La Boutique de la Vie du Rail

La boutique spécialisée dans le train et le voyage ferroviaire

La Vie du Rail hebdo n°3446

2,00 Toutes taxes comprises
3446 18 décembre 2013 HEBDOMADAIRE FRANCE 2,50 BELGIQUE 2,85 SUISSE 4,80 FS Histoire Vin et chemin de fer (2) Île-de-France Pass Navigo à tarif unique, retour à la réalité Toulouse-Tarbes Rail cassé accident évité www.laviedurail.com N’oubliez pas l’ouverture exceptionnelle de la Boutique de La Vie du Rail le dimanche 22décembre de 10h00 à 20h00 Gare Saint-Lazare, niveau quais, 13, rue d’Amsterdam - 75008 Paris Ouverture du lundi au vendredi de 7h30 à 20h00 le samedi de 9h00 à 20h00 Disponible, gentil, rigoureux et patient C’est avec une infinie tristesse que nous venons d’apprendre le décès de Pascal Grassart des suites d’une longue et pénible maladie. Nous avions pu apprécier au fil des années et de nos nom- breux échanges toutes les qua- lités humaines et profession- nelles qui étaient les siennes. La constance de sa disponibi- lité, sa gentillesse, sa patience, sa rigueur au travail sont au- tant de souvenirs qu’il laisse aux personnes qui l’ont croisé. Nous souhaitions au travers de ces quelques lignes lui ren- dre hommage et assurer sa famille, ses proches, ses col- lègues et amis de notre sou- tien dans cette douloureuse épreuve et de nos plus sincères condoléances. Gilbert GARREL Secrétaire général de la CGT Cheminots Grégory ROUX Secrétaire général adjoint Journaliste de métier, cheminot de cœur C’est avec grande tristesse que j’ai appris, ce matin, le décès de Pascal Grassart. Avec la dis- parition de Pascal, le rail a perdu sa plus fidèle plume. Pascal était non seulement un grand professionnel, doté d’un esprit d’analyse et de synthèse hors du commun, mais il se distinguait avant tout par son oreille attentive à tout et à tous, sans exclusion. Son sens du contact, sa bon- homie, sa sympathie naturelle manqueront beaucoup à la grande famille du rail. Pascal était un passionné du ferro- viaire et l’est resté jusqu’au bout. Un homme discret et ef- ficace, journaliste ferroviaire de métier et cheminot de cœur. J’adresse à sa famille et à ses collègues mes sincères condo- léances, à titre personnel comme au titre du syndicat FiRST. BernardAUBIN Secrétaire général FiRST Il était un des piliers de l’équipe de La Vie du Rail , un de ses rédacteurs en chef, et tenait avec rigueur et talent la chronique des rapports sociaux dans l’univers du transport. Sa disparition à 56ans laisse sa famille, ses amis et ses collègues dans un profond désarroi. C e sont d’abord ses journa- listes qui font qu’un journal est indépendant et respecté. Pascal Grassart, ré- dacteur en chef de La Vie du Rail, mort à 56 ans d’un can- cer, faisait partie de ces jour- nalistes qui construisent, jour après jour, la réputation d’un journal. Il était à la charnière de tous les conflits, à l’écoute des uns et des autres, arbitrant sans trancher, écoutant sans juger, respectable et respecté par tous durant ces 22 années passées sur le front d’une des entreprises où se construit, jour après jour, le rapport de forces entre les partenaires so- ciaux. Il était entré dans l’hebdoma- daire des cheminots le 1 avril 1991 et avait commencé par y diriger le service des cor- respondants, tâche ingrate s’il en fut, où son expérience de la presse régionale (de Manche Libre Ouest France l’avait aidé à évoluer comme un poisson dans l’eau. C’est cette facilité, cette ai- sance relationnelle qui ont permis à Pascal Grassart de devenir très rapidement un interlocuteur incontournable à la fois de la direction de la SNCF et des syndicats. Une oreille attentive et fidèle qui respectait ses sources et en- core plus ses lecteurs. « Je souhaite, me disait-il dans sa lettre de motivation, élar- gir mes horizons et faire profi- ter, si possible, La Vie du Rail de mes expériences précédentes. […] Dans cette presse spéciali- sée où les contacts, le côté hu- main, la volonté de rencontre et de découverte, en même temps que la rigueur due aux interlo- cuteurs réguliers, correspondent à mes attentes de journaliste. » Et il appliqua ce programme à la lettre, puisant dans l’expé- rience acquise dans la chro- nique agricole au mensuel Jeunes Agriculteurs et à Ouest France , l’inspiration d’une car- rière commencée à la radio au sortir de l’École supérieure de journalisme de Lille (l’une des meilleures de France.) La Vie du Rail , Pascal devint chef un peu malgré lui. (Il ar- rive toujours un moment où l’expérience et les compétences poussent ce genre d’homme en première ligne.) Mais son emploi préféré était le terrain, les contacts, les repor- tages qui sont la matière pre- mière du journalisme, le lieu de l’écoute et de la curiosité. Il avait ce talent rare qui est de toujours s’identifier à l’au- tre pour en mieux compren- dre les ressorts. Cette formi- dable empathie lui valait la confiance de ceux qui l’infor- maient. Ainsi possédait-il deux qualités qui ont parfois du mal à cohabiter dans notre métier. Il était un excellent journaliste en même temps qu’un être d’une gentillesse extrême. Deux raisons sup- plémentaires pour avoir du mal à se faire à l’idée de son absence. Vincent LALU Directeur de La Vie du Rail Un homme de terrain, de conviction et d’amitié La mort de Pascal Grassart � La Vie du Rail - 18 décembre 2013 HOMMAGE U ne promesse politique non tenue, ça ne serait pas nou- veau. Ainsi, sachant que le prochain scrutin régional est en 2015 et que le vice-prési- dent chargé des Transports en Île-de-France, Pierre Serne (EELV) venait d’affirmer que le pass Navigo au tarif unique de 65euros, ça ne sera finale- ment (toujours) pas pour 2014, notre confrère du Monde , Olivier Razemon, an- nonçait sur son blog, le 28no- vembre, que la région renon- çait au dézonage total. Mais comme il n’est pas question de perdre la face sur un sujet aussi porteur de symbole, l’élu corrigeait le tir dès le lende- main, transformant l’abandon en énième report. Bref, malgré les 400millions d’euros nécessaires au finan- cement annuel de la mesure, introuvables, malgré la hausse de 3 points de la TVA, qui plombera de 100millions d’euros le budget du Stif, et qui sert opportunément de goutte d’eau dans cette affaire, Pierre Serne veut garder son optimisme. «On ne peut pas se le permettre dans la situation ac- tuelle» , a-t-il d’abord déclaré. De toute façon, l’AO franci- lienne est coincée puisque l’harmonisation des taux de VT franciliens, mesure suppo- sée financer le dézonage, doit passer par le Parlement. Et comme on pouvait le crain- dre, elle ne sera pas votée au PLF 2014. Devant le buzz créé par cette annonce, Pierre Serne tente d’éteindre le feu via Twit- ter le 30novembre: «@De- nis_Baupin @S2RVNL @franckraleur je confirme: n’ai jamais parlé d’abandon mais de difficulté financière récurrente à faire. On lâche rien!» Il rap- pelle tout de même que le dé- zonage se fait «par morceau» puisqu’il reste valable le week- end et sera réitéré durant cinq semaines d’été, comme cette année. Son coût étant plus rai- sonnable – quelques dizaines de millions d’euros – il devrait pouvoir être absorbé par le budget. Le projet de tarif unique pour l’Île-de-France a de grandes chances de tomber dans les oubliettes. Il coûtait trop cher. 400millions par an –introuvables– étaient nécessaires pour financer la mesure. Infra. RFF doit justifier le projet Massy- Valenton L’Autorité environnementale a émis le 27novembre son avis sur le projet d’aménagement de la ligne Massy - Valenton présenté par RFF. Il s’agit de réaménager des voies sur la moitié ouest de la ligne, afin «supprimer les “conflits de circulations” entre différents trafics (TGV, RERC, fret) empruntant la même ligne, et ainsi augmenter la capacité de la ligne et réduire les retards.» L’Autorité recommande au maître d’ouvrage de mieux justifier le projet au regard des contraintes de capacité des lignes actuelles, variables selon les heures de la journée et la nature des trafics. L’articulation du projet avec l’interconnexion sud des LGV, destinée à absorber en particulier le trafic des TGV circulant sur la ligne actuelle, devra être présentée dans l’hypothèse d’un report de cette interconnexion à l’horizon 2030. Tramway. Le T7 d’utilité publique jusqu’à Juvisy Le T7 entre Villejuif et Athis-Mons vient à peine d’être inauguré que son prolongement jusqu’à Juvisy-sur-Orge a été déclaré d’utilité publique. La DUP délivrée par la préfecture de l’Essonne fait suite à l’enquête publique qui s’est déroulée du 21mai au 22juin 2013. «À l’horizon 2018, dit le Stif, le T7 Villejuif - Athis- Mons sera prolongé de 3,7km au sud. Il reliera Juvisy-sur- Orge à Athis-Mons en dix minutes. Il desservira notamment le secteur d’emplois d’Orly-Rungis, deuxième pôle d’activité d’Île- de-France. Plus globalement, il offrira de nombreuses correspondances, dont plusieurs à la gare de Juvisy, avec les lignes C et D du RER.» Son coût étant plus raisonnable, le dézonage partiel reste valable le week-end et sera réitéré durant cinq semaines l’été Tarification. Pass Navigo à tarif unique, retour à la réalité � La Vie du Rail - 18 décembre 2013 ACTUALITÉS Sept ans après la mise en service de sa première ligne de tram- way, l’agglomération valenciennoise devait inaugurer le 13décem- bre sa ligne 2. Quinze kilomètres entre Valenciennes et Vieux-Condé (21 stations) relient désormais sept communes. Particularité de la ligne, qui a coûté 124,5millions d’euros: l’exploitation en voie unique bidirectionnelle, une première en France sur une telle dis- tance grâce à des zones d’évitement réparties en stations et sur le parcours. Les fréquences prévues sont de 10 minutes. On y attend 16000 voyageurs par jour. Plus de 60000 habitants de l’agglomération seront connectés au tramway une fois la mise en service commercial effective, a priori fin février 2014. Valenciennes inaugure sa deuxième ligne de tramway © ALSTOM Transport / TOMA - C.SASSO Le conseil régional du Nord-Pas-de-Calais souhaite construire une nouvelle liaison de TER rapide en 21 minutes contre 30 minutes aujourd’hui au mieux, entre Lille et Hénin-Beaumont à l’horizon 2025. Les élus ont décidé de présenter cette liaison devant la Com- mission du débat public, permettant, si elle accepte de s’en saisir, d’obtenir l’aide financière de l’État. Le Grand Lille, c’est son nom, se composerait d’un tronçon central à construire, entre Lille-Flandres, où serait creusée une gare souterraine, et la friche de Saint-Henriette à Hénin-Beaumont. Il desservirait Lesquin et quatre gares à créer: Stade-Pierre-Mauroy, Seclin, Carvin et Sainte-Henriette. Dans un second temps, cette portion pourrait être prolongée après Lille- Flandres vers Armentières d’un côté et Roubaix-Tourcoing- Courtrai de l’autre. Et après Hénin-Beaumont vers Lens et vers Douai et Arras. Ce projet est estimé au total à 1,25milliard d’euros (960millions pour Lille - Hénin-Beaumont seulement), infrastructure et matériel compris. Nord-Pas-de-Calais. La région veut une liaison rapide Lille - Hénin-Beaumont pour 2025 OFFRES D’EMPLOI Trois réunions sur douze doivent se tenir dans le territoire de Plaine Commune, dans le cadre de la concertation renforcée en cours, qui a commencé le 18novembre et s’achève le 18décembre. Organisée par la SGP, elle a pour garant Henri Watissée. Plaine Commune est largement concernée par cette concertation, qui porte à la fois sur le tronçon Mairie- de-Saint-Ouen - Pleyel de la ligne 14 et sur le tronçon commun aux lignes 16 et 17, de Pleyel au Bourget. La ligne 14 doit aller «en 2017 à Mairie de Saint-Ouen, puis en 2023 à Pleyel. Les lignes 16/17 arriveront elles aussi en 2023 à Pleyel et la ligne 15 rejoindra en 2025 ce pôle majeur», rappelle Plaine Commune dans un communiqué. De plus, «grâce à l’engagement des élus de Plaine Commune, l’État et la région ont décidé de placer le prolonge- ment du tramway T8 vers le sud jusqu’à la station Rosa-Parks, à Pa- ris, dans le Nouveau Grand Paris, garantissant ainsi son financement. La mise en service du T8 prolongé est annoncée pour 2022.» Plaine Commune souhaite que la ligne 14 desserve Pleyel dès 2023, sans interruption du chantier. En effet, l’État et la région évoquent «la possi- bilité que le tunnelier creuse pour ouvrir les stations Clichy-Saint- Ouen et Mairie-de-Saint-Ouen, puis s’arrête à quelques centaines de mètres de la future station Pleyel.» La communauté d’agglomération souhaite que ce tunnel soit réalisé «en une seule fois jusqu’à la grande gare de Pleyel» . Enfin, «Plaine Commune sera attentive à ce que les délais annoncés pour le prolongement de la ligne 14 ne soient pas allongés à mesure que les décisions de prolonger la ligne au sud seraient prises.» Le prolongement de la ligne 14 au nord a pour enjeu premier la désaturation de la ligne 13 qui «aujourd’hui offre de mau- vaises conditions de transports aux habitants de notre territoire». La Vie du Rail - 18 décembre 2013 Île-de-France. Plaine Commune attend la ligne 14 de pied ferme La Vie du Rail - 18 décembre 2013 � DIALOGUE B ien lu l’article indulgent de La Vie du Rail sur la restauration ferroviaire, il donnerait envie. Mais si Madame Dalibard, la directrice de SNCF Voyages, communique sur les prix d’ap- pel à bord des TGV, il y a des réalités qui donnent moins envie. Un récent lundi sur le TGV 8383 Paris - La Rochelle, je vais prendre une bière à la voiture- bar. Surprise: 3,90euros. Quinze jours plus tôt, dans le même train au même endroit, la même bière: 3,10euros. Je demande au serveur la rai- son d’une telle augmentation (25,8% quand même). «Chan- gement d’entreprise de restauration» , me répond-il. Je fais remarquer que je ne trouve pas que ce soit une raison. S’ensuivent des remarques moitié condescendantes, moitié dédaigneuses. D’où il ressort en substance si je ne suis pas content ce n’est pas son pro- blème et que si je n’ai pas les moyens je n’ai qu’à me passer de venir au bar. Je crois qu’à l’avenir je vais sui- vre son conseil et j’embarquerai avec une bière (toujours la même) achetée (en pack, ndlr) au supermarché du coin 0,79euro. Pierre Mauduit Par e-mail Nouvelle restauration TGV. La bien chère gorgée de bière D e retour d’un voyage d’agré- ment avec mon épouse, je vou- drais faire part de quelques constatations désagréables. Nous avons pris le train Intercités (n°1418 IC) le 30novembre dernier, en 1 classe, de Marti- gny à Genève (arrivée à 10h57). Un train d’une propreté «suisse». Au cours du trajet, nous avons eu droit à deux contrôles des billets. À Genève, nous avons pris le TER Rhône-Alpes n°96562 en classe pour Lyon (départ 11h29). Un TER sale à l’extérieur mais aussi à l’intérieur avec des têtières que nous avons dû relever avec répugnance avant de nous installer. Une 1 classe bondée avec des voyageurs qui n’avaient rien à faire en première. Et bien entendu, il n’y a eu au- cun contrôle des billets durant le trajet jusqu’à Lyon. Arrivés à Lyon, nous avons pris le TGV (n° 9833 à 14h02) pour Perpignan. Toujours en 1 classe. Et, là encore, nous n’avons vu aucun contrôleur durant le trajet jusqu’à destination. Nous avons remarqué qu’après l’arrêt de Montpellier, des voyageurs de seconde classe s’étaient installés en première. Je me demande où sont passés les contrôleurs de la SNCF et, comment on peut présenter des trains dans un tel état en gare de Genève. Jacques FORT (par E-mail) À nous de vous faire préférer la première classe Pour la rubrique courrier des lecteurs adressez vos courriers à: Chantal Blandin, La Vie du Rail - 11, rue de Milan 75009 Paris ou envoyez un E-mail à: chantal.blandin@ laviedurail.com © SNCF/François OBJOIS Les prix d’appel de la nouvelle offre sont assortis d’augmentations sur d’autres produits. ans un article paru le 20novembre dernier (n°3442) consacré, page17, au renouvel- lement en cours de la voie ferrée entre Nantes et Angers, notre rédacteur écrit: «Au cours des sept mois de chantier, 400 per- sonnes vont être mobilisées… et 190km de rails neufs, 180000 tonnes de ballast, 147000 tra- verses de béton mis en place au rythme d’un kilomètre par jour par l’une des “suites rapides” de Colas-Rail, le sous-traitant de RFF» . Par erreur, TSO est passé à la trappe et on peut compren- dre que Colas-Rail dispose de plusieurs suites. Or ce groupe- ment n’en a qu’une. Précisons donc que la suite n°1 est attri- buée au groupement Colas- Rail/TSO. RVB Nantes - Angers. TSO est passé à la trappe � La Vie du Rail - 18 décembre 2013 L a révolte des vignerons du Midi languedocien en 1907 est restée fameuse en raison de la mutinerie d’un demi-millier de soldats du 17 bataillon d’infanterie, rejoi- gnant le 20juin, par une marche de nuit, à Béziers, des vignerons rassemblés à une grande manifestation dont ils étaient chargés plutôt d’assu- rer le maintien de l’ordre, en cas de débordements. Cette fameuse mutinerie, durable- ment glorifiée par les anti-mi- litaristes et mise aussitôt en musique par le chansonnier Montéhus ( Gloire au 17 donnera lieu à de nombreux ouvrages, reportages à chaud ou études historiques (voir bi- bliographie). Avec Béziers, Narbonne, sous-préfecture de l’Aude, a constitué l’un des points les plus chauds de ce mouvement original des vi- gnerons excédés par la crise viticole, synonyme de cours du vin effondrés et de misère sociale, affrontant de manière résolue Clémenceau, prési- dent duConseil et ministre de l’Intérieur à poigne! Les Archives départemen- tales de l’Aude y ont consa- cré l’été 2007 une exposi- tion, que précédait en juin un colloque à la perspective plus large, L’Aude et la vigne: cent ans de passion, le tout 1907 : le rail au service des grandes manifestations des vignerons du Midi Dans ce deuxième volet de notre série sur l’histoire du vin et du chemin de fer nous abordons la place du rail dans les manifestations des vignerons du Midi en 1907. DOSSIER. VIN ET CHEMIN DE FER (2) La Vie du Rail - 18 décembre 2013 � aboutissant à deux ouvrages les plus à jour. C’est ce qui nous a décidé à explorer les événements de 1907 sous l’angle ferroviaire, avec le parti pris de rappeler com- ment le rail, et particulière- ment incarné en la Compa- gnie du Midi, fut un acteur-clef des événements, de manière ambivalente : obstacle, frein ou soutien… D’un côté, du 24 mars au 9juin, la montée en puis- sance du mouvement, le prin- cipe d’une manifestation tour- nante chaque dimanche dans un lieu où étaient conviés à pied, en charrette ou en train des manifestants de villages de plus en plus éloignés, a im- pliqué la mise à disposition de trains spéciaux à la limite des possibilités du parc de la com- pagnie comme de la capacité de la ligne de Carcassonne à Montpellier. La progression des effectifs à transporter à Narbonne le 5 mai révélait son incapacité d’assurer de la petite gare toute proche de Marcorignan, l’embarquement des manifestants des com- munes environnantes, ne voyant passer que des trains archibondés. L’occupation de la voie ferrée durant six heures, qui préoccupera les sommets de l’État, est un évé- nement social inédit dans l’histoire des chemins de fer français, et c’est à ce titre qu’il a paru intéressant d’en rap- peler les tenants et aboutis- sants. Une fois résolu le problème, c’est la question du tarif réduit auquel pourront prétendre les manifestants qui se posera, pour des parcours plus loin- tains et plus onéreux donc. Demi-tarif ou réduction de 75% accordée habituellement aux pèlerins, voire gratuité ? Rappelons brièvement le contexte politique. L’initiative du mouvement revient à un petit comité fondé à Argeliers, qu’anime Marcellin Albert, na- tif de ce petit village viticole du Biterrois où il possède 5hectares de vignes. Le 25janvier 1907, une com- mission d’enquête parlemen- taire sur la crise viticole est dé- cidée, qui se rend dans le Midi: lors de leur arrivée le 11 mars au matin en gare de Narbonne, 87 délégués d’Ar- geliers les attendent; bien re- çue, la commission leur pro- mettra même de faire « tout son possible pour mettre fin aux souffrances de notre malheureux pays ». Le succès de cette sin- gulière initiative, la publicité qui lui est faite vont ainsi atti- rer l’attention sur le comité d’Argeliers, prenant l’initiative de 12 manifestations domini- cales à venir, du 24 mars au 9juin, trois mois durant. © Archives de l’Aude / DR. À chaque wagon sont affectés les manifestants de chaque village, dont les pancartes soulignent leur solidarité géographique. D’une manifestation à l’autre, un élan irrésistible Les premiers rassemblements (24 mars à Sallèles-d’Aude; 31mars à Bize-Minervois; 7avril à Ouveillan) agrègent des manifestants venus pro- gressivement de toutes ces pe- tites localités. Mais la multi- plication des comités de village explique la montée en puis- sance des manifestations: le 14 avril, à Coursan, 5500 ma- nifestants font le tour de la ville; puis le 21 avril, à Ca- pestang, le rituel de ces jour- nées est désormais bien éta- bli: arrivée de colonnes de chariots, charrettes, voitures déversant les manifestants, ac- cueil par le maire de la com- mune, création d’un comité de défense viticole de la localité, allocution finale invitant à l’union. 19 comités de défense se constituent en une fédéra- tion, propre à mieux organi- ser encore les manifestations à venir. Ainsi, le 28 avril, à Lézignan, 20000 personnes se rassem- blent: si certaines ont accom- pli une marche à pied de 25km et d’autres ont em- prunté des milliers de véhi- cules, selon le rapport du commissaire spécial, la gare apparaît comme le lieu im- portant de rassemblement de tous: « la concentration s’est opérée dans la cour de la gare où les délégations composées de pro- priétaires, d’ouvriers agricoles et de femmes en assez grand nom- bre se sont formées en un cortège imposant » avant de défiler dans les principales artères de la ville, chaque délégation brandissant en tête un drapeau tricolore, des pancartes avec inscriptions ( Le midi veut vi- vre! À bas les fraudeurs! Pas d’impôts! Lou dernié croustet inscrit sur un immense pain), escortée de bruyants tambours et clairons. Une manifestation jugée par le commissaire spé- cial « digne » et « bon enfant » comme l’ont été les précé- dentes, mais qui l’incite à au- gurer des « proportions colos- sales » du meeting suivant, dont « l’importance capitale » justifiera « d’en noter tous les in- cidents avec attention». Par un effet évident de « boule de neige », début mai, le mou- vement prend une nouvelle dimension. Le 5mai, à Nar- bonne, ce sont maintenant 80000 manifestants venus de 98communes que Marcellin Albert présente fièrement au maire de Narbonne, le socia- liste Ernest Ferroul. Dès 7heures du matin, un grand nombre est arrivé par le train; après la dislocation, les mani- festants reprennent leur che- min vers les villages ou vers la gare où des trains spéciaux as- surent le rapatriement de 10000 d’entre eux. Béziers, 12 mai: les premiers problèmes d’acheminement Le 12 mai, au meeting de Bé- ziers, ce sont plus d’un millier de charrettes qui ont pris place au Champ-de-Mars, où le meeting rassemble près de 150000 personnes, où Fer- roul fait applaudir par la foule le principe d’un ultimatum lancé au gouvernement: à la date du 10 juin, le gouver- nement, tout en prenant les dis- positions les plus radicales pour provoquer le relèvement du cours des vins, n’a pas mis le Parle- ment en demeure de lui fournir d’urgence les armes dont il croira avoir besoin pour faire cesser cette effroyable crise, la grève des contribuables sera proclamée et des mesures plus énergiques se- ront immédiatement envisagées et appliquées successivement jusqu’à ce que complète et entière satisfaction soit accordée par les pouvoirs publics. » L’Express du Midi du 13 mai a bien rendu compte des pro- blèmes ferroviaires ainsi appa- rus pour la première fois, comme l’a pointé son envoyé spécial en gare de Narbonne: «Le mouvement de lutte viticole dépasse tout ce que l’on pourrait imaginer. Ce matin, à partir de 7heures, la gare de Narbonne était envahie par une foule qui devenait à chaque instant plus compacte. C’étaient les popula- tions des environs et celles des Corbières portées par les Tram- ways départementaux, qui arri- vaient pour prendre les trains vers Béziers. Malgré les dispositions prises par le distingué chef de gare de Nar- bonne, M.Courrent, on arrivait � La Vie du Rail - 18 décembre 2013 DOSSIER. VIN ET CHEMIN DE FER (2) Cette carte du réseau des Chemins de fer économiques (SE) illustre bien la densité de l’irrigation ferroviaire du Languedoc viticole. La Vie du Rail - 18 décembre 2013 � fort difficilement à évacuer cette foule. Les trains réguliers, venant de Toulouse et de Perpignan, étaient archibondés. Il y avait des voyageurs dans les guérites des serre-freins. Quant aux trains qui se formaient à Narbonne, toutes les dix minutes, ils étaient aussitôt envahis, et le départ continuel des 1200 manifestants que prenait chaque train, ne di- minuait pas sensiblement la foule qui attendait. Quant à songer à monter dans un des trains réguliers venant de la ligne de Toulouse, il n’y fallait pas songer. C’est ainsi que j’ai vu passer sous mon nez mes confrères de L’Express envoyés à mon aide, sans pouvoir prendre place dans leur wagon, où se trouvaient entassés 14, 16 voya- geurs, on ne sait pas au juste! Et dans tous les wagons c’était pareil. Si j’ai pu arriver à Béziers, vers 10heures, c’est grâce à un ai- mable inspecteur [de la Cie du Midi], qui m’a fait prendre place dans le wagon des bagages d’un train express qui passait fort heureusement.Tous ces détails ne pourront certainement pas donner à nos lecteurs une idée exacte du mouvement colossal auquel nous assistons. Beaucoup d’entre eux ont cer- tainement vu la mobilisation du corps d’armée en 1887 . Eh bien! C’était entre Narbonne et Béziers, pendant toute la mati- née de dimanche, le même rou- lement continu de trains se croi- sant, les uns bondés de voyageurs, les autres vides pour aller en prendre d’autres. Et l’il- lusion était complète lorsqu’on voyait des trains complets, com- posés de wagons à bestiaux, où l’on avait mis les bancs qui ser- vent à la mobilisation. Avec cette différence qu’au lieu de 32, comme il est inscrit sur chaque wagon , il y en avait une cen- taine. Je vous dis, c’est incroya- ble! » En gare de Marcorignan, le blocage durable des voies Les incidents survenus dans l’ultime gare précédant à l’ouest celle de Narbonne ont pris vite un tour inédit: l’en- trave durable à toute circula- tion des trains, dans chacun des deux sens, délit consti- tuant l’un des articles de la fa- meuse loi de police des che- mins de fer du 15 juillet . Durant 6heures, de 11 h à 17 heures, la circula- tion des trains sur la ligne de Bordeaux à Sète sera inter- rompue par l’occupation des voies par des groupes de ma- nifestants résolus et divers obstacles matériels déposés. Pour la première fois, à no- tre connaissance, de nom- breuses personnes se sont couchées sur les rails pour bloquer le passage des trains! Les télégrammes ex- pédiés toute la journée illus- trent la gravité des incidents, perçue par les autorités. 11 h, gare de Narbonne, com- missaire de surveillance à pré- fet: « À 11h matin mille mani- festants ont envahi la gare de Marcorignan et placé obstacles sur voies principales; ils empê- chent circulation trains. » En soirée, le préfet adresse par télégramme à Clémenceau le récit de la journée: « Dès 7 h du matin, 3000 per- sonnes avaient envahi la gare de nombre de manifestants date département réseauestimation écart estimation basse haute 11 marsNarbonne Aude Midi 24 marsSallèles-d’AudeAude 31 marsBize-Minervois Aude 7 avril Ouveillan Aude 14 avril Coursan Aude 21 avril Capestang Hérault 28 avril Lézignan Aude 5 mai Narbonne Aude 12 mai Béziers Hérault 1019 mai Perpignan Pyrénées-Orientales/// 1126 mai Carcassonne Aude 122 juin Nîmes Gard 139 juin Montpellier Hérault Manifestations Source: Vignerons en révolte, op cit., p. 83. © Coll. Particulière Vouée à une certaine célébrité, la gare de Marcorignan, côté quais. La halle aux marchandises a disparu. � La Vie du Rail - 18 décembre 2013 DOSSIER. VIN ET CHEMIN DE FER (2) Marcorignan pour se rendre à Béziers: plusieurs trains étant passés bondés devant, l’impossi- bilité où elles se sont vu de partir les a mises dans état de violente exaspération et à 11 h, ils ont pris la résolution d’arrêter tous trains nouveaux dans les deux sens en obstruant les voies de wagons-foudres, de traverses en bois et de fûts de vin. Nom- breuses personnes se sont cou- chées sur les rails pour empêcher trains de repartir. Ce n’est qu’à deux heures après- midi que sous-préfet de Nar- bonne et moi avons été avisés de ces incidents. Nous nous sommes immédiatement rendus, sur lo- comotives, à Marcorignan. Sous-préfet qui m’y a précédé a été reçu par foule furieuse qui n’a pas voulu entendre ses explica- tions. Il a dû sortir précipitam- ment de la gare pour éviter les violences des manifestants et est rentré à Narbonne sur automo- bile de rencontre. Lorsqu’à mon tour suis arrivé accompagné de mon chef de cabinet, une per- sonne de ma connaissance m’a prévenu du danger que je cour- rais si je me faisais connaître de la foule. Après m’être rendu compte de l’état de fureur inouïe de ces ma- nifestants et de la parfaite inuti- lité de mon intervention isolée, ai continué route en automobile sur Narbonne pour prendre toutes dispositions utiles. Au mo- ment où je partais, foule avisée de ma présence s’est portée, trop tard pour m’atteindre, dans ma direction et a proféré injures et huées. Dès arrivée Narbonne ai repris envoi de toutes forces locales d’in- fanterie disponibles pour rétablir circulation sur voie ferrée: mais avant leur départ, manifestants vers 5 h 30 avaient cessé obs- tructions et laissé repartir les trains. Incident est dû à insuffisance de matériel de la Cie du Midi qui n’a pu envoyer de Narbonne à Marcorignan un train vide qu’après 11 h du matin, alors que manifestants avaient déjà bloqué les voies.» Daté du lundi 13 mai, trans- mis au préfet de l’Aude, le rap- port du capitaine Delrieu, commandant de gendarmerie de l’arrondissement de Nar- bonne, tente d’expliquer les motifs qui ont poussé les 3000 manifestants à bloquer toute circulation ferroviaire: « Par suite d’insuffisance de ma- tériel, de mesures mal prises, de prévisions maladroites, la Cie du Midi se trouva débordée et hors d’état d’effectuer le transport des voyageurs présents à Marcori- gnan. De calme au début, l’atti- tude de la foule passa brusque- ment à la violence. Très surexcités, les manifestants ne voulurent admettre aucune ex- plication des agents de la Cie. Dans leur exaspération, ils s’en tenaient à cette idée fixe: que les pouvoirs publics avaient voulu les empêcher d’assister à la ma- nifestation de Béziers. Vers 6h du matin, un wagon-réservoir et de nombreux fûts furent dispo- sés en barricade en travers de la voie et la foule se massa derrière l’obstacle. De telle sorte que pen- dant six heures, tous les trains furent arrêtés en amont et en aval de la gare de Marcorignan et toute circulation interrompue sur cette partie de la ligne. La manifestation prit fin à 5 h du soir et la circulation fut rétablie à ce moment. Les esprits sont très surexcités dans la région. La si- tuation très tendue peut devenir grave. » Des journalistes bloqués relatent les faits En complément de ces rap- ports officiels, il est précieux de pouvoir disposer de témoi- © Archives de l’Aude/DR Arrivée des manifestants à Carcassonne par les Tramways de l’Aude. gnages de journalistes bloqués à Marcorignan. Tel Antoine Bérail, correspondant de L’Ex- press du Midi à Carcassonne, qui le 23, relate ainsi de pre- mière main les faits: Narbonne, 6 h 50 du soir. Un voyage accidenté «Parti de Carcassonne ce matin par le train de 9 h 20 pour join- dre vers midi, à Béziers, les en- voyés spéciaux de L’Express, graves incidents qui auront un retentissement énorme en raison de leur caractère révolutionnaire et de leurs conséquences, m’ont empêché d’arriver à destination. Je n’ai pas été fâché, du reste, de ce contretemps, car il m’a per- mis d’assister à une manifesta- tion qui, s’ajoutant à celle de Bé- ziers, montrera au gouvernement ce qu’un pays ré- duit à la misère est capable de faire pour se faire entendre et écouter. Je me hâte de vous télégraphier, car je crois que si mes collègues vous ont envoyé un compte rendu par la voie postale, il ne vous parviendra pas en temps opportun. Le train avait quitté Carcas- sonne, remorqué par deux loco- motives et composé d’une foule interminable de wagons. À partir de Trèbes, il est monté tant de monde à toutes les sta- tions, qu’à Villedaigne tous les compartiments étaient archibon- dés. Quand nous arrivons à Marco- rignan, à 10h30, nous trouvons plus de 1000 voyageurs atten- dant depuis 7 h du matin, n’ayant pu trouver place dans les premiers trains de la journée. Tout ce monde envahit les wa- gons; dans mon compartiment nous sommes 23, mais il reste encore plus de 500 personnes à caser; des protestations s’élèvent de tous les côtés; ceux qui ont pu monter dans un wagon ne veu- lent pas que le train parte sans les autres. En un clin d’œil, les demi-muids qui garnissent le quai de la gare sont roulés au-devant des loco- motives, un wagon de foudres- réservoirs est placé en travers de la voie Cette-Bordeaux; on voit des hommes armés de pics prêts à arracher les rails. La surexcitation est à son com- ble; on crie contre la tête de la Compagnie, et surtout contre le gouvernement qu’on accuse d’avoir voulu empêcher les ma- nifestants d’arriver à Béziers. Bientôt tous les voyageurs quit- tent leurs wagons et descendent sur la voie; il y a là quatre ou cinq mille personnes. Un train omnibus venant du côté de Narbonne doit s’arrêter de- vant les obstacles dressés devant la machine: l’express venant du côté de Carcassonne a été arrêté à Villedaigne, et les voyageurs de ces deux trains viennent grossir la foule qui stationne aux abords de la gare de Marcorignan. Le chef de station télégraphie de tous les côtés: le personnel reste impuissant devant ces milliers d’hommes qui parlent de renver- ser tous les wagons « Nous sommes ici, disent-ils, depuis 6heures du matin, nous avons payé notre par- cours de Marcorignan à Bé- ziers. La Compagnie était pré- venue; on se moque de nous, on n’a pas voulu que nous ar- rivions à Béziers. Eh bien, au- cun train ne passera jusqu’à minuit. » Un train supplémentaire com- prenant 28 wagons arrive vers 1heure seulement; bien que nous ne soyons qu’à 7 kilomè- tres de Narbonne, les délégations refusent d’y monter; on arrive- rait trop tard à Béziers. Une conduite de Grenoble À deux heures, le sous-préfet de Narbonne, M.Icard, arrive sur une locomotive; il est accueilli par des sifflets et des cris divers; M.Icard se perche sur la marche d’un wagon et essaie d’expliquer que la compagnie du Midi a été débordée et qu’il a fait de son côté tout ce qu’il a pu. « Ce n’est pas vrai, lui crie-t- on de tous les côtés, on l’a fait exprès. » Voyant qu’il lui est impossible de parler, le malheureux sous-préfet se retire dans la gare, où la foule le suit en le conspuant toujours; comme il veut repartir sur la lo- comotive qui l’a apporté, les ma- nifestants lui barrent le passage; les poings se tendent vers lui, me- naçants. Sur la route de Narbonne, des gendarmes arrivent à ce mo- ment, accompagnant une autre automobile qui vient au secours du sous-préfet. Les manifestants lui donnent l’ordre de les faire éloigner. Le sous-préfet s’exécute; les gendarmes s’en vont. Le sous-préfet monte alors sur son auto et il file vers Narbonne à toute vitesse; il était temps: quelques minutes plus tard, M.Icard n’était pas certain de rentrer à Narbonne pour dîner. Une réunion en plein air Après cette conduite de Greno- ble faite au représentant du gou- vernement, les délégations des communes présentes, Paraza, Saint-Nazaire, Saint-Marcel, Névian, Canet, Villedaigne, Mar- corignan, Puichéric, Barbaira, Montredon, etc., se réunissent et, après de violents discours, votent l’ordre du jour suivant: «6000 manifestants bloqués dans la gare de Marcorignan…» Cette motion est accueillie par d’en- thousiastes applaudissements. Voulant que mes lecteurs soient renseignés le plus tôt possible sur ces graves événements, je quitte Marcorignan à 3heures pour me rendre à pied à Narbonne, d’où je vous télégraphie dès mon ar- rivée. Aura-t-on raison de l’obstination résolue des manifestants et la cir- culation sera-t-elle rétablie avant minuit sur la ligne de Bordeaux à Cette? Je ne sais, étant donné la grande exaspération des délégués bloqués à Marcorignan. Le mouvement fait boule de neige; bientôt il aura gagné le Midi tout entier, et si l’on sait comment il commence, qui peut dire comment il finira? » Ainsi s’exprimait hier l’envoyé spé- cial du Matin. Après les événements de la jour- née, le gouvernement peut être fixé sur l’issue du moment viti- cole, s’il ne se décide pas à faire quelque chose pour nos popula- tions à bout de patience. PS. J’apprends que le préfet de l’Aude, accompagné de son se- crétaire général, s’est transporté à son tour à Marcorignan en au- tomobile; il a reçu le même ac- cueil que son subordonné de Nar- bonne. Conspué de belle manière, il a été obligé de se re- tirer devant l’attitude intransi- geante de la foule qui l’a averti qu’elle se retirerait quand cela lui plairait. Les manifestants ont consenti à laisser circuler les trains vers 5heures et demie seu- lement; à partir de ce moment, des trains bondés venant de Bé- ziers se sont succédé sans inter- ruption.» Dans Le Télégramme du 14 mai, le journaliste publie le té- moignage de F.Galibert, com- missionnaire viticulteur à Montredon, qui va enfoncer le clou contre la Compagnie: «On est unanime à rejeter la responsabilité de l’arrêt des trains La Vie du Rail - 18 décembre 2013 � � La Vie du Rail - 18 décembre 2013 DOSSIER. VIN ET CHEMIN DE FER (2) possible de se caser. À 10heures, voyant arriver d’autres trains, nous allons consulter le chef de gare qui nous promit qu’un train allait arriver pour prendre les manifestants. « C’était une ruse, qui n’avait d’autre but que de permettre à l’express de passer sans encom- bre, car nous lui avions promis d’empêcher la circulation des trains si on nous laissait plus longtemps en panne. Grâce à cette fumisterie, l’express circule librement. Voyant que le train promis n’arrivait pas, les mani- festants décident d’obstruer la voie. Immédiatement, wagons-foudres, futailles vides et drapeaux en tête, s’avancent devant la loco- motive des trains qui entrent en gare et les empêchent d’avancer. « Dans peu de temps, la voie est encombrée, la circulation devient impossible, toutes les lignes se trouvant occupées par des convois qui vont en sens inverse. Bientôt, ils forment une suite qui va de la rampe de Montredon à mi-chemin de la gare de Ville- daigne. « 1 h et demie, le sous-préfet pré- venu, arrive monté sur une lo- comotive. Il essaie d’haranguer la foule, mais cette dernière le conspue, siffle et l’empêche de parler, mais il n’est point vrai, comme le disaient certains jour- naux, qu’on lui ait lancé des pierres. Bien au contraire, nous l’avons protégé jusqu’à l’intérieur de la gare et sans aucun encombre. « Mais à ce moment, la gendar- merie arrive, ce que voyant, la foule surexcitée abandonne la voie non sans avoir laissé de nombreux factionnaires, et se porte au-devant des nouveaux arrivés. « Les pauvres agents chevau- chent, caracolent, essayent de faire une trouée, impossible. « Je conseille au sous-préfet de faire retirer la gendarmerie; ce dernier s’exécute de bonne grâce, mais pendant ce temps, les manifestants, énervés, cas- sent quelques vitres et auraient fait peut-être le sac de la gare, si les gendarmes ne s’étaient pas éclipsés. «Le préfet, également prévenu, s’amène par machine spéciale, mais s’abrite prudemment à 4 ou 500 mètres de la gare et n’in- tervient pas. «À 4heures, me parvient une dépêche de Marcellin Albert, conseillant aux manifestants de rester calmes et de se retirer. «Devant les ordres de leur chef, ces derniers se retirent et quelques-uns même restent pour aider les employés de la Compa- gnie à remettre la voie en état. «Il n’a pas été commis de dégâts sérieux, voilà toute la vérité. «Et maintenant nous allons de- mander à la Compagnie non pas de nous rembourser l’argent versé; mais en compensation des préjudices qu’elle nous a causés, de nous transporter, dimanche prochain, à Perpignan, sans au- tre forme de procès. «Vous connaissez, Monsieur, puisque vous êtes mêlé au mou- vement, l’état d’esprit de nos po- pulations, une fois encore avouez qu’elles n’ont pas tort et qu’il faut s’estimer heureux qu’en sachant leurs frères en train de manifes- ter à Béziers, tandis qu’ils assié- geaient la voie, ils n’aient pas © Archives de l’Aude/DR Des manifestants réunis sous la marquise de la gare de Carcassonne. commis de sévices plus graves. » «Je lui réponds: “Heureusement que le général (Albert) a parlé.” Sur ce, je serre la main à mon interlocuteur en le priant d’as- surer ses vaillants manifestants de toutes mes sympathies. Les leçons entendues appellent de nouvelles précautions Comment éviter le renouvel- lement de l’incident de Mar- corignan? Le 15 mai, le préfet de l’Aude appelle l’attention du ministère de l’Intérieur « sur l’intérêt qu’il y a à ce que le ministre des Travaux publics, s’il ne l’a déjà fait, accorde immé- diatement à la Compagnie du Midi l’autorisation de délivrer des billets collectifs à demi-tarif pour le meeting de Perpignan alors même que la demande ne lui serait pas encore parve- nue »... Le commissaire central de Narbonne informe son sous- préfet de rumeurs inquié- tantes: « Les événements qui se sont produits à Béziers ont amené une légère effervescence dans la population de Narbonne, en vue du meeting de Perpignan. On se prépare, on veut s’y ren- dre en masse, on escompte d’avance la distribution gratuite de billets comme pour Béziers et dans le cas où cette distribution ne satisferait pas toutes les de- mandes, on rappelle l’explosion de Marcorignan. On serait dé- cidé soit à prendre les trains d’as- saut, soit les empêcher de circu- ler, non seulement à Narbonne mais sur n’importe quelle gare du parcours. Ceci ressort des conversations entendues dans la matinée, non seulement dans la rue entre les gens du peuple, mais aussi dans les cafés et bu- vettes entre 11heures et 2heures de l’après-midi. Je ne veux pas dire qu’on mettra nécessairement toutes ces menaces à exécution, mais la façon dont on en parle indique un état d’esprit inquié- tant dont il faudrait tenir compte. » Ainsi alerté, si le 17 mai, le préfet peut assurer à Paris que les trains seront en nombre suffisant, par contre, il entend faire appel à l’armée, à une simple « mise des troupes en état de première urgence » : réquisi- tion auprès du général com- mandant le corps d’armée des forces d’infanterie des garni- sons de Castelnaudary et de Carcassonne « pour assurer le maintien de l’ordre public dans les gares de Narbonne et de Car- cassonne » , à l’occasion de la prochaine manifestation. Le dimanche 19 mai, 170000 manifestants vont donc se ras- sembler à Perpignan, mais s’ils sont bien plus nombreux qu’à Béziers, il n’y aura pas d’inci- dents d’origine ferroviaire. À 9h du matin, par dépêche té- légraphique, le préfet de l’Aude transmet à Paris des propos rassurants: « Service des trains sur direction de Per- pignan qui a commencé dès 4 h du matin s’est effectué jusqu’à cette heure sans incidents. À 8 h du matin, 20 trains supplémen- taires étaient déjà partis gare Narbonne emportant 20000 manifestants environ. » Le télé- gramme qu’adresse à 11h10 le commissaire spécial de Nar- bonne au préfet et à la Direc- tion de Sûreté générale à Pa- ris permet de comprendre l’efficacité des mesures adop- tées par le transporteur ferro- viaire: « Cie Midi avait pris ses mesures pour expédier 40 trains de 1000 voyageurs avec 55 lo- comotives pour manifestation Perpignan. Pour éviter tout conflits les gares avaient reçu or- dre de ne pas réclamer les bil- lets; il est passé à Narbonne 25 trains emportant tous voyageurs sur la ligne, soit 25000 mani- festants. Tout jusqu’ici s’est bien passé avec un calme absolu; au- cun incident à signaler; je reste en permanence à la gare atten- dant que le retour soit effectué. » Journée conclue ainsi à 10h25 du soir: « Retour des trains de manifestants s’est ef- fectué dans le plus grand calme. Service d’ordre n’a pas eu à in- tervenir. Aucun inci dent. » Dans l’attente de la manifestation du 26 mai, à Carcassonne Le mardi 21 mai, Rieu, maire de Moussan, communique au préfet une délibération offi- cieuse de la veille : son conseil réclamant une réduction de 75%, se basant « sur le fait que la Compagnie du Midi a accordé cette réduction aux habitants de Béziers qui se sont rendus à Per- pignan (…). La population de Moussan, aussi malheureuse que celle des Biterrois, mérite le même traitement de faveur. » Sans tarder, le 23, le préfet dé- ment ce fait: « D’après les ren- seignements qui m’ont été fournis par le représentant de la Cie du Midi, il est inexact. » La réduc- tion a été seulement de 50% ; et de rappeler à l’occasion que « la délivrance de ces billets col- lectifs à tarif réduit ne dépend pas d’ailleurs de la bonne volonté seule de la Cie: il est nécessaire qu’elle en obtienne l’autorisation du ministre des Travaux pu- blics. » Le 23, le commissaire spécial de Carcassonne informe le préfet des préparatifs. D’un côté, en l’absence du maire- député Sauzède, le maire-ad- joint Faucilhon a pris d’heu- reuses dispositions: la mairie sera pavoisée; un arc de triomphe a été élevé à l’entrée de la ville, en face de la gare et portera cette inscription: À nos frères de misère. De l’autre, Compagnie du Midi qui, instruite par l’expérience, avait organisé les transports dans d’excellentes conditions dimanche dernier, étu- die le graphique des trains spé- ciaux à mettre en marche et se préoccupe de réunir le matériel nécessaire. Si aucun incident ne se produit dans les gares et sur la ligne, il est probable que la journée se passera dans le plus grand calme. » Le 24 mai, le même commis- saire fait part de ses inquié- tudes: « La Cie du Midi recon- naît qu’elle est débordée par la manifestation de Carcassonne et ne pourra transporter tous les voyageurs; la direction de Bé- ziers [siège du 3 arrondissement de l’Exploitation], pour augmen- ter le nombre des trains, a décidé ce soir que les premiers trains, au lieu de partir à 4 h, commen- ceront à dégager Narbonne dès 2heures du matin, ce qui est trop tôt; d’autre part, sur la proposi- tion de Mr Ferroul, maire de Narbonne, le Comité d’Argeliers a été invité à retarder jusqu’à 2h après-midi le défilé annoncé pour midi; si cette disposition n’est pas adoptée, on sera obligé de lais- ser sur la route plusieurs milliers de manifestants; la gare de Per- pignan déclare que pour elle seule, elle a besoin de 25 trains. Il est à craindre qu’on ne puisse arriver à transporter tout le monde, même en emportant les voyageurs dans les wagons à bes- tiaux. » Un peu plus tard, le même jour, la tension est bien mon- La Vie du Rail - 18 décembre 2013 � � La Vie du Rail - 18 décembre 2013 DOSSIER. VIN ET CHEMIN DE FER (2) rectement et non sans quelque culot, le chef de gare de sa ville: Mr le chef de gare, à Carcas- sonne J’ai l’honneur de vous prier de vouloir bien me faire connaître s’il ne vous serait pas possible de former un train avec wagons or- dinaires pour y transporter les manifestants de Carcassonne à Nîmes, dimanche prochain, dans les conditions des trains de pèle- rinage qui bénéficient d’une ré- duction dépassant 50%. Dans le cas où cette combinaison pour- rait aboutir, je vous serais très reconnaissant de m’indiquer le nombre de voyageurs que pour- rait transporter ce train. Le comité devant se réunir à la Mairie, aujourd’hui jeudi 30 mai courant, à 8heures du soir, j’au- rai l’honneur d’envoyer prendre votre réponse ce soir. Quant à l’heure de départ, vous voudrez bien nous en informer samedi matin au plus tard, afin de per- mettre d’avertir les intéressés en temps utile. Veuillez agréer, Mr le Chef de Gare, l’assurance de ma consi- dération la plus distinguée. Le maire de Limoux, en vue du déplacement à Montpel- lier, envoie un courrier simi- laire au ministre des Travaux publics Barthou et le 6 juin, sous couvert du ministre, c’est le directeur des Chemins de fer qui transmet au préfet de l’Aude la réponse atten- due: lors des précédentes manifestations, « mon admi- nistration a tenté une demande dans ce sens auprès de la Com- pagnie du Midi; mais celle-ci s’est refusée à accorder un abaissement supérieur à celui de 50%. (…) Il vous appartient de faire comprendre aux muni- cipalités et aux organisateurs de la manifestation que la ré- duction de 50% constitue déjà une concession exceptionnelle, étant donné l’objet des réunions et mon Administration ne peut insister pour obtenir davan- tage…» En vue du meeting de Mont- pellier, le comité de Limoux, auteur déjà d’Instructions pour se rendre à Carcassonne (cf. page19), diffuse une nou- velle affiche: il dispose, grâce à une subvention de la ville, de 170 places gratuites, alors que le billet AR coûte 9,10 fr. De ces diverses subventions municipales aux manifestants, l’Intérieur qui en a eu connais- sance, s’est ému, interpellant le 15 juin le préfet de l’Aude : a-t-il bien approuvé l’une de ces subventions d’un montant de 5000fr. ? Non, dément-il, mais il peut préciser que si des communes de son départe- ment ont voté pour cet objet des subventions globales s’éle- vant à 34423fr., il n’a « ap- prouvé leurs délibérations que jusqu’à concurrence de 22272fr. ». Une autre facilité sera offerte aux manifestants audois de se rendre à bon compte à Mont- pellier, la prise en charge des frais par certains industriels et commerçants concernés par la crise. Ainsi Le Petit Méridional du 4juin détaille les premiers souscripteurs : outre 5000fr. votés par la Ville de Carcas- sonne, la Société Méridionale des Wagons-Foudres (500 fr.), ses dirigeants (450 fr.) et son personnel (50 fr.) ; les Docks de Carcassonne (500 fr.), le Sortant de la gare de Narbonne (visible au fond), les manifestants défilent sous un arc de triomphe avant leur entrée en ville… © Archives de l’Aude/DR Comptoir Industriel et Com- mercial du Midi (250 fr.), l’en- trepreneur de transports et groupages Vassal, les Wagons- Foudres et Groupages Mitja- ville, jusqu’au Syndicat pro- fessionnel agricole de l’Aude (50fr.) et au Syndicat des Pa- trons coiffeurs carcassonnais (40 fr.) ! Nîmes, Montpellier : un service d’ordre militaire de plus en plus consistant Le 2 juin, à Nîmes, nombreux sont parmi les 250000 mani- festants ceux nouveaux venus de l’Ardèche, des Bouches-du- Rhône, du Var et du Vaucluse. Des bataillons d’infanterie avaient été réquisitionnés pour assurer le maintien de l’ordre dès le samedi après-midi aux abords des grandes gares. Dans la cour de la gare de Per- pignan, en soirée, une bagarre oppose 1500 manifestants à 60 gendarmes et 300 colo- niaux voulant les empêcher de partir sans billets, l’échauffou- rée dégénérant en violences : vitres de la gare lapidées, 6co- loniaux blessés, menaces de représailles à la baïonnette… Une fois la manifestation pas- sée, le préfet de l’Aude se féli- cite du concours des gen- darmes étrangers au département, « préférant leur intervention à celle des troupes d’infanterie et de cavalerie en très grande partie composées d’éléments appartenant à la ré- gion », jugeant nécessaire de réquisitionner toutefois un ba- taillon. Le dimanche 9 juin, 300 trains étant mobilisés, Montpellier va donc accueillir 600 000 ma- nifestants ! La machine ferro- viaire est bien huilée, comme l’indiquent les télégrammes expédiés en haut lieu par le sous-préfet ou le commissaire spécial de Narbonne : « Depuis 4 h du matin, trains spéciaux se succèdent de quart d’heure en quart d’heure dans la direction de Montpellier ; la circulation s’effectue normalement en sui- vant les horaires déterminés ; au- cun accident sur la ligne ; dans la traversée gare Narbonne, ma- nifestants conservent calme ; me- sures d’ordre ont été prises ainsi que dans certaines gares de l’ar- rondissement. » C’est à partir de la soirée, à Narbonne, que de graves in- cidents, d’ordre strictement militaire, se déroulent pendant trois jours dans la caserne abri- tant le 100 Régiment d’infan- terie de ligne. Consignés dans leurs casernements, comme tous les dimanches depuis le début des meetings, quelques soldats juchés sur un mur d’enceinte longeant la voie fer- rée, applaudissent les nom- breux trains revenant de Montpellier. Ils sont sommés en vain par des sous-officiers de quitter leur observatoire, et une vive bagarre s’ensuit, l’ar- rivée tardive d’un colonel as- surant le retour de l’ordre. Ces tensions présentes aussi dans les casernes à Montpel- lier et à Perpignan, où les hommes de troupe conscrits manifestent leur sympathie avec la société vigneronne lo- cale dont ils sont largement is- sus, motivent leur transfert, pour les éloigner de ces mani- festations. Le recours ultime à l’intervention judiciaire et militaire Montpellier constituait la der- nière manifestation avant le passage à l’action, suivant l’ex- piration de l’ultimatum lancé aux pouvoirs publics, fixée au lundi : démission de toutes les municipalités, motivée par l’inertie et la mauvaise volonté des pouvoirs publics à l’égard de la viticulture, incapables d’enrayer les fraudes et indif- férents à l’égard de la misère des vignerons Midi. Le mouvement des vignerons connaît alors un tournant dé- cisif. Les annonces de ces dé- missions se succèdent, suivant un cérémonial symbolique : écharpes brûlées, portes des mairies murées, renvoi des clés à la préfecture… Le 14 juin, on compte 442 municipalités démissionnaires : 185 sur 340 dans l’Hérault (54 %), 160 sur 439 dans l’Aude (36 %), 88 sur 232 dans les Pyrénées- Orientales (38 %) et 9 sur 331 dans le Gard (3%)... Ce jour- là, Clémenceau tente par let- tre circulaire de faire revenir les maires sur leur décision, en vain. D’où le recours obligé prochain aux forces de police pour procéder à l’arrestation des meneurs viticoles, doublée de l’envoi d’importantes forces armées afin d’assurer le main- tien de l’ordre durant ces ar- restations... Le 18 juin, en soirée, des trains militaires débarquent des troupes à Narbonne, can- tonnées sur les voies de dé- bord. Aux premières heures de la matinée du 19, le maire Fer- roul est arrêté dans sa maison, et bien d’autres ; en repré- sailles, en soirée, la sous-pré- fecture est attaquée, défendue La Vie du Rail - 18 décembre 2013 Cet arc de triomphe avait été soigneusement pavoisé et décoré sous l’emblème de la Justice. © Archives de l’Aude/DR � La Vie du Rail - 18 décembre 2013 DOSSIER. VIN ET CHEMIN DE FER (2) par 80 gendarmes ; les cuiras- siers chargent sur le boulevard Gambetta et le cours de la Ré- publique où des barricades ont été élevées et plus de 300 coups de feu tirés… En soi- rée, les affrontements dégénè- rent, et l’on décompte un mort et une quinzaine de blessés, souvent atteints par balles. Le lendemain, à l’issue d’une nouvelle journée de tensions, des militaires encerclés autour de l’hôtel de ville déclenchent une fusillade : 4 morts et une dizaine de blessés. L’annonce de ces fusillades entraîne aus- sitôt des échauffourées à Montpellier, Toulouse, Nîmes. Dans la nuit du 18 au 19 juin, le 17 Régiment d’infanterie de ligne stationné à Béziers reçoit l’ordre de se rendre à Agde, où, rendu le 19, dans la soi- rée, la rumeur lui arrive : le 81 aurait tiré sur la foule à Bé- ziers... Emportant armes et munitions, plus de 500 hommes y retournent de nuit à pied, voulant défendre leurs frères et parents. Les mutins camperont crosses en l’air sur les allées Paul-Riquet, frater- nisant avec la foule qui leur of- fre de la nourriture et du vin. Clémenceau ayant choisi la voie de l’indulgence vis-à-vis de la mutinerie, c’est le 22juin au matin qu’ils regagneront Agde par train, sans aucun in- cident. Par ricochet, les événements de Béziers provoqueront en gare de Paulhan un nouvel in- cident ferroviaire le 21 juin : vers 1 heure du matin, le co- lonel commandant le 142 ba- taillon d’infanterie basé à Lo- dève reçoit l’ordre de diriger d’urgence deux bataillons sur Béziers pour le cas où il fau- drait intervenir le lendemain contre les mutins. Un train spécial est formé, qui ne peut transporter que 6 des 8 com- pagnies demandées ; mais parti à 6 h 15, le convoi doit s’arrêter à 1500 m de la gare de Paulhan où les rails ont été arrachés. Le train est renvoyé à Lodève pour aller chercher les deux compagnies qui n’ont pu embarquer, tandis que les sol- dats gagnent la gare de Paul- han où ils sont entourés par une foule importante de ma- nifestants qui cherchent à les désarmer et veulent surtout les empêcher de gagner Béziers. Le sous-préfet de Lodève, venu à Paulhan accompagné du procureur de la Répu- blique, prêche le calme, pris en otage lui-même. Et à l’issue de ce bras de fer, les autorités devront rebrousser chemin, et le 142 régiment regagner en soirée Lodève, sans avoir pu rejoindre Béziers ! Vers l’apaisement Le 29 juin, sous cette pression ininterrompue, est promul- guée une loi tendant à préve- nir le mouillage et la chapta- lisation des vins ; jugée insuffisante, elle sera complé- tée le 15 juillet par une autre loi renforçant le contrôle par la régie des marchands de vins en gros de Paris. Alors que les maires retirent leurs démis- sions, le 31août, les contri- buables des trois départements de l’Aude, de l’Hérault et des Pyrénées-Orientales bénéfi- cient de remises sur leurs ar- riérés d’impôts... Point essentiel, une Confédé- ration Générale des Vignerons est constituée le 22 septembre à Narbonne dont l’objet est la défense des intérêts des vigne- rons du Midi, qu’ils soient pro- priétaires récoltants, fermiers ou métayers, ouvriers viticoles, négociants ou commerçants, patrons ou ouvriers… Ainsi se conclut par la voie lé- gislative et l’organisation syn- dicale régionale un puissant mouvement social auquel le chemin de fer aura apporté, nolens volens, son singulier concours ! Georges RIBEILL 1. Chaque année, l’Armée procédait à de grandes manœuvres, testant l’aptitude des chemins de fer à assurer la mobilisation. 2. Outre l’indication du recours de la Cie du Midi aux wagons de marchandises pour éponger les flots de manifestants, cette précision rappelle l’effectif variable admis dans les divers wagons mobilisables par l’armée. 3. Article 16: « Quiconque aura volontairement (…) placé sur la voie un objet faisant obstacle à la circulation, ou employé un moyen quelconque pour entraver la marche des convois, sera puni de réclusion.» 4. Demi-muids: appellation courante des fûts de l’Hérault, de 550 litres environ. Mais cette mesure est imprécise. 5. Ainsi reproduite dans le rapport du préfet du lendemain, « 6000 manifestants » étant transformé en « les manifestants »… 6. Sur le montant des réductions consenties aux trains de pèlerins par la Cie du Midi, J.-P. Vergez- Larrouy évoque des «tarifs spéciaux», réductions supérieures à 50% consenties hors saison estivale, qu’au printemps 1907 les manifestants vignerons pouvaient donc revendiquer ( Les Chemins de fer du Midi, 1995, p.217). La gare de Carcassonne, côté cour et voies de débord, bien encombrées de futailles et wagons-foudres. © Photorail - SNCF La Vie du Rail - 18 décembre 2013  SANTÉ  Quel est le mécanisme des apnées du sommeil? Les apnées du sommeil sont des arrêts répétés de la respiration pendant le sommeil en raison d’une obstruction du pharynx, une zone de la gorge. Pendant le sommeil, les muscles des parois du pharynx se relâchent et obstruent le passage de l’air. Si cette obstruction est partielle, l’air circule difficilement et provoque une vibration, c’est le ronflement! Si l’obstruction est totale, elle em- pêche la respiration et provoque une apnée du sommeil. Cette gêne peut durer 10secondes ou plus, et entraîne un réveil qui re- contracte les muscles de la gorge et permet à nouveau le passage de l’air. Le syndrome d’apnées du sommeil provoque des dizaines, voire des centaines d’apnées par nuit et autant de microréveils em- pêchant ainsi un sommeil réparateur de bonne qualité! Habi- tuellement, les réveils sont très brefs et le dormeur les oublie au «vrai réveil»; il ne soupçonne donc pas son trouble du sommeil – mais plusieurs symptômes peuvent mettre la puce à l’oreille!  Quels sont les risques pour la santé? Progressivement, les apnées et les réveils répétés provoquent une hypertension artérielle et à long terme impactent le système cardio-vasculaire. Ainsi, le syndrome d’apnées du sommeil aug- mente le risque d’infarctus et d’attaque cérébrale et diminue l’es- pérance de vie.  Quels sont les symptômes? Si vous présentez plusieurs des symptômes cités ci-dessous, n’hésitez pas à consulter votre médecin. Un traitement adapté vous permettra de retrouver un sommeil réparateur et une meil- leure qualité de vie! � Si votre ronflement est particulièrement bruyant et dure toute la nuit ou presque, � Si vous avez la sensation de ne pas être reposé au réveil, � Si vous vous assoupissez dès que votre activité n’est plus sti- mulante: regarder la télévision, lire un livre…, � Si vous êtes en surpoids, � Si vous êtes sujet à l’hypertension artérielle, � Si vous avez des troubles de la mémoire ou de l’attention, � Si vous avez des sautes d’humeur ou êtes particulièrement ir- ritable, � Si vous ressentez une baisse du désir sexuel, � Si vous ressentez le besoin d’aller uriner plusieurs fois par nuit.  Comment réagir face à l’apnée du sommeil? Il est important de suivre un traitement dès que le syndrome est diagnostiqué. Il existe plusieurs approches: � Supprimez les facteurs aggravants d’apnées du sommeil: la consommation d’alcool le soir, certains médicaments (tranquil- lisants, somnifères…) et le surpoids. � Le traitement par pression positive continue est destiné aux ap- nées sévères. Il s’agit de porter, pendant le sommeil, un masque nasal diffusant un souffle d’air en continu qui permet de main- tenir les voies aériennes ouvertes et ainsi de laisser l’air circuler normalement. Ce traitement est contraignant mais très efficace, sans risque et sans chirurgie! � La chirurgie ou le port d’un appareil dentaire pendant le som- meil permettent de supprimer le ronflement et sont efficaces si les apnées sont peu nombreuses. � Si les apnées apparaissent lorsque vous dormez sur le dos, il existe des traitements pour éviter de dormir sur le dos. Plus d’infos santé sur www.mgc-prevention.fr Sources: INSV Trouble. Vos questions sur… le syndrome d’apnées du sommeil Le syndrome d’apnées du sommeil est un trouble qui touche près de 8% de la population, le plus souvent les hommes de plus de 40 ans. Quel est le mécanisme de ce trouble du sommeil? Quels sont les risques pour la santé? Quels en sont les symptômes et les traitements? Suivez nos conseils pour dormir à nouveau sur vos deux oreilles! 4L Renault Fourgonnette (Norev) En métal injecté. Le volant actionne les roues, les portières avant, le capot et la porte arrière sont ouvrants. Échelle : 1/18. Réf.: 230 217 2 CV Citroën Fourgonnette POMPIERS (Norev) En métal injecté. Le volant actionne les roues. Les portières avant et le capot avant sont ouvrants, de même que les portes arrière. Échelle : 1/18. Réf.: 230 216 Coffret élégance Renault 4 - 1954 (Norev) En métal. Le volant actionne les roues, le capot avant et le coffre sont ouvrants. Présentée dans une boîte en fer. Échelle : 1/18. Réf.: 230 214 Ami 6 Berline bleue 1963 ( Norev ) En métal injecté, le volant actionne les roues, les portières avant et le capot avant sont ouvrants. Échelle: 1/18. Réf.: 230 322 Citroën DS Police 1963 (Solido) En métal injecté, le volant actionne les roues, les portières avant et le capot avant sont ouvrants. Échelle: 1/18. Réf.: 230328 10. Montre Ne cherchez plus ! Votre montre-bracelet en pvc, avec design ferroviaire : originale, sport, tendance. Un cadran blanc avec un motif discret. Le bracelet noir et son filigrane feront de cette montre votre alliée au quotidien. Fonctionne avec pile fournie. Garantie un an. Retrouvez tous nos produits à La Boutique de La Vie du Rail Gare Saint-Lazare, niveau quais, 13, rue d’Amsterdam - 75008 Paris Ouverture du lundi au vendredi de 7h30 à 20h00 le samedi de 9h00 à 20h00 Ouverture exceptionnelle de 10h00 à 20h00 le dimanche 22décembre Au lieu de 40 Au lieu de 50 Au lieu de 40 Au lieu de 40 Au lieu de 30 Au lieu de 20 Réf.: 228897 Motif panneau arrêt Réf.: 228898 Motif tour Eiffel Réf.: 228896 Motif tchou tchou Réf.: 228895 Motif train moderne Idées cadeaux à prix doux : - 50 % sur le modélisme Retrouvez les 80 chaînes de votre programme télé Culture Rail � La Vie du Rail - 18 décembre 2013 DVD Corps à corps ferroviaire T émoin d’un meurtre commis par Rou- baud, chef de gare, Jacques Lantier, méca- nicien de locomotive, devient l’amant de Séverine, la femme de l’assassin. Ce secret les rapproche et Séverine incite Lantier à tuer Roubaud qu’elle déteste. Mais Lantier souffre d’un terrible mal qui l’empêche de vivre ses passions amoureuses… Dans La Bête humaine , adaptée du roman d’Émile Zola, Jean Renoir revisite le chef- d’œuvre litétraire et offre au cinéma français l’un de ses plus grands classiques. La vé- néneuse Séverine (Simone Simon) séduit Lantier (Jean Gabin) qui se dit pourtant «déjà marié à la Lison », sa locomotive. Film noir à la française, cette adaptation magis- trale nous montre que La Bête humaine, n’est pas seulement la Lison, qui bruisse, hurle, gémit comme une créature humaine, c’est aussi Lantier qui se sent « comme un Sélection spécial Noël Télé-samedi 21 décembre TF1 12.00 Les douze coups de midi 12.50 L’affiche du jour 13.00 Le journal 13.20 Reportages 15.15 Le bonheur au pied du sapin 17.00 Le pacte de Nöel 18.50 50 mn inside 19.50 où je t’emmènerai 19.55 Météo 20.00 Le journal 20.30 côté de chez vous 20.35 Météo 20.40 Nos chers voisins 20.50Qui veut gagner des millions ? Jean-Pierre Foucault propose une soirée exceptionnelle du célèbre jeu et invite de prestigieuses personnalités venues jouer en duo au profit d’associations d’aide à l’enfance… 23.25Grey’s anatomy Avec : Ellen Pompeo, Patrick Dempsey Owen organise un examen de traumatologie pour les résidents. April se révèle pleine de cran et de ressources. 4 épisodes France 2 13.00 Journal de 13 h 13.30 Secrets d’histoire 15.10 Fais pas ci, fais pas ça 16.00 Fais pas ci, fais pas ça 17.05 Fais pas ci, fais pas ça 17.55 Fais pas ci, fais pas ça 18.55 Mot de passe 20.00 Journal de 20 h 20.35 Tirage du Loto 20.45Johnny Hallyday, le grand show présenté par Michel Drucker Après le succès des trois premiers Grands shows consacrés à Céline Dion, Laurent Gerra et Patrick Bruel, France 2 propose un quatrième numéro de cette nouvelle émis- sion évènementielle, avec Johnny Hallyday le samedi 21décembre 2013 à 20 h 45, présenté par Michel Drucker. 23.00On n’est pas couché présenté par Laurent Ruquier. France 3 12.00 Le 12/13 12.50 30 millions d’amis 13.25 Les Grands du rire 15.00 En course sur France 3 15.20 Keno 15.30 Jean-Jacques Goldman 17.20 Les carnets de Julie 18.15 Questions pour un champion 18.50 Météo des neiges 19.00 Le 19/20 20.00 Tout le sport 20.15 Zorro 20.45Une femme dans la révolution Avec : Gaelle Bona, Cyril Descours. En 1789, alors que s’ébauchent les prémices des Droits de l’Homme et du Citoyen, une femme fait entendre pour la première la voix des citoyennes. Quand elle se réfugie à Paris, en avril 1789, Manon, jeune paysanne vendéenne, est convaincue que la société ne changera jamais. 23.05Les pieds dans le plat Avec : Marie-Julie Baup, Jonathan Cohen. Canal + 12.00 Casting(s) (C) 12.05 La météo (C) 12.10 Clique (C) 12.45 Le tube (C) 13.40 L’été Papillon (C) 14.20 Samedi sport (C) 14.25 Intérieur sport 14.45 Samedi sport 14.50 Rugby : Toulon / Montpellier 16.50 Samedi sport 17.00 Fooball : Saint-Etienne / Nantes 19.00 Le JT de Canal+ (C) 19.10 Salut les Terriens ! (C) 20.25 Made in Groland (C) 20.55Jack Reacher de Christopher McQuarrie. Avec : Tom Cruise, Rosamund Pike. Jack Reacher est un brillant enquêteur qui a servi dans la police militaire. Il a disparu il y a deux ans mais vient de réapparaître suite à la mort de cinq personnes. Il est bien décidé à tout mettre en oeuvre pour découvrir la vérité. 23.35Jour de foot Cette année, Jour de foot est présenté par Karim Bennani. 12.45 Le 12.45 13.00 Il faut croire au père Noël 14.45 Noël à New York 16.30 Mon père Noël bien-aimé 18.15 Must célébrités 19.45 Le 19.45 20.05 Scènes de ménages 20.50Bones Avec : John Francis Daley, Tamara Taylor À la veille des fêtes de fin d’année, Booth et Brennan planchent sur le cas d’un homme qui a tenté de dévaliser une banque déguisé en père Noël. 2 épisodes 22.40Bones Avec : Eric Millegan. 3 épisodes France 5 12.30 Le tigre de la dernière chance 14.10 Le Taj Mahal 15.20 Le tour du Cervin 16.20 Décollage pour l’Espagne 17.10 Les grandes migrations 18.00 Géants de l’âge de glace 19.00 C à vous le meilleur 20.00 Entrée libre 20.35Échappées belles Présenté par Jérôme Pitorin. Vacances de Noël oblige, le magazine s’offre un répit de deux semaines mais pas tout à fait.... 22.10Islande de Laurent Frapat. Le réveillon de Noël arrive maintenant à grands pas… Vous n’avez plus que quelques jours pour acheter les derniers ca- deaux, mais vous êtes en panne d’idées ? La Vie du Rail vient à votre secours avec cette sélection. © Sam LEVIN Retrouvez les 80 chaînes de votre programme télé Livres Voyages au bout du monde N ée à la fin du XIX siècle, développée au cours des années 1920 et 1930, condam- née après la Seconde Guerre mondiale mais sauvée dans les années 1970, la croisière n’a jamais cessé de s’adapter. À la grande époque des croisières, les trains acheminaient les passagers jusqu’aux quais maritimes où leur paquebot les attendait (Cherbourg, Le Havre, Dieppe, Newhaven, Southampton, Ham- bourg, New York…). Les happy few des dif- férentes époques avaient la chance de vivre une expérience hors du commun. Des pre- miers frêles steamers d’agrément aux actuels grands navires de croisière, véritables villes flottantes, ce livre aux photos grand format nous permet de faire un beau voyage visuel pour vivre et revivre à bord, dé- couvrir de nombreuses escales mythiques des Caraïbes à la Méditerranée, de l’Extrême- Orient à la Scandinavie, de l’Amérique latine à l’Espagne… Embarquement immédiat ! A. J.-L. Croisières, désirs d’ailleurs. Boris Dänzer-Kantof. Éditions de La Martinière. 45 euros (en li- brairie). Culture Rail � La Vie du Rail - 18 décembre 2013 Télé-mercredi 25 décembre TF1 12.00 Les douze coups de midi 12.50 L’Affiche du Jour 13.00 Le journal 13.50 Météo 13.55 La légende de Zorro 16.25 Pirates des Caraïbes, la malédiction du Black Pearl 19.05 Le juste prix 19.55 Météo 20.00 Le journal 20.40 Nos chers voisins 20.45 PEP’S 20.50Mentalist Avec : Simon Baker, Robin Tunney Un prince de la haute couture, Wyck Thiessens, est assassiné dans son atelier la veille d’un défilé qui devait le remettre sur le devant de la scène. Les jeunes étudiants stylistes qui tra- vaillaient avec lui sont très vite soupçonnés. 2 épisodes 22.35Mentalist Avec : Simon Baker, Robin Tunney Twenty Palms, Californie. Une femme d’une trentaine d’année est retrouvée morte par étouffement. 2 épisodes France 2 12.55 Météo 13.00 Journal de 13 h 13.40 Vestiaires 13.45 Météo, consomag 13.50 Le grand show - Laurent Gerra 16.00 Côté match 16.05 17 ans encore 17.50 Shrek 19.15 N’oubliez pas les paroles 19.45 Parents mode d’emploi 19.55 Météo 20.00 Journal de 20 h 20.35 Tirage du loto 20.40 Météo 20.45A la maison pour noël Avec : Virginie Efira, Adel Bencherif. Sarah Moreau est une brillante avocate qui contrôle tout dans sa vie. Son emploi du temps de femme d’affaires ne lui permet pas de laisser quoique ce soit au hasard, surtout les jours de fête. 22.15Un jour / un destin présenté par Laurent Delahousse. France 3 12.00 Le 12/13 12.55 Météo à la carte 13.55 Les dix com- mandements 17.30 Slam 18.10 Questions pour un champion 19.00 Le 19/20 20.00 Tout le sport 20.15 Plus belle la vie 20.45Des racines & des ailes La France offre à voir une multitude de paysages et de territoires aussi divers que variés. La magnificence des Alpes, la splendeur des Pyrénées, la dou- ceur des monts d’Auvergne, l’architecture des villages perchés du Sud ou encore l’immensité de la forêt tropicale de Guyane. Pour comprendre et mieux apprécier cette diversité, il faut prendre de la hauteur... 23.15Serge Lama au Grand Rex Serge Lama fête depuis février 2013 les 50 ans d’une carrière inégalée avec les plus grandes chansons qui ont fait tout son succès. Canal + 12.20 The big bang theory (C) 12.45 La nouvelle édition, 2 partie (C) 14.00 Les nouveaux explorateurs 15.00 La semaine de Gaspard Proust (C) 15.05 Le hobbit : un voyage inattendu 17.50 The big bang theory (C) 18.10 Le before du grand jour- nal 18.45 Le JT de Canal+ (C) 19.10 Le grand journal (C) 20.05 Le grand journal, la suite (C) 20.25 Le petit journal (C) 20.55L’année des Guignols L’ANNÉE DES GUIGNOLS propose une séance de rattrapage de tous les événements qui ont marqué la planète Guignols au cours des douze derniers mois… De ce tour d’horizon des faits d’actualité revisités et servis à la sauce latex, l’humour sort évidemment toujours gagnant. 23.00Kamel à Tokyo Bienvenue dans les coulisses du monde mystérieux de la magie… 13.05 Scènes de ménages 13.45 Tempête de boulettes géantes 15.30 Un mariage pour Noël 17.00 En famille 17.50 Un dîner presque parfait 19.45 Le 19.45 20.05 Scènes de ménages 20.50Le grand bêtisier de Noël Alex Goude, aux com- mandes du Grand bêtisier de Noël , vous gâte pour les fêtes et vous offre le meilleur comme le pire de la télévision en 2013 mais pas seulement ! 22.55Gad Elmaleh : papa est en haut France 5 12.00 La quotidienne 13.00 L’île de la dernière chance 13.55 L’air du temps 15.00 Tunisie 15.55 Fais-moi une place 17.30 C à dire ?! 17.45 C dans l’air 19.00 C à vous 20.00 C à vous 20.10 Histoire classée 20.40La légende de Tsewa et les princes des cimes 22.35C dans l’air présenté par Yves Calvi Dans ce maga- zine, Yves Calvi décrypte, en compagnie d’experts, l’actualité sociale, politique et économique. Un patrimoine 3 étoiles Ce guide Michelin met en avant plus de 200 sites industriels français, présentés par régions et classés en trois catégories (sites en activité, sites reconvertis, musées). Parmi eux, la sous-station électrique Bastille du métro parisien, qui se distingue par son ampleur et son style archi- tectural marqué. Construite par Paul Friesé en 1911, elle est composée d’une ossature métallique de style « médiévo-islamique », de deux tou- relles et d’immenses verrières. À Pau, c’est l’ancienne station électrique des tramways, dotée d’une immense cheminée en briques et implantée en bordure de la rivière, qui attire l’attention. Restauré et agrandi, l’ancien site industriel abrite les archives municipales depuis 2008. Également présent dans le guide, le centre historique minier de Lewarde, qui se trouve être le plus grand musée français de la mine et où le petit train minier circule toujours le temps d’une visite guidée. A. J.-L. Guide Michelin. Les plus beaux lieux du patrimoine industriel. 17 euros (en librairie) © SNCF/Photorail L ors d’un accident dont vous-même ou un de vos ayants droit êtes victime, la CPRPSNCF prend immédiate- ment en charge l’ensemble des dépenses de santé afférentes et autres prestations (allocation décès, par exemple). De son côté, votre employeur, la SNCF, maintient notamment les salaires en cas d’arrêt mala- die et assure le paiement des charges patronales correspon- dantes. Il peut s’agir d’un accident de travail ou hors service. Vous devez le déclarer à la CPR dans un délai de 15 jours et penser à le déclarer également à votre mutuelle. Qu’est-ce que le recours contre tiers? Un accident peut avoir pour origine une autre personne, par exemple, une personne phy- sique (un conducteur automo- bile, le propriétaire d’un ani- mal) ou une personne morale (un hôpital, une collectivité). La responsabilité de cette per- sonne peut être alors engagée et les tiers payeurs (organisme de Sécurité sociale, mutuelle, employeur) peuvent mener une action auprès du tiers res- ponsable et/ou de son assureur � La Vie du Rail - 18 décembre 2013 Accident. Le recours contre tiers En cas d’accident dont vous-même ou un ayant droit êtes victime, la CPR prend en charge, sans délai, l’ensemble des dépenses de santé afférentes. Voici la marche à suivre. LVDR VOTRE RETRAITE Le recours contre tiers concerne les accidents de travail et ceux survenus hors service. © CandyBox Images/Fotolia La Vie du Rail - 18 décembre 2013 � À Dijon, du 15 au 24 no- vembre, le Cellier de Clairvaux a accueilli l’exposition des ar- tistes de la section de Dijon de Union artistique et intellec- tuelle des cheminots français Ce 51 salon a réuni une tren- taine d’artistes, montrant que les arts graphiques et plastiques ont bien leur place aujourd’hui, dans les activités culturelles et de loisirs des cheminots. L’ate- lier dijonnais d’arts plastiques de l’UAICF accueille les artistes amateurs deux après-midi par semaine. Lors du vernissage, Daniel Demolombe, président de l’UAICF locale, aux côtés de Nathalie Koenders, adjointe au maire, déléguée au Commerce et à l’Artisanat, a souligné au public présent, très nombreux, que cette manifestation «faisait partie intégrante des rendez-vous de l’art sur la ville». «Plus de la moitié des artistes fréquentant notre atelier d’arts plastiques de l’UAICF sont présents» , a pour sa part souligné Daniel Demo- lombe, qui exposait lui-même plusieurs tableaux. Différents invités ont dévoilé leurs prestations et leurs talents afin de rehausser le niveau de qualité de l’exposition. Parmi eux, Gilles Evrard qui proposait une belle série de pastels, Nadine Escure, auteur d’un travail original de broderie sur toile, Valérie Eyglier qui ex- posait ses (superbes) photo- graphies «Toiles de maître», et Boris Beluche dont les des- sins et aquarelles témoignent de son imagination, sa pa- tience, sa précision. Ses œuvres fourmillent d’une multitude de personnages humoristique, de saynètes amusantes et de nom- breux détails que le visiteur est invité à observer attentivement sans se lasser. Cerise sur le gâteau: tout au long de ce 51 Salon, qui a at- tiré beaucoup de monde, un petit jeu permettait de gagner plusieurs œuvres à emporter chez soi! Bernard CERCLEY Contact: UAICF, 12, rue de l’Arquebuse, 21000 Dijon. Tél.: 03 80 42 11 72. E-mail: [email protected] Site Web: www.uaicf-dijon.com L’événement de la semaine UAICF. Aquarelles et toiles au cellier de Clairvaux De nombreux artistes à l’affiche Les exposants à ce 51 salon de l’UAICF: Boris Be- luche, Gilles Evrard, Françoise Schaub, Roland Jaillet, André Petitimbert, Valérie Eyglier, Jacques Soltis, Andrée Tranchant, Joëlle Fontalirant, Jacky Terme- let, Claudine Chambard, Jacques Marguin, André Tournier, Babette Rhodde, Jacques Violette, Éliane Bernard, Monique Daguet, Jacques Berthot, Renée Sage, Françoise Hyenne, Yvonne Félix, Jacqueline Piotrowski, Dominique Laurence, Michel et Josette Metz, Jean Marc et Chantal Paris, Danielle Jondeau, Daniel Demolombe et Nadine Escure. Daniel Demolombe et Nathalie Koenders, adjointe au maire de Dijon. Le Cellier de Clairvaux, un cadre authentique pour ce 51 Salon. Les œuvres de Boris Beluche, artiste invité, ont été très admirées. Photos Bernard CERCLEY LVDR + LA VIE DES ASSOCIATIONS � La Vie du Rail - 18 décembre 2013 E mbarquez pour des voyages ferroviaires à l’ancienne grâce à ces quatre épisodes de la série documentaire proposée par Arte, du 31 décembre au 3 jan- vier. Pour commencer, cap sur l’Égypte (31 décembre) pour un voyage qui nous emmène d’Alexandrie à Port-Saïd en passant par Le Caire et Ismaïlia. À moins que vous ne préfériez Saint-Pétersbourg (1 janvier), qui ne compte pas moins de cinq gares centrales. Parmi elles, la gare de Finlande par laquelle Lénine arriva d’Alle- magne dans un wagon qui est toujours visible sur le quai n°5. Le voyage suivant (2 janvier) nous entraîne au Pays de Galles, qui s’enorgueillit d’avoir dans le nord la plus forte den- sité de lignes de chemins de fer historiques en Europe. Depuis plus d’un siècle, les touristes peuvent découvrir les superbes panoramas montagneux du parc national Snowdon, où évolue le Snowdon Mountain Railway, un train à crémaillère tiré par une locomotive à va- peur. Enfin, c’est à la découverte de la Sardaigne que nous invite l’épisode suivant (3janvier). Face à l’archipel de la Madda- lena, dans le nord de l’île, Palau est de point de départ d’une ligne de chemin de fer à voie étroite, le Trenino Verde , le «petit train vert». Il traverse les maquis de la Barbagia et grimpe à l’assaut de la mon- tagne. A. J.-L. Arte. Un billet de train pour… Du 31 décembre au 3 janvier, à 20h05. À voir sur Arte. Un billet de train pour… C’est peut-être le chemin de fer le plus pittoresque du monde: le Trenino Verde, en Sardaigne, lors de son voyage le long du Lago del Liscia par la Gallura. La gare de Vitebsk, l’une des cinq gares de Saint-Pétersbourg : une décoration digne de l’époque des tsars. © SWR/Albert SCHWEITZER ©SWR/Fa. AVANGA Bon de commande à retourner à l’adresse suivante: La Vie du Rail - Service commandes - BP 30657 - 59061 ROUBAIX CEDEX 1 La Boutique de La Vie du Rail - Gare Saint-Lazare, 13 rue d’Amsterdam, 75008 Paris - Tél.: 0143 87 89 37 www.boutiquedelaviedurail.com VOS COORDONNÉES Nom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Prénom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Adresse : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Ville : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Code postal : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Téléphone : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Si vous souhaitez recevoir nos offres Internet, notez ici votre adresse E-mail: Désignation de l’article Référence QtéPrix unit. Prix total Frais de port pour 1 article Frais de port pour 2 ou 3 articles 10 Frais de port pour 4 articles ou plus 20 MODE DE RÈGLEMENT CHOISI Par chèque bancaire ou postal joint à la commande à l’ordre de: La Vie du Rail. Par carte bancaire (VISAou EUROCARD MASTERCARD) Notez les 3 derniers chiffres du n° au verso de votre carte bancaire Date d’expiration: Signature obligatoire TOTAL DE MA COMMANDE La boutique de Commandez en ligne sur www.boutiquedelaviedurail.com Dépêchez-vous ! Derniers exemplaires disponibles !! Calendrier 2014 Parcourant la France et ses paysages ferroviaires, l’édition 2014 du calendrier de La Vie du Rail offre mois après mois à tous les passionnés de trains les plus beaux instants du ferroviaire captés au sommet de leur intensité. Un calendrier d’une grande richesse, à ne pas manquer. 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