. À cette époque, quelques belles courses sont encore confiées aux grosses pointures, cas des: • TAR Nord à l’été 1951 sur le rapide 33/50 Paris - Bou- logne-Maritime, à compter de l’été sur un TA Paris-Lyon - Paris-Nord - Lille et le «Sambre-et-Meuse» jusqu’à Liège transformé en Paris - Dortmund avec rame VT 08 DB un an plus tard, puis en octobre1953 sur un TA Paris - Bruxelles – Amsterdam repris par RGP TEE en 1957; • De Dietrich 320ch XD 2513, 2515 de Noisy détachés au Sud-Est pour couvrir à l’hiver 1952 les TA 501/502 Dijon - Vallorbe - Lausanne - Genève; • X 3600 de Limoges au TA NV/VN Nantes - Limoges; • ADX 2 de Carmaux au TA 3001/3004 Bordeaux - Toulouse et à l’été 1952 au TA TL/LT Toulouse - Lyon par Rodez, Mende, Le Puy, Saint-Étienne; • VHD de Lyon-Vaise aux TA 901/914, 911/904 Lyon - Nîmes Givors, La Voulte, Le Teil. En dehors des relations rapides et express citées plus haut, la cavalerie assure alors un grand nombre de TA directs et surtout omnibus sur un éventail de lignes y compris sur celles non parcourues au cours des années d’avant-guerre, même si de nombreuses artères ont perdu leur trafic voyageurs. Dès 1952, l’arrivée de X 3800 à Lyon-Vaise et Clermont condamne l’usage des dernières Micheline à Besançon où X 52000 Decauville avec un omnibus Veynes - Briançon à Savines en 1959. Un des derniers autorails sur le viaduc de Thubaneau avant son engloutissement (R. Long/Photorail). efficacement les séries régionales des mouvements nobles. De plus l’expansion des électrifications sur les régions Est, Nord et Sud-Est réduit leur périmètre d’activité. Les Bugatti qui avaient disparu d’abord de l’Est et de l’Ouest en 1956, quittent la Côte d’Azur en 1958, les der- niers surallongés XB 4005, 4006, 4009, 4014 étant relayés par des X 3800. En décembre1958 où le monophasé court de Paris à Lille, c’est la fin des TAR, coursiers surdoués du Nord avec une car- rière des plus honorables ayant largement débordé des fron- tières. L’année suivante le couperet s’abat sur les De Dietrich XD 3000 de Vesoul et, toujours sur la région Est, sur la meute des modestes De Dietrich 210ch, connus pour leur surnom de «Glouglou», lesquels abandonnent Mohon, dont les courses les conduisaient à Givet, Bar-le-Duc Vouziers et Lérouville Verdun, dès lors confiées aux X 3800. Il subsiste alors pour RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2014 48 peu de temps quelques appareils pour navettes de service à Chaumont, Chalindrey, Île-Napoléon, Strasbourg. La petite série des Renault AEK succombe elle aussi à Rennes et Noisy-le-Sec, victime du joug des X 3800. Les deux autorails Alsthom garés depuis longtemps ont égale- ment passé l’arme à gauche et il ne subsiste que trois EIC (X10301, 10303, 10304). En 1958, dans le cadre du transfert des X 2400 de Limoges à Toulouse, centre qui reçoit ensuite des X 2800 neufs, les ADX 2 de Carmaux montent à Limoges, certains faisant un stage intermédiaire à Montluçon. Ils resteront dès lors dans la zone Limousin, Périgord. En Provence, les Somua d’Avignon abandonnent en 1960 les tournées vers Nîmes, Montpellier, Marseille Cavaillon, Digne, Valence et Lalevade d’Ardèche. Les années 60, une décennie funeste pour les séries d’avant-guerre À l’effectif du 1 janvier 1962, la situation du parc des autorails régionaux s’est déjà bien éclaircie. Une renumérotation est alors appliquée par la SNCF, selon les modalités suivantes: • ADN =X 22000, 22100, 22200; • Standard =X 23000, 23100, 23200, 23500; • Berliet =X 31000, 33000; • Decauville =X 52000,52100; • Dietrich 320 ch =X 42000, 42100, 42500, 42600; 500 ch X 44000; • Renault VH =X 2000, 2100, 2200, 2300; ABJ =X 3000, Les autorails DES AUTORAILS RÉGIONAUX AUX SÉRIES UNIFIÉES DE LA SNCF Élévation d’un Renault ABJ 4 X 3601-3635. Près de Pacy-sur-Eure, autorail X 3600 ABJ 4 Renault de 1948 au train Pacy - Hécourt des CFVE en septem- bre 1997 (J.Quatorze). Dessin S. Lucas NOVEMBRE 2014 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 49 3100, 3200, 3400, 3500; VHD =X 1, 2; ABV =X 121- 123, 131; ADP =X 4900; ADX 2 =X 5100, 5200. Sachant qu’il reste trois AEK en sursis à Noisy, la panoplie des grandes séries régionales encore en lice donne un total de 345 caisses, 458 en agglomérant les X 3600, 3700 et les FNC (5) Après la livraison intégrale des X 2800 s’accompagnant de celle des Panoramiques X 4200 qui ont permis d’élever le niveau moyen de puissance de la gamme autorails, la SNCF, abandonnant la version monocaisse, s’oriente vers celle des EAD à caisses multiples à commencer par les X 4300 et 4500 de 425ch divergeant par leur type de moteur. Ces nouvelles séries répondant au concept Unifié sont suivies par les X4630 qui vont se développer massivement un peu partout en France, motivant des adaptations de parc. Pour les vieilles séries atteignant généralement la trentaine, le couperet va être sévère à partir de 1964 où les fermetures de lignes et les électrifications se conjuguent. En dehors de l’ADP X 4982 ex-4102 ayant reçu à titre d’essai un moteur MGO(6) mis au tas en 1962 à Bordeaux-Saint-Jean, il s’agit: • des ADN de Chalon-sur-Saône; • de la majeure partie des Standard de Longueau; • des Berliet de Roanne; • des deux Renault VHD de Lyon-Vaise; • des Renault VH basés en dernier lieu auMans, La Rochelle, Montluçon, Toulouse, Clermont, Nîmes. Cette curée fait disparaître du paysage ferroviaire un bouquet de fidèles serviteurs du rail, dont certains ont été regrettés pour leurs équipements et conduite, moins pour leur confort; • des Renault ADX 2 X 5207 de Limoges; • des Decauville X 52104 de Grenoble; • des De Dietrich X 42006 de Strasbourg, 42506 d’Île- Napoléon. Face à la rudesse de la concurrence automobile, les FNC (n’ayant pas réussi à revitaliser plusieurs lignes rurales en souffrance, qui perdent leur service voyageurs), sont eux éliminés de 1964 à 1966. Ils disparaissent furtivement sans laisser de regrets dans le monde cheminot, qui les jugeait négativement avec leur frêle silhouette et leur confort spar- tiate, d’autant plus mal ressenti sur les lignes considérées dont l’armement était médiocre. Leur durée de vie, au cours Rapide 3002 Toulouse- Bordeaux au départ d’Agen avec un ABV Renault (Gibory/Photorail). Dessin S. Lucas Un X 2051 Budd avec remorque d’origine allemande assure la liaison Rail-Air Paris-Nord - Londres en mai 1957 (M. François/Photorail). En vignette: élévation d’un X 2051. NOVEMBRE 2014 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 53 • Renault ABJ 2 X 3421 ex-ZZ 24091 de l’État; • Bugatti WR Présidentiel ZZy 24408 État ex XB 1008 SNCF ; • Micheline type 22 XM 5005 ex-ZZ 54005 de l’Est; • Decauville X 52103 ex-ZZ DC 2103. Nous donnons ci-après, sous forme de tableau, quelques exemples des carrières significatives d’engins d’origine régionale. (1) Quatre appareils analogues ont été acquis conjointement par les Chemins de fer secondaires du Nord-Est. (2) Les neuf ADN du PO-Midi sont regroupés en 1938 au centre de Nantes-Mauves de la nouvelle région Ouest de la SNCF, pour trafic sur le Croisic, Angers, avant d’émigrer sur Chalon-sur-Saône. Les deux ADN prototypes H 1, 2 du PLM sont eux transformés en remorque en 1940. (3) Les X R 11002, 11004, 11005 étaient employés par les autorités militaires US. (4) Avec réouverture de la ligne coordonnée Montauban - Lexos. (5) Accidentés lors d’une collision, les X 5601, 5626 ont été réformés en 1961. (6) L’X 4963 ex-4103 avait lui aussi été équipé de la sorte et affecté ensuite à Caen en 1962. RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2014 54 Les autorails DES AUTORAILS RÉGIONAUX AUX SÉRIES UNIFIÉES DE LA SNCF Échantillons de carrières des autorails régionaux De Dietrich 210 ch-ZZ 23922 PO-Midi puis XD 1202 SNCF Mise en service: 1935 Agen Mutations: 8/7/1939 Mohon, 1/3/1958 Châlons, 1/7/1958 Mohon, 9/12/1958 Île-Napoléon Amortissement: 21/3/1961 Île- Napoléon De Dietrich 320 ch-ZZ N 3 PLM puis XD 2003 SNCF et X 42003 MES: 30/9/1935 Besançon Mut.: 3/4/1949 Vitry-le-François, 14/10/1954 Strasbourg, 4/6/1956 Île-Napoléon, 5/12/1956 Strasbourg, 2/11/1960 Metz, 1/6/1961 Strasbourg, 22/7/1968 Metz Amort.: 14/5/1971 Metz De Dietrich 320 ch-ZZ 24812 État puis XD 2502 SNCF et X 42502 MES: 2/9/1936 Rennes Mut.: 11/7/1939 Nancy, 30/7/1940 Noisy-le-Sec, 15/3/1949 Vitry-le-François, 29/9/1955 Île-Napoléon, 13/9/1956 Strasbourg, 24/12/1956 Île-Napoléon, 28/9/1969 Metz Amort.: 8/12/1974 Metz De Dietrich 320 ch-ZZ90053 Est puis XD 2623 SNCF et X 42623 MES: 3/4/1937 Noisy-le-Sec Mut.: 1/3/1940 Langres, 15/3/1945 Île-Napoléon, 20/7/1946 Vitry-le-François, 5/4/1947 Épernay, 17/4/1948 Noisy-le-Sec, 16/7/1949 Nancy, 20/5/1950 Vitry-le-François, 5/10/1952 Metz, 15/7/1955 Nancy, 30/9/1956 Strasbourg, 17/7/1963 Île-Napoléon, 22/5/1966 Strasbourg, 22/7/1968 Metz Amort.: 21/2/1972 Metz ADN ZZ H 101 PLM puis XA 2201 SNCF et X 22201 MES: 1936 Chalon Mut.: 21/4/1947 Besançon, 13/4/1949 Laroche, 15/12/1950 Chalon Amort.: 23/7/1965 Chalon Standard ZZ 60203 Est puis XA 3003 SNCF et X 23003 MES: 30/1/1937 Noisy-le-Sec Mut.: 16/3/1937 Mirecourt, 3/5/1937 Saint-Dié, 1/10/1937 Mirecourt, 26/11/1939 Nancy, 25/12/1939 Mirecourt, 27/3/1940 Nancy, 23/6/1950 Cambrai, 4/7/1950 La Chapelle, 7/9/1950 Cambrai, 9/11/1950 Boulogne, 27/10/1951 Cambrai, 28/9/1958 Amiens, 1/7/1962 Longueau Amort.: 2/5/1968 Longueau Standard ZZ 401 Nord puis XA 3101 SNCF et X 23101 MES: 21/4/1936 Compiègne Mut.: 23/11/1936 Cambrai, 1943 La Chapelle, 11/9/1945 Cambrai, 19/8/1946 Fives, 5/9/1946 Cambrai, 4/2/1948 Fives, 19/4/1948 Cambrai, 1/6/1948 Fives, 2/10/1948 Amiens, 15/10/1952 Laon, 3/10/1954 Amiens, 1/7/1962 Longueau Amort.: 2/5/1968 Longueau; Standard ZZ 23757 PO-Midi puis XA 3205 SNCF et X 23205 MES: 26/2/1938 Narbonne Mut.: 30/4/1940 Nancy, 18/1/1950 la Chapelle, 24/1/1950 Cambrai, 8/2/1950 La Chapelle, 20/5/1951 Beauvais, 5/2/1952 Douai, 21/7/1952 Amiens, 5/10/1952 Boulogne, 4/10/1953 Amiens, 1/7/1962 Longueau Amort.: 15/12/1970 Longueau Renault ABV ZZ 24103 État, puis R 121 SNCF et X 121 MES: 10/4/1937 Rouen-Orléans Mut.: 21/4/1945 Lyon-Vaise, 10/8/1945 Bordeaux-Bastide, 1/1/1955 Bordeaux Saint-Jean, 25/6/1965 Rennes Amort.: 1/6/1970 Rennes Renault VHD ZZ 24101 État puis R 1 SNCF et X 1 MES: 22/8/1934 Bois-Colombes Mut.: 7/1935 Rennes, 15/8/1945 Lyon-Vaise, 17/5/1952 Besançon, 29/6/1954 Lyon-Vaise Amort.: 4/9/1964 Lyon-Vaise Renault VH R 7 AL puis R 20345 SNCF et X 2045 MES: 4/8/1934 Metz-Sablon Mut.: 7/8/1939 Agen, 27/11/1939 Bordeaux-Bastide, 1944 Nancy, 8/1/1946 La Chapelle, 12/5/1946 Nancy, 1/7/1946 Vesoul, 15/6/1951 le Mans, 14/5/1966 La Rochelle Amort.: 29/5/1969 La Rochelle Renault VH VH ZZ 24056/23859 État, puis R 2211 SNCF et X 2211 MES: 26/11/1934 Lisieux Mut.: 24/8/1937 Carmaux, 12/12/1942 Bordeaux-Bastide, 6/5/1946 Mont-de-Marsan, 15/1/1947 Narbonne, 4/5/1947 Carcassonne, 10/1/1954 Montluçon, 26/7/1967 Toulouse, 8/10/1969 Montluçon Amort.: 15/12/1970 Montluçon Renault VH ZZ 23337 PO-Midi, puis R 2230 et X 2230 MES: 28/9/1935 Tours Mut.: 28/7/1937 Le Blanc, 4/3/1943 Bordeaux-Bastide, 6/5/1946 Agen, 4/5/1947 Mont-de-Marsan, 7/5/1948 Montauban, 17/8/1948 Mont-de-Marsan, 9/11/1950 Aurillac, 1/11/1962 Montluçon, 15/2/1967 Toulouse Amort.: 12/11/1969 Toulouse Renault ABJ 1 ZZG 406 PLM, puis R 3006 SNCF et X 3006 MES: 25/5/1935 Lyon-Vaise Mut.: 1/10/1943 Poitiers, 19/10/1946 Limoges, 28/4/1949 La Chapelle, 11/5/1949 Fives, 28/7/1950 Compiègne, 4/2/1951 Fives, 9/7/1951 Compiègne, 18/3/1953 Fives, 23/4/1953 Douai, 29/3/1966 Rennes, 27/6/1968 Sotteville, 2/10/1968 Rennes, 30/5/1969 Sotteville Amort.: 6/12/1974 Sotteville Renault ABJ 1 ZZ 70056 Est, puis R 3115 SNCF et X 3115 MES: 21/4/1936 Nancy Mut.: 21/5/1947 Bordeaux-Bastide, 10/12/1948 Tours, 6/9/1949 La Chapelle, 18/10/1949 Fives, 24/9/1952 Douai, 26/11/1952 Compiègne, 10/1/1953 Douai, 8/9/1953 Compiègne, 8/10/1953 Fives, 9/10/1953 la Chapelle, 16/2/1954 Fives, 3/10/1954 Douai, 2/4/1966 Rennes, 30/5/1969 Sotteville Amort.: 6/12/1974 Sotteville Renault ABJ 1 ZZ 703 Nord, puis R 3203 SNCF et X 3203 MES: 26/12/1935 Amiens Mut.: 1943 La Chapelle, 13/6/1946 Compiègne, 28/1/1947 La Chapelle, 8/5/1948 Compiègne, 1/6/1948 La Chapelle, 3/10/1948 Fives, 29/3/1949 La Chapelle, 8/5/1949 Fives, 31/7/1949 Compiègne, 19/9/1949 Fives, 1/11/1950 La Chapelle, 4/3/1951 Fives, 24/9/1952 Douai, 30/1/1953 Fives, 25/6/1953 Compiègne, 21/3/1966 Beauvais, 11/12/1967 Longueau Amort.: 15/12/+1970 Longueau Renault ABJ 1 ZZ 23873 PO-Midi puis R 3307 SNCF et X 3307 MES: 21/3/1936 Bordeaux-Bastide Mut.: 25/7/1946 Limoges, 7/3/1948 Mont-de-Marsan, 17/8/1948 Bordeaux-Bastide, 24/2/1949 La Chapelle, 14/3/1950 Fives, 22/7/1951 Compiègne, 8/10/1953 Fives, 3/10/1954 Douai, 2/4/1966 Rennes, 26/9/1969 Sotteville Amort.: 6/12/1974 Sotteville Renault ABJ 2 ZZ 24077 État puis R 3407 SNCF et X 3407 MES: 15/5/1936 Rennes Mut.: 28/6/1952 Granville, 5/10/1953 Rennes, 18/10/1957 Lyon-Vaise, 23/5/1959 Douai, 27/5/1963 Batignolles-Remblai, 1/10/1968 Saint-Lazare-Levallois, 15/12/1968 La Plaine, 11/1/1969 Longueau, 29/1/1975 Sotteville Amort.: 9/12/1976 Sotteville Renault ABJ 3 R 3507 ex-État, puis R 3507 SNCF et X 3507 MES: 16/5/1939 Rennes Mut.: 8/7/1939 Tours, 2/8/1939 Rennes, 5/10/1951 Rouen-Orléans, 15/5/1953 Rennes, 2/6/1956 Rouen-Orléans, 29/9/1956 Caen, 16/12/1958 Rennes, 27/9/1970 Sotteville Amort.: 6/12/1974 Sotteville Renault ADP 2 R 4103 PO-Midi puis R 4103 SNCF et X 4983 MES: 14/5/1939 Aurillac Mut.: 20/5/1953 Bordeaux-Bastide, 1/5/1955 Bordeaux Saint-Jean, 20/8/1959 Aurillac, 1/8/1962 Caen Amort.: 1/6/1970 Caen Renault ADX 2 R 5105 PO-Midi puis R 5105 SNCF et X 5105 MES: 13/7/1939 Tours Mut.: 27/10/1939 Carmaux, 12/5/1944 Bordeaux-Bastide, 11/9/1940 Carmaux, 11/12/1941 Narbonne, 29/8/1943 Carmaux, 30/4/1958 Limoges Amort.: 20/11/1973 Limoges NOVEMBRE 2014 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 55 Autorail en gare d’Arras en février 1965 (Vincenot/Photorail). Autorail Renault ABJ X 3600 arrivant en gare de Castelsarrazin en juillet 1957 (O. Perrelle/Photorail). L’irrésistible ascension des autorails unifiés Dès le début des années 50, le parc des autorails hérités des anciennes Compagnies est renforcé par la livraison de nouvelles séries d’engins, avec, notamment, pour objectif de contribuer à la réduction de la traction vapeur. Ces autorails dits « unifiés » vont arriver en deux vagues distinctes. La première d’entre elles, la seule qui nous intéresse dans cette étude*, comportera d’authentiques réussites, tels les Picasso, les RGP ou les X 2800, devenus depuis mythiques, qui ont fortement contribué en leur temps à l’amélioration des dessertes et du service voyageurs. (*) Les EAD et les séries suivantes jusqu’à nos jours seront traités dans un second hors-série. Dès le début des années 50, le parc des autorails hérités des anciennes Compagnies est renforcé par la livraison de nouvelles séries d’engins, avec, notamment, pour objectif de contribuer à la réduction de la traction vapeur. Ces autorails dits « unifiés » vont arriver en deux vagues distinctes. La première d’entre elles, la seule qui nous intéresse dans cette étude*, comportera d’authentiques réussites, tels les Picasso, les RGP ou les X 2800, devenus depuis mythiques, qui ont fortement contribué en leur temps à l’amélioration des dessertes et du service voyageurs. (*) Les EAD et les séries suivantes jusqu’à nos jours seront traités dans un second hors-série. Le 12 juin 2008, les X 2866 et X2895 sur le train Travys 33331 aux Esserts-de-Rive en Suisse (L. Mollard). NOVEMBRE 2014 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 59 Une seconde commande portant sur 55 appareils a été livrée entre1953 et1955. Équipés d’origine d’un W-C ramenant la capacité à 57 places, ils se différenciaient des précédents par des détails mineurs. Les portes d’accès du type portefeuille à quatre vantaux étant remplacées par des portes coulissantes. Les sept premiers ont reçu un moteur Saurer, les autres un Renault 561B. Leur affectation originelle excluant les régions de l’Est et de l’Ouest donna la ventilation suivante: • 13 à Beauvais (5808, 5809, 5812, 5813, 5816, 5817, 5820, 5821, 5825, 5826, 5830, 5834, 5836), pour service sur Paris - LeTréport, Beauvais - Creil, Amiens - Abbeville - LeTréport et Amiens - Compiègne; • un à Orléans (5853) pour compléter sa dotation; • quatre à Poitiers (5810, 5811, 5814, 5815) pour usage sur Parthenay, Bressuire, Cholet et Clisson; • cinq à Limoges (5831, 5832, 5835, 5837, 5850) employés sur Brive Saint-Yrieix et Périgueux; • six à Carcassonne (5818, 5819, 5822, 5823, 5827, 5828) engagés sur la ligne de la vallée de l’Aude jusqu’à Quillan; • sept à Bordeaux-Bastide (5838-5840, 5843, 5844, 5847, 5855) pour emploi sur Bergerac, Le Buisson, Sarlat; • sept à Laroche (5801-5807) utilisés en commun avec les X 5500 sur les lignes du Morvan (Avallon, Clamecy, Corbigny); • 12 à Montargis (5824, 5829, 5833, 5841, 5842, 5845, 5846, 5848, 5849, 5851, 5852, 5854) élargissant leur rayon d’action sur l’artère du Bourbonnais, descendant jusqu’à Nevers, Saincaize et Moulins. Pour 1958 la dotation limougeaude est éliminée (vu l’arri- vée des puissants ADX 2) et rejoint Mont-de-Marsan. Au cours de la décennie 1960, l’obligation de remplacer les frêles FNC dans trois pôles géographiques, c’est-à-dire l’Agenais, la Haute-Savoie, le Languedoc motive l’affectation en remplacement de U 150 (5500, 5800) dans les centres: • d’Agen, pour service sur Auch, Monsempron-Libos, Cahors, Capdenac et Decazeville; • d’Annemasse pour trafic sur la ligne du Chablais vers Évian-les-Bains, de la Roche-sur-Foron, Genève Eaux- Vives, de l’étoile de Bellegarde vers Culoz, La Cluse, Divonne-les-Bains; • de Nîmes, où leur roulement est le plus vaste car ils sont utilisés sur Le Grau-du-Roi, Le Vigan, de Montpellier à Alès, de Nîmes à La Levade, d’Alès à Bessèges, Vogüé, du Teil à Lalevade-d’Ardèche, ainsi que de Montpellier à Saint-Pons, Bédarieux. Parallèlement les U 150 vont disparaître de Laroche et en partie de Montargis où ils sont relayés par des X 3800, de Beauvais par des EAD X 4300, de Narbonne par des EAD X À la fin de la décennie 1960, la fermeture aux voyageurs de nombreux axes secondaires condamne les dotations d’Or- léans et d’Agen, la réduction d’activité des autres et l’appari- tion d’un nouveau centre à Rennes avec détachement aux CFTA à Guingamp d’un petit lot destiné à la desserte des lignes bretonnes de Paimpol et Carhaix. Par ailleurs un mini- lot est attribué à Troyes pour circulation sur la ligne affer- X 5800 à Lézignan (Aude) en juillet 1957 (O. Perrelle/Photorail). Le 1 mai 2005, les RGP X 2735 et 2723 passent sur le viaduc de Cize-Bolozon assurant un TER Oyonnax - Bourg-en-Bresse (L. Mollard). Passage en vallée de la Maurienne d’une circulation spéciale programmée à l’occasion d’une fête ferroviaire à Modane (29 septembre 2007 ; P. Julien). L’X 2403 du CFHA à Chamblet entre Montluçon et Commentry lors du Festirail 2012 avec une voiture Ocem B10t, le tout représentant une composition des années 50-60. (24 juin 2012 ; F. Lanoue). En avril 2011, sur la ligne 28-3 Lure - Villersexel, à Magny-Vernois (Haute-Saône), l’X 3886 de l’ABFC assure un train spécial en provenance de Dijon, à destination de la base travaux de la LGV Rhin - Rhône à Villersexel (V. Torterotot). NOVEMBRE 2014 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 65 juin 1956 intervient la réforme des classes avec sup- pression de la troisième. Le parc en service est transformé en seconde classe à l’exception de 20 engins équipés de 20fauteuils doubles de 1 classe avec revêtement tissu et têtière à l’emplacement du compartiment non-fumeurs, très prisé des voyageurs car ayant une vue directe sur la voie, à l’opposé du compartiment côté moteur. Sont concer- nés les: • 3859, 3860, 3864, 3867, 3868, 3912, 3916, 3917, 3921, 3930 de Douai enrôlés sur les TA express 1933/1908 Paris-Nord - Valenciennes Montdidier, Chaulnes, Cam- brai et Arras - Dunkerque en correspondance avec des rapides Paris - Lille; • 3913, 3922, 3926, 3931, 3932, 3942, 3943, 3947 de Nice employés sur les relations directes Marseille - Draguignan et Nice - Draguignan Les Arcs; • 3957, 3958, 3961 de Clermont assurant le TA transversal 804/803-802/801 Clermont - Besançon Moulins, Paray-le-Monial, Montchanin, Dijon, Dole. Avec la livraison de l’X 3981 le 12septembre suivant, quand la série parcourt de 10000 à 12000km par mois avec des pointes de 22000km pour le parc clermontois, va suivre un temps mort sans livraison découlant de l’espa- cement de la passation des commandes. Les réceptions des dernières commandes soit 70 engins s’échelonnent de mai1958 au printemps 1961. Ils se dis- tinguent des précédents par l’adoption de nouvelles ban- Le 3866 au dépôt de Bordeaux-Saint-Jean le 21 avril 1988 (A.Dupire). Élévation d’un X 3800 à 4051. Vue depuis la cabine de conduite du X 3997 à la gare de Briouze. Essai du 19 octobre 2009 (L. Thomas). Dessin S. Lucas ABONNEZ- VOUS AVANTAGES ABONNÉS Rail Passion - Service Abonnements - 11 rue de Milan - 75440 Paris cedex 09 Tél. 01 49 70 12 20 - E-mail : [email protected] Oui, je m’abonne et je choisis ma formule : 12 numéros au prix de 77 TTC au lieu de 118,80 TTC 12 numéros 2 hors-séries au prix de 88 TTC au lieu de 142,60 TTC 12 numéros 12 DVD au prix de 99 TTC au lieu de 178,20 TTC 12 numéros 12 DVD 2 hors-séries au prix de 110 TTC au lieu de 202 TTC Nom :………………………………………………………………………… Prénom : ……………………………………Société : ……………………………………………………………………… Adresse :………………………………….………………………..…………………..…………………..……………..…………….……..……………..……..…………….……..…………….……..… Ville :…………………………………………………………… Code postal : …………………………………… Tél. : ……………………………………………………………………………………… E-mail : ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………… J’accepte de recevoir des informations et des promotions des Éditions La Vie du Rail J’accepte de recevoir des informations et des promotions des partenaires des Éditions La Vie du Rail J’indique mon mode de règlement : Carte bancaire n° : I__I__I__I__I I__I__I__I__I I__I__I__I__I I__I__I__I__I Date d’expiration : I__I__I / I__I__I mportant , les 3 derniers chiffres du numéro inscrit au dos de ma carte bancaire : I__I__I__I Signature : Chèque bancaire (à joindre à votre bulletin sous enveloppe affranchie) À réception de facture (valable uniquement pour les sociétés) @ Recevez chaque mois votre DVD avec votre magazine, en choissisant cette option sur votre abonnement. ous les ans, 2 hors-série thématiques. L’option Rail Pass: Toutes nos publications en lecture numérique et leurs archives : La Vie du Rail hebdo, La Vie du RailMagazine, Rail Passion, Historail, au tarif privi- lège de 110  au lieu de 202 Offre au prix de 60 au lieu de 120 Bulletin d’abonnement à retourner à : Abonnez-vous en ligne sur notre site railpassion.fr *Tarif France, nous consulter pour l’étranger . **Prix de vente au numéro + 2 hors-séries + 12 DVD. « Conformément à la Loi Informatique et Libertés du 02/01/78, vous disposez d’un droit d’accès et de rectification aux données vous concernant. Ces données sont susceptibles d’être communiquées à des organismes tiers sauf si vous cochez la case ci-après. » HS25 RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2014 68 3825, 3834, 3877, 3886, 3890, 3919, 3927, 3937, 3938, 3971, 3977; –15 auMans, X 3805-3808, 3815, 3816, 3819, 3872, 3874, 3876, 3891, 3915, 3964, 3968, 3980; –16 à Rennes, X 3802, 3812, 3820, 3830, 3873, 3879, 3882, 3883, 3887, 3923, 3970, 3974, 4001, 4011, 4014, 4016; –12 à Nantes, X X 3801, 3810, 3811, 3813, 3814, 3823, 3875, 3881, 3889, 3935, 3950, 3952 ; –sept à Saintes, X 3861, 3865, 3866, 3869-3871, 3878; • 16 à la région du Sud-Ouest: –16 à Tours-Saint-Pierre, X 3857, 3858, 3862, 3863, 3936, 3939, 3940, 3965, 3969, 3972, 3973, 3975, 3976, 3978, 3979, 3981; • 42 à la région du Sud-Est: –18 à Clermont, X 3824, 3826, 3831, 3833, 3880, 3954, 3957-3962, 4002-4006, 4009; –24 à Lyon-Vaise, X 3894, 3895, 3899, 3907, 3982, 3984, 4023, 4025, 4027, 4029, 4031, 4033, 4034, 4036, 4037, 4039, 4040, 4042, 4043, 4045, 4046, 4048, 4049, 4051; • 32 à la région de la Méditerranée: –11 à Marseille-Saint-Charles, X 3884, 3885, 3888, 3914, 3918, 3925, 3928, 3929, 3933, 3941, 3945; –15 à Nice, X 3859, 3868, 3913, 3922, 3926, 3931, 3932, 3942, 3943, 3947, 4007, 4010, 4012, 4013, 4015; –six à Narbonne, X 3920, 3924, 3934, 3944, 3946, 3949. Depuis leur entrée en scène, les Picasso ont dû reculer sur divers axes touchés par les électrifications, notamment dans l’Est, le Nord et le Sud-Est, tandis qu’ils perdaient pied sur plusieurs artères secondaires fermées au trafic voya- geurs. Après l’arrivée des puissants X 2800 entraînant la réorganisation des roulements notamment dans le quart Sud-Est, puis l’introduction massive des EAD X 4300, 4500 à compter de 1963, conjuguée à la fermeture de plusieurs centres suite à la disparition de la traction vapeur, ces évé- nements ont de fortes implications sur le parc des X 3800 qui vont, jusqu’en 1969, disparaître totalement de Noisy-le- Sec, Nancy, Tours Saint-Pierre, Évreux, LeMans, Saintes, Nice, mais s’implanter à Chalindrey, La Rochelle, Montlu- çon, Laroche et Chalon. Cette période où la série a atteint son apogée doit être soulignée car elle témoigne de la fiabi- lité exemplaire de ce matériel, due à sa robustesse et à la simplicité de ses équipements. De ce fait une GRG est prati- quée par les ateliers de Bischheim sur 64 appareils, apparte- nant aux premières commandes sauf le X 4013. À ce stade, la cavalerie des Picasso forte toujours de 250 véhicules n’assure plus de relations express et son activité omnibus a tendance à s’étioler. Les concentrations d’effectifs se poursuivent avec en 1970: • le report de la dotation Nord de Douai sur Longueau où elle remplace les ABJ; • l’élimination des dotations de Nantes, Montluçon, Mar- seille-Blancarde, Narbonne, Chalon, Clermont avec en contrepartie création de trois nouveaux centres à Sotte- ville, Nevers et Nîmes. Pour 1972, les centres de Rennes et Lyon-Vaise détiennent 56 et 47 engins soit 40% du parc. Deux ans plus tard, le dépôt recueille les engins exclus de Châlons. Alors qu’en 1976 est ouvert le dernier centre hébergeant des Picasso à Bordeaux pour remplacer les X 3600, la série va être présente souvent en duo avec les RGP 2 en Cha- rentes, Périgord, Agenais et jusque dans les Landes. Débute alors l’amortissement de la série par élimination des engins les plus fatigués n’ayant pas subi de GRG, ou victimes d’avaries graves. Les retraits de service s’accentuent et sont compensés par la livraison d’engins neufs des séries X 4750, 4900 puis à compter de 1980 par les X 2100 monocaisses. L’année 1982 marque l’agonie de deux bastions ayant uti- lisé des Picasso depuis leur origine, à savoir Rennes qui a inondé les lignes de Bretagne, et Lyon-Vaise, présent sur les difficiles axes montagneux de Rhône-Alpes, du Jura et d’Auvergne. L’exercice suivant, les révisions classiques ces- Les autorails L’IRRÉSISTIBLE ASCENSION DES AUTORAILS UNIFIÉS L’X 3943 du CFTSA démarre d’Épernay et emprunte la L 22.5 pour Reims, avec la tour Castellane en fond (29 mars 2009; T. Roux). Page de droite : Près de Saujon en août 1990 sur la ligne Saujon - La Tremblade, un Picasso X 3800 sur le Chemin de fer touristique de la Seudre (J. Quatorze). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2014 sent définitivement pour le parc réduit à moins d’une cen- taine et réparti comme suit au 1 janvier: 20 à Mohon où ils se paient le luxe de pousser en terri- toire belge de Givet à Dinant en bordure de Meuse, X3838, 3841, 3843, 3846, 3847, 3850, 3853, 3988, 3994, 4001, 4019, 4021, 4023, 4026, 4038, 4041, 4043, 4045, 4046, 4048; 14 à La Plaine, X 3840, 3852, 3893, 3895, 3896 (US), 3897, 3899, 3900 (US), 3907, 3989, 4029, 4031, 4032, 4035; 23 à Sotteville, X 3812, 3814, 3817, 3819, 3823, 3827, 3861, 3865, 3866, 3869, 3877, 3891, 3914, 3918, 3934, 3938, 3944, 3951, 93953 utilisé sur Bréauté - Fécamp, 3968, 3970, 3973, 3974; 10 à Bordeaux, X 3801, 3818, 3824, 3828, 3829, 3835, 3862, 3886, 3948, 3956; 22 à Nevers, X 3802, 3825, 3830, 3837, 3859, 3864, 3867, 3871,3876, 3881,3885, 3931,3932, 3937,3942, 3943, 3952, 3959, 3972, 4013, 4049, 4051. Dès lors, la dégringolade de la série dont les prestations géographiques se rapetissent est rapide. Après la chute de La Plaine, c’est au tour des engins de Sotteville de capituler à l’hiver 1986. En mai1987 les cavaleries de Mohon et Nevers abandonnent la partie, suite au renforcement des effectifs des EAD de Metz et Nevers. Les scories de la série constituées par les X 3824, 3835, 3866 de Bordeaux s’étei- gnent le 28mai 1988 lors de tournées vers Saintes, La Rochelle. Dès lors les X 2200 neufs attachés à Limoges font la loi en Aquitaine et Poitou-Charentes. Au terme de leur carrière, les X 3824, 3865, 3866 auront parcouru un peu plus de trois millions de km en 38 ans, ce qui est honorable et supérieur aux prestations des catégo- ries régionales dont la vie a été plombée par la guerre (voir la carte reprenant les lignes parcourues).Après leur réforme, une quantité impressionnante d’associations de chemins de fer touristiques se sont emparées de nombreux Picasso et les ont affublés de livrées quelquefois excen- triques, voir fantaisistes. Certains ont du reste changé de mains. Vingt-six ans après leur retrait définitif, nombre de Picasso dont l’attrait n’est pas retombé, roulent toujours notamment à la belle saison dans des ambiances festives, généralement sous forme de circuit, empruntant quelque- fois des sections électrifiées, avec des cas de jumelage avec des X 2400, 2800 ou des EAD. Ci-dessus: Le Picasso de Viaduc 07 franchit le viaduc de Voguë, proche de la gare en août 2003 (P.Gourgues). Page de droite en haut: En mai 2011, sur la ligne LGV Rhin - Rhône, pas encore mise en service, à Bermont (Territoire de Belfort), l’X 3886 de l’ABFC assure un train spécial, pour la visite des élus locaux, et franchit le viaduc de la Savoureuse. On aperçoit au fond la toiture de la gare TGV Belfort-Montbéliard (V. Torterotot). Page de droite en bas: L’X 4039 ABFC s’expose à la Fête du rail organisée à Longueau (Somme) les 5 et 6 octobre 2013. NOVEMBRE 2014 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 71 Cette troisième série sort de construction en parallèle avec les U 150 et U 300. Elle doit permettre d’élargir la gamme jusqu’ici étriquée des engins de plus de 500ch émanant des anciennes compagnies (exception faite des TAR et Bugatti affectés à des services rapides), à savoir les De Dietrich, Decauville, Renault VHD, ADP, ADX, pour satisfaire à la fois des liaisons semi-directes et omnibus sur lignes à profil accentué. Initialement la SNCF avait envisagé l’acquisition de 227 exemplaires de ce type mais l’apparition entre-temps du fameux moteur SACM de 825ch retenu pour les RGP 1, TEE et X 2800 a motivé la limitation de la série X 2400 à 79 uni- tés. Présentant une caisse de 27,73m, montée sur deux bogies avec moteur Renault 517 G développant 340ch, avec transmission mécanique, d’une masse en ordre de marche de 43t, ils offrent une capacité de 56 places de 3 classe et 12 de 2 , auxquels s’ajoutent 12 strapontins en plateforme. L’aménagement intérieur est des plus spar- tiates, les postes de pilotage (voisinant avec le moteur die- sel occupant une position axiale) étant particulièrement inconfortables vu le bruit et la chaleur. Par contre l’option bimoteur était un gros atout pour l’exploitation, avec sup- pression du risque de détresse due à l’arrêt de l’un des deux moteurs. Capables de tracter trois remorques sur lignes faciles, une sur rampe de 25mm/m, ces engins limités à 120km/h étaient couplables entre eux et jumelables avec d’autres séries unifiées et régionales. Les 10 derniers (2470- 2479) recevront par exception des moteurs Saurer de 320ch. Construits par Decauville à Corbeil, leurs essais en ligne se sont montrés très fructueux. Les premiers appareils sont livrés en 1951 aux centres de Limoges, Lyon-Vaise et Mar- seille-Saint-Charles. Rapidement les régions Sud-Est et Méditerranée les engagent sur des courses express de Lyon vers Besançon, Genève, Annecy, Langeac, Nîmes Le Teil, de Marseille sur Briançon et le Languedoc jusqu’à Cerbère. Début juillet1954 où 53 engins ont déjà été réceptionnés, un accident très meurtrier touche le X 2449 de Vaise tout neuf lors d’un nez à nez à Châteaubourg (Ardèche) sur la ligne de la rive droite du Rhône; il ne pourra être réparé. Les mois suivants les livraisons intéressent les régions Est et Ouest avec affectations notamment aux centres de Stras- bourg et Caen, pour courses en Alsace et Normandie. Dès 1955, ils prennent en compte le nouveau Cévenol» et des remplacements d’express sur Clermont - Nîmes. À la sortie du dernier exemplaire début 1956, les 78 appareils figurent à Strasbourg, Caen, Montluçon, Limoges, Grenoble, Lyon- Vaise et Marseille Saint-Charles. À l’été un engin U 600 rafle la longue et difficile tournée estivale TL/LT Toulouse - Lyon Rodez, Mende, Le Puy, Saint-Étienne. L’intrusion des X 2800, série qui va devenir le must de la catégorie Unifiée à partir de 1957 entraîne une requalifica- tion des activités des X 2400 avec repositionnement des effectifs de Limoges provisoirement à Toulouse, puis Mont- luçon et apparition dans les centres Est de Châlons, Nancy et Ouest de Rouen-Orléans, Nantes et Rennes. La série assure alors des tournées express de Reims à Dijon, Nancy à Belfort, Rouen à Tours, Tours à Nantes, Paris à Dieppe Gisors. Peu à peu dépossédés des courses express par les U825, les U 600 diversifient leur service avec intensifica- tion des prestations sur l’Ouest et une percée sur la région Nord en 1962 dont le centre d’Amiens reçoit des appareils de Lyon-Vaise. En Picardie ils assurent notamment des tour- nées Paris - Beauvais - LeTréport. La ventilation de la série est alors éparpillée comme suit: • Strasbourg (11), 2406, 2416, 2420, 2422, 2426, 2442, 2443, 2446-2448, 2471; • Nancy (neuf), 2470, 2472-2479; • Amiens (neuf), 2404, 2405, 2410, 2414, 2417, 2425, 2429, 2436, 2459; • Caen (10), 2401, 2402, 2408, 2409, 2434, 2437, 2439, 2460, 2463, 2469; • Nantes (sept), 2433, 2435, 2438, 2440, 2445, 2457, 2467; • Rennes (sept), 2403, 2407, 2412, 2441, 2461, 2464, 2466; • Montluçon (14), 2411, 2413, 2415, 2418, 2419, 2421, 2423, 2424, 2430, 2432, 2458, 2462, 2465, 2468; • Lyon-Vaise (trois) 2427, 2428, 2444; • Marseille-Blancarde (huit), 2431, 2450-2456. La livraison des EAD X 4300 et 4500 aura également des répercussions notables sur le positionnement des X 2400 qui n’assurent désormais plus que des courses omnibus, avec notamment regroupement des unités de: • Rouen-Orléans sur Sotteville en 1967; • Strasbourg et Nancy sur Metz, de Longueau sur Nîmes en 1968 pour une courte période; • de Nantes sur Rennes et Montluçon sur Limoges en 1970 après une longue éclipse. Entre-temps 47 appareils jugés en bon état général subis- sent une GRG avec révision lourde des organes vitaux de traction, roulement, freinage et pavillon peint en rouge, RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2014 72 Les autorails L’IRRÉSISTIBLE ASCENSION DES AUTORAILS UNIFIÉS X 2479 à Étival-Claire- fontaine sur la ligne Colmar - Nancy le 20juillet 1958 (O. Perrelle/Photorail). Les U 600: l’atout de la puissance RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2014 Les autorails L’IRRÉSISTIBLE ASCENSION DES AUTORAILS UNIFIÉS Ci-dessus: L’X 2403 en gare de Monestier-de-Clermont, après avoir assuré le train spécial 22068 en provenance de Briançon (29 juin 2008; A. Grouillet). Ci-contre: L’autorail X 2425 appartenant au Chemin de fer du haut Forez assure un voyage spécial près de Craponne-sur-Arzon, en Haute-Loire (avril 2007 ; P. Julien). Page de droite de haut en bas: Le 2403 au côté du Picasso X4039 sous la rotonde préservée de Montluçon lors de la manifestation annuelle Festirail le 20 juin 2009 (S.Lucas). Clin d’œil au disque rouge de Nuisement-sur-Coole pour l’X 2403 du Chemin de fer de la haute Auvergne en provenance de Vatry, un des rares trains de voyageurs à emprunter la L 26 de nos jours (11 novembre 2011; T. Roux). NOVEMBRE 2014 RAIL PASSION HORS-SÉRIE Cette catégorie d’autorails particulière diverge quelque peu des précédentes, car elle a été conçue sous forme d’élé- ment à deux caisses: motrice-remorque. Pour la SNCF elle s’imposait impérativement pour assurer le renouvellement de la flotte hétéroclite des autorails anciens à commencer par les Bugatti à essence, De Dietrich et Renault ABV(1), utilisés sur des relations rapides radiales et transversales à moyenne distance. Il était effectivement nécessaire d’offrir à une clientèle aisée, notamment d’hommes d’affaires, un matériel plus moderne et plus confortable à l’heure où la concurrence automobile commençait à sévir. La SNCF nour- rissait également le souhait d’étendre leurs prestations à d’autres relations où la traction vapeur s’avérait très oné- reuse. La Société nationale a été autorisée par décision ministé- rielle du 4septembre 1950 à acquérir de nouvelles rames à propulsion diesel. Elles se sont déclinées en trois versions successives: RGP 2 bimoteur, RGP 1 monomoteur et RGP TEE monomoteur. Trois critères principaux ont été définis lors des études par la Division des Études de Traction à Moteurs Thermiques: • la faculté de disposer d’une centaine de places conforta- bles de 1 et 2 classe, réparties dans les deux caisses, avec possibilité d’un service de repas; • des performances en service courant de 120km/h au minimum en palier et une aptitude à gravir à bonne allure les rampes des axes montagneux du Massif Central et des Alpes; • l’élimination des sujétions liées aux rebroussements dans les gares terminus ou intermédiaires. La petite révolution des RGP 2 À défaut de pouvoir disposer à l’époque de moteurs plus puissants, le choix s’est porté vu l’urgence, pour la pre- mière commande de 20 éléments notifiée le 20septembre 1950, sur l’emploi de deux moteurs Renault 517 de 300ch, modèle équipant les U 600. Les motrices X 2701- 2720 de 26,63m avaient un faux air de ressemblance avec ces derniers, mais étaient montées sur des bogies avec un empattement ramené à 2,50m, boîtes d’essieux intérieures, roues à emmanchement conique, ressorts en hélices combinés à des amortisseurs garantissant un rou- lement très doux. Le freinage, avec frein à air JMR auto- matique, modérable au serrage et desserrage accordait une grande précision et un arrêt d’urgence à 120km/h en 650 à 700m. Divers raffinements inconnus jusqu’alors ont été appli- qués pour améliorer l’habitabilité des motrices avec: RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2014 76 Deux RGP 1 encadrent une RGP 2 à Metz- Sablon en mai 1955 (F. Fénino/Photorail - © SNCF). Les RGP: trois versions pour des unifiés haut de gamme NOVEMBRE 2014 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 79 RGP 1 Paris-Lyon - Clermont-Ferrand à Brunoy le 7 juillet 1967 (G. Chambard/ Photorail). OCÉAN ATLANTIQUE MER MÉDITERRANÉE MANCHE OCÉAN ATLANTIQUE MER MÉDITERRANÉE MANCHE Morcenx Arcachon Toulon Avignon Valence Veynes Grenoble Provence Le Teil Cerbère La Roche-s/Yon St-Nazaire Le Croisic Vannes Surdon Dreux Évreux Creil Boulogne-sur-Mer Hazebrouck Kaiserslautern Troyes Vittel Merrey Gérard. Sarrebruck Sarrebourg Toul Bar-le- sur-le-Main Tergnier Dunkerque Le Havre Trouville Vierzon Moret Laroche- Lure Vesoul Tulle Guéret LYON Turin Vallorbe Mouchard LYON- VAISE NOISY- BATIGNOLLES- RGP TEE de 1956 à 1969 (assimilées RGP 1 ordinaires au-delà) LIGNES RÉGULIÈREMENT PARCOURUES PAR LES RGP 2, RGP 1 ET RGP TEE Infographie Rail Passion NOVEMBRE 2014 RAIL PASSION HORS-SÉRIE En haut : À Lyon-Perrache, côtoyant le «Mistral», une RGP 1 en livrée TEE avec le rapide «Mont-Cenis» pour Milan le 29 septembre 1956 (Borgé/Photorail). À gauche: RGP dans la rampe des Sauvages au milieu des genêts, omnibus Lyon - Roanne le 31 mai 1991 (Ph. Abadie). À droite: La RGP 1 de Quercyrail au pied du village de Tour-de-Faure, entre Cahors et Cajarc en mai 2000 (P. Gourgues). En bas: élévation d’une RGP TEE. Dessin S. Lucas X 2700 modernisés assurant un train Riom - Lugarde sur le viaduc Barajol le 17 août 2011 (P.-L. Espinasse). RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2014 90 aptes à 160 et utilisés sur l’étoile de Lyon s’est occupée de leur remplacement par des engins capables de circuler au moins à 140km/h. Pour lui permettre d’attendre jusqu’à la sortie d’usine des futurs automoteurs X 72500 dont la ges- tation était en cours et s’éternisait, elle s’orienta vers le type X 2800 dont la motorisation permettait une telle élé- vation de la vitesse. Moyennant divers aménagements réalisés sur 1993 et 1994 par les ateliers de Nevers et Bordeaux, 14 appareils (2802, 2806, 2816, 2819, 2823, 2827, 2853, 2863, 2869, 2878, 2879, 2900, 2910, 2914) ont été rendus aptes à cette vitesse et concentrés sur Lyon-Vaise. Au cours d’essais sur la ligne du Bourbonnais, le 2823 a atteint sans encombres 156km/h dans de bonnes conditions de stabilité. Ils sont enrôlés ensuite dans un roulement spécial couvrant les liai- sons Lyon - Clermont Vichy, Lyon - Nevers par Paray-le- Monial et Nevers - Dijon. Suite à l’amortissement en 1992 de l’X 2841 gravement endommagé lors d’un choc à un passage à niveau à Roca- madour, les 117 autres engins qui tournent encore sur une moyenne mensuelle de 9000km, très en dessous de celles enregistrées lors de leurs premières années, sont alors répartis entre Limoges, Toulouse et Lyon-Vaise à raison de 45, 14 et 58 unités. Si les grandes opérations d’entretien (RG) ont été arrêtées en 1995, il a été nécessaire pour attendre la livraison des X 72500 de procéder les années suivantes à des prolongements de parcours de 460000km avec une tolérance de 15%. À l’issue desquels la radiation a concerné 13 engins en 1998, 23 en 1999 et sept en 2000. Les autorails L’IRRÉSISTIBLE ASCENSION DES AUTORAILS UNIFIÉS Le Lioran en août 1991, un X 2800 avec un train spécial 141 R 420 (J. Quatorze). L’X 2856 de l’Agrivap vu entre La Chaise- Dieu et Saint-Alyre, en août 2008 (M. Carnus-Gourgues). NOVEMBRE 2014 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 91 L’annulation de la dotation toulousaine effective à l’été 1999 s’est traduite par le report de ses pensionnaires à Limoges. Au début de l’exercice 2001 où a été appliquée une régio- nalisation du parc, les 2800 encore au nombre de 73 figu- raient à l’inventaire de: • Limoges pour 40 dont 15 Limousin, 11 Auvergne, huit Aquitaine et six Midi-Pyrénées; • Lyon-Vaise pour 33 dont 13 Rhône-Alpes, 10 Auvergne, un Limousin, un Bourgogne et huit Franche-Comté. Devant le comportement calamiteux des 72500 et les débuts difficiles des X 73500, force est de détendre le plan d’amortissement des U 825 avec de nouveaux prolonge- ments de parcours. Vaillamment, les engins font toujours entendre la mélodie caractéristique et fougueuse de leur moteur MGO dans les gorges de la Cère et de l’Allagnon, ainsi que dans la boucle de Morez. Fin 2004, Dijon devient propriétaire de cinq engins pour service en Franche-Comté. Mais tout a une fin et en 2005 lorsque débutent les livrai- sons des nouveaux AGC X 76500 et B 81500, la série est tombée à 43 exemplaires. À l’automne 2006, les 38 resca- pés sont partagés entre Limoges, Lyon-Vaise et Dijon avec chacun 14, 19 et cinq voitures. Dès lors la série joue les bouche-trous au gré des livraisons de matériel neuf. Dédai- En haut: Le 13 juin 2004, les X 2816 et X2877 sur un TER près d’Oyonnax (L. Mollard). En vignette, moteur diesel, fourgon et cabine de conduite de l’X 2816 le 30 juillet 2006 (photos A. Braida). Impressionné par les voitures «Vistadôme» du réseau américain Burlington, le directeur du Matériel et Traction lança l’idée innovante de disposer en France d’un autorail panoramique destiné à la desserte des régions touristiques. Pour cela, sa puissance devait lui permettre de gravir des déclivités importantes et de pouvoir tracter jusqu’à trois remorques en palier. L’architecture d’un tel engin prévoyait une caisse longue de 27,77m avec aux deux extrémités des salles de 2 de chacune 22 places et un petit local conduite et au centre deux niveaux: • l’un inférieur pour le compartiment moteur hébergeant un SACM 12 V 175 SH à transmission électrique développant 800ch et son appareillage et un local bagages; • l’autre supérieur formant un dôme largement vitré amé- nagé avec 44 fauteuils de première classe, permettant une vue panoramique étendue. Pour rester dans la limite d’une masse élevée de 55t à vide en ordre de marche, il a été largement fait appel aux matières plastiques. Monté sur des bogies dérivés des RGP, son autonomie était de 1200km. Apte à 130km/h, sa vitesse en service a toutefois été limitée à 120 compte tenu des remorques unifiées qui lui étaient attelées. La silhouette de ces engins rehaussée par une décoration du styliste Paul Arzens était très réussie. Ils furent commandés en 10 exemplaires, X 4201-4210, le 2juillet 1956 aux usines Renault de Choisy-le-Roi. Le pre- mier exemplaire a été présenté officiellement à la presse le 13février 1959 sur le trajet Paris-Lyon - Corbeil - Melun, alors que les commandes de X 2800 et 3800 continuaient de sortir des chaînes. Unique représentant du genre à circu- ler en Europe, il a suscité un grand élan de curiosité et d’in- RAIL PASSION HORS-SÉRIE NOVEMBRE 2014 94 Les autorails L’IRRÉSISTIBLE ASCENSION DES AUTORAILS UNIFIÉS En haut : L’X 4206 à Bandol (Marseille - Nice) en 1959 O. Perrelle/Photorail). En vignette: À bord de l’X 4200 Culoz - Aix le 15 juillet 1962 (M. Lavertu). Les Panoramiques: la carrière abrégée d’une série de prestige NOVEMBRE 2014 RAIL PASSION HORS-SÉRIE 95 térêt. Après des courses techniques entre Paris-Saint-Lazare et Mantes par les groupes V et VI, le X 4201 se prêta à une vague de démonstrations exceptionnelles d’avril à juin le conduisant: • de Marseille à Nice; • de Marseille à Nîmes et La Bastide Saint-Laurent, où avec trois remorques il monta les rampes de 8‰ à 90km/h, avec deux remorques à 102km/h, celles de 25‰ à 50km/h avec deux remorques; • sur la transversale Lyon - Bordeaux avec figuration à la foire de Bordeaux. Affectés au centre autorails de Marseille Saint-Charles dès le 2mai, les neuf autres étaient mis en service jusqu’en décembre. Au service d’été les engins ont été enrôlés en roulement couvrant le TA ML/LM (Cévenol) en jumelage avec un X 2800 sur la dure tournée Marseille - Nîmes - Clermont-Ferrand - Le Mont-Dore où ils ont dû affronter les rampes de 35mm/m, ainsi que sur le TA VL/LV Vichy - Nîmes - Marseille. La clientèle put à son gré admirer tour à tour les rives de l’étang de Berre, dans l’escalade cévenole les teintes changeantes des genêts, bruyères et châtaigneraies lozériennes, le cours de l’Allier supérieur cascadant dans des gorges étroites, puis côtoyer de près la région volcanique des puys. Ils ont été égale- ment engagés sur le TA touristique 704/703 Genève - Digne par Chambéry, Grenoble et la ligne des Alpes, dont les voyageurs se sont délectés du parcours longeant le paisible lac du Bourget et l’ascension au col de la Croix- Haute, réservant le grandiose panorama du Trièves sur la masse élancée du mont Aiguille et le massif enneigé de l’Oisans. Pour le service d’hiver, leur programme s’étoffa sérieuse- ment avec prise des TA express 157/154 Marseille - Nice le long des rivages varois, de l’Estérel et de la Côte d’Azur, sui- vis d’omnibus Nice - Menton, une tournée Marseille - Cer- bère sur la transversale languedocienne avec vision sur les étangs littoraux et la côte Vermeille et un demi-tour omni- bus Marseille - Toulon. De plus la série va s’emparer de l’aller-retour express 122/121 Marseille - Lyon en rempla- cement d’une rame tractée par mesure d’économie et de tournées Marseille - Briançon en remplacement de X 2400 ou 2800. Là encore les voyageurs pourront apprécier les sommets enneigés des Hautes-Alpes et la vaste étendue lacustre de Serre-Ponçon. Dessin S. Lucas De haut en bas: Élévation d’un X 4200 Panoramique. L’X 4207 au train 8285 Bessèges - Alès à Saint-Julien- les-Fumades le 29 mai 1981 (M. Carémantrant). Le « Cévenol » arrive à Nîmes en août 1963 (Breton/Photorail). La boutique de Commandez en ligne sur www.boutiquedelaviedurail.com Les premiers diesels de forte puissance A1A-A1A 68000/500 BB 69000 et CC 70000 G. POURAGEAUX, B. COLLARDEY & J.-G. AMPEAU En vente par correspondance à: La Vie du Rail BP 30657 - 59061 ROUBAIX CEDEX 1 Lors de votre commande rappelez la référence 110 308 49 + 7 de frais de port Caractéristiques techniques : Format : 240 mm x 320 mm 160 pages. Parution pour Rail Expo. En 1958, alors que le programme d’électrification des lignes à forte densité de trafic touche à sa fin, la SNCF aborde la modernisation du réseau pour lequel la traction diesel doit remplacer la traction vapeur. L’électrification est alors perçue comme réservée aux lignes à très forts trafics. Cet ouvrage retrace la carrière des premiers diesels de puissance de la SNCF, parmi lesquels le lecteur pourra retrouver les A1A-A1A 68000/500, qui connurent des débuts difficiles. Pourtant, ces locomotives diesels, malgré leurs insuffisances resteront celles qui ont ouvert la voie à la modernisation des radiales non électrifiées au départ de Paris. Les trois auteurs de cet ouvrage offrent, à travers cette série sans ascendance ni descendance, la valeur testimoniale d’une époque où la traction diesel se cherchait encore. 49  À PARAÎTRE
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