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La Vie du Rail hebdo n°3466

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3466 � 7 mai 2014 � HEBDOMADAIRE � FRANCE 2,50 � BELGIQUE 2,85 � SUISSE 4,80 FS � L’affaire Alstom www.laviedurail.com La Vie du Rail - 7 mai 2014 À la une... En couverture Un TGV Euroduplex et un ICE 3. � Projecteur Industrie. Va-t-on marier l’ICE et le TGV? � Actualités Innovation. Les nouveaux acteurs de la recherche ferroviaire p. 10 Accessibilité. Constat d’un échec p. 16 � Exposition Photographie. De gare en gare, sur les rivages de la Grande Bleue � Les programmes télé, Culture rail � La vie des associations Événement. Plus de cent danseuses au Grand Théâtre de Calais � Santé Idées reçues sur le cholestérol � Jeux, Agenda � sommaire À SUIVRE LGV Tours - Bordeaux: premiers rails en juillet. L’installation de la voie et la pose de la caténaire sur la LGV Tours - Bordeaux va commencer en juillet, après deux ans de travaux de terrassement. Cette LGV, qui doit être mise en service en juillet2017, est réalisée dans le cadre d’un contrat de concession. Lisea, filiale de Vinci, concessionnaire de la LGV pour 50 ans, l’exploitera jusqu’en 2061. TER Hautes-Alpes. La région prévoit des sanctions. Le ton monte dans les Hautes-Alpes et la région prévoit des sanctions. Face à la recrudescence des incidents subis par les voyageurs sur les TER, Paca a voté un avenant au contrat qui la lie à la SNCF. Si cette dernière ne redresse pas la barre, la région exigera une indemnité compensatoire exceptionnelle de 1,8million d’euros et une pénalité par train supprimé qui grimpe de 7 à 18euros. Grèce. Reprise du trafic ferroviaire vers les Balkans le 10mai. Après trois ans d’interruption suite à la crise économique, les trains grecs reprendront, à partir du 10mai, les liaisons avec la Bulgarie, la Serbie et la Macédoine, a indiqué la société des chemins de fer Trainose. Le «Hellas Express» partira chaque jour de Thessalonique (nord de la Grèce) vers Sofia, Belgrade et Skopje. PLACE AUX ÉTOILES SNCF par ci, SNCF par là? C’était, disait-on, gardé comme un secret d’État. De secrétaire d’État, en fait. Véronique Hamayon va diriger le cabinet de Frédéric Cuvillier, le secrétaire d’État aux Transports. Un nom peu connu. Mais Véronique Ha- mayon était la secrétaire générale du syndicat des Transports d’Ile- de-France. Or, les rapports du Stif avec la SNCF ne sont pas tou- jours radieux. De plus, Véronique Hamayon remplace Emmanuel Kesler, qui avait la réputation d’être attentif aux positions de son ancienne maison: la SNCF. Alors que se prépare une réforme ferroviaire contestée, est-ce le signe que la SNCF n’est plus en- tendue? Pas sûr. Ségolène Royal, la ministre de tutelle de Frédéric Cuvillier, a finalement nommé à la tête de son cabinet Élisabeth Borne, une ancienne directrice de la Stratégie de la SNCF… C’est, en milliards d’euros, le chiffre d’af- faires de la SNCF au 1 trimestre, soit +1,7% par rapport au 1 trimestre 2013. STANDARD Tél.: 01 49 70 12 00 ABONNEMENT Tél.: 01 49 70 12 20 de 9h à 12h00 et de 14h00 à 17h00 du lundi au jeudi [email protected] BOUTIQUE Tél.: 01 43 87 89 37 7h30 à 20h du lundi au vendredi - 9h à 20h le samedi 13, rue d’Amsterdam - Gare Saint-Lazare - Paris VIII Photos de la couverture: © DBAG. Photo du sommaire : Patrick TOURNEBŒUF L’ANECDOTE Dangereux discours sur la sécurité ferroviaire Alors que le sénateur démocrate américain Richard Blumenthal faisait un discours sur la sécurité ferroviaire de son État du Connecticut, un train est passé à grande vitesse aux abords du quai où il se tenait devant la presse. Le convoi l’a frôlé de peu. La Vie du Rail - 7 mai 2014 � transport dans la perspective de son entrée en bourse. L’ar- gent retiré de la cession de l’énergie pourra servir en par- tie à consolider le transport. Pas sûr que cela suffise pour permettre à un groupe amputé de plus de 70% de son CA et réduit à un seul domaine de faire le poids face à des géants mondiaux. « Alstom va se sen- tir bien seul» , commente un expert. Dans le cas d’un accord avec Siemens, l’industriel allemand apporterait à Alstom une par- tie de son transport pour s’em- parer de l’énergie à moindre prix. Il s’agirait, selon les pre- mières hypothèses, de la grande vitesse et des locomo- tives. Ainsi prendrait corps le vieux thème d’un Airbus du rail qui serait constitué paral- lèlement – et un peu par rico- chet – à un Airbus de l’éner- gie, thème cher à François Hollande. Le prestige de la grande vitesse est grand, mais le marché ferroviaire le plus prometteur est celui des mé- tros ou des tramways, et les Français aimeraient que dans son offre finale, Siemens les apporte aussi au nouvel Als- tom Transport. Problème: de notoriété pu- blique, le patron d’Alstom, Pa- trick Kron, se refuse à un ac- cord avec Siemens, qui se tra- duirait, du fait de grandes re- dondances, par une forte «casse» sociale. On le dit de l’énergie. C’est vrai aussi du ferroviaire. Certes, une coopération entre ces deux constructeurs ferro- viaires a pu se révéler fruc- tueuse, comme l’a prouvé la réalisation en commun, déjà ancienne, de la locomotive diesel BB 75000 pour Fret SNCF, où les deux acteurs ont apporté le meilleur de leurs sa- voir-faire respectifs. Mais à part cet exemple, pour lequel Sie- mens a investi en France un segment, la locomotive diesel- électrique, quasi déserté par Alstom ces dernières années, les deux industriels sont lar- gement présents sur les © Alstom Transport © Samuel Dhote La plus grosse usine d’Alstom Transport, qui emploie 2700 personnes sur un site de 125ha, est implantée à Salzgitter en Allemagne. Arnaud Montebourg, actuel ministre de l’Économie, en janvier2013 à Valenciennes lors de la première réunion du Comité stratégique de la filière ferroviaire. � La Vie du Rail - 7 mai 2014 mêmes marchés, tant géogra- phiquement que technique- ment. En effet, et on l’oublie en France, c’est en Allemagne, à Salzgitter, que se situe la plus grande usine Alstom Trans- port, dans le nord du pays, en Basse-Saxe, où le constructeur allemand LHB s’était installé après-guerre. Cette usine pro- duit essentiellement des auto- rails et automotrices Coradia pour le vaste marché des trains régionaux allemands ou d’au- tres pays aux normes conti- nentales, ainsi que pour la Suède (automotrices Coradia Nordic pour les trains de ban- lieue et régionaux aux normes nordiques). Sur le marché des trains régionaux allemands et européens en général, les of- fres d’Alstom (Coradia pro- duits à Salzgitter et Reichshof- PROJECTEUR Alstom. Dix ans de répit Sauvé un temps, avec la permission temporaire de Bruxelles, par une participation de l’État mise en œuvre par le ministre de l’Économie et des Finances Sarkozy en 2004, Alstom est resté fragile. Le champion historique de la grande vitesse ferroviaire, dont Bouygues est ensuite devenu actionnaire majoritaire à 29,4%, réalise dix ans après – un mariage raté avec Areva et une crise financière plus tard –, plus d’un quart de son CA de 20,3milliards d’euros dans le transport. Mais tout le reste dans la production et le transport d’électricité thermique, nucléaire (un secteur sensible) et renouvelable. Des do- maines à divers titres en difficulté. Alstom presque centenaire n’en est pas moins n°1 mondial de l’hydraulique et 3 transporteur mon- dial d’électricité. Il est à la pointe de la gestion et du contrôle numérique de l’énergie. Le groupe dirigé par Patrick Kron qui, en 2004, employait 105000 personnes dans le monde avait taillé dans le vif de ses effectifs tombés à 60000. Puis recommence à embaucher en 2010 en se lan- çant dans l’éolienne offshore et en rapatriant le transport d’électricité qu’il avait dû céder à Areva. À la barbe de… General Electric. Pour lutter contre la récession et résister à la concur- rence de son éternel rival Siemens – qui voilà dix ans avait tenté de l’acheter –, Patrick Kron se résout à couper le groupe en quatre (centrales, réseaux électriques, énergies renouvelables et ferroviaire). Il emploie aujourd’hui 18000 sala- riés en France et avait déjà annoncé l’an dernier 1300 suppressions de postes dont 180, a-t-on appris ce mois-ci devaient toucher le siège fran- çais de sa branche transport, dont le PDG avait prévu une introduction partielle en bourse. Son seul fief historique de Belfort compte 2600 em- plois dont 600 dans le ferroviaire. Ch. B. © Alstom Transport Jusqu’à présent, l’AGV d’Alstom n’a été mis en service que par l’opérateur italien NTV. � La Vie du Rail - 7 mai 2014 à Alstom la prochaine géné- ration Eurostar. Ce succès n’est pas le seul pour Sie- mens, qui outre les nouvelles rames 407 interopérables pour la DB (très en retard) li- vre des versions locales de son Velaro en Russie, en Chine, en Espagne ou tout ré- cemment en Turquie. Le contraste entre les fortunes respectives d’Alstom et de Sie- mens se retrouve enfin dans les locomotives: alors que la Prima 2 d’Alstom n’est en ser- vice qu’au Maroc, la Vectron de Siemens, pourtant lancée plus tard, approche des 200 commandes en Europe. Et ses cousines américaines débu- tent leur carrière. L’usine Als- tom de Belfort, spécialisée dans les locomotives et les motrices de TGV, a quand même eu du travail ces der- niers temps, avec les com- mandes de locomotives chi- noises, puis kazakhes. Mais ces dernières sont pour la plupart produites sur place, en coopération avec le russe TMH. Une coopération qui est également à l’œuvre sur le marché «1520», où Siemens est également présent via joint-venture avec Sinara. Dans l’ensemble, l’accord fer- roviaire avec Siemens s’il se confirme, serait un peu para- doxal, puisqu’il consisterait à confier à Alstom la maîtrise de deux segments de marché, les locomotives et la grande vitesse, sur lesquels le groupe allemand est aujourd’hui plus florissant. General Electric, pour sa part, laisse le ferroviaire de côté. Pourtant, dit un spécialiste du secteur, un accord dans ce domaine n’aurait rien eu de « loufoque» . Car, comme dans l’énergie, les deux groupes sont fort complémentaires. Techniquement, GE est un des deux grands spécialistes nord-américains de la loco- motive diesel-électrique de grande puissance «à l’améri- caine». Un type d’engin que ne produit pas Alstom. GE a aussi commencé à se diversi- fier dans la locomotive diesel- électrique de moyenne puis- sance «à l’européenne». GE est absent de tous les autres PROJECTEUR Dominique Bussereau: « En termes d’emplois, le moins mauvais est General Electric» Ancien secrétaire d’État aux transports, grand connaisseur du ferroviaire, Dominique Busserau, dé- puté UMP, président du conseil général de Cha- rente-Maritime, est très at- tentif au sort d’Alstom et particulièrement de l’usine d’Aytré, près de La Rochelle. Il se prononce avec d’autant plus de pru- dence que la situation était très indécise au moment de notre conversation. Il voit « des avantages et des inconvénients dans les deux solutions». Il développe: «Si GE crée un grand leader en matière d’énergie, il va laisser à Alstom le pôle transport. Or Alstom voulait trouver un partenaire. Le marché national est un peu saturé. La SNCF juge qu’elle a quasiment fait le plein des TGV, les régions ont for- tement renouvelé le matériel, et, pour les trams, il va falloir at- tendre deux ou trois ans que les nouvelles équipes municipales mettent en place les projets. Certes, pour les tramways, on peut considérer que le marché chinois a de l’avenir. Mais les Chinois feront pour les tramways comme ils ont fait pour la grande vi- tesse: ils les fabriqueront eux-mêmes.» Si Siemens l’emporte? « On dit qu’ils céderont une partie de la division Transport, dont l’ICE. Mais l’ICE n’est pas aussi perfor- mant que le TGV. Le marché de la grande vitesse est plutôt sa- turé, y compris à l’export. Donc, si Siemens garde sa partie métro, l’accord ne sera pas fa- meux pour Alstom. Et les conséquences de ce rapprochement peuvent être dangereuses en termes d’emploi. Je pense qu’en termes d’emploi le moins mauvais est GE. Certes, la solution européenne est plus sympathique. Et je suis très germanophile. Mais on ne bâtit pas en quelques mois une telle solution.» © Fredskitchen Vue de l’atelier DB de Francfort-Griesheim. De gauche à droite, un ICE T (pendulaire) un ICE 3 de la série 406 et ICE 3 de la nouvelle série 407. D u 14 au 17avril s’est te- nue au Cnit la cinquième édition de la conférence bien- nale TRA (Transport Research Arena), le principal événement européen consacré à la re- cherche sur les transports de surface. Une édition organisée par l’Ifsttar, l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux, né en janvier 2011 de la fusion de l’Inrets et du LCPC (Laboratoire central des Ponts et Chaussées). Après l’édition 2012 à Athènes, c’est la deuxième fois que cette ma- nifestation très routière à l’ori- gine s’est ouverte à la multi- modalité, avec une part de plus en plus visible au rail. En effet, si la route restait do- minante à TRA 2014, avec 60% des papiers remis, le rail y était le deuxième mode avec 13%, contre 7% pour la voie d’eau et 20% pour l’intermo- dal. Le fret ferroviaire était à l’honneur dès la toute première heure de TRA, avec un exposé consacré au projet européen Marathon: un convoi de 1500m obtenu par couplage de deux trains de 750m et une liaison radio entre leurs lo- comotives respectives. Sujet d’actualité puisqu’après un pre- mier essai le 18janvier en trac- tion électrique, l’essai en trac- tion diesel venait de se � La Vie du Rail - 7 mai 2014 ACTUALITÉS Innovation. nouveaux acteurs de la recherche ferroviaire Le lancement de Shift2Rail et la conférence TRA, qui s’est tenue à Paris en avril, ont mis en évidence de nouvelles structures dédiées à la recherche en matière de transports, en particulier ferroviaires. Des structures dont les périmètres d’action évoluent et dans lesquelles les grands acteurs traditionnels, tels les industriels, la SNCF ou RFF, sont présents. Pour tous ces acteurs, un seul mot d’ordre: rendre le transport ferroviaire plus compétitif. © Patrick Laval - Photorail Les essais du convoi «Marathon» de 1500m (deux trains de 750m avec liaison radio entre leurs locos respec- tives). Grande photo : le 18 janvier, en traction électrique ; petite photo, le 12 avril, en traction diesel. © Vossloh Rail Vehicles Ouverture de TRA, le 14 avril, par le vice-président Transports d’Île-de-France, Pierre Serne, en présence d’Hélène Jacquot-Guimbal, directrice générale de l’Ifsttar. � La Vie du Rail - 7 mai 2014 ACTUALITÉS S hift2Rail est devenu le mot-clé de l’Europe ferro- viaire, ces derniers temps. Au- delà de l’intention affichée d’un transfert modal en faveur du rail, Shift2Rail ( «passer au rail» en anglais phonétique, en abrégé S2R) se définit comme une «entreprise com- mune», c’est-à-dire «un par- tenariat public-privé offrant aux acteurs du secteur ferroviaire une plateforme de collaboration qui sera le moteur de l’innovation dans les années à venir». Cette initiative technologique est do- tée de 920millions d’euros (dont 450millions pour l’Union européenne, le reste étant apporté par l’industrie) sur la période 2014-2020 dans le cadre du programme Horizon 2020. Les membres fondateurs de S2R sont l’Union européenne, les in- dustriels Alstom, Ansaldo STS, Bombardier, Siemens, Thales et Caf, ainsi que les gestion- naires d’infrastructure Trafik- verket (Suède) et Network Rail (Grande-Bretagne). À côté de ces membres fondateurs, des membres associés seront sé- lectionnés dans le cadre d’un appel ouvert à participation (ces membres associés peu- vent être des groupements ou consortiums d’entités juri- diques, établis dans un État membre ou dans un pays as- socié au programme-cadre Horizon 2020). S2R encou- rage la participation des PME et des acteurs issus de l’en- semble de la chaîne de valeur ferroviaire, ainsi que des ac- teurs extérieurs au secteur fer- roviaire traditionnel. Outre les membres cités, l’Agence ferroviaire euro- péenne (AFE) jouera auprès de l’entreprise commune un Shift2Rail. Un partenariat européen pour rendre le fer plus compétitif La réfection de la voie du tunnel sous la Manche, sans interruption du trafic, s’inscrit dans l’objectif de Shift2Rail d’améliorer la disponibilité des réseaux ferrés. © i-Trans Un partenariat public-privé offrant une pla- teforme de collaboration qui sera le mo- teur de l’innovation dans les années à venir L ’accessibilité devait devenir la priorité pour tous, éta- blissements recevant du public et réseaux de transports en commun. Force est de constater que la priorité est devenue se- condaire. Faute d’organisation correcte, de suivi national, de financements et peut-être de sanction, personne ne sera au rendez-vous de 2015 qui avait été instauré par la loi handicap du 11février 2005 (voir ci-des- sous) . Pour les réseaux de trans- ports, la deadline était le 12fé- vrier 2015. Le 26février dernier, Jean-Marc Ayrault an- nonçait qu’à l’issue des quatre mois de concertation sous l’égide de la sénatrice Claire-Lise Campion, l’auteur du rapport sur l’accessibilité remis au gou- vernement en mars 2013, de nouvelles modalités allaient être mises en place. Pierre angulaire du dispositif: les agendas d’ac- cessibilité programmée (Ad’Ap). Des documents de program- mation portant engagements sur un calendrier précis des travaux de mise en accessibilité ressemblant fu- rieusement aux schémas directeurs d’accessibilité des ser- vices de transport de la loi de 2005. L’ex-Premier ministre a également annoncé l’évolution souhaitée d’un certain nombre de normes relatives à l’accessi- bilité «pour tenir davantage compte de la qualité d’usage» Un projet de loi habilitant le gouvernement à légiférer par ordonnance pour modifier cette loi devait être présenté le 2avril en Conseil des ministres, le re- maniement l’a juste décalé au 9, l’idée étant de prendre l’or- donnance en juillet. Les Ad’Ap doivent garantir et prolonger la dynamique d’accessibilité au- delà de 2015, permettre d’ «enjamber l’échéance de janvier 2015, sans la piétiner et de poursuivre l’élan» , selon l’expression de la sénatrice Claire-Lise Campion. Ils sont à considérer comme un «dispositif d’exception» puisque l’échéance de 2015 reste d’ac- tualité. La précaution de lan- gage n’a pas empêché les asso- ciations représentatives d’y voir un énième report, voire un re- cul. «Qu’ont fait les villes pen- dant 39 ans? Car l’obligation ne date pas de 2005 mais de 1975!» , s’insurge Nicolas Mé- rille, conseiller national acces- sibilité à l’Association des para- lysés de France (APF). Sur l’échantillon de son 5 baromè- tre (voir encadré page suivante) l’association relève que des lignes sont dites accessibles alors que seul un bus sur 4, 5 ou 6 l’est effectivement et conclut que «l’objectif à atteindre s’avère très lointain» . Même son de cloche à la fédération des aveugles et handicapés visuels qui juge «inacceptable» la «ca- pitulation» du gouvernement, alors que «ce n’est pas 10 mais 40 ans que les acteurs publics et privés ont eus» . En revanche, la fédération des Associations pour adultes et jeunes handica- pés (APAJH) accepte le dispo- sitif «au vu des retards accumu- lés» . Les Ad’Ap lui apparaissent comme «la solution la plus réa- liste pour avancer de façon prag- matique, dans des délais resser- rés» Concrètement, les Ad’Ap don- � La Vie du Rail - 7 mai 2014 ACTUALITÉS Accessibilité. Constat d’un échec Le rendez-vous de l’accessibilité en 2015 n’aura pas lieu. Manque d’organisation, de suivi, de financements, de sanctions… 38% des AOT n’ont toujours pas de schéma directeur d’accessibilité alors qu’ils auraient dû être achevés début 2008. En février dernier le gouvernement annonçait des délais supplémentaires avec la mise en place d’agendas d’accessibilité programmée (Ad’Ap), perçus par certaines associations comme un réel recul. L’ordonnance de révision de la loi de 2005 doit être adoptée à l’été. Un délai de dix ans, contre les six qui avaient été initialement envisagés, était imposé pour rendre accessible «la chaîne du déplacement, qui comprend le cadre bâti, la voirie, les aménagements des espaces publics, les systèmes de transport et leur intermodalité» , selon l’article consacré aux transports dans la loi du 11février 2005. À l’époque, le délai avait été considéré comme raisonnable, le Gart rappelant ainsi qu’un délai «irréalisable aurait engendré une loi lettre morte» La loi exigeait qu’en cas d’impossibilité technique avérée, des moyens de transports adaptés aux personnes handicapées ou à mobilité réduite soient mis à disposition dans les trois ans – en 2005 seulement 67 agglomérations en proposaient un, avait calculé le Gart – et ce à un tarif équivalent aux TC. Une dérogation avait été accordée aux réseaux ferrés souterrains (par le bais d’un amendement rapidement surnommé l’amendement RATP…) ainsi qu’aux transports guidés existants, en contrepartie de l’élaboration d’un schéma directeur d’accessibilité et de l’organisation d’un service de substitution. Avec toujours le même délai: «dans les trois ans» . Déjà à l’époque, professionnels et associations craignaient un écueil: aucune articulation n’était prévue entre les schémas directeurs d’accessibilité des services de transports et les «plans de mise en accessibilité de la voirie et des aménagements des espaces publics» . Un oubli qui s’est surajouté au fait que les compétences transports et voirie n’incombent pas aux mêmes collectivités. Autant dire que l’échec constaté aujourd’hui était prévisible… C. N. Ce que disait la loi de 2005 La Vie du Rail - 7 mai 2014 � litiques. Car si, faute de consen- sus, le gouvernement n’a pas prévu de sanction pour défaut d’adoption d’un Ad’AP, n’im- porte qui pourrait attaquer sur des questions de discrimina- tion. «Si une AO qui n’a pas de SDA ne daigne pas rédiger d’Ad’AP en juillet 2015, on n’aura pas d’autre choix que l’action ju- diciaire» , explique Nicolas Mé- rille. Par ailleurs, même pour de re- lativement bons élèves comme la RATP (voir page21) , tout n’est pas parfait, loin s’en faut. Ainsi, depuis 1998, les bus achetés par la RATP sont équipés de pa- lette rétractable. À ce jour, 94% du parc en est doté, ce sera 100% dans six mois. C’est cette rampe d’accès combinée à un trottoir rehaussé à 18cm à chaque arrêt qui permet de dé- clarer une ligne accessible. «Les palettes d’accès aux bus tombent en panne très souvent. On estime à 1000 par an le nombre d’inter- ventions, contre 800 en 2013, ra- conte Patrick Toulmet. Une des principales causes: les nombreux ralentisseurs qui ne sont pas ré- glementaires et abîment le caisson qui loge la palette quand le bus franchit le dos-d’âne.» Une ma- nière de plus de rappeler à quel point la coordination entre les services voirie et transport est nécessaire. À la SNCF (voir page 20) , selon le rapport du groupe de travail présidé par Claire-Lise Cam- pion sur les Ad’Ap rendu au Premier ministre fin février, «on peut considérer que pour le ma- tériel roulant, la mise en accessi- bilité est bien lancée et dévelop- pera ses effets dans la durée, jusqu’en 2030 environ» . De plus, 424 gares relèvent du schéma directeur national d’accessibi- lité dont 256 prises en compte par les régions. Or plusieurs SDA régionaux ne prévoient pas d’aménager la totalité des gares pour des raisons princi- palement financières. D’autant que la loi de 2005 ne prévoit pas la répartition des charges (voir à cet égard l’exemple de la région Centre, ci-contre) «Si bien que, près de 9 ans après sa pro- mulgation, si des accords ont pu être trouvés dans la moitié des ré- gions, les discussions se poursui- vent pour un quart d’entre elles et sont à l’arrêt pour le dernier quart.» Alors qu’apporteront de plus les Ad’Ap? Ils sont censés mettre l’accent sur «la coordi- nation des acteurs, l’intermodalité et la qualité de service aux usa- gers» . Et cela en fixant un diag- nostic, suivi de principes struc- turants, d’un calendrier, et d’un financement. Plusieurs critères prévaudront afin d’établir les gares prioritaires et notamment la logique de ligne, le calendrier d’équipement en trains acces- sibles ou encore le nombre de voyageurs fréquentant l’arrêt. Rien d’autre que le bon sens, en somme… Dans l’urbain et l’interurbain, le rapport a dissocié matériel, in- frastructure et service. Et s’ap- puyant sur les recensements de l’UTP et de la FNTV, on estime que «60 à 90% des bus sont ac- cessibles en 2012» et 15% des autocars. Côté arrêts, il relève sobrement que «la volonté n’a pas la même prégnance dans toutes les villes de France» mentionne un coût de 15000à 50000 euros par arrêt à amé- nager. Une définition plus pré- cise des impossibilités tech- niques avérées a aussi été donnée. Pour les services régu- liers interurbains, avec 50000 points d’arrêts à aménager, le coût global serait de 600mil- lions à 1milliard, «pour un nombre de voyageurs souvent fai- ble» . Enfin, en matière de ser- vice, «62% des AOT ont établi un SDA» , couvrant «moins de 93% de la population» . L’Ad’Ap devra donc se positionner comme un complément aux SDA et «nécessitera l’identifica- tion d’un chef de file pour assurer la cohérence» . Encore quelques petites « guéguerres» en pers- pective…? Cécile NANGERONI Pour aller plus loin Rapports sur l’agenda d’accessibi- lité programmée et la réglemen- tation: www.developpement- durable.gouv.fr/Publication-des- conclusions-des.html Baromètre APF: à retrouver sur www.apf.asso.fr dans les archives de février2014 de l’Espace presse La région Ile-de-France a commencé les aménagements dès la parution de la loi: 207 gares (desservant 95% de la population) sur 385 seront ac- cessibles cette année (ici, la gare Montparnasse). © SNCF Médiathèque - CHRISTOPHE RECOURA Pour faire simple, l’APF communique sur un chiffre rond: environ 10millions de citoyens sont handicapés d’une manière ou d’une autre (handicap moteur, visuel, auditif ou mental). Mais il est difficile de s’y retrouver dans la jungle des statistiques. Selon l’enquête santé-handicap menée en 2008 par l’Insee et publiée par le ministère de la Santé, au total, neuf millions de personnes se considèrent au moins en partie handicapées, 3,5millions d'hommes et 5,5millions de femmes. Ce total englobe notamment les quelque 2,3millions de personnes âgées dépendantes. Cependant, tous ne sont pas reconnus comme tels: 2,7millions déclarent une reconnaissance officielle du handicap. Selon le rapport parlementaire sur les apports de la science et de la technologie à la compensation du handicap de Bérengère Poletti (2008), le nombre de personnes handicapées est évalué entre 3,3millions et 5millions dont 1,8million de personnes qui utilisent un fauteuil roulant à leur domicile. Si l’on ajoute les personnes à mobilité réduite (âgées, de petite taille, forte corpulence…), celles qui se déplacent momentanément avec des béquilles ou un fauteuil suite à un accident, ou encore les parents avec des poussettes, les dix millions sont probablement dépassés. C.N. Quelque dix millions de personnes en situation de handicap � La Vie du Rail - 7 mai 2014 ACTUALITÉS C omplexe question des gares! Le rapport sur l’Agenda d’accessibilité pro- grammée, remis au Premier mi- nistre en février, en dénombre 1500 dont 1075 desservies uniquement par des trains ex- press régionaux. Il évalue à 6,5milliards d’euros le mon- tant des investissements pour les rendre accessibles. Qui doit les prendre en charge? Si les bâtiments voya- geurs relèvent de la SNCF, les quais dépendent de Réseau ferré de France. Par ailleurs, il faut distinguer entre gares na- tionales chapeautées par la SNCF (celle-ci prévoit que 168 gares principales seront acces- sibles d’ici à 2016, dans le ca- dre du schéma directeur natio- nal d’accessibilité ferroviaire, selon le rapport) et gares régio- nales sous la responsabilité des conseils régionaux, autorités or- ganisatrices des transports (AOT), elles-mêmes chargées de faire un schéma directeur d’accessibilité à leur niveau. Mais seules 62% des AOT ont adopté un tel schéma, indique le rapport rédigé sous la prési- dence de la sénatrice Claire-Lise Campion. De plus, la loi n’ayant pas pré- cisé la répartition de la charge entre autorités organisatrices des transports et opérateurs, «presque 9 ans après sa promul- gation, si des accords ont pu être trouvés dans la moitié des régions, les discussions se poursuivent pour un quart d’entre elles et sont à l’arrêt pour le dernier quart» rappellent encore les auteurs du rapport. Si des régions comme celles du Centre (voir ci-dessous) disent se heurter aux limites de la loi, elles le sont aussi avant tout par leurs budgets. Gares. Une avancée à deux vitesses L a région Centre affirme qu’elle n’a pas attendu la loi pour jouer les bons élèves en matière d’accessibilité: elle a rendu accessibles tous les bâ- timents voyageurs des gares ferroviaires régionales. Dès les années 2001-2002, elle a com- mencé par déployer dans 44 gares des «afficheurs légers, conçus pour améliorer la per- ception des personnes en situa- tion de handicap (grâce à l’em- ploi de caractères lisibles pour les malvoyants, d’écrans installés à hauteur adapté et faisant défiler les informations de bas en haut avec vitesse réduite, etc.).» Puis, entre 2004 et 2011, elle a lancé d’autres réaménage- ments dans 33 gares, essen- tiellement en les faisant équi- per de portes automatiques, de chemins de guidage au sol, ou encore de bornes sonores et de guichets surbaissés. 2,34millions d’euros ont été dépensés dans ce but, 43% pris en charge par la région, 32% par la SNCF, 25% par l’État. Les efforts ont été poursuivis les années suivantes dans d’au- tres gares, par exemple dans celle d’Épernon qui a été équi- pée en 2012-2013 de deux as- censeurs, de bandes podotac- tiles, et qui a vu ses escaliers réaménagés. «Les gares nouvelles sont évi- demment toutes réalisées 100% accessibles» , rappelle la région qui a réalisé un schéma direc- teur d’accessibilité pour les gares régionales comme le de- mande la loi (la SNCF étant chargée de le faire pour les gares nationales). Le schéma de la région Centre a été adopté en 2008. Depuis cette date, tout matériel ferroviaire commandé est obligatoire- ment accessible. Mais cette politique atteint ses limites: à quoi sert d’avoir des bâtiments voyageurs accessi- bles si les quais sont trop hauts (ou trop bas) rendant impos- sible la montée à bord du train? «Nous avons rempli nos obligations. La loi n’oblige pas au financement. Nous avons tout de même voulu aller au-delà de nos responsabilités en mettant de l’ar- gent, raconte-t-on au cabinet du vice-président régional des Transports. Nous avions calculé qu’il faudrait dépenser 92mil- lions d’euros au total pour rendre les gares régionales ac- cessibles. Nous avons décidé d’en financer 30%. RFF a dit: j’ap- porte 25%. Il manque donc 40%!» D’où ce constat désabusé du conseil régional: «Une loi a été instaurée sans prévoir les moyens pour la concrétiser!» Devant cette équation insolu- ble, le service «Accès TER» (système d’aide proposé sur réservation téléphonique) de- vrait être déployé dans l’en- semble des gares et des haltes d’ici au 1 juillet 2015. Le coût est évalué à 300000euros. «C’est une aide à la mobilité. Mais cela ne correspond pas à l’esprit de la loi qui demandait l’autonomie» , résume-t-on au sein du conseil régional Cen- tre. M.-H.P. Le Centre se heurte aux limites législatives Parmi les réalisations du Centre dans les gares régionales, celle d’Éper- non a été équipée d’ascenseurs et de bandes podotactiles. La Vie du Rail - 7 mai 2014 � I l y a huit ans, la SNCF avait décidé de faire de la gare de Paris-Montparnasse un «labo- ratoire de l’accessibilité» . Les équipements destinés aux usa- gers handicapés y ont été testés par des personnes handicapées et valides ainsi que par des agents SNCF. Certaines instal- lations ont été fortement ap- préciées, comme la nouvelle écriture des panneaux d’affi- chage, avec des codes couleurs plus clairs et des caractères plus visibles. Ou encore le sys- tème de borne d’appel à l’en- trée de la gare, permettant d’être mis en contact avec un agent. Toutes les portes ont été automatisées, tandis que les bornes de vente de billets, les téléphones publics ou les toi- lettes étaient adaptés. L’originalité de la démarche consistait à prendre en compte tous les handicaps, qu’ils soient physiques, sensoriels ou men- taux. Et bien sûr à travailler sur des aménagements adaptés à chacun de ces handicaps en concertation étroite avec les as- sociations concernées. Cette gare laboratoire devait servir de référence… Mais de- puis 2012 et les travaux réali- sés à Paris-Saint-Lazare, c’est cette gare du nord-ouest pari- sien qui est devenue l’exemple à suivre. Elle est considérée par la SNCF comme étant «100% accessible sur le périmètre bâti- ment voyageurs» Parmi les nouveaux aménage- ments, des rampes hautes et basses ont été installées dans les escaliers pour les personnes de petite taille. Des balises so- nores, des bandes podotactiles de guidage contrasté et une si- gnalétique plus lisible facilitent la vie des malvoyants. Ou en- core un personnage virtuel tra- duit sur des écrans les an- nonces vocales en langue des signes. La SNCF compte déployer progressivement ces dispositifs dans les gares et veut «remettre à niveau les équipements pour permettre la circulation des UFR» (ce qu’elle nomme dans son jargon les Unités fauteuils roulants). Le travail est im- mense. Aujourd’hui, 60 gares nationales sont accessibles sur plus de 160. Il devrait y en avoir plus de 100 à la fin de l’année. En attendant, il est possible dans de nombreuses gares de bénéficier d’un service de prise en charge à la demande «Ac- cès Plus». Cet accompagne- ment gratuit par un agent, de l’entrée de la gare jusqu’à leur place dans le train, nécessite une réservation au moins 48heures à l’avance. En 2012, ce service a enregistré 300000 demandes, un chiffre en constante augmentation. Selon Didier Devens, responsable de l’Accessibilité à la SNCF, le taux de satisfaction d’Accès Plus at- teindrait près de 95%. Le rap- port de la sénatrice Campion reconnaît que cette «assistance humaine est plébiscitée» Marie-Hélène POINGT avec Alexandre NEKRASSOV SNCF: la gare Saint-Lazare pour modèle L’Ile-de-France qui a engagé des travaux dès la parution de la loi devrait achever son effort en 2014: à ce moment-là, la région aura dépensé 1,5milliard d’euros sur 143 gares qui s’ajouteront aux 64 gares franciliennes déjà accessibles. Soit 207 gares accessibles sur un total de 385, permettant de desservir 95% de la population. L’Ile-de-France achèvera son programme en 2014 C’est initialement la gare de Paris-Montparnasse qui a fait office de «laboratoire de l’accessiblité» pour la SNCF avec une prise en compte de tous les handicaps. © SNCF Médiathèque - CHRISTOPHE RECOURA «A vant d’être là, je me di- sais: “Ils ne foutent rien à la RATP!” Puis quand j’ai commencé à étudier le dossier, j’ai été stupéfait du temps et de l’argent dépensé pour améliorer l’accessibilité.» Patrick Toulmet n’a pas l’habitude de mâcher ses mots. En décembre 2012, ce conseiller régional UDI, en fauteuil roulant depuis dix ans, poussait un coup de gueule. Invité à l’inauguration de la station Front-Populaire, prolongement de la ligne 12 du métro, une station neuve donc accessible, il s’est vu dans l’impossibilité de s’y rendre, faute d’accès par ascenseur au métro Porte-de-la-Chapelle. Malin, le président Pierre Mongin décide de l’embau- cher comme «ambassadeur de l’accessibilité» à la RATP. Pas pour le museler, mais pour utiliser son expertise et no- tamment sa facilité à discuter d’égal à égal avec les associa- tions représentatives de tous les handicapés. Depuis juin 2013, Patrick Toulmet travaille ainsi en étroite relation avec Betty Chappe, la responsable de la mission accessibilité du groupe RATP. Globalement, un handicapé parisien est plutôt mieux loti qu’un provincial: même si le métro plus que centenaire a été exclu du champ de la loi han- dicap de 2005 pour cause d’impossibilité technique, il lui reste comme moyens accessi- bles: la ligne 14, (la dernière construite, ouverte en 1998), les RER A et B, toutes les lignes de bus parisiennes et les tram- ways. Ces derniers sont les plus appréciés: «les trams, c’est un bonheur pour nous: on peut aller partout sans se poser de question» , relate Patrick Toul- met. Et en 2015, la RATP ex- ploitera 100km de lignes de tram. Malgré cette relativement belle offre, un déplacement en fauteuil roulant dans la capi- tale –ne parlons même pas de la banlieue!– reste une sacrée aventure. Premier écueil: la disponibilité des ascenseurs, régulièrement défaillante, quand ce n’est pas pour cause de panne, c’est une mainte- nance programmée, mais le ré- sultat est le même. «Le Stif a mis en ligne le site info- mobi.com que nous alimen- tons en temps réel, permettant de préparer son trajet en véri- fiant que les ascenseurs fonc- tionnent», souligne Betty Chappe. En théorie, pas de mauvaise surprise donc. Mais il n’empêche qu’ « un des ensei- gnements tirés de la ligne 14 c’est qu’il faut systématiquement dou- bler les équipements» , reconnaît la responsable. Et c’est désor- mais ce que la RATP fera pour tout nouvel aménagement de station. Le handicap des ascenseurs, c’est une réalité bien montrée dans le reportage Dans la peau d’un handicapé diffusé en mars sur France 4. Deux personnes en fauteuil roulant tentent le trajet Étoile- Châtelet en RER A, ils sont contraints de faire un détour par LaDéfense, l’as- censeur pour accéder au «bon» quai à Étoile étant en panne. S’ensuivent alors des déboires avec la passerelle d’ac- cès quai-train en l’absence de l’agent habilité à l’installer, ils doivent laisser passer 3 ou 4 trains. Résultat: un trajet de plus de 45 minutes quand il prend 10 à 15 minutes à une personne valide. Un quarante- naire, chef d’entreprise lui aussi en fauteuil roulant, témoigne également de son impossibilité à utiliser les transports en com- mun pour se rendre au travail. Il décrit les nombreuses situa- tions d’ascenseur déficient obli- geant à partir dans le sens op- posé ou bien à descendre à l’arrêt précédent: «ça arrive très très souvent» , précise-t-il. Il insiste aussi sur le fait qu’ «une partie du personnel n’a pas conscience que quelqu’un en fauteuil va avoir les mêmes contraintes horaires que n’im- porte qui. Ils ont cette culture qu’un handicapé est un peu comme un retraité, par consé- quent, ça leur semble aberrant qu’il ne puisse pas attendre trois quarts d’heure là où les autres prennent le train en 5 minutes!» Pourtant, la RATP y met du sien pour faire évoluer les mentalités. Elle a notamment ACTUALITÉS � La Vie du Rail - 7 mai 2014 Même si les anciennes lignes de métro ne seront jamais accessibles, la RATP affiche tout de même une accessibilité totale sur ses lignes de bus parisiennes et sur ses tramways (qui compteront 100km de ligne en 2015). © RATP Jean François Mauboussin La RATP ratera de peu le rendez-vous de 2015 La Vie du Rail - 7 mai 2014 � concocté et diffusé un guide des bonnes pratiques à l’usage des agents, un vade-mecum complet présenté par type de handicaps avec «les bons mots», «les bons gestes» et «à éviter» . Patrick Toulmet, qui joue parfois les utilisateurs anonymes, apprécie le côté hu- main qu’il rencontre chez les machinistes. Il faut dire que la question de l’accessibilité n’est pas un dossier récent pour la RATP puisqu’elle s’en préoc- cupe depuis le début des an- nées 90… Elle a ainsi rendu totalement accessible la pre- mière ligne de bus, la 20 (Saint-Lazare- Gare-de-Lyon) en 1995. «Sur 337 lignes, le ré- seau en compte désormais 178 accessibles à 100%: 115 sur 274 en banlieue ainsi que les 63 parisiennes, poursuit Betty Chappe. C’est plus compliqué de rendre tous les arrêts accessi- bles quand plusieurs communes sont traversées.» Et ce, bien que le Stif finance 75% des travaux de voirie, car «bien souvent les directeurs des services techniques l’ignorent et pour eux, l’accessibilité, ce n’est pas un sujet!» , s’agace Patrick Toul- met. Résultat, la RATP a dû démonter des palettes rétrac- tables qui ne fonctionnaient pas depuis des années. Ces rampes d’accès équipent en ef- fet la quasi-totalité des bus et la RATP a promis de les géné- raliser en 2015. Il en va de même pour les annonces so- nores et visuelles. «Notre politique repose sur une démarche coopérative avec les as- sociations afin d’éviter les erreurs car on peut, dans un détail mal pensé, créer une difficulté non voulue. Il faut travailler en trans- parence, avec humilité et dans l’écoute» , insiste Betty Chappe. C’est ce qui a permis notam- ment d’élaborer une politique pour le réseau de métro. À l’heure actuelle, près de la moitié du parc donne des an- nonces sonores – «ça nécessite une modification importante du train» , précise-t-elle– et la RATP poursuit le développe- ment d’applications «qui par- lent à l’oreille des non-voyants parce que c’est un outil essentiel et souvent LA solution» . 50% du réseau métro a été diag- nostiqué en impossibilité tech- nique «avérée» ou «fortement pressentie» , donc l’idée d’un réseau noyau de 130 stations accessibles a dû être abandon- née. Car autant en concevant une gare on arrive toujours à trouver une possibilité, autant avec la configuration du mé- tro, soit la RATP se gêne elle- même, les quais des stations de correspondances étant trop imbriqués, soit elle gêne les voisins avec un ascenseur qui aboutirait directement dans un immeuble! Le plan comporte trois partis pris: d’abord, dans le cadre des prolongements de lignes, et plus de 17km sont prévus d’ici à 2020, on essaie de pré- voir l’accessibilité jusqu’à une station de jonction, «qu’on es- père être une porte de Paris où trouver un tram ou un bus» Ensuite, améliorer l’existant pour les autres handicapés, qui ne sont pas en fauteuil. La RATP développe ainsi les «douches sonores» sous ses panneaux d’affichage des temps d’attente, une signalé- tique surdimensionnée ou en- core des «manchons brailles» sur les rampes d’escaliers d’ac- cès aux stations… Enfin, la ré- gie travaille sur la mécanisa- tion afin de réduire la pénibilité du déplacement. Avec ses 862 escaliers méca- niques, elle possède déjà 10% du parc français, et projette d’en installer 200 de plus d’ici à 2020. Côté RER A et B, un pro- gramme de 200millions d’eu- ros a permis d’aménager 61 des 65 gares et toutes le seront en 2015… Mais pas en février, plutôt en fin d’année à l’achè- vement de la nouvelle gare multimodale de Nanterre-Uni- versité. Ce qui fait que la RATP estime être au rendez-vous de 2015. Pour Patrick Toulmet, plus on aménage, plus on de- vrait voir de handicapés dans les transports publics franci- liens. Et il rappelle que ces aménagements «rendent ser- vices à toute une catégorie de voyageurs à mobilité réduite, no- tamment les personnes âgées» Pas inutile dans une société vieillissante. Cécile NANGERONI Parmi les équipements mis en place par la RATP: les «manchons brailles» sur les rampes d’escaliers d’accès aux stations (ici sur le RERA). Des palettes mobiles sont prévues dans le RER mais en cas d’absence d’agents habilités à les installer les passagers en fauteuil doivent lais- ser passer les trains. La RATP a diffusé un guide des bonnes pratiques à l’usage des agents, présenté par type de handicaps ©RATP Gilles Aligon © RATP Bruno Marguerite La Vie du Rail - 7 mai 2014 � Ci-dessus, la gare de Nice et page 26, la gare de Nîmes. Tous les voyageurs ont un rapport trè�s fort au temps – le train n’attend pas – mais aussi à l’espace qu’ils habitent, chacun à� leur manière, avec des attentes différentes: traversées pressées et anonymes, flâneries curieuses, fiè�vres acheteuses, lectures patientes, pépies satisfaites… La gare est un lieu de vie à� part entière, et chaque gare a sa propre personnalité. Ci-contre, la gare de Perpignan. L’ambition du festival Photomed est de partager ce qui rassemble les Mé�diterranéens entre eux, de part et d’autre de la mer. © Photos Patrick Tournebœuf Retrouvez les 80 chaînes de votre programme télé Culture Rail � La Vie du Rail - 7 mai 2014 À l’Ouest, rien que du nouveau dans la gare de Regnéville-sur-Mer, dans la Manche, qui a retrouvé une nouvelle jeu- nesse en accueillant un salon de thé aty- pique (lire LVDR n° 3382) avec vue impre- nable sur la mer. Brocante, café, expo-photo, cours d’ikebana, cet art floral du Japon, concours littéraire, cartoman- cie… La très dynamique Basia Embiricos, productrice et galeriste, propose une série d’animations plus que variée. Initiation à l’ikebana , avec Miwa Ishimura. L’ikebana est une pratique d’art floral japo- nais ancestrale, mais restée très actuelle, qui vise émotion et harmonie. «Avec quelques fleurs et des tiges ou branches, on crée un dialogue interactif entre la nature et soi-même: l’art de faire vivre les fleurs.» Ré- servations et participation aux frais: 10 Le 1 juin de 14h30 à 18h30. Miwa Ishimura est également photographe. Simultanément, ses photographies seront présentées au Manoir de Saussey-Musée du Verre jusqu’au 30août. Le Vent dans les branches .Exposition de sculptures en bronze de Nisa Chevènement. Sculpteur (ou sculptrice pour les féministes), née en Égypte, Nisa Chevènement fut lau- réate entre autres du Grand Prix de la Sculp- ture et du Prix de Bronze des Artistes fran- çais. « Lors d’un séjour à Regnéville à l’automne dernier, Nisa Chevènement est tombée sous le Vue sur mer En Normandie, un vent de création souffle sur la gare de Regnéville Ci-contre: Aquarelle repré- sentant Igor Rossignol, l’un des défenseurs la gare de Regnéville-sur-Mer. Ci-dessus: La Japonaise Miwa Ishimura, experte en ikebana et photographe. Photos DR Télé-samedi 10 mai TF1 12.00 Les douze coups de midi 12.50 L’affiche du jour 13.00 Le journal 13.20 Reportages 15.15 Ghost whisperer 16.05 Ghost whisperer 17.00 Ghost whisperer 17.45 Tous ensemble 18.45 50 mn inside 19.50 Là où je t’emmènerai 19.55 Météo 20.00 Le journal 20.30 Du côté de chez vous 20.35 Loto 20.40 Météo 20.45 Nos chers voisins 20.55The voice présenté par Nikos Aliagas Nikos Aliagas, accompagné de Karine Ferri, vous donne rendez-vous pour le dernier grand show en direct ! Il ne reste désormais qu’un seul talent par coach, ils sont donc 4 à s’affronter lors de cette grande finale. 23.25The voice Retrouvez "THE VOICE, LA SUITE", pré- senté par Nikos Aliagas accompagné de Karine Ferri. France 2 12.40 Point route, Ma maison s’agrandit 12.55 Météo 13.00 Journal de 13 h 13.20 13h15, le samedi 13.55 Météo 14.05 Envoyé spécial, la suite 15.00 Grand public 15.55 Candice Renoir 16.45 Candice Renoir 17.40 Candice Renoir 18.45 Mot de passe 19.20 Mot de passe 19.50 Météo 20.00 Journal de 20 h 20.40 Mieux comprendre l’immobilier, Météo 20.45Le plus grand cabaret du monde présenté par Patrick Sébastien Patrick Sébastien et ses invités vous présentent une soirée pimentée de sessions humoristiques et de visuels spectaculaires... 23.05On n’est pas couché présenté par Laurent Ruquier. France 3 12.00 Le 12/13 12.50 30 millions d’amis 13.25 Les Grands du rire 15.00 En course sur France 3 15.25 Samedi avec vous 16.50 Un livre toujours 17.00 Les carnets de Julie 17.55 Questions pour un champion 18.30 Avenue de l’Europe 18.50 Ma maison s’agrandit 19.00 Le 19/20 20.00 Tout le sport 20.15 Zorro 20.40 En route pour l’Eurovision 21.00Le concours Eurovision de la chanson présenté par Cyril Féraud, Natasha St Pier. Une soirée commentée cette année par Natasha St-Pier et Cyril Féraud, précédée à 20h40 du documentaire En route pour l’Eurovision , portrait du trio repré- sentant la France cette année : Twin Twin et sa chanson déjan- tée Moustache , remède idéal à la sinistrose ambiante ! 0.45Appassionata Canal + 12.00 Clique (C) 12.30 La semaine Barré (C) 12.45 Le tube (C) 13.40 L’effet papillon (C) 14.20 Very bad trip 3 16.00 Intérieur sport 16.20 Rugby : Top 14 18.25 Jour de rugby 19.00 Le JT de Canal+ (C) 19.10 Salut les terriens ! (C) 20.25 Football : avant-match (C) 21.00Football : Ligue 1 Multifoot 37 journée 22.55Jour de foot présenté par Karim Bennani Cette année, Jour de foot est présenté par Karim Bennani. Chaque semaine, accompagné d’un consultant, il fait le point sur les rencontres, les résultats et les infos chaudes, tout juste après les ren- contres. 12.00 New Girl 12.40 Météo 12.45 Le 12.45 13.05 grand format 14.20 Cauchemar en cuisine 15.45 Cauchemar en cuisine, que sont-ils devenus ? 17.10 Y’a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ! 18.35 Un trésor dans votre mai- son 19.40 Météo 19.45 Le 19.45 20.05 Scènes de ménages 20.50Hawaii 5-0 Avec : Michelle Borth, Scott Caan 2 épisodes 22.30Hawaii 5-0 Avec : Michelle Borth, Scott Caan France 5 13.00 C à vous le meilleur 14.15 Requins des îles perdues du Pacifique 15.15 Sale temps pour la planète 16.15 Martin autour du monde 17.10 A la croisée des océans 18.05 Les 100 lieux qu’il faut voir 19.05 Superstructures 20.00 Entrée libre 20.35Échappées belles de Vincent Chaffard Jérôme Pitorin débute son voyage dans le Nouveau-Mexique, sur une plaine non loin du Rio Grande. 22.10Islande sauvage de Johann Sigfusson Retrouvez les 80 chaînes de votre programme télé C’ est à une promenade littéraire qu’invite ce livret intitulé Promenons-nous en Thié- rache de Léon-Paul Bouvet pour les textes et Hugues Lefebvre pour les photos. «C’est une sorte d’hommage à ceux qui ont construit ce lien très fort que représente le chemin de fer dans un pays herbager, autour des lieux qui sont aujourd’hui devenus des hauts lieux du patrimoine spirituel avec l’abbaye de Saint- Michel-en-Thiérache, ou du patrimoine in- dustriel et social avec le familistère de Guise», raconte Léon-Paul Bouvet, issu d’une fa- mille de cheminots. Son père fut basé à Chambéry, en Savoie, après avoir travaillé à la direction de Saint-Lazare, ses grands- pères étaient respectivement chef de bu- reau et chef d’équipe à Chambéry. L’itiné- raire en textes et illustrations évoque toute Il était une fois dans l’Aisne… Les belles heures de la cité cheminote de Laon Culture Rail � La Vie du Rail - 7 mai 2014 Télé-mercredi 14 mai TF1 12.00 Les douze coups de midi 12.50 L’Affiche du Jour 13.00 Le journal 13.40 Petits plats en équilibre 13.50 Météo 13.55 Joséphine, ange gardien 15.30 Nos chers voisins 17.00 4 mariages pour 1 lune de miel 18.00 Bienvenue chez nous 19.00 Money Drop 19.50 Météo 20.00 Le journal 20.30 Loto 20.35 Météo 20.40 Nos chers voisins 20.45 C’est Canteloup 20.55Grey’s anatomy de Ron Underwood Avec : Ellen Pompeo, Patrick Dempsey Bailey retarde son mariage pour opérer Adele. Meredith lui prête main-forte. Avec l’aide de Richard, elles sauvent Adele in extremis. 2 épisodes 22.30Grey’s anatomy de Rob Hardy Avec : Ellen Pompeo, Patrick Dempsey Alana, conseillère médicale, arrive à l’hôpital pour aider à réduire les coûts. France 2 12.00 Tout le monde veut prendre sa place 12.55 Météo 13.00 Journal de 13h 13.50 Météo, consomag 14.00 Toute une histoire 15.50 Comment ça va bien ! 17.05 Dans la peau d’un chef 17.55 On n’demande qu’à en rire 18.55 N’oubliez pas les paroles 19.30 N’oubliez pas les paroles 19.55 Météo 20.00 Journal de 20 h 20.40 Alcaline, l’instant, Météo 20.45Ça va passer... mais quand ? La vie de Patrick et Sophie va changer, avec des perspectives, entre autres de déménagement à la rentrée scolaire prochaine… 22.30La parenthèse inattendue présenté par Frédéric Lopez. France 3 12.00 Le 12/13 12.55 Météo à la carte 13.50 Un cas pour deux 14.55 Questions au gouvernement 16.10 Des chiffres et des lettres 16.50 Harry 17.20 Un livre un jour 17.30 Slam 18.10 Questions pour un champion 19.00 Le 19/20 20.00 Tout le sport 20.15 Plus belle la vie 20.45Des racines & des ailes Les États-Unis ont leur route 66, en France, nous avons la Nationale 7. Célébré par Charles Trenet dans les années 50, ce long ruban de bitume de près de 1000 kilomètres qui relie Paris à Menton, est bien plus qu’une simple route. C’est le symbole de la France des Trente Glorieuses. 23.50Les chansons d’abord "Les chansons d’abord" met à l’honneur la chanson française ! Canal + 12.20 La nouvelle édition (C) 12.45 La nouvelle édition, 2e partie (C) 14.00 Star Trek : into darkness 16.10 Rencontres de cinéma (C) 16.35 La cage dorée 18.00 Zapping (C) 18.10 before du grand journal (C) 18.45 Le JT de Canal+ (C) 19.00 Le grand journal (C) 19.15 Cérémonie d’ouverture (C) 19.50 Le grand journal, la suite (C) 20.25 Le petit journal (C) 20.55Gatsby le magnifique de Baz Luhrmann Avec : Leonardo DiCaprio, Carey Mulligan Printemps 1922. Apprenti écrivain, Nick Carraway quitte sa région pour s’installer à New York. Voulant sa part du rêve américain, il vit entouré d’un mys- térieux millionnaire. 23.15Hitchcock de Sacha Gervasi Avec : Anthony Hopkins, Helen Mirren. 13.05 Scènes de ménages 13.35 Le prince et moi : mariage royal 15.25 Hawthorne : infirmière en chef 16.20 Les Reines du shopping 17.25 La meilleure boulangerie de France 18.40 100% Mag 19.45 Le 19.45 20.05 Scènes de ménages 20.50Pékin express : à la découverte des mondes inconnus présenté par Stéphane Rotenberg 23.05Pékin express : le tour du monde de l’inattendu présenté par Stéphane Rotenberg. France 5 13.30 Campagne officielle pour les élections européennes 13.40 Le magazine de la santé 14.35 Allô docteurs 15.05 J’irai dormir chez les maharadjahs 15.35 Traditions et saveurs 16.30 Au pays des bonobos 17.30 C à dire ?! 17.45 C dans l’air 19.00 C à vous 20.00 C à vous la suite 20.15 Entrée libre 20.35La maison France 5 Cette semaine, "La maison France 5" propose une émission spéciale avec Thomas Hugues. 22.35C dans l’air présenté par Yves Calvi. � La Vie du Rail - 7 mai 2014 D ifficile d’imaginer vie plus im- mergée dans l’univers ferro- viaire. Jean-Paul Balensi vient de prendre sa retraite des ser- vices de la direction de Systra. Il ne quittera pourtant pas un monde qui le fascine depuis toujours. Il va partager son temps entre La Guadeloupe comme conseiller pour la construction du tramway de Pointe-à-Pitre, Pithiviers, dans le Loiret, où il est responsable exploitation du réseau à voie étroite, et Paris, où il est vice- président de l’Union des ex- ploitants de trains touristiques. De ce monde du chemin de fer, Jean-Paul Balensi a toujours ap- précié la dimension humaine autant que les aspects tech- niques. D’où l’aisance avec la- quelle il a évolué dans les mul- tiples filières où sa carrière l’a conduit. Ce goût lui est venu dès l’en- fance. Fils d’un chef de bureau de la gare de Paris-Lyon, le pe- tit Jean-Paul a eu très tôt ses entrées dans les emprises fer- roviaires, notamment en gare de Nemours où, haut comme trois pommes, il donnait vo- lontiers un coup de main pen- dant les vacances d’été. «Je m’y sentais pris au sérieux. La gare c’était un lieu vivant, avec son guichet, son service d’expédition des colis express… les cheminots retraités venaient y toucher leurs prestations sociales ou s’approvi- sionner au wagon de l’économat. C’était une collectivité dans un monde assez ouvert» . C’est là sans doute qu’est née une vo- cation que son père a soutenue en ces termes: «Si tu veux être cheminot, entre par la grande porte» Le jeune homme obéit. Il entre à l’École des Arts et Métiers. Mais, contrairement à la plu- part de ses camarades qui s’orientent vers la filière auto- mobile, il choisit l’industrie fer- roviaire. Son service militaire? Il le fait dans la coopération, au Sri-Lanka, dans le cadre de So- frerail. Mais c’est en 1983 qu’il entre réellement dans le vif du sujet, à la SNCF. Nommé attaché groupe 2 Transport à la cir- conscription-Exploitation de Toulouse-Centre, il commence à se former à une profession dont il va découvrir, sur le ter- rain, tous les rouages. À Saint- Gaudens, Montauban, il tâte des métiers d’opérateur, agent circulation, conducteur, chef de service de triage. À Blois, il est cadre transport sur un site qui compte un PRS, un bureau voyageurs et marchandises. Il y fait face à la grève de 1986. À Ivry, chef du dépôt mouve- ment, il gère 200 conducteurs Grandes Lignes «dans une am- biance extra. Aujourd’hui encore, tous les anciens de ce dépôt se re- trouvent volontiers. Cette période a été une bonne école avec une formation au management, à la technique et à la sécurité. Et j’ai pleinement apprécié ma forma- tion Arts et métiers qui m’a ap- pris à être à l’aise avec des gens de tous bords» . Chef de PC de la ligne C du RER en 1990, puis directeur de l’établisse- ment Maintenance et Traction de Paris-Saint-Lazare, il y gère la grande grève de 1995. «La période a été difficile mais nous n’avons pas eu d’occupation de locaux. J’ai mené de nombreuses discussions avec les agents. J’ai approfondi ma connaissance du monde syndical» Jean-Paul Balensi n’oublie pourtant pas que son «truc, c’est l’international» . Entré en 1996 chez Systra, il mène des missions en Afrique «un conti- nent fabuleux» , au Moyen- Orient, à Dubaï et au Caire. Après un détour par Inexia, il revient chez Systra en 2012 à la direction du Développement pour l’Afrique et l’Australie, un poste où il rencontre «des gens formidables qui connaissent bien leur métier» Et pourtant la passion de celui qui est devenu cadre supérieur se mesure à l’aune du plus mo- deste des réseaux, celui de Pithiviers à voie étroite: «cet écartement a quelque chose d’étonnant, avec ces rails posés dans les champs au contact du sol. Je ne suis pas un rural mas ça me fascine. C’est la magie du chemin de fer. Et puis, la vie as- sociative c’est formidable. Quant à l’Union des exploitants de trains touristiques, sa tâche est im- mense. On y met en commun des compétences totalement diffé- rentes, ce qui est sensationnel.» Christine CARTIER Profil. Jean-Paul Balensi, le chemin de fer dans la peau ON SE DONNE DES NOUVELLES Cette page vous est dédiée. Contactez-nous au 01 49 70 12 40. « Si tu veux être cheminot, entre par la grande porte » Jean-Paul Balensi, le jour de son départ en retraite… … et le jour de son dernier train. La Vie du Rail - 7 mai 2014  La FGRCF de Béziers L’assemblée générale de la section de Béziers-Bédarieux de la Fédération générale des retraités des chemins de fer s’est tenue le 21mars à Béziers sous la présidence de Gérard Munier, en présence de 25 participants. Le bilan d’activités montre une légère augmentation des effectifs. Le rapport financier a été approuvé. Gérard Munier succède à Jean-Jacques Poutaraud à la présidence de l’Union Sud-Est représentant sept régions et près de 200 adhérents. Jean-Jacques Poutaraud, qui va seconder Jacques Pastorello au siège de la fédération, évoqua le dysfonctionnement des facilités. Une pétition a donc été lancée sous la forme d’une carte postale envoyée aux adhérents de la fédération. Le paiement des pensions en deux fois est maintenu et le montant des plus faibles pensions de réversion augmente. La médaille d’or de la fédération a été remise à Claude Pialot. Nouveau bureau de la section: Gérard Munier, président; Renée Boury, trésorière; Nicole Munier, secrétaire et Claude Pialot, commissaire aux comptes. A. C. � Permanences les 1 ers et 3 vendredis du mois de 14h30 à 16h, Maison de la vie associative, 15, rue Général- Margueritte, 34500 Béziers. Tél.: 04 67 37 20 84. Les retraités du Cateau se retrouvent Les adhérents de la section du Cateau (Nord) de la Fédération générale des retraités des chemins de fer se sont réunis le 10avril à l’occasion de leur repas annuel à l’Hostellerie du Marché. Cette rencontre conviviale leur a permis d’échanger anecdotes et souvenirs. A.L. André CLACVEL André Lacomblez André Lefevre est décédé le 10mars à l’âge de 81 ans. En 1956, au retour du service militaire effectué au Valdahon, à Dijon, en Tunisie durant un an et en Algérie, il est entré à la SNCF au triage de Gevrey. Promu surveillant de gare en 1957 à Djon-Ville, il a pris sa retraite en 1987 avec le grade de sous-chef de bureau. Très engagé au sein de la CGT, il a assuré diverses fonctions d’élu dès 1958. Il était aussi membre de la section des cheminots retraités CGT, du Parti communiste, de la LSR, de l’Ancac (dont il est médaillé d’or). Ses obsèques civiles ont eu lieu au crématorium de Dijon. Bernard Cercley Michel Petit est décédé le 10mars à l’âge de 82 ans. À l’âge de 16 ans il apprend le métier de prothésiste dentaire, devient vendeur de produits métallurgiques pour entrer ensuite à la SNCF comme auxiliaire à Avignon en 1959. Il a fait valoir ses droits à la retraite en 1987, avec le grade de chef de bord. Que ce soit en activité ou en retraite, il a consacré son temps disponible au bénévolat, notamment pour accompagner les enfants vers les différents centres de vacances SNCF. Ses obsèques religieuses ont eu lieu en l’église de Beaumes-de-Venise. André Pauc Jules Wildemersch est décédé le 19mars à l’âge de 95 ans. Il a effectué toute sa carrière à la SNCF en gare Lille, qu’il a quittée en 1976, comme chef de centre régional de la société de contrôle et d’exploitation des transports auxiliaires. Ses obsèques religieuses auront lieu en l’église Saint-Pierre de Santes. Anna Climent est décédée le 20mars à l’âge de 71 ans. Elle a débuté en 1961 à Paris-Nord pour rejoindre le Centre informatisé de Nîmes en 1973 et celui de Montpellier en 1976. Promue chef de groupe de la division du Budget en 1982, elle a pris sa retraite au grade de cadre administratif de direction à la division du budget de Montpellier en 1994. Ses obsèques ont été célébrées à Teyran, dans la banlieue de Montpellier. André Clavel Daniel Pestre âgé de 58 ans est décédé le 28mars. Il débute aux ateliers d’Oullins- Voitures comme ouvrier en 1974. Il rejoint le dépôt de Lyon-Mouche, en 1977, où il remplit les fonctions d’aide conducteur et, en 1981, il arrive à Vénissieux pour suivre l’école de conduite des trains. Promu élève conducteur en 1982, conducteur en 1987 et conducteur de route principal en 1995, il est muté à l’unité de production de Lyon-Scaronne en 2000. Ses obsèques se sont déroulées au crématorium de Lyon Bron. Jean-Marc Mollier CARNET ILS NOUS ONT QUITTÉS La Vie du Rail adresse ses sincères condoléances aux familles et aux amis des agents disparus. Avis aux lecteurs Informez-nous de vos activités associatives (culturelles, humanitaires, sportives, touristiques, etc.) et de vos projets (expositions, concerts, spectacles, sorties…) Pour être présents à temps dans La Vie des Associations , informez-nous au plus tard 3 semaines avant la date de l’événement, en nous envoyant présentation, photos (en haute définition) ou affiches, calendrier, programme, dates d’inscription et contacts. Christine Cartier: [email protected] Anne Jeantet-Leclerc: [email protected] La Vie du Rail, 11, rue de Milan, 75009 Paris � La Vie du Rail - 7 mia 2014 Les mots fléchés de Michel Baudoin JEUX NOTE TEST ! ARGENT PARTIE MÉDOC FLEUVE D'ITALIE FRAN- PLATE- FORME POUR AVIONS LE TO P DU TOP TELLE UNE AM- DOUCE FIN DE RAZZIA MÉDOC CON- GÉDIA … DE URGEL, VILLE D ' ESPAGNE PLEINE DE MÉDOC ? DU GREC, RETIRER COMPTE SUR LIVRET DONNE UN PO T DE VIN ? DÉLAYA ROULE " # … PÉRI- N $ EST DU MÉDOC ! " # ! BOU- TEILLE # # OFFICIER DE LA COUR AI DE VOIX # " DIEU SOLAIRE ARGILE JAUNE LE DE LA NORVÈGE REFUSER À L'EXAM ! # % % ! PEINTRE ITALIEN PARTIES DE PONTS ! # QUI PEUT ÊTRE GORGÉE DE MÉDOC ! ! POISSON ROUGE ! DÉVÊTUE # ! # # ERBIUM SUD- OUEST # ! ! # ! " # LIEUX DE BOUCHONS " ! ! # % " FIT UNE SOUS- TRAC- TION BOU- TEILLE NOTE ! BOU- TEILLE TROP DE POLITESSE BOU- TEILLE DE FAÇON RENTABLE UN EN ! ! ! ! # DU VIN TIT COR DE CHASSE ! FABU- LISTE ! ! ! ! ! LA BOU- TEILLE BOU- TEILLE EX- SYSTÈME D'UNITÉS BONNE NOTE QUAND IL ES T TRIPLE % ! # Solutions du numéro précédent 417293658 589674132 236581947 842716593 195342876 673958421 758129364 321465789 964837215 758694312 621583749 934271685 485729136 319456827 267138954 876342591 192865473 543917268 123456789 HORIZONTALEMENT Ensemble du personnel diplomatique. Pas très propres. Soutient la tête quand on est couché. IV. Note. Peut qualifier un merlan. Inscrira. Etui. Le sélénium. Dif- férentes. Démonstratif. Quitte ce bas-monde. Auteur de fables. IX. Personne manquant d’énergie. X. Mettre les pouces. Article. XI. Saison. Religieuse. VERTICALEMENT Elle ne dure qu’un temps. Le mûrier et le figuier, par exemple. Conjonction. Absorbée. Tâte le terrain. Une famille romaine. Ecrivain. Humour. Bruits qui courent. Sel. Chef de tribu. Petite artère. Rendre plus gai. Loup. Existes. Soumise à une épreuve. Diabolique La Vie du Rail - 7 mai 2014 AGENDA RENDEZ-VOUS Modèles réduits à La Destrousse (Bouches-du- Rhône) L’Association des maquettistes de La Des- trousse (AMD) organise son salon le sa- medi 17 et dimanche 18 mai , dans la salle de la Pléiade, de 9h30 à 18h. Démonstra- tions de trains, bateaux, hélicoptères, vé- hicules radiocommandés, maquettes sta- tiques et bourse d’échanges. Entrée libre. Rens.: 06 22 47 28 73, 04 42 04 44 37 (jusqu’à 21h). E-mail : [email protected] Modélisme ferroviaire à Saint-Étienne L’association stéphanoise Model’Rail orga- nise pour la 3 fois une grande exposition de modélisme ferroviaire avec des réseaux de différentes échelles, des trains imagi- naires à voies étroites… Elle aura lieu les samedi 17 (de 14 à 19h) et dimanche 18mai (de 10 à 18h) à la Salle Omnisports, Plaine Achille, à Saint-Étienne. Entrée à 7 ou 10 le pass 2 jours, 1 par jour pour les -14 ans accompagnés. Rens.: 06 04 43 27 27. http://modelrailsaintetienne.blogspot.fr Bourse multicollections à Nîmes (Gard) L’Amicale des anciens et amis de la traction à vapeur de la SNCF (AAATV) organise une bourse ferroviaire et multicollections le di- manche 18 mai au Musée du chemin de fer. Rens.: 04 66 70 40 45, 04 66 36 02 51. Première rencontre du train miniature à Guérigny Le Cercle ferroviaire organise une exposi- tion le samedi 24 (de 10 à 19h) et di- manche 25 mai (de 10 à 18h). Rens.: 03 86 60 00 09. 11, rue de Milan, 75009 Paris. Tél.: 0149701200. Fax: 0148743798. https://www.europechina.net PRÉSIDENT DU CONSEIL D’ADMINISTRATION, DIRECTEUR DE LA PUBLICATION: Vincent Lalu DIRECTRICE GÉNÉRALE ADJOINTE: Delphine Chêne Assistante de la direction, Clarinda Jorge (0149701211) PRÉSIDENT D’HONNEUR: Pierre Lubek RÉDACTION 0149701239 François Dumont, directeur de la rédaction Chantal Blandin, rédactrice en chef Christine Cartier,Philippe Hérissé, rédacteurs en chef adjoints Samuel Delziani, Patrick Laval, Anne Jeantet-Leclerc, rédacteurs RÉALISATION Agathe Paumier, rédactrice en chef adjointe (édition) Marie-Laure Le Fessant, Olivier Micha, secrétaires de rédaction Sylviane Frot, service photo Yvan Daviddi, directeur artistique José Delattre, rédacteur graphiste INTERNET Pierre Lalu, community manager SERVICE TECHNIQUE (informatique et production) Robin Loison, directeur, Ali Dahmani, informatique ABONNEMENTS 0149701220 Directrice de la diffusion : Michèle Marcaillou [email protected] Assistante commerciale : Salomé Benhaïm BOUTIQUE0143878937 Directrice commerciale et marketing: Victoria Irizar 0149701248. 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Siège: 11, rue de Milan, 75440 Paris Cedex 09. La Vie du Rail décline toute responsabilité quant aux documents qui lui sont soumis, insérés ou non, ils ne sont jamais rendus. Découvrez le réseau ferré des Amis de la vapeur de l’Oise L’association AVO (Amis de la vapeur de l’Oise) est née en 2000 et son réseau, long de 910 m, a été inau- guré en 2004. Toutes les machines, vapeur, Diesel et électriques, ont été construites par des pas- sionnés. Le réseau est équipé de voies mixtes à écartement de 127 et 184mm (5 et 7 pouces 1/4), d’un dépôt avec plaque tournante et d’une voie d’évitement. Il est installé autour du premier des trois étangs du parc municipal de La Brèche à Villers-Saint-Paul (Oise). Ce parc disposant de grands espaces, il permet aux possesseurs de locomobiles, au- tomobiles, tricycles ou cycles à vapeur de circuler, et les bateaux peuvent évoluer sur le plan d’eau. Adultes et enfants sont transportés gratuitement par Les Amis de la vapeur de l’Oise. Venez partager leur passion les samedis 24 mai (de 14 à 18h), et 21 juin (de 14 à 18h) lors de la fête de la ville, les dimanches 20 juillet et 10 août (de 14 à 18h), les samedi 6 et dimanche 7 septembre (de 10 à 18h) à l’occasion de la Fête du rail et de la naviga- tion, et pour la clôture de la saison, les samedi 20 et dimanche 21 septembre (de 14 à 18h). Ces journées sont susceptibles d’être annulées pour raisons météorologiques. Renseignements : lesamisdelavapeurdeloise.fr Photos DR
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